Comédies sentimentales

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mercredi, 15 janvier 2014

Demain, j'arrête!, de Gilles Legardinier.

Demain, j'arrête!

L'ouvrage:
Un soir, en rentrant chez elle, Julie Tournel remarque, en regardant les boîtes aux lettres, le nom de son nouveau voisin: Ricardo patatras. Ce nom l'intrigue, et elle décide d'en savoir plus sur lui. Leur première rencontre a lieu lorsque Julie coince sa main dans la boîte aux lettres de Ricardo, dit Ric.

Critique:
Avant de lire ce roman, videz votre tête de tout ce que vous avez pu entendre à son sujet. En effet, j'ai entendu trop de personnes l'encenser, et je m'attendais à rire comme s'il s'était agi d'un roman de J. M. Erre. Ce roman étant sympathique et amusant, il serait dommage de le desservir en en attendant trop, comme ce fut mon cas.

Au long du roman, certaines choses sont un peu lourdes. On sait tout de suite, par exemple, que Julie ne fait jamais de sport, et proposera à Rick de l'accompagner lors d'une de ses courses matinales. Ce qui se passe alors est assez prévisible. L'auteur trouve quand même le moyen d'apporter un peu de renouveau en émaillant l'événement de pensées amusantes de l'héroïne.
D'autres choses de cet acabit ont lieu, et leur lourdeur est plus ou moins compensée par la fraîcheur de Julie.

Autre chose m'a un peu agacée: Julie change un peu trop facilement de travail. Je comprends tout à fait qu'elle trouve plus enrichissant humainement de travailler à la boulangerie qu'à la banque, mais elle ne parle pas (par exemple) du salaire qui fait qu'elle devra changer son train de vie. D'autres personnages effleurent la question, mais l'auteur ne l'approfondit pas. Vous me direz qu'on lit ce roman pour se divertir. Certes. Je suis peut-être trop chatouilleuse sur ce point. ;-)

Outre tout cela, certaines scènes m'ont franchement fait rire. Par exemple, tout ce qui arrive au mariage de Sarah. Certains événements sont peut-être un peu attendus (comme le discours «truqué» de Steve), mais ils s'insèrent bien dans l'ambiance du roman, et leur enchaînement fait rire.
Quant à la destinée de Xav 1, le projet est tellement fou que ça passe bien. Et puis, ça montre que Julie, pour ses amis, est capable d'extrêmes. Pas seulement pour ses amis, d'ailleurs.
J'ai aussi ri de lire comment tourne le premier dîner entre Julie et Rick. Ce genre de choses m'a rappelé Bridget Jones, notamment la scène où Bridget attend... que la poubelle sonne. ;-)

L'auteur n'oublie pas des moments plus graves, comme ce qui arrive à la voisine de Julie, mais aussi le bonheur que la jeune femme trouve en travaillant à la boulangerie.

Ce qui fait que j'ai pardonné les lourdeurs, outre l'héroïne pétillante, c'est que contrairement aux romans du genre, celui-là ne fait pas artificiel. D'autre part, on imagine très bien toutes ces scènes. Je pense qu'un film tiré de ce roman serait très amusant. Il faudrait, bien sûr, garder la plupart des pensées de Julie en voix off. En effet, le style vivant, les pensées amusantes de l'héroïne sont ce qui porte vraiment le roman, et l'empêche d'être niais.

L'intrigue est bien menée. Tout n'est pas prévisible. Et puis, ce livre étant une comédie, on attend qu'il se conforme à certains codes, ce qu'il fait.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que Julie fasse ces remarques lourdes sur les chats qui voudraient repeupler le monde et faire disparaître l'homme, même si certaines sont exprimées de manière amusante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
À l'instar de certains romans de Sophie Kinsella, ce livre doit être enregistré de manière vivante, mais sans surjeu. Ingrid Donnadieu excelle en la matière. Elle a pourtant eu la partie difficile: entre les pensées rocambolesques de Julie et certains passages comme la fois où Sophie évoque les fausses tentatives de suicide de Jade en retenant son fou rire, il aurait été très facile d'en faire trop.
À un moment, Julie se voit en agent secret et se baptise JT. Heureusement, Ingrid Donnadieu l'a prononcé à la française: «Jité». Le roman étant français, je pense qu'il aurait été malvenu de le prononcer à l'anglophone, même si on imagine toujours les agents secrets faisant partie de services américains.
D'autre part, je connaissais Ingrid Donnadieu en tant que comédienne de doublage (notamment dans la série «Parenthood». L'entendre interpréter ce roman a renforcé l'opinion positive que j'avais de son jeu et de sa voix claire, douce, agréable... J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres!

