Conduite en état Livresque

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Le cours d'un othentique amour est souvent cahotique.
Jim Harrison dans "La route du retour".

lundi 7 mai 2007

lundi
7
mai 2007

Mehdi met du rouge à lèvres, de David Dumortier.

Medhi met du rouge à lèvres L'ouvrage:
Mehdi est un petit garçon.
Il met du rouge à lèvres pour que ses bises restent plus longtemps sur les gens à qui il les fait.
Il aime la couleur rose.
Il emmène une barbie à l'école, et l'habille bien pour qu'elle puisse trouver un copain.
Il rêve de porter beaucoup de colliers.

Critique:
Mehdi est un petit garçon pas comme les autres. Ses idées amusantes apportent de la fantaisie dans la vie de ses amis. Il affiche sans complexes sa préférence pour des poupées, des couleurs dites pour filles. Pourquoi devrait-il faire comme tout le monde, du moment qu'il n'embête personne? Certains se moquent de lui. D'autres l'emmènent voir un psychologue. A ces moqueries, à cette intolérance, à ce refus de l'accepter, Mehdi répond par des traits d'humour. Par exemple, lorsque les garçons lui disent d'aller se changer dans les vestiaires des filles, à la piscine, il pense que puisqu'il n'est pas considéré comme un garçon, et qu'il n'est pas une fille, il pourrait peut-être se baigner tout nu.

Ce livre est tout petit: 43 pages. C'est un ouvrage pour la jeunesse. Par de jolies illustrations, et un texte à la fois amusant et poétique, il essaie de montrer ce qu'est la tolérance, l'acceptation de l'autre. Si les enfants sont cruels, les adultes font preuve de fermeture d'esprit. Par exemple, on emmène Mehdi chez le psychologue. Pourtant, celui-ci n'est pas mal dans sa peau. Sa différence se voit beaucoup, et cela en gêne certains.
Ce livre est pour la jeunesse, mais il peut être lu à n'importe quel âge. Il donne une petite leçon de tolérance que certains adultes n'ont toujours pas comprise. L'auteur exagère peut-être un peu, mais je pense que c'est fait exprès.

Je ne savais pas trop dans quelle catégorie mettre ce livre. Il est comme son héros: on ne peut pas le ranger dans une catégorie, lui coller une étiquette. J'ai choisi la catégorie "humour", car beaucoup de répliques et de situations sont amusantes, même si le livre ne se résume pas à cela.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

mercredi 11 avril 2007

mercredi
11
avril 2007

Le Petit Nicolas, Ségolène, et les copains, de Gospé et Sempinny

Le Petit Nicolas, Ségolène et les copains

Présentation de l'éditeur
" Ils ne s'appelaient alors que Nicolas et Ségolène, Laurent et Jack, Jean-Marie et Philippe, François et José, Olivier, Lionel ou Dominique. Avant d'être grands et de vouloir tous devenir président de la République, ils ont connu les culottes courtes et les bobos sur les genoux. Ils s'invitaient à des anniversaires, ils apprenaient sagement leurs récitations, ils se tenaient bien quand venait l'inspecteur d'Académie. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils étaient dans la même classe. Avec la maîtresse, le directeur et le Bouillon aussi. "

Que voilà un savoureux pastiche, que je conseille à tous en cette période électorale ! Pour qui aime le Petit Nicolas et ses copains, nous retrouvons ici tout à fait la langue utilisée par Goscinny dans ses ouvrages. Pour ceux qui aiment les dessins de Sempé, ceux-ci sont dans le même esprit, mais nous reconnaissons très bien les caricatures de ces personnages qui hantent nos télévisions en ce moment. Ceci dit, il est assez drôle de voir ces personnages politiques représentés enfants, et l'on voit que certains ont (physiquement !) changé, d'autres non... J'en veux pour preuve Laurent, qui a plein de cheveux sur le crâne, ou José, déjà la pipe (à bulles) à la bouche, mais pas encore ses fameuses moustaches !!!
Le narrateur ne nous est pas nommé, il a la position de l'électeur-spectateur de la vie politique française, mais les événements dont il est témoin dans la cour de l'école nous font très souvent sourire : tous les garçons sont amoureux de Ségolène, la seule fille de la classe ; Dominique, il parle toujours avec des mots compliqués qu'on ne comprend pas ; Raffarin, c'est le gentil que tout le monde aime, parce qu'il ne veut pas être le premier de la classe ; au fond de la classe, les cancres, ce sont Philippe et Jean-Marie, qui font toujours que copier l'un sur l'autre ; il y a Lionel aussi, le grand qui a redoublé l'année dernière, qui est parti avec son papa sur une île très loin, mais qui revient en cours d'année ; Jack, il a toujours de chouettes costumes, et dans sa maison, on dirait "le musée des arts qui sont premiers de la classe"...
Bref, vous l'aurez compris, ce sont les mêmes ou presque, mais en plus petits !!!! Vraiment, je ne peux que vous conseiller ce petit livre, très vite lu et très amusant... dans lequel on ne trouve aucun parti pris, ce qui est très agréable ! Et puis, à la fin, nous assistons à la remise des prix, et là on n'attend qu'une chose : qui aura le prix d'excellence ? ...

