Conduite en état Livresque

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Etre malheureux ensemble, c'est une forme de bonheur.
Françoise Dorin dans "Les jupes-culottes".

vendredi 4 février 2011

vendredi
4
février 2011

Cycle de Chalion, tome 1: Le fléau de Chalion, de Lois McMaster Bujold.

Chalion, tome 1 : Le Fléau de Chalion

L'ouvrage:
Après avoir connu bien des déboires (il a été envoyé aux galères par un puissant qui le trouvait gênant), Cazaril retourne dans la ville de Valenda où il servit comme page du Provincar. Il compte se rendre chez la Provincara, et lui demander un travail. Il n'aspire qu'à la tranquillité, et ne souhaite surtout pas faire parler de lui. Mais après quelques jours, la Provincara décide de le nommer secrétaire personnel et précepteur de la Royesse Iselle, qui, pense-t-elle, ne pourrait rêver meilleur instructeur. Cela placera Cazaril en bien mauvaise posture, car il sera amené à côtoyer ceux qui ont voulu sa perte.

Critique:
Ce livre est très long (20h44 en audio), mais je ne me suis pas ennuyée. Je n'aurais jamais cru dire cela: mais il n'y a aucune longueur, à mon avis. L'auteur prend le temps de planter le décor, de nous présenter ses personnages, donne le temps au lecteur d'en prendre toute la mesure. L'intrigue n'est jamais poussive. Bien sûr, il y a des événements que le lecteur prévoit, mais cela ne gâche pas sa lecture.

L'auteur a su créer un univers dans lequel j'ai vite été plongée. Elle a su allier la nouveauté au connu afin de ne pas trop dépayser son lecteur. La structure de la hiérarchie de Chalion et des pays avoisinants ressemble à la monarchie. La nouveauté vient surtout des équivalences nominales des rangs.
La religion des habitants de Chalion ressemble à une religion polythéiste, mais les dieux ont d'autres noms, et n'ont pas tout à fait le même rôle que dans notre monde.

Pour moi, trop de romans de fantasy se focalisent sur la guerre: un peuple ou un homme doit combattre un autre peuple ou un méchant sorcier qui veut détruire la planète. Ici, c'est plus subtile. Il en va de même pour les enjeux politiques: il y en a, mais le lecteur n'est pas assommé. On retrouve cette habileté en ce qui concerne la magie. Elle est présente, et joue un rôle essentiel, mais l'auteur sait, mieux que d'autres, l'incorporer à sa trame et à ses personnages. Dans certains romans, lorsque la magie se manifeste, c'est la débâcle! Les caractères changent, les personnages se tapent dessus à coups de sort, on découvre que le vieil oncle Truc, que l'on croyait inoffensif, voire simplet, est un magicien... je n'aime pas du tout cette façon d'amener les choses avec de gros sabots. Lois McMaster Bujold évite cet écueil avec brio.

N'oublions pas que Lois McMaster Bujold parsème son livre de notes d'humour qui sont les bienvenues. Elles pourront paraître un peu mièvres à certains, mais elles m'ont plu, notamment la première partie du chapitre 29.

Un lecteur tatillon lui reprochera peut-être le manichéisme de certains de ses personnages. Il est vrai que Cazaril semble être parfait. Cela m'a un peu agacée (surtout lorsqu'il utilise le charme de mort sachant ce qui en découlera), mais c'est compensé par sa personnalité générale, toute en pondération, en réflexion, en humilité. Humilité qui ne devient pas de la bêtise, comme chez certains.

J'ai apprécié le personnage d'Iselle, surtout parce que j'ai commencé par la détester! Au début, elle m'agaçait prodigieusement! Elle pensait tout savoir mieux que tout le monde, affichait une belle assurance... ses buts étaient honorables, mais je la trouvais suffisante. Au long du livre, elle apprend de ses erreurs et de son maître à penser. Elle finit par ne plus agir de manière impulsive, et se révèle fine stratège.
J'ai apprécié Betriz aussi, même si elle est un peu éclipsée par Iselle.
L'auteur a particulièrement bien campé le personnage d'Ista. Je ne peux pas trop en dévoiler, mais elle est plus complexe que ce que l'auteur nous fait habilement croire au départ.
Quant à Orico et Thédèse, ils font partie des personnages complexes. Ils sont manipulés, et n'étant pas armés, ne savent pas réagir comme il le faudrait. Orico a l'air d'un abruti, et Thédèse est trop crédule, trop impulsif.

