Jack Swyteck, tome 1: Le pardon, de James Grippando.
À 07:07 par La Livrophile, dans la rubrique Romans policiers, thrillers, suspense
/ #570
/ rss /
/
L'ouvrage:
Harry Swyteck est gouverneur de Floride. Son fils, Jack, est avocat. Il défend des criminels.
Les relations entre Jack et Harry ne sont pas très bonnes. Elles vont se dégrader le jour où Jack vient demander la grâce du gouverneur pour l'un de ses clients. Il a la preuve de son innocence (il a rencontré le vrai meurtrier qui lui a prouvé qu'il était l'assassin), mais ne peut porter cela devant la cour, car l'homme ne se dénoncera pas, ne voulant pas être arrêté. Harry prend le parti de croire que son naïf fils a été abusé, et refuse de grâcier Raoul Fernandez.
L'histoire ne fait que commencer...
Critique:
C'est le tome 1 de la série où apparaît Jack Swyteck.
Le roman contient tous les ingrédients qui devraient en faire un bon polar: suspense, rebondissements, procédures judiciaires, un tueur qui laisse sa marque, amour, trahisons, vengeances, passé douloureux, personnages blessés... Pourtant, je n'ai pas vraiment adhéré. On dirait que tous ces éléments ont été accolés ensemble sans âme, sans que l'auteur y mette sa patte. Même le combat entre Jack et son agresseur semble surfait. L'auteur a pris les codes du polar, et s'y est conformé, comme s'il rangeait ses tiroirs.
En plus, certains personnages et certaines situations ne sont pas très crédibles.
Ce pauvre Jack est légèrement benêt. Le lecteur est d'abord septique quant à la facilité déconcertante avec laquelle Jina le met dans son lit. Ils n'ont jamais été très amis, et soudain, elle arrive à le faire boire, et il se laisse prendre à son truc vieux comme le monde: «Tu ne peux pas partir ivre. Je dormirai dans l'autre chambre.» Rappelons que Jack côtoie des meurtriers, et sait qu'il en a un à ses trousses...
Lorsque le meurtrier l'accuse d'être le responsable de l'exécution de Raoul Fernandez, Jack manque totalement de psychologie. On ne lui demande pas de rejeter la faute sur son père, mais il lui suffisait de dire à l'autre: «C'est toi le responsable: sans preuves à emporter devant la cour, je ne pouvais rien faire. La seule façon de sauver Raoul, c'était d'arrêter le véritable assassin.» Le tueur serait peut-être devenu fou de rage qu'on ose le blâmer, aurait peut-être sangloté lamentablement en reconnaissant la pertinence de l'argument, cela aurait été à l'auteur de décider. Mais il était évident que Jack aurait dû lui dire cela.
Cindy aussi est un peu bétasse: le lecteur devine très vite que Gina n'est qu'une amie de pacotille, alors que Cindy la dit sa meilleure amie. En effet, lorsque les deux jeunes femmes se croient en danger, Gina ne pense qu'à sauver sa peau. Cela nous prépare à sa future trahison, et on n'en est pas surpris. Par contre, son revirement est assez improbable. Encore un personnage pas très crédible...
Le livre est un peu rattrapé grâce à la justesse de l'analyse et des situations décrivant les relations entre Jack et son père. Ici, même si la chose se retrouve dans d'autres livres, on sent que l'auteur prend part à ce qu'il écrit.
Malgré cette critique plutôt négative, je lirai au moins le tome 2, car je me demande si Jack ne va pas se bonifier à mesure qu'il évoluera. En outre, ce roman est le premier qu'a écrit James Grippando. Peut-être que les autres me plairont un peu plus... La suite à la prochaine chronique.
Éditeur français: Belfond.












Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire