Conduite en état Livresque

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Bulle de savon
Au gré du vent
S'envolant
Soldat de plomb
Cloué au sol
S'ennuyant
Sugar

lundi 31 mars 2008

lundi
31
mars 2008

La peste noire, tome 1: La conjuration des lys, de Gilbert Bordes.

L'ouvrage:
Lorsqu'Eugénie d'Aignan apprend, de son père, Renaud d'Aignan, qu'elle est la fille de la reine Clémence de Hongrie, de nouvelles perspectives s'ouvrent à elle. Son père lui dit également qu'elle a un demi-frère, Jean Premier, fils de la reine et de Louis 10. Il aurait été assassiné lors de son baptême, mais le complot avait été éventé, et on lui avait substitué le fils d'une servante. Il ignore tout de sa royauté, et est marchand en Italie. Des conjurés se sont rassemblés pour détrôner Valois, l'usurpateur, et rendre ses droits à Jean. Eugénie décide de s'allier à cette conjuration.

Critique:
Il y a une quinzaine d'années, j'aurais adoré ce livre. Je l'aurais encensé. Le courage et le caractère de l'héroïne aurait fait d'elle une espèce d'égérie à mes yeux.
Aujourd'hui, mon opinion est plutôt mitigée.

Les aventures dans lesquelles nous entraîne l'auteur sont bien menées. On n'a pas le temps de souffler, les événements s'enchaînent de manière fulgurante, et nous emportent dans leurs tourbillons.
Par ailleurs, le décor est très bien planté. Gilbert Bordes a su peindre les lieux, l'atmosphère de l'époque.
Ce livre nous rappelle également ce fléau mal connu que fut la peste: s'abattant sur n'importe qui n'importe quand, faisant fi des superstitions affirmant qu'elle ne s'attaquait qu'aux manants.

Néanmoins, l'héroïne m'a plutôt cassé les pieds. D'abord, elle s'est mariée sur un coup de tête. Ensuite, elle a une forte personnalité (ce qui est honorable), mais l'auteur ne perd pas une occasion de dire que c'est son sang royal qui parle.
Et bien sûr, Eugénie est très belle. Tellement belle que tous les hommes l'aiment.
Et puis, les rats noirs porteurs de peste la suivent où qu'elle aille, et sont annonciateurs de mort pour ceux qui l'entourent. Ils la suivent, mais elle ne sera jamais atteinte: ce sera toujours des gens près d'elle à ce moment-là. Cette aura de mystère nimbant la jeune femme (mystère qu'elle ne comprend pas elle-même, mystère qu'elle se contente d'accepter), m'a plus énervée qu'intriguée. Bientôt, vous allez voir qu'Eugénie va guérir par imposition des mains!, ai-je pensé.
Le coup de foudre teinté de ressentiment (dû aux événements) m'a également ennuyée. Comme je l'ai dit à maintes reprises sur ce blog, je déteste les situations où deux personnages s'aiment au premier regard.

Il y a peu, je râlais après les lecteurs qui singent des voix pour chaque personnage. Ici, Frédérique Ribes, comédienne de talent, fait différentes voix, mais on ne dirait pas qu'elle se force, elle n'en fait pas trop, et cela ne fait pas caricatural. J'aime particulièrement la voix qu'elle fait à Charles de Navarre. On ressent la jeunesse du garçon, ainsi que son ambivalence. En outre, ce livre n'est pas un roman policier: la lectrice pouvait se permettre de faire des voix aux personnages. Je pense toujours qu'il vaut mieux ne pas faire de voix aux personnages (surtout pour un roman policier), mais si c'est fait avec la finesse de Frédérique Ribes, cela peut être une bonne chose.

La critique du tome 2 paraîtra plus tard, car je n'ai pas encore pu le lire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédérique Ribes pour les éditions VDB.

lundi 17 mars 2008

lundi
17
mars 2008

Pourquoi j'ai construit une maison carrée, de Jean Guilaine.

