Conduite en état Livresque

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L'angoisse et l'absurdité sont les deux mamelles du monde.
Philippe Djian dans "37,2 le matin".

Bienvenue sur Conduite en état livresque.

lundi 12 mai 2008

lundi
12
mai 2008

Laisse-moi te dire, de Janine Boissard.

L'ouvrage:
Jean-Charles Madelmont et sa femme n'ont pas toujours su se comprendre. Aujourd'hui, il décide de lui écrire une longue lettre. Il raconte toute leur histoire, et s'arrête pour expliquer ce qui l'a blessé à l'époque des faits, et qu'il n'a pas pu ou pas su dire au moment où c'eit arrivé.

Jean-Charles est tout de suite tombé amoureux de Gabrielle, alors qu'il avait vingt-quatre ans et elle dix-huit ans. Dès leur première rencontre, le lecteur sait que leurs rapports seront toujours inégaux. Et pourtant, ils feront un long bout de chemin ensemble.

Critique:
Globalement, ce livre m'a plu, comme presque tous les romans de Janine Boissard. Mais certaines choses sont un peu grosses, ce qui fait que mon sentiment est mitigé.

Ici, la romancière a fait un nouveau pari. Après avoir imaginé les sentiments et la psychologie de ses héroïnes, elle décide que c'est un homme qui racontera l'histoire. C'est un homme au naturel doux, un homme sensible et gentil, qui vient d'une famille très unie, qui a des rêves, qui ne regarde pas les autres de haut. Janine Boissard s'en tire bien en nous narrant le portrait de cet homme.
Ce qui est un peu gros, c'est que Gabrielle est son portrait en creux. Elle semble dure et insensible, égoïste. Son ambition l'aveugle. Elle ne comprend pas qu'on pense autrement qu'elle. Elle ose dire que Marie est sa meilleure amie, mais se permet de juger sa façon de vivre, et est absolument persuadée que Marie n'est pas heureuse. Marie a choisi d'élever ses enfants, et de ne pas travailler, alors qu'une carrière de dessinatrice s'ouvrait à elle. Gabrielle n'admet pas qu'on puisse être heureux si on n'a pas une grande carrière. Elle refuse de comprendre que tout le monde n'a pas ses aspirations. Elle ne sait que mépriser ce qui ne lui ressemble pas, ce qu'elle ne contrôle pas.
On me dira que parfois, les contraires s'attirent. Soit. On peut expliquer l'amour de Gabrielle et de Jean-Charles l'un pour l'autre de cette façon, ainsi que l'amitié entre Gabrielle et Marie. Cependant, cela ne me convainc pas vraiment, car l'ouverture d'esprit n'est là que d'un côté.

En outre, Gabrielle a bâti sa vie sur un mensonge, quelque chose que son coeur d'enfant a inventé, et à cause de cela, elle s'arroge le droit de vouer une violente rancoeur à son père. Elle n'a aucune preuve de ce qu'elle croit, mais préfère le croire, et ainsi, se donner quelqu'un à accuser et à blâmer.
A ce propos, les personnes connaissant la vérité ne veulent pas la lui dire pour la protéger. Cet argument est fallacieux. Pourquoi avoir de la pitié et de la compassion envers celle qui n'en n'a jamais eu? Pourquoi ne pas la forcer à grandir et à cesser de se comporter en gamine capricieuse? De plus, si on voulait vraiment lui cacher la vérité, pourquoi ne pas l'édulcorer, comme Hugues l'a fait, au début avec Jean-Charles?

Le personnage de Gabrielle est la fausse note du roman. Il est trop facile de la détester. Elle est si engluée dans ses certitudes, si fermée que le lecteur ne peut pas la plaindre ou l'apprécier. Il aurait été bien plus intéressant qu'elle fût complexe, que sa psychologie fût moins simpliste. Jean-Charles est plus creusé. Il fait des erreurs, et sait qu'il n'est pas à l'abri d'en faire d'autres.

Donc, j'ai aimé ce livre, mais le personnage trop cliché, trop manichéen de Gabrielle m'a un peu gâché le plaisir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Grossenbacher pour la Bibliothèque Braille Romande.

lundi 5 mai 2008

lundi
5
mai 2008

Une mort obsédante, de Ruth Rendell.

