Conduite en état Livresque

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Quiconque se laisse maltraiter ne vaut pas mieux que la manière dont on le traite.
Brigitte Levarlet dans "Puinègre".

jeudi 3 mars 2011

jeudi
3
mars 2011

Le pourquoi du comment, de Daniel Lacotte.

Le pourquoi du comment

L'ouvrage:
L'auteur répond ici à des questions que nous nous posons sur la vie, le temps, etc. Le livre est découpé en cinq chapitres, un chapitre par thème. Il y a: vie quotidienne, animaux, science, espace, culture.

Critique:
La première qualité de ce livre, c'est qu'il n'est pas écrit en jargon prétentieux et incompréhensible. L'auteur explicite, pour son lecteur, certains «mystères» de la vie. C'est écrit de manière simple. C'est comme de petites histoires.

Certaines réponses sont assez loufoques. Par exemple, la réponse au pourquoi du mot «scotch» pour désigner le ruban adhésif. Il ne m'était jamais venu à l'idée de me demander pourquoi cela s'appelait du scotch, mais l'histoire vaut le détour.
Pour pousser plus loin l'amusement, la question des grains de sable saura vous faire rire.
J'ai beaucoup aimé, entre autres, la question sur les cornets de glace, et celle sur le bâillement, surtout la théorie qu'on bâille quand on entend parler du bâillement. La théorie s'est d'ailleurs vérifiée avec moi, j'ai bâillé juste avant de l'entendre. ;-)

On apprend des choses à divers degrés. Par exemple, si on connaît déjà une réponse (je savais que la tomate était un fruit), on apprend l'histoire qui entoure ce classement, et c'est toujours intéressant.

On trouve beaucoup de questions ayant rapport au temps: pourquoi douze mois, pourquoi sept jours dans la semaine, les saisons...
L'auteur affirme que la pleine lune n'a pas d'influence sur notre comportement, arguant que les statistiques faites n'étaient pas probantes. Je reste sceptique.
Je ne pensais pas qu'un nuage pouvait être si lourd!

Bref, un livre sympathique où on s'instruit en s'amusant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par père Marc-André pour l'Étoile Sonore.

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jeudi 3 février 2011

jeudi
3
février 2011

Absolument dé-bor-dée! ou le paradox du fonctionnaire, de Zoé Shepard.

Absolument dé-bor-dée!

L'ouvrage:
Zoé Shepard est administratrice territoriale. Elle fait partager au lecteur un an au sein des bureaux de la mairie. On découvrira ainsi son patron (dit The Boss), qui lui donne toutes les missions poubelle; Coralie (Coconne), qui accumule les bourdes; l'intrigante, qui étale son absence de savoir; Alix, qui est là parce qu'elle est de la famille du maire; Monique, qui passe ses journées au téléphone; Cyril (le bizu), qui a du mal à comprendre que le travail n'est pas vraiment le maître mot; Fred, qui ne pense qu'à satisfaire ses bas instincts, etc.

Critique:
Voilà un livre qui, au choix, vous fera rire ou vous lamenter. En effet, je pense (et je parle d'expérience), que Zoé Shepard n'exagère pas.
D'un côté, comment ne pas rire aux bourdes répétées de Coconne, qui, en plus de faxer à l'envers et de squatter la machine à café, dit des choses comme: «Il sort de la cuisine de Jupiter»? Comment ne pas se tordre à la lecture d'anecdotes qui montrent une incompétence indéniable? (L'histoire du guide à corriger et des «alinéas» m'a laissée pantoise, mais ce n'est pas la seule.) Comment ne pas rire, tout en les méprisant, de personnes comme le maire, Fred, etc? Comment ne pas être attendri par l'espèce de naïveté de Cyril?... Mais d'un autre côté, comment ne pas être scandalisé de l'étalage de bêtise que Zoé Shepard expose!
Certains se cacheront sous un commode: «Bah, ce n'est pas vrai. Elle exagère.» Malheureusement, pour avoir été victime de l'incompétence de certains, pour avoir vu des gens faire preuve d'une bêtise que je n'aurais pas pensée possible, je ne peux que croire ce que raconte l'auteur.
J'ai également connu des «intrigantes», tentant de combler leur ignorance et leur paresse en brassant beaucoup de vent... en jouant sur le paraître, quoi.
Idem pour les réunions où on n'avance pas, et où on parle pour ne rien dire, et tant d'autres choses qui sont si vraisemblables.

Je ne peux pas donner trop d'exemples, cela vous gâcherait la lecture, mais sachez que même pour le départ d'un haut-placé, on fait mal les choses. Le supérieur de Zoé, à son départ, s'est vu offrir... une tasse à café.
Ceci n'est qu'un exemple, et pas des plus marquants (c'est dire...), des anecdotes hilarantes (il vaut mieux en rire) dont regorge ce livre.

Si le rire est engendré par les événements racontés, n'oublions pas le style de l'auteur. Je me suis régalée de ses répliques acerbes, de ses analyses pertinentes, de ses raisonnements percutants, tout cela brillamment exprimé, d'une écriture vive et fluide, d'une plume corrosive, avec verve et causticité. Sans oublier les surnoms hauts en couleur dont elle affuble certains de ces collègues. Je ne peux résister au plaisir de vous faire partager un délicieux extrait, qui n'est qu'un exemple parmi tant d'autre:
« «Entrez, (...).»
Je vois la poignée s'abaisser convulsivement plusieurs fois sans que rien ne se passe.
«Il y a un problème?
-Je n'arrive pas à ouvrir la porte, m'informe-t-il, de l'autre côté.»
(...) Il a le parfait profil pour travailler dans le service. Il va rapidement devenir chef. Ne pas réussir à ouvrir une porte, même Coconne ne me l'avait jamais faite.»

Il y a bien quelques maladresses syntaxiques, par exemple, des mots ou des consonances écrits deux fois à une ligne d'intervalle («auparavant» à propos de la cantine, «nouvel(le)» quand Zoé découvre Cyril à son bureau, «ensuite, s'ensuit»...). Il y a aussi des redondances: Zoé dit que quelqu'un va parler, elle énonce les propos de la personne, puis insère une proposition incise («dit-elle», «répondit-elle», etc). Il est donc énoncé deux fois qu'il y a prise de parole.
Néanmoins, ces petites erreurs ne sont pas gênantes.

Pour ceux qui choisiront de se lamenter, espérons que ce portrait au vitriol et sans complaisance fera bouger les choses, et engendrera une grosse remise en question... Bien sûr, il n'est pas agréable d'être mis en face de ses faiblesses, surtout de manière si catégorique avec un humour si juste. Mais on n'avance jamais si on ne se remet pas un minimum en question.

Apparemment, l'auteur a tenté de faire en sorte que personne ne puisse savoir de quelle collectivité territoriale il s'agissait.
Certains pourraient dire que l'auteur se fait passer pour la meilleure, la fleur au milieu des orties. Or, elle ne cache pas qu'elle arrive fréquemment très en retard au travail, et se laisse porter par la paresse ambiante, même si elle en fait plus que ceux dont elle parle. N'oublions pas également qu'elle indique à plusieurs reprises que le service tient debout grâce à l'une d'entre eux: Michèle. Enfin, dans les remerciements, elle évoque les collègues qui partagent son ressenti. Elles ne parlent pas d'eux dans son récit, mais ils existent. Peut-être aurait-elle pu les évoquer. Et puis, si son humour cynique éclabousse Cyril, elle nous le présente quand même comme quelqu'un de sympathique.
D'autres remarquent que si c'était si horrible que ça, elle pouvait tenter de changer d'administration. Si j'ai bien compris, avant de publier son livre, elle avait l'espoir d'obtenir une place qui l'aurait satisfaite.

Remarque annexe:
En général, je ne lis pas les remerciements en fin d'ouvrage, ou en diagonale, car ils sont ennuyeux. Ici, ils sont écrits de manière aussi alerte et amusante que le livre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi 21 juin 2010

lundi
21
juin 2010

Le Guide du chat, d'Angéla Gair.

Le guide du chat

L'ouvrage:
Angéla Gair nous donne un aperçu des chats: les races, l'alimentation, certaines maladies, un peu de psychologie, etc.

