Conduite en état Livresque

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Le cours d'un othentique amour est souvent cahotique.
Jim Harrison dans "La route du retour".

lundi 10 janvier 2011

lundi
10
janvier 2011

Vince et Joy: et si le premier amour était le bon?, de Lisa Jewell.

Vince et Joy: et si le premier amour était le bon

L'ouvrage:
2003.
Vince est à une soirée avec des amis. Chacun évoque sa première fois. Lorsque le tour de Vince vient, il explique que sa première fois, c'était avec son premier amour, une fille de son âge pour qui c'était également la première fois. Il raconte à ses amis comment il a rencontré Joy, à dix-neuf ans, et comment, ensuite, les aléas de la vie les ont ballottés.

Critique:
Voilà un roman divertissant qui ne fait pas trop réfléchir. Quelques situations et caractères sont un peu téléphonés, mais dans l'ensemble, on passe un bon moment.
Les personnages de Georges et de Jesse ne sont pas sympathiques, et c'est justement un défaut. Il est facile de les trouver antipathiques. Il aurait été plus intéressant que Vince n'aime pas Jesse tout simplement parce qu'elle n'est pas Joy, comme c'était le cas avec Magda.
Pour Joy, c'est plus compliqué. Au début, elle agit comme avec son tout premier flirt: par dépit et faiblesse. Mais au final, il est trop facile de trouver Georges désagréable.

C'est la même chose pour Allan. Barbara excuse et accepte tout, et Joy finit par le comprendre. S'il est logique qu'Allan se soit senti floué, ce n'était pas une excuse pour agir comme il a fait tout au long de son mariage, avant même la naissance de Joy.
Barbara est mi-sympathique mi-exaspérante. Elle s'étiole, laisse son mari la tyranniser et la rabaisser pour une raison que le lecteur finit par connaître, mais qui n'est pas valable.
Quant aux deux personnages principaux... ils sont peut-être un peu trop gentils, mais ils sont attachants. Vince et Joy sont séparés par des événements, des hasards, des occasions manquées... j'avais peur que le tout soit très gros, mais en fait, Lisa Jewell a su construire son intrigue assez pertinemment. Certains faits sont même drôles: comment ne pas rire lorsque Madeleine fait son petit numéro?

Si des pans de l'intrigue paraissent un peu poussifs, ils sont rattrapés par les personnages sympathiques.
J'ai beaucoup apprécié Bella qui n'a pas la langue dans sa poche, et est assez loufoque.
Cass est excentrique, et elle ne manquera pas de faire rire le lecteur.
Julia est attachante.
Chriss et Kirsty représentent le bonheur tranquille, celui auquel on aspire. On remarquera le contraste entre les vies tumultueuses de Vince et Joy et ce couple.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Annie Lamoise pour l'association Valentin Haüy.

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lundi 1 novembre 2010

lundi
1
novembre 2010

Du train où va la vie, de Joëlle Stagoll.

Du train où va la vie

L'ouvrage:
C'est la guerre. Un train roule vers une ville moins touchée. Dans ce train, se trouvent Blaise et Adeline. Ils ne se connaissent pas, mais vont se rencontrer... à cause des nausées d'Adeline.

Critique:
L'auteur décrit très bien une certaine ambiance, à la fois pesante et feutrée. Elle décrit également très bien la psychologie de ses deux personnages. On ressent leurs craintes, leurs espérances... On comprend leurs désillusions quant à la vie qui les a lentement éconduits.
Elle a rendu Adeline extrêmement timide, voire craintive comme une petite souris. Le lecteur ressent de la compassion pour elle, mais aussi de l'admiration, car elle ne s'apitoie pas sur son sort: elle constate.
Quant à Blaise, il n'est pas aigri, il est plutôt solaire, bien que taciturne. C'est un homme bon qui attire, lui aussi, la sympathie du lecteur.

L'avancée de l'intrigue est intéressante. Les personnages se rencontrent, et la sympathie naturelle qu'ils éprouvent tout de suite l'un pour l'autre ne m'a pas paru clichée. Cela est renforcé par le fait qu'Adeline se souvient d'avoir déjà croisé Blaise.

