Conduite en état Livresque

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Je suis maintenant impersonnel et non plus
Stéphane que tu as connu, mais une aptitude qu'a l'univers spirituel à se voir et à se développer
à travers ce qui fut moi.
Stéphane Mallarmé

lundi 8 octobre 2007

lundi
8
octobre 2007

Une incroyable histoire, de William Irish.

Une incroyable histoire

L'ouvrage:
Buddy est un petit garçon. Il vit dans une toute petite maison avec ses parents. Parfois, il s'évade de ce monde triste, et va, par la pensée, dans des endroits qu'il juge plus beaux, où il se passe plus de choses. Ensuite, il raconte des histoires rocambolesques. Ses parents n'aiment pas trop cela. Ils voudraient bien que Buddy mette un frein à son imagination.

ce soir-là, la chaleur est insupportable. Buddy décide d'aller dormir sur le pallier de l'escalier d'incendie. C'est là qu'il voit quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir.
Le lendemain matin, son père ne le croit pas. A force d'inventer des histoires, il finit par ne plus être crédible.

Critique:
Voilà une nouvelle réussie. La tension monte à mesure que Buddy entre progressivement dans le cauchemar. L'histoire est bien construite, rien n'est laissé au hasard, et le lecteur retrouve son âme d'enfant à suivre ce petit garçon seul contre tous. En effet, les enfants, pour des choses très graves, ne mentent pas, et même si on ne les croit pas, s'accrochent à ce qu'ils savent être la vérité. C'est ce que fait Buddy, et c'est pourquoi il est précipité dans cette descente aux enfers.

Lorsque la police, puis les passants ne le croient pas, le lecteur leur en veut, mais il ne peut pas dire que l'auteur en fait trop, qu'il n'est pas crédible. En effet, le stratagème imaginé par les "méchants" pour que personne ne croie l'enfant est une bonne trouvaille, et on comprend que les gens se laissent abuser.

J'aurais bien aimé que la fin s'étendît un peu plus. Que les parents de Buddy lui fassent des excuses, qu'on sente leur bonheur de l'avoir retrouvé. La fin est bonne, mais j'aurais aimé qu'elle fût un peu plus détaillée, un peu plus longue.

Ayant lu deux romans de William Irish, et ayant été extrêmement déçue par son auto-plagiat, j'ai été agréablement surprise par cette nouvelle. En effet, beaucoup de monde encense William Irish, et je ne pourrai pas dire que c'est un mauvais écrivain, étant donné que je n'ai pas assez lu d'ouvrages de lui par rapport à la quantité qu'il a produite. Néanmoins, je n'ai encore jamais vu quelqu'un faire la remarque qui m'a paru évidente: "Rendez-vous en noir" est une pâle copie de "La mariée était en noir", sauf que dans "Rendez-vous en noir", c'est un homme qui cherche la vengeance, et une femme qui a été tuée. Les rôles sont donc inversés, mais c'est la même histoire en moins bien.
Dans "Une incroyable histoire", on retrouve tout de même un subterfuge déjà employé dans "La mariée était en noir": celui du télégramme venant soi-disant d'un membre de la famille qui est malade.

Malgré cette petite critique, je vous recommande cette nouvelle. Quant à moi, il va falloir que je lise plus d'ouvrages de William Irish (qui en a écrit beaucoup) afin de me forger une opinion plus étayée.

Éditeur: Cyros.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi 18 septembre 2006

lundi
18
septembre 2006

La gauchère, de Leslie Bedos.

La gauchère L'ouvrage:
Ce livre se compose de onze nouvelles. D'une manière générale, ces nouvelles montrent des personnes dans des situations déplaisantes, ou de mal être.

"Les gens sont ridicules" nous montre une femme extrêmement gaffeuse.

Dans "La grille", une enfant se voit privée de regarder par la fenêtre de sa chambre. En effet, ses parents font poser une grille, parce qu'on ne sait jamais, un accident est si vite arrivé... Mais la petite fille en souffre.

Dans "Ça manque de cul", une jeune femme accepte de travailler dans un magazine cochon, parce qu'elle a besoin d'argent. Mais ce n'est absolument pas son truc.

"Ils s'aiment", c'est un couple qui s'aime à sa manière.

Dans "Elle a lâché la barre", une femme se retrouve désoeuvrée, car ses enfants s'en vont en colonie, et son mari est parti.

Dans "Lucienne et Lucien", une femme parle avec attendrissement de ses deux enfants.

