Conduite en état Livresque

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Vague échouée sur le sable chaud
Léchant avidement les coquillages
S'accrochant désespérément au rivage
Mais repoussée à chaque assaut
Sugar

mardi 7 juin 2011

mardi
7
juin 2011

Thriller, d'Iegor Gran.

Thriller

L'ouvrage:
Ce soir-là, Norman (professeur d'économie), et sa femme, Suzanne, reçoivent des amis à dîner. L'un d'eux (Lafayette), explique que Norman a volé le portefeuille d'un clochard. Norman ne s'en souvient pas. Suzanne constate que le portefeuille en question est celui de Norman.
Le lendemain, on apprend qu'une blonde a été tuée dans une impasse, et qu'on a retrouvé un livre écrit par Norman à côté de son cadavre. Pendant que les proches du professeur s'interrogent quant au fait qu'il pourrait être le tueur, un psychopathe se demande si ce ne serait pas lui.

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire une parodie de thriller. Iegor Gran y réussit très bien. Il parvient à être cohérent dans un roman complètement déjanté. Certaines choses sont énormes, d'autres sont très simples, et pourtant, l'ensemble se tient, et fait que le lecteur rira beaucoup.

L'humour est exploité sous différentes formes.
Le style est vif et alerte, davantage propre à la comédie qu'au thriller. Il va donc très bien à ce roman. Le style reste le même pendant des scènes apparemment graves comme les scènes d'amour, ou celle où Norman et Suzanne découvrent les agissements de Seed.
Il y a des notes de bas de page. Ici, elles proviennent majoritairement de livres écrits par Norman.
L'auteur disperse de faux indices (la ceinture, le miroir...) auxquels certains personnages s'empresseront de croire.
L'auteur place une ficelle abondamment utilisée par ceux qui écrivent des thrillers: le psychopathe ne se souvient plus avoir tué la blonde, mais pense que c'est lui, alors que Norman ne cesse d'oublier ce qui se passe dans sa vie. L'auteur ne tient pas à ce que le lecteur pense que Norman est le psychopathe, mais il veut montrer la bêtise de ladite ficelle.
Un autre élément est censé effrayer le lecteur (comme dans tout thriller digne de ce nom), et le fait rire grâce à la façon dont l'auteur l'exploite: le fait que le psychopathe se met à faire un exposé sur les avantages et les inconvénients de certaines méthodes d'assassinat.
Ce ne sont que quelques exemples. L'auteur use de pléthore de stratagèmes tous aussi brillants les uns que les autres. Je finirai en évoquant Norman qui fait la leçon aux policier...

Au milieu de cette débauche humoristique, l'auteur parvient à surprendre son lecteur par un autre biais. Il y a au moins deux éléments totalement inattendus, et pas vraiment drôles. Ils surprennent d'autant plus...

Des personnages suscitent le rire, comme le doyen qui est d'une stupidité crasse.
Norman et ses errances spirituelles aussi amuseront le lecteur. Comment oublier, par exemple, l'épisode où il veut faire l'école buissonnière?
Les autres personnages sont également attachants pour diverses raisons.

J'ai quand même un petit reproche à faire: j'ai trouvé très lourd que suzanne parle toujours d'elle-même à la troisième personne. C'est censé être drôle, et ça l'est au début, mais ça dure trop longtemps.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Louis-Dreyfus pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice adopte de manière naturelle le ton qu'il faut pour lire cette histoire. Elle n'en fait jamais trop, sa voix reste dynamique, son intonation vivante.

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jeudi 5 mai 2011

jeudi
5
mai 2011

Mari et femme, de Régis de Sá Moreira.

Mari et femme

L'ouvrage:
Ils sont mariés. Ils font chambre à part, et vont bientôt se séparer. Mais ce matin-là, tout bascule. À son réveil, l'homme se rend compte que son esprit est dans le corps de sa femme et inversement.

Critique:
Ce livre suscite forcément la curiosité. Qui n'a pas imaginé ce genre de situation sans, toutefois, jamais aller très loin dans le raisonnement? Un roman de ce genre éveille donc l'intérêt du lecteur.
Ensuite, l'auteur doit tenir les promesses annoncées par un tel sujet. Le défi n'est pas facile à relever. Régis de Sá Moreira s'en sort très bien, à mon avis.

