Conduite en état Livresque

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Il paraît qu'à l'intérieur de tout homme gros, il y a un maigre qui lutte pour sortir. Et j'entends ses plaintes étouffées chaque fois que je me regarde dans la glace de la salle de bains.
David Lodge dans "Thérapie".

mardi 14 février 2012

mardi
14
février 2012

Si la vie est un jardin de roses, qu'est-ce que je fais dans les patates?, d'Erma Bombeck.

Si la vie est un jardin de roses, qu'est-ce que je fais dans les patates?

L'ouvrage:
Erma Bombeck nous livre ici de petites chroniques de la vie quotidienne. Elle puise largement dans son expérience pour évoquer divers sujets.

Critique:
La qualité majeure de ce livre est qu'il fait rire. J'ai même eu deux ou trois fous rires. Cela peut paraître étrange lorsqu'on sait que l'humour utilisé est parfois un peu lourd. Soit, mais ce que raconte Cette mère de famille est si réel! Il est très amusant de voir avec quel tonus et quel à propos elle décrit certaines situations. Sa façon de dire les choses est comique, mais c'est renforcé par le fait qu'on est obligé de constater qu'elle voit toujours juste.

D'une plume vive, alerte, et pas si légère, elle évoque des sujets aussi variés que la famille, la mode, les jeux télévisés.
Même quand les situations sont exagérées, on n'en voudra pas à l'auteur, car là encore, on y croit, ou du moins, on croit que ça pourrait un jour en arriver là. Je pense notamment à Bernice dans le jeu télévisé. D'ailleurs, un tel jeu existe peut-être.
J'ai aimé, entre autres, l'idée du sac structuré: avec des compartiments assignés à des objets précis. Voilà un beau casse-tête qui rendrait fou n'importe qui. À l'instar de la narratrice, je n'aimerais pas qu'on me dicte où je dois ranger tel objet dans mon sac... surtout lorsqu'il s'agit d'objets que je n'ai pas.

Comment ne pas s'esclaffer lorsqu'Erma Bombeck explique des choses simples en apparence, mais dont elle découvre que certains n'ont pas intégré le concept. Je retiendrai surtout le «comment fermer une porte» que je risque de recopier et d'offrir à mon mari. Il n'a pas encore bien compris comment fermer celle de la salle de bains, en décembre, alors qu'une personne gelée essaie de se doucher...
Comment ne pas exulter à la lecture de «comprendre les enfants»? J'ai également bien aimé la loi contre l'abandon d'enfants...
J'ai juste trouvé un peu lourde la scène où les parents veulent déménager, et où les rôles sont inversés.

La fin (le chapitre avant l'épilogue) surprend un peu. Ce chapitre est plutôt grave, alors que le reste est drôle. Il est, lui aussi, très réaliste, mais il casse un peu l'ambiance...

Voici quelques extraits qui ne montrent qu'une infime partie de la drôlerie du livre:
« «Hé! Cyrano! lui ai-je hurlé. Réveille-toi, tu recommences!
-À faire quoi?
-À ronfler.
-Et tu me réveilles pour me dire ça? Je te le répète que je ne ronfle pas! Je le saurais, non?
-C'est aussi logique que dire: «si j'étais amnésique, je m'en souviendrais».
(...)
-Pourquoi ne pas me faire rouler sur le côté?
-Je l'ai fait, une fois. Tu m'as frappée.
(...)»
J'en ai vraiment assez de tous les conseils que donnent les médecins, et qui ne fonctionnent jamais (...). Voici plutôt une liste des seules actions thérapeutiques qui méritent d'être envisagées:
1: Changer de lit. Faire en sorte que le ronfleur se retrouve dans un nouveau lit, de préférence dans une ville lointaine.
2: Retarder son sommeil. Ça marche aussi bien que n'importe quoi d'autre. Au moment où vous vous mettez au lit, tous les deux, mettre les nerfs du conjoint ronfleur à vif en lui disant négligemment: «Euh, le fisc a appelé, aujourd'hui. Ils rappelleront demain.»
Certains spécialistes croient qu'il faut remonter jusqu'aux racines du mal.