lundi 12 mars 2007

lundi
12
mars 2007

C'est fou ce qu'on voit de choses dans la vie, de Nicole de Buron.

C'est fou ce qu'on voit de choses dans la vie L'ouvrage:
La romancière nous raconte ici ses débuts dans la vie.
Sa mère ne voulait pas se marier. Le mariage était arrangé. Pour la tranquilliser, son père lui promit qu'il ferait annuler le mariage, à condition que le couple n'eût pas de rapports sexuels. L'argument pourra être la non consommation du mariage. Malheureusement, un soir de fête, le couple but plus que de raison, et c'est ainsi que Victoire, (plus tard, Nicole), fut conçue.

Elle fut d'abord élevée par ses grands-parents maternels. Ensuite, elle passa plusieurs années chez sa mère, puis elle fit plusieurs petits boulots...

Critique:
Nicole de Buron se nomme franchement, dans cet ouvrage. En général, dans ses romans, on ne sais pas si ce qu'elle nous raconte est inspiré de sa propre vie ou si elle l'invente totalement. Dans "Mon coeur, tu penses à quoi? A rien.", l'héroïne évoque tout de même son nom comme étant de Buron, tout comme le nom de la romancière.

Au détour de ce récit, Nicole de Buron raconte des anecdotes qu'elle a déjà racontées dans d'autres ouvrages. Par exemple, l'histoire des épinards a été racontée dans "Docteur, puis-je vous voir... avant 6 mois?". C'est un peu dommage, car en faisant cela, elle fait du remplissage.

A part cet inconvénient, le livre est assez réussi. Nicole de Buron arrive à nous raconter certains événements durs en restant drôle. Par exemple, à un moment, la naïve jeune fille de vingt-trois ans va demander une augmentation à son patron. Celui-ci refuse et la prend de haut, bien qu'il le lui avait promis deux ans plus tôt. Le lecteur partage la colère de l'héroïne, mais il ne peut s'empêcher de rire, grâce à la façon de raconter de celle-ci.

Il y a une scène que j'ai trouvée hilarante. C'est celle où Nicole, Alexandre, et les parents de ce dernier sont chez le notair pour convenir des modalités du contrat de mariage. Soudain, Sébastien-Marie débarque, et fait une scène. Alexandre et lui se battent. Là encore, Nicole de Buron transforme une scène stressante en un torrent de larmes... des larmes de rire!

Nous nous amusons également au récit du sadisme avec lequel Nicole se venge du plombier qui lui a posé un lapin, et plus tard, de tous ceux qui oseront agir pareillement.

Bref, à part la redondance de certaines anecdotes, ce livre est un bon moment de détente et d'amusement. On retrouve une Nicole de Buron enjouée et pétillante.

