Conduite en état Livresque

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C'était un peu comme prendre une petite carte d'abonnement pour la souffrance.
Philippe Djian dans "37,2 le matin".

jeudi 8 décembre 2011

jeudi
8
décembre 2011

Toutes réflexions faites, de Sacha Guitry.

Toutes réflexions faites

L'ouvrage:
Ce livre se compose d'un portrait de l'auteur par lui-même, puis de toute une série de réflexions qu'il fit.

Critique:
Je ferai le reproche que je fais généralement à ce genre de livres: il est trop court. Il est tellement plaisant de déguster ces petites phrases, et de savourer tout le génie de Sacha Guitry. Il y en a pour tous les goûts. L'auteur aborde tour à tour des sujets aussi variés que la littérature, les amis, la bêtise, etc. Le lecteur se délectera de toute une palettes de réflexions jouant sur tous les registres: drôles, piquantes, féroces, humbles, absurdes, tendres, graves, admiratives, ironiques, méditatives... La plupart de ces phrases sont pleines de bon sens.
L'auteur n'oublie pas les jeux de mots, comme celui de la pendule qui, à l'heure du dîner, lui dit: «Dîne donc, dîne donc.»

Il n'est pas facile de faire rire, principalement parce qu'il y a des tas de degrés d'humour, et que personne n'a la même sensibilité. L'humour est ce sur quoi on s'accordera le moins volontiers. Malgré cela, je pense que ce recueil conviendra à la plupart, car il y a toutes les formes d'humour. Personnellement, j'ai trouvé certaines phrases plus percutantes que d'autres, peut-être certains en préfèreront d'autres. Mais comme il y en a pour tous les goûts, beaucoup de lecteur trouveront de quoi rire.

Ma chronique étant très courte, et mon but étant de vous appâter, voici quelques citations qui ne sont qu'un faible échantillon de ce qu'on trouve dans ce livre.
«Je suis si fatigué que je bâille en dormant.»
«Cinq hommes armés qui m'ont conduit à la mairie. Un instant, j'ai pensé qu'on allait me marier de force.»
«Le théâtre est né de l'église. Elle ne le lui pardonnera jamais. Jalousie de métier.»
«J'ai appris à aimer certains hommes par le mal que j'en ai entendu dire par d'autres hommes que je n'aimais pas.»
«Je n'aime pas qu'on me téléphone. Et je donne d'interminables coups de téléphone, pour que, pendant ce temps-là, personne ne puisse me téléphoner.»
«J'ai pris mon rhume en grippe.»
«Cet homme qui, depuis deux ans, disait pis que pendre de moi, est mort hier soir. Je n'en demandais pas tant. Et d'autre part, je veux espérer qu'ils ne vont pas tous chercher à s'en tirer de cette façon-là.»
«Vous me jugez sur mes réponses? Si vous croyez que je ne vous juge pas sur vos questions...»

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Duboule pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 18 juillet 2011

lundi
18
juillet 2011

Embrasser le ciel immense: le cerveau des génies, de Daniel Tammet.

Embrasser le ciel immense : Le cerveau des génies

L'ouvrage:
Daniel Tammet a vaincu son autisme. Dans ce livre, il expose différentes théories sur le cerveau et ses possibilités.

Critique:
J'ai toujours voulu lire des ouvrages se rapportant à ce mystère qu'est le cerveau. J'avais essayé celui de je ne sais plus quel scientifique (le livre a même eu un prix, je crois), mais j'ai renoncé, car le monsieur racontait sa vie, ce dont je me fichais royalement. Vous allez me dire que Daniel Tammet parle de lui-même dans ce livre. Soit, mais il ne parle de lui que pour étayer des théories, expliquer dans quel sens vont telle ou telle expérience. Ces allusions à lui-même sont toujours pertinentes.
Une autre chose pourrait rebuter dans ce genre de livre: la peur de l'ennui à cause du vocabulaire employé ou de la densité de l'ouvrage. Ici, l'ouvrage est dense, mais l'auteur n'assomme pas son lecteur. Il raconte une histoire, il fait la conversation, jalonnant son livre d'exemples, d'expériences, de petits questionnaires sympathiques. C'est très agréable à lire. On s'instruit sans se prendre la tête. En outre, toutes les théories développées sont intéressantes, et montrent un esprit ouvert et critique, ce qui se perd dans notre société actuelle.