Extrait 2:
«Aussi loin que je me souvienne, notre foyer a abrité un quatrième enfant: Jean Sérien. Tout le monde le voit, sauf moi. Ce que je sais, par contre, c'est qu'il est une vraie peste.
«Qui n'a pas refermé la porte?
-J'en sais rien.
-Qui a laissé le savon fondre dans le lavabo?
-J'en sais rien.
-Qui a donc mangé la banane que je réservais pour faire un gâteau?
-J'en sais rien.»
Pour tout dire, Jean Sérien me rendra folle: il a égaré deux parapluies, quatre paires de bottes, et un vélo. La bibliothèque lui réclame treize volumes en retard, il n'a pas rapporté un seul livre de l'école depuis trois ans, il lui est arrivé de laisser dans la voiture une bouteille thermos remplie de lait durant trois semaines! Tenez, l'autre jour, le téléphone sonne. (...) et j'arrive à temps pour voir mon fils raccrocher.
«C'était qui? demandai-je, hors d'haleine.
-J'en sais rien, il a raccroché.»
(...)
«Tu aurais dû voir Jean Sérien! L'autre soir, il est sorti en laissant les lumières allumées partout.»
Combien de temps pourrai-je encore le supporter? J'en sais rien. Ce matin, au déjeuner, je disais à mon mari:
«Qui veut manger du foie, ce soir?»
Levant les yeux, il répondit:
«J'en veux pas!»
Une chose est certaine: Jean Sérien a un petit frère.»

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marthe Turgeon pour l'INCA

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vendredi 3 février 2012

vendredi
3
février 2012

Le mystère Sherlock, de J. M. Erre.

Le mystère Sherlock

L'ouvrage:
Meiringens, Suisse.
La police se rend à l'hôtel Baker Street après un week-end où s'est déroulé un colloque dont les participants étaient amateurs du détective Sherlock Holmes. Chacun voulait obtenir la chaire de holmesologie créée en l'honneur du professeur Bobo qui va prendre sa retraite. Pendant ce week-end, les participants se sont retrouvés bloqués dans l'hôtel et privés d'électricité à cause de la neige et du mauvais temps.
La police découvre que les onze amateur de Sherlock Holmes sont morts. Ils vont pouvoir reconstituer le week-end grâce à des bandes audio et des carnets écrits par différents protagonistes de l'affaire.

Critique:
Quel plaisir de retrouver J. M. Erre plus en forme que jamais! Comme dans «Série Z», l'humour domine. Il est de toutes sortes: parfois un peu lourd, noir, dû à des répliques, à la récurrence de certaines blagues, à des attitudes, à des situations rocambolesques voire épiques, au caractère des personnages, à la façon qu'a l'auteur de rédiger certaines fiches profil, ou bien de décrire de manière compliquée un événement très simple (comme le vol plané d'Éva)... J'ai eu plusieurs fous rires, ainsi que la personne qui m'a enregistré ce roman. Je concède que certains traits, pris séparément, seraient moins amusant. Mais l'ensemble m'a fait rire par son enchaînement. Les différentes sortes de comiques s'abattent sur le lecteur à une vitesse vertigineuse, et c'est irrésistible.

S'il fallait donner un exemple plus précis, c'est sûrement le professeur Bobo qui suscita le plus mon hilarité. L'auteur force tellement le trait, le professeur est si caricatural qu'il en est désopilant. Et pourtant, ce qui est décrit, quand on y réfléchit, n'est pas drôle. Mais ce pauvre Bobo est si vieux, si perdu, ses post-it sont si éloquents... (Exemples de post-it: «main droite», «main gauche»...) Le ridicule et le grotesque sont à ce point accentués que cette parodie de débris humain ne peut que faire s'esclaffer le lecteur. En outre, sa disparition arrive assez tôt pour que le lecteur ne trouve pas sa présence lourde.

J. M. Erre évite ce qui ne m'a pas plu dans «Prenez soin du chien» par deux procédés astucieux. D'abord, le lecteur sait tout de suite que les onze personnages sont morts. Il va donc se défendre de s'y attacher. Ensuite, aucun n'est vraiment sympathique, à part peut-être Oscar et Audrey. Les autres sont trop fats, trop colériques, trop égoïstes. D'autre part, leur fanatisme les discrédite totalement, et ne les rend pas sympathiques. Ils réunissent tous les défauts qui distinguent l'admirateur du fanatique. Chacun se croit le meilleur, chacun est fermé d'esprit, aucun n'accepte qu'on lise autre chose que du Sherlock Holmes...
Leur personnalité fera que le lecteur aura plutôt envie de se moquer d'eux, et ne les regrettera pas vraiment.