L'ouvrage:
Depuis quelques temps, Tim reçoit des lettres anonymes. Ces lettres ne sont pas anodines pour lui. Cela évoque de douloureux souvenirs en lui, souvenirs qu'il n'a d'ailleurs jamais pu enfouir au fond de sa mémoire. De prime abord, ces lettres sont sibyllines pour le lecteur. Ce sont elles qui poussent Tim à raconter son histoire, histoire dans laquelle il insère ces lettres.

Critique:
Au départ, Tim explique qu'il veut raconter son histoire, et insère la première lettre qu'il a reçue. Il émaille son récit de ces missives, et au fur et à mesure que l'histoire avance, le lecteur comprend mieux ce que veulent dire ces courriers. C'est une ficelle qu'on retrouve assez souvent, et qui peut générer l'ennui. Cependant, ici, il n'en est rien. D'abord, les lettres racontent des histoires surprenantes, et pas forcément connues.
Ensuite, Tim s'attarde sur la façon dont son histoire a commencé. Cela aussi peut entraîner l'ennui, mais ici, cela permet au lecteur de comprendre la psychologie de Tim, de bien resituer le contexte, l'époque, qui font que certaines choses étaient moins acceptées que maintenant.

Une autre force de ce roman est que divers personnages s'expriment tour à tour. C'est d'abord le récit de Tim, puis une lettre d'Isabelle, puis une autre d'un autre personnage, lettre dans laquelle est enchâssée la fin du récit de Tim. Cela fait qu'on entre dans les pensées des personnages. On voit comment ils se perçoivent et perçoivent les autres. On les comprend mieux. On a l'impression qu'ils se confient au lecteur.
C'est aussi l'occasion pour Ruth Rendell de faire montre d'un grand talent: elle adopte les différents points de vue de ces personnages, et sait parsemer leurs dires de détails qui font que ce n'est plus Ruth Rendell qui écrit, mais Tim ou Isabelle. N'est-ce pas l'ambition de tout écrivain? Ici, c'est réussi!

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques. On comprend leurs motivations, leur psychologie, on s'identifie à eux, on se demande ce qu'on ferait à leur place. Mais ils ne sont pas vraiment sympathiques.
Tim est un garçon égoïste et orgueilleux.
Isabelle semble fade.
Kit est une brute. Il ne pense qu'à lui, au fait qu'il a été trompé.
Seul, Ivo trouve quelque peu grâce à mes yeux, même s'il peut se montrer odieux.

J'avais deviné certaines choses. Je me doutais de ce qui s'était passé après le «premier meurtre«.
Je me doutais qu'un lien unissait deux personnages.
Je n'ai pas trop aimé la fin. Je la trouve trop précipitée, voire bâclée. Le meurtre est élucidé, mais j'ai trouvé cette résolution assez simpliste. Pourquoi la personne a-t-elle tué? Même si, apparemment, elle s'est trompée de victime, pourquoi aurait-elle voulu tuer ce personnage? Il y a une explication, mais elle ne me convainc pas, car l'assassin aurait pu s'y prendre autrement. J'ai peut-être raté quelque chose d'important qui éclairerait ma lanterne...
En outre, la scène que surprend l'avocat, à la fin, m'a semblé déplacée. Je comprends l'attitude de Tim, mais pas celle d'Isabelle. Ce qui attire Isabelle, selon elle, c'est l'amour qu'elle inspirerait, et pas la personne à qui elle l'inspire. Il est normal d'être flattée et de vouloir être aimée ainsi, surtout quand on ne l'a jamais été. Cependant, elle faisait clairement le distingo, et à la fin, elle ne semble plus le faire... Donc, son attitude m'a surprise, et a un peu gâché la fin, pour moi.
Par ailleurs, il semblerait que Tim ait changé, ait énormément mûri. Je trouve ça aussi un peu gros. Pourtant, ce qu'il a vécu, le fait qu'il y réfléchisse et le ressasse pourrait expliquer qu'il ait fait un travail sur lui-même. Mais tout au long de son récit, il n'avait pas vraiment l'air d'être en train d'accomplir ce travail.

Malgré mes trouvailles et la fin, j'ai beaucoup apprécié ce livre. L'histoire est bien écrite, l'intrigue est bien menée. On a envie de savoir la suite, et on ne trouve qui envoie les lettres à Tim que quelques temps avant qu'il ait la solution.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fabienne-Xavière Sturm pour la Bibliothèque Braille Romande.

jeudi 1 mai 2008

jeudi
1
mai 2008

*Anne-Marie Scaramuzzi.