À la fin de l'ouvrage, il y a un entretien avec Gilles Legardinier. Je suis friande de ces entretiens. Ici, j'ai apprécié d'entendre l'auteur parler de l'écriture de ses livres. J'ai également apprécié ce qu'il a dit quant à la version audio de son roman et quant aux versions audio en général. Je n'avais jamais envisagé cela sous cet angle, et cela me plaît bien.

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lundi, 4 novembre 2013

Très chère Sadie, de Sophie Kinsella.

Très chère Sadie

L'ouvrage:
Lara Linton a vingt-sept ans. Son petit ami l'a plaquée par mail. En outre, ses affaires ne marchent pas très fort, d'autant que son associée est partie en vacances en Inde pour une durée indéterminée.
C'est alors qu'elle doit assister à l'incinération de sa grand-tante, Sadie Lancaster, qu'elle connaît à peine. C'est lors de cet événement que Lara est victime d'une hallucination.

Critique:
L'idée est originale, et il fallait la faire tenir sans que le tout ne devienne grotesque. L'auteur y parvient assez bien, même si j'ai quelques petits reproches. D'abord, j'ai trouvé la mise en place un peu longue. Il me semble que, malgré certaines répliques drôles et certaines situations bien campées, le livre met un petit temps à décoller.
Ensuite, il y a de petites choses un peu convenues: la soeur de Lara n'est pas aimable, et semble la tenir pour une fieffée idiote, un peu comme la cousine d'Emma dans «Les petits secrets d'Emma».

Une fois la mise en place faite, le lecteur a droit à certaines situations cocasses principalement dues au fait que Lara est la seule à voir et à entendre (consciemment, du moins) la jeune Sadie. La scène où les deux femmes se disputent devant les parents de l'héroïne, la demande de rendez-vous à Ed, ou encore l'épisode de la Grande Lara en sont des exemples, mais ils sont loin d'être les seuls. À plusieurs reprises, j'ai pensé que Sophie Kinsella allait s'enferrer, tomber dans la démesure, le grotesque... mais non! Elle parvient à mettre en scène des choses très grosses sans que cela ne devienne n'importe quoi.

Si certaines choses sont prévisibles, j'ai trouvé que le tout était bien amené. D'ailleurs, je n'avais pas tout deviné. J'ai mis un moment à comprendre le rôle du collier. Quant aux choses que j'avais devinées, je me demandais quand même comment l'auteur y parviendrait.
J'ai quand même trouvé le temps un peu long lorsque Lara cherche Sadie.

Je me demande si les années 20 étaient à ce point caractérisées par un type de vêtements, de maquillage, et de danse ou si l'auteur exagère. Malgré l'aspect visuel des passages décrivant cela, j'ai réussi à m'imaginer pourquoi cela pouvait être vu comme ridicule de nos jours. Les détails que donne l'auteur m'ont montré l'anachronisme de la chose.

Il y a des moments un peu plus graves, comme la découverte progressive de l'histoire d'amour de Sadie ou bien le fait que Lara se rende compte de l'inconséquence dont elle a fait preuve en n'allant jamais voir sa grand-tante.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice est celle qui a enregistré «Le reste est silence». J'ai retrouvé sa voix douce, claire et dynamique ainsi que sa diction soignée avec plaisir. Je pense que ce genre de romans ne fait pas partie de son registre de prédilection, car il m'a semblé qu'au début, elle n'était pas vraiment dans le ton. Mais elle a rapidement trouvé ses marques, et a interprété le roman avec le brin de verve approprié, mais sans jamais en faire trop. Mon seul regret est qu'elle ait tenté de prononcer certains noms propres à l'anglophone.