Ce couple, obligé de faire preuve d'empathie, est assez fascinant. L'auteur les plonge dans plusieurs situations hilarantes tant grâce à des réflexions qu'ils font (surtout le mari que nous suivons), que grâce à des situations loufoques.
D'abord, le mari se voit contraint d'assurer le travail de sa femme: agent littéraire. Il n'y connaît rien, et fait de son mieux. J'ai adoré la façon dont il s'en tire lorsque l'auteur de best-sellers lui demande ce qu'il a pensé de son manuscrit. N'oublions pas ce qui arrive à ce même auteur renommé lorsqu'il a le malheur de tenter de caresser son agent littéraire. La scène du scrabble chez les parents de la femme est, elle aussi, très drôle. Bien sûr, je ne donne que quelques exemples.
Si les situations sont cocasses, si le lecteur rit soit avec les personnages soit d'eux, le texte fait également réfléchir. Derrière le rire, l'auteur force son lecteur à se pencher sur la routine, les différentes façons de voir, de se répartir les tâches, d'accepter l'autre, etc.

Outre cela, le mari se rend compte de ce qu'implique le fait d'avoir un corps de femme. Il passe par plusieurs phases quant à sa prise de conscience, et elles sont toutes intéressantes et vraisemblables.
L'auteur sait créer des situations auxquelles on s'attend, mais aussi certaines qui surprennent le lecteur. De plus, les réactions des personnages sont réalistes.
J'ai trouvé un peu dommage qu'on ne voie pratiquement que celles du mari.

Ce livre fait également travailler l'imagination du lecteur. En effet, les protagonistes n'ont pas d'identité (du moins, l'auteur ne nous la donne pas), ce qui fait qu'on s'identifie encore plus facilement à eux. On s'imagine, faisant face aux mêmes situations qu'eux. J'imaginais très bien mon mari et moi vivant cette incongruité d'échange des corps. Au long de ma lecture, je nous voyais dans les situations vécues par les protagonistes, et en inventais d'autres.

Le style est du genre qui, d'habitude, m'agace. Ce sont de courts chapitres constitués de phrases brèves rédigées au présent. L'histoire m'ayant beaucoup plu, le style ne m'a pas gênée.

J'ai juste deux petits reproches à faire.
Il est un peu cliché que la femme mange diététique, ne fume pas, fasse du sport, boive de l'eau, alors que l'homme fait le contraire.
Pourquoi la femme est-elle la seule à se rendre compte du plaisir engendré par des caresses buccales en tant qu'homme? Il aurait été intéressant que le mari, dans le corps de sa femme, fît la même découverte, et veuille, lui aussi, faire en sorte que son conjoint le ressente le plus souvent possible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Jaccoud pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime bien la façon de lire de Christine Jaccoud: sobre tout en étant vivante.
À certains moments, une autre voix prend le relai. (Je crois avoir reconnu celle d'Isabelle Chabanel.) Je trouve cela dommage. Je me doute que si cela a été fait ainsi, c'est parce qu'il y avait nécessité de relire certains passages (pour une raison X ou Y), mais peut-être aurait-il été plus judicieux de les faire relire par Christine Jaccoud. Personnellement, cela m'a dérangée.

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lundi 11 avril 2011

lundi
11
avril 2011

Maudit karma, de David Safier.

Maudit karma

L'ouvrage:
Kim Lang est animatrice de talk-show. Elle est mariée à Alex, et a une petite fille: Lilly. Malheureusement, elle s'est laissée contaminer par le monde de la télé: elle néglige son mari et sa fille, elle se montre égoïste et méchante.
Le lendemain du jour où elle obtient un prix pour son talk-show, elle décède brutalement. La voilà réincarnée en fourmi. Boudha lui explique qu'elle n'a amassé que du mauvais karma pendant sa vie humaine. Tant qu'elle ne sera pas meilleure, elle se réincarnera en fourmi, insectes, etc. Outre l'amélioration de son karma, Kim va tenter de retrouver, et pourquoi pas, de reconquérir, sa famille.

Critique:
Deux choses ont fait que j'ai hésité à lire ce roman. D'abord, on en a beaucoup entendu parler. En général, ceux dont on parle beaucoup se révèlent mauvais. Ensuite, j'ai été très déçue par «Jésus m'aime», du même David Safier.

J'ai eu raison de me lancer, car «Maudit karma» a été une agréable surprise pour moi. Certes, il ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais il est divertissant. Bien sûr, il n'est pas drôle au point que le lecteur rira aux larmes, mais il fait plusieurs fois sourire, et même rire un peu.
Contrairement à «Jésus m'aime», le parcours n'est pas balisé. On peut se douter de ce qui va se passer, mais on n'en est pas sûr, et on ne sait pas quelle tournure prendront les événements avant d'en arriver au final. Les rebondissements sont assez bien placés et bien imaginés. Il n'y a pas de temps morts.
C'est un livre dont la légèreté a l'effet escompté, et non la lourdeur de trop de livres se voulant drôles. Bien sûr, le fait que chacun accepte la théorie que Daniel soumet, à Venise, est un peu gros, surtout que Kim n'explique rien. Mais on peut penser qu'elle explique tout par la suite.