L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Elle est d'abord portée par l'humour omniprésent. Sous la plume de J. M. Erre, le fait le plus ordinaire devient amusant. Ensuite, l'auteur se diversifie en insérant de petits interludes comme des extraits du «Sherlock Holmes pour les nuls», rédigé par Audrey, ou des questionnements des policiers. Il fait aussi varier les points de vue. On savourera particulièrement les lettres de Dolorès à son directeur de conscience.

Les rebondissements sont assez nombreux et divers pour éviter l'ennui du lecteur.
J. M. Erre en profite également pour rassembler quelques théories à propos du détective préféré de nos héros dont certaines sont assez loufoques. Ma favorite est sûrement celle où il est démontré qu'Arsène Lupin est le fils caché de Sherlock Holmes.

Quant à la résolution de l'énigme, elle n'est pas tirée par les cheveux. Elle est peut-être un peu facile, mais après lecture, je pense être passée par le raisonnement souhaité par l'auteur. J'ai un peu soupçonné quelqu'un, puis je l'ai oublié... je ne détaillerai pas tout mon raisonnement, mais je pense que c'est ce que voulait l'auteur. Par ailleurs, cette résolution est conforme à ce à quoi on pourrait s'attendre.

Je ne peux me résoudre à évoquer une scène plus qu'une autre, tant j'ai aimé le livre dans son ensemble. Disons, pour n'en citer que quelques-unes: la parodie de vaudeville (trois personnages étaient sous le lit du professeur Bobo, espérant voler le manuscrit, et tombent sur un autre qui, lui, se fait prendre); le combat entre Éva et Dolorès (parodie de scène épique); JPP donnant un coup de poing, manquant sa cible, et s'écrasant au sol; la scène où les survivants veulent s'assurer que les morts sont bien morts...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Buchet-Chastel Il est sorti hier, le 2 février.

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jeudi 15 décembre 2011

jeudi
15
décembre 2011

Prenez soin du chien, de J. M. Erre.

Prenez soin du chien

L'ouvrage:
Max Corneloup, écrivain, emménage dans un appartement du 5 de la rue de la Douce Belette. Le même jour, Eugène Fluche, spécialiste de peinture sur coquilles d'oeufs, emménage dans un appartement du 6 de la même rue. L'antagonisme entre les deux voisins sera immédiat. Chacun a l'impression que l'autre (qui habite juste en face) l'épie. En outre, la première rencontre entre eux n'a pas été des plus agréables.
Chacun finira par souhaiter se venger de l'autre.

Tout se complique lorsque le chien d'une voisine de Max disparaît. On ne retrouve de lui qu'une flaque sanglante.

Critique:
Après avoir été enchantée par «Série Z», c'est avec une certaine jubilation que je me suis plongée dans le premier roman de J. M. Erre.
Pendant les trois quarts du livre, j'ai été emportée par la force de la plume de l'auteur. On retrouve l'humour omniprésent, sous diverses formes.
Bien sûr, plusieurs répliques sont savoureuses. Par exemple, Eugène regarde Max donner à manger au chat qui vit sur le toit, et arroser une fleur. Il dit: «Ça lui fait au moins deux amis.» Ou encore, Max lâche son carton contenant de gros livres, et son «agresseur» se tait (vous verrez pourquoi). Max dit, en substance: «J'étais prof de lettres, avant. C'est la première fois que j'obtiens le silence total avec les oeuvres complètes de Victor Hugo.» Ce ne sont que deux exemples, mais le livre regorge de répliques qui feront sourire, voire rire. Certaines m'ont donné le fou rire, et mon mari, qui a enregistré le livre a dû s'arrêter plusieurs fois au cours de sa lecture.

