Conduite en état Livresque

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Son rire était un petit filet d'eau, courant à travers une dentelle de mousse.
Philippe Djian dans "37,2 le matin".

Bienvenue sur Conduite en état livresque.

jeudi 24 avril 2008

jeudi
24
avril 2008

*La comédienne retrouvée.

En 1992 ou 1993, les éditions VDB se lancèrent dans la publication de livres audio. La plupart des comédiens qui enregistrèrent les premiers livres audio me plurent. Cependant, l'une d'entre eux, Nicole Vautier, retint mon attention plus que les autres. Elle avait une voix douce et agréable, et, me sembla-t-il, un léger accent suisse que je trouvai fort sympathique. (Je peux me tromper quant à l'accent.) Sa lecture était juste et sensible. Soit, elle prenait parfois un accent pour certains noms anglophones, mais personne n'est parfait. ;-) Après avoir enregistré cinq livres, elle cessa de travailler pour les éditions VDB, à mon grand désespoir.

Parfois, je cherchais son nom sur le net... J'écrivis même à une compagnie théâtrale avec laquelle elle travaillait, semblait-il. Je n'obtins pas de réponse.

En mars 2008, j'ai vu son nom sur un ouvrage édité par les éditions Livrior: "La force qui nous manque", d'Eva Joly. Le livre est lu par Eva Joly et Nicole Vautier. J'ai commencé par attendre de pouvoir l'emprunter dans une bibliothèque. Hier, j'ai tout de même écrit aux éditions Livrior pour leur demander si cette comédienne travaillerait à nouveau pour eux. Après leur réponse positive, je suis allée écouter un extrait sur le site, histoire de vérifier que la comédienne était bien la même. ... C'est bien elle!
C'est une grande joie pour moi de la retrouver, et de savoir qu'elle enregistrera d'autres livres! Je souhaite qu'elle en enregistre beaucoup!

lundi 21 avril 2008

lundi
21
avril 2008

La forteresse, de Robert Asz.

L'ouvrage:
Le lieutenant Livius Maxim est bien content: dans deux semaines, il sera démobilisé. Il va rentrer chez lui, retrouver sa promise...
Pourtant, un événement inattendu va bouleverser ses plans. On l'envoie rejoindre d'autres hommes dans une autre base, base qui semble isolée.
Il y rencontre certains hommes sympathiques, d'autres un peu moins. Il se rend compte qu'on perd vite la notion du temps, ici. D'autre part, on ne semble pas vraiment respecter les grades.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. Je vous le conseille vivement. Il fait partie des livres dont je me souviendrai longtemps.

Le lecteur se rend bien compte très vite que quelque chose ne va pas dans cette base, mais il ne sait pas exactement quoi jusqu'à ce que l'auteur décide de lui donner la clé de l'énigme.
En outre, on a tout le loisir de découvrir comment les hommes vivant dans cette base s'expliquent les phénomènes qui s'y passent. Les uns parlent d'événements divins, les autres évoquent les extra-terrestres... Livius n'étant pas là depuis longtemps, le lecteur se raccroche à sa rationnalisation des choses. On comprend que les hommes, vivant en autarcie, cherchent des explications à ce qu'ils subissent. Cela montre justement leur humanité. Ils sont esseulés, ne comprennent pas tout ce qui leur arrive, alors, ils cherchent une explication. Parfois, l'explication n'est pas vraiment convaincante, mais elle les aide à ne pas sombrer dans la folie. Elle les aide à accepter leur sort.

En outre, quelque chose dans la base ayant un curieux effet sur ses habitants, les hommes passent des heures à s'immerger dans leurs souvenirs. Ainsi, nous apprenons le passé de Livius. J'avoue que cette histoire de famille m'a moins plu que le présent de Livius. Pourtant, elle est intéressante, et nous présente des personnages blessés qui agissent et réagissent parfois brusquement et follement, des personnages que la vie et ses secrets ont malmenés, et qui essaient de s'en tirer malgré tout. Le père de Livius n'a pas toujours fait ce qu'il aurait fallu. Le vieux Fabrio ne parle pas beaucoup, semble être relativement épargné, mais sait ce qui s'est passé et comment cela s'est passé. Il en souffre en silence, il en prend son parti... Cécilia se rebelle contre ses parents, contre ce qui lui arrive sans qu'elle le demande. Cécilia est victime du passé de sa mère, et se révolte, se sentant flouée, car elle n'a rien choisi de tout cela.