Certaines situations sont comiques: la fourmi dans le gâteau, la destruction de la robe, etc. Certaines répliques sont amusantes, la plupart du temps, celles de Casanova. Le fait d'avoir inséré ce personnage et ses mémoires dans le livre est une riche idée, car le lecteur le retrouve avec plaisir. Cette insertion a été faite intelligemment, tout le contraire de certaines situations de «Jésus m'aime», comme par exemple, Dieu ayant l'apparence d'Emma Thompson.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais ils paraissent assez vraisemblables pour être acceptables.
Il est un peu dommage que Nina soit si manichéenne. Kim a beau dire qu'elle est meilleure qu'elle, le lecteur ne voit que les manoeuvres et l'égoïsme de Nina. En effet, comment la croire sincère quand lilly affirme qu'elle ne l'aime pas? Il aurait été plus judicieux (car plus troublant), que Nina fût montrée comme quelqu'un de bien.

Quant à Kim, il va de soi qu'elle évolue. C'est elle qui fait que le livre est empreint de gravité. Il semble un peu facile et superficiel, mais le lecteur comprend les motivations de Kim, ses doutes, ses interrogations.

J'imagine très bien un film tiré de ce livre. Je pense qu'il serait réussi.

Note:Je ne chroniquerai pas «Jésus m'aime», d'abord parce que je pense que vous aurez compris ce que j'en ai pensé, mais aussi parce qu'il m'a tellement ennuyée que je l'ai lu en diagonale, et que j'ai pour principe de ne pas chroniquer les livres que je ne lis pas en entier.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Dechamps pour la Ligue Braille.

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vendredi 10 décembre 2010

vendredi
10
décembre 2010

Imposture sur papier glacé, de Catherine Rambert.

Imposture sur papier glacé

L'ouvrage:
Bérengère de Cabrière est rédacteur en chef pour le magazine people Superstar. Elle a obtenu ce poste par hasard, et sans vraiment le vouloir. Alors qu'elle s'étourdit dans le tourbillon d'une vie survoltée, son petit ami, Victor, la quitte pour une femme moins belle et plus âgée. Peut-être est-ce l'heure d'une remise en question.

Critique:
J'avoue que je m'attendais à un roman où l'auteur tenterait péniblement d'être drôle, et où tout serait invraisemblable. Il n'en est rien.
Ce livre est très amusant, mais il faut le prendre au deuxième degré, sinon, on n'a plus qu'à se pendre! En effet, il fait étalage de l'artifice, du paraître, de l'incompétence. Bérengère est la première à clamer haut et fort qu'elle délègue au maximum, et profite à fond des avantages que lui donne sa place. Elle est la première à reconnaître qu'elle est une imposture, comme le titre l'indique, que sa chance vient de ce qu'elle sait envoyer de la poudre aux yeux, et que sa surenchère dans l'étrange et le déjanté fait que le magazine se vend. Il vaut donc mieux s'amuser de cet état des choses, tout en espérant qu'il y aura quand même un retour de bâton...
D'un autre côté, je pense que ce genre de choses est possible, quand on voit la ribambelle de personnes incompétentes qui existe. Combien de fois me suis-je questionnée: comment untel ou unetelle a pu obtenir le poste qu'il ou elle occupe en étant à ce point incapable de l'assumer? L'assurance insolente de Bérengère, et le fait qu'elle ait réussi à sauvegarder sa place pendant quatre ans ne doit donc pas être si étonnant.
Par ailleurs, l'auteur du roman exagère peut-être un peu.

Il est également gênant de voir ces personnages dépenser sans compter, se comporter de manière légère, insouciante, superficielle... Bérengère, qui nage avec bonheur dans ce monde où le luxe est roi, reconnaît elle-même que, par exemple, le prix de ses chaussures suffirait à nourrir plusieurs familles pauvres pendant un mois. Si cet aspect des choses est dérangeant, il est, malheureusement, assez vraisemblable. L'auteur le pointe du doigt, et montre bien, par l'étalage qu'elle en fait et par les réflexions de Bérengère, que cela ne devrait pas se passer ainsi.

