Conduite en état Livresque

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Je t'aime tu m'évites
Je rouspète tu me quittes

Tu m'aimes je lévite
Tu t'entêtes on est quitte
Sugar

lundi 8 février 2010

lundi
8
février 2010

Le prédicateur, de Camilla Läckberg.

L'ouvrage:
Suède, été 2003.
La police hérite d'une nouvelle affaire: un corps a été retrouvé par un enfant dans les rochers proches du port de Fjàllbacka. C'est une jeune femme. On recherche activement à savoir qui elle est... Le corps était «accompagné» de deux squelettes: deux jeunes filles disparues en été 1979.

Critique:
Même si ce thriller souffre de quelques longueurs, on les pardonne volontiers à Camilla Läckberg. En effet, l'intrigue est très bien menée, et on ne devine rien. Pourtant, lorsqu'on repense à cette histoire d'os brisés, et à ce que «décrivent» les jeunes filles lorsque nous partageons leurs pensées, on se dit que c'est évident! Comment n'avons-nous pas deviné!
En outre, ce thriller se démarque en montrant les dangers d'un fanatisme aveugle, de l'absence d'esprit critique.

Camilla Läckberg utilise la vieille ficelle du «je vous propose un coupable, puis un autre, etc», mais elle fait cela intelligemment, plus subtilement que ceux qui usent et abusent de cette ficelle. On la lui pardonne donc également.

Souvent, les personnages d'un roman policier ne sont pas très épais. Ici, ce n'est pas le cas. Ils ont tous quelque chose qui fait que le lecteur prend plaisir à lire ce qui leur arrive, les suit avec intérêt. On referme le livre avec le sentiment qu'on n'a pas juste lu un simple polar.
Il y a aussi des scènes amusantes, comme ce qui se passe avec Irina, ou toutes les fois où Ernst est pris à agir très bêtement, même si la dernière fois est plus effrayante que drôle.

J'aime beaucoup le personnage d'Erika. On ne peut s'empêcher de sourire lorsque Patrik et elle (mais surtout elle) subissent des invasions. On passe avec elle par toutes les émotions dues à ce genre de choses. Je pense quand même qu'à sa place, j'aurais refusé de recevoir les gens, surtout les cousins qui élèvent leurs enfants avec de très bons principes, dont celui de ne pas les forcer à manger quelque chose qu'ils n'aiment pas (ce qui n'est pas terrible, dans l'absolu, mais il est préférable que les enfants goûtent tout, avant de refuser catégoriquement un aliment), et également celui de les laisser s'exprimer lorsqu'ils ne sont pas contents, afin qu'ils ne soient pas frustrés.
Le personnage d'Anna ne m'a pas vraiment fait pitié. Elle n'apprend pas de ses erreurs, et préfère s'embourber en capitulant plutôt que de lutter, et de se mettre sous la protection de quelqu'un qui l'y aiderait.

Je me demande si les personnages de Patrik Hedström, d'Erika et d'Anna n'étaient pas également dans le précédent roman de Camilla Läckberg, «La princesse des glaces», car on a l'impression que certaines choses ont déjà été dites à propos d'eux. En outre, ce roman nous laisse avec des questions à leur sujet. Peut-être l'équipe de policiers et la famille de Patrik sont-ils des personnages que l'auteur veut récurrents.

Dans ce roman, Erika est enceinte. Elle peste souvent après ceux qui décrivent les joies de la grossesse, et en a assez de ne pas pouvoir dormir à cause de la chaleur et du fait qu'aucune position n'est confortable, etc. J'ai trouvé tout cela bien plus réaliste que ce qu'on lit habituellement. Ensuite, dans les remerciements, j'ai lu que l'auteur avait eu un bébé (ou était enceinte) pendant l'écriture de ce roman. J'ai compris pourquoi ces descriptions m'avaient paru si réalistes!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric Herson-Macarel pour les éditions Audiolib.
Je suis ravie que les éditions Audiolib aient fait appel à ce comédien que je trouve très talentueux. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres pour eux, tout en poursuivant ses enregistrements pour les éditions Livraphone.