Critique:
Je pense que ce livre est très bien pour quelqu'un qui commence à se documenter sur le chat. D'abord, il n'est pas trop long, il ne risque pas de rebuter les lecteurs. En outre, il n'est pas rédigé en jargon, ce qui est une qualité. Enfin, il est plein de conseils utiles sur beaucoup de points. Néanmoins, moi qui me documente, tente de croiser mes sources, et qui parle aussi d'expérience (même si mes chats et ceux de mes amies ne représentent pas tous les chats), j'ai quelques reproches à faire. Reproches que je nuancerai en disant que je ne sais pas de quand date le livre, et que donc, certaines choses sont peut-être inexactes parce que non-prouvées à la date où Angéla Gair l'a écrit.

L'une des choses importantes est que l'auteur demande au lecteur de s'interroger avant d'adopter un chat. Elle évoque les abandons, la légèreté de certains qui ne pensent pas aux conséquences d'une adoption. L'auteur évoque cela de manière plus correcte que moi qui dis souvent aux gens qu'un animal n'est pas une peluche.
Elle bouscule les idées reçues de ceux qui ne veulent adopter que des chatons ou uniquement un mâle ou une femelle. Elle parle aussi du côté positif d'avoir deux chats, seulement, elle n'entre pas assez dans les détails, se contentant de dire qu'il vaut mieux adopter deux chatons de la même portée. Soit, mais il y a plusieurs autres cas de figure à envisager.
Ensuite, lorsqu'elle évoque l'installation du chat, elle n'est pas aussi radicale que certains qui conseillent de l'isoler: elle préconise, comme moi, de le laisser se cacher, et d'attendre qu'il s'aventure dans la maison.

Elle informe également sur les raisons de stériliser un chat. Tout est très bien expliqué.
D'autres conseils utiles sont donnés sur les points suivants: brossage, lits des chats, paniers de transport, comment faire en sorte de pouvoir identifier un chat, soins préventifs, cachettes affectionnées des chats qui peuvent être dangereuses (machine à laver etc), jeux, comment déceler certains symptômes, traitements antipuces.
Et puis, il y a le tableau de calcul de l'âge du chat, les explications sur le ronronnement, sur l'accouchement de la chatte.

Les conseils sur l'hygiène dentaire sont utiles, mais l'auteur oublie d'évoquer les liquides apparemment inodores à mettre dans l'eau.

Il y a des choses qui me laissent dubitative, comme par exemple, le fait que les chats ayant les yeux de telle couleur sont sourds. Je me demande si ce n'est pas une idée reçue au même titre que celle comme quoi les chats roux sont tous des mâles.

L'auteur parle des assurances maladie pour les chats. C'est une bonne chose, parce qu'on ne sait pas forcément que ça existe. Seulement, elle n'en donne que les bons côtés, et ne dit pas, par exemple, que seuls les chats de moins de cinq ans peuvent en bénéficier.

Les conseils sur les litières sont utiles, excepté, à mon avis, celui sur les bacs couverts. Effectivement, ça protège quelque peu le nez de l'homme, et le chat se sentira peut-être plus tranquille, mais ça retient les odeurs, ce qui n'est pas agréable pour le chat, et peut être cause de cystite.
L'auteur explique qu'il existe des litières à yeux électroniques dispensant l'homme de la corvée de nettoyage. Je n'en ai pas entendu parler avant, donc si quelqu'un en sait plus, ça m'intéresse.
Il est également dit de laver les bacs à litière au détergent. Le bicarbonate de soude serait peut-être une meilleure solution car plus naturelle et sans odeurs. Une trop forte odeur de détergent fera perdre ses repères au chat.
Une chose m'a «amusée»: l'auteur dit que le chat doit toujours avoir une litière à disposition, car s'il se retient de faire pipi, les bactéries peuvent causer des cystites. Soit. Enfin, le pbus important, c'est que ce n'est pas bon pour lui, tout comme pour n'importe quel animal et pour l'homme, de se retenir de faire pipi.

Angéla Gair dit également qu'il faut couper les griffes des chats qui ne sortent pas. Je pensais qu'ils se les rongeaient eux-mêmes. Si quelqu'un en sait plus, cela m'intéresse. Mes chats n'ont pas l'air d'avoir des problèmes de griffes trop longues, mais sur ce point, je n'y connais pas grand-chose.

