Conduite en état Livresque

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Contrairement à la croyance générale, l'opposé de l'amour n'est pas la haine, mais l'indifférence.
Otto Penzler dans "Meurtres et passions".

mercredi 29 février 2012

mercredi
29
février 2012

Le canyon, de Benjamin Percy.

Le canyon

L'ouvrage:
Paul a invité son fils, Justin, à aller camper un week-end. Ils iront à Echo Canyon avant que l'endroit ne soit envahi par le béton, Paul souhaitant y camper une dernière fois. Il demande à Justin d'emmener son fils, Graham. Il veut en faire un homme. Karen, la femme de Justin, n'est pas vraiment pour, mais finit par accepter à condition que son mari protège leur fils de l'influence de Paul.

Critique:
Voici un livre qui explore les relations familiales avec délicatesse. Ce week-end va être une espèce d'initiation pour Graham, mais aussi pour Justin. Il va devoir aller au bout de lui-même, secouer ses craintes et ses hésitations, et agir.
Le lecteur voit très vite que Justin est dominé par son père, car il n'a jamais osé s'opposer ouvertement à lui, mais lui montre qu'il désapprouve certaines de ses façons de faire. Pourtant, tout n'est pas si simple. Si Paul domine et méprise quelque peu son fils, c'est d'abord parce qu'il ne peut le comprendre. Paul a une façon de penser très primaire: il ne comprend pas ceux qu'il ne peut assujettir à sa volonté et ceux qui ne pensent pas comme lui. Beaucoup de gens sont ainsi. Cela n'excuse en rien Paul, mais cela explique son attitude. À un moment, il attire la compassion du lecteur, montrant qu'il peut ressentir de l'amour pour un être, son chien. Cela aurait dû me toucher d'autant plus que pour moi, les animaux valent davantage que beaucoup de mes congénères. Le fait que Paul l'ait en quelque sorte compris aurait dû me faire l'apprécier. Cependant, cet attachement ne fait que montrer de manière plus flagrante son narcissisme. Il est dû au fait que son chien lui obéit toujours sans protester, s'en remet toujours à lui pour tout, et braverait n'importe quel danger pour lui.

Malgré cette mésentente due à une grande différence de caractères, Justin et son père parviennent à trouver des moment où toute distance est abolie, où, même s'ils ne se comprennent pas, ils s'acceptent. Je pense à la scène où ils se barbouillent de sang du gibier tué par Graham. Cette scène est plutôt écoeurante pour quelqu'un comme moi, mais pour un chasseur, cela renvoie à une espèce de rite. Le fait que Justin en soit l'initiateur montre que dans les moments de complicité, c'est lui qui fait un pas vers son père, et tente de le comprendre, de parer son langage.

Je pense que certains lecteurs n'apprécieront pas Justin qu'ils trouveront mou. En effet, il se fait marcher dessus par son père et sa femme... Je l'ai apprécié, parce qu'il a éveillé mon instinct protecteur, mais certains auront sûrement envie de le secouer.
C'est ce qui est agréable dans ce roman: ce qui fait que certains apprécieront un personnage fera que d'autres ne l'aimeront pas.

Je n'ai pas apprécié Karen. Elle promène son vague à l'âme, se paie le luxe de faire une mini-déprime sans trop savoir pourquoi, n'est pas heureuse, mais ne sait pas vraiment ce qu'elle veut... J'ai trouvé que ce qui est dit à la fin à son sujet n'est pas assez expliqué. On le ressent un peu au long du livre, mais je n'ai pas réussi à savoir si Karen était vraiment sincère. Je pense quand même qu'elle saura toucher d'autres lecteurs.

Je n'ai pas grand-chose à dire sur Brian, car tout est expliqué dans le roman à travers ses actes et les réflexions qu'il se fait.

Outre une bonne psychologie des personnages, ce roman évoque l'écologie à travers le projet concernant Echo Canyon, mais aussi à travers l'exemple de l'ours. L'auteur montre subtilement comment l'homme pervertit la nature. Si le grizzli est dans une région dans laquelle il ne devrait pas se trouver, si la faim l'y a poussé, c'est la faute de l'homme.

