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Bulle de savon
Au gré du vent
S'envolant
Soldat de plomb
Cloué au sol
S'ennuyant
Sugar

lundi 21 janvier 2008

lundi
21
janvier 2008

Les sabots de Paris, de Georges Coulonges.

L'ouvrage:
1842.
Sylvestre-Marcelin Chabrol, maçon, quitte sa Creuse natale pour aller trouver du travail à Paris. Il est gai, plein d'espoir, prêt à travailler de toutes ses forces pour aider sa famille.
Anne (dite Nanette) quitte sa Normandie natale pour chercher une place de domestique à Paris. Elle espère trouver une bonne place, et pouvoir aider sa famille nombreuse.
Aux portes de Paris, Sylvestre et Nanette vont se rencontrer brièvement. Puis chacun ira son chemin. C'est plus tard qu'ils se reverront, se souviendront l'un de l'autre, et feront plus ample connaissance. Ils sont tous deux perdus dans cette grande ville, bruyante, fourmillante. C'est ce qui va les rapprocher.

Critique:
Ce roman est très agréable à lire. L'auteur dépeint excellemment les décors, l'ambiance de la ville de Paris à cette époque. J'ai été totalement immergée dans l'histoire et dans son décor. Par le récit de scènes du quotidien de la vie de gens humbles et vrais, par des détails, l'auteur tisse savamment son histoire, et le lecteur est pris, captivé, immergé dedans.
Le mépris de certains maîtres envers leurs domestiques (madame Guérin n'hésite pas à renvoyer Nanette pour une peccadille, et ne parlons pas des avis méprisants de madame Limo-Maynard (je n'ai pas l'orthographe exacte du nom)), la précarité de la vie pour les petites gens, certaines croyances idiotes (les étrangers à la ville porteurs de microbes), les barrières de la langue (on n'hésitait pas à se moquer de ceux qui parlaient le patois de leur région), tout cela se retrouve dans ce roman.

Quant à l'intrigue, Georges Coulonges a su la construire aussi bien qu'il a su planter le décor. On vibre avec Sylvestre et Nanette. On partage leurs bonheurs et leurs tristesses.
On comprend le dilemme de Sylvestre quant à Nanette et à Angèle. On le voit se débattre pris au piège de ses sentiments.
Et Nanette, ce petit oiseau fragile: les épreuves se chargent de la piétiner, de lui voler sa pureté. C'est bien sûr elle, mon personnage préféré. Elle lutte, elle se bat pour survivre, elle a foi en son amour, elle réussit à le préserver malgré tout. Elle ne peut qu'attirer la sympathie du lecteur. Elle pourrait paraître un peu gourde, mais au fur et à mesure du livre, elle nous apparaît seulement timide, et ayant envie de bien faire.

Quant à la fin... Il fallait bien qu'il y eût une fin. Il fallait bien que cette situation inextricable se dénouât d'une manière ou d'une autre. Puisque les hommes n'ont pas su la résoudre, la vie s'en est chargée. Tant qu'à faire j'avoue que j'aurais préféré que le contraire se passât. Pourquoi l'auteur a-t-il préféré sacrifier tel personnage plutôt que tel autre? Je ne pense pas que ce soit un message qui veuille dire que celui qui a péché mourra par là où il a péché. Cela pourrait, mais honnêtement, je ne le pense pas.
Une question reste après cette fin. Que va-t-il advenir de Marceline? Il aurait sûrement été délicat que Sylvestre la ramenât chez lui, mais je pense que cela aurait été préférable...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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mercredi 20 juin 2007

mercredi
20
juin 2007

Un printemps de gloire. Souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet, de Marie-Joëlle Guillaume