Le rire vient aussi de certains protagonistes étranges, dont deux qui se mettent en devoir de détourner un art, ou de le montrer dans ce qu'il a de plus bas. Je veux parler de Zamora et de Lazarre Montagnac. Les écrits de Montagnac (qui a pour pseudo Lazarrus Gnontamac, afin qu'on ne le reconnaisse pas), sont des caricatures d'un mélange de livres érotiques et de ceux des éditions Harlequin. Quant aux films de Zamora, ce sont de grands moments de cinéma, à ne pas manquer.

Comment ne pas rire lorsqu'on lit le parcours scolaire de Bruno! L'ironie grinçante de l'auteur est ici délicieuse. Derrière cette exagération, se cache une critique assez féroce, et non-dénuée de fondement, de l'Éducation Nationale.
Le lecteur louera l'esprit fécond de l'auteur quant aux «vengeances» entre voisins: Max et Eugène sont victimes de plaisanteries assez loufoques.

Les personnages, dont certains sont déjantés, sont assez sympathiques. Bruno, par exemple, pourrait paraître peu crédible à force d'être terrible, mais il n'est pas si éloigné de certains enfants... malheureusement.

Cependant, au fur et à mesure que le mystère s'épaissit, le livre est de moins en moins drôle, si on excepte peut-être les façons étranges du commissaire Taneuse. Cela ne serait pas si grave si l'intrigue se tenait, comme pendant les trois quarts du roman. Pour moi, la fin est trop facile. Bien sûr, elle explique tout, est à la hauteur de l'ambiance déjantée du roman, mais pas du tout avec le ton bon enfant du début. On dirait que J. M. Erre est allé plus loin que ce qu'il aurait voulu, n'a pas su comment s'en sortir, et a fait une fin qui explique tout, mais qui semble bâclée. Et comme le dit l'auteur lui-même, c'est peu satisfaisant aux yeux du lecteur. Apparemment, je suis une lectrice lambda, car je n'ai pas aimé cette fin. De ce fait, je ne sais pas trop si je recommande ce livre...

Remarque annexe:
La plupart des personnages sont à côté de la plaque. Il ne faut pas les prendre au sérieux. Malgré cela, j'ai été déçue que la plus folle, la moins aimable, soit celle qui aime les animaux. Malheureusement, beaucoup de gens prennent ceux qui aiment les animaux pour de doux dingues qui ne comprennent rien. Et quand on essaie de leur expliquer, ils s'en fichent. Certains dissimulent à peine leur mépris, leur rire, etc. J'aurais préféré que l'auteur caricature des gens sur lesquels pèsent moins de préjugés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi 14 juillet 2011

jeudi
14
juillet 2011

Les copains d'Aristide, de Claude Michelet.

Les copains d'Aristide

L'ouvrage:
Toute sa vie, Aristide Klobe a joué de malchance. On s'est souvent moqué de lui, entre autres de son patronyme. Lorsqu'il a tenté de venger certains affronts, cela s'est toujours retourné contre lui.
Aujourd'hui, il est accusé de tentative de meurtre sur la personne de l'éditeur pour qui il travaille comme nègre.

Critique:
Voilà un petit livre sympathique, divertissant, un livre de vacances. On suit avec intérêt l'histoire de ce pauvre Aristide, on s'identifie à lui, on se demande comment on aurait agi à sa place. Il ne se laisse pas décourager par les coups du sort. J'ai apprécié qu'il ne soit pas passif. Malgré son amertume, il s'en tire assez bien, et garde une certaine combativité. En outre, ses idées de vengeance sont assez amusantes. D'une manière générale, le livre est assez léger et humoristique. Il appelle une fin à son image, et celle de l'auteur m'a satisfaite.

Les personnages ne sont pas vraiment attachants, sauf le héros et son avocate.
Bérénice est une espèce de folle assoiffée de sexe, et charlatan avérée. Sa bêtise fait sourire, mais agace aussi. Si elle n'est pas sympathique, elle est malheureusement crédible. Elle rappelle toutes ces fausses voyantes qui s'en mettent plein les poches en disant aux gens ce qu'ils veulent entendre. (Je ne dis pas que toutes les voyantes sont comme ça, mais que Bérénice rappellent les charlatans profiteurs.)
L'éditeur d'Aristide est également détestable: opportuniste, coureur de jupons, roublard, superficiel... Il est un peu dommage que ce soit le seul ami de notre héros pendant assez longtemps.