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mercredi, 25 septembre 2013

Les petits secrets d'Emma, de Sophie Kinsella.

Les petits secrets d'Emma

L'ouvrage:
Emma Corrigan n'est pas toujours absolument sincère avec son entourage. Elle a donc de petits secrets. Par exemple, lorsque Connor, son petit ami, lui a fait découvrir le jazz, elle lui a assuré qu'elle adorait cela pour lui faire plaisir, alors qu'en fait, elle déteste.
Un jour, l'avion dans lequel se trouve Emma traverse une zone de turbulences. Terrifiée, croyant sa dernière heure arrivée, la jeune femme dévoile absolument tous ses petits secrets à un parfait inconnu. Lorsque l'avion atterrit, elle réalise l'étendue du désastre. Cependant, elle se dit que ce n'est pas si grave: elle ne reverra jamais cet homme.

Critique:
J'avais un peu peur de lire Sophie Kinsella parce qu'elle écrit des livres légers. Or, il faut être très fort pour ne pas transformer un sympathique livre détendant en une niaiserie sans nom. La frontière est très mince. Heureusement, l'auteur ne franchit pas cette limite. Bien sûr, certaines choses sont superficielles, mais le tout est servi par un style fluide, enlevé, vif, des répliques bien senties qui font mouche. Si les côtés superficiels m'ont un peu agacée, j'ai bien ri à la lecture de ce roman. N'est-ce pas le principal?

Si on devine certains événements, tout n'est pas absolument balisé. On sait bien qu'Emma sera amenée à revoir l'inconnu, par exemple. J'ai d'ailleurs su de qui il s'agissait dès qu'une certaine personne a été évoquée. On devine aussi qu'il y aura une explication douloureuse entre certains protagonistes concernant le ressenti d'Emma quant à sa cousine. L'auteur utilise beaucoup d'ingrédients un peu gros, comme par exemple, le désastre qu'est la soirée préparée par Emma. Soit, mais c'est fait intelligemment, alors on rit plutôt que de soupirer d'ennui.
En outre, on ne devine pas absolument tout, et puis les événements s'enchaînent bien.

Certains personnages sont plus vrais que nature. Je pense surtout à Génima. C'est le type de la fille si superficielle que même dans la vie, on n'y croit pas! Seulement, la romancière associe Génima au rire. Le lecteur sait qu'une rencontre avec cette folle va le faire rire. De ce fait, il excuse la création de ce personnage presque incroyable. D'ailleurs, Génima fait rire même au moment où on aurait envie de la trucider... ;-)

Je ne parlerai pas de tous les personnages, mais je dois évoquer le grand-père d'Emma. Lui aussi est drôle, mais sur un autre registre. Là encore, l'auteur prend des éléments simples qu'elle pousse à leur paroxysme.

Il y a quand même un élément très gros que j'ai trouvé mal exploité: le fait que Katie ne se soit pas dit qu'elle rencontrerait fatalement un type précis de personne en allant dans un endroit précis.

Il y a une petite incohérence: Emma a très peur de l'avion, alors pourquoi n'a-t-elle pas paniqué ainsi à l'aller? Soit, sa peur a été renforcée par la zone de turbulences, mais il aurait pu y avoir une petite phrase parlant de l'aller. Cela aurait rendu le tout plus réaliste.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.
Je suis convaincue que j'ai autant apprécié ce livre grâce à l'interprétation de la lectrice. Si les auteurs de ce genre doivent être vigilants, les lecteurs qui se chargent de leur interprétation doivent l'être également. En effet, il est impossible de lire ce genre de manière trop neutre, sinon, cela tombe à plat. Mais il est impératif de ne pas trop en faire, car cela tourne à la niaiserie totale. Laurence Gargantini a excellemment interprété ce roman: enjouée sans jamais trop en faire, elle est parfaitement entrée dans la peau des personnages, et a brillamment servi l'écriture de la romancière. Je ne suis pas sûre que tous les lecteurs que j'apprécie soient capables de faire cela. C'est d'ailleurs parce qu'il était lu par elle que j'ai décidé de tenter Kinsella malgré ma crainte.

