Cadeau mortel pour Noël

L'ouvrage:
Ce sont douze nouvelles policières, écrites par douze auteurs différents. Au début, il est expliqué que les auteurs ont essayé de trouver un thème commun. Ils ont choisi Noël. Pour corser un peu le tout, ils ont décidé que dans chacune de ces nouvelles devraient se retrouver sept éléments précis. Chaque auteur doit les insérer dans son énigme.

Critique:
Globalement, ces nouvelles m'ont plu. Il y en a une ou deux qui sont un peu bateau, et j'ai même trouvé qui avait tué dans celle d'Evelyne Brisou-Pellen ("Du sang sur la neige"), mais elles ont toutes un certain charme, une ambiance particulière et attrayante. Chaque nouvelle, bien sûr, joue le jeu, et on retrouve bien les sept éléments imposés. On pourrait accuser certains auteurs de ne pas les avoir introduits de manière très fine, comme par exemple dans "L'habit rouge", où l'évocation de l'île déserte est assez simpliste. L'auteur de la première nouvelle ("Réveillon chez Magali") a trouvé un moyen très simple d'introduire les sept éléments, mais c'est un peu agaçant, car le lecteur devine que chaque invité aura un indice qui est l'un de ces éléments. D'autres, comme l'auteur de "Zone d'ombre", ne s'en sortent pas trop mal. Mais si la recherche de ces éléments peut être amusante pour le lecteur, elle peut aussi être un peu agaçante. On se dit parfois: "Bon, là, il a fait 40 détours pour pouvoir mettre cet élément-là.", et c'est un peu lourd. Donc, les sept éléments obligatoires sont peut-être de trop. Ou alors, peut-être que peu d'auteurs ont su les mettre en finesse dans leur nouvelle. Cependant, cela n'enlève rien au fait que ces nouvelles sont agréables à lire.

J'ai un petit faible pour deux d'entre elles: la deuxième, ("Lettres au père Noël") et la onzième ("Zone d'ombre").
La deuxième ressemble à un conte, peut-être à cause de la petite fille, Fanny, qui croit très fort que son père va revenir. C'est une histoire simple, mais très mignone. Et la fin arrache une petite larme aux coeurs sensibles.
Quant à "Zone d'ombre", je trouve que le mystère est bien exploité, l'énigme est bien ficelée. Le thème de quelqu'un qui fait des rêves qui lui rappelle quelque chose qu'il a vécu puis oublié m'intéresse beaucoup, et me fascine. Ce thème est peut-être un peu simple, un peu rebattu, mais il reste intéressant, et l'auteur de la nouvelle l'exploite bien. En outre, le personnage du père est attachant.

"Comment j'ai tué mon grand-père" se termine en queue de poisson. L'idée de départ est bonne, mais à la fin, on a envie de dire "et alors?... et après?"
La chute de "L'habit rouge" rend la nouvelle vraisemblable.
La douzième ("Embûche de Noël") est surtout amusante. Ici, les sept éléments obligatoires passent bien.
"Meurtre à répétition" peut déranger certains lecteurs qui ne s'attendent pas à du surréalisme, ou, disons, à de la science fiction. Finalement, elle passe bien, malgré cette surprise initiale.
"Minuit en rouge et noir", "Pas de cadeau pour le père Noël", "Mauvaises fréquentations" et "L'ange de la mort" sont assez classiques, mais leurs chutes sont bonnes, et elles se distinguent par d'autres choses.
"Pas de cadeau pour le père Noël" utilise un décor particulier, un huiclos qui oppresse le lecteur. Cela rend la nouvelle très dense.
"L'ange de la mort" paraît très classique, mais sa chute est recherchée.
"Mauvaises fréquentations" a une chute assez surprenante, et il y a une jolie histoire d'amour.

J'ai moins aimé "Du sang sur la neige" et "Réveillon chez Magali". D'abord, j'ai trouvé qui avait tué dans "Du sang sur la neige". Je n'ai pas trouvé le mobile, mais le fait d'avoir trouvé l'assassin m'a déplu. Ensuite, même si l'ambiance est oppressante, la nouvelle me semble écrite à la va-vite...
Quant à "Réveillon chez Magali", elle m'a paru un peu simple, même la chute. Cependant, elle est assez réaliste. Elle dépeint avec cynisme le comportement hystérique de rapaces qui veulent fondre sur un héritage.

En tout cas, on passe un bon moment avec ce recueil. C'est très bien pour se détendre.

Attention: les auteurs de ces nouvelles ayant écrit des livres pour la jeunesse, le livre est classé en jeunesse. Personnellement, je ne l'aurais peut-être pas classé comme ça.

Éditeur: Rageot.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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