17ème siècle, au temps de Louis XIII, de Richelieu, des mousquetaires, les débuts du siècle brillant qui verra naître le Roi-Soleil, le Grand Condé, et avant eux la Régence d'Anne d'Autriche, mais aussi un siècle les sombres années de la Fronde verra mourir beaucoups de Grands du royaume...
En 1885, une jeune Italienne, Giulia Orsini, cousine de la grande Marie de Médicis, épouse Jean de Vivonne, un comte français ambassadeur de France à Venise. De leur idylle naîtra la petite Catherine, qui sera promise à un brillant destin. En 1600, elle est mariée à Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, de 19 ans son aîné. Elle ne le sait pas encore, mais ce mariage sera ce qui lui arrivera de plus beau, avant ses enfants : ce prince ne la touchera pas avant de la sentir prête, et ils seront réellement amoureux, un couple modèle dans ce siècle où les moeurs commencent à se déliter. De ce mariage naîtra la ravissante Julie, puis quatre autres enfants, dont deux garçons.
La marquise de Rambouillet cultivera de nombreuses amitiés littéraires avec nombre de personnages célèbres de l'époque : les poètes Voiture et Ménage seront de ses fidèles, elle encouragera Corneille, et verra les premières pièces de Molière ; des amitiés "religieuses" : elle connaît et admire les oeuvres de Monsieur Vincent (Saint Vincent de Paul), entretiendra une grande correspondance avec le poète Godeau, évêque de Grasse et de Valence, elle verra et encouragera les débuts du jeune Bossuet...
Bref, au sein de son Hôtel de Rambouillet, elle verra défiler les grandes figures du siècle, et fera de ce cercle l'un des diamants littéraires et culturels du 17ème siècle français...

J'avais lu une critique de ce roman quand j'étais plongée dans l'Allée du Roi, et j'avais persuadé la documentaliste de mon collège rambolitain de l'acquérir, au titre de source d'enseignement de l'histoire locale. Je me suis ensuite attachée à le lire de bout en bout, éprouvant tout de même quelques difficultés à restée "accrochée" à l'histoire.
En effet, l'auteure, qui prend la plume au nom de Catherine, et à partir de sources nombreuses, vérifiables et avérées, fait beaucoup de sauts dans le temps, on a parfois du mal à suivre le cours des événements. Il est parfois fait mention de personnages qui nous sont présentés plus tard, ou que nous avons croisés tellement longtemps avant que nous ne savons plus de qui il s'agit ; les événements historiques ne sont pas toujours rapportés dans l'ordre, ou plutôt, un événement lui fait penser à tel ou tel autre, qui s'est passé plus tôt ou plus tard, ce qui occasionne un saut temporel parfois de dix ans ; enfin, le découpage en chapitres n'est pas, à mon sens, des plus évidents, et il s'agit plus d'un recueil de souvenirs que d'un roman à lire de bout en bout : il faudrait presque avoir toujours à portée de main des fiches à remplir au fur et à mesure que l'on avance, pour bien se rappeler de tout !!
Cependant, du fait de la destinée littéraire et culturelle que la marquise de Rambouillet a eue au cours de sa vie, je ne puis m'empêcher de faire le compte de ce que j'ai appris. Nous croisons tout d'abord des personnages que nous avions du mal à situer (Saint Vincent de Paul, qui m'a paru ici beaucoup plus proche que ce que je pensais, Madame de Sévigné qui fait une courte apparition à la fin du roman, Georges et Madeleine de Scudéry...), ou dont nous connaissions les noms sans en savoir plus (Henri de Montmorency, Paul de Gondi, Charles de Montausier...), voire également des événements peu ou pas connus : la rebellion de la Guyenne lors de la Fronde, ou, plus tôt, les guerres avec l'Espagne. Bref, une mine de culture générale sur le 17ème siècle !
Je pense donc que c'est sous cet angle qu'il faut aborder cet ouvrage : un catalogue des personnages-clés du début de ce siècle, avant l'avènement de Louis XIV, et des événements qui ont fait de la France ce qu'elle fut au début du 18ème siècle...

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lundi 18 juin 2007

lundi
18
juin 2007

Suite française, d'Irène Némirovsky.

Note préalable: Je n'ai vraiment pas fait exprès de poster cette critique le 18 juin. Je trouve, néanmoins, cette coïncidence amusante!

L'ouvrage:
1940. C'est la débâcle. La guerre a éclaté, les français ont peur d'être envahis, et ne savent plus quoi faire. Ils décident de fuir vers des endroits plus sécurisés. La fuite n'est pas organisée, on se débrouille comme on peut. On fait des rencontres heureuses ou non. Parmi les fuyards, nous découvrons la famille Perricant, l'écrivain Gabriel Cort, Charles, et quelques autres.

Critique:
Certains connaissent peut-être l'histoire de ce roman, et celle de son auteur. C'est une belle et triste histoire. Si vous ne la connaissez pas, elle est relatée dans la préface de l'ouvrage.

