Jusqu'à l'impensable

L'ouvrage:
Harry Bosch est maintenant à la retraite. Son demi-frère, Mickey Haller, demande son aide. Le client de Mickey est accusé de meurtre. Il faudrait que Bosch enquête pour prouver son innocence.

Critique:
J'ai trouvé ce roman plus intéressant que les deux derniers parus en audio. L'intrigue m'a semblé plus fouillée. En outre, je n'avais pas tout deviné. Il y avait un élément dont je savais bien que c'était un indice, mais je n'arrivais pas à comprendre comment.
J'ai bien aimé certains rebondissements. Par exemple, je me suis demandé comment Harry allait découvrir une chose que le lecteur sait presque tout de suite. J'avais peur que cet élément traîne, mais non. À partir du moment où Harry le découvre, j'ai apprécié le jeu de cache-cache entre lui et deux autres protagonistes. Il y a juste une incohérence: quelqu'un d'aussi attentif et pointilleux que Bosch ne peut pas avoir oublié les photos originales dans le photocopieur. Il fallait bien que Connelly trouve un moyen pour que ses personnages sachent que Bosch les avait démasqués, mais ce qu'il a trouvé ne m'a pas convaincue.

J'ai aimé voir Bosch sans équipier. J'aimais bien ceux qu'il avait, mais j'ai trouvé sympathique de le voir enquêter seul, comme dans certains autres romans. On le retrouve pugnace, fin limier, intègre... Mickey m'a un peu déplu dans ce roman. Harry, lui, cherche la vérité; Mickey cherche seulement à faire innocenter son client. De plus, j'ai été un peu choquée par les diverses réactions de ceux qui ne comprennent pas pourquoi Harry, qui fit partie du LAPD, enquête pour sauver la peau d'un condamné, alors qu'il s'attachait à arrêter les criminels. Pourquoi n'ont-ils pas eu ce raisonnement simple: si le condamné n'est pas coupable, il faut que le vrai coupable soit arrêté, et s'il l'est, Harry ne fera rien pour le faire libérer? Certains ont ce raisonnement, mais il est surprenant que Maddie ne l'ait pas.

Comme d'habitude, j'ai apprécié les scènes de vie quotidienne entre Bosch et sa fille, mais j'ai eu l'impression que Maddie cherchait parfois des problèmes où il n'y en avait pas. Je comprends qu'elle soit déboussolée par l'absence de sa mère, mais j'ai trouvé très cliché qu'elle dise qu'il y avait des choses qu'elle aurait confiées à sa mère, et ne pouvait pas dire à son père. Certes, il y a des choses qu'on préfère dire à une femme, mais étant donné les circonstances, Maddie pouvait tenter d'en parler à son père.

Comme souvent, Connelly parsème son récit d'anecdotes qui, j'imagine, sont vraies. Je pense à celle sur le tout premier meurtre consigné par le LAPD ou à celle concernant le gouverneur de la Californie (dont le nom n'est pas écrit, mais que nous reconnaîtrons sans peine). J'aime bien ces petites histoires.

Je trouve dommage qu'une énième relation amoureuse semble prendre forme, à la fin de ce roman...

Je n'aime pas trop le titre français qui me semble excessif. Bien sûr, Bosch va frayer avec d'atroces meurtres commis par des personnes sans scrupules, mais malheureusement, c'est le cas dans beaucoup de ses enquêtes. Je préfère le titre VO («The crossing») qui suggère la rencontre (sur une affaire) entre Bosch et Haller, mais aussi le fait que Bosch franchit une frontière.

En faisant le tour des romans de Connelly parus en audio, j'ai constaté qu'apparemment, «Le verdict des dieux» n'avait pas été édité. J'ai trouvé cela curieux. Je ne pense pas qu'il ait pu être édité par un autre éditeur de livres audio, car je pense avoir fait le tour en cherchant sur Audible et Livraphone.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Je n'ai rien de nouveau à dire sur le comédien. En fait, je pense la même chose que lors de mes précédentes chroniques.

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