Conduite en état Livresque

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Les gouttes de pluie glissent complices
Adressant leur caresse à une joue
Restent puis s'eclipsent avec délice
Mais laissent une cicatrice un peu floue
Esquisse d'un bonheur si ce n'était leur saveur
Salée, qui de ce doux moment change la teneur
Sugar

lundi 12 novembre 2007

lundi
12
novembre 2007

Les tigres de Tasmanie, de Bernard Simonay.

L'auteur:
En faisant une recherche, j'ai découvert que Bernard Simonay avait écrit des romans fantastiques, des romans policiers, des romans historiques, des romans d'aventure. Je vous conseille son site et surtout le forum de ses fans.
Ayant aimé "Les tigres de Tasmanie", je vais essayer de lire d'autres ouvrages de cet auteur.

L'ouvrage:
A la fin de la première guerre mondiale, Clémentine, médecin, a perdu presque toute sa famille. Ses parents sont morts, ainsi que son époux, William Smith. Il ne lui reste plus que Mary, sa fille de sept mois.
La jeune française décide d'aller s'établir en Tasmanie, où elle compte retrouver la famille de son mari. En effet, William était tasmanien.

Bizarrement, il n'y a aucune trace de William Smith dans les registres. La jeune femme devrait repartir. Mais après quelques jours, elle se découvre un profond attachement pour ce pays, pour cette terre. De plus, elle compte bien élucider le mystère entourant la personne de son défunt mari.
C'est là que commence une aventure pleine de surprises.

Critique:
Commençons par ce que je n'ai pas aimé, on en sera débarrassé. La seule chose que je reproche à ce roman, c'est que la première histoire d'amour à laquelle assiste le lecteur est attendue. A part cela, le livre est une réussite.

D'abord, l'auteur ne se contente pas de situer son histoire en Tasmanie juste pour faire exotique. Il ne se contente pas de nous présenter deux ou trois animaux exotiques pour faire couleur locale. Il plante un décor, s'attarde sur la faune, la flore, et l'histoire du pays. Le lecteur s'évade vraiment en lisant ce roman. Il se croit réellement en Tasmanie, dans ses forêts. Il est heureux de côtoyer les diables, et les loups tigrés, appelés les tigres de Tasmanie.

Si on s'attend à la première histoire, on ne s'attend pas au reste. En arrière-plan, une enquête est menée. Cette enquête finira par devenir très importante. On est tout aussi perdu que Clémentine. On assiste aux conflits des exploitants forestiers, les familles qui se déchire, la haine d'un nom qui fait dire n'importe quoi...
On découvre, à l'instar de la jeune femme, certains secrets qui lient étroitement les Kelly et les Prescott, et qui font que Clémentine se retrouve, elle aussi, prise dans la toile. J'ai deviné certaines choses un peu avant elle, mais je pense que l'auteur a fait exprès de donner la clé à son lecteur quelques lignes avant qu'elle ne la découvre.
Entre parenthèses, je suis fière de moi, car il y avait un personnage que je ne sentais pas, et il s'est révélé haïssable.

Le thème du racisme des colons envers les aborigènes (plutôt les sang-mêlés, étant donné que les aborigènes furent décimés avant le début de cette histoire), est abordé très intelligemment. La bêtise des colons est mise à nue. Néanmoins, Bernard Simonay différencie bien les colons. Ils ne sont pas tous classés dans la catégorie des brutes qui ne supporte pas qu'on soit différents d'eux.
De plus, il est établi qu'aucun blanc n'acceptera de travailler sous les ordres d'un métis. Pourtant, après un événement grave, les bûcherons travaillant pour Clémentine ont réfléchi, et ont fini par s'accorder sur le fait qu'ils préféraient travailler sous les ordres de quelqu'un de compétent, et qui ne passait pas son temps à aboyer. La couleur n'importait plus.

Le personnage de Clémentine est également intéressant. Elle n'a pas froid aux yeux, et n'hésite pas à bousculer la misogynie pour faire valoir ses droits et la justice. Mais ce n'est ni une sainte, ni une femme parfaite. Elle a ses faiblesses, et cela la rend plus humaine.
Le personnage d'Emily est un écho de Clémentine. Elle aussi se bat pour sauvegarder ses droits et ceux de son amie. Elle fait cela avec bonne humeur et verve. Lorsque le lecteur la retrouve au fil des pages, elle est une bouffée d'oxygène.
Je ne m'attarderai pas sur tous les personnages, mais ils sont tous complexes,et donc intéressants, sauf peut-être deux.

