La passe-miroir, livre 1: Les fiancés de l'hiver

L'ouvrage:
Ophélie va devoir quitter Anima et les siens pour aller vivre au Pôle. En effet, sa famille et celle de Thorn ont arrangé leur mariage. Les promis n'ont pas envie de ce mariage. Ophélie ira d'abord en qualité de fiancée, et sera escortée d'un chaperon, en l'occurrence sa tante Roseline. Elle logera chez Bérénilde, la tante de Thorn.

Critique:
Ce livre sort des sentiers battus par plusieurs côtés. D'abord, si son héroïne est intègre, elle n'a pas l'apparence de beaucoup d'héroïnes de romans. Elle est petite (surtout comparée à Thorn), gauche, a besoin de lunettes, ne parle pas très fort, s'habille simplement... De ce fait, on s'identifiera plus facilement à elle que si elle était tirée à quatre épingles, et toujours sûre d'elle. Elle a une grande force de caractère, mais au début, elle se sous-estime. Les embûches qu'elle rencontrera au pôle l'aideront à s'affirmer, et à apprendre à se faire confiance. C'est comme un parcours initiatique qui lui permettra de prendre quelque assurance.

Ensuite, l'histoire n'est pas prévisible. Les rebondissements ne sont ni incongrus ni attendus. La romancière a su habilement manoeuvrer pour que certaines découvertes soient totalement inattendues pour le lecteur. Là encore, elle se démarque de certains auteurs qui, en voulant être discrets, pointent certaines choses du doigt, et font que certains lecteurs (dont moi) trouvent tout de suite ce qui n'est révélé que bien plus tard.
Elle s'éloigne de codes qui, si elle les avait suivis, auraient fait de ce roman une guimauve insipide.
Elle prend le temps de planter un décor, de créer une ambiance particulière. On est à mi-chemin entre le conte cruel, l'énigme, et le roman d'initiation.
Les éléments magiques ne sont pas classiques, ce qui m'a plu. En outre, ils sont utilisés intelligemment, et non en surabondance. J'ai apprécié l'idée de lire des objets (voir leur passé) avec les doigts, par exemple.

Il est question de plusieurs peuples ou clans. Chacun a des particularités. Cela a contribué à mon immersion dans cet univers auquel cela donne de la profondeur.

Tous les personnages ont une présence. Qu'ils soient manichéens ou pas, il émane d'eux un certain charisme. Peut-être est-ce dû à leur mystère. En effet, on ne sait pas vraiment à quoi s'en tenir sur ceux qui paraissent «méchants», sauf peut-être Freyja. La plupart sont complexes, et se débattent entre leurs motivations, leur ressenti, etc. Je pense que la suite réserve des surprises quant à certains. Je ne m'attarderai sur aucun en particulier, mais chacun laissera une empreinte (De griffe?) dans l'esprit du lecteur.
Mention spéciale à l'écharpe d'Ophélie à laquelle le lecteur s'attachera immanquablement.

Le style est vivant et fluide. On est très vite plongé dans l'intrigue et son décor. D'autre part, il n'est pas rare que l'auteur emploie un vocabulaire recherché. Cela m'a beaucoup plu! Lire un récit prenant, raconté d'un style alerte et soutenu m'a enchantée.

J'ai hâte que le tome 2 sorte! Selon la FAQ de Christelle Dabos, la série comptera quatre tomes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard Jeunesse,

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