Conduite en état Livresque

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Je penche mon visage dans l'eau pour baigner mes yeux encore et encore. Quand je le relève, je porte un léger masque de mer, un fragile masque de fraîcheur, que l'air, à petits coups, cherche à m'enlever.
Marie-France Pisier dans "Le bal du gouverneur".

mercredi 20 septembre 2006

mercredi
20
septembre 2006

Nuits blanches à Manhattan, de Robyn Sisman

Nuits blanches à Manhattan

Suzy Wilding et Lloyd Rockwell travaillent pour la Schneider Fox, une célèbre agence de publicité. Mais ils ne se connaissent pas : l'une vit à Londres, l'autre à New York, et ils ne connaissent même pas l'existence de l'autre. Jusqu'au jour où, dans le cadre d'un échange entre les deux branches de l'agence, on leur propose d'aller pendant un mois vivre la vie de l'autre, dans sa ville, sa société, et même son appartement. Suzy se retrouve donc parachutée à New York, et Lloyd débarque à Londres avec sa petite amie, qui a tenu à l'accompagner. Les quatre semaines s'annoncent enrichissantes, Suzy s'éclate dans la grosse pomme, elle est chouchoutée par l'assistante de Lloyd, qui lui trouve même un petit ami riche et célèbre dans le monde de la jet-set (il est "RP", vous vous souvenez de ce que c'est ?), alors que Lloyd devient ami avec le gérant australien de la branche londonienne et savoure chaque instant de la vie anglaise, qu'il trouve délicieusement surannée et pleine de charme.
Jusqu'au jour où tout s'écroule : il se retrouve accusé d'avoir saboté le plus gros contrat de l'agence, licencié, et interdit de relation avec quiconque de ses anciens collègues. Commence alors une enquête menée par coup de fils inter-atlantiques interposés, Lloyd profitant de la présence de Suzy à son poste pour rechercher qui a pu monter ce coup contre lui. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises...

Encore un livre de vacances, mais celui-ci, il est bien. On suit avec beaucoup de plaisir les tentatives de Lloyd pour retrouver son job, on apprécie les efforts de Suzy pour l'aider et lui remonter le moral, même si ce qu'elle découvre ne lui fait pas particulièrement plaisir car elle se trouve être en quelque sorte le dindon de la farce new-yorkaise. Mais tous deux en ressortent grandis, et l'expérience leur est extrêment profitable. On rit aussi beaucoup de voir les préjugés que chacun tient sur la civilisation de l'autre, et le fait qu'ils puissent vivre la vie de l'autre permet d'illustrer, confirmer ou infirmer ces idées préconçues, ce qui est assez drôle. On plaint encore la fiancée de Lloyd, qui ne se fait absolument pas à cette vie, mais cette présence nous jette dans un certain malaise : on se demande comment Lloyd et Suzy finiront ensemble (ça correspondrait tout à fait au schéma habituel de ce genre d'histoire, n'est-ce pas ?), alors que Lloyd semble tellement attaché à son américaine...
La narration est assez agréable, l'auteure passe du point de vue de Suzy à celui de Lloyd, et on apprend beaucoup sur la façon de voir l'autre. L'idée de transférer l'un dans la vie de l'autre est très séduisante, et malgré le fait qu'on l'a déjà souvent vu, on se plaît à redécouvrir cet artifice, et à voir comment l'auteure s'en tire (et elle s'en tire très bien, à mon avis !). Ceci dit (car il y a un mais !), on est assez déçu, et le début peut paraître très long, car la quat' de couv' (édition Pocket) nous indique qu'à peine débarqué, Lloyd découvre qu'il est tombé dans un coup monté, et Suzy rencontre une assistante à la dentition de requin, alors qu'il se passe environs trois semaines avant que ce noeud se mette en place ! Du coup, si on s'est basé sur cet résumé, on se demande quand va arriver la découverte du complot, car on voit le temps passer sans que rien ne se profile. Mais si on oublie ce résumé, on se prend très bien à la lecture, et tout va très bien ! Alors oubliez-le, ce résumé, et laissez-vous emporter par la narration... La vague vous emportera, et vous apprécierez mieux la lecture !!