Le repentir de certains personnages est un peu difficile à croire, vu leur acharnement. On a l'impression que l'auteur a voulu faire une fin heureuse, même s'il fallait pour cela être un peu invraisemblable. Cependant, si l'on se penche sur les arguments donnés par les personnages qui se repentent, on finit par les trouver acceptables, et par excuser l'auteur qui signe ici un roman avec lequel on passe un très bon moment. Vous ne le lâcherez pas tant que vous n'en n'aurez pas lu le dernier mot.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par marina Sergeant pour la Ligue braille.

lundi 15 octobre 2007

lundi
15
octobre 2007

Ces enfants d'ailleurs, d'Arlette Cousture.

L'ouvrage:
Pologne, seconde guerre mondiale.
Thomas est professeur dans une université. Sa famille est très unie. Ils rêvent tous d'un monde meilleur d'où la guerre serait exempte.
Jerzy, l'aîné des enfants rêve d'honorer sa famille en se battant pour son pays.
Yann et Elisabeth, les deux autres enfants, rêvent d'avoir une onfance normale, où les jeux remplaceraient la peur de l'occupant.
Sophia, la femme de Thomas, a l'espoir fou que son dernier enfant, Adam, né au coeur du chaos, représente le renouveau.

Malheureusement, les événements précipiteront la famille dans le cauchemar.

Critique:
Dans la préface, Arlette Cousture explique qu'elle a longtemps mûri ce roman, et qu'il lui tenait à coeur. Elle voulait écrire le destin d'une famille dont les membres émigreraient au Canada.

Dans l'ensemble, le livre est une réussite. Seulement, certaines choses m'ont un peu agacée. Bien sûr, nous sommes en temps de guerre, donc les protagonistes vont vivre des événements terribles. Soit. Pourtant, certains de ces événements sont peut-être un peu trop affreux... Cela en devient mélodramatique, et on en vient à être excédé plutôt qu'attendri. Je parle de tous les malheurs qui arrivent à Yann et à Elisabeth, notamment de ce qui arrive à Marek.
A propos de Yann et d'Elisabeth, les épreuves vécues les ont extrêmement rapprochés. Yann se considère comme le protecteur de sa soeur. C'est normal et logique. Seulement, est-ce moi qui ai tendance à voir le mal partout, ou Elisabeth et Yann entretiennent-ils une relation bizarre, à la limite de l'inceste? Vous allez me dire que non, puisque l'un au moins finit par trouver chaussure à son pied, (chaussure que je trouve bien terne, d'ailleurs), mais je ne peux m'empêcher de me poser cette question...

La rencontre, puis l'attachement entre Anna et Jerzy sont une heureuse diversion. Cela fait sourire le lecteur, et il retrouve ces deux personnages avec plaisir tout au long du livre. Cela le distrait des malheurs des deux autres protagonistes.
La scène où Jerzy retrouve Yann et Elisabeth est très émouvante. En outre, la personne qui orchestre ces retrouvailles se sert de leur passion commune, ce qui rend ce moment encore plus chargé en émotion.
Plus tard, le lecteur comprend les points de vue de Yann et de Jerzy quant à la famille, bien qu'ils soient opposés. Jerzy voudrait une famille unie, fière de son identité. Yann veut s'intégrer rapidement à son pays d'adoption, et pour cela, sacrifie son nom.

La fin est inattendue... C'est une fin en queue de poisson. On a envie de demander ce qui va se passer après. Arlette Cousture nous annonce quelque chose, et laisse ses personnages en plan. On se demande ce qu'ils vont faire, surtout Elisabeth. Comment agira-t-elle, le premier moment d'égarement passé? Peut-être y a-t-il un tome 2 à ce roman. En tout cas, la fin appelle une suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Evelyne Rochat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

lundi 3 septembre 2007

lundi
3
septembre 2007

Les roses de Guernesey, de Charlotte Link.

L'ouvrage:
Béatrice Shaye a soixante-dix ans. Elle a passé la presque totalité de sa vie sur l'île de Guernesey. Elle partage sa maison avec Hélène Feldmann. Sa meilleure amie, May, habite elle aussi sur l'île.

Le fils de Béatrice, Alan, est avocat. Il soupire après Maya, la petite-fille de May. Maya est insouciante. Elle rêve de se faire entretenir. Elle collectionne les amants, et en change aussi souvent qu'on se brosse les dents.