L'ouvrage:
Huitième millénaire avant notre ère.
Cando habite sur l'île aux pierres vertes avec sa femme et ses trois enfants. Les enfants demandent souvent à leur père de leur raconter des histoirs. Ils aimeraient aussi qu'il leur dise ce qu'il faisait quand il avait leur âge. Cando est réticent: certains souvenirs sont heureux, mais d'autres sont douloureux. C'est normal.
Un jour, il se résout à raconter: la communauté dans laquelle il vivait, ses parents, le chef, le vieux Golluk qui refuse l'évolution, et qui ponctue ses phrases de «arcacum«.

Critique:
A ceux qui critiqueraient l'auteur et diraient qu'il a fait un livre fourmillant d'anacronismes, je répondrais que Jean Guilaine explique dans l'avant-propos qu'il l'a fait exprès. Son but était d'écrire un roman historique qui serait avant tout un divertissement, donc agréable à lire, et non truffé de jargon savant. En outre, l'humour est souvent de mise. L'auteur explique que si on veut, on peut le prendre autrement, mais que lui a écrit ce livre sur un ton humoristique. Effectivement, certaines situations sont amusantes: le mystère du blé qui disparaît, la façon de Golluk de tout ramener aux ancêtres et de dire «arcacum«, la façon dont Ménil s'obstine à chercher comment obtenir des récipients en argile qui ne se craquellent pas, la façon dont les cousins se moquent de la communauté de Cando qui s'habbille à l'ancienne, la fois où Cando se met à apprécier les ancêtres car ils sont favorables à son mariage, l'ambition d'Aladin quant à «son« mariage, etc.
Mais ces passages humoristiques sont l'illustration de ce que l'évolution entraîne. On sourit (sans mauvais jeu de mots) lorsque les habitants de la communauté sont confrontés au mystère du blé qui disparaît, mais l'élucidation de l'énigme montre une effroyable réalité cause de cette évolution. On trouve amusante la façon de Golluk de râler après l'évolution, de dire que "c'était mieux avant", mais l'attitude de Golluk est compréhensible: il pense que les choses sont bien comme ça, pourquoi les changer? Cet humour cache donc une certaine gravité. A un moment, Cando regarde ce qu'a fait le changement. Il en voit les côtés négatifs et les côtés positifs. Il se demande alors si le changement est positif ou négatif. Il en arrive à la conclusion que certaines choses sont bénéfiques et d'autres non. C'est le propre de beaucoup de situation. Le lecteur pressent tout cela, mais le fait que Cando y réfléchisse remet les choses en place.

Les attitudes décrites sont terriblement modernes. Certains sont pour le changement, d'autres sont pour rester comme avant, d'autres veulent le pouvoir, il y a des guerres de religion, à vouloir maîtriser la nature, on se fait rappeler à l'ordre par cette même nature.

J'ai été un peu déçue par quelque chose à la fin. Les choses évoluent, et la communauté de Cando ne va pas forcément vers le positif. L'un des personnages est désabusé, désappointé. J'aurais aimé que ce personnage partît avec Cando. J'aurais trouvé cela logique. Pourquoi Cando ne le lui a-t-il pas proposé?

C'est un livre agréable à lire, même si on s'ennuie un peu à certains moments. Il fais rire, fait réfléchir. Les personnages sont attachants, même si certains sont un peu caricaturaux: le conservateur, le progressiste, celui qui veut le pouvoir... Malgré ces clichés, le contraste entre Ménil et Golluk est intéressant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Louis Feuz pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter Pourquoi j'ai construit une maison carrée sur Amazon

lundi 21 janvier 2008

lundi
21
janvier 2008

Les sabots de Paris, de Georges Coulonges.