J'ai trouvé la suite moins réussie parce que trop précipitée. On me dira que c'est ce qui se passe lors d'un coup de foudre. Soit, mais justement, je ne crois pas aux coups de foudre.
On me dira aussi que les deux personnages sont poussés par la peur, l'envie de vivre quelque chose de bien, la découverte soudaine de tout ce qu'ils ont manqué. Soit. Dans ce cas, j'accepterais même l'idée du coup de foudre. Mais je trouve la façon d'agir des personnages un peu surréaliste. Ça ne sonne pas vrai. Ça ne va pas avec ce que l'auteur a décrit d'eux. C'est dommage, parce que ça a gâché ma lecture.
Pour moi, le livre est inégal.

Éditeur: éditions de l'Hèbe.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Tiacoh pour la Bibliothèque Braille Romande.

vendredi 29 octobre 2010

vendredi
29
octobre 2010

Tant que tu es heureuse, d'Alma Brami.

Tant que tu es heureuse

L'ouvrage:
Eva a eu une liaison avec Franck, un homme marié. Il ne lui a jamais rien promis, lui a toujours dit qu'elle passerait en second, et que ça ne durerait pas. Justement, ça n'a pas duré. Franck l'a quittée. Eva souffre.

Critique:
Comme dans «Ils l'ont laissée là», Alma Brami sait trouver les mots qui décrivent la souffrance, le désarroi, le désoeuvrement. Le style est toujours dépouillé: l'auteur dit les choses sans fioritures, sans exagération.
Cependant, le personnage d'Eva n'a pas vraiment su éveiller ma compassion. Si l'auteur évoque sa souffrance avec justesse, certaines choses m'ont déplu. Par exemple, on ne peut s'empêcher, à l'instar de Lyne et de sa mère, de penser qu'elle l'a bien cherché. Elle savait ce qu'elle faisait en s'engageant dans une histoire avec un homme marié, qui, en plus, ne lui promettait rien. C'est plutôt elle qu'on a envie de blâmer pour s'être bâti des châteaux en Espagne. On me dira qu'on a beau savoir certaines choses, on ne peut se défendre d'espérer. Soit, mais Eva ne dit jamais: «Il me l'avait dit. Je le savais. Je souffre, mais c'est autant ma faute que la sienne.»
Et puis, elle est agaçante, à rabrouer ceux qui lui disent que c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Bien sûr, elle n'est pas d'accord, mais elle ne remet jamais en question ses croyances quant à cette histoire. Elle ne se dit jamais, comme le lui fait remarquer sa mère, que Franck aurait fini par la tromper, elle aussi.
D'une manière générale, elle n'accepte pas que son monde change, puisqu'elle a du mal à accepter son père malade.

Si Franck a été honnête sur ce point, il n'est pas appréciable pour autant. Ce n'est pas parce que l'adultère est devenu monnaie courante qu'il est plus acceptable. Franck ne supporte plus la routine? S'il aime sa femme, il n'a qu'à tenter de faire renaître leur histoire, s'il ne l'aime pas, il n'a qu'à la quitter. Je suis toujours très sévère quant à ce genre d'adultères, non par pruderie, mais parce que c'est une mauvaise raison de faire souffrir d'autres personnes.
En outre, les excuses que se trouve Franck sont minables: c'est dans les gènes masculins (Dire que certains le croient vraiment!); après tout, il a bien le droit de faire ce qu'il veut, le pauvre chou, lui qui travaille tant, et assume tant de choses!

Les autres personnages sont trop contradictoires pour être sympathiques.
Lyne et son mari ne font que se disputer, mais oublient ces querelles sitôt commencées.
Isabelle et Justin seraient sympathiques, mais j'ai été gênée par le fait qu'Isabelle ne voie sa vie que par rapport à son mari et à ses enfants. Elle n'a aucun centre d'intérêt en dehors d'eux. Cela fait d'elle un personnage assez vide.
Quant aux parents d'Eva, c'est peut-être eux qui s'en sortent le mieux. Si la mère assène à tout bout de champ qu'elle ne vit que pour son couple, et que d'un autre côté, elle ne parvient pas à communiquer avec son mari et avec sa fille, les parents d'Eva finissent par s'écouter, se parler, et se comprendre.

Aucun personnage ne m'a été sympathique, sauf peut-être le père, Justin, et Jonathan, mais ils ne prennent pas assez de place. Et si je ne m'attache à aucun personnage, j'ai du mal à apprécier pleinement le livre. À la décharge de l'auteur, ses personnages ne sont pas caricaturaux. Ils sont vraisemblables, et on rencontre ce genre de personnes dans la vie. Seulement, on dirait qu'elle a fait un concentré de ce qu'il y a de plus idiot...

