Conduite en état Livresque

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L'absence rend le coeur plus aimant. Une absence prolongée le rend plus froid.
Anita Brookner dans "Les visiteurs de l'été".

lundi 29 octobre 2007

lundi
29
octobre 2007

La fille d'un soldat ne pleure jamais, de Kaylie Jones.

L'ouvrage:
Chane Willis a six ans. Son père, Bill Willis, est un grand écrivain.
Après elle, sa mère ne pourra plus avoir d'enfants. Ses parents vont donc adopter un petit garçon, Benoît. Il a le même âge que Chane.

Chane nous raconte l'arrivée de Benoît, puis tous les sentiments qu'elle éprouve à avoir, soudain, un petit frère.

Critique:
Je ne savais pas trop dans quelle catégorie ranger cet ouvrage. La quatrième de couverture nous indique que c'est un roman autobiographique, révélant également que Kaylie Jones est la fille de James Jones.
Mais le livre comporte également l'avertissement que l'on trouve parfois: ce livre est un roman, tout est le fruit de l'imagination de l'auteur, toute ressemblance avec des personnages existants serait fortuite, etc.
J'en ai déduit que c'était une autobiographie romancée, et que l'auteur n'avait fait que changer les noms. Voilà pourquoi j'ai décidé de le mettre dans Autobiographies etc.

J'ai trouvé ce livre très inégal. Au début, lorsque Benoît arrive chez les Willis, Chane nous décrit si bien la scène que nous sommes avec la famille, dans le salon, et nous passons par toutes les émotions des personnages: la frustration et la colère de Chane dont l'univers s'écroule, le bonheur craintif des parents, et surtout, l'incrédulité et la peur du petit garçon.
Ensuite, on comprend Chane qui oscille entre l'amour pour ce petit garçon perdu, et la colère et la haine, parce qu'elle a l'impression qu'il a le droit de faire des choses qu'elle ne peut pas faire. Il est normal qu'au tout début, les parents, ne voulant pas brusquer Benoît, aient été un peu moins sévères. Mais Chane est jeune, et son coeur d'enfant entière souffre et saigne de ce qu'elle croit être une injustice, et qui, pour elle, signifie que ses parents l'aiment moins que le petit frère.

D'autres passages sont émouvants, et nous montre avec intelligence la vie de cette famille. Par exemple, les moments privilégiés entre Chane et son père. Mais beaucoup de passages m'ont fait sortir du livre. Je veux dire que je n'ai pas eu de mal à y entrer, mais les moments qui m'ont ennuyée ont fait que j'ai eu du mal à y rester. Il me semble que le roman traîne... Chane s'apesantit beaucoup sur ses frasques, sur l'amour malsain entre elle et sa nounou... Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant. Ces éléments font partie de la vie de la narratrice, il est donc logique qu'elle les ait intégrés à son histoire. Seulement, ces récits m'ont plus agacée qu'attendrie.

La fin fait partie des passages qui font qu'on se replonge dans le livre. Mais après cette fin, on attend autre chose. On aimerait savoir si Billy va essayer de retrouver sa mère. (Non, je n'ai pas rebaptisé Benoît: il change de prénom pendant l'histoire.)

En conclusion, malgré certaines longueurs, le "roman" est à lire, car les sentiments des membres de cette famille les uns pour les autres sont bien décrits.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

mercredi 28 février 2007

mercredi
28
février 2007

L’Allée du Roi, de Françoise Chandernagor

LalléeduRoi

La Marquise de Maintenon a quatre-vingt-quatre ans. Elle vit retirée dans la maison royale de Saint-Cyr depuis la mort de Louis XIV, mais elle sent que ses derniers jours de vie sont arrivés. Elle décide donc de prendre la plume pour raconter à sa dernière protégée, Marie de La Tour, toute sa vie, retraçant son ascension progressive du jour de sa naissance dans une prison de Niort à son mariage secret avec le Roi Soleil.
De la campagne niortaise aux Antilles, de Paris à son mariage avec Monsieur Scarron, un poète difforme et fortement handicapé, de son veuvage à la gouvernance des bâtards de Louis XIV et la Montespan, de la Cour à son mariage avec le Roi, de la fondation de la Maison Royale de Saint-Louis à la mort de la Marquise, nous suivons toutes les étapes de la progression de celle qui fut surnommée « Madame de Maintenant ».