Acheter « Le prédicateur » en audio sur Amazon

Acheter « Le prédicateur » en broché sur Amazon

jeudi 21 janvier 2010

jeudi
21
janvier 2010

La forêt des mânes, de Jean-Christophe Grangé.

L'ouvrage:
Jeanne Korowa est juge d'instruction. À cette période de sa vie, elle est désoeuvrée. Elle sort d'une relation difficile qui, à ses yeux, n'est pas terminée. Elle s'accroche à Thomas qui ne veut plus d'elle. Elle se sent seule. Elle ferait tout pour récupérer Thomas. Voulant connaître ses pensées et les événements de sa vie sans elle, elle fait mettre le cabinet de son psychiatre sur écoute illégalement, et le soir, se passe les enregistrements de ses séances. Elle écoute aussi les autres patients. C'est ainsi qu'elle découvre un patient qui pourrait bien être dangereux pour la société.

En parallèle, la jeune femme enquête sur des meurtres commis par un tueur cannibale.

Critique:
J'avais déjà été déçue par «Miséréré». Je pense vraiment que Jean-Christophe Grangé commence à s'essouffler... ou bien qu'il sort un bon roman tous les trois ou quatre livres. En effet, mes préférés sont «Le vol des cigognes» (mais il est hors-concours, car il fait partie de mes premiers thrillers, et je ne m'en souviens pas assez pour dire si je le trouverais bon aujourd'hui), «Les rivières pourpres», et «Le serment des limbes». Pour moi, ces romans sont les plus réussis.

Ici, on trouve encore des thèmes chers à l'auteur, et donc récurrents. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose lorsque c'est bien exploité, et qu'il y a d'intéressantes variations. Mais dans ce roman, ça m'a semblé être du répété. C'était le même air joué sur un autre ton.
On retrouve donc les meurtres avec des tonnes de violence, du spectaculaire... L'auteur en fait tellement sur ce plan-là que ce n'est même plus effrayant. Au théâtre, on dirait que Jean-Christophe Grangé cabotine.
On retrouve encore et toujours le thème de la personne qui enquête seule et illégalement, et qui, en plus, est plus forte que tous les autres. Ce thème est vraiment agaçant, car il rend l'histoire peu crédible. Pourquoi le héros serait-il plus intelligent, plus fort que les autres. Ses motivations sont puissantes, soit, mais les autres font quand même leur travail. Moralité: tout le monde est incompétent, sauf les héros de Jean-Christophe Grangé.
Revient aussi le thème de l'enfance tourmenté. Ici, il est bien exploité, même si certaines choses sont un peu prévisibles.

La trame est assez prévisible, car elle est également récurrente. On prévoit facilement ce que va faire Jeanne parce que l'intrigue est agencée à peu près comme dans d'autres romans de Jean-Christophe Grangé.
On devine aussi certaines choses. On sait rapidement que les deux affaires sont liées. On sait que la chanson a à voir avec un traumatisme qu'aurait vécu l'enfant, ou du moins, un moment très marquant de sa vie. Lorsqu'il a été question d'Amérique du Sud, j'ai deviné qu'une partie de l'histoire aurait à voir avec la guerre d'Argentine.
Le livre est très long, comme tous les romans de Grangé, et il traîne beaucoup. C'est aussi ce qui lui fait perdre de sa force. Tout est trop dilué. Je ne sais pas pourquoi certains auteurs pensent qu'un bon livre est obligatoirement long. En fait, un bon livre est un livre avec lequel on ne s'ennuie pas, qu'il fasse cent ou huit-cent pages.