Il y a certains livres qui sont si bien écrits, dont l'histoire est si juste, qui montrent que l'écrivain a un regard extrêmement lucide sur sa société, qu'on a peur de les entacher par des critiques. J'ai donc peur que ma critique ne soit pas à la hauteur de cet excellent ouvrage.
Après un tel début, vous comprendrez que je recommande absolument ce roman. Il est composé de deux livres: «Tempête en juin« et «Dolce«.

A travers des exemples pris dans différentes classe sociales, Irène Némirovsky nous présente des hommes qui sont le plus souvent abjects. Dans "Tempête en juin", Gabriel, par exemple, a un caractère méprisable. En temps de guerre, il ne comprend pas qu'il devrait peut-être mettre sa vanité de côté. Tout lui est dû, il ne prend pas la mesure de ce qui se passe, il regarde son nombril.
Au début du roman, madame Perricant se vante,en pensée, d'être une brave femme. Lorsqu'elle est confrontée à la guerre et à ses privations, tout son vernis s'en va, et nous découvrons ce que nous soupçonnions: une femme à l'esprit étriqué, bien contente de sa petite personne, ne pensant qu'à elle.
Bien sûr, en temps de guerre, chacun aura tendance à essayer de se préserver ainsi que les siens. Mais les deux personnes dont je parle ici sont assez représentatives du pire. Et ne parlons pas de Charles!

D'un autre côté, les Michaud s'illutrent par leur intégrité. Ils vivent une rude période, ils sont inquiets pour leur fils, rudoyés par leur employeur. Tout cela les soude davantage. Ils restent justes, ne se transforment pas en rapaces.

Dans le second livre, ("Dolce"), Irène Némirovsky s'emploie à nous montrer la société française aux mains de l'occupant. Là encore, nous avons un éventail de réactions, un échantillon de petites histoires dans la grande. Les allemands sont les bourreaux, donc, on ne les aime pas. Mais certains français trouvent que ceux qui habitent chez eux sont courtois. C'est là que les histoires des personnes décrites par la romancière les font agir d'une manière, leur font ressentir telle chose. Par exemple, Benoît n'aime pas l'officier qui habite chez lui. Il ne l'aime pas parce que c'est un occupant, mais surtout parce qu'il ressemble, par son élégance et sa finesse, à l'homme de qui sa femme, Madeleine, est amoureuse.
Lucile vit une histoire platonique avec l'officier qui occupe sa maison. Mais c'est surtout parce qu'elle n'a jamais reçu d'amour de son mari.
Les sentiments de ces personnes ne sont pas simplifiés. Il faut prendre le contexte, les circonstances en compte. Il n'y a pas de manichéisme. Bien sûr, on déteste l'occupant. Mais certains, à cause de leur histoire, et aussi parce qu'ils réfléchissent, ne peuvent se défendre d'une certaine sympathie à l'égard de quelques allemands.

Je suis très loin d'avoir évoqué tous les exemples dont j'aurais voulu parler, mais ma critique serait trop longue, si je me mettais à développer autre chose. J'espère que ma critique n'est pas trop fade par rapport à ce chef d'oeuvre, écrit par une femme extrêmement clairvoyante. Irène Némirovsky vécut jusqu'en 1942, et elle eut le temps d'analyser sa société en temps de guerre, et d'en décrire les aspects les plus complexes. A mon avis, cette dame est l'un des grands esprits du vingtième siècle.

Je vous conseille la version audio éditée par Livrior, d'abord parce que la lectrice, Valérie Charpinet, interprète très bien le roman, et ensuite, parce qu'on peut y entendre la voix d'Irène Némirovsky. Au début, il y a l'extrait d'une interview d'elle.

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mercredi 14 février 2007

mercredi
14
février 2007

Disparition sur le Nil, d'Odile Weulersse

Disparition sur le Nil

Roudiddite, la femme de Penou, a disparu. Celui-ci est bouleversé, persuadé qu'on lui a enlevé, et veut tout faire pour la retrouver. Cependant, Pharaon l'envoie avec Tétiki et Didiphor enquêter sur les vols d'or dans la vallée de l'oued Allaqui, dans le pays de Koush. Voici donc nos trois héros qui descendent le Nil vers le pays des hommes noirs, dans une enquête qui leur fera découvrir un Egyptien félon, Piyé, qui tente de s'approprier le pouvoir en Nubie et de constituer une armée pour combattre et écraser Pharaon. Sa complice, la belle Makaré, cherche quant à elle toujours à se venger des trois jeunes héros...