J'ai cherché une bibliographie complète de Nicole de Buron, mais je n'ai rien trouvé. Si quelqu'un en a une, ou sait où je peux en trouver une, merci de m'aider. Malheureusement, il semblerait qu'elle n'ait pas de site officiel...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Berthier pour les éditions VDB.

mercredi 24 janvier 2007

mercredi
24
janvier 2007

Le vicaire persiste et saigne, de Peter Lovesey

Levicairepersisteetsaigne

Otis Joy est jeune, brillant, veuf, et pasteur d'une petite paroisse anglicane du Wiltshire. Son succès est tel que l'église n'a jamais été aussi remplie à l'office du dimanche, que toutes les dames de la paroisse entretiennent une compétition pour savoir laquelle aurait l'honneur de prendre le thé avec lui, et que tous les hommes le jalousent mais l'apprécient en tant qu'homme. Mais voilà, Otis Joy n'est pas entièrement ce qu'il prétend être : il est habité par le mal... Personne ne le sait, bien sûr, comment pourrait-on s'en douter ?
Un matin, l'archevêque du diocèse vient frapper à la porte d'Otis, incognito, habillé d'une façon passe-partout pour ne pas être reconnu. Il accuse Otis d'avoir détourné l'argent de son ancienne paroisse, et dit en avoir toutes les preuves. Deux jours plus tard, son corps est retrouvé au fond d'une carrière, avec une lettre excusant son suicide, et on découvre qu'il a passé les vingt dernières minutes de sa vie au téléphone avec une société de téléphone rose... Un suicide, tout le monde s'y accorde, et le surnom de "Courbe-l'Echine" court très rapidement.
Deux semaines après, le trésorier de la paroisse annonce à Otis que suite à un cambriolage où l'on a dérobé l'argent qu'il n'avait pas encore déposé à la banque, il quittait son poste et désirait confier les rênes à quelqu'un de compétent qu'il entretiendrait de tous les détails. On le retrouve trois jours plus tard, mort dans son lit, après avoir avalé un mélange d'alcool et de barbituriques... Il était âgé et avait mal supporté psychologiquement ce cambriolage, il s'est donné la mort pour ne pas avoir à vivre avec cette honte, conclut-on...

Je ne vais pas non plus tout cous raconter, ce ne serait pas drôle ! Mais je ne vous conseille qu'une chose : lisez-le !! Je ne sais pas trop où le ranger : "Policier/thriller", ou "humour" ? Les deux s'y retrouvent, mais pas en même partie. Le roman s'ouvre sur une scène assez cocasse, qui plante assez bien le décor et le personnage d'Otis, avec la visite de l'archevêque au presbytère et ce qui s'ensuit. Par la suite, l'auteur nous raconte tout ce qui se passe dans la paroisse, sans vraiment s'attarder sur Otis et sur ce qu'il fait. La description des crimes est assez jouissive, on apprend plein de trucs sur les différentes façons de tuer un homme sans se faire prendre (tout n'est pas toujours dit, mais on s'en doute).
Le personnage de Rachel (la cruche de service, mal mariée à un homme plus âgé qu'elle et malheureuse en ménage, complètement amoureuse du pasteur et se faisant sans cesse des films sur elle et lui, lui et elle...) est assez amusant, bien que trop souvent complètement perdue ou à côté de la plaque. Son amie Cynthia, la belle femme du village, tout le contraire de Rachel (divorcée, brune, du genre méditerranéen), est aussi très drôle, elle est là pour entraîner Rachel dans ses délires, mais elle est sûre de savoir séduire le jeune ecclésiastique. Ce qui ne lui portera pas bonheur... Il y a un moment dans le roman, au moment de la mort de Gary, le mari de Rachel, où l'on ne sait pas trop ce qui s'est passé. On soupçonne un meurtre, et l'on a raison, mais pas le bon meurtrier, et j'ai trouvé cela assez fort de la part de l'auteur. Le même doute plane à la fin du roman, on se demande comment l'épisode Otis/Rachel va se terminer, car on retrouve la même phrase que lors de l'épisode Otis/Cynthia... (difficile de ne pas en dire plus !!)
Otis a toujours une bonne histoire ou anecdote amusante à raconter, les répliques s'enchaînent avec bonheur, on rit beaucoup à la description de certaines grenouilles de bénitier, mais aussi des situations parfois embarrassantes où se trouvent les personnages. Et pour peu que l'on connaisse un jeune prêtre ou religieux, il n'est pas difficile de mettre des traits sur le nom d'Otis, ce qui rend les situations encore plus drôles ! (en tout cas, ce fut mon cas...)
Bref, je crois que vous l'aurez compris, je vous conseille ce roman, cynique à souhait. Une question susbsiste : le mal triomphera-t-il à la dernière page ? Je vous laisse le découvrir, avec autant de plaisir que moi, je l'espère...
Ce roman n'est pas le seul de l'auteur, et je pense qu'après cet essai, j'essaierai d'en trouver d'autres, car les titres sont toujours aussi prometteurs que celui-ci !

