La nuit du venin L'ouvrage:
Frane est retrouvée morte dans une chambre d'hôtel. Elle avait pris un bain d'encre, s'était injecté de l'encre sous la peau... Tout cela semble étrange. Son amie, Cécile, reprend le travail que Frane effectuait avant de mourir. Elle doit chercher parmi les objets d'une cantatrice aujourd'hui décédée, Isadélia Gest. Il faut qu'elle trouve des enregistrements uniques que son employeur veut entendre.
La maison de la cantatrice est maintenant habitée par le vieux gardien, Gove, qui a connu Isadélia, et par une domestique, Amietta. Bientôt, Cécile va voir de curieux phénomènes se produire. Elle rencontre un chat qui est tour à tour blanc et tigré. La nuit, Amietta fait sortir une espèce de cochon sauvage de sa chambre, et lui fait aspirer quelque chose dans le sol. Et puis, il y a cette lettre inachevée de Frane. A force de fouiner et de questionner, Cécile finira par découvrir la vérité.

Critique:
Ce roman est dans la lignée de "Docteur Squelette", "La meute", et "L'enfer, c'est à quel étage?". (Il y a d'ailleurs une allusion à "Docteur Squelette".) C'est-à-dire qu'il fait partie des romans fantastiques de Brussolo que je ne trouve pas bons, car pas assez creusés. Celui-là est quand même un peu mieux que ceux précédemment cités. Il est plus consistant. Il y a un va-et-vient entre le présent et le passé de Cécile, qui nous permet de mieux la connaître, ainsi que Frane. De plus, étant plus court, (surtout plus court que "La meute"), il traîne moins. Ensuite, il y a l'explication de comment la chose qui cause le désordre est arrivée là. Tout cela n'est pas trop mal.

Ensuite, Brussolo fait monter l'angoisse. Il y arrive assez bien. Mais ce livre étant dans la lignée de ceux précédemment cités (du moins, à mon avis), il est également construit sur le même modèle: la victime n'échappera pas à son bourreau. Soit elle se rendra de son plein gré, (comme dans "L'enfer, c'est à quel étage?", et "La meute"), soit la chose la rattrapera, (comme dans "Docteur Squelette"). Donc, me doutant déjà du genre de fin qu'aurait ce roman, je n'ai pas été surprise.

Je ne conseille pas ce livre à ceux qui, comme moi, préfèrent les livres où la peur est instillée de manière plus fine, où il y a plus de rebondissements, où on ne se doute pas très vite de la fin. Je pense qu'il plaira à ceux qui aiment les films ou les livres d'horreur, où le phénomène surnaturel décrit prend toute la place.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.