mercredi 6 septembre 2006

mercredi
6
septembre 2006

Des vacances inoubliables, de Madeleine Wickham

Des vacances inoubliables

Chloe et Philip sont un couple anglais sans histoires, parents de deux jeunes garçons, Sam, seize ans, le fils que Chloe a eu alors qu’elle n’avait que vingt ans, et Nat, huit ans, qui suit tout ce que fait son grand frère. Elle est couturière, il est banquier, ils traversent une passe très difficile, et saisissent comme une aubaine l’offre d’un amie de Chloe, Gérard, qui leur propose de profiter de sa maison andalouse pendant une semaine complète.
Amanda et Hugh sont tout à l’opposé de Chloe et Philip. Hugh est l’homme qui fait et défait des entreprises et définit la stratégie commerciale de sa boîte, Amanda, sophistiquée jusqu’au bout des ongles, s’occupe à plein temps de leurs deux filles, Octavia et Beatrice, deux fillettes qui n’ont pas six ans. Alors qu’il a retrouvé par hasard un ancien camarade de collège, Hugh se voit proposer, au cours d’un déjeuner de retrouvailles, une semaine de vacances dans une grande propriété située en Andalousie. Ni une, ni deux : Amanda engage une baby-sitter pour s’occuper des filles, pendant que Hugh et elle-même prendront des vacances bien méritées, et elle en profite pour faire entreprendre de grands travaux de décoration dans leur maison de Londres.
Aucun des deux couples ne s’attends à devoir cohabiter pendant une semaine avec des étrangers et leurs enfants (et une baby-sitter fantasque, qui compte autant de piercing que de tatouages). D’autant plus qu’apparemment, Hugh et Chloe ne semblent pas si étrangers l’un à l’autre que cela…

Un quiproquo initial, des personnages opposés mis en cohabitation, des adolescents et de jeunes enfants, une baby-sitter au sens de l’humour particulier… Tout est mis en place pour une comédie classique, qui promet de bien nous amuser. Et en effet, l’auteure y parvient très bien, faisant réagir les personnages comme on s’y attend, ajoutant un soupçon d’érotisme pour saler l’ensemble, révélant petit à petit des secrets qui rongent bien des cœurs et des mémoires, et permettant aux adultes de découvrir la vérité par la bouche d’enfants qui sont, d’après leurs parents, totalement innocents et ignorants des problèmes familiaux.
Mais l’intrigue met du temps à se dérouler, cela ne va pas sans mal, et même si l’on soupçonne le véritable motif de la mise en présence de ces deux couples apparemment opposés, l’auteure prend plaisir à nous faire languir et à attendre la presque fin du roman pour nous le révéler, ainsi qu’aux personnages. Et cela marche très bien : nous sourions de voir les situations explosives, les fraternisations inattendues, les catastrophes, les réconciliations, les rencontres, les commentaires et interventions de la baby-sitter (souvent ponctués par son irritant « Je plaisante ! »), et également du dénouement final, de la façon dont se déroulent les choses, et de la leçon qui sera finalement assenée au petit plaisantin qui a voulu faire de ces vacances de rêve un séjour de cauchemars…
Le roman se lit vite, le style est très agréable, et on se laisse facilement prendre par les péripéties, même si elles ne sont pas toujours inattendues. On attend impatiemment la fin pour savoir comment tout cela va se résoudre. On ne peut qu’admirer aussi les décisions prises par les uns et les autres, ou du moins leur façon de voir le bonheur, et de prendre la vie comme elle vient, voire même de se remettre en question, et prendre leurs vies sur de nouvelles bases. En bref, un roman sympathique, à lire sur la plage pendant des vacances tout ce qu’il y a de plus ordinaires ! (-.^)

mercredi 2 août 2006

mercredi
2
août 2006

Le journal d'Elsa Linux

Elsa Linux

Elsa Linux est parisienne, célibataire, bosse dans une agence de communication, et a une sexualité débridée. Elle collectionne les amants et les expériences, et est connue pour cela. Malgré tout, elle cherche le Grand Amour. Dans deux semaines, elle a trente ans, et commence déjà à angoisser pour tout, le grand âge, la ménopause, les enfants, ce qu'elle va devenir...
Elle est entourée de trois bonnes copines, Sacha, Ludivine et Laura, toutes plus cinglées les unes que les autres, mais qui lui remontent le moral comme elles peuvent. Elle côtoie également une pléiade de personnages, sa masseuse-esthéticienne, sa prof de gym (et son mari), son patron, un milliardaire, ses collègues, les ami(e)s de ses amies, sa soeur et son mari obsédé, les amis de ses parents...
Au milieu de tout le chambard qu'est sa vie, elle est déterminée à fêter comme il se doit la trentaine, et à organiser une énorme fête sur une péniche, une fête dont on se souviendra longtemps...

