Allegra, de Françoise Mallet-Jorris.
À 08:40 par La Livrophile, dans la rubrique Romans
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L'ouvrage:
La famille est sous la domination des femmes, surtout d'Allegra (la grand-mère), et de Vanina (la mère).
Les trois filles de Vanina ont, pense-t-on, un caractère bien trempé, étant donnée leur hérédité. Il est vrai que Paule et Josée, les deux aînées sont toutes deux assez autoritaires.
Paule n'est pas mariée, et dirige un institut de beauté.
Josée est mariée et a trois enfants. Elle dirige sa maisonnée de main de maître.
Allegra est fraîchement mariée, avec Jean-Philippe, un interne en médecine. Elle est plutôt douce et accommodante.
Un jour, elle remarque Rachid, le petit voisin. Il vit avec sa mère, Diane, sa tante, Patricia, et son grand-père. Il ne parle pas, et est souvent seul. Allegra se prend d'une espèce de passion pour lui, et s'occupe de lui aussi souvent qu'elle le peut, avec l'accord de Diane.
Critique:
Je n'ai pas trop aimé ce livre. Il traîne beaucoup, et certaines choses sont assez prévisibles. Par exemple, on se doute assez vite de ce qui va se passer entre Paule et Jean-Philippe.
Certains personnages sont enfermés dans leurs certitudes, leurs préjugés, et refusent la communication. Allegra (la grand-mère) et Vanina dirigent la famille, mais elles refusent l'émansipation des filles de cette famille. Pour elles, l'institut de Paule est une gaminerie, une lubie amusante qu'on veut bien lui concéder. Lorsque Paule décide de créer sa propre ligne de produits de beauté, elles commencent à trouver qu'elle est trop ambitieuse. Elles ne l'encouragent pas. C'est une famille à l'air soudé, mais c'est plutôt des gens tyrannisés par les deux gorgones de la famille.
Plus tard, elles découvrent que Josée va chez un guérisseur. En effet, la pauvre Josée est obsédée par son enfant, Sauveur, qui boite. Elle veut le guérir, et elle croit en les pouvoirs du guérisseur. Au lieu d'essayer de la raisonner, voire de la comprendre, elles lui aboient dessus. Et Josée aussi s'enferme dans un raisonnement: la certitude qu'il n'y a que le guérisseur qui peut faire quelque chose pour son fils.
Allegra n'est pas seulement douce et accomodante, elle a l'air d'avoir un morceau de cerveau en moins. On dirait qu'elle ne bénéficie pas de toutes ses facultés mentales. Elle n'a l'air vraiment intelligent que lorsqu'elle s'occupe de Rachid. Sinon, en tant que femme, en tant que soeur, en tant que personne, elle a souvent l'air de débarquer.
Le personnage de Patricia est assez étrange. Elle se rend détestable, et on ne sait pas trop ce qui la motive. Elle n'est heureuse que lorsqu'elle fait souffrir les autres. Elle profite du malheur de sa soeur, elle l'accentue, elle s'engouffre dans n'importe quelle brèche pour blesser. C'est une aigrie de la vie. Au lieu de partir commencer une nouvelle vie seule, loin de sa famille qu'elle n'aime pas, elle prend plaisir à les torturer.
C'est un livre plein de rancunes, d'impossibilité à communiquer. La lecture en est plus crispante que détendante. A la fin, certaines choses se règlent, certains personnages qui le méritent sont heureux. Pourtant, le noyau central, la famille de Vanina, ne profitera pas de cette crise. Je ne pensent pas qu'ils évoluent beaucoup.
Et la toute fin est assez troublante. Cette famille semblant soudée, semblant s'adorer, laisse l'un d'entre eux tomber dans la plus complète indifférence, dans un total oubli. C'est peut-être une autre preuve de leur impossibilité à communiquer, à exprimer leurs émotions: si on n'en parle pas, on n'a pas besoin de montrer que ça nous touche.
Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Liliane Mattana pour la Bibliothèque Braille Romande.












Commentaires
1. Le lundi 18 septembre 2006 à 10:30, par anéantie
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