La fin m'a laissée avec plusieurs questions. Certaines perspectives sont assez effrayantes...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Louis Feuz pour la Bibliothèque Braille Romande.

mercredi 16 avril 2008

mercredi
16
avril 2008

La porte des anges, t.1 : Le complot d'Ephèse, de Michael Dor

L'auteur : Sous le pseudo de Michael Dor se cache un prêtre de l'Eglise catholique actuelle. Dans sa jeunesse, il ne fut pas toujours aussi catholique que cela, et a même été longtemps sous l'emprise des esprits et des démons. A la suite d'une expérience personnelle très forte, et de sa rencontre avec un prêtre, il a abandonné (difficilement) ce milieu sataniste pour s'intéresser à d'autres vérités, mais n'a jamais pu oublier son adolescence "sous influence". Ces souvenirs lui ont été très utiles pour écrire le roman dont je vais vous parler maintenant, le premier tome d'une série qui commence à peine, mais qui promet déjà...

Jean-Baptiste, 15 ans, est collégien dans une petite ville française de banlieue, Tournon-sur-Vise. Il possède une caractéristique étrange : il a les yeux vairons ; pour le reste, c'est un garçon bien ordinaire. Une nuit d'orage, il entend des éclats de voix dans son jardin, et surprend deux individus singuliers en train de se disputer un jeune garçon. Son cri de surprise fait fuir les intrus, mais Jean-Baptiste retrouve à l'endroit de l'altercation un drôle d'objet, une sorte de clou qui a l'air très ancien, la preuve qu'il n'a pas rêvé...
Demandant conseil au parrain de sa meilleure amie Lucie, il rencontre un étrange moine qui lui ouvre une porte sur l'inconnu. Jean-Baptiste se retrouve embarqué dans une histoire fantastique qui fait basculer sa vie dans le cauchemar : il est l'instrument d'une lutte sans merci entre les ténèbres et la Lumière, entre le Très-Haut (et son armée angélique) et l'Adversaire, le bel ange déchu qui le prendra pour cible privilégiée...
La quête qu'il devra alors remplir l'emmènera en bien des endroits insolites, du 21ème siècle français au 1er siècle à Ephèse, sur les pas de Saint Paul, en passant par le Moyen-Age parisien et ses mages inquiétants... Cette mission est-elle compatible avec son histoire personnelle, et sa recherche d'un père qui a abandonné sa mère avant sa naissance ?