Une *amie* m'a offert ce livre en me disant : "Ne t'inquiète pas, le résumé peut laisser présumer que ce roman est autre chose que ce qu'il est"... Ceci dit, un peu choquant : le livre est chaudement recommandé par la Musardine (célèbre maison d'édition de livres réservés à un certain lectorat, masculin en général), le résumé au dos nous donne des échos très élogieux mais aussi très équivoques parus dans la presse, et un aperçu des aventures de cette célibataire nymphomane.
Par curiosité, et parce que cette *amie* me l'a vraiment recommandé, je me suis lancée dans la lecture, et je l'ai lu en très peu de temps (deux jours), un peu étonnée de ce que j'y ai trouvé.
En fait, malgré quelques passages pas vraiment crus, mais plutôt explicites quand même, et qui n'étaient pas nécessaires à la compréhension de l'histoire, le reste va à peu près. On suit assez bien Elsa dans ses tribulations à travers la capitale, on rit de certaines de ses aventures (la traversée de Paris à 23h dans le métro, par exemple). On rit également des copines d'Elsa, notamment Laura, l'ingénue qui ne rêve que de bébés, mais ne sait pas comment les fabriquer, ou Ludivine, qui s'empiffre pour combler ses manques d'affection. Sacha est plus mesquine, personnellement je trouve qu'elle n'était pas nécessaire.
Le tout est rédigé dans un style parodiant ouvertement Bridget Jones, et c'est assez réussi, à mon avis. Evidemment, l'intrigue est tout à fait différente, on peut retrouver quelques éléments par-ci par-là, en cherchant bien, mais sans plus.
Ceci dit, je ne conseille pas cette lecture, non que j'aie été effarée de ce que j'y ai trouvé (je ne suis pas si coincée tout de même), mais justement parce que cela ne me semblait pas essentiel pour l'intrigue générale, et que ça ne correspondait pas vraiment à l'idée que je m'en étais faite d'après l'enthousiasme de l'*amie* qui me l'a offert...

NB : *amie*, car je la considère plus comme une camarade de classe qu'une amie. Mais nous avons été très proches pendant les deux années de fac communes, puis quand j'ai redoublé nous nous sommes moins vues, et nous nous sommes retrouvée vraiment cette année, mais ce n'était plus du tout pareil...
Comment ça je vous raconte ma vie ? :P

mercredi 26 juillet 2006

mercredi
26
juillet 2006

4 amis à Manhattan, de Melissa Senate

Quatre amis à Manhattan

Lucy, mère d'une adolescente et mariée depuis treize ans à un obstétricien de renom, bosse dur dans une maison d'édition spécialisée dans les "livres-minute". Un jour elle découvre que son mari est devenu fou et souhaite la quitter ; elle se lance à corps perdu dans le boulot et dans un relooking pour tenter de rendre un sens à sa vie et de garder son mari.
Miranda est la petite soeur de Lucy, elle bosse dans la même maison que cette dernière. Pour elle, l'amour est vital, mais elle perd très vite tous les petits amis qu'elle a, sans comprendre pourquoi. Elle décide alors de se reprendre en main et d'oublier le dernier en date, Gabriel, en se lançant dans le marathon des petites annonces et rencontres arrangées.
Christopher est un collègue, mais surtout un concurrent, de Lucy ; ils bossent au même endroit, au même grade, et se battent pour la même promotion. Il est père d'une ravissante petite fille, Ava, mais sa femme l'a récemment quitté pour un autre homme, plus riche, et il ne voit sa fille qu'un week-end par mois. Pour lui, l'important est de tenter de faire le meilleur père possible, il cherche pour cela une aide auprès des autres mères du quartier, et surtout de sa voisine de palier, belle à tomber et manifestement amoureuse de lui, bien qu'il ne l'aime que bien.
Roxy habite à Brooklyn, et va se marier avec celui qui est son petit copain depuis le primaire, Robbie Roberts junior. Le problème, c'est qu'elle ne se sent pas faite pour le mariage, ou plutôt par la vision qui se profile de ce que sera ce mariage, mais n'a le courage de le dire au monde que le jour J, jour où elle s'enfuit des mains de sa mère et de sa tante en pleins préparatifs pour prendre le métro, arborant toujours son voile et son maquillage de mariée, et se rendre à Manhattan. La première personne qu'elle y rencontre, Lucy, la fait embaucher dans leur agence d'édition, lui trouve un appart' en coloc' avec Miranda, et se lie d'amitié avec elle. La nouvelle vie de Roxy commence bien, elle trouve en Miranda une épaule sur laquelle pleurer et retrouver des forces, et ensemble elles se lancent dans la publication de petites annonces.
Un jour, le patron de la maison d'édition réunit ces quatre blessés de l'amour pour les mettre sur un même coup de "livre-minute", en temps que spécialistes du sujet, malgré leurs déboires conjugaux et amoureux. Alors se tissent entre eux des liens qu'ils n'auraient pas imaginé trois mois auparavant, et leurs vies prennent un nouveau tournant...