Les conseils sur l'alimentation sont utiles, mais je trouve que l'auteur n'insiste pas assez sur le fait que les croquettes de supermarché ne sont pas bonnes pour la santé des chats. On me dira que les croquettes qu'on trouve chez le vétérinaire sont bien plus chères. C'est vrai. Outre qu'on peut les avoir moins chères en les achetant sur des sites spécialisés en vente de produits pour animaux, il faut s'attacher à la composition afin de déterminer lesquelles sont bonnes ou pas, car outre celles de supermarché, celles de certaines marques ne sont pas forcément adaptées. Elles sont souvent trop minéralisées et/ou pas assez riches en viande.

D'autre part, l'auteur n'insiste pas assez sur le libre service. Elle dit que c'est mieux, mais pas obligatoire. Or, le chat a besoin d'avoir de la nourriture en libre service (c'est pourquoi les croquettes sont plus adaptées que la pâtée), car il mange beaucoup de petits repas par jour. Le manque d'information des gens fait que beaucoup de chats domestiques ont des problèmes avec la nourriture, et se jettent dessus dès qu'on la leur sert. C'est la frustration de ne pas pouvoir manger comme le rythme de vie de leur espèce l'exige.

En outre, l'auteur ne dit rien du pipolino ou de sa petite soeur, la balle à croquettes. Or, c'est quelque chose qui me semble important, surtout pour les chats qui ne sortent pas. (Je ne développerai pas ici, car ma chronique risque d'être immense, mais je veux bien développer pour qui le souhaitera.)

Pour en finir avec l'alimentation, l'auteur recommande le thon. Or, le thon est trop salé, trop minéralisé, et peut causer des problèmes rénaux, à terme. De temps en temps, on peut en donner aux chats qui en sont friands, mais il faut que ce soit sporadique.

L'auteur donne des explications sur les caractéristiques physiques et morales de chaque race de chats. Je trouve ça un peu trop catégorique. Je pense que le caractère d'un chat tiendra surtout à ses gènes et à son vécu. Peut-être certaines races sont-elles plus prédisposées à telle «personnalité», mais pas autant que ce qui est dit ici, à mon avis.
Par ailleurs, j'avoue avoir un parti pris, car je pense que les races ont été créées (ou renforcées pour certaines), par l'homme pour son seul plaisir, et cette façon de voir ne me plaît pas.
L'auteur explique quand même que le persan demande beaucoup d'entretien, et invite son lecteur à bien réfléchir avant d'en adopter un.
À propos de l'adoption d'un chaton, l'auteur affirme qu'un chaton de race ne doit pas quitter sa mère avant ses trois mois, alors qu'un gouttière peut à partir de deux mois. En quoi un chat de race serait-il différent d'un chat de gouttière sur ce point? Les trois mois sont de rigueur dans les deux cas, afin que le chaton soit le plus équilibré possible.

L'auteur conseille de donner de l'huile de paraffine pour mieux faire glisser les boules de poils. Or, l'huile de paraffine est mauvaise, car elle imperméabilise la paroi de l'intestin.

Certains penseront: mais qui elle est, celle-là, pour oser s'opposer aussi catégoriquement aux écrits d'une spécialiste? Je suis quelqu'un qui aime les chats, et qui souhaite sout faire pour leur bien-être. En me documemtant, je découvre qu'on raconte beaucoup de choses sur les chats. Vétérinaires et comportementalistes ne sont pas d'accord les uns avec les ausres. Alors, je suis les conseils de spécialistes, mais aussi ceux de personnes qui se documentent beaucoup, et qui, comme moi, veulent faire au mieux pour leurs animaux, tout en me fiant aussi à mon instinct (plus on se documente, plus on finit par savoir trier), puis je me base sur mes expériences et celles qu'on me raconte. Je sais, par exemple, que la balle à croquettes a changé la vie de mes chats. Ils n'ont aucun problème de nourriture, et ne sont plus en surpoids depuis qu'ils l'utilisent.
Idem quant à l'huile de paraffine. Outre ma propre expérience et celle d'une amie, des spécialistes la déconseillent.
Je m'arrête là, mais je pourrais expliquer mes autres assertions.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Bourderon.