On passe un excellent moment à lire ce roman, que l'on a du mal à lâcher quand on l'a commencé !! (mes copies en souffrance le savent bien... (-.^)) Mêlant habilement Histoire réelle, personnages fictif, et une fertile imagination pleine d'humour, l'auteur nous entraîne à la suite de son jeune héros à travers les siècles, et nous permet d'élucider quelques énigmes bibliques qui passeraient inaperçues sans lui. La grande connaissance qu'a l'auteur des textes bibliques, mais aussi du monde démoniaque, lui a permis d'écrire un roman qui mêle étroitement humour et horreur, imaginaire et réalité, dans un style tout à fait agréable et distrayant. La peinture qu'il nous fait du monde angélique, les personnages caricaturaux qu'il y place (l'enquêtange 007 par exemple, qui vaut vraiment le détour !!), ou les démons qu'il nous peint, tout cela vaut le détour.
Bien entendu, tout n'est pas parfait dans ce roman, il y a des invraisemblances, des raccourcis, des ficelles un peu grosses, des évidences dont le héros ne tient pas compte (personne n'a deviné qui peut être le mystérieux M. Natas qui lui fait tant de promesses mirobolantes !), une jeune fille exaspérante tellement elle a l'air parfaite, des coïncidences étranges (le caïd recherché par toutes les polices et qui est justement originaire du "quartier" de Jean-Baptiste : beaucoup pour un simple garçon comme lui !!)... On trouve aussi beaucoup de similitudes avec d'autres romans actuels traitant pour le coup de véritable magie (par exemple, à chaque fois que Jean-Baptiste croise le regard de l'Adversaire, une très forte migraine le prend, à se cogner la tête contre les murs : cela ne vous rappelle personne ?). Le ton également, l'histoire, qui s'adressent plus à des ados de l'âge de Jean-Baptiste qu'à des adultes.
Il ressort de tout cela, néanmoins, l'idée d'une humanité blessée, pas toujours très nette, mais capable d'un revirement inattendu et inespéré, capable de se racheter par ses actes, bref, un ensemble profondément humain. La morale ouvertement revendiquée comme chrétienne (l'auteur est prêtre, ne l'oublions pas, et a écrit cette histoire pour contrebalancer le succès d'autres séries magiques actuelles !) de ce roman ne plaira pas à tout le monde, mais j'ai trouvé que pour un premier roman, l'auteur ne s'était pas mal débrouillé, et j'ai pris énormément de plaisir à lire sa prose.
J'ai d'ailleurs hâte d'aller chercher le second tome et de le commencer !!

lundi 14 avril 2008

lundi
14
avril 2008

L'or des trembles, de Janet Dailey.

L'ouvrage:
Kit Masters a été élevée dans un ranch d'Aspen, dans le Colorado. Elle serait peut-être restée à Aspen toute sa vie si Tom Banon, son ami d'enfance avec qui elle avait une histoire d'amour sérieuse, ne lui avait pas brisé le coeur en épousant une autre femme, comme sur un coup de tête, sans lui donner la moindre explication.

Kit est actrice. Après des petits rôles, l'opportunité de tourner dans un film de John Travis, acteur et producteur, se présente à elle. C'est une chance inespérée qui fera de Kit une actrice célèbre.
Le film étant tourné à Aspen, Kit va revoir la maison de son enfance et de son adolescence... et Tom.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout Janet Dailey. J'ai pris ce livre dans l'une de mes bibliothèques par curiosité, et aussi parce qu'il est lu par un lecteur que j'aime bien. C'est un livre facile, qu'on lit pour se détendre. On voit certaines choses venir. Le fait que Kit commence une idylle avec John Travis juste au moment où elle va revoir Tom est là pour compliquer les choses, mais cela ne les complique pas beaucoup.
Laura accepte Kit un peu vite. Cela fait plaisir, mais c'est un peu simpliste.
Le personnage de Sondra est un peu simple: elle est ambitieuse et habituée à obtenir ce qu'elle veut. Elle veut l'un des personnages, et ira jusqu'à commettre le pire. C'est la «vilaine méchante« du livre. On n'a pas vraiment envie de la plaindre, elle est trop manichéenne pour être vraisemblable.

Le personnage de Kit est un peu plus épais. Elle garde cette espèce de pureté de certains enfants. Cela se voit lorsqu'elle découvre les changements apportés au scénario du film dans lequel elle doit tourner. A l'instar de certains personnages, on se dit que Kit, dans le monde du show-business, sera brisée ou bien deviendra comme les autres.
Kit aime ses parents, et comprend les faiblesses de chacun. Elle se sent plus proche de son père, mais comprend sa mère.
Elle aime le ranch de son père, mais devra faire un choix cruel pour que sa mère puisse avoir une vie relativement agréable... Tout cela la rend plus humaine que Sondra.

S'il y a quelques topoi, il y a aussi l'histoire des parents de Kit qui s'aiment, mais ne peuvent plus vivre ensemble. Plus tard, Kit pensera que moins de fierté mal placée aurait peut-être arrangé les choses.