J'ai été interpellée par les tests du QI. Daniel Tammet démontre qu'ils ne sont pas vraiment adaptés. Outre cela, si j'ai bien compris, il y a une partie visuelle. Comment font donc les aveugles qui doivent passer un test de QI? Je suppose qu'il y a des tests adaptés, mais ils n'ont pas été évoqués ici. D'autre part, vu ce que dit l'auteur, il est évident que ces tests ne sont pas appropriés. Comment se fait-il qu'on ne les ait pas changés au cours des années?
Je ne savais pas que la crânométrie avait été si à la mode pendant tant de temps... C'est assez décevant.
Certaines des idées reçues évoquées ici m'ont paru très bêtes, je l'avoue... J'ai eu du mal à croire qu'elles étaient encore soutenues.

J'ai adoré l'évocation des multiples facettes de la mémoire. Je me doutais de certaines choses, mais le livre m'a aidée à faire le point.
Il est fascinant de penser qu'apparemment, le cerveau peut se réorganiser, après un choc, et retrouver certaines fonctions.

J'ai également beaucoup apprécié les passages sur les langues: leur apprentissage, leur diversité, leur musique.
À cette occasion (entre autres), je pense que Daniel Tammet a adapté son texte pour la traduction française. En effet, lorsqu'il donne certains exemples, il les donne à partir de textes français, et non d'un texte traduit.

Je suis assez d'accord avec l'auteur quant à savoir si le talent vient d'un travail acharné ou des «gènes». Bien sûr qu'il y a des deux: il y a des terrains favorables qui seront stimulés par travail et environnement.

J'ai apprécié la façon dont l'auteur explique que les statistiques doivent être bien examinées avant d'être prises au sérieux, et que souvent, beaucoup de paramètres ne sont pas pris en compte.

J'avoue m'être un peu ennuyée pendant les passages quant au nombre. Je n'ai jamais été férue de chiffres, c'est pour cela. J'ai par ailleurs découvert que certains donnaient des formes aux chiffres. Cela m'a fait rire, car depuis mon enfance, les jours de la semaine ont chacun une forme particulière pour moi. Ça peut paraître bizarre, dit comme ça...

Voilà quelques exemples de ce qui m'a interpellée dans ce livre. Mais je suis loin d'avoir abordé tout les aspects de l'ouvrage. Il est riche en renseignements et en théories intéressants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marc de Ribains pour l'association Valentin Haüy.
Il est assez dur, je pense, de lire un documentaire à voix haute sans être un peu monotone. C'est logique. Le lecteur ne peut absolument pas jouer. Eh bien, Marc de Ribains a réussi à lire ce documentaire sans jamais être monotone, et sans faire d'excès. Je lui adresse donc mes félicitations pour cette prestation.

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mercredi 6 juillet 2011

mercredi
6
juillet 2011

Ces gens qui se sentent coupables - La culpabilité : comment ne plus la subir, comment ne plus en souffrir!, de Lewis Engel et Tom Ferguson

Ces gens qui se sentent coupables

L'ouvrage:
Les auteurs exposent une théorie et des études qui en découlent. Ils expliquent que l'homme est foncièrement altruiste, et que cela le poussera à vouloir aider les autres, quitte à se transformer en caméléon, et s'efforcer d'être ce qu'il pense qu'on attend de lui. Selon les messages inconscients ou pas que lui ont fait passer ses parents, l'enfant, et plus tard, l'adulte, agira te telle ou telle façon. S'il y a trop de messages négatifs, l'enfant pensera avoir commis ce que les auteurs appellent des crimes imaginaires.

Critique:
J'avais entendu parler de cette théorie, mais je ne savais pas qu'elle allait aussi loin. Elle est à la fois réconfortante et effrayante. En effet, ces mécanismes expliqués, analysés, décryptés apportent aux gens des solutions pour tenter de découvrir pourquoi ils ne sont pas heureux, ou pourquoi ils s'obstinent dans un comportement qui ne leur convient pas. Du reste, ça pourra permettre à ces mêmes personnes de tenter d'éviter au maximum les multiples comportements négatifs décrits ici, afin que leurs enfants ne se sentent pas, à leur tour, coupables de crimes imaginaires.