L'ouvrage:
1842.
Sylvestre-Marcelin Chabrol, maçon, quitte sa Creuse natale pour aller trouver du travail à Paris. Il est gai, plein d'espoir, prêt à travailler de toutes ses forces pour aider sa famille.
Anne (dite Nanette) quitte sa Normandie natale pour chercher une place de domestique à Paris. Elle espère trouver une bonne place, et pouvoir aider sa famille nombreuse.
Aux portes de Paris, Sylvestre et Nanette vont se rencontrer brièvement. Puis chacun ira son chemin. C'est plus tard qu'ils se reverront, se souviendront l'un de l'autre, et feront plus ample connaissance. Ils sont tous deux perdus dans cette grande ville, bruyante, fourmillante. C'est ce qui va les rapprocher.

Critique:
Ce roman est très agréable à lire. L'auteur dépeint excellemment les décors, l'ambiance de la ville de Paris à cette époque. J'ai été totalement immergée dans l'histoire et dans son décor. Par le récit de scènes du quotidien de la vie de gens humbles et vrais, par des détails, l'auteur tisse savamment son histoire, et le lecteur est pris, captivé, immergé dedans.
Le mépris de certains maîtres envers leurs domestiques (madame Guérin n'hésite pas à renvoyer Nanette pour une peccadille, et ne parlons pas des avis méprisants de madame Limo-Maynard (je n'ai pas l'orthographe exacte du nom)), la précarité de la vie pour les petites gens, certaines croyances idiotes (les étrangers à la ville porteurs de microbes), les barrières de la langue (on n'hésitait pas à se moquer de ceux qui parlaient le patois de leur région), tout cela se retrouve dans ce roman.

Quant à l'intrigue, Georges Coulonges a su la construire aussi bien qu'il a su planter le décor. On vibre avec Sylvestre et Nanette. On partage leurs bonheurs et leurs tristesses.
On comprend le dilemme de Sylvestre quant à Nanette et à Angèle. On le voit se débattre pris au piège de ses sentiments.
Et Nanette, ce petit oiseau fragile: les épreuves se chargent de la piétiner, de lui voler sa pureté. C'est bien sûr elle, mon personnage préféré. Elle lutte, elle se bat pour survivre, elle a foi en son amour, elle réussit à le préserver malgré tout. Elle ne peut qu'attirer la sympathie du lecteur. Elle pourrait paraître un peu gourde, mais au fur et à mesure du livre, elle nous apparaît seulement timide, et ayant envie de bien faire.

Quant à la fin... Il fallait bien qu'il y eût une fin. Il fallait bien que cette situation inextricable se dénouât d'une manière ou d'une autre. Puisque les hommes n'ont pas su la résoudre, la vie s'en est chargée. Tant qu'à faire j'avoue que j'aurais préféré que le contraire se passât. Pourquoi l'auteur a-t-il préféré sacrifier tel personnage plutôt que tel autre? Je ne pense pas que ce soit un message qui veuille dire que celui qui a péché mourra par là où il a péché. Cela pourrait, mais honnêtement, je ne le pense pas.
Une question reste après cette fin. Que va-t-il advenir de Marceline? Il aurait sûrement été délicat que Sylvestre la ramenât chez lui, mais je pense que cela aurait été préférable...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter Les sabots de Paris sur Amazon

mercredi 20 juin 2007

mercredi
20
juin 2007

Un printemps de gloire. Souvenirs de Catherine, marquise de Rambouillet, de Marie-Joëlle Guillaume