Voici donc le troisième et dernier tome de cette trilogie égyptienne, intitulée dans son ensemble L'espion du Pharaon. Cette fois encore, nous suivons avec plaisir nos trois héros dans le Sud de l'Egypte, plus avant dans l'Afrique Noire, où ils font plusieurs rencontres extraordinaire. Ne sont-ils pas ceux qui ramèneront une girafe au palais de Pharaon ? Une nouvelle fois, l'auteure sait nous montrer une Egypte vivante, et nous la rend réelle. Les civilisations sont toujours très bien décrites, on rêve de pouvoir rencontrer certains des personnages !
Les méchants, toujours aussi méchants (on ne change pas une équipe qui gagne !), trouvent au cours du récit le sort qu'ils méritent, et nous sommes finalement bien contents pour nos héros (même si j'ai eu une petite frayeur quant à l'épisode de la panthère...). Quant à nos héros, ils gagnent l'entière confiance de Pharaon, qui le leur prouve en leur offrant... ce que vous verrez en lisant le roman !
Voilà, encore une fois, je ne peux que vous conseiller de lire cette trilogie, et venir ensuite commenter ici pour donner vos impressions !

mercredi 17 janvier 2007

mercredi
17
janvier 2007

Les pilleurs de sarcophages, d'Odile Weulersse

Pilleurs de sarcophages

Note préalable de La Livrophile: Tout commentaire demandant un résumé complet ou des analyses de personnages, ou de l'aide pour un exposé ne sera pas validé. Il est donc inutile d'écrire pour cela. Il en ira de même pour les commentaires contenant du langage SMS.

Tetiki est le fils du gouverneur d'une province d'Egypte, Eléphantine. Son pays est alors divisé, le pharaon Ahmosis, égyptien, règne depuis Thèbes, alors que les envahisseurs hyksos, adorateurs du dieu Seth, ont installé leur propre pharaon, Apopi, à Avaris, dans le delta, et entend faire sa loi dans tout le pays d'Egypte. Un jour, un envoyé d'Apopi arrive à Eléphantine, et demande au père de Tetiki de l'aider à vaincre enfin le pharaon Ahmosis, lui promettant beaucoup d'or pour cela. Tetiki comprend que les hyksos envisagent de dévaliser la tombe du dernier pharaon enterré, Taa le Brave. Il prend la décision de devancer les envahisseurs, en prévenant pharaon du danger qui guette. Mais il arrive à Thèbes le jour de la fête du dieu Amon, qui rend Pharaon inaccessible pour un mois. Tetiki décide alors de trouver la tombe, et de mettre les trésors à l'abri...

Encore un classique des romans lus au collège, mais on ne s'en lasse pas ! Odile Weulersse est une excellente conteuse, elle nous entraîne derrière elle dans une Egypte qui ne sert pas seulement de décor, mais qui fait vraiment partie du récit. de nombreuses description, une langue claire, des explications qui parsèment le roman et rendent la vie égyptienne plus proche de nous, ou du moins plus accessible... Vraiment, on y prend énormément de plaisir !
L'histoire elle-même a un air de déjà-vu : l'adolescent qui décide d'aller, seul contre tous, sauver son pays, est un classique des romans pour les collégiens. Mais après tout, cela est normal, il faut que le jeune lecteur puisse se retrouver dans le héros ! De même que les grands méchants adultes représentent les adultes qui posent les cadres de la vie du lecteur, et les bons vieillards les grands-parents qui gâtent (trop) souvent leurs descendants... Bref, vous l'aurez compris, les personnages que l'ont trouve dans ce roman sont des classiques du genre !
Pour finir, on se régale à suivre les aventures de Tetiki, de son singe Didiphor et de son nain et néanmoins ami Penou, et j'ai appris que ce roman était le premier d'une trilogie reprenant les même personnages, dans d'autres aventures... Les critiques viendront très prochainement, quand j'aurai fini de les lire ! ;)