Une plongée passionnante dans le Royaume de France au XVIIe siècle. On traverse à la suite de l’héroïne différentes périodes et différents milieux sociaux, tout cela dépeint avec justesse et bonheur par Françoise Chandernagor. L’auteur de cette pseud’autobiographie s’est énormément appuyée sur différents textes de l’époque, les lettres et recueils de maximes ou d’éducation de Madame de Maintenon elle-même, celles de ses contemporains, tous les écrits qu’elle a pu trouver, pour nous restituer le plus précisément possible ce siècle que nous connaissons finalement fort peu, ou du moins avec beaucoup de lacunes.
L’ensemble est écrit à la première personne, dans la langue de l’époque, mêlant avec bonheur des paragraphes entiers rédigés par l’héroïne et les inventions de l’auteure, et le résultat est tellement agréable à lire qu’on se laisse emporter par cette grande fresque historique. Nous en ressortons avec l’impression d’avoir appris énormément de choses, et ce n’est finalement pas qu’une impression ! Certes, nous ne pouvons tout retenir, mais une grande partie nous reste après la lecture, et nous en savons tout de même beaucoup plus qu’en tous les cours d’histoire que nous avons eus dans notre scolarité primaire et secondaire.
Je ne peux que vous conseiller cet ouvrage, si possible dans une édition fortement augmentée des notes de l’auteur (je ne sais pas si on les trouve dans toutes les éditions), car ces notes nous apportent beaucoup de choses, non seulement sur les sources utilisées pour écrire la totalité, mais aussi sur la démarche qu’a suivie l’auteur pour ordonner son propos. Elle nous explique par exemple que tel ou tel événement ne s’est pas passé exactement ainsi, avec ces personnages, ou à tel moment de l’histoire, mais qu’elle a pris la liberté de modifier certaines circonstances pour rendre une certaine cohérence à son récit. Elle cite également les différentes versions de l’histoire sur certains points, car les historiens se battent toujours par exemple sur des dates précises, des événements… Bref, ces notes très complètes nous apportent de nouveaux éléments de compréhension du récit, de nouvelles clés, et nous donnent même envie d’aller plus loin dans notre exploration personnelle et allant lire à notre tour les écrits de Mme de Maintenon…
Ce récit a été adapté en téléfilm en deux épisodes sur la 2 il y a quelques années, avec Didier Sandre dans le rôle de Louis XIV et Dominique Blanc dans le rôle de Mme de Maintenon. Cette adaptation est assez fidèle, mais bien évidemment, pas aussi complet. Je l’avais vu quand il était passé à la télévision à l’époque, et j’avais beaucoup aimé. Certaines images me sont revenues quand je lisais l’ouvrage de Françoise Chandernagor, et à mon avis les deux se complètent agréablement, permettant de mettre des images « vivantes » sur les lieux et événements cités. Ce téléfilm est aujourd’hui disponible en DVD, et facilement trouvable sur Internet. Je ne peux que vous conseiller de le regarder avant, pendant ou après votre lecture, pour profiter pleinement de cet excellent aperçu du XVIIe siècle !

lundi 15 janvier 2007

lundi
15
janvier 2007

Appelez-moi Li Lou, de Cynthia Sardou.

