La porte du limbreth

L'ouvrage:
Yolet est une ventchanteuse. Elle tient à se débarrasser de Ki, après les mésaventures décrites dans le tome 2 de la série. Pour cela, elle veut lui faire passer la porte du Limbreth, et la faire entrer dans un monde duquel elle ne voudra pas sortir.
C'est sans compter avec Vandien qui fera tout pour retrouver Ki, et la ramener dans son monde.
C'est également oublier que Rebeke ne se laissera pas marcher sur les pieds de la sorte. Elle tenait à ce qu'on laissât Ki tranquille. Yolet a donc défié son autorité. En outre, d'autres conséquences désastreuses découlent du caprice de la jeune ventchanteuse.

Critique:
Si l'intrigue de ce troisième tome peut paraître lente, c'est bien plus agréable que dans «Les ventchanteuses». En effet, le tome 2 n'offrait pas vraiment de surprises au long du livre. Ce n'est que vers la fin que le lecteur découvre certaines choses.
Dans «La porte du Limbreth», la lenteur est bénéfique pour plusieurs raisons. D'abord, l'auteur prend la peine de creuser ses deux personnages principaux, et nous les rend plus proches et plus sympathiques.
Les autres personnages qu'elle nous présente sont intéressants, car ils ne sont pas manichéens, sauf Yolet.
Même Dresh a trouvé grâce à mes yeux.
Quant à Rebeke, elle semble de plus en plus complexe.

Ensuite, il y a quelques rebondissements au long du livre. L'un d'eux rassemble certains éléments épars, et montre au lecteur que tout était préparé depuis le tome 1. On pourrait penser que l'auteur a repris des éléments du tome 1, et les a expliqués différemment dans le tome 3 sans avoir rien prémédité. Pourtant, ces révélations expliquent aussi le caractère de l'un des personnages, caractère dépeint depuis le tome 1. J'ai donc trouvé que la romancière avait très bien préparé ses romans, même si le tome 2 m'a paru un peu long. À la lueur du tome 3, il était indispensable.

Megan Lindholm s'attarde sur le fonctionnement du peuple du Limbreth, et c'est très intéressant. Là encore, elle pose certaines questions: Jess a été forcé de changer de monde, et il s'y adapte, alors que Jayce a beaucoup de mal à s'y adapter.
Le peuple du Limbreth est décrit comme pacifique, par exemple, il ne mange pas de viande, et ne met personne (homme ou animal) en esclavage par respect de l'être vivant. Cependant, le comportement de Jayce montre l'absence de nuances. L'intolérance peut aussi naître chez un peuple qui se veut tolérant.
Est également abordé le thème du libre-arbitre, de l'esprit critique.

Par contraste, nous rencontrons les brurjans, qui sont plus rudes et rustres. Et là encore, l'auteur sait nuancer. Ce peuple est ainsi, mais les circonstances font qu'Hollyika saura se montrer autrement que sous un aspect détestable.

Comme dans les tomes précédents, l'écrivain a su créer un univers dans lequel je me suis plongée sans mal, et toujours avec la même fascination.

Éditeur: Mnémos.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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