Conduite en état Livresque

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C'était les choses les plus compliquées qui m'attiraient. Elles m'attiraient parce que j'étais moi-même la chose la plus compliquée, la complication étant moi-même.
Jean-Jacques Langendorf dans "La nuit tombe, Dieu regarde".

vendredi 18 mars 2011

vendredi
18
mars 2011

Blind Lake, de Robert Charles Wilson.

Blind Lake

L'ouvrage:
Sur la base scientifique de Blind Lake, Marguerite Hauser étudie le comportement d'un être appartenant à une civilisation d'une autre planète. Elle l'a baptisé le sujet. Certains chercheurs de voient pas cela d'un très bon oeil.
Tess, la fille de Marguerite, est une enfant solitaire, timide, et ayant du mal à s'exprimer. Elle voit, parfois, dans une surface réfléchissante, une fille qui lui ressemble. Cette fille lui parle. Elle l'a baptisée la fille du miroir.

Critique:
J'ai aimé ce livre. Mais je pense que c'est pour de mauvaises raisons. J'ai été bien plus intéressée par les personnages et leur vie que par la partie science-fiction. J'ai d'ailleurs trouvé cette partie assez légère. J'ai suivi avec intérêt les observations de Marguerite quant au sujet, mais j'ai trouvé que cela traînait un peu. Tout comme l'histoire de Tess et de la fille du miroir. J'ai trouvé cela d'autant plus lent que je savais bien que Tess ne souffrait pas de désordres mentaux, comme le croient les personnages.
J'ai également apprécié les traits humoristiques de l'auteur, comme par exemple, l'obsession de Ray pour les ding dong.

On me dira que les personnages sont un peu clichés: Chris, Marguerite, et Tess sont «gentils», Ray est «méchant»... Je me suis quand même attachée aux trois personnages principaux. Ils ne sont pas particulièrement creusés, mais pour une fois, cela m'a suffi à les trouver sympathiques.
Ellen est un personnage assez intéressant. Elle semble toujours en colère après tout et tous, mais sa rage est souvent légitime. Cela montre aussi qu'Ellen n'est pas blasée, puisqu'elle se bat encore pour des choses importantes.

De plus, j'ai aimé le style de l'auteur: simple et parfois poétique. Le début du chapitre 11 est à lire: on s'imagine très bien cette étendue de neige, et les pensées de Tess accompagnent joliment le récit.

L'intrigue est assez facile à suivre. On devine certaines choses, mais cela ne rend pas la lecture désagréable. J'aurais été dépitée que certains événements se déroulassent autrement. Pour une fois, je préfère que l'auteur se soit conformé à certains codes.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur est une des raisons pour lesquelles j'ai apprécié ce roman. Il joue un peu sans cabotiner, et n'exagère pas lorsqu'il s'agit d'interpréter des personnages féminins.

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lundi 7 mars 2011

lundi
7
mars 2011

La vitesse de l'obscurité, d'Elizabeth Moon.

La vitesse de l'obscurité

L'ouvrage:
Lou Arrendale est autiste. Il travaille pour une compagnie pharmaceutique, ainsi que d'autres personnes autistes. Le petit groupe dispose de certains avantages (comme une salle de gymnastique), qui leur sont indispensables. C'est alors qu'on commence à parler d'un nouveau traitement expérimental qui rendrait les autistes «normaux» en conservant leurs grandes capacités. Monsieur Crenshaw, l'un des supérieurs de Lou exige que les autistes travaillant pour la compagnie suivent le traitement, arguant qu'ainsi, ils n'auront plus besoin des avantages inhérents à leur handicap.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. D'abord parce que peu de livres traitent de l'autisme, peu d'auteurs tentent de sensibiliser les gens dits normaux à ce handicap. Ensuite parce qu'Elizabeth Moon accomplit cela d'une manière remarquable. Il est évident qu'elle a étudié le sujet. Elle parvient à nous montrer comment pense une personne autiste. Bien sûr, Lou est sympathique au lecteur, d'abord parce qu'il fait énormément d'efforts pour s'insérer dans la société. Ensuite, c'est quelqu'un de foncièrement bon et honnête.
Malgré son handicap, il fait ce qu'il peut pour s'adapter au monde dans lequel il évolue. Là encore, l'auteur montre bien que ce n'est pas possible dans chaque cas. Il y a divers degrés d'autisme. Ensuite, nous sommes dans un roman de science fiction, donc Lou et ses amis ont pu bénéficier d'aides et de thérapies afin de mieux s'adapter.