Cependant, l'auteur nous réserve quelques surprises. Je n'avais pas deviné comment il se pouvait que Jeanne ait vu quelqu'un lutter avec François, et qu'on n'ait pas retrouvé le cadavre de son adversaire.
Je n'ai pas deviné le retournement de situation final quant à Joachim. (Ceux qui ont lu le livre comprendront.) L'auteur a donc bien amené cette ficelle, mais c'est un peu gros. L'auteur nous sort ce coup de théâtre de sa manche, et c'est vrai qu'il arrive à nous surprendre, mais avec le recul, ce n'est pas très vraisemblable.
Les explications données sur l'autisme sont intéressantes. Je savais quelques petites choses, mais j'en ai appris un peu plus grâce à Jean-Christophe Grangé.
Je n'avais pas deviné non plus comment il se faisait qu'un peuple semblant dater de plusieurs siècles, un peuple qui aurait dû avoir disparu aujourd'hui, existe encore. La solution, une fois qu'elle nous est donnée, est pourtant simple.

Les personnages ne m'ont pas vraiment convaincue. Je comprends que Jeanne veuille enquêter pour tromper sa solitude et venger la mort de son ami, mais elle ne me paraît pas très épaisse. Quant aux autres, ils ne font que passer. Il y a bien sûr le personnage de Joachim, mais son histoire étant terrible, sa psychologie est fouillée mais prévisible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Haziza pour les éditions Audiolib.
La lectrice a une voix agréable. Elle a bien interprété ce roman. Je vais pinailler en disant qu'elle fait presque illusion en espagnol. Sa seule erreur: prononcer les «V» «V» au lieu de demi-«B».
J'ai noté qu'il y avait moins de musiques (il y en a au début, entre les trois parties, à la fin, mais pas entre les chapitres), pour moi, c'est un progrès. Malheureusement, le titre a été présenté de manière grandiloquente, ce qui pour moi, n'est pas naturel. Comme ce n'est pas le cas de tous les romans édités par les éditions Audiolib, je suppose que ça dépend de celui qui dirige l'enregistrement.

Acheter « La forêt des mânes » en audio sur Amazon

Acheter « La forêt des mânes » en broché sur Amazon

mercredi 20 janvier 2010

mercredi
20
janvier 2010

Mortelles décisions, de Kathy Reichs

Montréal est secouée par une guerre sans merci entre des gangs de motards. Un jour, une fillette qui se rendait à l'école est abattue par une balle perdue. Un peu plus tard, on retrouve à côté du squelette de deux motards, celui d'une jeune fille vue pour la dernière fois en compagnie de membres d'un gang adverse. Tempérance Brennan, chargée des autopsies, se jure d'élucider cette affaire pour que ces deux filles reposent en paix.

Une nouvelle histoire bien embrouillée dont Tempé se tirera bien, mais non dans mal. Elle se trouve cette fois embarquée dans une affaire d'affrontements autour de la drogue et du trafic de blanche entre différentes bandes de motards, et cela nous plonge dans des histoires un peu compliquées à mon goût : tel gang est vassal de tel autre alors qu'historiquement il est issu de telle autre branche... Bref, un beau sac de noeuds !
Tempé est ici prise entre deux feux : son envie de rendre à ces deux jeunes filles justice, et celle de laisser tomber pour ne pas nuire à son bel amant Andrew Ryan, agent du FBI soupçonné d'avoir replongé dans le trafic de drogue. On a envie comme elle de croire à l'innocence de Ryan, mais elle doit se rendre à l'évidence, ce qui ne fait que décupler son envie de justice.
Le dénouement très sanglant n'était pas vraiment de mon goût, mais la violence de ces motards nous est présentée comme normale et même souhaitable, ce que je ne peux approuver. J'espère que cette guerre des clans ne reflète pas une véritable réalité, car cela fait plutôt froid dans le dos !