Dans "La gauchère", une femme se retrouve dans une situation qu'elle n'a pas voulue, par sa faute. Sans trop savoir pourquoi, elle sympathisent avec deux petites garces. Elle sait qu'elle ne doit pas avoir confiance en elles, mais elle leur donne les clés de sa voiture de location.

Dans "L'amie", une femme parle de sa meilleure amie...

Dans "La petite ville", une femme est jalouse de sa soeur, qui n'est jamais en retard, ne rate jamais le dîner, est belle... Et tout bascule...

Dans "Le stand", une femme réalise son rêve: être vendeuse. Pour une matinée, elle gagne le droit d'avoir un stand.

Dans "L'avance", une femme raconte qu'elle essaie d'écrire un roman, et n'y arrive pas.

Critique:
Je ne vais pas détailler toutes les nouvelles, car ce serait trop long.

D'abord, mon horizon d'attente n'a pas été satisfait. En effet, j'ai lu ce livre en m'attendant à autre chose. Ma bibliothèque l'avait, par erreur, classé à "Romans", et la quatrième de couverture propose un extrait de la première nouvelle, la seule qui soit amusante. Donc, au début, j'ai pensé que c'était un roman humoristique.
Après une petite déception, je me suis tout de même intéressée à ces nouvelles.

Certaines d'entre elles sont plus fortes que d'autres, à mon avis. La première fait partie de celles-là. D'abord, parce que c'est la seule qui fait rire. Bien sûr, on se moque de la pauvre gaffeuse. Mais ensuite, on commence à entrer dans une situation de mal être, lorsque cette femme nous explique qu'elle est seule, que les amis à qui elle téléphone ne la rappellent pas...

La deuxième nouvelle nous plonge totalement dans un sentiment de malaise. La famille décrite ici ne s'aime pas, ne sait pas communiquer... Au lieu de dire à leurs enfants de faire attention à la fenêtre, les parents mettent des grilles. Et ils sont trop préoccupés par eux-mêmes pour voir que cela déstabilise totalement leur fille aînée. Une chose si simple, la fillette ne peut pas en parler, elle ne serait pas écoutée ou comprise... Cette nouvelle est oppressante, d'autant plus qu'il y a une note d'humour grinçant: quand on dit à la petite fille que quelqu'un est mort sur le coup, elle comprend "sur le cou", et jusqu'à la fin de la nouvelle, cela revient.

"La gauchère" fait penser à ce genre de situations où l'on se met, alors qu'on sait que cela va nous être néfaste. Pourquoi l'héroïne de cette nouvelle fait-elle cela? Parce qu'elle en a eu marre d'être seule, elle a sympathisé avec les deux pestes. Et étant pressée par le temps, elle leur donne les clés de sa voiture de location, les chargeant de la rendre. Elle fait une bêtise, en ayant conscience que c'en est une. Mais n'est-ce pas déjà arrivé à chacun de nous? (En moins grave, bien sûr.)

Si la situation de "La gauchère" peut se comprendre, celle de "L'amie" est un peu plus dure à accepter. La meilleure amie dont nous parle l'héroïne est une véritable peste. Et malgré cela, l'héroïne veut rester son amie. Il est vrai qu'il existe des personnes qui ont du charisme, et dont on a envie d'être proche. Mais en amitié, c'est quand même moins difficile de s'éloigner qu'en amour. Quand une personne agit contre l'amitié que lui porte l'autre, l'autre a plutôt le réflexe de s'éloigner, même si ce n'est pas totalement.

Dans "L'avance", l'héroïne nous raconte son malaise grandissant. On l'imagine très bien. Et on ne peut s'empêcher de se demander si cette nouvelle ne serait pas un peu autobiographique.

D'une manière générale, ces nouvelles dépeignent des situations oppressantes. Certaines sont un peu plus légères que d'autres. Je conseille ce livre, qui décrit avec justesse toutes ces situations.

A noter que les personnages principaux sont toujours des personnes de sexe féminin. Parfois, il y a des hommes et des petits garçons, mais ce sont toujours des femmes qui racontent.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-France Javet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 2 janvier 2006

lundi
2
janvier 2006

Le cri du héron, de Marie-Paule Armand.

Le cri du Héron L'ouvrage:
C'est un recueil de six nouvelles.

"Le cri du héron":
Marie vit heureuse entre ses parents, son frère, son oncle, sa tante, et ses cousins. Sa tante Elisabeth est enceinte. Malheureusement, elle perd son enfant, et a beaucoup de mal à s'en remettre. Claude, le frère de Marie, et Michel, le fils d'Elisabeth, décident d'aller chercher un enfant dans les choux (ils sont très jeunes, et croient que c'est là qu'on les trouve) pour lui redonner le sourire. C'est là qu'arrive le drame...

