Comédies sentimentales

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lundi, 26 décembre 2016

Les rêves sont faits pour ça, de Cynthia Swanson.

Les rêves sont faits pour ça

L'ouvrage:
1962. Kitty et son amie, Frieda, tiennent la librairie Sisters. Kitty vit seule avec son chat. Une nuit, elle rêve qu'elle a un mari nommé Lars, et que leur fille, Missy, a de la fièvre. Les jours passent, et Kitty rêve de plus en plus de ce monde imaginaire qui semble si vrai.

Critique:
En général, je suis réticente à lire des romans Harlequin, car je les trouve trop cousus de fil blanc. Cependant, on m'a dit que la collection Mosaïc éditait des histoires un peu moins grosses. D'autre part, quand je vois que des livres comme «Dear you» sont publiés chez Lattès, alors que l'histoire me paraît avoir davantage sa place chez Harlequin, j'ai l'impression qu'un éditeur donné n'est plus garant d'un certain type de livres.

J'ai suivi avec intérêt cette jeune femme qui a du mal à concilier ses deux vies. Au début, j'ai été intriguée. Ensuite, je me suis rapidement demandé comment l'auteur pourrait s'en sortir sans que le tout semble totalement invraisemblable. Je m'imaginais Kitty souhaitant retourner dans le passé pour arranger certaines choses de sa vie présente. Sachant que le roman se déroulait dans un décor réaliste, je n'aurais pas aimé que Cynthia Swanson sorte soudain la ficelle du retour dans le passé.
Finalement, l'auteur s'en est bien sortie. Cela paraîtra peut-être un peu gros à certains, mais après tout, c'est vraisemblable. Les choses sont expliquées, préparées, et on peut comprendre les réactions de l'héroïne. On pourra même se demander si on ne réagirait pas comme elle à sa place.

Dans sa vie imaginaire, Kitty a un enfant autiste. Cela la déconcerte. Elle semble toujours maladroite avec lui. Elle-même semble ne pas être sûre d'elle, etc. J'ai trouvé bien que l'auteur ne crée pas une mère trop sûre d'elle, mais une mère qui tâtonne, qui avoue son impuissance. D'autant qu'en 1962, on en savait encore moins sur l'autisme que maintenant, et que ce que les médecins assènent à notre héroïne n'est pas facile à accepter. Je sais qu'encore aujourd'hui, certains médecins incriminent la mère lorsqu'un enfant est autiste. Pourtant, cette affirmation ne repose sur rien.

Entre ses deux vies, Kitty apprend à se confronter à ce qu'elle ne peut changer, à appréhender les choses autrement, à tenter d'autres méthodes. Ce n'est pas toujours simple, mais c'est toujours mieux que de se bloquer, de s'arrêter devant des barrières qui semblent infranchissables.
Les personnages ne sont pas forcément très creusés, mais ils sont attachants.

Éditeur français : HarperCollins France
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kathe Mazur pour les éditions Blackstone audio.
J'aime bien cette lectrice à la voix agréable et au jeu naturel. Cependant, je regrette que sa lecture soit parfois un peu chuchotée. Je me demande pourquoi elle lit ainsi... ça fait un peu coincé.

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jeudi, 1 décembre 2016

Ally Hughes has sex sometimes, de Jules Moulin.

Ally Hughes has sex sometimes

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
À vingt-et-un ans, Ally Hughes s'est retrouvée enceinte sans l'avoir désiré. Elle élève seule sa fille, et mène presque une vie d'ascète.
Dix ans plus tard, la jeune femme, alors professeur à l'université, passe un week-end torride (ce qui n'était pas du tout programmé) avec l'un de ses étudiants.
Dix ans plus tard, elle retrouve le jeune homme, apparemment sortant avec Lizzy, sa fille.