Remarque annexe::
En cherchant des informations sur la saga, j'ai découvert que les tomes 2 et 3 n'avaient pas grand-chose à voir avec le premier. Cela me donne moins envie de poursuivre la série, car je me suis attachée aux personnages. Néanmoins, je lirai les autres tomes, une fois que je me serai habituée à l'idée qu'ils ne sont pas vraiment la continuité du premier.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jocelyne Daul pour l'association Valentin Haüy.
Je tiens à adresser mes félicitations à cette lectrice qui a très bien interprété ce roman, mettant toujours le ton approprié, rendant le texte vivant, mais n'en faisant jamais trop.

Acheter « Chalion, tome 1 : Le Fléau de Chalion » sur Amazon

mercredi 2 février 2011

mercredi
2
février 2011

Pouvoirs obscurs, tome 2: L'éveil, de Kelley Armstrong.

Pouvoirs Obscurs, tome 2

Note: ce livre sort en français le 11 mars 2011.

L'ouvrage:
Chloé est à la merci du groupe de médecins de Lile House. Elle doit trouver un moyen de s'enfuir. Elle ne peut faire confiance à personne. Sa peur est accentuée par une découverte troublante: apparemment, tous les adolescents pensionnaires de Lile House y ont été emmenés exprès.

Critique:
Si le tome 1 était intéressant, le tome 2 est captivant. Là encore, il n'y a aucune longueur, les aventures s'enchaînent. L'auteur parvient à nous plonger dans son univers, on se retrouve dans la rue, avec les enfants, en quête du père de Simon et de Derek.
Les thèmes et les personnages sont plus fouillés que dans le tome 1. Les situations ne sont pas prévisibles. Là encore, l'intrigue est très bien menée.
Il est intéressant de voir que la plupart des personnages subissent leurs pouvoirs, sur tout Derek et Chloé. Pour Derek, ce n'est pas un pouvoir, à proprement parler. Avoir des pouvoirs n'apporte pas forcément un plus, c'est même douloureux. Certains les contrôlent partiellement, mais lorsqu'un sort contrôlé est jeté, il ne dure pas longtemps.

Le personnage de Tory est plus creusé, car si elle agace le lecteur, elle le fait rire aussi. Il ne peut s'empêcher de la prendre en pitié, car madame Enright (sa mère), se montre pire que dans le tome 1.
Ses relations avec Chloé sont également bien analysées. Les deux jeunes filles ne s'aiment pas, mais leur infortune fait qu'elles sont obligées de se supporter. Malgré leur mésentente, et même l'aversion de Tory, elles s'accordent sur certains points, et sont parfois solidaires.

Les relations entre Chloé et les deux frères sont également bien décrites. Dans ce genre de livres, on pourrait croire que les deux frères sont amoureux de l'héroïne, et qu'une rivalité naît entre eux. Ici, c'est beaucoup plus crédible. Les deux frères sont peut-être amoureux de Chloé, mais seul l'un fait de timides tentatives vers elle. L'autre est plus complexe. On sent le sentiment amoureux sous-jacent, mais on ne serait pas surpris si le tom 3 ne révélait qu'une profonde amitié. Le lecteur peut spéculer, ce qui est une bonne chose.

Le livre n'est pas manichéen, car certains personnages agissent pour ce qu'ils croient être bien, et au final, cela fait du mal à d'autres. Ce n'est pas juste des «méchants» qui s'acharnent (sauf quelques-uns), ce sont des gens qui écoutent leur coeur, et parfois, se trompent.

Je n'aime pas trop le personnage d'Andrew. On ne le voit qu'à la fin, et il est sympathique, mais il ne m'inspire pas confiance.
En outre, la réflexion que se fait Chloé à la toute fin interpelle le lecteur: cette adolescente normale, parachutée dans une aventure incroyable, découvrant qu'elle a des pouvoirs... elle change de vie tout comme elle découvre des choses sur elle-même et ses parents.

Tout comme à la fin du tome 1, Kelley Armstrong nous laisse avec des questions, et une grande hâte de découvrir le tome 3.

Il y a une incohérence: lorsque Chloé voit sa tante, et que Derek ne la voit pas, Chloé en déduit que sa tante est morte. Les autres tentent de la rassurer en lui disant que non, que c'est un sort qu'ont jeté les «méchants» qui veulent les attraper. Personne ne montre le défaut de ce raisonnement. En effet, lorsque Chloé voit sa tante, celle-ci la conduit droit à Derek. Si cela avait été un sort jeté par les «méchants», la fausse tante aurait conduit Chloé droit dans la gueule du loup. (Ceux qui ont lu le livre comprendront la saveur de cette fin de phrase.)

