Il y a un petit moment, j'avais imaginé d'écrire une histoire ayant une certaine particularité. Je vous la copie-colle ici. A vous de deviner, dans les commentaires, quelle est la particularité de cette histoire. Indice: si vous ne lisez pas, vous ne trouverez pas. ;-)

Betty pensait que c'était vraiment injuste. Elle adorait les glaces à l'eau, et celles-ci n'existaient presque plus. On ne trouvait que des glaces au lait. Elle se demandait pourquoi la glace à l'eau avait si peu de succès. Ce n'était tout de même pas la glace noire! Betty décida de faire justice aux glaces à l'eau. Tel l'oiseau des ténèbres, elle résolut de prendre l'envol des anges afin de parcourir le monde et de proclamer la suprématie de la glace à l'eau, de redonner vie à cette lumière morte. Elle devait accomplir cela, elle devait cela aux glaces à l'eau qui lui avaient procuré tant de bonheur gustatif. C'était comme une créance de sang.
Elle se dit qu''elle allait réunir tous ceux qui préféraient les glaces au lait dans un pays qu'elle n'aimait pas. Elle choisit les Etats-Unis. Tous ces sales traîtres! Elle les jetterait sans regrets dans les égouts de Los Angeles ou dans la Los Angeles river. Elle savait que beaucoup d'entre eux traînaient sur Wonderland Avenue, où l'on trouvait beaucoup de vendeurs de glaces au lait. Elle les trouverait, et accomplirait son noir dessein. Elle pourrait aussi les faire dévorer par les loups! ... Ou par les coyotes, tiens! Mais elle avait entendu dire qu'il n'y avait plus tellement de ces animaux. Le dernier coyote avait été aperçu un soir où la lune était noire près d'Echo Park.
Betty pleura un peu, lorsqu'elle sut que l'homme qu'elle aimait ne partagerait pas sa fouille épuratoire.
"Ecoute, darling Lilly, lui avait-il dit. Ce que tu veux faire, c'est trop difficile!"
Grrr! Cette nouvelle manie de l'appeler darling Lilly! Ca exaspérait Betty, car elle n'aimait pas ce diminutif de son prénom.

Elle commença à chercher ses premières victimes. Sa méthode était simple: elle se proposait d'interroger les passants: «Vous préférez les glaces au lait ou les glaces à l'eau?» Ceux qui répondraient les glaces au lait, elle les assomerait avec un glaçon de cinq kilos. Elle rencontra d'abord une glace qui avait l'air pressé.
"Où allez-vous?
-Oh! Une de mes amies au chocolat noir m'a invitée à aller faire les soldes. Nous allons choisir des morceaux d'amande, de noisette et de pistache pour nous parer.
-Ah... vous êtes à quoi?
-Au chocolat blanc, voyons! Cela ne se sent pas! Mon chocolat est lisse et pur. Je le renforce chaque jour en faisant des séances de congélation intense. Il est si dur que dans le milieu, on m'appelle la blonde en béton. Aucune dent ne viendra à bout de moi!"
Betty attrapa la glace, et la jeta dans un sac en plastique. Elle secoua le sac dans tous les sens afin que cette saleté de glace mourût. Elle abandonna le cadavre dans la Rolls de Fabrice Lucchini, qui était garée non loin de là. Elle prit soin d'étaler toute la glace sur les sièges.
"Toi, grinça-t-elle, ça t'apprendra à te prendre pour le poète et l'acteur du siècle."
Plus loin, elle rencontra un petit garçon, à genoux dans la poussière, qui pleurait.
"Qu'est-ce que tu as?
-J'ai... j'ai perdu ma glace! Je crois qu'elle s'est enfuie!
-Cette saloperie au chocolat blanc?
-Oui.
-Je l'ai tuée.
-Vous l'avez mangée?
-Quoi?! Moi! Manger ça!
-Alors, vous pouvez me la donner?
-Non. Et tu ne pourras même pas en faire ton deuil. C'est un deuil interdit, car je vais te tuer." Betty s'approcha avec son glaçon, mais le petit garçon détala. Betty songea que finalement, il valait mieux que le petit garçon lui ait échappé. Son but était honorable, mais il y avait trop de gens à liquider. Elle risquait de se faire prendre avant d'avoir épuré le monde, et elle irait en prison. Aucun avocat ne pourrait la sortir de là, surtout si les jurés préféraient les glaces au lait. Elle regagna tristement son logis.

Quelques jours plus tard, elle lut dans les journaux que Fabrice Lucchini était soupçonné d'avoir vandalisé sa voiture exprès pour pouvoir obtenir des dommages et intérêts conséquents de la part de l'état, puisqu'on ne pourrait retrouver l'auteur du crime. Il clamait son innocence, et exigeait d'être défendu par cet avocat... celui qui se baladait tout le temps en Lincoln.
"C'est ça, marmonna Betty. Il croit que le gars à la Lincoln va s'occuper d'une affaire aussi stupide! Il croit vraiment en la défense Lincoln en sa faveur, ce crétin!"

Note: il va de soi que cette histoire est un énorme délire. Ne voyez pas en moi une violente qui ne demande qu'à s'exprimer. ;-)