Le côté effrayant vient de la multiplicité des comportements négatifs exposés ici. Certains sont évidents, et des personnes qui voudront être de bons parents ne les adopteront pas. Cependant, il en est d'autres que n'importe qui peut avoir inconsciemment. Je comprends mieux pourquoi on dit qu'il n'y a pas de parents parfaits. Lorsqu'on lit tous les messages négatifs qu'on peut inconsciemment faire passer, on se sent submergé voire un peu découragé. Heureusement, quelqu'un qui se penchera sur ce livre sera sûrement plus précautionneux, et tentera d'éviter les pièges décrits avec ses propres enfants.

Les auteurs exposent tout un catalogue de messages négatifs et de façons de les faire passer. Ils parlent également de toute une palette de comportements que le réceptacle de ces messages adoptera. Apparemment, les rébellions sont peu fréquentes. Les enfants sont rarement conscients que ce qu'on leur dit ou que ce qu'on leur fait comprendre n'est pas vrai, n'est pas parole d'évangile. Cela n'arrive, bien souvent, qu'après que l'enfant aura détrôné ses parents de leur place de démiurge.
Je ne vous donnerai pas d'exemples de messages: je pense qu'il faut les découvrir au long du livre, car ils sont accompagnés d'explications. En revanche, je tiens à souligner qu'apparemment, je connais quelqu'un qui a créé une catégorie non-répertoriée par les auteurs. Il s'agit du faux message positif. C'est-à-dire répéter que sa progéniture est la plus forte du monde, et qu'elle pourrait faire n'importe quoi, elle le réussirait.
Il y a, d'autre part, un message négatif qu'ils n'ont pas évoqué, celui qui consiste à dire que son enfant, bien que majeur, est terriblement influençable... juste parce que ledit enfant ne partage pas l'opinion du parent. Je vous laisse deviner les conséquences de ces messages. Heureusement, en ce qui concerne les personnes de mon entourage auxquelles je pense, elles peuvent les prendre avec le sourire, et se rebeller normalement contre eux, car ils sont apparus bien après qu'elles ont été en âge d'en comprendre les mécanismes. ;-)

L'ouvrage contient ensuite une série de conseils pour pousser le lecteur à s'analyser, ainsi que le comportement de ses parents. Les auteurs conseillent de répondre à certaines questions. J'ai trouvé particulièrement pertinent qu'ils conseillent de lire des romans ou de regarder des films, expliquant que les auteurs et scénaristes savent très bien analyser tous ces mécanismes. Je trouve cela assez vrai.
Pour ceux qui penseraient avoir besoin d'une thérapie, les auteurs donnent même une démarche qui m'a semblé pertinente, afin de choisir un thérapeute.

Malgré mon intérêt pour ce livre, j'ai un petit reproche à lui faire: il me semble qu'il y a des répétitions. Du coup, je ne vais pas trop râler sur le fait que c'est une version abrégée. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 6 juillet.

Le lecteur a une voix agréable. Lorsqu'on lit un documentaire, on n'a pas forcément un ton particulier à mettre. De ce fait, certains lecteurs peuvent rendre cela monotone. Ce n'est pas le cas ici. Le comédien parvient à interpréter de manière vivante et dynamique, sans trop en faire.

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mardi 5 juillet 2011

mardi
5
juillet 2011

Les chats ont-ils un nombril? de Paul Heney.

Les chats ont-ils un nombril?

L'ouvrage:
L'auteur répond à des questions que beaucoup de français se posent. Apparemment, il a rassemblé les questions les plus fréquemment posées. Il a déjà écrit «Pourquoi les vaches ne peuvent-elles pas descendre les escaliers» sur le même principe.

Critique:
Ce petit livre est sympathique. D'abord, il ne présente pas les choses en jargon prétentieux et incompréhensible. Énoncer les choses simplement est justement le but de l'auteur.
Ensuite, il présente ses réponses avec beaucoup d'humour. En général, les choses sont toujours plus sympathiques quand on y ajoute une dose d'humour.

Ce livre permet donc d'apprendre en s'amusant.
Voici des exemples (subjectifs et non-exhaustifs), de ce que j'ai apprécié. J'ai été surprise d'apprendre qu'on avait plusieurs sortes de larmes, et que leur composition changeait selon qu'on pleure d'émotion ou de douleur. J'ai apprécié les passages sur les animaux et les insectes: la communication, le mode d'alimentation de certains, etc. J'ai été impressionnée quant au crocodile.
Je savais que les éternuements pouvaient être projetés loin, mais je ne savais pas à quelle distance. D'une manière générale, j'ai apprécié toutes les informations touchant au corps humain.