Je n'ai pas encore le tome 3, mais j'ai hâte de le lire.
En général, je préfère chroniquer une série en entier (surtout si elle me plaît), mais je me résous à publier les chroniques des tomes 1 et 2, car je ne sais pas quand j'aurai le 3.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Morris pour les éditions Recorded Books.
Là encore, Cassandra Morris fait preuve d'un grand talent et de beaucoup de naturel. C'est un vrai plaisir d'écouter sa voix et sa façon d'interpréter.

Acheter « Pouvoirs Obscurs, tome 2 » sur Amazon

mardi 1 février 2011

mardi
1
février 2011

Pouvoirs obscurs, tome 1: L'invocation, de Kelley Armstrong.

Pouvoirs Obscurs, tome 1 Note: Le tome 1 sort en français le 11 février 2011.

L'ouvrage:
Ce matin-là, Chloé Saunders s'éveille mal à l'aise: elle a fait un cauchemar où des fantômes parlaient à une Chloé de trois ans.
par la suite, un incident se produit pendant qu'elle se rend à son école: elle voit un garçon se jeter sous les roues de son chauffeur. Apparemment, ce serait une hallucination.
Plus tard dans la journée, quelqu'un tente de lui parler. Elle réalise à ses dépens que c'est un fantôme.
Chloé est conduite dans un hôpital psychiatrique, Lile House, où on lui apprend qu'elle est schizophrène.

Critique:
Ce livre ne souffre d'aucun temps mort. Les rebondissements et les mésaventures s'enchaînent, ne laissant pas au lecteur le temps de s'ennuyer. En outre, on ne peut pas prévoir grand-chose, sauf que Chloé n'est pas schizophrène. Mais tout se complique car les pensionnaires de Lile House semblent tous avoir un étrange secret.

Les personnages sont attachants.
Chloé est sympathique parce qu'on peut facilement s'identifier à elle. Elle est peu sûre d'elle, ne se trouve pas jolie, mais n'est pas si bécasse que l'affirme Tory. Elle a du caractère, se révolte quand il le faut, et cherche à comprendre. Elle ne se laisse pas manipuler. On pourrait peut-être penser qu'elle est un peu trop mature pour une adolescente de quinze ans, mais pourquoi pas? De plus, c'est très subjectif. Je côtoie beaucoup d'enfants qui ont à peu près le même âge, et certains sont plus matures que d'autres.

Tory est peut-être un peu caricaturale. C'est la méchante. Elle est désagréable avec tout le monde, jalouse de la moindre attention qu'on porte à un autre qu'elle... Ce personnage un peu simpliste est parfois agaçant. Seulement, le lecteur se doute que tout n'est pas si facile lorsque Chloé assiste à une scène assez édifiante entre Tory et sa mère.

Simon est sympathique au lecteur, même s'il a l'air trop gentil, trop attentionné, etc. Il est vraisemblable. Il supporte beaucoup de choses, il est vrai.
Quant à Derek, il est intéressant car complexe. Outre ou à cause de sa «nature» (si je puis m'exprimer ainsi afin de ne pas trop en dévoiler), le lecteur le cerne mal. Apparemment, il se met rapidement en colère, et se vexe facilement. Mais il est aussi très sensible.

Concernant Lauren, elle agit de manière contradictoire, donc on ne sait trop que penser à son sujet.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Morris pour les éditions Recorded Books.
Cassandra Morris lit très bien! Son ton est toujours juste. Elle réussit à merveille l'exploit de prendre des voix différentes. Elle reste naturelle.

Acheter « Pouvoirs Obscurs, tome 1 » sur Amazon

jeudi 14 janvier 2010

jeudi
14
janvier 2010

Renégats, de David Gemmell.

L'ouvrage:
L'ordre des chevaliers de la Gabala a été créé pour combattre le mal. Ce sont des chevaliers triés sur le volet, qui, en plus de leur adresse et de leur force au combat, ont hérité d'armes magiques. Le sorcier Olater leur a ouvert le portail entre les deux mondes, et ils sont partis affronter le mal... sauf Mananan. Au dernier moment, celui-ci a reculé.
Aucun chevalier n'est revenu, et Mananan, prisonnier de son armure et de son heaume, erre dans la forêt à la recherche d'Olater, le seul capable de le délivrer.

Quelque chose de dangereux se prépare. D'étranges créatures colossales hantent la forêt, tuant et dévorant tous ceux qu'elles y trouvent.
De mystérieux chevaliers rouges, apparemment commandés par le roi, font régner la terreur. Ils disent combattre le mal, mais ils propagent la peur.