Appelez moi Li Lou

L'ouvrage:
Cynthia Sardou, l'une des filles de Michel Sardou, raconte certains pans de sa vie. Elle nous parle de sa naissance, en décembre 1973. Le fait qu'elle soit une fille déçut fort son père, et précipita la rupture du couple que formaient ses parents.
Son beau-père la maltraita, et sa mère ne s'y opposa jamais.
Seules, sa marraine, et sa grand-mère, Jackie Sardou, lui témoignèrent un réel attachement.

Puis un jour de 1999, Cynthia perd l'équilibre fragile qu'elle avait réussi à acquérir. Elle est agressée dans un parking, et violée par trois hommes. Elle ne pourra jamais oublier cela.

Critique:
Je pourrais faire à Cynthia Sardou le reproche que j'ai fait à Charlotte Valandrey, (reproche que je ne suis pas allée formuler dans les commentaires de la critique sus citée), et à Mazarine Pingeot. Mon reproche était quelque chose du genre: ces personnes publient des livres et sont lues, parce qu'elles sont célèbres, ou, comme c'est le cas pour Cynthia Sardou, enfants de gens célèbres. Si elles s'appelaient monsieur ou madame Dupont, seraient-elles autant lues? Malgré ce petit reproche, les livres de Charlotte Valandrey et de Cynthia Sardou méritent qu'on s'y arrête. (Petite parenthèse: à mon avis, le "Premier roman" de Mazarine Pingeot, lui, ne mérite pas qu'on s'y arrête. Il m'a semblé tellement vide que je n'ai pas essayé de lire d'autres livres d'elle.)

Cynthia raconte des choses terribles. Elle fait le portrait d'un Michel Sardou au caractère insaisissable, un homme qui, après l'agression de sa fille, ne trouve rien de mieux à lui dire que: "Tu sais ce qu'il te reste à faire.", signifiant par là qu'elle doit oublier tout cela au plus vite, et redresser la tête. Bien sûr, il faut essayer de vivre avec un tel traumatisme, et ne pas se laisser abattre, mais ce n'est peut-être pas la première chose qu'on a envie d'entendre.
D'autre part, il ose comparer la rude épreuve qu'a été le procès des agresseurs de Cynthia pour celle-ci à un procès engagé contre une maison de disques.
D'un autre côté, il peut se montrer aimant. Lorsque Cynthia l'appelle, en larmes, à bout de nerfs, et lui dit qu'elle a été agressée, il se précipite à l'hôpital, a un accident sur le trajet, accident dont il ressort la mâchoire à moitié cassée, et se précipite pour voir sa fille, sans se préoccuper de sa propre fracture.
En gros, on ne sait jamais sur quel pied danser, en ce qui le concerne, si l'on en croit Cynthia.

Elle parle également de Jackie Sardou qu'elle présente comme quelqu'un de pétillant, de dynamique, de toujours prêt à rire.

Le lecteur compatit lorsqu'il lit l'enfance solitaire de Cynthia, la façon dont son beau-père la traite...
Lorsqu'elle raconte son agression, elle n'épargne aucun détail au lecteur. Cela nous montre le calvaire qu'elle a vécu dans toute son horreur. Et si le lecteur frémit à ce récit, il faut imaginer qu'elle a subi tout cela, qu'elle devra vivre avec le reste de sa vie.

Cynthia est une battante. Malgré les embûches et cette agression qui jalonnèrent sa vie, elle parvient à s'en sortir. Ce qu'elle raconte est une belle leçon de courage. L'esprit de sa grand-mère la suit tout au long de sa vie. Parfois, c'est le souvenir de Jackie Sardou qui la fait avancer. Et la lettre que lui écrit sa mère, lorsqu'elle est aux Etats-Unis est un moment très émouvant. Donc, même si je continue à dire que c'est facile d'écrire un livre sur sa vie lorsqu'on est connu, je pense que ce livre vaut la peine qu'on s'y attarde. Il peut redonner espoir et courage. Je vous le conseille donc.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-France Javet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

lundi 25 décembre 2006

lundi
25
décembre 2006

Anatole ou le récit d'une différence, de Bénédicte Sers.

