Famille, tracas et compagnie

L'ouvrage:
Jane Louise vient d'épouser Teddy Parker. Tous deux travaillent. Ils ont des amis.
Jane Louise est angoissée par la vie qui s'annonce? Mérite-t-elle Teddy? Le monde ne va-t-il pas s'écrouler sur sa tête?
Au bureau, entre les avances de Sven (l'obsédé du coin), et les exigences d'Erna, Jane Louise n'a pas le temps de s'ennuyer.

Critique:
C'est le premier roman de Laurie Colwin que je lis. Je vais maintenant me mettre à la recherche de ses autres productions. Certains diront que l'intrigue est légère, voire un peu tirée par les cheveux. Pourtant, j'ai trouvé ce roman très réaliste. Il décrit assez bien une certaine société, certains aspects de la vie.
On me dira que l'auteur en fait trop lorsqu'elle décrit les obsessions de Sven, mais je suis sûre qu'il existe des gens comme lui. Ils ne le disent pas, c'est tout. Et puis, je préfère quelqu'un comme Sven, qui harcèle avec bonhomie et humour, plutôt qu'un gros lourd qui devient méchant dès qu'on a le malheur de lui dire non. Sven a des côtés amusants. Par exemple, son fantasme d'une pièce pleine de femmes enceintes de lui est assez caustique. En outre, quand il veut bien mettre son obsession de côté, il a des réflexions pertinentes.

On me dira aussi que l'auteur en fait trop lorsqu'elle évoque les Teagarden. Malheureusement, je suis sûre qu'il existe des gens comme ça. En outre, Laurie Colwin évoque ces personnes détestables de telle façon qu'on ne peut s'empêcher d'en rire, tout en les méprisant.

Certains diront que l'héroïne se fait des noeuds au cerveau pour rien, et que c'est agaçant. Pas pour moi. J'ai compris ses angoisses. Elles ne sont pas tout à fait infondées, et ce n'est pas comme si Jane Louise les laissait prendre le pas sur sa vie.

L'humour est très présent. Il est plaisant qu'il soit plus fin, mieux amené que dans certains livres du même style qui décrivent des choses trop grosses, trop clichées.
Malgré la dominante humoristique, Laurie Colwin aborde des thèmes assez graves et toujours d'actualité. Outre l'incommensurable suffisance des Teagarden, il y a le racisme des parents d'Edie, la difficulté de Teddy à exprimer ou à modifier ce qui le peine depuis des années... Ces thèmes sont bien exploités.

Je n'ai ressenti aucun ennui à la lecture de ce roman. Il n'y a pas de longueurs.
À la fin, certaines choses ne sont pas réglées, mais c'est normal. Cela rend tout cela plus réaliste.

Remarque annexe:
Il est dommage que le mari de Jane Louise et sa meilleure amie aient des prénoms qui se ressemblent. C'est encore plus perturbant, je pense, pour une lecture à voix haute, car quand il est écrit «dit Edie» (entre autres), il faut faire la liaison, et ça pourrait être «dit Teddy».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Le Livre de poche dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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