Une bonne lecture pour qui aime le suspense et la violence de certaines scènes, mais pour moi, c'était un peu trop violent... Je préfère les versions télévisées des aventures de Bones, au moins les images permettent de limiter l'imagination ! (-.^)

Acheter « Mortelles décisions » sur Amazon

lundi 11 janvier 2010

lundi
11
janvier 2010

Le jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafon.

L'ouvrage:
David Martin adore les livres depuis son enfance. À l'âge de dix-sept ans, il commence à écrire pour le journal où il travaillait comme grouillot, depuis son enfance. C'est ainsi qu'il commence sa carrière d'écrivain. Il suscitera haine, jalousie, mais aussi admiration et sympathie.
Il a peu d'amis, mais ils sont précieux, surtout le libraire, monsieur Sempere. David est amoureux sans espoir de Cristina, la fille du chauffeur de son ami, Pedro Vidal.

Un jour, David reçoit un message d'un mystérieux correspondant, Andréas Corelli. Celui-ci lui assure qu'il aimerait que David écrivît un livre pour ses éditions.

Critique:
Ce livre est d'abord une ode à l'écriture et à la lecture. Tout ce qui se rapporte à ces activités est très bien décrit, très bien raconté. Les difficultés de l'écrivain à concilier ce qu'on lui demande, ce qu'il peut écrire, ce qu'il voudrait écrire... la jalousie des gens envers celui qui a du succès, car il écrit mieux qu'eux et est plus jeune; et surtout, l'amour de l'écriture, de la lecture, et de l'objet livre.
On retrouve aussi le thème du nègre. Et là encore, on découvre, si on ne le savait déjà, toute l'hypocrisie des gens. Ici, ils acclament le soi-disant livre de Pedro Vidal qui est riche et puissant, et dénigrent celui de David qui n'a que son talent. Ce thème est très bien exploité.

Le livre démarre lentement. Cependant, on ne s'ennuie pas. On prend plaisir à suivre les pas de ce jeune garçon sympathique, et à entrer dans le monde dont il nous ouvre les portes. En outre, on ne sait pas ce qui va se passer. Pour moi, un roman dont on ne peut prévoir la suite est bon.
L'ouvrage est long (plus de quinze heures en audio), et pourtant, aucune longueur n'est à déplorer. Les gros livres souffrent souvent de longueurs. Ils pourraient être amputés d'une centaine de pages sans que cela perturbe le bon déroulement de l'intrigue. Ici, rien n'est trop long, rien n'est pesant: l'histoire est fluide, l'attention du lecteur est sans cesse attirée, il est toujours captivé.
La première surprise que l'auteur fait à son lecteur est celle d'une intrigue à suspense. En effet, au départ, rien ne laisse présager cela. Petit à petit, l'auteur entraîne son personnage et le lecteur dans un piège inextricable dont il semble impossible de se tirer. On me rétorquera que c'est comme ça dans tous les polars. Peut-être, mais ici, c'est beaucoup plus subtile. On ne voit pas vraiment les coups venir, et on n'a aucune idée de la façon dont David se tirera de cette situation. Dans beaucoup de romans policiers, les ficelles sont très grosses, et on sait que le sauveur arrivera au dernier moment pour secourir la personne en détresse.
Lorsque l'intrigue est lancée dans le suspense, on n'arrête plus sa course. Le lecteur se retrouve pris dans un tourbillon de sensations et de rebondissements. Il y a quelques ficelles un peu grosses (le policier acheté, celui qui se fait passer pour un autre), mais elles sont bien amenées, et on ne les voit pas venir.

Malgré ses côtés sombres, ce livre contient une bonne dose d'humour représenté par des personnages (Isabella, Basilio et son collègue), et aussi par certaines situations.