En outre, le livre est court, mais il y a des lenteurs.
Ce livre étant moins désespéré, moins pessimiste que «Ils l'ont laissée là», j'aurais dû le préférer. Pourtant, il n'en est rien.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Mercure de France.

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jeudi 9 septembre 2010

jeudi
9
septembre 2010

Les grand-mères, de Doris Lessing.

Les grand-mères

L'ouvrage:
Lil et Rose se connaissent depuis leur tendre enfance. Elles sont inséparables. Elles ont élevé leurs enfants (Tom est celui de Rose, Yann est celui de Lil) ensemble.
Tom et Yann se sont mariés, ont eu des enfants... Les familles sont soudées, du moins, semble-t-il.

Critique:
Décidément, je n'accroche pas aux livres de Doris Lessing. Je n'ai pas pu finir «L'amour encore» parce que je m'ennuyais. Quant à «Les grand-mères», je l'ai fini parce qu'il est court.

Habituellement, je suis friande d'analyses bien menées, de nuances, de descriptions détaillées de la psychologie des personnages, surtout si tout cela finit par me faire accepter des choses qui ne se font pas. Lorsqu'un auteur arrive à cela, je le trouve très fort. Ici, ce n'est pas forcément les relations semi-incestueuses que je désapprouve, mais surtout le fait que Doris Lessing n'a pas créé de personnages assez creusés, ayant des motivations et des circonstances assez atténuantes pour que je finisse par trouver ça presque normal.
Bien sûr, Tom et Yann ont été élevés par les deux femmes, elles étaient très complices, et cela a rejailli sur les garçons. Bien sûr, la première relation a débuté parce que l'un des protagonistes était désespéré... Mais être désespéré ne veut pas forcément dire se soigner en faisant ce genre de choses. Et puis l'autre relation a commencé parce que Tom était jaloux! Ce sont des motifs bien minces.
Ensuite, il est un peu gros que de ces relations débutées un peu par hasard, soit né un amour si total. Dans ce cas, il fallait aller jusqu'au bout, et vivre cet amour jusqu'à la fin. C'est d'ailleurs ce qu'aurait voulu l'un des personnages. Ça aurait été plus sain et constructif que de passer son temps à pleurer sur son sort. Et au moins, personne n'aurait souffert. Je ne vois pas trop pourquoi cet amour semblait si honteux et si mal venu à certains protagonistes. Du moment qu'on ne nuit à personne, on peut faire ce qu'on veut, même si ça paraît anormal. Voilà un bel exemple de gens qui créent de leurs mains le piège qui les engloutira.

L'ambiance est oppressante, justement à cause de ces honteux secrets. Là encore, je n'ai pas été ennuyée par cette ambiance, mais par le fait qu'à mes yeux, elle n'était pas justifiée. Les personnages passent leur temps à se lamenter, on dirait presque qu'ils ne savent faire que ça. On me rétorquera que le livre est court. Bien sûr, mais certains auteurs savent brosser des portraits fouillés en peu de pages. Ce n'est pas vraiment le cas ici.

La fin est sans surprises. Il ne pouvait pas vraiment y avoir d'autre fin... ou alors, Mary n'aurait jamais su, et il aurait fallu que l'auteur trouvât une autre fin.
En outre, on connaît la fin dès le début. L'auteur commence par la fin, puis il y a un retour en arrière. Certains auteurs font cela, et même si je n'aime pas trop cette façon de faire, cela peut être intéressant, car en général, il n'y a qu'une partie de la fin, puis un retour en arrière, puis enfin, la suite de la fin (si je puis m'exprimer ainsi). Ici, il y a bien la suite de la fin, mais on n'apprend pas grand-chose de plus. On apprend le contenu exact de ce qu'a trouvé Mary... D'ailleurs, comment se fait-il qu'elle l'ait trouvé? Si c'était si horrible, s'il fallait taire cela à jamais, les lettres auraient été jetées. Tom voulait donc qu'elle les trouve.

Je ne sais pas si je relirai du Doris lessing. Je sais qu'elle a eu un prix, mais les prix ne m'impressionnent guère, car je sais qu'ils ne sont que des prétextes aux éditeurs pour se renvoyer la balle. Les prix ont même tendance à me faire reculer, car j'ai trouvé certains livres primés ineptes.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Lourizi pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Il est dommage que la lectrice ait prononcé certains prénoms en tentant de faire un accent anglophone.