"Les soeurs ennemies":
Henriette est une enfant illégitime. Elle vit avec sa mère qui s'acharne à lui faire sentir qu'elle n'a pas été désirée, qu'elle n'est que source d'ennuis. Elle n'a de réconfort qu'auprès de ses grands-parents, et plus tard de Maurice, l'homme avec qui sa mère se marie. Mais quand sa mère donne naissance à Aurore, tout bascule à nouveau. Aurore est la préférée, et elle en profite. Maurice essaie bien, parfois, de soutenir Henriette, surtout lorsque les injustices sont trop criantes, mais la petite fille est très malheureuse.

"Le journal d'Olivier":
Olivier a dix ans. Il vient d'avoir un cahier pour son anniversaire. Il va y écrire tout ce qui lui arrive, ainsi que ses rêves. Il veut être journaliste. Il a une petite soeur de cinq ans, Coralie. Les deux enfants sont entourés de leur parents et de leur grands-parents. C'est une joyeuse petite famille.
Mais un jour, Christophe, le père d'Olivier, rencontre Martine, et c'est le coup de foudre...

"Une conquête difficile":
Claudine vient de connaître un divorce difficile qui l'a beaucoup éprouvée. Un jour, son corps se rappelle à elle, et se révolte contre le surmenage: elle a un énorme coup de fatigue. C'est ainsi qu'elle rencontre Yves, le médecin qu'elle va consulter, Yves dont la femme est morte quatre ans plus tôt. Au bout de plusieurs rendez-vous, les choses deviennent sérieuses entre Yves et Claudine. Claudine fait donc la connaissance d'Aurélie, la fille d'Yves. La petite fille la rejette immédiatement.

"Un noël sans frontières":
Maurice a connu la guerre de 14-18. Il en est revenu défiguré. Contrairement à ce qu'il pensait, sa fiancée, Rolande, ne s'est pas enfuie en le voyant. Ils se sont mariés, et ont eu un enfant, Michel.
Plus tard, Maurice devra subir les allemands à nouveau, pendant la guerre de 39-45. Il se montrera entier, et ne voudra pas voir que tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Lorsque son fils, Michel, lui annonce qu'il va épouser Ilse, une jeune allemande, il le chasse, rejetant sur elle, qu'il ne connaît pas, la faute de certains allemands.

"La fugue de Sandrine":
La mère de Sandrine est morte quand elle avait quelques mois. N'ayant pas de mère, Sandrine a reporté tout son amour sur son père, Bernard. C'est une gentille petite fille, Sandrine, elle donne sans compter. Lorsque son père commence à fréquenter Laure, elle en souffre, se sentant délaissée. Mais elle ne dit rien. Même chose lorsqu'ils se marient. Lorsque Laure donne naissance à Xavier,puis à Julie, Sandrine se sent totalement abandonnée. En outre, Laure souffrant fréquemment de migraines, elle se repose énormément sur Sandrine, sans bien se rendre compte que c'est encore une enfant.

Critique:
Ces nouvelles sont très plaisantes. Elles nous montrent des situations simples (une enfant qui refuse d'accepter sa belle-mère, une fille qui prend sa soeur comme souffre-douleur, un homme marié qui rencontre une autre femme, etc), et explore les sentiments humains avec justesse. Ces situations, on les voit presque tous les jours, les thèmes pourraient donc sembler rebattus. Pourtant, il n'en n'est rien. Ces nouvelles sont passionnantes et pleines d'espoir. Bien sûr, tout ne peut pas se terminer comme dans ces nouvelles, et on pourrait reprocher à Marie-Paule Armand de ne faire que des fins heureuses. Mais ces fins ne sont pas tirées par les cheveux. Alors, pourquoi pas?

Dans "Le cri du héron", on a envie de croire au miracle accompli par un petit hamster.

Dans "Les soeurs ennemies", il y a certaines lourdeurs, (par exemple, Henriette enfant sait que sa soeur fera tout ce qu'elle peut pour la persécuter, et elle n'essaie pas de cacher certains jouets chez une amie ou ses grands parents, et elle raconte certains pans de sa vie en famille, alors qu'elle sait qu'on ne lui répondra que par du sarcasme et du mépris), mais on est totalement captivé par l'histoire. Aurore est peut-être un peu caricaturale, mais en y réfléchissant bien, ça doit exister, des pestes comme ça.

