Otis Joy est jeune, brillant, veuf, et pasteur d'une petite paroisse anglicane du Wiltshire. Son succès est tel que l'église n'a jamais été aussi remplie à l'office du dimanche, que toutes les dames de la paroisse entretiennent une compétition pour savoir laquelle aurait l'honneur de prendre le thé avec lui, et que tous les hommes le jalousent mais l'apprécient en tant qu'homme. Mais voilà, Otis Joy n'est pas entièrement ce qu'il prétend être : il est habité par le mal... Personne ne le sait, bien sûr, comment pourrait-on s'en douter ?
Un matin, l'archevêque du diocèse vient frapper à la porte d'Otis, incognito, habillé d'une façon passe-partout pour ne pas être reconnu. Il accuse Otis d'avoir détourné l'argent de son ancienne paroisse, et dit en avoir toutes les preuves. Deux jours plus tard, son corps est retrouvé au fond d'une carrière, avec une lettre excusant son suicide, et on découvre qu'il a passé les vingt dernières minutes de sa vie au téléphone avec une société de téléphone rose... Un suicide, tout le monde s'y accorde, et le surnom de "Courbe-l'Echine" court très rapidement.
Deux semaines après, le trésorier de la paroisse annonce à Otis que suite à un cambriolage où l'on a dérobé l'argent qu'il n'avait pas encore déposé à la banque, il quittait son poste et désirait confier les rênes à quelqu'un de compétent qu'il entretiendrait de tous les détails. On le retrouve trois jours plus tard, mort dans son lit, après avoir avalé un mélange d'alcool et de barbituriques... Il était âgé et avait mal supporté psychologiquement ce cambriolage, il s'est donné la mort pour ne pas avoir à vivre avec cette honte, conclut-on...
Je ne vais pas non plus tout cous raconter, ce ne serait pas drôle ! Mais je ne vous conseille qu'une chose : lisez-le !! Je ne sais pas trop où le ranger : "Policier/thriller", ou "humour" ? Les deux s'y retrouvent, mais pas en même partie. Le roman s'ouvre sur une scène assez cocasse, qui plante assez bien le décor et le personnage d'Otis, avec la visite de l'archevêque au presbytère et ce qui s'ensuit. Par la suite, l'auteur nous raconte tout ce qui se passe dans la paroisse, sans vraiment s'attarder sur Otis et sur ce qu'il fait. La description des crimes est assez jouissive, on apprend plein de trucs sur les différentes façons de tuer un homme sans se faire prendre (tout n'est pas toujours dit, mais on s'en doute).
Le personnage de Rachel (la cruche de service, mal mariée à un homme plus âgé qu'elle et malheureuse en ménage, complètement amoureuse du pasteur et se faisant sans cesse des films sur elle et lui, lui et elle...) est assez amusant, bien que trop souvent complètement perdue ou à côté de la plaque. Son amie Cynthia, la belle femme du village, tout le contraire de Rachel (divorcée, brune, du genre méditerranéen), est aussi très drôle, elle est là pour entraîner Rachel dans ses délires, mais elle est sûre de savoir séduire le jeune ecclésiastique. Ce qui ne lui portera pas bonheur... Il y a un moment dans le roman, au moment de la mort de Gary, le mari de Rachel, où l'on ne sait pas trop ce qui s'est passé. On soupçonne un meurtre, et l'on a raison, mais pas le bon meurtrier, et j'ai trouvé cela assez fort de la part de l'auteur. Le même doute plane à la fin du roman, on se demande comment l'épisode Otis/Rachel va se terminer, car on retrouve la même phrase que lors de l'épisode Otis/Cynthia... (difficile de ne pas en dire plus !!)
Otis a toujours une bonne histoire ou anecdote amusante à raconter, les répliques s'enchaînent avec bonheur, on rit beaucoup à la description de certaines grenouilles de bénitier, mais aussi des situations parfois embarrassantes où se trouvent les personnages. Et pour peu que l'on connaisse un jeune prêtre ou religieux, il n'est pas difficile de mettre des traits sur le nom d'Otis, ce qui rend les situations encore plus drôles ! (en tout cas, ce fut mon cas...)
Bref, je crois que vous l'aurez compris, je vous conseille ce roman, cynique à souhait. Une question susbsiste : le mal triomphera-t-il à la dernière page ? Je vous laisse le découvrir, avec autant de plaisir que moi, je l'espère...
Ce roman n'est pas le seul de l'auteur, et je pense qu'après cet essai, j'essaierai d'en trouver d'autres, car les titres sont toujours aussi prometteurs que celui-ci !
Bonne lecture à vous !










Commentaires
1. Le jeudi 25 janvier 2007 à 17:31, par La Livrophile
2. Le vendredi 9 février 2007 à 16:57, par Bernie
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