Anatole ou le récit d'une différence

L'ouvrage:
Bénédicte et Paul sont heureux. Ils s'aiment. Leur bonheur sera amplifié avec la naissance d'un enfant: Anatole. Ce sera le deuxième enfant de Bénédicte, qui a déjà un fils, Frédéric, d'un autre homme.
Malheureusement, Anatole naît avec un handicap. Il n'a pas d'avant-bras gauche, ni de main gauche.

Bénédicte raconte son combat et celui de son fils, pour que celui-ci vive le mieux possible.

Critique:
Ce livre évoque une situation extrêmement difficile. Il ne verse absolument pas dans le mélo. Cette mère nous raconte comment elle a appris à vivre avec le handicap de son fils, comment lui-même a découvert qu'il était différent, et a dû apprendre à s'adapter. Elle fait cela sobrement. Parfois, elle a des crises de rage, lorsqu'elle se heurte à l'intolérance, à des gens qui ne veulent pas faire d'efforts... Par exemple, un jour, à la maternelle, la maîtresse décide que pour la fête des mères, les enfants offriront les empreintes de leurs mains. Cette personne montre qu'elle n'est absolument pas pédagogue. Ayant Anatole dans sa classe, elle ne change pas son "programme". Celui-ci offre donc à sa mère l'empreinte d'une seule main...
Il y a aussi la fois où on lui fait passer une visite médicale, malgré l'interdiction formelle de sa mère. Anatole doit se déshabiller devant ses camarades, et ceux-ci montrent sa différence du doigt. Nous savons que les enfants sont cruels, mais ici, les adultes qui ont transgressé l'interdiction de Bénédicte le sont encore plus, sachant ce qu'ils allaient engendrer.

Anatole a eu des prothèses pour son avant-bras et sa main. Sa mère raconte comment il a dû s'y adapter. Au début, cela ne lui plaisait pas. Il ne voyait pas l'intérêt et l'utilité d'une telle bizarrerie.
Elle explique aussi que le prothésiste lui présente tout un tas de grains de peau parfaitement imités, afin de trouver celui qui ressemblera le plus à la peau d'Anatole. Cette scène est assez frappante, même pour quelqu'un qui a connu une situation similaire.

Parfois, Bénédicte craque. Elle a d'autres problèmes: le père d'Anatole ne fait pas face au handicap de son fils, ils finissent par se quitter; son autre fils, Frédéric, se cherche, et ne sait pas s'il veut aller vivre avec sa grand-mère, (qui le soudoie à coups de cadeaux), ourester avec sa mère... Bénédicte essaie de prendre les choses comme elles viennent, et de s'en débrouiller, mais parfois, elle abandonne. Elle s'en veut de dire que son enfant l'agace. Et pourtant, elle finit par reconnaître que de temps en temps, Anatole l'énerve. A cause de son handicap? Peut-être. Peut-être à cause des complications dues à ce handicap, à la bêtise de certaines personnes, aux difficultés qu'a Anatole à faire sa place. Mais aussi, tout simplement, parce qu'il y a des moments où un enfant, handicapé ou non, est exaspérant pour ses parents.

Pour moi, certains épisodes décrits dans ce livre n'ont pas été de grandes surprises. J'ai connu des variantes de certaines situations rencontrées par Anatole et sa mère. Tout comme Bénédicte, je rejette le "il y a pire". Bien sûr, il y a toujours pire. Et en plus, personne n'a la même sensibilité, et donc, personne n'aura le même ressenti vis-à-vis de telle ou telle chose. Mais cela ne sert à rien de se dire qu'il y a pire. Ca ne nous aide pas à résoudre nos problèmes.

Ce livre est à lire. Bénédicte Sers n'en fait pas trop, et il est bon de rappeler aux gens que pour une personne différente, ce n'est pas tous les jours facile de s'insérer dans la société.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Baré pour la Bibliothèque Braille Romande.

lundi 11 décembre 2006

lundi
11
décembre 2006

Un drôle d'héritage, de Dorothy Gallagher.