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lundi 5 octobre 2009

lundi
5
octobre 2009

No kid, de Corine Maier.

L'ouvrage:
Dans ce petit livre, Corinne Maier détaille quarante raisons de ne pas avoir d'enfants.

Critique:
Je connaissais Corinne Maier, car on a beaucoup parlé de son «Bonjour Paresse». Je ne l'ai pas lu, mais j'avais entendu dire qu'elle dénonçait sans complaisance les travers de l'entreprise pour laquelle elle travaillait.

Quand à «No kid», la quatrième de couverture explique que Corinne Maier ne mâche pas ses mots, dit tout haut ce que tout le monde pense, et est délicieusement politiquement incorrecte. Je m'attendais donc à quelque chose qui me plairait énormément, voire qui serait mon livre de prédilection. Eh bien, j'ai un sentiment plutôt mitigé.

Il est vrai que certaines choses dites par Corinne Maier sont jubilatoires. Par exemple, elle décrit très bien la façon dont la société soi-disant bien pensante juge les femmes qui ne veulent pas d'enfants. Elles sont presque désavouées, on ne cherche pas à les comprendre. En effet, elles ne demandent pas qu'on fasse comme elles, mais qu'on les laisse faire sans les juger. Les femmes voulant des enfants vont même jusqu'à plaindre celles qui n'en veulent pas! Elles ne sont pas à plaindre puisqu'elles ont fait un choix en toute liberté.

L'auteur décrit également très bien le ridicule de certains parents pour qui tout ce qui est leur enfant est merveilleux. Ils sont persuadés que vous pensez comme eux, et que vous êtes absolument ravis qu'ils ne parlent que de leur bébé qui a fait ceci ou cela. A part pour eux, je ne vois pas trop l'intérêt de savoir que le petit Bidule a fait son rot comme il fallait, a été sur le pot, etc. Tout cela est banal, et habituel aux bébés, on ne va donc pas s'étonner qu'ils le fassent.
J'irai même plus loin que l'auteur: un parent sera absolument sûr que vous qui n'avez rien demandé, mourez d'envie de tenir dans vos bras le petit ange, malgré le fait qu'il soit couvert de la nourriture du repas qu'il vient d'absorber. Pour le parent, le caca du petit Machin sera une oeuvre d'art. Et il sera persuadé que votre rêve le plus fou, quand vous lui téléphonez, c'est de parler au petit Machin qui va ânoner des choses incompréhensibles. Il ne leur vient pas à l'idée qu'ils sont agaçants, à pérorer et à gâtifier sur leurs enfants qui grandissent absolument normalement, et font exactement les mêmes choses que tout enfant normalement constitué.
Je pourrais donner tout un tas d'exemples de personnes extrêmement pénibles, exemple illustrant bien les assertions de Corinne Maier, et même, allant plus loin que tout ce qu'elle a pu écrire. Mais je m'arrêterai là.

Néanmoins, l'auteur tombe dans l'excès. D'abord, elle ne fait aucune nuance, expliquant que tous les travers pénibles qu'elle décrit sont ceux de tous les parents. Il aurait mieux valu qu'elle dise «certains parents». Les clichés sont à bannir, car il est sûr que tous les parents de France ne sont pas aussi benêts que ce qui est décrit.

D'autre part, elle râle après certaines choses dont l'interdiction de fumer auprès d'un enfant, car c'est mauvais pour lui. Si je demande que l'on ne fume pas auprès de moi, ce n'est pas pour embêter le monde, c'est parce que j'ai besoin de respirer, et que la cigarette me fait suffoquer. Donc, ce n'est pas uniquement la société soi-disant bien pensante qui impose de ne pas fumer, c'est aussi les gens qui ont besoin de respirer un air non empuanti de l'odeur du tabac.

