Le cuisinier de Talleyrand, de Jean-Christophe Duchon-Doris
À 08:07 par Bernie, dans la rubrique Romans policiers, thrillers
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Automne 1814, à Vienne, des représentants venus de toute l'Europe sont réunis en congrès pour décider de l'avenir de l'Europe. Quelques semaines plus tôt, Napoléon, vaincu en Russie, a été exilé sur l'île d'Elbe. Il faut maintenant redessiner les contours des pays du vieux continent, se partager des territoires de l'Empire Français. Un matin, un meurtre sordide est perpétré devant les grilles du château où est enfermée l'impératrice Marie-Louise. Est-ce lié à un complot pour faire revenir l'Empereur déchu ?
L'inspecteur Janez Vladeski est chargé par le ministre de la police d'enquêter sur cette affaire, et pour circuler entre tous les diplomates présents, et fréquenter le plus intrigant de tous, Talleyrand, représentant la France, son charme ne sera pas de trop. C'est sans compter l'un des atouts du ministre français, le grand cuisinier Antonin Carême...
Une plongée intéressante dans les lendemains de l'Empire Français et les palabres que sa chute a entraînés. On se prend à suivre les intrigues nouvelles, les alliances nouées et dénouées par les diplomates pour tenter de faire sortir leur pays gagnant. Mais surtout, on entre dans un univers passionnant et totalement à part : les cuisines du palais Kaunitz, où vit la délégation française. C'est le royaume de Carême, le meilleur cuisinier du monde à l'époque. Ce roman ne vaut pas tant pour son intrigue policière que par les joutes oratoires et culinaires qui se livrent dans cet environnement dantesque et extraordinaire. Ce roman nous ouvre l'appétit, et nous fait saliver devant les mets mis en scène devant nous. Il faudrait presque suivre notre lecture avec un crayon et un papier pour noter les recettes qui nous sont données, modèle de raffinement ou au contraire de simplicité, selon les interlocuteurs qui nous les livrent.
Du point de vue de l'intrigue policière, j'ai trouvé que l'enquête était assez bien menée, les ficelles tirées au bon moment, mais il en est une que l'auteur a trop utilisée à mon avis, un personnage auquel on ne s'intéresse que tellement peu que ça en devient suspect. Et malheureusement, cela est vérifié... Cependant, la psychologie des personnages est bien rendue, et on danse sur le même pied que Janez, le beau policier chargé de l'enquête, quant à la personnalité d'Antonin Carême : positif ou négatif, quel point de vue adopter ? Le lecteur est autant indécis que le policier, et cela nous rend assez mal à l'aise et proche du héros.
Le contexte historique est ici secondaire, mais cependant intéressant. D'autant que nous savons déjà que ce congrès ne servira à rien, car Napoléon parviendra à s'échapper de son île d'exil pour revenir en France. Je pense que c'est pour cette raison que l'auteur s'attarde sur les négociations entre ambassadeurs, les pactes secrets, les alliances plus ou moins éphémères, car tout ceci appartient plus à la petite histoire qu'à la Grande Histoire, que nous connaissons tous.
Une lecture agréable et intéressante, dont la fin est inhabituelle pour un roman policier, qui trouve son dénouement et la solution de son énigme un peu trop tard... C'est suffisamment rare pour être signalé !










Commentaires
1. Le mercredi 19 août 2009 à 13:31, par Lisa
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