Critique:
Entre légèreté, gravité, humour, amour fou et parties de sexe torrides, Jules Moulin fait évoluer ses personnages. Certaines situations sont assez drôles, par exemple les conversations entre Ally et Anna, sa meilleure amie, ou bien le fait qu'Ally se retrouve un peu comme un OVNI au milieu d'une soirée cocaïne. Certains thèmes sont abordés à la fois de manière drôle et grave. Par exemple, Ally a du mal à laisser sa fille faire ses propres choix, et cela donne lieu à des moments cocasses: Ally faisant le pied de grue devant chez lizzy, laissant des kilomètres de messages sur son répondeur, etc. L'auteur fait le parallèle avec Claire, la mère d'Ally, qui était trop rigide, et abreuvait sa fille de pensées erronées sans la laisser oser espérer autre chose. C'est en faisant elle-même ce parallèle qu'Ally se rend compte qu'elle doit laisser Lizzy faire ce qu'elle veut, même si elle pense qu'elle se fourvoie.

Ally est assez creusée. Elle comprend la justesse du raisonnement de sa mère et le fait sien. En outre, elle souhaite être une bonne mère, et préfère ne pas s'autoriser grand-chose. C'est une personne gentille, soucieuse de bien faire.
Lizzy m'a un peu agacée, mais au fond, elle est sympathique.

J'ai apprécié que l'histoire d'amour ne soit pas une cause perdue d'avance. Par exemple, on n'attend pas des heures avant que Lizzy sache ce qu'il y a eu entre Jake et sa mère. En outre, sa réaction est plutôt sympathique. Par ailleurs, la drôlerie de certaines situations empêche cette histoire de tomber dans la niaiserie. Cependant, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop sur certains points. Elle a voulu que le «coup de foudre» n'en soit pas vraiment un (peut-être à cause des personnes comme moi qui détestent ça), ou alors, elle a voulu trop l'expliquer, le légitimer. De ce fait, elle en a trop fait, notamment en insérant beaucoup de scènes de sexe. Je pense qu'elle a voulu montrer en détails le week-end des amants, mais il n'y avait peut-être pas besoin de détailler plusieurs scènes torrides, tout en insistant lourdement sur la beauté et la virilité de Jake, son infatigabilité sexuelle, et sa possibilité à faire jouir Ally plusieurs fois en peu de temps.
Ensuite, j'ai trouvé que les cadeaux de Jake étaient trop ostentatoires. Certes, cette façon d'agir est expliquée par des confidences et par ce qu'a remarqué Jake pendant ce fameux week-end...
Je n'ai pas aimé le jeu qui consiste à faire semblant qu'on est quelqu'un d'autre et qu'on se rencontre. Je n'ai pas vraiment vu l'intérêt.

La romancière alterne les chapitres racontant le présent et ceux racontant le déroulement du week-end torride. Cette structure engendre ce que j'appelle des lenteurs artificielles. En effet, on connaît très vite les grandes lignes du week-end grâce à ce qu'en disent certains dans le présent. Par conséquent, chaque fois qu'on aborde un chapitre du passé, on est fatalement frustré car on voudrait savoir ce qui arrive dans le présent. Le week-end est détaillé parce que l'auteur souhaitait que le lecteur ressente ce qu'ont éprouvé Ally et Jake, mais peut-être aurait-il dû y avoir deux parties distinctes plutôt que l'entrelacement des deux récits.