La question du traitement expérimental est abordée intelligemment. Outre la loi que souhaite contourner Crenshaw, outre l'atteinte à la liberté d'êtres humains, il y a le ressenti des intéressés. Les différents points de vue sont brillamment exposés, et tous se défendent. Ceux de Linda et de Cameron sont radicalement opposés, et le lecteur comprend les deux arguments. J'ai quand même été attristée par celui de Cameron: il veut être «normal» pour qu'on cesse de le considérer comme une bête curieuse. Je le comprends, mais je trouve lamentable que la société pousse à ce genre de choses.
J'ai également partagé tous les doutes et les questions dus au fait que le traitement est expérimental.

Au sujet du regard extérieur, l'auteur décrit bien l'attitude de certaines personnes. Il y a plusieurs cas de figure représentés par différents personnages.
Crenshaw est coincé dans son raisonnement, est égoïste et fat. Pour lui, les autistes ne sont que des objets.
Un autre personnage rend Lou responsable de tous ses malheurs au lieu de se remettre en question. Il n'admet pas qu'un handicapé puisse réussir là où il échoue. Ce refus de se remettre en question, cette propension à voir ce qu'ont les autres sans voir les difficultés qu'ils rencontrent est très répandue. J'y suis confrontée tous les jours.
Comment ne pas évoquer la scène du supermarché où une tête à claques se permet de se mêler des affaires de Lou, et de mettre son autisme en avant pour satisfaire une curiosité malsaine, mal placée, et malvenue.
D'une manière générale, les gens dits «normaux» ne portent pas un regard neutre sur une personne handicapée. Elizabeth Moon explique, dans ses remerciements, que les autistes sont difficilement acceptés dans notre société. Je n'en doute pas, et je pense qu'on peut étendre cela à tous les handicaps.

Si quelque chose m'a déçue à la fin, cela ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise. Elle est nuancée, comme l'ensemble du roman. Cette fin rappelle que toute personne doit faire des sacrifices. La vie nous contraint parfois à abandonner des gens et des choses que nous aimons...

J'ai été un peu dérangée par le fait que le texte soit au présent de l'indicatif, mais comme il est majoritairement narré par Lou, je suppose que c'était une manière de se rapprocher de sa façon de s'exprimer.
C'était d'ailleurs une bonne trouvaille de la part de l'auteur (bonne et un peu risquée), que de faire de Lou le narrateur de la presque totalité de l'ouvrage. C'est le meilleur moyen d'avoir son point de vue, d'être dans ses pensées, et de tenter de mieux comprendre ce mystère qu'est l'autisme.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Clerc-Renaud pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a adopté un ton de voix et un débit différent lorsque des personnes autistes parlaient. Je ne sais pas si son ton était juste, mais j'ai apprécié qu'elle fasse cela en tenant compte des informations données par Lou quant à sa façon de s'exprimer. Elle a su mettre le ton, et interpréter ce roman de manière juste. Je regrette simplement qu'elle parle un peu doucement, comme si elle n'osait pas ou ne voulait pas parler plus fort... et je regrette aussi qu'elle ait pris un accent anglophone pour certains noms.

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mercredi 16 février 2011

mercredi
16
février 2011

Porteurs d'âmes, de Pierre Bordage.

Porteurs d'âmes

L'ouvrage:
Léonie a vingt ans. Après douze ans d'un calvaire orchestré par sa tante, Destinée (qui l'a prostituée dès l'âge de huit ans), elle parvient à s'enfuir. Elle va devoir se débrouiller pour survivre. Dans un foyer d'accueil, elle rencontre une fille qui lui dit que si elle accepte de servir de cobaye pour un médicament, elle sera bien payée.