J'ai été surprise d'apprendre que certains s'étaient mis en tête de fabriquer un ordinateur ayant des sentiments. Je n'en vois pas vraiment l'utilité.
Je ne pensais pas que certains oiseaux pouvaient voler si vite!
Il y a certaines questions que j'ai trouvés un peu bêtes parce que la réponse est évidente, par exemple, celle sur la valeur de Pi qui aurait pu avoir varié.

Heureusement, on peut passer plus vite sur les passages qui intéressent moins. C'est d'autant plus facile avec ce genre de livres. J'avoue m'être ennuyée lors des passages concernant l'espace (étoiles, planètes, etc), le gaz, le temps... Si le livre m'a plu, j'ai trouvé que ces passages prenaient beaucoup de place. Cela ne m'empêchera pas de lire «Pourquoi les vaches ne peuvent-elles pas descendre les escaliers». D'abord, ce genre de livres m'intéresse toujours. Ensuite, je me dis que si les sujets qui me plaisent moins sont abordés ici, ils le seront moins dans le précédent ouvrage de l'auteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

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mardi 17 mai 2011

mardi
17
mai 2011

Superstress: la solution, de Roberta Lee.

 Superstress: la solution

L'ouvrage:
Roberta Lee est médecin. Forte de ses études et de son expérience, elle constate qu'aujourd'hui, il existe le superstress. C'est un stress accru, qui peut durer plusieurs années, et être dû à de nombreux facteurs.
Après les avoir cités et développés, Roberta Lee s'emploie à apporter des solutions pour contrer le superstress.

Critique:
Habituellement, je ne lis pas ce genre de livres. J'ai toujours peur qu'ils soient pleins de baratin et de conseils de charlatan. Quand j'ai vu que celui-ci sortait en audio, j'ai pensé que c'était une bonne occasion de combattre ou de confirmer mes préjugés.

Les conseils de Roberta Lee sont d'abord dus au bon sens. Tout ce qu'elle préconise n'est pas, à mon avis, du charlatanisme, mais plutôt du bon sens. Certains conseils sont moins faciles à mettre en pratique que d'autres, mais elle observe que son programme est flexible. Disons qu'elle propose plusieurs façons de faire certaines choses. Là où je ne suis pas d'accord avec la flexibilité dont elle parle, c'est quand elle dit qu'il faut suivre tout le programme. Si on omet une seule chose, on ne pourra pas s'en sortir. Pourtant, je pense qu'il vaut mieux essayer d'agir sur certains paramètres plutôt que sur aucun.

Par exemple, en ce qui concerne l'alimentation, plusieurs facteurs entrent en jeu. Selon Roberta Lee, c'est surtout quand on est stressé ou de mauvaise humeur qu'on a envie de saloperies trop grasses ou trop sucrées. Je suis bien placée pour savoir que la gourmandise compte beaucoup, elle aussi. Je ne pense pas être quelqu'un de particulièrement stressée, mais il me serait impossible de bannir certaines gourmandises de ma vie gustative.
Elle dit aussi qu'il faut proscrire la nourriture industrielle. Soit, mais si on ne peut pas cuisiner?
Ensuite, que se passe-t-il si on déteste absolument tous les aliments dits apaisants ou bons? Là, j'exagère, bien sûr. Mais dans les deux premiers cas, je pense qu'il faut essayer d'équilibrer au maximum: ne pas abuser, mais se faire un peu plaisir aussi...

L'auteur explique également que l'activité physique est un bon remède. Je le savais déjà. Elle dit que si on n'a pas trop de temps, on peut faire quinze minutes de marche par jour, ou même arpenter sa maison, etc. Je trouve sympathiques tous ces petits conseils. Cependant, elle explique que quinze minutes d'activité par jour seront suffisantes pour connaître une amélioration durable. Or, mon sportif de mari m'a toujours dit que si on voulait des effets bénéfiques, il fallait faire au moins une demi-heure d'activité physique, voire quarante-cinq minutes par jour. Personnellement, je ne me pose plus de questions, car je fais plus de quarante-cinq minutes de sport par jour, mais cette contradiction me perturbe... Peut-être mon mari parle-t-il en tant que sportif, alors que Roberta Lee pense que quinze minutes par jour, c'est mieux que rien du tout.