Il est d'ailleurs un peu gros qu'Aristide n'ait pas d'amis. Les gens se moquent de son nom, il n'a pas de chance... soit. Mais pourquoi ne rencontre-t-il personne qui en vaille la peine? C'est le seul reproche que je ferai. On me dira que c'est fait pour accentuer la malchance d'Aristide, et que c'est fait pour être drôle. pourtant, cela m'a un peu agacée... C'est manichéen, et donc, pas très crédible. Bien sûr, cela ne m'empêchera pas de conseiller ce livre, et d'espérer que vous prendrez autant de plaisir à sa lecture que moi.
En outre, quand on connaît Claude Michelet pour ses sagas (notamment celle des gens de Saint-Libéral, déclinée ensuite), il est sympathique de lui découvrir une autre facette. J'en avais eu un aperçu avec «Une fois sept», récit très drôle de son enfance.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Morel pour l'Étoile Sonore.

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vendredi 8 juillet 2011

vendredi
8
juillet 2011

Comme la grenouille sur son nénuphar, de Tom Robbins.

Comme la grenouille sur son nénuphar

L'ouvrage:
Gwendolyn est une jeune trader. Ce jeudi-là, les marchés de la bourse s'effondre, André (le singe de son petit ami), disparaît, et un certain Larry Diamond l'exaspère. C'est le pire jour de sa vie. Cela va se transformer en le pire week-end...

Critique:
Au départ, j'ai vraiment aimer entrer dans ce livre. Le style truculent, agrémenté d'une pointe de délire, m'a tout de suite attirée. Ensuite, certaines situations m'ont beaucoup amusée: le désespoir de Gwendolyn (décrit avec verve), le passé d'André, son amour pour les glaces à la banane, le désagrément engendré par les asperges...
De plus, les personnages m'ont été sympathiques. Gwendolyn éveillera tour à tour la compassion et l'exaspération du lecteur. Un peu snobe, un peu froide, mais brûlant de découvrir des horizons inconnus, cherchant le bonheur... En outre, elle est caractérisée par sa voix si particulière. C'est le genre de détail qui me fait l'apprécier davantage. L'auteur a tellement décrit sa voix que je l'imaginais sans problèmes, et que malgré le fait que sa propriétaire en ait un peu honte, j'aime beaucoup ce que j'ai imaginé. Cela montre une Gwendolyn foncièrement sympathique, et peut-être un peu enfantine.
En outre, c'est la première fois que je lis un roman où l'auteur s'attarde sur la voix.

Cujo est également intéressante: mystérieuse, atypique... En effet, ce qu'elle dit sur la voyance, sur les cardes démontre son honnêteté. Son second métier révèle une espèce d'ambivalence... Elle est à la fois humaine et intéressée.

Cependant, après un début prometteur, tant au niveau du style que de l'intrigue, le livre s'essouffle. À part Gwendolyn, les personnages m'ont semblé de plus en plus caricaturaux. Belford, qui au début, paraissait être un idéaliste tentant d'aider tout le monde, a ensuite l'air d'un pauvre crétin.
Le mystère entourant Cujo commence par interpeller le lecteur, et puis cet aspect de l'intrigue devient trop lent.
Autre problème assez incontournable: je n'ai pas aimé le personnage de Larry, et ses délires sur les Bozo etc me semblaient indigestes.

L'une des originalités de l'écriture me déplaît. C'est le fait que le roman soit écrit à la deuxième personne du singulier. L'auteur s'adresse à Gwendolyn. Au début, j'ai passé outre, comme je le fais dans les romans de Nicole de Buron, parce que le reste me plaisait. Mais ensuite, cette déconvenue s'est ajoutée aux autres.

Enfin, si l'humour de Tom Robbins a suscité mon rire, j'ai trouvé certaines lourdeurs. Par exemple, le fait que Belford ne prenne pas la peine de se «nettoyer» avant d'aller à la police, l'endroit où Larry voit Cujo alors qu'elle a disparu, l'amour de Twister pour l'image, etc.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fabienne Chalendard pour l'association Valentin Haüy.
J'ai apprécié la voix de la lectrice ainsi que son ton. Elle a choisi la sobriété, tout en ayant une lecture dynamique.

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