Conduite en état Livresque

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Le jour s'étirait comme un chat qui descend d'un fauteuil.
Philippe Djian dans "37,2 le matin".

mercredi 17 mars 2010

mercredi
17
mars 2010

Anticontes de fées, de Grégoire Solotareff

Je m'excuse par avance de la brièveté de quelques unes de mes prochaines critiques : étant en formation bibliothécaire, je m'entraîne à réaliser des fiches de lectures et des résumés comprenant entre 50 et 200 mots pour la plupart... Je vous en fais bénéficier, j'essaie d'en dire un peu plus que dans mes devoirs, mais il est difficile, une fois qu'on a tout condensé, de faire plus long !

Le Petit Chaperon Vert est une camarade de classe du Petit Chaperon Rouge. Barbe-Rose est le frère de Barbe-Bleue. Lady est la sœur de Belle, la princesse au Bois Dormant. Voici leurs histoires…

J'ai bien aimé lire ce court recueil, l'on y trouve des détournements de contes classiques assez jouissifs pour les adultes ou les grands, mais qui risquent de ne pas parler aux plus jeunes. Il y a des références qu’ils n’auront pas.
Les illustrations de Nadja sont drôles, sans être extraordinaires, et leur trait plutôt grossier.
La face cachée des contes de fées. Les petits n’en saisiront sans doute pas tout le sel… A réserver aux 8-12 ans, malgré une typographie assez large et des illustrations plutôt simples.

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jeudi 28 janvier 2010

jeudi
28
janvier 2010

Vous n'aurez pas le dernier mot, de Jean Piat et Patrick Wajsman.

L'ouvrage:
Jean Piat et Patrick Wajsman ont rassemblé ici des réparties, des répliques cinglantes, dites par des personnes plus ou moins connues.

Critique:
J'ai un énorme reproche à faire à ce livre: il est beaucoup trop court! Quel dommage! Je pourrais passer des heures à lire de savoureuses répliques du style de celles réunies ici. J'espère que les auteurs renouvelleront l'expérience, et que le livre sera plus long!

Vous l'aurez compris, ce livre est divertissant, une véritable détente. Il nous fait sourire, nous fait rire, nous donne quelques idées. Il est à lire et à relire!
Il est divisé en chapitres qui ont chacun un thème. On trouve entre autres la riposte, la malice, la galanterie, le libertinage, la modestie. Je ne vous donnerai pas d'exemples, car le livre est trop court pour que j'en dévoile ne serait-ce qu'une phrase. Ma critique sera donc courte. Il est intéressant et fascinant de lire des répliques venues de tous horrizons, dites par tant de personnages différents. Je me suis également demandée comment les auteurs (les rassembleurs, si on veut), avaient réussi à trouver ces trésors. Où de telles pépites se trouvent-elles? Quelle a été la documentation des auteurs?

N'hésitez pas à me signaler d'autres ouvrages de ce genre!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Duboule pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 25 janvier 2010

lundi
25
janvier 2010

Les mots et la chose, de Jean-Claude Carrière.

L'ouvrage:
Françoise est comédienne de doublage. Elle doit doubler des films pornographiques. Elle se désole de la pauvreté des dialogues. Elle s'interroge: n'y a-t-il pas de multiples façons de parler des choses de l'amour? Elle interroge également le narrateur, un homme d'âge mûr, à ce sujet. Celui-ci lui écrit plusieurs lettres dans lesquelles il montre l'étendue du vocabulaire amoureux.

Critique:
Je pense qu'il faut prendre ce petit livre comme un divertissement. Il ne faut pas s'offusquer bêtement, mais s'amuser de cette lecture. Après tout, que fait ce livre? Il recense le vocabulaire pour dire «faire l'amour», pour parler du sexe, des seins, du plaisir sexuel... Il ne se veut pas tape-à-l'oeil.
Bien sûr, on ne peut éviter quelques mots et expressions vulgaires. Mais l'auteur recense ce qui existe, et il se doit de rapporter les expressions tant élégantes que vulgaires. Comme il les entremêle, l'amusement est renforcé, même si certaines images font frémir.
En outre, l'auteur nous donne de savoureux exemples inventés par Boris Vian, Marcel Proust, Pierre Desproges, etc.