Cyrian rêve de faire partie du club très fermé des titans. Pour cela, il devra faire certains sacrifices.

Edmé est policier. Il enquête sur une série de meurtres étranges: des femmes violées et noyées.

Critique:
J'ai beaucoup apprécié ce livre.
L'auteur évite écueils et clichés. Certains me diront que l'histoire d'amour principale est convenue. Peut-être, mais après ce qu'ont vécu les personnages, il aurait été étrange qu'il en aille autrement.
L''histoire ne souffre pas de longueurs. L'auteur sait, dès les premières pages, captiver son lecteur, qui ne trouvera le repos qu'après avoir fini le roman. (J'en sais quelque chose... j'ai passé une quasi nuit blanche pour le terminer.)
Le style est agréable, clair, délicat, fluide.

Le livre est structuré d'une manière que je n'aime pas, d'habitude. Chaque chapitre évoque un des personnages principaux. Ici: 1=Léonie, 2=Cyrian, 3=Edmée. Puis, on revient à Léonie. En général, les livres structurés ainsi m'agacent, car je trouve cela artificiel, et j'ai du mal à entrer dans l'histoire: en effet, dès que je commence à apprécier une intrigue, je suis brutalement replongée dans une autre. De plus, avec ce genre de structures, certains chapitres m'intéressent moins, car au départ, certains personnages ne m'attirent pas. Ici, cela a été tout le contraire. Lorsque je changeais de chapitre, j'étais ravie de retrouver les personnages dont il allait être question.
À la fin, tout n'est pas vraiment réglé, du moins en ce qui concerne une chose.

Les thèmes abordés le sont intelligemment, de manière à faire réfléchir. Par exemple, Pierre Bordage trouve un moyen très sûr pour que ses personnages ressentent de l'empathie.
Il parvient à faire basculer ses protagonistes dans un tourbillon d'aventures sans que cela paraisse gros. Il les fait aller au bout d'eux-mêmes, se dépasser. Ceux qui le méritent sortent grandis de l'épreuve.
À l'instar de Douglas Kennedy, Pierre Bordage raconte une histoire qui, sous la plume d'autres, serait mièvre, fade, et poussive.

On me dira que Léonie peut paraître invraisemblable. Elle connaît d'atroces souffrances physiques et psychologiques, et elle se relève toujours. C'est peut-être l'une des failles du roman, même si cela ne m'a pas gênée pendant ma lecture. Et si on peut reprocher cela au début du roman, ce qui se passe par la suite change les choses. Léonie puise une nouvelle force dans ce qui lui arrive...

Cyrian est intéressant parce qu'on le voit évoluer au long du roman. On le voit éclore, si j'ose dire. Son égoïsme et son envie de tout avoir tout de suite font qu'il sera obligé de découvrir une réalité dont il ignorait l'existence, de ressentir tout un flot d'émotions insoupçonnées. Cela le fera s'ouvrir, s'épanouir, prendre ses responsabilités. Le lecteur assiste à ce qu'on pourrait appeler la métamorphose de Cyrian. ;-)

Edmé est intéressant parce qu'au début, il fait penser à certains policiers qu'on rencontre au détour de plusieurs romans: très gentils, ayant souffert, désabusés, n'ayant plus rien à attendre de la vie. Mais Edmé évolue, lui aussi. Il ne se résume pas à ce portrait vite esquissé qui est celui de tant de détectives de romans.

Note: J'ai classé ce roman en science fiction. En fait, c'est un thriller de science fiction. Ceux qui sont effrayés par la science fiction à cause de ses machines compliquées et de ses théories complexes peuvent, sans crainte, lire cet ouvrage.

Éditeur: Au diable Vauvert.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gislaine Pérésan pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a une voix agréable, et son ton est approprié. Elle interprète ce livre avec ce qu'il faut de sensibilité.

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dimanche 12 septembre 2010

dimanche
12
septembre 2010

Pour une poignée de koumlaks, de Sellig.

