Les assassins de la Cinquième B

L'ouvrage:
Une femme annonce à ses élèves qu'elle cesse d'enseigner dès la fin de l'année scolaire. Puis, elle leur raconte certaines choses. Elle termine en disant qu'elle sait que deux élèves de la classe ont assassiné sa fille, et leur explique comment elle s'est vengée.

Critique:
Ce roman est assez oppressant, parce que les personnages ont tous l'air d'avoir un côté obscur. C'est assez dur et dérangeant. Cela donne la possibilité à l'auteur de créer des rebondissements. Chaque chapitre adopte un point de vue différent, de ce fait, chacun donne les paramètres qu'il a, ses intentions, son ressenti... On devine que tel personnage est plutôt ainsi et tel autre plutôt autrement, mais connaître leurs motivations rend le tout plus effrayant.
J'ai quand même ressenti un peu de compassion pour certains. C'est une force du roman, à mon avis.

Kanae Minato soulève des questions intéressantes. Pourquoi un adolescent comme Naoki était-il à ce point désireux d'accomplir quelque chose de ce genre? C'est expliqué, mais d'autres choses sont sous-entendues, et apparemment, plus ou moins comprises par un personnage. Le manque de communication est un des éléments qui ont précipité Naoki dans un engrenage dont, malgré sa lucidité, il ne comprend les enjeux que trop tard. C'est assez perturbant: Naoki sait très bien ce qu'il fait, et est si aveuglé par son objectif (tout en sachant bien que ça ne lui apportera pas grand-chose) qu'il oblitère l'après.
D'autre part, j'aurais dû m'attendre à ce que la spirale de violence ne s'arrête pas après le départ de l'enseignante. Ce qui arrive après m'a surprise, et a ajouté à mon malaise, mais c'était prévisible. Je ne l'ai pas vu venir parce que la romancière a su m'embarquer dans son histoire, ce qui fait que je n'ai pas pensé à cela.

Le dernier rebondissement était à prévoir, on peut même penser que l'un des personnages a souhaité que quelque chose arrive, étant donné ce qu'il a fait avant «le moment fatal».

Je suis toujours friande de livres donnant différents points de vue. Ici, c'est pertinent, comme je l'ai dit plus haut, mais malheureusement, cela apporte des longueurs. Certains faits sont racontés plusieurs fois. Bien sûr, l'intérêt est d'avoir le ressenti de celui qui raconte, mais des choses auraient peut-être pu être résumées.

Éditeur français: Éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Elaina Erika Davis et Noah Galvin pour les éditions Hachette Audio.

Elaina Erika Davis a lu les chapitres donnant le point de vue de femmes (l'enseignante, l'élève présidente de la classe, la soeur et la mère de Naoki), et Noah Galvin a enregistré ceux donnant le point de vue des deux adolescents meurtriers. J'ai apprécié ces deux lecteurs qui ont joué sans cabotiner, ce qui n'était pas facile. Cependant, j'aurais préféré une voix différente par personnage. Je me console en pensant que je suis tombée sur deux comédiens que j'ai appréciés, et qu'avec une voix différente par personnage, il y aurait eu davantage de chances que je n'aime pas l'un des comédiens. ;-)

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