Franca Palmer est allemande. Elle souffre de crises d'angoisse. Elle est facilement déstabilisée, et a besoin de tranquillisants pour affronter la vie. A cause de cela, elle ne travaille plus. Elle ne semble pas pouvoir se remettre de ces crises. Elle s'enfonce de plus en plus dans la dépression.

Franca fait parfois de petits voyages à Guernesey. Elle retire de l'argent que son mari y a entreposé pour échapper au fisc. A l'occasion de l'un de ces voyage, Franca est prise d'unecrise de panique. Malheureusement, elle n'a pas ses comprimés salvateurs. C'est ainsi qu'elle rencontre Alan. Cette rencontre sera déterminante pour la jeune femme, car elle va ensuite rencontrer Béatrice, et va s'intéresser au passé de celle-ci, pendant l'occupation.

Critique:
Ce roman, par certains côtés, m'a fait penser à "L'invité de la dernière heure". Certaines constructions, l'évolution des personnages évoquent ce roman. Comme "Les roses de Guernesey" a été écrit avant, je devrais dire que c'est plutôt dans "L'invité de la dernière heure" que Charlotte Link a repris ces aspects.
L'attitude du mari de Franca et celle du mari de Karen ne sont pas très éloignées. Tous deux rabaissent sans arrêt leurs femmes, et critiquent ce qu'elles disent et font.
De même, l'évolution de Franca et celle de Karen sont semblables. Les deux femmes sont confrontées à une situation à laquelle elles doivent faire face. Elles n'ont aucune autre solution. Elles sont terrorisées, mais sont absolument obligées d'agir. Cela les pousse à prendre des responsabilités, des décisions. Et à la fin du roman, elles sont en bonne voie de guérison.

Le personnage de Maya est assez caricatural. Pourtant, il existe des personnes comme ça. Donc, elle est plutôt réaliste. Par contre, son revirement, à la fin, ne l'est pas vraiment.
La situation qu'Alan et elle vivent est également assez commune. Là encore, si Alan finit par être sur la voie de la guérison, c'est à cause d'une situation dans laquelle il ne peut pas se permettre de pleurer sur son sort.

On voit certaines choses venir. J'ai su très vite qu'il se passait quelque chose avec Kevin.
J'avais trouvé certaines autres choses avant les personnages.

Je n'aime pas Julien. D'abord parce qu'il ne fait pas grand cas de l'amour que lui porte la jeune femme qu'il a séduite lorsqu'elle avait quinze ans. Il se fiche éperdument de ce qui arrivera après que monsieur aura fait son caprice. Je lui préfère de loin Frédéric. Dommage que Béatrice n'ait pas pu aimer ce dernier.
Globalement, le personnage de Julien ne me plaît pas.

Que dire d'Hélène? Sûrement le personnage le plus complexe du roman. C'est volontairement que je ne l'évoque pas plus, car le lecteur doit découvrir seul ce personnage et le lien étrange et compliqué qui l'unit à Béatrice. On ne sait pas si on doit lui en vouloir ou la plaindre...

En dehors des personnages, le roman est riche en histoires se recoupant. Il dépeint également la période de l'occupation. Bien sûr, beaucoup de romans parlent de la seconde guerre mondiale. Ce roman est une pierre de plus dans l'édifice qui fait que l'on n'oubliera jamais cette guerre. Les points abordés sont intéressants: la tyrannie de l'occupant (surtout quand celui-ci est instable), l'obligation de devoir se cacher, certaines attitudes des gens "occupés"...

Certaines ficelles sont peut-être un peu faciles, mais ce roman est très intéressant. On ne le lâche pas, on veut savoir la suite. Donc, malgré certains défauts, il est captivant, et rien que pour cela, il est à lire.

Note: J'ai lu la version éditée aux Presses de la cité en un seul volume. Mais le roman a également été publié en deux tomes chez J'ai lu. Voici les titres:
1: Le fardeau du passé
2: La brume se lève

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

lundi 27 août 2007

lundi
27
août 2007

Le temps de l'amour, de Colleen MacCullough.

L'ouvrage:
1872.
Alexander Kinross a quitté son pays, l'Ecosse, quinze ans auparavant. Il a amassé une grande fortune. Il demeure en Australie.
Il écrit à son oncle, James Drumond pour lui demander sa fille,Jenny, en mariage. James a renié Alexander, mais celui-ci lui ayant envoyé mille livres pour le voyage et la femme de chambre de la future épousée, l'appât du gain est le clus fort chez James. Jenny étant mariée, il envoie sa fille cadette, Elisabeth, seize ans, en Australie.