Moi qui veux toujours mettre les scènes humoristiques en avant, j'en ai repéré une très amusante (c'est la seule, à mon avis), dans ce livre assez grave. C'est la scène où Bobby vient chez Karen, et surtout... sa chute.

Un livre bien pensé, bien écrit, qui explique les choses sans les marteler, avec finesse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Ce livre m'a été offert par les éditions Albin Michel

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mardi 28 février 2012

mardi
28
février 2012

Duplicitty dogged the dachshund, de Blaize Clement.

Duplicitty dogged the dachshund

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:Ce matin-là, Dixie promène Maine, la chienne d'un couple parti en vacances. C'est alors qu'elle avise la voiture d'un autre de ses clients, Conrad Ferelli. Le chien de Conrad, Redgi, est à l'arrière. Dixie adresse un grand signe de la main au conducteur qu'elle pense être Conrad, tout en le hélant. Soudain, Maine lui échappe, et s'élance dans les bois. La jeune femme la suit: la chienne est en train de déterrer une main. Après l'arrivée de la police, on constate que le corps est celui de Conrad Ferelli.

Critique:
Comme dans le tome 1, il ne faut pas lire ce livre pour l'énigme policière, mais pour les personnages et leur psychologie. Toutes les situations sont bien décrites, bien analysées.
D'ailleurs, j'exagère un peu, car l'intrigue policière est plus poussée que dans le tome 1. Il y a des rebondissements et peu de lenteurs. Certaines de ces lenteurs sont dues au fait que Dixie répète certaines choses déjà dites dans le tome 1, afin que le lecteur qui n'aurait pas lu sa précédente aventure comprenne le tome 2. J'ai trouvé ça lourd, mais c'est indispensable.
Quant à la fin, certaines choses paraissent un peu invraisemblables, mais l'auteur a fait en sorte que ça n'ait pas trop l'air de «la gentille Dixie triomphe seule des trois méchants».
L'auteur parvient également à insérer de petits traits d'humour dans une scène où la tension domine: celle des serpents.

Dixie semblera terriblement réelle au lecteur, surtout à ceux qui aiment réellement les animaux, car ils réagiront comme elle en ce qui concerne Redgi, Maine, d'autres, et les animaux en général. D'ailleurs, si vous êtes comme elle et moi, vous aurez du mal avec certains passages... Notamment en lisant la lâcheté des propriétaires de Maine. Mais c'est loin d'être la seule scène qui fendra le coeur de ceux qui aiment et respectent les animaux.
D'autre part, si Dixie souffre encore de sa perte, elle tente de se reconstruire, et agit sainement.
Certains pourraient dire qu'il est contradictoire que Dixie souffre encore, et soit attirée par deux hommes à la fois. Je pense que non. Cela la rend plus humaine, plus vraisemblable.

Les autres personnages sont également intéressants, même les «méchants», dont la psychologie est creusée. Ce sont des brutes violentes, mais ils n'ont pas l'air si caricaturaux que dans les romans insipides de Mary Higgins Clark.
J'ai été touchée par Priscilla. Elle semble facile à briser, mais elle est forte. Elle s'éloigne résolument des clichés du genre.

J'ai apprécié de revoir Cora, encore plus pétillante que dans le tome 1.
J'aurais bien voulu que Dixie revoie Philip, mais cela n'a pas été le cas.

Remarque annexe:
Comme dans le tome 1, il me semble que les personnages n'arrêtent pas de manger beaucoup de choses appétissantes. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julia Gibson pour les éditions Recorded Books.
La série comporte sept tomes, mais l'éditeur audio n'en a publié que deux... Je suppose que les versions audio n'ont pas eu de succès. Dommage, j'aurais bien voulu lire la suite.

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lundi 27 février 2012

lundi
27
février 2012

Curiosity killed the cat sitter, de Blaize Clement.