Pour une poignée de koumlaks

L'ouvrage:
Lek et Bob travaillent pour le service de surveillance intergalactique. Depuis qu'une de leurs missions a mal tourné, on les cantonne à des surveillances ennuyeuses. C'est alors que Bob commet une autre bévue qui, cette fois, pourrait bien leur coûter la vie.

Éric vient de se faire plaquer par Chloé, la femme qu'il aime. En effet, elle ne supporte plus le meilleur ami du jeune homme, Data, qui est amateur d'informatique au point d'en «oublier», entre autres, de se laver.
Ajoutons à cela que la police est à la recherche de Data qui s'est embarqué dans une escroquerie pour sauver Éric de la faillite.

Critique:
J'ai lu des critiques qui mettaient l'accent sur la drôlerie de ce roman. Je trouve dommage que l'horizon d'attente du lecteur soit ainsi trompé. En effet, il y a quelques répliques amusantes, mais pour moi, l'amusement n'est pas ce qui caractérise cet ouvrage.
L'auteur veut trop ressembler à Terry Pratchett et à Douglas Adams. Il tente des incursions dans l'humour décalé, mais ça n'a pas toujours l'effet escompté (du moins sur moi et sur la personne qui m'a enregistré le livre).
L'auteur introduit des notes sur les civilisations intergalactiques. Cela fait sourire le lecteur, mais il ne se tient pas les côtes. Idem pour le clin d'oeil aux koivôns qui revient souvent. Autre exemple de tentative d'humour: la raison pour laquelle Blaise accepte d'être soigné. Il y a beaucoup de choses de ce genre qui se veulent drôles, mais qui m'ont, tout au plus, fait sourire.
C'est dommage, car le roman est sympathique. Il est ennuyeux qu'il soit desservi, au départ, parce que le lecteur s'attend à se tordre de rire. Du coup, au premier abord, je me suis sentie flouée. Ensuite, j'ai su faire la part des choses.
Il y a quand même une moquerie que j'ai trouvée pertinente: la réponse que Bob fait lorsque le général Lefèvre leur demande si leurs intentions sont belliqueuses. Ça m'a fait penser à l'ineptie du questionnaire qu'on doit remplir quand on va aux États-Unis... Il est évident qu'une personne venue avec de mauvaises intentions ne le dira pas!

C'est un livre divertissant, qui ne souffre d'aucune longueur. J'ai apprécié le fait que les intrigues s'entrecroisent, que des personnages dont la rencontre aurait été impossible dans d'autres circonstances, se côtoient. Tous ces personnages sont précipités dans une aventure qui ne leur laisse pas le temps de se demander ce qu'ils font là. Le rythme du roman est soutenu du début à la fin. On s'attend à certaines choses, mais je pense que j'aurais été déçue si elles n'étaient pas arrivées.

J'ai adoré les possibilités qu'offre la civilisation de Lek et Bob. Ce genre de choses est un peu le rêve de tous, je pense: robots médecins, robots nettoyeurs, soins extrêmement poussés...
J'avais déjà lu l'idée de la nourriture synthétique dans «La forteresse blanche», de Serge Brussolo. Ici, c'est exploité de manière plus légère, mais les deux points de vue (celui de Bob et celui de Blaise), sont intéressants.

Les personnages ne sont pas très creusés: c'est un peu les gentils contre les méchants. Étrangement, cela ne m'a pas dérangée, car je m'attendais à quelque chose de léger, et puis les personnages sont portés par l'intrigue. En outre, les «gentils» sont attachants. On assiste à la transformation du lieutenant Jourdiek qui, à cause de cette aventure, se voit contraint de sortir d'un parcours balisé, et de réfléchir à sa situation et à ses choix.
Le «méchant» général est une bonne caricature du militaire assoiffé de pouvoir, et ne vivant que pour tout contrôler.

Attention: il y a quelques maladresses de syntaxe, et deux fois, on trouve Bob à la place de Lek.

Remarques annexes:
Je ne connaissais Sellig que par son sketch sur Henri Labreloque: j'ai été contente de découvrir une autre facette du personnage.
J'ai trouvé la préface très lourde!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Rivière blanche dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

jeudi 26 août 2010

jeudi
26
août 2010

Les quarante signes de la pluie, de Kim Stanley Robinson.