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jeudi 27 mai 2010

jeudi
27
mai 2010

Mercy, de Jodi Picoult.

Mercy

Note: je n'ai pas trouvé le titre français de ce roman, il n'est peut-être pas sorti en France.

L'ouvrage:
Wheelock, Massachusetts.
Cameron McDonald est le chef de la police. Sa femme, Allie, est fleuriste.
Ce jour-là, un homme va interrompre le cours de la petite vie de Wheelock. Il débarque, et annonce que dans sa voiture, il transporte le cadavre de sa femme, Maggie, et qu'il en est le meurtrier. Il l'a tuée par amour, parce qu'elle le lui a demandé: Maggie souffrait d'un cancer incurable. Cet homme, c'est Jamie McDonald, cousin de Cameron.

C'est ce jour-là qu'Allie embauche Mia qui lui servira d'assistante.

Critique:
Je me doute qu'un auteur ne peut pas toujours écrire des romans de valeur égale. Cependant, je pense que certains, même quand ils sont moins bons, restent acceptables. Par exemple, Serge Brussolo a écrit des romans qui ne m'ont pas plu, mais comme c'est lui, qu'il y a quand même de bonnes idées, ça vaut quelque chose. Je plaçais Jodi Picoult dans la même catégorie d'auteurs. Pourtant, j'ai été extrêmement déçue par ce roman, encore plus que par «Le rideau déchiré».

L'un des thèmes abordés, celui d'un homme tuant par amour, est intéressant, car beaucoup de questions délicates se posent. Ici, il m'a semblé que ce thème était abordé de manière trop superficielle ou bien qu'il était trop dilué, absorbé qu'il était par l'autre partie de l'intrigue sur laquelle je reviendrai plus longuement.
Les questions délicates sont abordées, certes, mais il semble qu'elles le soient très vite. L'auteur se répète, et n'avance pas beaucoup. Ce qu'elle veut prouver, elle le dit assez rapidement, et il y a pas mal de longueurs.
Par ailleurs, pourquoi Jamie et Maggie ont-ils fait toute cette mise en scène? Comme le souligne l'un des personnages, pourquoi Maggie n'a-t-elle pas pris des somnifères? Jamie, bien sûr, lui aurait tenu la main ou quelque chose de ce genre, mais tout cela aurait été moins douloureux physiquement pour eux deux et psychologiquement pour Jamie. Cela aurait été douloureux, bien sûr, mais tant qu'à faire, pourquoi n'ont-ils pas choisi quelque chose de moins spectaculaire? Parce que Maggie voulait que cela se passe ainsi. Pour exiger cela de son mari, il fallait qu'elle l'aime très peu, se soucie peu de lui, et le tienne pour une carpette.

En outre, l'autre partie de l'intrigue m'a fait me demander si je lisais du Jodi Picoult ou du Danielle Steel. Une chose que je n'admettrai jamais, un cliché dans lequel un auteur comme Picoult n'aurait jamais dû tomber, c'est le fameux coup de foudre. Les personnages se connaissent à peine, et ils s'aiment déjà au point de ne pouvoir se passer l'un de l'autre. Oui, enfin, ils ne s'aiment pas tant que ça, puisqu'ils pensent tous les deux que l'être aimé ne serait pas à sa place s'il était transposé durablement dans un autre décor que celui dans lequel il évolue habituellement. Or, quand on s'aime réellement, on se fiche du décor.
Ensuite, à vouloir faire trop de nuances, elle a réussi à nous montrer Cameron comme le cliché de l'homme dans toute sa lâcheté. Il aime Mia, mais bon, le petit confort que lui procure Allie, il ne peut pas s'en passer. Ah, il aime Allie aussi. Oui oui, on y croit: quand Allie se carpettise, elle l'énerve parce qu'elle se carpettise, et quand elle agit autrement, quand elle essaie d'avoir un esprit critique, et n'accourt pas au moindre battement de cil de son mari, elle l'énerve parce qu'il voudrait bien que la carpette revienne. Il y a d'ailleurs une incohérence. Allie aime son mari, et fait tout ce qu'elle peut pour lui. Et à Noël, elle lui offre une guitare parce qu'elle voudrait qu'il lui chante des chansons d'amour. Or, ça n'intéresse pas du tout Cameron. Il se fait d'ailleurs la réflexion lorsqu'il reçoit le cadeau de Mia qui est assez ordinaire, et qu'il voit comme la huitième merveille du monde. Là, le problème vient surtout de l'auteur qui a fait agir le personnage d'Allie d'une manière qui ne cadre pas du tout avec sa façon de faire. Allie telle que nous la connaissons aurait offert un cadeau attentionné.
Pour en revenir à Cameron, il dit qu'il l'aime aussi, mais toute son attitude prouve le contraire. À vouloir trop nuancer, Jodi Picoult n'a réussi qu'à montrer Cameron au mieux comme un benêt qui pense comme ci, puis comme ça la minute d'après, au pire comme un manipulateur.
Je comprends bien qu'il ait eu une vie qu'il n'a pas désiré, mais tout cela ne tenait qu'à lui. Bien sûr, il a été victime d'une certaine pression, mais on a du caractère ou on n'en a pas: on ne satisfait pas ses frustrations en prenant une maîtresse qu'on connaît à peine, et que, si ça se trouve, on n'aime seulement parce qu'elle représente l'ailleurs, et qui, de son côté, vous aime parce que vous représentez la stabilité.