Aujourd'hui, c'est Anne-Marie Scaramuzzi, lectrice bénévole, qui répond à mes questions.

La Livrophile: Comment en êtes-vous arrivée à enregistrer des livres?
Anne-Marie Scaramuzzi: Une tante m'avait dit qu'on cherchait des gens pour enregistrer des bouquins. Et comme j'avais fait un peu de théâtre quand j'étais jeune, et que j'aime beaucoup lire, je me fais plaisir en faisant plaisir.
Au début, mon fils était petit, alors j'enregistrais chez moi. Je ne voulais pas le laisser seul pour aller enregistrer en studio, et puis de toute façon, il n'y avait pas de studios. Donc, il y avait des bruits de fond.

L: Avez-vous suivi une formation de comédienne? (Je vous demande cela, car vous êtes l'une des rares à savoir pleurer. Lorsqu'un personnage pleure, vous rendez cela de manière naturelle. J'admire votre maestria, car je pense qu'il est très difficile de ne pas surjouer un personnage qui pleure.)
A.-M. S.: Ah! Mais parfois, je pleure vraiment! Celui que je suis en train d'enregistrer est magnifique et très prenant. C'est l'histoire vraie d'un petit garçon de douze ans qui a une tumeur dans la tête. Le livre est écrit par la mère. Eh bien, je peux vous dire que la dernière fois, j'avais le mouchoir à côté du micro. J'ai dû m'y reprendre à trois fois. Et pourtant, je lis le passage que je vais enregistrer avant, à la maison!
Mais dire que j'ai fait du théâtre, c'est un grand mot. J'ai fait cinq ou six ans de diction.
L: Ah! Je suis toujours épatée de voir avec quel naturel vous pleurez.
A.-M. S.: Je trouve qu'il est plus difficile de rire naturellement que de pleurer.

L: Quel âge avez-vous?
A.-M. S.: J'ai soixante-cinq ans.

L: Pour vos lectures personnelles, avez-vous une préférence pour un genre de livres?
A.-M. S.: Le genre que j'enregistre. Je n'arrive pas à lire un livre à haute voix si je ne l'aime pas. Pour ça, je suis un peu pénible, je me chamaille parfois avec les techniciens et les responsables du livre audio. Je ne me gêne pas pour dire que je n'aime pas. Si je lis un livre que je n'aime pas, je ne le lis pas bien. Parfois, je lis certains livres imposés, mais pas de bon coeur.
L: Certains lecteurs bénévoles m'ont dit qu'ils lisaient ce qu'on leur imposait, sauf s'ils n'aimaient vraiment pas, ou se sentaient incapables de lire l'ouvrage. Il me semble pourtant qu'il est très difficile de lire un livre que l'on n'aime pas.
A.-M. S.: Oh bien sûr! C'est pareil pour tout. On a déjà assez de contraintes dans la vie, donc pourquoi s'imposer des loisirs qui seraient des contraintes?

L: Justement, avec les demandes des adhérents, comment faites-vous pour choisir un livre, si rien ne vous plaît parmi ceux qui sont sur les rayonnages de la BBR à ce moment?
A.-M. S.: Généralement, je regarde la quatrième de couverture. Mais le plus souvent, je propose des livres que j'ai lus et qui m'ont plu.

L: -Y a-t-il des genres de livres que vous n'enregistrez pas?
A-M. S.: Je ne suis pas du tout d'accord pour enregistrer des livres pornographiques. On se fiche de moi à ce propos, mais ça m'est égal. Je ne les lis pas pour moi-même, donc je ne vois pas pourquoi je les lirais pour quelqu'un.
L: Ah! Je n'en lis pas. Je n'aime pas non plus. J'ai essayé quelques romans érotiques, et j'ai laissé tomber.
A.-M. S.: Il paraît qu'il y a une forte demande.
L: Ah bon??! Ca m'étonne que ce soit beaucoup demandé...
A.-M. S.: Moi aussi, mais je vous répète ce que me disent les responsables de la bibliothèque.
Sinon, je n'aime pas trop la science-fiction.

