Conduite en état Livresque

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Et seul le soleil sait
Si ce serpent sourit
Sifflant dans les cyprès
Suivant une souris
Sugar

lundi 8 octobre 2007

lundi
8
octobre 2007

Une incroyable histoire, de William Irish.

L'ouvrage:
Buddy est un petit garçon. Il vit dans une toute petite maison avec ses parents. Parfois, il s'évade de ce monde triste, et va, par la pensée, dans des endroits qu'il juge plus beaux, où il se passe plus de choses. Ensuite, il raconte des histoires rocambolesques. Ses parents n'aiment pas trop cela. Ils voudraient bien que Buddy mette un frein à son imagination.

ce soir-là, la chaleur est insupportable. Buddy décide d'aller dormir sur le pallier de l'escalier d'incendie. C'est là qu'il voit quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir.
Le lendemain matin, son père ne le croit pas. A force d'inventer des histoires, il finit par me plus être crédible.

Critique:
Voilà une nouvelle réussie. La tension monte à mesure que Buddy entre progressivement dans le cauchemar. L'histoire est bien construite, rien n'est laissé au hasard, et le lecteur retrouve son âme d'enfant à suivre ce petit garçon seul contre tous. En effet, les enfants, pour des choses très graves, ne mentent pas, et même si on ne les croit pas, s'accrochent à ce qu'ils savent être la vérité. C'est ce que fait Buddy, et c'est pourquoi il est précipité dans cette descente aux enfers.

Lorsque la police, puis les passants ne le croient pas, le lecteur leur en veut, mais il ne peut pas dire que l'auteur en fait trop, qu'il n'est pas crédible. En effet, le stratagème imaginé par les "méchants" pour que personne ne croie l'enfant est une bonne trouvaille, et on comprend que les gens se laissent abuser.

J'aurais bien aimé que la fin s'étendît un peu plus. Que les parents de Buddy lui fassent des excuses, qu'on sente leur bonheur de l'avoir retrouvé. La fin est bonne, mais j'aurais aimé qu'elle fût un peu plus détaillée, un peu plus longue.

Ayant lu deux romans de William Irish, et ayant été extrêmement déçue par son auto-plagiat, j'ai été agréablement surprise par cette nouvelle. En effet, beaucoup de monde encense William Irish, et je ne pourrai pas dire que c'est un mauvais écrivain, étant donné que je n'ai pas assez lu d'ouvrages de lui par rapport à la quantité qu'il a produite. Néanmoins, je n'ai encore jamais vu quelqu'un faire la remarque qui m'a paru évidente: "Rendez-vous en noir" est une pâle copie de "La mariée était en noir", sauf que dans "Rendez-vous en noir", c'est un homme qui cherche la vengeance, et une femme qui a été tuée. Les rôles sont donc inversés, mais c'est la même histoire en moins bien.
Dans "Une incroyable histoire", on retrouve tout de même un subterfuge déjà employé dans "La mariée était en noir": celui du télégramme venant soi-disant d'un membre de la famille qui est malade.

Malgré cette petite critique, je vous recommande cette nouvelle. Quant à moi, il va falloir que je lise plus d'ouvrages de William Irish (qui en a écrit beaucoup) afin de me forger une opinion plus étayée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

dimanche 30 septembre 2007

dimanche
30
septembre 2007

L'erreur est humaine, de Woody Allen

L'erreur est humaine
Difficile de faire un résumé, tant les nouvelles sont différentes. On passe de l'histoire d'une nounou qui écrit un livre afin de nuire à ses employeurs, à celle de l'enlèvement d'un homme -dont le métier est d'être doublure lumière au cinéma- qui est confondu en Inde avec l'acteur principal du film, sans oublier celle d'un riche père dont la vie bascule lorsque son jeune enfant est refusé dans une des meilleurs maternelles de la ville...
Quelques points communs les lient cependant entre elles : le goût de l'absurde, de la dérision, du cynisme, et des références souvent à la culture juive.
Rien que les titres illustrent le style général décalé : au hasard "La Lévitation divine", "A Vienne que pourra", "Ainsi mangeait Zarathoustra", ou encore "Attention chute de nabab".