Remarque annexe:
À un moment, Anna dit à Ally qu'elle peut s'autoriser à être heureuse comme dans «Les pages de notre amour». Elle aurait pu dire «comme dans les livres de certains auteurs», mais elle a choisi de citer ce livre-là. Il se trouve que quand j'étais adolescente, j'adorais ce livre qui était, pour moi, une très belle histoire d'amour. Je suppose qu'aujourd'hui, je le trouverais un peu niais, mais je garde une certaine tendresse pour mon émerveillement d'adolescente. C'est sûrement à cause de cela que je me souviens des prénoms des personnages: Ally (comme notre héroïne), et Noah (comme Jake, vous verrez pourquoi). Je me souviens aussi de l'âge de Noah quand Ally l'a retrouvé: trente-et-un ans (comme Ally Hughes lors du week-end torride). Lorsque Noah et Ally se retrouvent, il me semble qu'ils passent deux jours ensemble (la durée du week-end torride de Jake et Ally) avant d'être ramenés à la réalité par l'arrivée de la mère d'Ally. L'arrivée de la mère d'Ally Hughes précipitera d'ailleurs la fin du week-end torride.
Il y a peut-être d'autres allusions...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Penguin Random House Audio.
J'aime beaucoup Ann Marie Lee. Ici, elle n'a pas eu la partie facile. Elle est parvenue à rendre les conversations entre Ally et Anna, entre Ally et Lizzy, etc sans en faire trop, mais en jouant quand même. En effet, ces conversations devaient être jouées sans cabotinage. Quant aux scènes de sexe, elle a tenté d'y mettre un peu de l'exaltation des amants. Personnellement, j'en aurais mis un peu moins, mais cela reste acceptable.

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lundi, 28 novembre 2016

Le sourire des femmes, de Nicolas Barreau.

Le sourire des femmes

L'ouvrage:
Un peu par hasard, Aurélie Brodin achète le roman «Le sourire des femmes», de Robert Miller, publié par les éditions Opale. Quelle n'est pas sa surprise en découvrant que l'héroïne du roman, c'est elle! Elle lui ressemble (jusqu'à sa robe), et travaille dans le restaurant Le Temps des Cerises. Or, c'est justement le nom du restaurant d'Aurélie. Touchée par le livre et intriguée de s'y retrouver, la jeune cuisinière veut entrer en contact avec l'auteur. Elle commence par rencontrer son éditeur, André Chabanais, qui se montre fort désagréable.

Critique:
Je trouve dommage que la quatrième de couverture en dévoile trop. Elle dit quelque chose qu'on apprend au chapitre 4 (si mes souvenirs sont bons), et que j'aurais préféré découvrir.

Voici une comédie légère. Elle est fraîche, apporte quelques sourires, quelques rires, un peu d'émotion... Beaucoup de livres légers sont niais. Pour moi, «Le sourire des femmes» échappe à la niaiserie. Bien sûr, on peut penser qu'André est tombé un peu vite amoureux. C'est même pire que le coup de foudre que je déteste tant. Pourtant, cela ne m'a pas gênée. D'abord, parce qu'il n'a rien oublié alors que la rencontre date de plus d'un an. Ensuite, parce que l'auteur amène bien les choses. De plus, sachant que c'est une comédie, il faut accepter ce genre d'éléments.

L'intrigue est assez cocasse. Les gens avec qui travaille André ont tous un aspect amusant. Le pompon revient sûrement à monsieur Monsignac, de qui on rira volontiers, mais qui, dès le départ, a un côté attachant. Il le gardera jusqu'à la fin. La mère d'André est aussi un personnage haut en couleur.
Des scènes sont également drôles. Pour n'en citer que quelques-unes: l'apparition de Robert Miller, le moment où il parle à son public, la rencontre d'Aurélie et de Lizzie, certains dialogues entre André et Adam Goldberg, les colères de Monsignac...

Certains événements sont convenus, mais pour moi, ce n'est pas négatif. On attend qu'un livre de ce genre respecte certains codes. J'ai donc été ravie que celui-ci les respecte. Lorsque les choses ont commencé à prendre la direction souhaitée par l'un des personnages (et par le lecteur), je me suis demandé, avec un petit rire, comment Aurélie apprendrait la vérité. Je n'ai même pas imaginé que cela se passerait ainsi, pourtant, c'est simple et logique.
La fin m'a satisfaite. Elle ne pouvait être autre, sous peine de décevoir le lecteur. Il est intéressant de voir comment elle devient possible. Là encore, je ne m'attendais pas à cela, et pourtant, c'est logique. À y bien réfléchir, cela n'aurait pu arriver d'une autre manière.

J'ai bien aimé la façon dont l'auteur aborde le thème de l'écriture. Parfois, j'imagine que certains écrivains que j'aime sont comme Robert Miller (ceux qui ont lu le livre comprendront), et que le public le découvrira peut-être dans quelques années. Des choses de ce genre sont déjà arrivées. J'aimerais en dire davantage là-dessus, mais je dévoilerais certaines choses.