L: Parmi les livres que vous avez enregistrés, quels sont ceux que vous avez préférés?
A.-M. S.: Beaucoup des livres que j'ai enregistrés m'ont marquée. J'en retiendrai trois: d'abord, la biographie de Geneviève de Gaulle Anthonioz qui est magnifique. C'était une femme exceptionnelle. Elle n'a pas beaucoup fait parler d'elle, elle a été déportée, puis elle a fait de grandes choses. Pour tout cela, c'était une grande dame!
Ensuite, j'ai beaucoup aimé «Théâtre dans la nuit», de Patrick Cauvin. C'est une histoire où l'amour est très fort.
J'ai aussi trouvé que la biographie de Françoise Giroud était un beau livre. Christine Ockrent écrit très bien.
Sinon, j'aurais bien aimé rencontrer Anne Pontillé, de qui j'ai enregistré l'autobiographie. J'aurais aimé savoir ce qu'elle était devenue, ce qu'elle avait fait de sa vie après être sortie du couvent.

L: Est-il arrivé qu'un livre à enregistrer vous tente, puis qu'après avoir approfondi, vous le trouviez beaucoup moins à votre goût? Pouvez-vous donner un ou plusieurs exemples?
A l'inverse, un livre qui ne vous tentait pas s'est-il révélé bien plus plaisant que prévu? Pouvez-vous donner un ou plusieurs exemples?
A.-M. S.: Non, parce que moi, c'est mon caractère: ou j'aime ou j'aime pas. Je suis assez entière, donc si j'aime au départ, j'aimerai à l'arrivée.

L: Avant d'enregistrer un livre, le lisez-vous plusieurs fois? Lisez-vous un chapitre, puis l'enregistrez-vous? Découvrez-vous le livre au moment où vous l'enregistrez? Vous imaginez-vous facilement les personnages? Expliquez votre démarche, vos habitudes.
A.-M. S.: Je le lis une fois pour moi entièrement. Puis, la veille de chaque séance d'enregistrement, je lis à haute voix les pages qui seront enregistrées le lendemain.

L: Combien de séances d'enregistrement faites-vous par semaine?
A.-M. S: Une. Il n'y a que deux cabines d'enregistrement, donc il n'y a pas tellement de créneaux.
L: Combien de temps dure une séance d'enregistrement (ça peut varier, apparemment)?
A.-M. S.: Une heure. Je ne peux pas faire deux heures à la suite, je ne reste pas assez concentrée. Et puis la voix se fatigue.

L: Qu'enregistrez-vous en ce moment?
A.-M. S.: Le livre dont je vous ai parlé plus tôt sur le petit garçon qui a une tumeur: «Raphaël», de Barbara Carpentier.
L: Savez-vous ce que vous allez enregistrer après?
A.-M. S.: Non. J'aurais beaucoup aimé enregistrer l'autobiographie de Simone Veil, mais la bibliothèque de Lausanne l'a déjà enregistrée.
J'aime enregistrer les biographies, et en plus, je n'aime pas les dialogues. Je trouve les dialogues difficiles à rendre.
L: Ah bon! Mais vous jouez bien quand il y a des dialogues!
A.-M. S.: Oh! Pourtant, c'est difficile! Quand il y a trois ou quatre personnages qui se parlent, je me demande si l'auditeur comprend bien les changements de personnage.
L: Si le lecteur met bien le ton, on s'y retrouve. Et vous, vous mettez bien le ton. Moi, en tout cas, je m'y retrouve toujours.

L: Etes-vous en contact avec d'autres lecteurs bénévoles?
A.-M. S.: Oui, avec madame Verrey. C'est une femme exceptionnelle.
L: Ah! Madame Verrey! Elle lit très bien! On sent qu'elle y met tout son coeur!

L: Faites-vous particulièrement attention à ne pas abîmer votre voix dans la vie de tous les jours?
A.-M. S.: Non. Absolument pas.

L: Fumez-vous?
A.-M. S.: Non.

L: Exercez-vous un métier en plus de cette activité de lectrice bénévole?
A.-M. S.: Mère de famille. C'est un métier aussi. Ingénieur de bien-être familial, ça fait plus riche. Si vous dites ça, vous en jetez, alors que si vous dites «je suis mère de famille», on dit: «Oh, c'est une nunuche.»
(Rires.)