Difficile de donner un avis clair, étant assez partagée... D'un côté on sait à quel ton s'attendre quand on ouvre un livre de Woody Allen, mais de l'autre... Moi qui m'attendais à retrouver le burlesque et non sens cynique de ses livres de citation, je ne les touche au final que d'assez loin...
Certes tous les éléments sont là, mais je ne sais pas, le tout a du mal a prendre... Peut-être que trop de non sens tue le non sens, ou tout simplement que je ne suis pas assez "intello" pour apprécier à sa juste valeur le maître, mais bon...
On sent que l'auteur s'est amusé en écrivant ces lignes, mais on a du mal à soi-même faire l'expérience d'un tel plaisir. A moins que, l'ayant lu en français pour une fois, la traduction y soit pour quelque chose (si quelqu'un a la version anglaise, je veux bien son avis:) ?
Bref, certains adoreront peut-être se perdre dans les dédales d'anarchie littéraire du non sens, mais j'avoue être restée sur ma fin...

mercredi 26 septembre 2007

mercredi
26
septembre 2007

La vie secrète du chat qui…, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, LA célébrité de la petite ville de Pickax, possède deux siamois extraordinaires qui l’aident à résoudre les enquêtes qu’il mène. Mais on ne sait pas vraiment comment il les a recueillis ou adoptés. Ici, le journaliste prend la plume pour raconter la façon dont Kao-Ko-K’ung, dit Koko, et Yom-Yom sont entrés dans sa vie. Il relate aussi différentes anecdotes les concernant, et partage avec nous les chroniques qu’il écrit pour un journal local.

Second recueil de nouvelles de l’auteure de la série du chat qui…, une série pour qui aime les chats et les enquêtes policières ! Cette fois, tout est centré sur les chats et leurs facultés extraordinaires, mais laisse aussi place au dialogue que le journaliste entame avec ses lecteurs à travers la chronique hebdomadaire qu’il tient. Cela nous démontre comment un chat peut choisir son maître, ou comment un maître peut apprivoiser une représentante de la gent féline, mais aussi comment ces deux animaux vont à jamais bouleverser la vie un peu trop tranquille de Qwill…
Une nouvelle fois, l’écriture agréable et la brièveté des récits nous permet de prendre contact avec le style de l’auteure, avec les personnages principaux de ses enquêtes, et pourquoi pas d'avoir envie de nous plonger dans d’autres tomes de la série ? D’ailleurs, il me faudrait songer à vous en résumer quelques uns ici… ;-)

mercredi 19 septembre 2007

mercredi
19
septembre 2007

Légendes du comté de Moose, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, le journaliste venu s’installer dans la petite ville de Pickax, dans le comté de Moose, une petite ville à six cents kilomètres au nord de partout, aime résoudre les mystères et énigmes qui se présentent à lui. Mais entre deux enquêtes, il arpente les rues de sa ville en récoltant les histoires des uns et des autres. Histoires de famille, anecdotes historiques… armé de son magnétophone, il écoute et enregistre tout ce que lui racontent les habitants du comté.

Que voici un recueil rafraîchissant ! Nous étions habitués aux enquêtes originales de Qwill et de ses chats, nous voici maintenant devant un très court ensemble de nouvelles originales mais familières (qui n’a jamais écouté les anecdotes de ses (arrières-)grands-parents ?).
On croise ici différents personnages familiers aux lecteurs de Lilian Jackson Brown, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les romans de l’auteure pour comprendre. La lecture nous confrontera à plusieurs légendes ou racontars : pirates, fantômes, contrebandiers, enfants et vieillards… Bref, une façon agréable de prendre conscience du folklore que l’on oublie parfois !

mercredi 13 juin 2007

mercredi
13
juin 2007

Odette Toulemonde et autres histoires, d’Eric-Emmanuel Schmitt

Wanda Winnipeg : Elle est riche, respectée, fréquente la jet-set et mène la vie dorée des privilégiés, toujours la critique à la bouche, experte en mariages intéressés et divorces encore plus juteux, une star des magazines people. Lors d’une sortie entre « amis » sur une plage du Sud de la France, un vieillard fait ressurgir en elle son passé…

C’est beau un jour de pluie : Hélène est une pessimiste maniaque, depuis sa plus tendre enfance. Elle voit toujours le mauvais côté des choses. Elle collectionne les hommes car elle n’est jamais satisfaite de ce qu’ils lui apportent : ce n’est jamais l’homme parfait. Un jour, Antoine, un parfait optimiste qu’elle n’arrive pas à quitter, la demande en mariage.