Elisabeth a été élevée dans la bigotterie, et dans la peur des foudres paternelles, et de celles de Dieu. Elle ne connaît pas grand-chose de la vie. C'est cette oie blanche que l'on envoie en Australie. C'est cette jeune fille désemparée qui se retrouve devant un inconnu de dix-neuf ans de plus qu'elle. Cet inconnu, à cause de son apparence et de sa barbe, lui évoque le diable.

Il l'épouse le soir même, la couvre de bijoux. Elisabeth n'aime pas les bijoux trop voyants. Elle préfère la simplicité. Elle accomplit son devoir conjugal sans enthousiasme, avec dégoût, même. Alexander ne sait pas éveiller ses sens. Ceci le blesse profondément.

Lorsqu'Elisabeth apprend que son mari continue de voir Ruby, la maîtresse qu'il avait avant son mariage, le fossé se creuse encore entre les époux.

Critique:
Ce livre est un livre d'été. Il nous plonge dans les aventures d'une famille. Il y a beaucoup de rebondissements. C'est une saga qui se respecte. Elle n'est pas trop mièvre, même si le lecteur averti voit venir certaines choses. Nous savons qu'Elisabeth s'éveillera à l'amour. J'ai même su quel homme serait le déclencheur de cela au moment où elle le rencontre. Je dois commencer à bien connaître les codes. Je trouve tout de même que l'éclosion de leur amour arrive un peu tard. On ne les voit pas assez ensemble, à mon goût. Les conditions dans lesquelles ils s'avouent leur amour, font, par contre, tout à fait partie des codes. Peut-être un peu trop, d'ailleurs. Là aussi, je me suis doutée, au moment où l'orage a éclaté, que cela se passerait ainsi.

D'autres choses sortent tout de même des sentiers battus. Par exemple, l'amitié entre Elisabeth et Ruby. Cette amitié dont le lecteur est loin de se douter au début, est raffraîchissante.

Le personnage d'Alexander est à la fois détestable et sympathique. Il s'est fait trop d'idées de son mariage. Il pense que lui, le mâle, le bon amant, saura éveiller les sens d'Elisabeth. N'y arrivant pas, il la dit frigide. C'est simple, comme ça! Ainsi, sa virilité est sauve.
Mais il aime sa femme. Le couple ne se comprend pas, mais Alexander aime sa femme. Mal, mais il l'aime. La façon dont il lui "rend sa liberté" est une preuve de cet amour. Bien sûr, il n'agit pas uniquement pour qu'Elisabeth soit libre de sa vie, mais cela entre dans ses motivations.

Le destin de l'un des personnages est triste. Il laisse un goût d'amertume. Ce personnage, malgré son handicap, avait bien commencé dans la vie. Enfin, aussi bien qu'on le pouvait, dans son cas. Malheureusement, à cause d'un homme égoïste, et même vicieux, ce personnage finit par s'étioler. Si j'ai bien compris, la frustration qui suit son expérience avec cet homme rend cette jeune fille méchante, car insatisfaite. On est donc obligé de l'éloigner de quelqu'un qu'elle pourrait finir par tuer. Cet exil doit être la goutte d'eau. Pauvre petite fille.
Quelque chose me laisse néanmoins perplexe. Une jeune fille de treize ans est-elle assez mature sexuellement pour ressentir du plaisir à faire l'amour?

Je ne peux pas parler de tous les personnages, de peur de trop en dévoiler.
Si vous aimez les grandes histoires familiales, vous aimerez ce roman.

Petit jeu qui ne fait rire que moi: saurez-vous retenir les prénoms des sept soeurs Wong?

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Piette pour la Ligue braille.

lundi 2 juillet 2007

lundi
2
juillet 2007

Une passion fauve, tome 2: Berill, une passion en héritage, de Françoise Bourdin.

Voir la critique du tome 1.

Note préalable: si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas cette critique, car elle révèle certains événements qui se sont passés dans le tome 1.

L'ouvrage:
Thomas doit mettre ses affaires en ordre. Il doit tout planifier afin que tout se passe le mieux possible après son départ. En effet, à soixante-quatre ans, il apprend qu'il est atteint de leucémie, et qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. C'est avec Berill, sa femme bien-aimée, qu'il désire passer ses derniers instants. Il ne veut pas que ses enfants sachent que c'est la fin. Il veut tenir sa main et admirer ses yeux violets qui l'ont, un jour, pris dans leurs filets, au moment de partir.