J'ai appris beaucoup d'expressions! Je ne savais pas qu'il existait tant de façons de parler des choses de l'amour physique. J'avais pensé vous donner des exemples, mais le livre est si court (à l'instar de cette critique), que j'y renonce. Découvrez seuls toute la richesse de notre langue quant à cela.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent Aubert pour la Bibliothèque Braille Romande.

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mercredi 23 décembre 2009

mercredi
23
décembre 2009

La reine des lectrices, d'Alan Bennett

Un jour par hasard, dans les jardins de Buckingham, Sa Majesté la Reine Elizabeth trouve un bibliobus garé près des cuisines. Elle y entre par curiosité, y rencontre un jeune commis aux cuisines gay et le bibliothécaire. Par politesse, elle emprunte un roman... C'est le départ de cette très amusante et courte fiction, qui pose ce simple principe : que se passerait-il si la Reine d'Angleterre délaissait toutes ses obligations par passion pour la lecture ?

On connaît l'humour anglais, si pince-sans-rire, et ses humoristes. Voici un auteur que je découvre, et non sans plaisir, qui est présenté comme un maître de l'humour décalé. J'ai trouvé ce petit roman très intéressant et passionnant, il nous entraîne dans des réflexions que l'on n'attendait pas forcément dans un roman : le pouvoir subversif de la littérature... ou comment la lecture d'un simple roman peut faire chanceler le monde ! Lire ne nuit peut-être pas à la santé, mais à la politique, si !
On découvre aussi ici une Reine d'Angleterre moins froide que ce que l'on pourrait penser, et le fait que peu de noms connus (le Premier Ministre n'a pas d'autre nom, ni le Président de la République Française, par exemple) nous soient cités nous permet de placer ce roman à n'importe quelle époque du règne d'Elizabeth II. On voyage aussi un peu dans ses souvenirs, les personnes qu'elle a rencontrées, les auteurs qu'elle a décorés, les héros littéraires dont elle a entendu parler... Un pan d'Histoire vue par le petit bout de la lorgnette, c'est vraiment agréable.
Je ne saurais en dire plus, tellement ce roman est court, j'aurais peur de trop en dire. Je voulais simplement signaler que j'adore la pirouette finale, mais qu'il faut avoir tout lu pour la comprendre, pas la peine de commencer par la fin pour la connaître, bande de petits curieux ! (-.^)
Je vous recommande fortement cette pépite littéraire, et à quelques jours de Noël, ne serait-ce pas une excellente suggestion à faire au Vieux Barbu ? ;-) Bonne lecture !

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mercredi 9 décembre 2009

mercredi
9
décembre 2009

Sacrés Français ! Un Américain nous regarde, de Ted Stanger

Journaliste pour Newsweek, Ted Stanger vit depuis dix ans à Paris. Il conçoit pour son pays actuel une tendresse et une affection qui lui font observer avec pertinence notre vie, nos institutions, nos habitudes. Ce court document est le fruit de ses réflexions.
Tout y passe, les fonctionnaires, les élections politiques, la politique de santé, les horaires de travail, la voiture… Tout est prétexte à critique et à comparaison avec le système américain. Mais comme l’auteur nous aime bien, la critique reste gentille, et la comparaison se veut constructive.
Souvent nous sourions, parfois nous rions (par exemple : sa quête d’une pharmacie ouverte tard le soir), mais c’est la plupart du temps un peu grinçant ou jaune pour notre part : qui apprécie de se retrouver face à un miroir, ou plutôt face à une photo ? L’image qu’ont les autres de nous n’est jamais conforme à celle que l’on se fait. L’essai de Ted Stanger remplit ce rôle : nous mettre face à nos contradictions. Et il y réussit fort bien !
La Livrophile m’avait donné envie de lire Sacrés Américains !, du même auteur, car je partais pour un séjour aux Etats-Unis et pensais que cela me serait utile. Dans la foulée, j’ai acheté Sacrés Français !, qui est le premier essai de l’auteur, et je n’ai pas été déçue ! Un regret : que l’auteur ait écrit directement en français, et qu’il n’existe donc pas de version anglophone de son essai…
Cela se lit très vite, et très agréablement, dans un français correct, j’ai juste eu à déplorer quelques coquilles qui se sont glissées dans l’impression. Mais ce n’est pas l’auteur qu’il faut blâmer dans ce cas, plutôt l’éditeur et ses relecteurs !

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