Un roman sympathique avec lequel on passe un bon moment.

Service presse des éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier et Damien Ferrette.
D'autres éditeurs ont publié des romans lus par plusieurs comédiens. Ici, il y a une petite différence. En général, un comédien lit les chapitres racontés par un personnage, et un autre lit ceux racontés par un autre. Audible FR a introduit une subtilité qui m'a plu. Lorsqu'Aurélie parle alors qu'André raconte, c'est Flora Brunier qui lit les répliques d'Aurélie, et vice-versa. Les dialogues sont bien plus vivants et réalistes ainsi. Du reste, j'ai trouvé cela plus logique que ce qui est fait habituellement. On me dira peut-être que les éditions VDB faisaient ainsi. Ce n'est pas tout à fait vrai. Elles faisaient lire par plusieurs (généralement deux) comédiens des romans qui auraient pu être lus par un seul, il n'y avait pas forcément des points de vue différents selon les chapitres. La comédienne lisait tous les rôles féminins, et le comédien lisait tous les rôles masculins. J'ai conscience que cela n'est pas toujours facile à faire: certains livres se prêtant davantage que d'autres à cela, mais j'espère que les éditions Audible FR renouvelleront l'expérience, et que d'autres s'y essaieront.

À mon avis, ce livre est davantage fait pour être écouté. Damien Ferrette et Flora Brunier jouent les dialogues, leur donnant le dynamisme voulu par l'auteur. Le comédien a pris le parti de faire une voix un peu zozotante à Monsignac, et de hausser le ton lorsqu'il s'emporte. C'est amusant sans être exagéré, et cela a fait que j'ai imaginé le personnage. Cette interprétation vivante m'a bien fait rire. Damien Ferrette modifie également sa voix pour la mère d'André. Cela va bien au personnage et au roman. D'autre part, certains protagonistes ont un accent anglais. En général, je n'aime pas que les lecteurs fassent les accents, ici, je trouve que cela a ajouté au comique de certaines situations notamment lorsqu'Adam Goldberg s'exprime. En outre, le comédien s'arrange pour ne pas exagérer.
Quant à Flora Brunier, son jeu a été une belle découverte pour moi. Elle aussi change un peu sa voix, notamment pour Lizzie et Bernadette. Là encore, cela va bien aux personnages et à l'ambiance.
Voilà pourquoi je pense que ce livre est plutôt à lire en audio: le jeu des comédiens renforce le rire provoqué par les répliques et les situations.

La structure est à peu près respectée. J'ai appris récemment que Audible FR tentait le plus possible de respecter la structure des livres (une piste est égale à un chapitre). Cependant, lorsque cela donne des pistes très longues ou très courtes, le système ne l'autorise pas. Je continuerai à signaler si la structure du livre est respectée ou pas, mais ce sera une information pour les lecteurs qui souhaiteraient le savoir. En espérant qu'Audible FR trouvera un moyen de le faire sur tous ses livres à terme.

Cliquez ici pour voir le livre audio et en écouter un extrait.

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jeudi, 28 janvier 2016

Retour sur terre, de Mélanie Rose.

Retour sur terre

L'ouvrage:
Michaela Anderson fait un saut en parachute. Après son atterrissage, tout lui paraît différent. Elle ne retrouve pas ses compagnons, l'endroit semble désert... Elle finit par comprendre que si pour elle, très peu de temps est passé, pour ses semblables, six ans et demi se sont écoulés entre son saut et son retour.

Critique:
Le début du roman est prometteur. L'auteur crée du suspense, le lecteur est aussi perdu que l'héroïne... Malheureusement, cela ne dure pas.

Quand Mélanie Rose emploie quelques grosses ficelles, je les lui pardonne parce que son style est fluide, ses personnages sont attachants, ses intrigues sont intéressantes... Ici, j'ai été extrêmement déçue. J'ai fini le livre uniquement parce que mon mari l'avait enregistré et que je ne trouvais pas respectueux pour lui de m'arrêter.