17ème siècle, au temps de Louis XIII, de Richelieu, des mousquetaires, les débuts du siècle brillant qui verra naître le Roi-Soleil, le Grand Condé, et avant eux la Régence d'Anne d'Autriche, mais aussi un siècle les sombres années de la Fronde verra mourir beaucoups de Grands du royaume...
En 1885, une jeune Italienne, Giulia Orsini, cousine de la grande Marie de Médicis, épouse Jean de Vivonne, un comte français ambassadeur de France à Venise. De leur idylle naîtra la petite Catherine, qui sera promise à un brillant destin. En 1600, elle est mariée à Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, de 19 ans son aîné. Elle ne le sait pas encore, mais ce mariage sera ce qui lui arrivera de plus beau, avant ses enfants : ce prince ne la touchera pas avant de la sentir prête, et ils seront réellement amoureux, un couple modèle dans ce siècle où les moeurs commencent à se déliter. De ce mariage naîtra la ravissante Julie, puis quatre autres enfants, dont deux garçons.
La marquise de Rambouillet cultivera de nombreuses amitiés littéraires avec nombre de personnages célèbres de l'époque : les poètes Voiture et Ménage seront de ses fidèles, elle encouragera Corneille, et verra les premières pièces de Molière ; des amitiés "religieuses" : elle connaît et admire les oeuvres de Monsieur Vincent (Saint Vincent de Paul), entretiendra une grande correspondance avec le poète Godeau, évêque de Grasse et de Valence, elle verra et encouragera les débuts du jeune Bossuet...
Bref, au sein de son Hôtel de Rambouillet, elle verra défiler les grandes figures du siècle, et fera de ce cercle l'un des diamants littéraires et culturels du 17ème siècle français...

J'avais lu une critique de ce roman quand j'étais plongée dans l'Allée du Roi, et j'avais persuadé la documentaliste de mon collège rambolitain de l'acquérir, au titre de source d'enseignement de l'histoire locale. Je me suis ensuite attachée à le lire de bout en bout, éprouvant tout de même quelques difficultés à restée "accrochée" à l'histoire.
En effet, l'auteure, qui prend la plume au nom de Catherine, et à partir de sources nombreuses, vérifiables et avérées, fait beaucoup de sauts dans le temps, on a parfois du mal à suivre le cours des événements. Il est parfois fait mention de personnages qui nous sont présentés plus tard, ou que nous avons croisés tellement longtemps avant que nous ne savons plus de qui il s'agit ; les événements historiques ne sont pas toujours rapportés dans l'ordre, ou plutôt, un événement lui fait penser à tel ou tel autre, qui s'est passé plus tôt ou plus tard, ce qui occasionne un saut temporel parfois de dix ans ; enfin, le découpage en chapitres n'est pas, à mon sens, des plus évidents, et il s'agit plus d'un recueil de souvenirs que d'un roman à lire de bout en bout : il faudrait presque avoir toujours à portée de main des fiches à remplir au fur et à mesure que l'on avance, pour bien se rappeler de tout !!
Cependant, du fait de la destinée littéraire et culturelle que la marquise de Rambouillet a eue au cours de sa vie, je ne puis m'empêcher de faire le compte de ce que j'ai appris. Nous croisons tout d'abord des personnages que nous avions du mal à situer (Saint Vincent de Paul, qui m'a paru ici beaucoup plus proche que ce que je pensais, Madame de Sévigné qui fait une courte apparition à la fin du roman, Georges et Madeleine de Scudéry...), ou dont nous connaissions les noms sans en savoir plus (Henri de Montmorency, Paul de Gondi, Charles de Montausier...), voire également des événements peu ou pas connus : la rebellion de la Guyenne lors de la Fronde, ou, plus tôt, les guerres avec l'Espagne. Bref, une mine de culture générale sur le 17ème siècle !
Je pense donc que c'est sous cet angle qu'il faut aborder cet ouvrage : un catalogue des personnages-clés du début de ce siècle, avant l'avènement de Louis XIV, et des événements qui ont fait de la France ce qu'elle fut au début du 18ème siècle...

lundi 18 juin 2007

lundi
18
juin 2007

Suite française, d'Irène Némirovsky.

Note préalable: Je n'ai vraiment pas fait exprès de poster cette critique le 18 juin. Je trouve, néanmoins, cette coïncidence amusante!

L'ouvrage:
1940. C'est la débâcle. La guerre a éclaté, les français ont peur d'être envahis, et ne savent plus quoi faire. Ils décident de fuir vers des endroits plus sécurisés. La fuite n'est pas organisée, on se débrouille comme on peut. On fait des rencontres heureuses ou non. Parmi les fuyards, nous découvrons la famille Perricant, l'écrivain Gabriel Cort, Charles, et quelques autres.