Pour échapper au diktat royal, des gens quittent les villes, et fuient dans toutes les directions. C'est ainsi que plusieurs personnages de Makta se retrouveront au coeur de la forêt.

Critique:
J'ai rarement l'occasion de lire des ouvrages de fantasy, et du coup, je ne sais toujours pas si j'apprécie le genre ou pas. Je n'ai pas aimé le cycle des princes d'ambre, de Roger Zelazny (je n'ai même pas pu finir le tome 1), et il paraît que c'est un incontournable du genre. Mon mari, qui s'y connaît mieux que moi en fantasy, m'a rassurée, après avoir essayé de le lire: il a lu des ouvrages qui l'ont bien plus passionné.

J'ai beaucoup aimé ce roman. D'abord, l'auteur sait nous plonger très vite dans son monde et dans les intrigues de ses personnages. On se retrouve aisément immergé dans l'univers que David Gemmell créé. Univers qui contient assez de repères pour qu'on puisse s'y retrouver, et assez de nouveauté par rapport à ce qu'on connaît pour nous dépayser, nous faire penser à autre chose. On ne met pas 10 pages à découvrir les règles et les spécificités d'un monde qui nous est totalement inconnu. L'auteur a su mêler connu et inconnu, ce qui fait qu'on se divertit.

Les personnages sont sympathiques et attachants. Là encore, ils ne sont pas de parfaits héros qui ne pensent et ne fomt que le bien. Ils seraient peu crédibles. Ils sont complexes. Le lecteur comprend leurs motivations, même s'il lui arrive de soupirer d'exaspération à cause de l'entêtement de certains.

Lentement, David Gemmell tisse une toile inextricable autour de ses personnages et de son lecteur. Cette forêt, théâtre de tous les moments importants du roman est fascinante. Elle est comme un vaste huis-clos. Ce contraste est une partie de ce qui captive le lecteur. En outre, la forêt est un lieu symbolique, qui tient souvent une place importante dans les romans de fantasy. Enfin, pour quelqu'un d'un peu imaginatif, une forêt, c'est mystérieux, c'est justement l'endroit où se croisent le bien et le mal.

Certaines choses m'ont déplu, mais je dois reconnaître qu'elles apportent force et crédibilité au roman. (Attention, passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.)
J'ai bien sûr été attristée de la mort d'Olater. Mais c'est ce qui a permis à Lamfada de devenir l'armurier.
J'ai trouvé qu'il y avait trop de morts de personnages sympathiques, mais cela apporte plus de crédibilité.

L'affrontement bien et mal est assez bien expliqué dans le roman. D'abord lorsque deux personnages s'entretiennent à ce sujet, mais aussi lorsque Mananan finit par découvrir le monde de l'autre côté du portail. Polus et lui s'affrontent et chacun expose son point de vue. Ils ne peuvent pas se comprendre. Bien sûr, le lecteur donnera raison à Mananan, mais les arguments de Polus quant au monde auquel il n'appartient plus sont intéressants.

Je me suis un peu ennuyée à partir du chapitre 15, car je trouvais que tout devenait prévisible. Depuis le début du roman, j'étais tenue en haleine, et soudain, tout se précisait, et on sait ce qui va se passer. Alors, on attend que l'auteur nous le raconte, mais on est beaucoup moins impatient de continuer sa lecture.
Néanmoins, ce genre de chose arrive beaucoup dans les romans de fantasy, me semble-t-il. Donc ma critique à ce sujet vient peut-être du fait que certains aspects du genre me plaisent moins.

Malgré certains points qui m'ont déplu, je recommande vivement ce livre, qui, à mon avis, vous fera passer d'agréables moments.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Judith Repond pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a une voix basse et sobre. J'ai aimé son interprétation de ce roman. Elle a préféré ne pas se risquer à trop en faire, mais parfois, a tenté quelques intonations plus vives. Sa narration est très bonne, et sa manière d'interpréter, si elle est plutôt sobre, ne tombe absolument pas dans le monotone. Je lirai donc avec plaisir d'autres livres enregistrés par elle.

Acheter « Renégats » sur Amazon

lundi 13 octobre 2008

lundi
13
octobre 2008

La grande inversion, de Philippe Rouchier.

La grande inversion

L'auteur:
Le site officiel de Philippe Rouchier vous le fera découvrir bien mieux que je ne pourrais le faire.