J'ai été un peu déçue par la fin. Elle n'est pas bâclée. On voit bien que l'auteur l'a soigneusement préparée, et a semé quelques indices au long du livre. Mais je la trouve trop facile.
(Attention, la fin du paragraphe dévoile certaines choses.)
On ne sait pas vraiment pourquoi Andréas, et plus tard, David, connaissent le sort de Dorian Gray. On ne sait pas trop non plus comment Andréas a fait pour faire renaître ou revivre ou pour recréer Cristina.
En outre, il y a une incohérence. Si Diego a sacrifié le véritable Ricardo Salvador et s'est fait passer pour lui, il faut que ce soit après que l'enquête sur son décès a commencé. Or, si elle a commencé, c'est qu'il y a bien eu quelqu'un qui est mort, quelqu'un qu'on a dû faire passer pour Diego... Peut-être ce quelqu'un est-il Jacquot, comme le suppose David, mais il me semble que ce n'est pas très clair.
En outre, autre chose est un peu gros: la façon dont David parvient à se débarrasser de tous ceux qui veulent se saisir de lui ou le tuer. On dirait un peu Superman, ce n'est pas très crédible.

Les personnages sont assez fouillés. Même ceux que j'appelle les «méchants» ont une certaine logique et des motivations explicables. Cela ne les excuse pas, mais au moins, ce ne sont pas des personnages brossés à grands traits grossiers. Certains (Diego et Andréas) me rappellent des personnages de Brussolo: ils sont capables de tout pour obtenir ce qu'ils veulent, ils sont aveuglés par leur obsession.
Les femmes n'ont pas le beau rôle. À part Isabella, elles sont soit perfides soit cruches. Irène est les deux à la fois, la mère de David aussi (on ne comprend pas trop ses actes), et le pompon revient à Cristina. On se demande plusieurs fois ce que David lui trouve! Elle fait tout le temps des simagrées. D'abord, elle fait semblant de ne pas aimer David, puis elle l'aime mais ne veut pas être heureuse avec lui (au nom de la compassion et de la reconnaissance qu'elle éprouve pour Pedro), ce qui est tout à fait stupide; puis elle se rend compte qu'elle ne va pas pouvoir vivre avec un homme qu'elle n'aime pas (il fallait être bête pour penser que ça se passerait autrement). Quant à la suite, je ne la dévoile pas, mais elle montre encore que Cristina n'est pas très intéressante, et qu'on a plutôt envie de lui donner des claques ou de se moquer d'elle, au choix. Elle me fait penser à une de ces jeunes filles des siècles passés qui ne connaissaient rien à la vie parce qu'elles sortaient du couvent où elles avaient été éduqués à être de bonnes épouses, à être idiotes et à se taire, et qui s'évanouissaient à la moindre occasion.

Je préfère de très loin Isabella. C'est la seule femme réellement positive du roman, même si elle se montre désagréable avec ses parents qui ne le méritent pas. Elle et monsieur Sempere sont un rayon de soleil parmi tous ces personnages sombres et froids. Elle est drôle, pétillante, a du caractère, elle sait ce qu'elle veut, et ne se laisse pas faire ou posséder par de belles paroles. (J'ai d'ailleurs été surprise qu'elle tombe aussi facilement dans le piège que lui tend David.) J'aurais préféré que ce soit elle que David aime. Elle était plus faite pour lui que la fade Cristina. D'ailleurs, elle le sait. C'est aussi quelqu'un d'idéaliste: ce qui lui arrive à la fin montre, comme elle le dit elle-même, qu'elle n'a pas de place dans ce monde.

Le personnage de Pedro est également intéressant. Son amitié pour David n'est pas totalement désintéressée. C'est une amitié coupable. Il tente de se racheter. Son amitié finit par être sincère, mais il ne peut s'empêcher de prendre à David ce qu'il a de plus cher au monde... deux fois, même si la première fois, il ne le fait pas exprès. Il construit son bonheur sur le malheur d'autres, sans vraiment vouloir les peiner, mais en sachant qu'il le fait, et cela ne lui réussit pas.