Enfin, Corinne Maier refuse les catégories, les étiquettes, mais elle en fait. D'abord, elle met tous les parents dans le même sac, comme je l'ai déjà dit. En plus, sa diatribe sur l'école est assez affolante. Si elle a raison de dire que ça se passe ainsi, elle a tort de dire que cela se passe ainsi partout. Elle affirme que l'école catégorise tout, et se débarrasse sans vergogne des élèves qui ne se conforment pas, et n'entrent pas dans le moule. Il faut tout de même remettre les choses à leurs places. Un professeur a trente élèves par classe à gérer, et il n'a pas une seule classe. Certains professeurs, il est vrai, se fichent des élèves, ne voient en eux que des objets, ont une démarche anti-pédagogique, ne s'investissent pas, se font faire des arrêts maladie en veux-tu en voilà. Mais d'autres s'investissent, tentent de faire du cas par cas, et je vous prie de croire que ce n'est pas facile.
Quant aux élèves dont on se débarrasse, comment avancer et faire avancer ceux qui le veulent avec des élèves qui perturbent le cours, répondent insolemment, et ne respectent ni leurs camarades ni les adultes?
Il serait donc bon que Corinne Maier parle de ce qu'elle connaît bien, et ne fasse pas de clichés, alors qu'elle dit les rejeter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Liliane Piéré pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 3 mars 2008

lundi
3
mars 2008

L'art de gérer son temps, d'Erik Pigani.

L'art de gérer son temps

L'ouvrage:
L'auteur nous donne quelques astuces pour mieux gérer notre temps, et en perdre le moins possible.
Il explique également que certaines habitudes sont à prendre, qu'une bonne gestion du temps ne se fait pas du jour au lendemain. Il fait accomplir au lecteur un travail qui lui fait prendre conscience du temps qu'il passe à chaque activité. Ainsi, le lecteur trouvera plus facilement comment remédier aux pertes de temps.

Critique:
Pour quelqu'un qui cherche à optimiser son temps comme moi, ce livre est une aubaine, à première vue. Certains conseils sont astucieux, mais comme je suis très maniaque, je les avais déjà trouvées. Je les avais même poussées plus loin. Mais il faut dire que j'ai la chance de pouvoir me concentrer sur deux choses à la fois. Par exemple, je comble l'aversion que j'ai pour mon travail en corrigeant les copies ou préparant les cours tout en écoutant un livre, ou des épisodes d'une série que j'aime.
Erik Pigani dit que, par exemple, on peut lire dans son bain, si on aime prendre de longs bains. J'ajoute qu'on peut également lire en voiture, si on accroche au livre audio.
L'auteur conseille également de ne pas se disperser: par exemple, de ne pas avoir deux ou trois agendas, mais un seul. Il faut toujours penser à l'avoir sur soi, mais au moins, tout est centralisé.

A part les petites astuces, l'auteur nous propose d'effectuer un travail de longue haleine, en prenant des notes sur la façon dont nous gérons notre temps.
Il nous propose aussi de calculer notre biorythme pour qu'on sache quand on aura des jours avec et des jours sans. (Je simplifie énormément, mais tout ce qui concerne le biorythme est bien expliqué dans le livre.) J'ai, pour l'instant, laissé tomber le calcul du biorythme, car c'est assez difficile à faire... Enfin, disons qu'il y a beaucoup de manipulations. Mais rien ne dit que je n'essaierai pas à nouveau.

Ensuite, l'auteur nous parle de la synchronicité: ces petites coïncidences qu'un esprit trop rationnel a du mal à admettre. Il nous pousse à les accepter, et à y croire. Je suis très rationnelle, mais je crois que ces petites coïncidences sont possibles, pour la bonne raison qu'on en a tous vécu.

Dans l'ensemble, le livre est agréable à lire. Il n'est pas écrit dans un jargon incompréhensible. Le travail que l'auteur nous propose de faire est intéressant. Il nous propose de nous recentrer, de planifier, d'organiser notre vie. Il ne veut pas que tout soit minuté, non. Il propose une meilleure organisation du temps, ce qui évitera d'en perdre. Le livre est à lire et à feuilleter.

Une chose m'a un peu agacée. Erik Pigani fait allusion à un autre de ses écrits. Il en parle assez souvent. C'est un peu lourd. Il affirme même que «L'art de gérer son temps« vient en complément de l'autre livre. Ces appels du pied répétitifs («Achetez l'autre livre!«), sont un peu pénibles.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Grossenbacher pour la Bibliothèque Braille Romande.

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