L’intruse : Odile Versini est seule dans son appartement parisien pendant l’été de la canicule. Plusieurs fois, elle voit une vieille femme qui pénètre dans sin appartement, à chaque fois des objets sont déplacés. Mais la police qu’elle appelle au secours ne trouve jamais personne, malgré de minutieuses fouilles…

Le faux : Quelque chose s’est brisée en Aimée Favard le jour où Georges, son patron et amant depuis vingt-cinq ans, lui annonce que sa femme et lui vont finir leurs jours dans le Sud de la France. De ce jour, elle décide de se montrer intraitable, inflexible avec les hommes, mais surtout misanthrope. Un jour, la concierge de l’immeuble lui demande d’accepter de louer une chambre d’ami à des étudiantes de l’université voisine.

Tout pour être heureuse : Isabelle a tout pour être heureuse : une richesse personnelle, un mari aimant et attentionné, des amies aussi superficielles qu’elle, pas d’enfants, mais elle ne souhaite pas en avoir. Elle cache un lourd secret, mais personne n’en a connaissance. Sur les conseils d’une amie, elle va dans un tout nouvel espace beauté, mais une manucure semble la reconnaître, alors qu’elle ne l’a jamais vue…

La princesse aux pieds nus : Fabio est acteur, il a connu son heure de gloire voici dix-sept ans, dans un feuilleton où il tenait le premier rôle. La gloire passée, il s’est engagé dans une petite troupe d’amateur qui tourne dans tout l’Italie. Il revient dans un village de Sicile, où il se souvient avoir vécu l’une des plus belles nuits de sa vie, en compagnie d’une jeune femme qui se promenait pieds nus, et rêve de la retrouver…

Odette Toulemonde : Balthazar Balsan a tout pour lui, richesse, succès, belle femme, un fils. Il est écrivain à succès. Un jour, un critique descend son dernier roman, et il sombre dans la dépression. Odette Toulemonde est veuve, c’est une petite vendeuse belge qui s’évade grâce aux romans de ce dernier, qu’elle adore. La lettre qu’elle lui écrit donne à Balsan l’idée de venir chez elle prendre « des cours de bonheur ».

Le plus beau livre du monde : Russie, années 50. Dans un goulag de Sibérie, une poignée de jeunes femmes est réunie dans un camp d’opposantes au régime de Staline. Un jour, une nouvelle venue apporte un espoir : ses cheveux pourraient bien cacher ce que toutes ces femmes attendent depuis si longtemps…

Voici un recueil qui est bien agréable à lire, bien que rapide. On y prend une dose de bonne humeur et d’optimiste, beaucoup d’émotion aussi, à travers ces portraits de huit femmes, huit histoires d’amour, huit bulles de tendresse.
Chaque femme cache un secret, que l’auteur nous dévoile petit à petit, sans trop nous en dire, pour nous laisser dans le flou le plus longtemps possible. Il nous arrive de nous douter rapidement de ce dont il s’agit (par exemple dans L’intruse, j’ai très rapidement deviné de ce dont il retournait), mais la façon très délicate de traiter chaque portrait apporte une touche différente de la vision que nous avons d’habitude de ces secrets.
Souvent pendant ma lecture, une boule de chagrin s’est logée dans ma loge (la première pour C’est beau un jour de pluie), même si souvent aussi le sourire me venait aux lèvres, car l’auteur aime finir ces nouvelles par une pirouette inattendue, non pas vraiment comique, mais d’une grande tendresse.
La nouvelle-titre de ce recueil est née d’une démarche inhabituelle, d’après ce que nous dit l’auteur dans son appendice : il avait écrit un film, Odette Toulemonde, et était en train de le réaliser, quand il a eu envie, en grande partie parce qu’on lui demandait de ne plus écrire le temps de s’occuper de son film, de reprendre la plume, à la sauvette, et de faire de son scénario une nouvelle. Le film est sorti peu après ce recueil, avant Noël, avec Catherine Frot dans le rôle-titre, et Albert Dupontel dans celui de l’écrivain Balsan. Je n’ai pas vu le film, mais j’ai entendu des avis divergents à son sujet : dégoulinant de bons sentiments pour les uns, véritable bulle de bonheur pour les autres. Je pense que ce recueil de nouvelles est à l’image du film, et des réactions que les spectateurs ont eues : certains aimeront, d’autres le trouveront mièvre. Je fais partie de la première catégorie, et je ne m’en cache pas !
Cette nouvelle n’est pas à mon sens la plus réussie de ce recueil, et il est peut-être dommage que l’auteur l’ait érigée en titre de l’ensemble (probablement pour profiter de l’effet et du succès éventuel du film), mais cela relève de son choix, et nous ne pouvons le discuter.

Je vous espère autant de plaisir qu’à moi lorsque vous lirez ce livre, puisse-t-il chasser les mauvais nuages qui s’accumulent parfois au-dessus de nos têtes…