En un tour de main, de Jo Witek.
À 07:00 par La Livrophile, dans la rubrique Romans
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L'ouvrage:
Matt Borowski vit avec son père, surnommé le Renard, et son frère, Tarec. Le Renard s'occupant plus de la bouteille que de ses enfants, c'est Tarec qui fait en sorte que son petit frère ait un foyer accueillant.
Un matin, le Renard décide d'emmemer ses enfants au musée de la magie. C'est la révélation pour les deux enfants: Tarec sera comédien, et Matt sera magicien.
Critique:
Voilà un petit livre sympathique. Certains me diront qu'il y a peut-être trop de bons sentiments, que dans la vie, tout ne se termine pas comme pour Matt Borowski. Et pourquoi pas? Pourquoi une personne qui n'avait pas la chance de son côté, au départ, ne pourrait-elle pas s'en sortir? Certes, Matt a eu de la chance, par exemple, en rencontrant des gens qui lui ont donné envie d'avancer, comme le capitaine, Youssef, et Mélissa. Il n'en reste pas moins que je trouve rafraîchissant et encourageant de lire un ouvrage qui dit qu'il ne faut pas perdre espoir, et que même si on part mal, même si on fait des bêtises, on peut se racheter. La vie n'a pas toujours souri aux frères Borowski, mais ils n'ont pas été entraînés dans une spirale infernale qui les a fait tout rejeter. C'est une belle note d'espoir.
Les personnages sont attachants. Ils peuvent se montrer imprévisibles, comme le Renard qui, malgré sa nature, s'adapte très bien au squatt et à ses règles. Il surprendra encore le lecteur, à la fin. En outre, c'est un personnage qu'on a un peu de mal à cerner, et c'est ce qui le rend attachant. Ce n'est pas seulement un alcoolique. Il aime ses enfants, même si c'est lui, l'enfant. D'ailleurs, il joue bien mieux le rôle de celui qu'on soutient.
Il n'a pas l'alcool méchant ou triste... on dirait presque qu'il boit parce qu'il s'ennuie.
Tarec et Matt sont sympathiques: ils gardent une certaine rectitude, des valeurs morales.
L'auteur met son lecteur face à une question dérangeante: que penser des actes répréhensibles de Matt? Cette question est source de sentiments contradictoires que je ne démêlerai pas ici, de peur de trop en dévoiler, mais leur complexité est intéressante.
Dans l'avant-propos, l'auteur explique qu'il a surtout écrit ce livre pour montrer que le milieu artistique, ce n'est pas juste quelqu'un qui veut la gloire, et qui ne vit que de bons moments. Pour moi, c'est évident, mais apparemment, il a dû croiser des gens qui ne prennent pas toute la mesure de ce qu'implique le genre de métier que fait Matt. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé cet univers bien décrit et bien analysé.
Je mettrai tout de même un bémol à cette critique élogieuse. Deux choses m'ont beaucoup gênée au cours de ma lecture. D'abord, le récit est fait tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Dans un même chapitre, en deux ou trois phrases, le lecteur passe d'une personne à l'autre. C'est assez perturbant, et très agaçant.
D'autre part, Matt raconte son histoire à une journaliste. Cela alourdit le texte, et donne lieu à des digressions qui, pour moi, ne sont que du remplissage, et m'ont plus ennuyée qu'autre chose. Le récit perd de sa force à cause de cela. Bien sûr, cet aspect des choses prend toute son importance à la fin, et l'auteur n'aurait pas pu supprimer totalement cet élément, mais je l'ai trouvé trop présent, voire envahissant. Il aurait fallu que cela soit plus discret. ... Et si ça avait été plus discret, j'aurais sûrement dit que la toute fin n'était pas crédible. 
Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.












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