Je savais la plupart des choses énoncées par Roberta Lee avant de lire ce documentaire, mais j'en ignorais quelques-unes. Par exemple, je savais que le manque de sommeil était néfaste, mais je ne savais pas que c'était à ce point. J'ignorais les propriétés de certaines plantes, de certains aliments (néfastes ou non). De plus, elle prend le temps d'expliquer les symptômes, les causes et les effets, directs ou non, du superstress. Et même si on sait certaines choses, il est bon qu'elles soient rassemblées dans une espèce de petit guide, comme c'est le cas ici.

J'ai été interpellée par les conseils quant à l'altruisme. Je partage l'avis de l'auteur lorsqu'elle dit qu'on se sent bien quand on aide quelqu'un. J'émets juste une petite réserve. Je fais partie des gens qui aiment aider ceux qui, à leurs yeux, en valent la peine. Il me sera impossible d'aller spontanément vers quelqu'un qui, par le passé, s'est toujours montré antipathique envers moi.
Roberta Lee exhorte son lecteur à aller vers les autres, expliquant qu'on a trop souvent peur de l'autre pour diverses raisons. Si je l'approuve, je mettrais encore un bémol: je pense qu'on ne peut pas aller vers n'importe qui. Si la peur est parfois mauvaise conseillère, il faut quand même faire attention. L'anecdote par laquelle elle illustre son propos est très sympathique, et il est vrai que l'entraide et la communication sont toujours sources de bonheur, mais dans notre monde, on ne peut se fier à tous.

Roberta Lee donne des propositions d'aide, de communication, etc. Par exemple, elle dit: Vous pourriez lire une histoire à un enfant, faire du bénévolat, etc. C'est déjà un peu curieux que les gens ne puissent pas avoir ce genre d'idées seuls. Mais ça part d'un bon sentiment: peut-être que certaines choses ne viendraient pas spontanément à l'idée, et après tout, ce ne sont que des pistes. Je trouve juste que certaines de ces pistes sont un peu maladroites... par exemple, elle dit: «Souriez aux aveugles.» Je ne commenterai même pas. ;-)

Certaines affirmations à prononcer pour positiver m'ont paru niaises.
Je pense sincèrement que la méditation ou le yoga n'auraient absolument aucun effet sur moi, car pour me détendre, je fais quelque chose que j'adore faire. Or, pendant que je méditerais, je ne pourrais pas lire ou regarder une série.
Par contre, je suis une adepte du massage!

On dit souvent qu'un livre n'est pas perçu de la même façon par chaque lecteur. J'ai davantage ressenti cela avec cet ouvrage qu'avec un roman, car chaque conseil donné par l'auteur force le lecteur à se demander s'il l'applique un peu, totalement, pas du tout... il fait sans cesse appel à son vécu, ses possibilités, ses attentes, etc. On se réfèrera sans cesse à soi-même pendant la lecture de ce livre. D'ailleurs, je n'ai pas arrêté de parler de moi dans cette chronique.

C'est le premier livre que je lis là-dessus (celui sur le lâcher prise pourrait, à la rigueur, s'en rapprocher), donc je ne peux pas juger par rapport à d'autres ouvrages du genre. Je ne sais pas si Roberta Lee répète des choses déjà lues ailleurs, si son documentaire est plus ou moins pertinent qu'un autre. Je vous livre mon ressenti de néophyte.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Lenoir. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 18 mai.

Je connais surtout Marie Lenoir en tant que comédienne de doublage, et notamment pour le rôle de Gina dans «En analyse». Sa voix, malgré un léger enrouement, est très agréable, calme, posée, professionnelle. Elle sait parfaitement adopter le ton qui convient à ce genre d'ouvrage.

Ce livre audio est une version abrégée de l'ouvrage. En général, j'évite de lire les versions abrégées, arguant que c'est à moi, et non à un éditeur audio, de décider si je zapperai ou non tel ou tel passage. Il est d'ailleurs très rare que je saute des passages. Cependant, je sais que certains documentaires sont répétitifs (comme ceux de John Gray). Je ne sais pas si c'est le cas de «Superstress», mais cela expliquerait que la version audio soit abrégée.

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