Outre le coup de foudre, ce n'est pas l'adultère en tant que tel qui m'agace, c'est la duplicité de Cameron, et même de Mia. Cameron n'avait qu'à divorcer pour épouser Mia. C'est la solution envisagée par Ellen, d'ailleurs. Solution beaucoup moins malsaine et destructrice que ce qu'il a choisi de faire: être lâche jusqu'au bout, faire souffrir Allie et Mia...
Mia, quant à elle, tente d'avoir un semblant de conscience, mais cela ne dure pas très longtemps. Elle et Cameron disent que c'est tellement douloureux de construire son bonheur sur le malheur des autres... ça ne doit pas être si douloureux que cela puisqu'ils font leur petites affaires sous le nez d'Allie, et profitent de la moindre occasion pour se retrouver, n'hésitant pas à investir le domicile conjugale. Mon écoeurement ne vient pas d'une quelconque pruderie, mais du fait qu'ils blessaient sans remords apparents une personne qui ne leur avait rien fait, qu'ils ne respectaient rien de ce qui touchait à cette personne, et qu'il aurait mieux valu une coupe franche, cela aurait été plus honnête et plus respectueux.

Par ailleurs, Cameron et Mia ne sont pas très creusés. Cameron a eu une vie pleine de frustrations, il a fait les mauvais choix, et le fait payer aux autres. Mia a passé son enfance à voir ses parents s'adorer à tel point qu'ils la délaissaient, elle voyage beaucoup, peut-être pour trouver sa place... À part ça, ces deux personnages ne sont pas très intéressants.

Le personnage d'Allie est assez intéressant, car c'est à la fois un cliché et un personnage nuancé. Le lecteur la plaint, mais la traite aussi d'idiote. On comprend bien qu'elle fasse tout ce qu'elle peut pour que celui qu'elle aime soit bien, mais on se demande comment elle fait pour ne rien voir... Parce qu'elle a confiance en son mari, ce qui est normal. Ensuite, j'avoue que je n'ai pas compris sa décision finale.

Les autres personnages... Jamie est bien sûr intéressant, mais son histoire est cachée voire gâchée par celle de Cameron et Mia.
Ellen semble être un peu plus sensée que certains... dommage qu'elle voie tout à travers le prisme de ses plantes médicinales et de ses herbes. Ça la rend moins crédible.

Autre chose m'a agacée, mais là, je pinaille. Mia a un chat qu'elle emmène partout, et le fameux chat est toujours content d'être là où il est. Cela montre que l'auteur n'a pas pris la peine de se documenter sur les chats. Un chat n'est pas un chien. Un chat déteste voyager, et être ballotté, et changer de coin presque tout le temps. Un chat met au moins vingt-quatre heures à s'adapter à un nouvel environnement, or, le chat de Mia passe du magasin de fleurs à la maison des McDonald à l'hôtel de Wheelock sans problèmes... On me dira qu'un chat habitué à voyager depuis qu'il est tout petit s'adaptera mieux lors de nouveaux voyages, ce qui est sûrement vrai. Mais cela ne peut pas l'être au point que le chat de Mia se comporte comme un chien.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alyssa Bresnahan pour les éditions Recorded Books.

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