Guerre et paix T1

Note:
Apparemment, il existerait plusieurs versions de ce roman, plusieurs découpages... Je publierai quatre chroniques, suivant le découpage des éditions Sixtrid.

L'ouvrage:
Moscou, 1805. La noblesse ruse se retrouve dans des soirées prisées. Le roman débute par celle d'Anna Pavlovna Scherer. Mais les échanges mondains, sous couvert de futilité, abordent une réalité incontournable: la guerre avec la France.

Critique:
«Guerre et paix» est de ces romans qui m'ont toujours attirée, mais dont la longueur m'a fait reculer. Aujourd'hui, les éditions Sixtrid ayant fait enregistrer ce monument par un comédien qui, à mes yeux, est un grand, je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de m'y plonger.

J'ai d'abord aimé le style à la fois vivant et recherché. Je suis toujours friande d'un vocabulaire riche et précis, décrivant avec minutie des situations, des personnages, ce qui rend l'analyse plus complexe et donc plus intéressante. Ici, c'est le cas. On n'a aucun mal à s'imaginer au milieu des personnages. Certains ne sont pas très discrets, comme Natacha Rostov, qui, très jeune, a un caractère impétueux, et ne se prive pas de le montrer. Sa fougue, son énergie et sa candeur m'ont plu, même si je trouvais qu'elle en faisait parfois un peu trop.
Anna Mikhaïlovna m'a déplu, mais j'ai également souri de son audace. Dès le départ, elle intrigue pour que son fils puisse obtenir ceci et cela... mais elle ne s'arrête pas là.
Pierre Bézoukhov est ambivalent. Au début, il m'a été sympathique, car il se préoccupait moins des usages que d'être sincère. Il s'enflammait pour ses idées. Ensuite, je l'ai trouvé un peu faible. Il se laisse manipuler, sachant qu'il l'est, et se convainquant qu'il ne peut y faire grand-chose. Bien sûr, tous les changements qui arrivent dans sa vie le bouleversent, ce qui ne l'aide pas à garder la tête froide. Cependant, il ne semble pas avoir beaucoup de caractère. Je verrai cela dans la suite du roman.

La princesse Marie Bolkonsky a éveillé ma compassion tout en m'agaçant. Elle se débrouille comme elle peut, étant souvent seule avec un père tyrannique. Cependant, sa piété (qui doit être le moyen qu'elle a inconsciemment trouvé pour ne pas sombrer) est exaspérante. Voyons ce que lui réserve la suite.

Comme l'indique son titre, le roman parle également des guerres napoléoniennes. Au départ, j'avais un peu peur que ces passages m'ennuient. Cela n'a pas été le cas. D'abord, j'ai retrouvé des personnages que j'avais croisés avant, dans d'autres circonstances. Par exemple, le premier qui se distingue en se conduisant de manière légère dans son régiment est Dologhow. Cela m'a fait rire, car il se révèle tel qu'il est lorsqu'il ne guerroie pas. La première fois qu'on le rencontre, il parie qu'il peut boire une bouteille entière de rhum, assis sur une fenêtre, sans se tenir à rien. En outre, les passages ayant trait à la guerre ne parlent pas uniquement de combats. Enfin, j'y ai retrouvé d'autres personnages qui, dans ce contexte, ne sont pas du tout comme lorsqu'ils évoluent dans les soirées mondaines ou en famille. Je pense surtout au prince André Bolkonsky, qui semble insatisfait de sa vie (surtout de son mariage), et qui, lors des combats, paraît être davantage à sa place.
Nicolas Rostov m'a un peu surprise. Il fait partie de ceux qui ne prenaient pas vraiment la mesure de la guerre. Plutôt habitué à être choyé, il découvre une dure réalité qui l'effraie.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.
Éric Herson-Macarel est sûrement le lecteur idéal pour ce roman. Outre un ton à la fois naturel et exempt de surjeu, il reste fidèle à lui-même et ne s'embarrasse pas d'horreurs comme prononcer les noms étrangers avec un accent à couper au couteau, ou modifier sa voix à outrance pour certains personnages. De plus, comme toujours, sa diction est soignée. Sa façon juste d'interpréter sert l'auteur.

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