Curiosity Killed the Cat Sitter

Note: À ma connaissance, ce livre n'est pas sorti en français.

L'ouvrage:
Dixie Hemingway (aucun rapport avec qui vous savez, comme elle le souligne), s'occupe des animaux dont les propriétaires sont en vacances. Aujourd'hui, elle doit s'occuper de Ghost, le chat de Marylee Dorin, celle-ci s'absentant une semaine. Les choses se gâtent lorsque Dixie trouve un corps dans la cuisine. Détail sordide: l'homme a le visage dans le bol d'eau du chat. Quelqu'un a fait en sorte qu'il s'y noie en scotchant sa tête audit bol.

Critique:
 Ne vous attendez pas à un roman haletant, avec un rebondissement toutes les deux pages. Ce livre suit un schéma assez classique. Il en est même parfois un peu lent. L'auteur ne dévoile la solution que dans l'avant-dernier chapitre.
Malgré mon aversion pour ce schéma classique, ce roman m'a plu. Je pense que c'est parce que la banalité de l'histoire est compensée par l'exposition de personnages fouillés. Ce roman est plus un roman social qu'un roman policier. Et puis, l'intrigue se tient... Il y a juste une chose que je n'ai pas comprise. Dans le courrier de Marylee, Dixie trouve une lettre que la jeune femme a écrite. Au début, j'ai cru que c'était une lettre revenue à l'expéditeur, mais apparemment, non. Donc, comment pouvait-elle se trouver dans le courrier de Marylee? J'ai peut-être mal compris quelque chose.

Avec pertinence, sans complaisance, Blaize Clement aborde des thèmes douloureux.
Comment ne pas compatir à la lecture de ce qu'a vécu Dixie avant qu'elle décide de se reconvertir? Malgré la douleur, la rage, la colère qu'elle nous décrit, et sur lesquelles elle revient, le récit de cette partie de sa vie n'est pas larmoyant. Elle ne s'apitoie pas, elle raconte naturellement ce qu'elle a vécu.
De plus, c'est un personnage extrêmement sympathique. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui donner raison lorsqu'elle a attaqué la mère indigne. Je sais que je n'aurais jamais eu le cran (ou l'inconscience) de faire cela. D'abord parce que ça ne se fait pas, mais aussi parce que je serais aussi lâche que la plupart des gens. Et pourtant, j'ai jubilé quand j'ai lu ce que Dixie a fait à cette femme.
J'apprécie également ce personnage pour son amour des animaux. Bon, elle donne certaines indications erronées quant aux chats, mais elle ne se trompe pas sur grand-chose. Et puis, ça fait plaisir de voir un personnage s'inquiétant réellement du bien-être des animaux, et qui n'est pas, par ailleurs, idiot, ou gnangnan, ou névrosé, etc.

À travers le personnage de Philip, l'auteur évoque un thème toujours sensible. J'ai eu du mal à imaginer que Philip n'ait pas mal tourné avec des parents si intolérants... On me dira d'ailleurs que c'est un peu gros... mais pourquoi pas?
J'ai été choquée que ses parents se raccrochent à leurs idéaux, à leur égoïsme, plutôt que d'essayer de le comprendre. Le pire a été sûrement atteint lorsque cette imbécile d'Olga a parlé de... guérison.

J'aime beaucoup Cora. Elle est solaire. Sa vie n'a pas été facile, et elle tente toujours de la prendre du bon côté, sans jamais être amère. Elle défend sa petite-fille, ce qui se comprend, d'autant plus que celle-ci a toujours été loyale envers elle.

Que dire de Marylee? Au final, je ne l'aime pas. Mais son personnage est de ceux dont on pourrait débattre. On ne peut pas vraiment être catégorique la concernant.

Bref, un roman qui fera réfléchir sur le comportement des gens, sur les actes et leurs conséquences, qui appelle à la tolérance et à la compréhension de l'autre.

Remarque annexe:
J'adore le combat de Dixie contre le bacon. Je me sens si proche d'elle... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julia Gibson pour les éditions Recorded Books.