Les quarante signes de la pluie

L'ouvrage:
Anna Quibler est scientifique. Elle a deux enfants, Nick et Joe. En ce moment, c'est Charlie, le mari d'Anna, qui est homme au foyer, et s'occupe de Joe.
Anna et Charlie tentent de faire comprendre à leur entourage quels sont les dangers du réchauffement climatique.

Critique:
J'avais peur que ce livre soit une véhémente diatribe, pleine de jargon, à l'intrigue bâclée, manifestant à toutes les pages. Au départ, je l'ai choisi parce que j'aimais bien la lectrice. Mes craintes ont été vite dissipées. Ce livre est intéressant par plusieurs côtés.

D'abord, l'auteur invente des personnages fouillés, intéressants, et attachants. On les suit avec intérêt tant sur le plan personnel que professionnel.
En outre, ce livre est très loin de se résumer à une histoire de réchauffement climatique. L'auteur en parle, bien sûr, et cela prend une place importante. Néanmoins, beaucoup d'autres thèmes sont abordés avec justesse: la famille, les relations entre collègues, entre amis, l'amour...
J'ai trouvé très bien que ce soit Charlie qui joue le rôle de l'homme au foyer. Pour une fois, ce n'est pas la femme qui s'occupe du bébé. Le couple est organisé, Charlie s'en sort très bien, et on a droit, en plus, à certaines scènes savoureuses, comme par exemple celle où Charlie doit aller rencontrer le président d'urgence... avec Joe sur le dos. En outre, lire le récit des journées de Charlie et de Joe est divertissant.

J'ai également été heureuse de lire un roman où il n'y avait aucune attirance ambiguë d'un protagoniste pour un collègue de travail. Enfin une histoire où on sait pourquoi le couple s'est marié: par amour! Étant donnés tous les livres contemporains où l'un des protagonistes est mal marié, et où on a envie de lui botter les fesses en lui demandant pourquoi il l'a fait, ce roman est une bouffée d'air frais. Seule chose un peu embêtante: Charlie et Anna s'abreuvent de mots doux, ce qui rend leur couple un peu moins naturel.

L'histoire d'amour qui surgit au détour d'un ascenseur est peut-être un peu téléphonée. Mais elle n'est pas vraiment réglée, à la fin, ce qui la rend un peu moins clichée.
Globalement, l'intrigue est bien menée, et ce qu'on pourrait prendre pour des longueurs n'en sont pas, à mon avis. L'auteur prend le temps de nous décrire la vie de ses personnages, et c'est très intéressant.
L'auteur a même réussi à m'intéresser aux travaux menés par Franck et Anna. Pourtant, en général, lorsqu'il s'agit de ce genre de choses, ça devient très vite trop compliqué pour moi.
Outre certaines situations vécues par Joe et Charlie, l'auteur introduit des situations cocasses tout au long du roman: Franck escaladant un immeuble, Anna tirant son lait en travaillant, Nick et Anna à l'école, Charlie sortant sans Joe et ne parvenant pas à s'y habituer, etc.
La fin est conforme au reste du livre. Elle ne détonne pas.

Quant au réchauffement climatique, l'auteur se borne à exposer des faits, et à constater. Je sais qu'il y a deux écoles: celle qui pense que les actes humains sont trop minimes pour engendrer les catastrophes prédites par l'autre, et celle qui dit que l'homme est responsable de la déchéance de la planète, mais pourrait encore y remédier en adoptant d'autres façons de faire. Étant absolument ignare à ce sujet, je ne sais pas qui croire, mais je pense qu'on peut toujours essayer d'adopter les méthodes qui amélioreraient la condition de la planète. Cela ne demanderait qu'un peu d'adaptation. Soit, l'adaptation serait peut-être importante, mais pourquoi ne pas essayer?

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Vanderperren pour la Ligue Braille.
Suzanne Vanderperren a une voix plutôt sobre. Néanmoins, elle sait mettre le ton approprié sans trop en faire. J'apprécie sa façon de lire.

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