Dans "Le journal d'Olivier", on pourrait penser que c'est un peu gros. C'est peut-être la nouvelle dont j'ai le moins apprécié la fin... C'est un peu trop facile, de tout oublier, comme ça... Et on pense que le père recommencera.
par contre, l'attitude de Martine nous sort des sentiers battus de la méchante marâtre qui pique sans vergogne un homme à sa femme, un père à ses enfants.
Le petit Olivier est mignon, et ce qu'il fait est émouvant.

Dans "Une conquête difficile", on entre dans les rapports compliqués entre un enfant et sa belle-mère. C'est quelque chose de classique. L'histoire est sympathique...

Dans "Un noël sans frontières", on découvre un homme qui a souffert à cause des allemands, et qui, par conséquent, les met tous dans le même sac. On le comprend, mais on le blâme. Ce qui se passe après sa mort est extrêmement touchant. C'est une belle leçon de tolérance. En effet, beaucoup de gens ont tendance à coller des étiquettes. Il faut toujours rappeler que les allemands ne sont pas tous des nazis, que les orientaux ne sont pas tous comme le personnage de "Jamais sans ma fille", etc. Il faut prendre chaque individu pour ce qu'il est, et pas parce qu'il est du même pays que certains qui ont commis des atrocités. Il y a des fous, des assoiffés de pouvoir partout. Qu'un homme soit bon ou mauvais ne tient pas à sa religion, à sa race, ou à son pays.

Dans "La fugue de Sandrine", on prend en pitié cette adolescente qui souffre en silence, et qui porte presque le poids de la maison sur ses épaules. Le tort de Sandrine est de ne pas communiquer. Elle supporte, elle supporte... un jour, elle craque. Et c'est là que son père et Laure se rendent compte qu'ils ne lui ont pas assez montré qu'ils l'aimaient, et qu'ils lui en ont trop demandé. Cette nouvelle est donc un appel à la communication. Si quelque chose ne va pas, il faut le dire plutôt que d'accumuler, et de craquer plus tard.

En gros, ces nouvelles sonnent très juste, sauf peut-être "Le journal d'Olivier", mais elle est tout de même agréable.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Scaramuzzi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi 28 novembre 2005

lundi
28
novembre 2005

Trajets et itinéraires de l'oubli, de Serge Brussolo.

L'auteur:
Voir le billet sur Serge Brussolo.

Trajets et itinéraires de l'oubli L'ouvrage:
Elsy travaille dans le grand musée de la ville. Son travail est particulier: elle doit faire un inventaire. Mais le musée est si grand qu'on estime qu'un inventaire dure au moins un an.
Georges, son mari, a un projet un peu fou: il visite le musée dans l'espoir de la retrouver, et aussi d'élucider une énigme.

Elsy est heureuse de ce travail austère, qui, de par sa monotonie et la solitude dans laquelle on l'effectue, pourrait plutôt rendre les gens fous. Elsy, elle, y voit une échappatoire. Mais à quoi?... Que fuit-elle?

Critique:
Cette nouvelle n'est pas trop mal. D'abord, il y a tout un monde, tout un décor complètement créé par l'imagination de l'auteur. Il y a ce musée si immense que les visiteurs peuvent y rester plusieurs jours, voire plusieurs mois. Tout est aménagé pour qu'on puisse y faire de longs séjours: chaque pièce est équipée d'une cabine de douche, d'une banquette pour dormir, et d'un distributeur de nourriture. Et si on se perd, on dispos d'un guide électronique qui nous emmène vers la sortie.
En outre, ce musée où un inventaire nécessite des jours et des jours de marche es impressionnant. Cet inventaire est un autre prétexte pour Brussolo, il lui permet de développer son imagination: par exemple, la carte magnétique qui permet de se servir aux distributeurs de nourriture ne fonctionne que si la personne marche au minimum huit heures par jour. En outre, cette carte ne peut être volée, elle ne peut être activée que par son propriétaire, etc.
Il y a un autre moment où Brussolo montre encore une imagination qui intéresse vivement le lecteur. C'est lorsqu'Elsy travaille sur l'énigme du cube.

D'autre part, La trame de la nouvelle est intéressante. Il y a un peu de suspense, lorsqu'on se demande pourquoi Elsy s'empresse d'aller s'abrutir dans ce musée.