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vendredi 24 février 2012

vendredi
24
février 2012

L'appel des ombres, de Belinda Bauer.

L'appel des ombres

L'ouvrage:
Margaret Priddy est âgée, et ne peut pas bouger. C'est d'abord sur elle que le tueur a jeté son dévolu. Mais d'autres suivront.
La police se trouve impuissante face à ce crime. Jonas Holly voudrait enquêter comme il se doit, mais l'inspecteur principal Marvel lui met des bâtons dans les roues, d'abord parce que l'enquête ne fait pas partie de la tâche de Jonas, mais surtout pour se prouver son autorité en persécutant un subordonné. Les choses se compliquent lorsque Jonas trouve des messages insultants lui étant personnellement adressés, l'accusant de manière sarcastique de mal faire son travail.

Critique:
J'ai eu du mal à entrer dans le livre. D'abord, l'enquête m'a paru très classique. L'auteur s'efforce de renouveler un peu le genre en inventant un inspecteur principal détestable, le sieur Marvel. Le lecteur observera d'un oeil amusé la petite guerre entre celui-ci et Reynolds. En outre, l'attitude de Marvel est une pierre à l'édifice dont Lucy finit par comprendre les rouages.
J'ai aussi trouvé que le roman traînait un peu. Les rebondissements se font attendre, et ne sont pas si nombreux, malgré leur pertinence.

Ensuite, j'en ai un peu assez des romans policiers où les violences faites à des enfants sont exploitées. D'abord, on ne s'aguerrit jamais à ce genre de récits, et au bout d'un moment, on a envie de lire autre chose pour échapper un peu à l'oppression qu'ils engendrent. Ensuite, beaucoup d'auteurs exploitent cette ficelle, notamment pour des thrillers, ce qui finit par la galvauder. On dirait que certains se disent: «Haha! J'ai trouvé ce qui va faire pleurer le lecteur! Exploitons la souffrance enfantine!» Je trouve cela un peu malsain. Bien sûr, là encore, l'auteur utilise ce thème pour expliquer certaines choses, ce qui fait que son intrigue est solide. Cependant, j'ai été un peu agacée qu'elle se soit servie de cela. (Je précise bien que ça m'agace dans les thrillers, car au départ, on ne s'attend pas forcément à ce thème. Dans un roman où on s'attend à le trouver, on est libre de lire l'ouvrage ou non.)

Quant à la solution de l'énigme, je ne sais pas trop quoi en penser. L'auteur a repris une ficelle que je déteste, mais l'a détournée pour en faire quelque chose d'acceptable au niveau de l'intrigue, et de vraisemblable. Seulement, l'est-ce à ce point? L'auteur a-t-elle quelque peu distordu la réalité pour son récit, ou bien une telle chose est-elle possible? J'ai déjà entendu parler de ce genre de choses, mais je ne pensais pas que cela pouvait être aussi poussé, sauf dans les films et séries à deux sous.
Mon mari, qui a enregistré le livre, trouve cela plausible, et est beaucoup moins sévère et pinailleur que moi! :-)

Les personnages sont intéressants, surtout Jonas et Lucy, sa femme. Leur psychologie est bien analysée. On comprendra sans peine leurs émotions et leurs motivations.
C'est pour eux que j'ai éprouvé le plus de compassion: leur douleur, leur détresse, le fait qu'ils se battent, puis renoncent, puis se battent à nouveau... devant l'inexorable auquel le lecteur, à l'instar de Lucy, est confronté. L'auteur l'expose très bien. Et puis, ce genre de choses renvoie le lecteur à lui-même. Ce qui arrive à Lucy pourrait nous arriver.
Les actes de Lucy et Jonas montrent que chacun est prêt à donner sa vie pour l'autre. Sans grandiloquence, avec délicatesse, l'auteur dépeint un couple admirable.

Si le titre français est bien choisi, je lui préfère le titre original («Dark side»), qui prend tout son sens lorsqu'on sait.

