Guerre et paix T3

L'ouvrage:
1812. Les négociations afin d'éviter une guerre s'avèrent ardues... Les empereurs (Napoléon et Alexandre) ne parvenant pas à se mettre d'accord, elle est inévitable.

Critique:
Cette partie du roman est davantage axée sur la campagne de Russie que sur la vie des personnages. Bien sûr, on les voit, ils subissent les conséquences de la guerre, et leur vie de famille est évoquée, mais on est moins dans leur intimité que dans la deuxième partie. Au départ, les négociations ainsi que la façon vivante et précise de l'auteur de les raconter m'ont plu. Cependant, l'Histoire prenant beaucoup de place, j'ai trouvé que c'était parfois un peu long. Heureusement, le style de l'auteur et le ton toujours adéquat du lecteur ont fait que je n'ai pas décroché.

Entre les négociations des empereurs, les enjeux politiques, les stratégies, et les combats, Tolstoï explore les divers aspects de cette guerre. On voit aussi les conséquences du côté de ceux qui restent chez eux. Moscou étant sur le point de tomber aux mains de la France, certains fuient. La princesse Marie fait partie de ces gens. C'est l'occasion pour Tolstoï de montrer une révolte de paysans, et sa conclusion... rapide.
La princesse Marie m'a semblé plus sympathique dans cette partie. Elle reste trop pieuse à mon goût, mais continue à se remettre en question, et tente de faire au mieux.

Pierre fait partie de ceux qui s'illustrent par leur bravoure et une part d'inconscience. Tour à tour abattu et exalté, il se jette à corps perdu dans les événements. Son caractère à la fois tourmenté et emporté ainsi que son indécision font qu'il voudra accomplir quelque chose de très fort, mais perdra sa résolution.

Au milieu de ces graves éléments, Tolstoï nous montre un pan de la vie d'Hélène. Cette femme égoïste et ses préoccupations superficielles tranchent avec l'Histoire. Ce contraste fait d'autant mieux ressortir les atrocités dues à la guerre. D'autant que Tolstoï s'attache à prouver, par un raisonnement clair qu'il a suffi de plusieurs facteurs, dont l'entêtement d'hommes pour en arriver à cette guerre, qui aurait peut-être pu être évitée.

Natacha est plus calme dans cette partie. Elle aussi opère une grande remise en question. Elle semble plus réfléchie, même si parfois, elle va dans les extrêmes. Après l'épreuve qu'elle a vécue et dans laquelle elle s'est elle-même précipitée, la jeune femme sera moins fougueuse. Son tourment sera plus sourd, mais cela lui donne une maturité qui lui permettra de réagir de manière adéquate au danger. Parfois, on retrouve la Natacha d'avant, principalement lorsqu'elle s'interpose entre ses parents qui se disputent.

Quant à Nicolas, décidément, il ne trouve pas grâce à mes yeux. Il me paraît plat. Je lui préfère Pierre ou le prince André qui semblent avoir bien plus de personnalité. J'ai quand même été touchée lorsqu'il est mal à l'aise d'avoir fait un homme prisonnier. Il s'avoue à demi la cause de son mal être. Il est trop impliqué pour parvenir à admettre pleinement l'injustice et la bêtise de la guerre, mais il reconnaît qu'il ne se sent pas glorieux de «sa prise de guerre».

Outre ses considérations sur la guerre, Tolstoï nous fait partager son avis sur les médecins. Il le fait surtout à l'occasion de la maladie de Natacha. Dans ce cas-là, il a sûrement raison (d'autant que c'est lui qui a créé le personnage et les raisons de sa maladie). Si son jugement tranché et non dénué de fondement m'a fait sourire, je l'ai trouvé un peu sévère.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.

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