Caraval

L'ouvrage:
Depuis qu'elle a dix ans, Scarlett écrit à Légende, le maître du jeu Caraval. Elle souhaite que le jeu soit organisé sur Trizda, l'île dont son père est le gouverneur. Sa grand-mère lui ayant raconté la féerie de Caraval, elle rêve d'y participer. À dix-sept ans, elle reçoit enfin une invitation. Le jeu ne se fera pas sur son île, mais elle peut y participer. Tella, la soeur de Scarlett, est ravie. Seulement, les deux jeunes filles ne peuvent pas quitter Trizda: leur père les y retient, et n'hésite pas à leur faire payer le moindre écart.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire pourrait être banale s'il n'y avait pas le monde enchanté de Caraval. À la fois plein d'objets magiques qui font rêver et de chausse-trappes, cet endroit ambigu provoque envie et peur. L'auteur parvient très bien à faire cohabiter ces deux impressions contradictoires. Par exemple, plus elle joue (Attention, Caraval n'est qu'un jeu, rien n'y est vrai...) plus Scarlett découvre des choses peu reluisantes. Tout cela dans une ambiance de fête foraine où on trouve des choses comme du cidre qui accroît la perception, des salles qui s'adaptent à l'humeur, etc. Sans parler des rétributions que demandent les vendeurs ou ceux qui donnent une information permettant d'avancer dans le jeu. Pour moi, cette ambiance à la fois terrible et festive fait la force du roman. De plus, j'aime beaucoup les éléments magiques imaginés par Stephanie Garber.

Dès que le jeu commence, le lecteur ne sait pas trop ce qu'il doit croire. On a beau être prévenu (deux fois) que rien n'est vrai, le doute persiste. L'auteur dit, dans une interview en fin d'ouvrage, qu'elle-même n'a pas tout de suite décidé ce qui était vrai ou non. J'ai aimé ne pas savoir (sauf à la fin) ce qu'il fallait prendre pour acquis. Cela faisait que je me méfiais de tout le monde. Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier certains rebondissements que j'avais pressentis. L'auteur a quand même su me surprendre, notamment avec la découverte de la présence de certains personnages.
Il n'y a pas de temps morts. Certaines scènes tiennent le lecteur en haleine. Je pense par exemple à ce qui arrive quand Scarlett achète deux nouveaux vêtements.

Le jeu fait évoluer notre héroïne. Elle se découvre capable d'accomplir beaucoup de choses au nom de l'amour sororal. Elle est peut-être un peu trop parfaite, mais cela ne m'a pas dérangée. J'ai moins aimé Tella, mais c'est sûrement parce qu'on la voit peu, et pour une autre raison que je ne dévoilerai pas ici. La fin laisse entrevoir une suite de laquelle Tella sera l'héroïne. Dans l'interview, Stephanie Garber confirme qu'il y aura bien une suite.

L'histoire d'amour est un peu trop convenue. Elle reste crédible selon la théorie qui veut que lorsqu'on vit des choses éprouvantes à deux, on se rapproche, mais pour moi, elle est quand même trop rapide.

Éditeur français: Bayard Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'aime bien cette comédienne que j'ai découverte dans «Les chroniques lunaires». Ici, je trouve qu'elle a amélioré un point qui m'agaçait: elle modifie moins sa voix pour les rôles masculins.

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