Je pense que ce roman aurait dû être publié dans la collection Harlequin. D'abord, il est très peu crédible que l'héroïne, si amoureuse de son fiancé, tombe en quelques heures dans les bras d'un presque inconnu. Bien sûr, cet inconnu est beau, fort, il se met en quatre pour Michaela; alors que Calum, le fiancé de la donzelle, est dépressif, pense avoir tout raté avec sa fille, n'ose pas affronter l'épreuve qui lui tombe dessus. Ah oui, mais il faut comprendre cette pauvre Michaela: son fiancé, la retrouvant au bout de six ans, l'a éconduite. La pauvre ne pouvait faire autrement (au lieu de le comprendre et de lui laisser du temps) que de se jeter dans les bras d'un autre. C'est tout à fait cohérent et sain, comme réaction!
À noter que la scène où le «méchant» tente de terrasser Michaela et son cher et tendre est là pour effrayer le lecteur. Il est censé ressentir de la peur pour les protagonistes. Cette scène m'a plutôt paru ridicule. D'autant que je me doutais que tout était joué d'avance.

Outre cela, l'héroïne est absolument parfaite. Elle sait toujours quoi faire, et surtout, elle est prête à se sacrifier pour tous! Quel personnage attachant!

Passons maintenant à ce qui lui est arrivé pendant ces six ans et demi. L'auteur confronte deux théories: l'une est ancrée dans la réalité et l'autre flirte avec le fantastique. J'ai trouvé que la théorie «fantastique» était mal amenée. Après tout, pourquoi pas? Cependant, exprimé sous la plume de Mélanie Rose, cela devenait ridicule! À la fin, on ne sait pas vraiment ce qui est arrivé. Les deux théories cohabitent, chacune répond à certaines explications, mais aucune n'est vraiment satisfaisante. Cela ne m'aurait pas vraiment gênée si le reste du roman n'avait été si mièvre et sirupeux. J'ai pensé: l'auteur a écrit quelque chose qui tient à peine, et elle se paie le luxe de le terminer en nous disant que c'est à nous de trancher.

On s'étonnera peut-être de ma véhémence. Après tout, il m'arrive de lire des romans faciles, voire trop faciles. Certes, mais quand je lis ce genre de romans, je sais à quoi m'en tenir, je prends le roman pour ce qu'il est. Avec «Retour sur terre», je m'attendais à une lecture certes facile, mais à une intrigue intéressante, à des personnages attachants (dans ce livre, seuls Abby et Tristan sont attachants). J'ai eu l'impression que Mélanie Rose se moquait de moi, tout comme Sophie McKenzie avec «Appelle-moi». Je pense que je serai extrêmement précautionneuse avant de retenter un Mélanie Rose.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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mercredi, 10 septembre 2014

Complètement cramé, de Gilles Legardinier.

Complètement cramé

L'ouvrage:
Andrew Blake, soixante-six ans, dirige une grande entreprise anglaise. Se sentant inutile et déprimé, il décide de changer d'air. Son ami, Richard Ward, lui trouve une place de majordome dans un manoir français. Dès son arrivée, il manque d'être tué par Philippe (le régisseur), et la cuisinière (Odile), lui fait comprendre qu'elle ne voit pas son embauche d'un très bon oeil...

Critique:
Voilà un livre sympathique, lumineux. À travers des personnages qui se remettent en question grâce à de l'aide, Gilles Legardinier tente de montrer que la solidarité, l'affection, le désintéressement sont encore de ce monde. Sans se départir de sa causticité, il évoque des situations douloureuses, voire graves, et montre qu'en y mettant de la volonté et un peu de joie de vivre, on peut finir par faire avec ses blessures.
On me dira que c'est peut-être trop optimiste. Je dirais oui et non. Certes, j'ai trouvé que certaines situations (notamment celle de Manon) se réglaient un peu trop bien. Cependant, si les choses évoluent, c'est parce que les personnages y mettent du leur. Par ailleurs, on jubile lorsqu'Andrew asticote, puis dit ses quatre vérités à un personnage particulièrement antipathique. À ce moment, on s'imagine faisant la même chose avec ceux qui nous agacent.

