Au bonheur du matin, de Marie-Paule Armand.
À 09:22 par La Livrophile, dans la rubrique Romans du terroir
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L'ouvrage:
Au début du vingtième siècle, la petite Rosalind, six ans, vit heureuse avec sa mère, Hortense, et sa grand-tante, Augustine. Mais la guerre éclate, les allemands envahissent la France, et entre autres, le village où vit la petite fille. Sa mère et sa grand-tante ne veulent pas partir, ne sentant pas le danger si proche, et ne voulant pas laisser leur maison. Mais elles veulent protéger Rosalind, et la confient à Colette, la soeur du futur époux d'Hortense.
Le village est brûlé, Hortense et Augustine n'iront jamais chercher Rosalind chez le beau-père de Colette.
Afin de se conformer à la dernière volonté d'Hortense, Colette emmène Rosalind vivre chez son grand-père, le père d'Hortense. Celui-ci a rejeté sa fille, et accueille sa petite-fille avec réticence. C'est ici que Rosalind va grandir...
Critique:
Il est vrai que ce roman contient pas mal de clichés: on se doute de la raison pour laquelle le père d'Hortense l'a rejetée; Rosalind ne supporte pas l'amour physique avec l'homme qu'elle n'aime pas; l'homme qu'elle aime, elle l'aime au premier regard (ce qui, en plus, est assez invraisemblable); le dénouement est un peu gros, aussi. La belle-mère de Rosalind est méchante, névrosée, maniaque, autoritaire... assez clichée aussi. Ce sont les ingrédients un peu convenus des sagas ou des romans de ce genre. Mais même si on voit venir Marie-Paule Armand sur certaines situations, on l'excuse bien volontiers, car on se plonge facilement dans son livre.
Malgré quelques clichés, l'histoire et les personnages ne sont pas toujours des topoi de ce genre de romans. Il y a aussi quelques surprises. Par exemple, on se doute que le petit garçon esseulé du prologue et Rosalind vont se rencontrer, mais on n'arrive pas à savoir comment, jusqu'à ce que Marie-Paule Armand nous donne elle-même la clé.
D'autre part, le grand-père de Rosalind est très sévère avec elle, par peur de l'aimer et de souffrir, mais ce n'est pas le personnage convenu de ce genre de romans. Ce n'est pas quelqu'un qui est sévère juste pour avoir la mainmise sur les gens. Sa psychologie est très intéressante, et le lecteur se prend à l'apprécier, surtout quand Rosalind s'entiche de Marcial. Plus tard, on pense quand même qu'il va voir que Rosalind n'est pas amoureuse de son promis (dont je tais le nom pour préserver la découverte), et qu'il va la conforter dans son idée qu'elle ne devrait pas l'épouser si elle ne l'aime pas. Seulement, il dit comme les autres à qui elle demande conseil: Rosalind doit épouser celui qui lui demande sa main. Pourtant, le grand-père est plus fin que certains personnages auprès de qui Rosalind prend conseil. Mais il est poussé par la crainte que sa petite-fille se déshonnore. Au moins, si elle se marie, pense-t-il, elle évite ce danger.
Même si le dénouement est un peu tiré par les cheveux, il n'est pas trop gros, et il satisfait le lecteur qui aime ce genre de fin. En outre, on ne s'attend pas à ce que nous révèle l'épilogue.
C'est donc un gentil petit roman, dépeignant la vie d'une jeune fille simple, qui a ses forces et ses faiblesses, qui est un peu naïve sans être gnan gnan, et qui est globalement sympathique au lecteur. Ce livre est un bon moment de détente, on ne se prend pas la tête, on se laisse porter par l'histoire et les événements.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.










Commentaires
1. Le samedi 29 septembre 2007 à 19:57, par Princetongirl
2. Le samedi 29 septembre 2007 à 20:12, par La Livrophile
3. Le dimanche 13 janvier 2008 à 11:54, par Isloé
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