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jeudi, 31 janvier 2013

Shoe addicts, de Beth Harbison.

Shoe addicts

L'ouvrage:
Lorna dépense l'argent qu'elle n'a pas... en chaussures. C'est sa passion! Elle est rappelée à l'ordre lorsqu'elle se retrouve sans électricité pour cause de factures impayées. Ne pouvant se guérir de son vice, elle décide d'organiser des réunions où des passionnées s'échangeraient des chaussures de luxe.

Critique:
Ce livre est léger. Il est à lire si on veut se reposer la tête. Il n'a pas les défauts habituels à ce genre. Souvent, l'auteur veut en faire trop, et le tout devient caricatural, invraisemblable, insipide. Ici, Beth Harbison a su mesurer ses effets. Elle raconte une histoire facile, mais bien vue. Sa description des personnages et de certains milieux est réaliste. Elle n'exagère pas.
Les notes humoristiques qu'elle mêle à son récit sont appropriées et sonnent juste.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais les héroïnes sont sympathiques. Ma préférence est allée à Jocelyne, parce qu'elle semble moins superficielle que les autres. Ellen et Lorna se noient dans un verre d'eau.
Ellen n'aime pas sa vie, mais comme elle en apprécie beaucoup le confort matériel, elle reste à sa place. Mais ensuite, elle se lamente sur son sort! Je me suis un peu ennuyée lors du passage où elle fait une espèce de «retour aux sources». En plus, je n'ai pas trop compris pourquoi elle était partie. Bien sûr, ses raisons sont expliquées, mais je trouve cette solution trop facile.

Ne partageant pas l'amour immodéré de Lorna pour les chaussures, j'ai souvent été un peu agacée par elle. Je reconnais que j'étais subjective. C'est peut-être aussi ce qui m'a fait davantage apprécier Jocelyne: elle ne souffre pas de l'adoration frivole de la chaussure. En outre, elle fait bien son travail et aime sincèrement les enfants dont elle s'occupe. On s'identifiera à elle qui n'ose pas tenir tête à sa patronne. Même si j'apprécie les personnages qui s'élèvent contre les injustices, je me reconnais mieux en Jocelyne qui n'y arrive pas.

J'ai bien aimé la structure du roman (surtout au début): on voit les héroïnes une à une, selon les chapitres. On les découvre avant qu'elles ne se rencontrent, et on les connaît bien au moment où cela arrive. En général, je n'aime pas cette structure parce que l'auteur ne donne pas au lecteur le temps de connaître ses personnages' Souvent, on passe de l'un à l'autre trop rapidement. Ici, les premiers chapitres sont assez longs pour qu'on ait le temps de connaître ces jeunes femmes. D'autre part, l'auteur ne se perd pas en circonvolutions, elle entre tout de suite dans le vif du sujet.

La fin est un peu facile (surtout les «coups de foudre»), mais elle s'accorde à l'histoire et aux personnages.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'ai emprunté ce livre parce qu'il était enregistré par cette lectrice que je retrouve toujours avec plaisir.

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lundi, 13 août 2012

Un bébé, non merci!, d'Emily Giffin.

Un bébé, non merci!

L'ouvrage:
Ben et Claudia ont commencé à sortir ensemble après s'être découvert l'envie commune de ne pas avoir d'enfants. Mais après quelques années de mariage, Ben change d'avis. Claudia se sent trahie.

Critique:
Globalement, ce livre est sympathique. J'ai été un peu déçue parce qu'à cause du sujet, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus sérieux. Pourtant, l'auteur parvient à rester légère sans tomber dans le beaucoup trop facile. Cela m'a donc satisfaite, même si j'aurais aimé un roman davantage creusé.