Maureen brigue le poste de directrice de l'Irish, la banque de son père. Elle pense la retraite de Thomas proche, et est sûre qu'elle peut reprendre les rennes de la banque. Seulement, Thomas ne l'entend pas de cette oreille. Il lui adjoint Mathias, qui travaille à la banque depuis de nombreuses années, et qui a toujours su faire preuve d'un sens infaillible des affaires. Maureen se sent traitée en enfant, et se révolte.

Hugh se donne beaucoup de mal pour que son parc naturel survive. Il ne vit presque que pour cela. Il ne se remet pas de la mort d'Isabelle, et ne fais pas attention aux femmes, et surtout pas à Caroline, la vétérinaire du parc naturel.

Critique:
J'avais peur que le tome 2 s'essouffle par rapport au tome 1, comme c'est parfois le cas. Ici, ce n'est pas le cas. Françoise Bourdin expose des personnages qui ont tous une psychologie qui mérite qu'on s'y attarde, et des motivations compréhensibles.

Il est dommage qu'elle tue l'un de ses personnages principaux dans le premier quart du livre. Cette lecture m'a été douloureuse, car elle m'a fait m'attarder sur le fait que cela peut arriver n'importe quand à n'importe qui. C'est étrange, j'ai déjà lu des livres où un personnage avait un cancer, mais la possibilité qu'une telle situation se produise dans ma vie ne m'avait jamais paru si évidente.

Le personnage de Maureen est intéressant. Elle a une forte personnalité, et est un peu prétentieuse et égoïste. Elle est très sûre d'elle, et refuse que Mathias l'aide à diriger la banque. Elle sait qu'elle s'en sortira très bien seule. Sauf qu'elle commet plusieurs bourdes qu'apparemment, quelqu'un de sensé ne commettrait pas.
Cette situation oppose deux façons d'être. Maureen est, comme elle le dit elle-même, très scolaire. Elle a un parcours très balisé. Mathias a tout appris sur le tas. Il se fie à son instinct, à son flair. Maureen s'y oppose, arguant que la finance n'est pas un jeu de hasard. Il semblerait que Mathias ne s'en remette jamais au hasard, comme le fait remarquer Thomas. La romancière nous montre par là qu'il ne suffit pas d'être bardé de diplômes. Effectivement, Mathias réussit mieux que Maureen qui est très assurée parce qu'elle a étudié dans une grande école. C'est peut-être un petit clin d'oeil qui appelle les gens très diplômés à l'humilité. Ils doivent prendre les circonstances en compte, et ne pas tout catégoriser.

D'autre part, on tient soigneusement hors de portée de Maureen le dossier concernant le parc naturel d'Hugh. Elle sait que l'entretien de ce parc demande beaucoup d'argent, et lorsqu'elle finit par voir le dossier, ses craintes sont confirmées. La banque a investi, il n'y a aucun profit, l'affaire n'est pas rentable. Maureen aimerait donc que la banque cesse d'aider Hugh.
Dans cette situation, Maureen est pragmatique. Elle fait passer la banque avant son frère. Berill et Mathias font le contraire. Ils veulent donner une chance au rêve de se réaliser. Les deux points de vue se défendent. Après tout, s'il y a assez d'argent pour que ce rêve se réalise, pourquoi pas; mais si le parc finissait par ruiner la famille, il faudrait le fermer.

On retrouve le personnage de Julian. Il n'est toujours pas sympathique, mais on comprend un peu mieux pourquoi il est devenu ce qu'il est. on l'entrevoyait dans le tome 1.

La réapparition d'Arnaud fait que l'on se demande si le pardon est possible pour certains actes. Mathias pardonne, Berill ne le peut pas. Je pense que je serais comme Berill, même si, comme il le précise, Arnaud a fait ce qu'il a fait en pensant que cela ne nuirait à personne.

C'est une saga sympathique. Je remarque quand même que dans tous les livres de Françoise Bourdin, (du moins, ceux que j'ai lus), les personnages évoluent dans un milieu très argenté. Mathias rappelle d'ailleurs à Hugh et Maureen qu'ils sont des enfants gâtés. Cette répétition d'un monde où l'argent coule à flot est un peu agaçante. Le lecteur aussi aimerait bien avoir beaucoup d'argent. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Julien pour les éditions VDB.