Catherine Rambert observe ce microcosme d'un regard acéré, et enrobe ses remarques au vitriol d'une bonne dose d'humour. Entre causticité et dérision, voilà un livre bien pensé, qui touche du doigt ce qui fait mal.
On m'objectera que certaines scènes sont un peu faciles, comme la scène où Bérengère se venge du départ de Victor, ou encore celle où elle est dans son bureau, que Jean-Guy lui fait son numéro, et où elle finit par lui balancer ses escarpins dessus. Idem pour ce qui se passe à partir du moment où Bérengère fréquente un autre homme. Soit. Mais ce genre d'humour facile est divertissant, et il est à sa place dans l'intrigue et l'ambiance du roman.

Le lecteur finira par se prendre de sympathie pour l'insupportable Bérengère qui, malgré ses défauts, se montre lucide quant à sa condition et quant au monde dans lequel elle gravite. Tout en la blâmant, le lecteur ne pourra s'empêcher de se demander ce qu'il ferait à sa place. On aime penser qu'on aurait une conscience plus développé, mais rien n'est sûr.

Un bon moment où l'artifice et le paraître sont analysés de manière assez pertinente, malgré une légèreté apparente.

Je ne finirai pas cette critique sans vous livrer l'une des pensées profondes de Bérengère:
«Ne jamais, JAMAIS prendre les lecteur pour des cons. Ça, non! Mais ne jamais, JAMAIS perdre de vue qu'ils le sont.»

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Leela Wendler pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a une voix agréable, et a su interpréter ce roman comme il le fallait. Dans ce royaume de l'artifice, elle a su jouer vrai.

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samedi 6 novembre 2010

samedi
6
novembre 2010

Famille, tracas et compagnie, de Laurie Colwin.

Famille, tracas et compagnie

L'ouvrage:
Jane Louise vient d'épouser Teddy Parker. Tous deux travaillent. Ils ont des amis.
Jane Louise est angoissée par la vie qui s'annonce? Mérite-t-elle Teddy? Le monde ne va-t-il pas s'écrouler sur sa tête?
Au bureau, entre les avances de Sven (l'obsédé du coin), et les exigences d'Erna, Jane Louise n'a pas le temps de s'ennuyer.

Critique:
C'est le premier roman de Laurie Colwin que je lis. Je vais maintenant me mettre à la recherche de ses autres productions. Certains diront que l'intrigue est légère, voire un peu tirée par les cheveux. Pourtant, j'ai trouvé ce roman très réaliste. Il décrit assez bien une certaine société, certains aspects de la vie.
On me dira que l'auteur en fait trop lorsqu'elle décrit les obsessions de Sven, mais je suis sûre qu'il existe des gens comme lui. Ils ne le disent pas, c'est tout. Et puis, je préfère quelqu'un comme Sven, qui harcèle avec bonhomie et humour, plutôt qu'un gros lourd qui devient méchant dès qu'on a le malheur de lui dire non. Sven a des côtés amusants. Par exemple, son fantasme d'une pièce pleine de femmes enceintes de lui est assez caustique. En outre, quand il veut bien mettre son obsession de côté, il a des réflexions pertinentes.

On me dira aussi que l'auteur en fait trop lorsqu'elle évoque les Teagarden. Malheureusement, je suis sûre qu'il existe des gens comme ça. En outre, Laurie Colwin évoque ces personnes détestables de telle façon qu'on ne peut s'empêcher d'en rire, tout en les méprisant.

Certains diront que l'héroïne se fait des noeuds au cerveau pour rien, et que c'est agaçant. Pas pour moi. J'ai compris ses angoisses. Elles ne sont pas tout à fait infondées, et ce n'est pas comme si Jane Louise les laissait prendre le pas sur sa vie.

L'humour est très présent. Il est plaisant qu'il soit plus fin, mieux amené que dans certains livres du même style qui décrivent des choses trop grosses, trop clichées.
Malgré la dominante humoristique, Laurie Colwin aborde des thèmes assez graves et toujours d'actualité. Outre l'incommensurable suffisance des Teagarden, il y a le racisme des parents d'Edie, la difficulté de Teddy à exprimer ou à modifier ce qui le peine depuis des années... Ces thèmes sont bien exploités.

Je n'ai ressenti aucun ennui à la lecture de ce roman. Il n'y a pas de longueurs.
À la fin, certaines choses ne sont pas réglées, mais c'est normal. Cela rend tout cela plus réaliste.

Remarque annexe:
Il est dommage que le mari de Jane Louise et sa meilleure amie aient des prénoms qui se ressemblent. C'est encore plus perturbant, je pense, pour une lecture à voix haute, car quand il est écrit «dit Edie» (entre autres), il faut faire la liaison, et ça pourrait être «dit Teddy».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.
Ce livre m'a été offert par les éditions Le Livre de poche dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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