Bonne lecture à vous !

mercredi 20 septembre 2006

mercredi
20
septembre 2006

Nuits blanches à Manhattan, de Robyn Sisman

Nuits blanches à Manhattan

Suzy Wilding et Lloyd Rockwell travaillent pour la Schneider Fox, une célèbre agence de publicité. Mais ils ne se connaissent pas : l'une vit à Londres, l'autre à New York, et ils ne connaissent même pas l'existence de l'autre. Jusqu'au jour où, dans le cadre d'un échange entre les deux branches de l'agence, on leur propose d'aller pendant un mois vivre la vie de l'autre, dans sa ville, sa société, et même son appartement. Suzy se retrouve donc parachutée à New York, et Lloyd débarque à Londres avec sa petite amie, qui a tenu à l'accompagner. Les quatre semaines s'annoncent enrichissantes, Suzy s'éclate dans la grosse pomme, elle est chouchoutée par l'assistante de Lloyd, qui lui trouve même un petit ami riche et célèbre dans le monde de la jet-set (il est "RP", vous vous souvenez de ce que c'est ?), alors que Lloyd devient ami avec le gérant australien de la branche londonienne et savoure chaque instant de la vie anglaise, qu'il trouve délicieusement surannée et pleine de charme.
Jusqu'au jour où tout s'écroule : il se retrouve accusé d'avoir saboté le plus gros contrat de l'agence, licencié, et interdit de relation avec quiconque de ses anciens collègues. Commence alors une enquête menée par coup de fils inter-atlantiques interposés, Lloyd profitant de la présence de Suzy à son poste pour rechercher qui a pu monter ce coup contre lui. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises...

Encore un livre de vacances, mais celui-ci, il est bien. On suit avec beaucoup de plaisir les tentatives de Lloyd pour retrouver son job, on apprécie les efforts de Suzy pour l'aider et lui remonter le moral, même si ce qu'elle découvre ne lui fait pas particulièrement plaisir car elle se trouve être en quelque sorte le dindon de la farce new-yorkaise. Mais tous deux en ressortent grandis, et l'expérience leur est extrêment profitable. On rit aussi beaucoup de voir les préjugés que chacun tient sur la civilisation de l'autre, et le fait qu'ils puissent vivre la vie de l'autre permet d'illustrer, confirmer ou infirmer ces idées préconçues, ce qui est assez drôle. On plaint encore la fiancée de Lloyd, qui ne se fait absolument pas à cette vie, mais cette présence nous jette dans un certain malaise : on se demande comment Lloyd et Suzy finiront ensemble (ça correspondrait tout à fait au schéma habituel de ce genre d'histoire, n'est-ce pas ?), alors que Lloyd semble tellement attaché à son américaine...
La narration est assez agréable, l'auteure passe du point de vue de Suzy à celui de Lloyd, et on apprend beaucoup sur la façon de voir l'autre. L'idée de transférer l'un dans la vie de l'autre est très séduisante, et malgré le fait qu'on l'a déjà souvent vu, on se plaît à redécouvrir cet artifice, et à voir comment l'auteure s'en tire (et elle s'en tire très bien, à mon avis !). Ceci dit (car il y a un mais !), on est assez déçu, et le début peut paraître très long, car la quat' de couv' (édition Pocket) nous indique qu'à peine débarqué, Lloyd découvre qu'il est tombé dans un coup monté, et Suzy rencontre une assistante à la dentition de requin, alors qu'il se passe environs trois semaines avant que ce noeud se mette en place ! Du coup, si on s'est basé sur cet résumé, on se demande quand va arriver la découverte du complot, car on voit le temps passer sans que rien ne se profile. Mais si on oublie ce résumé, on se prend très bien à la lecture, et tout va très bien ! Alors oubliez-le, ce résumé, et laissez-vous emporter par la narration... La vague vous emportera, et vous apprécierez mieux la lecture !!