Critique:
Certains connaissent peut-être l'histoire de ce roman, et celle de son auteur. C'est une belle et triste histoire. Si vous ne la connaissez pas, elle est relatée dans la préface de l'ouvrage.

Il y a certains livres qui sont si bien écrits, dont l'histoire est si juste, qui montrent que l'écrivain a un regard extrêmement lucide sur sa société, qu'on a peur de les entacher par des critiques. J'ai donc peur que ma critique ne soit pas à la hauteur de cet excellent ouvrage.
Après un tel début, vous comprendrez que je recommande absolument ce roman. Il est composé de deux livres: «Tempête en juin« et «Dolce«.

A travers des exemples pris dans différentes classe sociales, Irène Némirovsky nous présente des hommes qui sont le plus souvent abjects. Dans "Tempête en juin", Gabriel, par exemple, a un caractère méprisable. En temps de guerre, il ne comprend pas qu'il devrait peut-être mettre sa vanité de côté. Tout lui est dû, il ne prend pas la mesure de ce qui se passe, il regarde son nombril.
Au début du roman, madame Perricant se vante,en pensée, d'être une brave femme. Lorsqu'elle est confrontée à la guerre et à ses privations, tout son vernis s'en va, et nous découvrons ce que nous soupçonnions: une femme à l'esprit étriqué, bien contente de sa petite personne, ne pensant qu'à elle.
Bien sûr, en temps de guerre, chacun aura tendance à essayer de se préserver ainsi que les siens. Mais les deux personnes dont je parle ici sont assez représentatives du pire. Et ne parlons pas de Charles!

D'un autre côté, les Michaud s'illutrent par leur intégrité. Ils vivent une rude période, ils sont inquiets pour leur fils, rudoyés par leur employeur. Tout cela les soude davantage. Ils restent justes, ne se transforment pas en rapaces.

Dans le second livre, ("Dolce"), Irène Némirovsky s'emploie à nous montrer la société française aux mains de l'occupant. Là encore, nous avons un éventail de réactions, un échantillon de petites histoires dans la grande. Les allemands sont les bourreaux, donc, on ne les aime pas. Mais certains français trouvent que ceux qui habitent chez eux sont courtois. C'est là que les histoires des personnes décrites par la romancière les font agir d'une manière, leur font ressentir telle chose. Par exemple, Benoît n'aime pas l'officier qui habite chez lui. Il ne l'aime pas parce que c'est un occupant, mais surtout parce qu'il ressemble, par son élégance et sa finesse, à l'homme de qui sa femme, Madeleine, est amoureuse.
Lucile vit une histoire platonique avec l'officier qui occupe sa maison. Mais c'est surtout parce qu'elle n'a jamais reçu d'amour de son mari.
Les sentiments de ces personnes ne sont pas simplifiés. Il faut prendre le contexte, les circonstances en compte. Il n'y a pas de manichéisme. Bien sûr, on déteste l'occupant. Mais certains, à cause de leur histoire, et aussi parce qu'ils réfléchissent, ne peuvent se défendre d'une certaine sympathie à l'égard de quelques allemands.

Je suis très loin d'avoir évoqué tous les exemples dont j'aurais voulu parler, mais ma critique serait trop longue, si je me mettais à développer autre chose. J'espère que ma critique n'est pas trop fade par rapport à ce chef d'oeuvre, écrit par une femme extrêmement clairvoyante. Irène Némirovsky vécut jusqu'en 1942, et elle eut le temps d'analyser sa société en temps de guerre, et d'en décrire les aspects les plus complexes. A mon avis, cette dame est l'un des grands esprits du vingtième siècle.

Je vous conseille la version audio éditée par Livrior, d'abord parce que la lectrice, Valérie Charpinet, interprète très bien le roman, et ensuite, parce qu'on peut y entendre la voix d'Irène Némirovsky. Au début, il y a l'extrait d'une interview d'elle.