Marie Myriem, jeune fille de Nazareth, en Galilée, est la fille de Joachim le charpentier et d'Hannah. Un soir que les soldats d'Hérode envahissent le village à la recherche d'une bande de jeunes voleurs, elle cache et protège un jeune garçon, qui lui dit s'appeler Barabbas. Elle l'héberge pour la nuit, mais au matin, il n'a laissé que la couverture sur place...
Plus tard, les soldats envahissent de nouveau le village. Cette fois, Myriem a grandi, son caractère s'est affermi, et son père a vieilli. Mais ce dernier prend tout de même la défense d'une vieille femme du village, Houlda, que les soldats veulent dépouiller de son dernier bien, son chandelier de Hanoukha, le plus grand symbole juif d'une maison. Il blesse un des percepteurs et tue un soldat. Pour cela, il est emmené dans la forteresse de Tarichée, où il doit être torturé puis crucifié. Myriem veut tout tenter pour le sauver, elle part à la recherche de Barabbas, qu'elle sait être le seul à être assez fou pour l'aider... et réussir ? Ce dernier ne rêve plus que de révolte, il veut soulever le peuple d'Israël pour le libérer du joug des Romains, et surtout du roi fou Hérode... Myriem se trouve alors prise dans une spirale qui la conduira à désirer la violence, puis le savoir, et enfin d'être le ventre qui accueillera le Sauveur d'Israël, celui que tout le monde attend...

Le dernier roman de Marek Halter est celui qui m'a le moins plu. Il cherche cette fois à parler d'une figure essentielle de la religion juive et chrétienne, Marie de Nazareth, la mère de Jésus. Il dépeint une jeune fille téméraire, au fort caractère, avide de savoir et de connaissances, sachant lire le grec, le latin, l'hébreu, instruite en médecine, en religion, en philosophie, et enfin réclamant d'être la mère du Sauveur. Ce n'est pas ainsi que nous sommes habitués à la voir, et ce portrait détonne étrangement avec l'image que nous avons d'une jeune fille douce, humble, pauvre et ignorante, acceptant avec douceur la demande de Dieu, et aux côtés de son Fils, soumise à Ses décisions, jusqu'à la mort de ce dernier, la mort sur la croix.
Un roman qui m'a profondément dérangée. J'ai beaucoup aimé au début, l'histoire tout à fait romancée, le parti pris prononcé pour la fiction, le fait de faire se rencontrer des personnages qui apparaissent également dans la Bible, mais dont on n'aurait jamais fait le lien avec la jeune Vierge de Nazareth. L'auteur a également une façon très personnelle d'expliquer la phrase de l'Evangile qui pose beaucoup de questions : "Ta mère et tes frères t'attendent à l'extérieur". Jésus avait donc des frères ? La façon dont Marek Halter l'explique ici est plausible, et cela est relativement agréable.
Mais ce qui m'a le plus déplu, c'est la toute fin du roman, où l'on ne sait plus si nous sommes toujours dans la fiction, ou si l'auteur nous rapporte des faits qu'il a réellement vécus. Il nous explique en effet qu'au cours d'un voyage à Varsovie, une vieille femme, une Juste, lui confie un rouleau de parchemin, où il découvre avec stupéfaction un apocryphe, l'Evangile de Marie, qu'il nous retranscrit ensuite. Et la fin de ce manuscrit est profondément dérangeante, il y est suggéré une chose impensable pour toute personne élevée dans une éducation chrétienne, une chose qui remettrait tout en cause, le fondement de la foi chrétienne, la Résurrection du Christ après sa mort sur la Croix. A mon avis, cela est de trop, et l'on ne peut savoir si ce manuscrit existe réellement, si le texte que nous lisons ici est bien celui-ci, ou si nous sommes toujours dans la fiction de l'auteur. (En fait, en cherchant sur internet, on trouve très vite un Evangile de Marie Madeleine, dont le texte est très différent de celui que nous donne Marek Halter)
En bref, j'aurais dû m'arrêter avant cette sorte d'appendice, la lecture m'aurait été beaucoup plus agréable...