L: Quels sont vos centres d'intérêt à part la lecture?
A.-M. S.: Je fais beaucoup de bricolage, beaucoup de peinture (sur porcelaine, sur soie), du patchwork, du point de croix.

Liste des livres enregistrés par Anne-Marie Scaramuzzi:
1996:
Palomino: Danielle Steel
Le capitaine Fracasse: Théophile Gauthier
Pourquoi dites-vous ça en riant?: Jean-Pierre Darras
Jean le Bleu: Jean Giono

1997:
La vie interdite: Didier Van Cauwelaert
L'infirmière: Henry Denker
Les histoires de la vie: J'ai peur du Monsieur: Virginie Dumont
La femme en moi: Madeleine Chapsal

1998:
Le vol du faucon: Daphné Dumaurier
Théâtre dans la nuit: Patrick Cauvin
Le pierrot de soleil: Claude Vincent

1999:
Malins plaisirs: Christine Arnothy
Meurtre en thalasso: Madeleine Chapsal
La conférence de Cintegabelle: Lydie Salvayre
Le sourire étrusque: José Luis Sampedro

2000:
Joe Dassin inconnu: Betty Truck
Torrentera: l'homme qui mourut deux fois: Patrick Cauvin
Toute honte bue: l'alcoolisme au féminin: Laure Charpentier
Promenades immobiles: Philippe Vigand

2001:
La terre des Vialhe ("Les gens de Saint-Libéral", tome 4): Claude Michelet
La demoiselle du presbytère: Yvette Frontenac
Le sourire de Sarah Bernhardt: Anne Delbée

2002:
Les belles du Midi, (Les hommes du canal", tome 2): Jean-Louis Magnon
L'amour n'a pas de saison: Madeleine Chapsal
Les affluents du ciel: Jean-Guy Soumy
J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir; suivi de Il n'est pas si facile de vivre: Christine Arnothy

2003:
Les mémoires de Sophie: Sophie Desmarets
Le bois de lune: Françoise Bourdon
Frères et soeurs, une maladie d'amour: Marcel Rufo

2004:
Sur un air de Piaf: David Lelait
Sonate au clair de lune: Nicolas Bréhal
Françoise Giroud: une ambition française: Christine Ockrent
Entre eux la rivière: Nicole Meymat
La couleur du bon pain: Gilbert Bordes

2005:
Le cri du héron: Marie-Paule Armand

2006:
Elle voulait toucher le ciel: Yves Viollier

2007:
Juste un coin de ciel bleu: Gilbert Bordes
Dieu ne m'a pas parlé: vingt ans au couvent: Anne Pontillé
Le biscuit dans la poche: Yvette Horner
Les enfants d'Elisabeth: Hélène Legrais

Livre dont l'année n'est pas indiquée:
Geneviève de Gaulle Anthonioz, l'autre de Gaulle: Frédérique Neau-Dufour

lundi 28 avril 2008

lundi
28
avril 2008

Personne n'y échappera, de Romain Sardou.

L'ouvrage:
Condord, New Hampshire, hiver 2007.
Vingt-quatre cadavres sont retrouvés dans un chantier. Ils ont tous été tués d'une balle en plein coeur. Ils ne semblent pas s'être défendus. Le chef de la police, Stuart Sheridan, se voit déchargé de l'affaire au profit du FBI. Cela le pousse à continuer ses investigations. Il refuse d'abandonner. Etant destitué de l'affaire, il enquêtera de manière illicite pendant son temps libre.

Frank Franklin est professeur d'écriture créative. Il vient d'être nommé dans l'université de Durrisder, université qui jouxte le chantier où les corps ont été retrouvés. Pour lui, c'est une opportunité. Il est très bien accueilli par le doyen de l'université, Lewis Emerson. Il sent qu'il s'y plaira.

Critique:
Le livre est un thriller dont les trois quarts sont réussis. Il y a du suspense, et l'auteur nous aiguillonne habilement vers de fausses pistes. Personnellement, j'ai soupçonné un personnage qui n'avait rien fait, en me basant sur la ficelle éculée que ce personnage se fondait trop bien dans le décor et l'histoire. Je commençais déjà à pester après l'auteur en imaginant que ce personnage était impliqué dans les événements macabres racontés. Heureusement, Romain Sardou a su éviter cet écueil. Il s'en est peut-être même servi pour induire le lecteur chevronné de thrillers en erreur.