À travers les désirs de ses personnages, Emily Giffin montre l'éventail des possibilités qui existent quant à cette difficile question d'avoir un enfant. Claudia n'en veut pas; Daphné en veut, mais n'y arrive pas; Jess en veut, mais ne trouve pas la bonne personne; Maura en a, et en est heureuse, mais son mari la trompe... J'ai apprécié le fait que l'auteur tente de montrer tous les points de vue, et analyse le ressenti de ses personnages, dont certains ne parviennent pas à rester objectifs.
Les personnages ne sont pas forcément très épais, mais cela ne m'a pas trop gênée, car j'étais surtout intéressée par le sujet et la façon de l'aborder. Et puis, les protagonistes ne sont pas fades: ce sont des messieurs et mesdames Tout le monde, dont certains abritent une pointe de superficialité.

J'ai été très attentive aux arguments de Claudia pour voir si j'y retrouverais les miens. Pour moi, l'un d'entre eux a été sous-entendu, mais pas assez mis en avant: le fait de ne pas vouloir élever un enfant. Certains exemples qu'elle donne tendraient à le prouver, mais l'accent n'est pas assez mis dessus.
Quant à ses autres arguments, j'ai trouvé qu'elle n'avait pas l'air très convaincu en les énonçant. Il y en a quand même un qui m'a bien plu: celui où elle pense que ce n'est pas la peine d'avoir un enfant si c'est pour engager une nounou. Je sais bien que la plupart des parents ne peuvent pas faire autrement, mais j'aurais tendance à penser comme elle. Cependant, je sais que l'amour et l'éducation qu'on reçoit ne dépendent pas du fait que les parents travaillent ou non.
J'ai bien ri quand elle explique qu'elle ne peut pas louer un bébé pour montrer à Ben comme c'est pénible. C'est un argument que j'ai souvent ressorti à ceux qui croient tout savoir et me débitent des fadaises comme: «Tu verras, comme ce sera le tien, ce sera différent.» Ces personnes refusent d'être objectives et empathiques, et je leur dis souvent que je ne pourrai pas rapporter l'enfant au magasin une fois que j'aurai constaté que j'avais raison.
Il est assez amusant, mais aussi exaspérant, de voir que Claudia doit subir tous les arguments (qui montrent bien l'incapacité des gens à l'empathie) que j'ai maintes fois entendus.

L'auteur n'échappe pas à quelques situations téléphonées. Par exemple, l'enfant de Ray et Annie est extrêmement sage. J'ai aussi trouvé que l'histoire d'amour de Jess était un peu rapide, alors qu'elle en aimait un autre peu de temps avant... Et bien sûr, elle reprend une ficelle plus que clichée quant à ce qui se passe avec Tucker.
Mais elle évite aussi certains écueils. Si Daphné menace de devenir comme Zoé, elle bifurque, et évolue positivement. Moi qui suis très vite agacée par les gens qui font une obsession du fait d'avoir un enfant, j'ai commencé par soupirer en lisant ce qui avait trait à Daphné, et puis, je l'ai finalement trouvée très positive.

L'auteur reste légère, mais évoque quand même certains aspects sensibles, comme par exemple, le bébé sur mesure... J'ai apprécié le combat d'arguments de chacun, et là encore, je pense que chaque partie aurait pu aller plus loin.

Il n'était pas facile de faire une fin satisfaisante avec un sujet si épineux. J'avais peur que l'auteur cède à la facilité que souhaitera, je le pense, la majorité des lecteurs. Cependant, elle parvient à contenter tout le monde, même les irascibles comme moi!

Un roman sympathique, qui aborde un fait de société en tentant de rester dans le politiquement correct, le léger, et le vraisemblable.

Remarque annexe:
Je ne connaissais pas le principe de l'adoption ouverte. J'aime bien l'idée.

Note: Je pense qu'un auteur serait capable d'écrire là-dessus en explorant sérieusement et méthodiquement le ressenti d'une femme qui ne voudrait pas avoir d'enfants. J'espère qu'elle le fera un jour.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'INCA

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