Les rêves sont faits pour ça

L'ouvrage:
1962. Kitty et son amie, Frieda, tiennent la librairie Sisters. Kitty vit seule avec son chat. Une nuit, elle rêve qu'elle a un mari nommé Lars, et que leur fille, Missy, a de la fièvre. Les jours passent, et Kitty rêve de plus en plus de ce monde imaginaire qui semble si vrai.

Critique:
En général, je suis réticente à lire des romans Harlequin, car je les trouve trop cousus de fil blanc. Cependant, on m'a dit que la collection Mosaïc éditait des histoires un peu moins grosses. D'autre part, quand je vois que des livres comme «Dear you» sont publiés chez Lattès, alors que l'histoire me paraît avoir davantage sa place chez Harlequin, j'ai l'impression qu'un éditeur donné n'est plus garant d'un certain type de livres.

J'ai suivi avec intérêt cette jeune femme qui a du mal à concilier ses deux vies. Au début, j'ai été intriguée. Ensuite, je me suis rapidement demandé comment l'auteur pourrait s'en sortir sans que le tout semble totalement invraisemblable. Je m'imaginais Kitty souhaitant retourner dans le passé pour arranger certaines choses de sa vie présente. Sachant que le roman se déroulait dans un décor réaliste, je n'aurais pas aimé que Cynthia Swanson sorte soudain la ficelle du retour dans le passé.
Finalement, l'auteur s'en est bien sortie. Cela paraîtra peut-être un peu gros à certains, mais après tout, c'est vraisemblable. Les choses sont expliquées, préparées, et on peut comprendre les réactions de l'héroïne. On pourra même se demander si on ne réagirait pas comme elle à sa place.

Dans sa vie imaginaire, Kitty a un enfant autiste. Cela la déconcerte. Elle semble toujours maladroite avec lui. Elle-même semble ne pas être sûre d'elle, etc. J'ai trouvé bien que l'auteur ne crée pas une mère trop sûre d'elle, mais une mère qui tâtonne, qui avoue son impuissance. D'autant qu'en 1962, on en savait encore moins sur l'autisme que maintenant, et que ce que les médecins assènent à notre héroïne n'est pas facile à accepter. Je sais qu'encore aujourd'hui, certains médecins incriminent la mère lorsqu'un enfant est autiste. Pourtant, cette affirmation ne repose sur rien.

Entre ses deux vies, Kitty apprend à se confronter à ce qu'elle ne peut changer, à appréhender les choses autrement, à tenter d'autres méthodes. Ce n'est pas toujours simple, mais c'est toujours mieux que de se bloquer, de s'arrêter devant des barrières qui semblent infranchissables.
Les personnages ne sont pas forcément très creusés, mais ils sont attachants.

Éditeur français : HarperCollins France
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kathe Mazur pour les éditions Blackstone audio.
J'aime bien cette lectrice à la voix agréable et au jeu naturel. Cependant, je regrette que sa lecture soit parfois un peu chuchotée. Je me demande pourquoi elle lit ainsi... ça fait un peu coincé.

Acheter « Les rêves sont faits pour ça » sur Amazon