La fin est un peu rapide, à mon avis. Certaines choses ne sont pas expliquées. Bien sûr, on les suppose: on devine que l'un des perrsonnages a senti que quelque chose n'allait pas après avoir discuté avec un autre personnage, mais cela n'explique pas pourquoi il est sur les lieux juste à temps pour sauver tout le monde.
D'autre part, dans ce genre de livres, le «gentil« sauve le «méchant« du danger, même si le «méchant« est très méchant. Ici, le personnage pense bien que... et ne fait rien. Il eût été facile de mettre la «méchante personne« hors d'état de nuire ensuite. Là, cela s'appelle non-assistance à personne en danger.
A la fin, tout est réglé, mais je l'ai tout de même trouvée bâclée.

C'est donc un livre à lire si on n'a pas envie de se prendre la tête. Il ne va pas me marquer très longtemps, mais j'ai passé un bon moment avec.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

lundi 7 avril 2008

lundi
7
avril 2008

A bon port, de Danielle Steel.

L'ouvrage:
La jeune Pip McKenzie se sent bien seule. Depuis le drame qui réduisit sa vie et celle de sa mère à néant, cette dernière s'est refermée sur sa peine, et néglige de vivre. Elle néglige donc sa fille, même si c'est involontaire.
Cet été-là, Aurélie, la mère de Pip, a loué une maison à Safe Harbor, petit village tranquille près de la mer. Pip va souvent se promener sur la plage en compagnie de Mousse, son chien. Un jour, elle y rencontre Matt, peintre amateur. Une amitié se noue entre l'homme et la petite fille.

Critique:
Je n'aime pas trop Danielle Steel. Je trouve qu'elle écrit au kilomètre, et que ses romans fourmillent de clichés. Celui-ci ne fait pas exception. Je ne l'ai lu que pour une seule raison: il a été enregistré par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande. Puisque je l'ai lu, pourquoi ne pas en écrire une critique?

Voici donc la liste des clichés que l'on trouve dans ce roman.
Aurélie est française. L'auteur se permet donc de faire une comparaison qui n'est même pas un cliché, mais quelque chose qu'elle a dû inventer tellement c'est gros, entre les françaises et les américaines. Les américaines sont plus indépendantes, osent plus de choses, sont libres; les françaises se contentent d'être de gentilles petites femmes au foyer. C'est un prétexte pour expliquer qu'Aurélie a aveuglément aimé son mari, a passé l'éponge sur son infidélité, a excusé son mauvais caractère et son égoïsme. J'aurais préféré que Danielle Steel expliquât que l'amour aveugle et inconditionnel d'Aurélie était tout simplement dû à sa docilité et à ses rêves romantiques.

Matt est parfait. C'est un peu agaçant. Il est beau, riche, gentil, patient, attentionné, il a tout pour lui, comme tous les héros des romans de Danielle Steel.
Aurélie, également très riche, semble, elle aussi, parfaite: elle travaille bénévolement pour un centre de sans-abris. Mais elle ne se contente pas de travailler avec la patrouille de nuit (ce qui est déjà très dangereux), elle y va aussi deux ou trois jours par semaine.

Les trahisons des personnages sont également lieux communs. L'attitude de Sally quant aux enfants est tellement rebattue qu'on n'est pas surpris. De plus, il y a une incohérence, car avant de sortir cette carte de sa manche, Danielle Steel nous apprend que lorsque Matt allait voir ses enfants, eux-mêmes se montraient distants.

La trahison de l'un des personnages (je ne vous dirai pas qui) ne surprend pas, car la situation est également un topos du genre, de même que tout ce qui se passe à la fin. En effet, je ne peux pas donner d'autres exemples de clichés, car je dévoilerais des pans de l'intrigue (quoiqu'ils soient faciles à deviner).

Je n'ai pas passé mon temps à pester pendant ma lecture, trop heureuse d'entendre la lectrice. (Je peste déjà bien assez quand je découvre qu'elle a lu un Danielle Steel, un Mary Higgins Clark, un Patricia Cornwell, etc. J'espère qu'elle ne lira plus ce genre d'auteurs.) Et puis, j'ai lu ce livre pendant une période où j'étais très fatiguée: je n'avais pas besoin de trop réfléchir.


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