L'auteur:
Randy Powell a écrit d'autres romans, mais apparemment, seuls "Embrasser une fille qui fume", et "La toilette siffleuse" ont été traduits en français. Embrasser une fille qui fume

L'ouvrage:
Biff Schmurr a 18 ans, et a l'air d'en avoir 14. Il est amoureux de Tommy Isaacs (une camarade de lycée) depuis 23 mois. Il passe souvent devant chez elle, ou dans le magasin où elle travaille après les cours, afin d'essayer de l'apercevoir, mais il n'arrive pas à lui parler. Il se contente de lui dire bonjour dans les couloirs du lycée. Il est très timide. Un jour, il rencontre Heidi, la nièce de Pam, une amie de sa soeur Willa. Heidi a 15 ans, et est "déchaînée", selon Pam. Elle fume, balance des vannes à tout le monde, et montre une belle assurance face aux gens. Rien ne semble la toucher. Elle a l'air de se foutre de tout. De tout, vraiment? Biff apprend à la connaître, et découvre, peu à peu, que malgré son assurance, elle a aussi ses failles, et surtout, elle a besoin qu'on l'aime...

Critique:
Ce livre me plaît beaucoup. J'ai dû le lire sept fois depuis 1996. Les personnages sont attachants. Malgré le rire qui est très présent, il émane une certaine gravité de ce roman. Beaucoup de personnages ont une blessure avec laquelle ils essaient de vivre.
Biff pense souvent à la mort de son frère, mort qu'il voudrait réparer, alors qu'il n'en n'est pas responsable. Mais après cette mort, rien n'a plus été pareil dans sa famille. Ses parents ont presque arrêté de vivre.
Willa, quant à elle, n'arrive pas à s'attacher à un homme.
Heidi fait des bêtises, et s'est fabriqué une langue bien pendue. Elle a du caractère. Mais elle aussi, doit réussir à vivre, alors que sa mère est morte, et que sa famille maternelle n'aime pas trop son père. Elle cherche sa place, et a l'impression de ne pas la trouver.
Lynn se fait rogner les ailes par sa belle-famille, (surtout par la grand-mère, qui essaie de diriger tout le monde), parce que faire des études d'avocat, c'est plus prestigieux que de faire de la poésie. Il essaie de se révolter, mais il finit par abandonner, et choisir la facilité. On ne sait pas trop ce qui le fait s'incliner, étant donné que Pam le prend pour cible de ses sarcasmes, qu'elle le tourne en dérision, et qu'il semble que sa décision de faire partie de "la grande famille des avocats" le fasse doucement plonger dans l'alcool...
Le père de Heidi se laisse aller. Il n'a pas supporté la mort de sa femme, et se néglige, ainsi que sa fille.

C'est donc un roman très réaliste, où les personnages ont connu des drames, et essaient de vivre avec. Randy Powell entremêle très intelligemment la gravité et l'humour. Je pense que c'est très réussi. En effet, les répliques, certaines situations, et les travers de certains personnages sont amusants. Biff a des petites manies drôles, comme boire deux bols de céréales, le soir, en lisant le journal de bout en bout. Il a aussi des "obsessions" amusantes, comme sa randonnée, au moment de l'histoire. En outre, les blessures dont je parle ne sont pas évoquées avec lourdeur, ou avec des aspects mélodramatiques. Elles sont exposées sobrement. C'est au lecteur de creuser, et de déduire que Lynn s'enlise, par exemple. Bref, ces personnages ne nous laissent pas indifférents.

Note que comprendront ceux qui ont lu le livre: N'acceptez jamais rien d'un chameau à trois pattes.

Éditeur: l'École des loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Candil Lopez.

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