L'ouvrage:
Voskul est furieux. Lui qui commençait à prendre des vacances bien méritées dans le royaume de Kzz, est rappelé par ses supérieurs. Il doit se rendre chez le mage Kastétrophus qui, semble-t-il, a commis une erreur lors d'une opération de magie.
Sans prendre la peine d'enquêter sur les résultats de cette erreur, Voskul se propose de punir l'impudent, puis de retourner se reposer. Seulement, Kastétrophus a prévu la colère de l'enquêteur surnaturel, et arrive à le neutraliser. Voskul devra donc accompagner Zalbast et Zelzévine, un jeune homme et une épée. Ils sont le fruit de l'opération malencontreuse de Kastétrophus. Les deux êtres ont fui, aidés par le mage, afin d'échapper au courroux des instances supérieures. Zalbast a une mission: délivrer un message, et doit, pour cela, faire un long voyage, périple pendant lequel il sera épaulé par Voskul.

Critique:
Si vous voulez garder le suspense entier jusqu'au moment où Zalbast découvre la vérité, ne lisez pas la quatrième de couverture. Elle en dévoile trop sur l'intrigue, et sur la raison pour laquelle Zalbast et Zelzévine sont une erreur des manipulations de Kastétrophus. Il est regrettable, à mon avis, que la quatrième de couverture ait été rédigée ainsi.

Ce livre est plaisant par plusieurs côtés. D'abord, nous sommes entraînés, à l'instar des héros, dans une multitudes d'aventures qui mènent à l'accomplissement de la mission. Zalbast rencontre des embûches, ce qui le fait mûrir, et le pousse à découvrir des vérités sur lui-même: la raison de sa création, mais aussi sa personnalité, sa façon d'agir dans des situations extrêmes.
D'autre part, les joutes verbales entre Zalbast et Voskul sont savoureuses. Bien sûr, c'est un peu cliché: les deux personnages ne pouvant pas se supporter, et étant obligés de travailler l'un avec l'autre. Cependant, cet aspect de l'intrigue m'a plu, car ces échanges sont une pause divertissante. Ils nous font oublier la tension pour quelques minutes, ce qui fait qu'on y est replongé avec d'autant plus d'étonnement. Tout au long des aventures qu'ils vivent, ils s'agacent, et ne se privent pas de se le faire savoir. Seulement, le lecteur sait qu'il y a un respect et une amitié sous-jacents. La fin en est la preuve. A mon avis, la scène la plus drôle est celle où Zalbast doit délivrer Voskul, prisonnier d'un giroplasme, dans le manoir de l'oncle de Sha.

D'autre part, lorsque Zalbast parvient à délivrer son message, la leçon qu'il en tire est inattendue et pleine de sagesse. Là aussi, vous me direz que c'est un peu cliché. Peut-être, mais je ne l'avais pas deviné. En outre, le lecteur prend toute la mesure de la malice de Kastétrophus.
La toute fin était à prévoir. Cela ne pouvait se terminer autrement. Elle est donc satisfaisante puisqu'elle s'accorde avec ce que le lecteur connaît de Zalbast. Bien sûr, les personnages ont un peu peur de se retrouver au milieu de nulle part, mais le lecteur se doute bien que si Zalbast s'est vu confier un certain objet, c'était parce qu'on avait prévu qu'il s'en servirait.

D'autres côtés m'ont moins plu.
Il m'a semblé que les aventures étaient superposées les unes aux autres sans aucun liant, mis à part Zalbast et Voskul. Ca me faisait penser aux dessins animés où les personnages vivent une aventure par épisode. De ma part, ce n'est pas une manière de dénigrer cette façon de faire, car je suis fan de dessins animés. Seulement, ce genre d'histoires me lasse vite, car je préfère les histoires un peu plus suivies.

Par ailleurs, l'énigme rappelant un roman policier, où les personnages doivent découvrir qui est le meurtrier, m'a semblé légèrement artificielle, comme si l'auteur l'avait ajoutée après coup pour mêler le plus de genres possible, à la façon de Serge Brussolo. C'est un peu rattrapé par la fin de l'aventure, fin à laquelle je ne m'attendais pas.

Les personnages sont attachants (Voskul et sa fausse mauvaise humeur chronique, Sha qui semble soumise et fade au premier abord, et qui se révèle intelligente et courageuse), mais, pour certains, pas assez fouillés. Bien sûr, pour Zalbast, c'est un faux reproche, puisque normalement, il est gentil. (Je n'en dirai pas plus.) Mais un personnage comme Farfalax aurait mérité d'être un peu plus développés, car sa création est intéressante.

Ce livre m'a été offert par son auteur. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

Acheter « La grande inversion » sur Amazon