Les personnages ne sont pas vraiment attachants, sauf peut-être Georgesÿ Elsy pourrait l'être, mais personnellement, je ne l'aime pas trop. On dirait qu'elle ne sais pas ce qu'elle veut: sa vie ne lui plaît pas, alors, elle fait autre chose, et elle se retrouve coincée. Puis, elle se réfugie dans le musée. Elle m'énerve un peu. En plus, je n'aime pas ce qu'elle finit par faire... Bon, au moins, à la fin, elle sait ce qu'elle veut. Et c'est vrai qu'il y a de quoi devenir dingue, à déambuler dans ce musée, donc, ce qu'elle fait peut s'expliquer.

Après avoir lu "Docteur squelette" et "La meute" qui m'ont extrêmement déçue, cette nouvelle, qui, à mon avis, est plus fournie en idées, m'a fait plaisir.

Note: cette nouvelle peut se trouver seule, ou bien dans le recueil "Aussi lourd que le vent".

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Candil Lopez.

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lundi 15 août 2005

lundi
15
août 2005

L'homme au parapluie et autres nouvelles, de Roald Dahl.

L'homme au parapluie L'auteur:
On connaît surtout Roald Dahl pour ses romans pour la jeunesse, comme "Charlie et la chocolaterie", "Charlie et le grand ascenseur de verre" (qui est la suite, et qui est très drôle), "Le bon gros géant", "James et la grosse pêche", "Sacrées sorcières", etc. Il paraît que ses romans pour adultes sont noirs. N'en n'ayant jamais lu, je ne peut confirmer ou infirmer ce que j'ai entendu.

L'ouvrage:
Ici, nous avons affaire à quatre nouvelles: "L'homme au parapluie", "Monsieur Botibol", "A moi la vengeance, SARL", et "Le maître d'hôtel". Dans la première nouvelle, un homme propose un parapluie très élégant à une femme en échange d'une livre, car il a oublié son portefeuille, et veut se payer un taxi pour rentrer chez lui.
Dans la deuxième, un homme "invente" de merveilleuses symphonies.
Dans la troisième, deux hommes imaginent de gagner de l'argent en vengeant les gens offensés par un journaliste.
Dans la dernière, un homme apprend à découvrir et à apprécier le bon vin grâce à son maître d'hôtel.

Critique:
J'avoue que la deuxième nouvelle m'a un peu ennuyée. Je n'ai pas accroché. Au début, j'ai suivi l'histoire, et ensuite, j'ai décroché. Mais cela ne veut pas dire que la nouvelle n'est pas bonne. Ces nouvelles sont excentriques. Celle-ci l'était peut-être trop pour moi. Le début nous montre un homme qui, lorsqu'il s'allonge et ferme les yeux, s'évade et se retrouve, (en rêve si j'ai bien compris) en train de composer et de jouer de merveilleuses symphonies.

Les trois autres nouvelles m'ont beaucoup plu.
La troisième m'a même plusieurs fois fait éclater de rire. On ne peut pas s'empêcher de réagir comme la personne à qui les deux compères demandent d'imprimer leur cartes de visite. Leur idée est simple: les gens insultés ou compromis par les articles de certains journalistes ne peuvent pas se défendre. Soit ils n'osent pas, soit ils sont trop en vue pour cela. Alors, nos deux compères créent une entreprise qui châtiera ces journalistes pour tous les gens qui ont été calomniés un jour par eux. Ils proposent quatre châtiments, et chaque châtiment a un tarif.
On rit beaucoup, et si on y réfléchit bien, on se dit qu'une telle entreprise aurait du succès. Cette nouvelle est très agréable, très amusante, et bon enfant.

La première est plutôt surprenante. Elle montre un esprit tordu. Sa chute est très étonnante, et on ne peut s'empêcher d'en rire, malgré sa rudesse.

Quant à la dernière nouvelle, elle nous laisse songeurs et nous fait réfléchir sur le pouvoir de l'auto-suggestion, et sur la rouerie de certaines personnes. La chute est également surprenante, et là encore, même si elle est dure, le lecteur l'apprécie. Il est assez content que le prétentieux monsieur qui donne des dîners, et qui assomme ses invités avec son pédantisme, se fasse remettre à sa place de manière plutôt spectaculaire, et devant ses invités, en plus.

Je recommande donc ce petit livre très sympathique et détendant, et qui, en plus, nous fait réfléchir sur le paraître, les apparences, le vraisemblable. Ces nouvelles bousculent les convenances, et le lecteur y prend plaisir. Le livre est à la fois drôle et grave.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par madame Junod pour la Bibliothèque Braille Romande.

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