Les personnages ne sont pas très épais. On sent bien que Franck est instruit, que Ben O Boz est machiavélique, que Stuart est persévérant... mais après... L'histoire prend le pas sur la psychologie des personnages.
Bien sûr, Ben O Boz impressionne le lecteur, car ce qu'il fait montre quelque chose d'atroce. C'est d'autant plus effrayant qu'il est lucide. Il n'est pas sujets à des excès de folie qui le pousserait à agir ainsi. Il calcule ses actes, il n'est poussé par aucune névrose. Il est tout simplement fat, égoïste, et curieux. Il est poussé par son envie de célébrité.

Il est dommage que l'auteur ait situé son roman aux Etats-Unis. Pourquoi les auteurs français qui s'essaient aux thrillers les situent-ils toujours dans un pays anglophone, et le plus souvent, aux Etats-Unis? Bien sûr, de nombreux thrillers sont écrits par des américains, mais quand un auteur français s'y attaque, que ne garde-t-il son pays d'origine?

Je n'ai pas aimé la fin pour plusieurs raisons. D'abord, il y a des incohérences. Comment se fait-il que le FBI, étant au courant, et ayant préparé son coup, arrive trop tard? Qui a tué le personnage qui envoie des messages posthumes? S'est-il suicidé pour parfaire son plan? Soit. Mais c'est tout de même un peu gros. Pourquoi se passe-t-il exactement ce que tel personnage voulait qu'il se passe? Contrairement à la brillante démonstration qu'essaie de nous faire Romain sardou, le plan n'était pas une machine si bien huilée que ça. L'auteur a voulu faire une fin différente, afin de surprendre le lecteur. C'est une bonne initiative, mais cela fait partie de ce qui m'a déçue. Pourtant, j'aime quand un thriller me surprend. J'applaudis les auteurs qui se détournent des codes et des ficelles éculées. Mais ici, cela n'a pas pris. Je comprends l'initiative de l'auteur: vouloir faire du neuf, mais ça n'a pas pris. Les incohérences et cette fin trop noire ont fait que finalement, je ne recommande pas vraiment ce livre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne pour les éditions VDB. Là encore, je tiens à dire un petit mot sur sa prestation. Il fait partie, à mon avis, des bons lecteurs qui ne surjouent pas, et qui ont toujours un ton approprié. En outre, il ne force pas l'accent des noms anglophones. D'autre part, il fait un accent latino pour le lieutenant Amos Garcia, mais sa façon de faire ne m'a pas énervée. Je pense que c'est parce qu'il n'a pas exagéré l'accent latino qu'il a imité.

jeudi 24 avril 2008

jeudi
24
avril 2008

*La comédienne retrouvée.

En 1992 ou 1993, les éditions VDB se lancèrent dans la publication de livres audio. La plupart des comédiens qui enregistrèrent les premiers livres audio me plurent. Cependant, l'une d'entre eux, Nicole Vautier, retint mon attention plus que les autres. Elle avait une voix douce et agréable, et, me sembla-t-il, un léger accent suisse que je trouvai fort sympathique. (Je peux me tromper quant à l'accent.) Sa lecture était juste et sensible. Soit, elle prenait parfois un accent pour certains noms anglophones, mais personne n'est parfait. ;-) Après avoir enregistré cinq livres, elle cessa de travailler pour les éditions VDB, à mon grand désespoir.

Parfois, je cherchais son nom sur le net... J'écrivis même à une compagnie théâtrale avec laquelle elle travaillait, semblait-il. Je n'obtins pas de réponse.

En mars 2008, j'ai vu son nom sur un ouvrage édité par les éditions Livrior: "La force qui nous manque", d'Eva Joly. Le livre est lu par Eva Joly et Nicole Vautier. J'ai commencé par attendre de pouvoir l'emprunter dans une bibliothèque. Hier, j'ai tout de même écrit aux éditions Livrior pour leur demander si cette comédienne travaillerait à nouveau pour eux. Après leur réponse positive, je suis allée écouter un extrait sur le site, histoire de vérifier que la comédienne était bien la même. ... C'est bien elle!
C'est une grande joie pour moi de la retrouver, et de savoir qu'elle enregistrera d'autres livres! Je souhaite qu'elle en enregistre beaucoup!