L'ardoise magique, de Valérie Tong Cuong.
À 07:05 par La Livrophile, dans la rubrique Romans
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L'ouvrage:
Mina et Alice ont décidé de se suicider ensemble. Elles vont se jeter sous un train. Mais au dernier moment, Mina recule. Seule, Alice saute.
Pour Mina, Alice pouvait croire en la vie, alors qu'elle... Alors, pourquoi n'a-t-elle pas pu sauter le pas? Et surtout, pourquoi a-t-elle rompu le pacte fait avec sa seule amie?
Critique:
Ce livre est très court, et de ce fait, évite les longueurs.
En outre, l'intrigue est savamment menée. Petit à petit, Mina se livre au lecteur. Elle mêle présent, passé, et passé proche. Tout cela paraît un peu chaotique, mais c'est à l'image de l'esprit et des pensées de Mina.
C'est un personnage bouleversant. Le lecteur ne pourra que l'admirer. Livrée à elle-même dès son plus jeune âge, se raccrochant à une mère qui la néglige, se rendant responsable de sa déchéance... Valérie Tong Cuong parvient à nous raconter une histoire poignante sans tomber dans le mièvre ou le mélodramatique. En effet, Mina pourrait presque être un personnage de Zola. Après la mort de sa mère, elle est recueillie par son oncle et sa tante, mais cette dernière ne l'aime pas, et ne cherche pas à la comprendre.
On comprend bien que Mina envie Alice qui a des parents qui semblent l'aimer, qui vit dans une grande et belle maison... Les discussions des deux amies à ce sujet sont intéressantes, même si l'auteur ne va pas assez loin, et que le lecteur ne comprend pas vraiment pourquoi Alice est mal dans sa peau. Bien sûr, on finit par le savoir, mais ce n'est pas forcément ce qu'on imaginait.
Le personnage de Sans Larmes (David) est également intéressant. En peu de chapitres, l'auteur sait nous présenter des personnages meurtris qui ne baissent pas les bras, et qui (du moins, dans le cas de Sans Larmes), ne sont pas aigris, et veulent aider les autres, malgré leur souffrance.
On me dira que ça donne une image de personnages parfaits. Mais non.
Que dire de l'ultime découverte?... Elle explique tout, et s'explique par beaucoup de choses. Elle est logique. Elle devrait donner encore plus de force au roman. Elle le fait, en quelque sorte. C'est une raison de plus d'admirer Mina qui n'a pas sombré dans la drogue, l'alcool, ou la délinquance. Mina a tenté, encore une fois, de se préserver. Cette explication est très convaincante.
Néanmoins, je trouve cette ficelle trop facile. D'abord, j'ai lu un autre roman où elle était utilisée, et je trouve que ça commence à faire beaucoup. (Je ne citerai pas cet autre roman, car quelqu'un qui aurait lu l'un et pas l'autre devinerait la fin de l'autre.) Certes, elle est bien mieux exploitée dans «L'ardoise magique» que dans cet autre roman. Seulement, je trouve cette ficelle un peu facile. Elle est intéressante, mais c'est une échappatoire un peu simple. Elle se veut originale, mais sa facilité et le fait qu'elle commence à être employée par plusieurs auteurs, la rend moins pertinente.
Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.












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