La règle de quatre, d’Ian Caldwell et Dustin Thomason
À 08:49 par Bernie, dans la rubrique Romans policiers, thrillers
/ #340
/ rss
/
Hypnerotomachia Poliphili. Le combat de l’amour dans le songe de Poliphile, autrement appelé Le songe de Poliphile. Voici un texte obscur et hétéroclite sur lequel des siècles de savants se sont cassé les dents. Un texte censé contenir la clé d’un immense trésor regroupant les plus grandes œuvres de l’Humanisme européen, regroupées au 15ème siècle par un mystérieux prince italien, Francesco Colonna, qui voulait les soustraire à la folie de Savonarole et d’autres extrémistes religieux, et qui a dissimulé dans son texte les indices permettant de reconstituer son histoire et d’aboutir à la cachette.
Voici également le texte dont l’étude et le décryptage furent l’objet de plusieurs vies entières : le père de Thomas, décédé il y a quelques années dans un accident de voiture, et deux de ses « amis », aujourd’hui rivaux : Vincent Taft, professeur à l’université de Princeton, et Richard Curry, conservateur au musée du campus.
C’est aussi le sujet du mémoire de fin d’étude du jeune Paul, un jeune orphelin qui admirait grandement le père de Thomas et connaît par cœur tous ses écrits sur le sujet. Paul est l’ami de Thomas, ils partagent une chambre à l’université avec deux autres amis, Charlie, impressionnant et athlétique, et Gil, fils de bonne famille ultra populaire. Paul travaille sous la direction de Taft, et est suivi par un tuteur, étudiant comme lui, Bill Stein. Il saura également entraîner Tom sur les traces de son père.
Mais ce livre est dangereux, il passionne à ce point ceux qui se penchent sur son étude qu’il occulte tout ce qu’il pourrait y avoir à côté. Il est même capable de pousser les gens à tuer pour posséder ou conserver son secret. C’est ce que Paul et Tom apprendront à leurs dépends…
On m’avait bien dit qu’il était difficile de résumer ce roman sans trop en dire, mais en en disant suffisamment tout de même pour donner envie ! J’espère que j’ai réussi l’exercice, très chère rédac’chef ! 
Voici un roman tout à fait passionnant, qui se lit très vite. Certains l’ont présenté comme ce qu’auraient pu écrire Umberto Eco, Scott Fitzgerald et Dan Brown réunis… Je n’ai personnellement encore jamais lu de Scott Fitzgerald, et n’ai pas réussi à venir à bout du Nom de la Rose, mais je peux vous affirmer que ce roman est supérieur à Dan Brown ! Certes, ils ne jouent pas véritablement dans la même catégorie : dans ce roman, tout se passe en un seul et même endroit, il n’y a pas de véritable course contre la montre, ni un vieux professeur associé à une jeune femme attirante autant qu’intelligente. Ceci dit, un point commun important : un jeu de piste à travers un texte qui demande autant de connaissances que celles qu’avait l’auteur, ce qui constitue pour nous une passionnante plongée dans la culture du Quattrocento.
Les énigmes nous paraissent parfois très ardues, et on se demande comment un jeune homme comme Paul, malgré toute son intelligence, en vient si facilement à bout, d’autres fois cela nous paraît simple alors que Tom y passe des heures, voire des jours et des nuits, mais l’ensemble est véritablement intéressant et, je le répète, passionnant !!! On peut même féliciter les auteurs d’avoir pensé que les codes que les deux jeunes hommes cassent permettent d’obtenir un texte latin, que les étudiants traduisent immédiatement, car il est fort peu vraisemblable qu’un prince italien du Quattrocento ait écrit un texte latin en pensant y dissimuler un texte en anglais… C’est malheureusement une erreur qu’on a trouvé dans d’autres romans…
Mais par-dessus tout, plus qu’un simple jeu de piste à travers un texte inventé de toutes pièces (quoiqu’en disent les auteurs en ouverture du livre !)*, ce roman nous donne à lire l’histoire d’une véritable amitié comme il peut en naître sur les campus américains, qui regroupent en un même endroit des personnes et des personnalités aussi différentes que Charlie, Paul, Tom et Gil. Et, ce qui est le plus important, une amitié qui dépasse le simple cadre de ce campus où ils se sont connus, et qui perdure à travers les années… Je vous recommande particulièrement la toute fin du roman, porteuse de tant de promesses…
Bref, je ne peux que vous conseiller ce roman, pour vos heures de soleil (profitez, profitez !) au jardin, sur le balcon ou sur la plage, ou le soir en rentrant du boulot…
Je vous préviens : quand vous aurez commencé, il vous sera difficile de le lâcher !! Bonne lecture…
- Mea culpa : Sugar nous précise que le Songe de Poliphile existe réellement, après recherche voici ce que j'ai trouvé... Désolée, je n'avais pas vérifié ! La prochaine fois, je me renseignerai avant de publier une critique...










Commentaires
1. Le dimanche 9 septembre 2007 à 13:43, par Milou
2. Le jeudi 27 septembre 2007 à 11:37, par Sugar
3. Le vendredi 28 septembre 2007 à 08:51, par Bernie
4. Le vendredi 28 septembre 2007 à 09:55, par Sug
Ajouter un commentaire