En bref, j'ai adoré ce roman, mais la fin a un peu tempéré mon enthousiasme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux pour les éditions Audiolib.
J'avais aimé la prestation de Frédéric Meaux pour «Enfant 44». Dans cet enregistrement, son talent ne se dément pas. Il me semble même qu'il a osé plus de choses que dans «Enfant 44». Son interprétation sensible, toujours juste (en un mot: magistrale), est une composante de la magie qui m'a emprisonnée dans ce roman. Le talent de l'auteur allié à celui du narrateur font de cette lecture un très beau souvenir. Et en plus, il n'a pas tenté de prononcer les noms en mettant un terrible accent espagnol! Bravo!

Acheter « Le jeu de l'ange » en audio sur Amazon

Acheter « Le jeu de l'ange » sur Amazon

mercredi 6 janvier 2010

mercredi
6
janvier 2010

Dans les bois éternels, de Fred Vargas

Le commissaire Adamsberg vient de s'acheter une maison, que son nouveau voisin, manchot, qualifie de hantée par l'âme d'une femme qui y est morte des années auparavant. Un jour qu'il accompagne Camille et leur fils à un concert en Normandie, il rencontre des paysans qui lui racontent des histoires de grand cerf abattu et massacré. Une femme est retrouvée morte peu après, un témoin raconte avoir vu une ombre. Le commissaire courrait-il après le fantôme qui loge chez lui ?

Une histoire embrouillée dont Adamsberg se sort très bien, une nouvelle fois. De sombres histoires de tueur en série, de profanateur de sépulture, de folie, et de légendes de vie éternelle, s'entremêlent pour notre plus grand bonheur, et la déroute des policiers sur l'affaire. On apprécie la fusion qui existe entre le commissaire et le lieutenant Violette Retancourt, fusion qui trouve son origine dans le roman précédent, Sous les vents de Neptune, et qui mène à la la course contre la montre à la fin du roman.
Plusieurs éléments m'ont beaucoup plu dans ce roman. Mais ce à quoi je me suis parfaitement identifiée (ou presque), c'est le portrait des taiseux normands tel qu'il est fait ici. En effet, je suis normande, presque pure souche (toute ma famille paternelle est normande), et j'en connais suffisamment sur ma région pour apprécier la justesse de la description de l'auteure. La théorie de la division de la personnalité chez certains criminels m'a semblée très intéressante, et je me suis demandée si elle était réelle ou imaginée par l'auteur. Je pense qu'elle pourrait se vérifier dans la personnalité psychique de certains criminels, mais je n'ai pas trouvé d'éléments qui me la confirment. Si quelqu'un pouvait m'en dire plus, cela m'intéresse !
Enfin, le suspense quasi insoutenable à la fin du roman m'a agréablement surprise, car je ne m'attendais pas à de tels moyens pour retrouver la disparue. Par contre, j'avais deviné la chute (la façon d'arrêter le criminel) avant qu'elle ne se produise, car bien que l'auteure ne nous donne aucun indice sur le lieu où se trouvent tous les personnages avant le dénouement, le lecteur n'a pas envie que cela se passe autrement, donc il espère bien que c'est la bonne victime potentielle qui est protégée, et éprouve un grand soulagement quand il constate qu'il avait bien deviné. Du moins, c'est ainsi que je l'ai ressenti !

En résumé, encore un bon roman policier qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout... Bonne lecture !

Un conseil de la Livrophile : les romans de Fred Vargas mettant en scène son héros le commissaire Adamsberg sont parus dans un ordre qu'il vaut mieux respecter pour la lecture. Je vous le copie ici :
L'homme aux cercles bleus, 1992.
L'homme à l'envers, 1999.
Pars vite et reviens tard, 2001.
Coule la Seine, 2002.
Sous les vents de Neptune, 2004.
Dans les bois éternels, mai 2006.
Un lieu incertain, juin 2008.

Acheter « Dans les bois éternels » sur Amazon