L'humour de Gilles Legardinier est toujours omniprésent. Il est même là lors de situations délicates. Comment ne pas rire au récit épique de l'expédition punitive d'Helmut et Luigi, même si elle comporte des risques? Les visites de Richard au manoir sont également source de drôlerie.
Certaines situations sont mises en scènes, et l'auteur exagère un peu. Par exemple, la scène où Andrew se déguise en femme afin d'aider Philippe à être à l'aise pendant un dîner avec une femme est peut-être un peu poussée. Cependant, les remarques de Philippe et de Manon font que l'exagération passe très bien.
L'auteur n'hésite pas à faire dire à ses personnages de petites phrases déjantées comme par exemple celles sur les champignons.
Lorsque Philippe ou Odile sont dans les parages, on sait que certaines répliques vont faire rire.
La fête de Halloween est également un moment très amusant.
Il va de soi que je suis loin d'avoir évoqué toutes les situations cocasses du roman.

Je trouve dommage que Gilles Legardinier ait à tout prix voulu caser tout le monde. Bien sûr, à la fin, certaines choses ne sont pas sûres, mais le lecteur n'a pas de gros doutes quant à leur issue. À force, cet aspect est très agaçant.
D'autre part, on trouve beaucoup de clichés sur les hommes et les femmes. Les hommes aiment comme ci et les femmes aiment comme ça. Une femme amoureuse réagira comme ci, un homme sera différent. Je me croyais dans un de ces livres du genre «Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus», livres qui, à mon avis, sont trop tranchés. J'en ai vraiment assez des clichés de ce genre. Je préfère qu'on dise: «Une personne amoureuse réagira plutôt comme ça.» C'est plus neutre, plus nuancé.
Dans le même ordre d'idées, l'auteur laisse entendre qu'il vaut mieux être mal accompagné que seul. Dans un livre qui prône les vrais sentiments, l'aide sincère et désintéressée, j'ai trouvé cela déplacé, voire cynique. Le pire est atteint lorsqu'Andrew résume sa pensée ainsi: «(...) c'est pour tous les hommes pareil: on choisit ce qui nous va le mieux dans ce que l'on a les moyens d'attraper. Et après, pour les moins stupides d'entre nous, on apprend à aimer.»

Remarque annexe:
Il n'est pas logique qu'Odile n'ait pas pensé seule à ranger les ustensiles de cuisine les plus utilisés devant les autres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Résimont. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'étais un peu dubitative quant au choix du comédien, car je le connais dans des rôles plutôt sérieux, et j'imaginais difficilement sa voix se prêter à ce genre de romans. Cependant, n'aimant pas les préjugés, j'ai voulu lire cette version audio. Philippe Résimont n'a pas démérité. Comme sa profession l'indique, il passe aisément d'un registre à l'autre. Il ne surjoue jamais, et rend très bien les intentions de l'auteur. Il parvient également à prendre une voix plus aiguë sans que cela soit ridicule pour les femmes. Pourtant, étant donné son timbre de voix, c'était loin d'être gagné. Il me semble que dans «Complètement cramé», il maîtrise mieux cet aspect du jeu que dans certains autres romans.
Je me souviens avoir été déçue (notamment pour «Une place à prendre»), car (sûrement à la demande de l'éditeur) il prononçait les noms anglophones de manière trop accentuée, selon moi. Ici, je trouve sa prononciation parfaite. Il arrive même à prononcer Heather sans en faire trop, ce qui n'est vraiment pas simple. En outre, à un moment, il prend un accent allemand, et je n'ai pas trouvé cela affecté, alors que souvent, les lecteurs en font trop lorsqu'il s'agit de faire un accent. Bravo à Philippe Résimont pour la lecture de ce roman.

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