Franchement, je n'ai pas été emballée par ce livre. Les personnages sont sympathiques, certes, et on s'attache à certains aspects de leur personnalité. Mais l'auteure a trouvé nécessaire de faire raconter l'intrigue par chaque personnage à tour de rôle, l'un après l'autre. Chaque chapitre est intitulé du nom du narrateur (quatre chapitre chacun), toujours dans le même ordre, et ils racontent ce qu'ils vivent, de leur point de vue. Je trouve en général ce procédé intéressant, mais c'est assez chaotique, le temps semble totalement occulté, on n'a pas de vrai repère chronologique. Des histoires secondaires sont évoquées, et aussitôt abandonnées pour ne pas être reprises plus tard. Et même à la fin, on reste beaucoup sur sa faim, justement : on aurait envie de savoir ce que devient chacun des personnages, mais c'est juste effleuré, on n'en sait pas grand-chose, on ne peut que deviner d'après la tournure que prennent les événements. On a l'impression que l'auteure était pressée par le temps, et qu'elle a bâclé la fin du roman.
Cependant, comme je le disais, on s'attache à certains personnages, et certaines situations sont assez drôles. On apprécie plus particulièrement Christopher et ses efforts pour être un bon père célibataire, on compatis avec lui quand sa femme l'engueule alors qu'il fait de son mieux. On aime également Roxy et sa fraîcheur, parfois même sa naïveté. On comprend les efforts de Lucy, mais on ne peut que se dire qu'elle a tort d'essayer de retenir un salaud pareil. On voit aussi les efforts d'Amelia, la fille de Lucy, pour réunir ses parents, et sa détresse quand elle comprend que son père ne reviendra pas. Et Miranda devient pathétique à force de désirer le retour de Gabriel, mais elle reste sympathique par sa détermination à tourner la page... On peut en dire encore beaucoup comme cela !
Dans l'ensemble, je n'ai pas apprécié cette lecture, je ne vous la conseille donc pas. Je pense que ça m'apprendra à acheter des Harlequin, alors que je m'étais juré d'arrêter !!!! Bon, et cette fois, c'est promis, j'arrête... :P

mercredi 19 juillet 2006

mercredi
19
juillet 2006

Miss Bubbles vole la vedette, de Melanie Murray

Miss Bubbles

La vie à Broadway fait rêver bien des femmes, et Stella n'est pas la dernière à y tenter sa chance. Elle n'arrive pas à percer, à son grand désespoir, mais voit les vies des autres se dérouler heureusement sans elle : Steve, son coloc' et meilleur ami, gay comme de juste, qui décroche un rôle dans un sitcom à la mode, Christian, son voisin du dessus et étudiant horripilant de par ses petites manies à heures fixes, Michaela qui, serveuse dans un bar, est devenue sa meilleure amie et lui permet de manger à l'oeil, et qui s'apprête à se marier avec un immigré clandestin en situation irrégulière, Rod, le patron de cette dernière, qui demande à Stella soit de bosser, soit de sortir avec lui, pour pouvoir continuer à bénéficier de la bouffe gratos, et surtout, le comble, Miss Bubbles, son chat, qui lui fait avoir la plus grande honte de sa vie : elle se fait embaucher dans la dernière production d'un couple de producteurs de music-hall ultra-célèbre, à cause de sa capacité à savoir siffler ! Et pour en rajouter une couche, Miss Bubbles va jouer avec l'acteur le plus sexy de sa génération, Jasper Hodge, avec qui Stella a une aventure...
Heureusement, quand tout va mal, Stella a une manie qui lui permet de se défouler : elle se met devant ses fourneaux, et cuisine à tour de bras douceurs et pâtisseries, dont elle fait bénéficier tout le quartier quand sa production devient trop énorme pour être écoulée par ses amis...

Et voilà, je m'étais promis de ne plus acheter ni lire d'Harlequin, mais ça m'a reprise : la période des oraux n'est pas bonne pour moi !! Mais bon, au moins je me suis perdue dans cette littérature, et j'ai pensé à autre chose...
Bref, voici un nouveau roman, digne des précédents lus dans la collection : téléphoné, sans beaucoup de surprise, mais pour lequel on s'enthousiasme rapidement... Vraiment, il n'y a pas de surprise, je savais longtemps avant la fin comme cela se finirait (sauf pour le chat), mais bon, je me suis tout de même laissé prendre à la lecture, et il y a des passages tout de même assez drôle : les conversations avec Michaela, totalement à côté de la plaque, les coups de fil de la mère (qui n'est pas sans rappeler la mère de Becky, l'accro du shopping) qui vit son rêve par procuration à travers sa fille, quelques auditions, la description du monde du théâtre musical... Bref, je me suis bien amusée ! Et pour faire mieux, j'aurais dû me mettre en musique de fond des extraits de spectacles musicaux de Broadway, j'en ai pléthore à la maison...
Bon, je n'ai pas grand-chose à dire de plus, si ce n'est qu'au soleil, sur la plage, avec de la crème solaire tartinée partout, des lunettes de soleil sur le nez et un grand chapeau sur la tête, on doit passer un bon moment pendant l'été ! Mais ne vous attendez pas au chef-d'oeuvre...