Un drôle d'héritage L'ouvrage:
Dorothy Gallagher est issue d'une famille juive, émigrée d'Ukraine. Sa famille fait partie de ces personnes originaires de pays pauvres, venues aux Etats-Unis en espérant que la chance leur sourirait.
Dorothy évoque ici certains membres de sa famille, afin de les expliquer, et peut-être aussi de mieux les comprendre.
Elle commence par ses parents. Elle choisit de décrire d'abord leur vieillesse. Son père était tellement pingre qu'il avait fini par couper le chauffe-eau. Parallèlement, il se faisait escroquer par un certain Roy, qui prétendait qu'il investissait son argent dans la construction d'immeubles. Cela rapporterait énormément, assurait Roy. Dorothy mettra bon ordre à ce commerce, Roy étant en train de ruiner son père, et de déposséder ses descendants.

Ensuite, elle évoque d'autres parents, dont un cousin qui a laissé un manuscrit contant brièvement sa vie, manuscrit que Dorothy insèrera dans son texte.

Critique:
Le texte démarre très fort. La description de la pingrerie du père de Dorothy est, à mon avis, un moment très important. Elle plante son décor familial. Ce qu'elle évoque est tellement bien décrit qu'elle réussit à nous faire rire d'une situation dramatique, en en montrant tout le grotesque. En effet, son père coupe le chauffe-eau, renvoie toutes les femmes de ménage qu'engage Dorothy, et refuse qu'une infirmière vienne soigner sa femme, assurant qu'elle n'est pas malade. Il est pourtant flagrant qu'elle a besoin de soins: elle ne tient pas sur ses jambes. A peine essaie-t-elle de marcher qu'elle tombe. Et là, nous avons un passage terrible où le père affirme que sa femme ne tombe pas. Et elle, qui vient de s'écrouler et qui a mis plusieurs minutes à se relever, de renchérir qu'elle ne tombe pas, avant de s'effondrer par terre. Cette scène m'a donné le fou rire. La mauvaise foi, le refus d'être guéri ou d'avoir une vie plus facile au service de la pingrerie! La mère qui pousse la servilité jusqu'à nier qu'elle a besoin de soins! Tout cela arrive parce que le père a passé sa vie à travailler durement, alors que pour lui, comme pour beaucoup, les Etats-Unis, c'était l'Eldorado. Donc, en surface, cette pingrerie fait rire, et lorsqu'on en connaît les raisons, elle donne envie de pleurer.

Tout le livre est bâti sur cette espèce d'entremêlement du rire et des larmes. Le début représente bien la suite du livre. Ce début est quand même plus marquant que le reste de l'ouvrage. La suite s'essouffle un peu, elle est un peu tiède par rapport au début. Malgré cela, cette histoire est agréable à lire. On prend plaisir à découvrir cette famille qui passe par les aléas de la vie, dont les membres sont tour à tour acides et fragiles. On apprend les rancoeurs qui ont opposé la mère de Dorothy et ses tantes. L'une de ses tantes n'a pas digéré ce qui s'est passé lorsqu'elle était très jeune. Elle le ressasse, et en souffre toujours. Là encore, on rit un peu de cette façon acerbe et aigrie qu'elle a d'en parler, mais on a pitié de cette femme dont la vie a été marquée dès l'enfance, et qui s'est toujours sentie rejetée par sa famille. Elle illustre bien le fait que ce qui se passe dans l'enfance suit la personne toute sa vie.

C'est un livre juste, qui, à travers une famille à la fois particulière et commune, avec les drames personnels de chacun, les façons de faire de chacun, nous offre un éventail de gens simples et attachants. C'est un livre qui montre avec justesse que chaque histoire est toujours la même histoire, tout en se différenciant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvie Délèze pour la Bibliothèque Braille Romande.