Remarque annexe:
À un moment, les policiers fulminent parce qu'ils ont perdu une pièce à conviction. Marvel est d'autant plus teigneux à ce sujet que c'est lui qui avait repéré cette pièce. Et il s'agit... d'une flaque de vomi. Cette recherche frénétique d'un peu de vomi (assortie de répliques telles «Mais où est ce vomi?», «Le vomi a disparu!»), a suscité mon hilarité. Les policiers avaient l'air ridicules tant à cause de la nature de ce qu'ils cherchaient qu'à cause de la colère de Marvel à ce sujet.

J'ai donc quelques reproches à adresser à ce livre, principalement sa lenteur. Mais tout s'imbrique et s'explique vers la fin (même si quelques éléments épars sont résolus un peu avant). Tout prend sens, et c'est à ce moment qu'à mes yeux, le livre acquiert davantage de valeur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Fleuve Noir.

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jeudi 23 février 2012

jeudi
23
février 2012

Allmen et les libellules, de Martin Suter.

Allmen et les libellules

L'ouvrage:
Johan-Fridrich Von Allmen connaît une période néfaste. En effet, il se trouve à court d'argent. Après avoir vendu de menus biens, il se met à voler des objets de valeur dans les magasins, et à les revendre. Un jour, chez une petite amie de passage, il découvre les coupes aux libellules, des oeuvres d'un sculpteur prisé, surtout dans le milieu des collectionneurs. Il en vole une qu'il revend à Jack Tanner, un antiquaire habitué à lui acheter des objets. Il ne sait pas qu'il a mis une machine infernale en branle.

Critique:
Voilà un roman sympathique. L'auteur commence par prendre le temps de décrire son personnage: ses habitudes, ses travers, ses défauts... Je n'ai pas trouvé ce début trop lent.
Ensuite, l'intrigue est lancée, et à partir de ce moment, les lenteurs sont encore moins de mise. En outre, on ne peut pas vraiment prévoir ce qui va se passer. Si le suspense n'est pas échevelé, les rebondissements sont bien placés, et le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer.

Allmen est à la fois sympathique et agaçant. C'est le personnage principal, le lecteur a pu prendre le temps de le connaître et de l'apprécier. En outre, il vole et revend avec classe, et si ses actes sont répréhensibles, on ne peut s'empêcher de l'admirer, et de lui accorder une pitié amusée. D'un autre côté, sa roublardise fait qu'on le trouvera également antipathique.
J'ai bien aimé la description des relations compliquées entre lui et Carlos. Ils ne sont pas amis, Carlos tient toujours à ce que chacun garde son rang... et pourtant, seul un ami agirait comme Carlos le fait.
J'ai aussi apprécié la petite note humoristique qui entoure toujours monsieur Arnold.
Le personnage de Jojo détonne un peu. Enfant gâtée et capricieuse, paumée... Je n'ai pas réussi à l'apprécier. Je pense qu'on pourrait la plaindre, je l'ai plutôt méprisée. J'en ai assez des personnages (et des gens en général), qui ne savent que pleurnicher et se vautrer dans l'orgie pour soigner leur douleur. En plus, ici, on ne sait pas trop de quoi souffre Jojo... Sûrement d'avoir trop d'argent... pauvre petite! Sûrement aussi d'une déréliction engendrée par l'attitude de sa famille.

Le premier chapitre plonge le lecteur dans le coeur de l'action, et le deuxième commence à présenter Allmen. Je n'aime pas cette façon de créer artificiellement du suspense. Ici, c'est d'autant plus inutile pour plusieurs raisons. D'abord, les choses sont dites de manière très subtiles, donc le lecteur ne s'en souviendra pas forcément. Ensuite, la structure générale du livre ne se prêtait pas du tout à cela. (C'est d'ailleurs le cas de pratiquement tous les livres structurés ainsi.) En gros, ce chapitre n'a pas lieu d'être: il n'apporte rien au roman.

Attention! Ne lisez pas ce paragraphe si vous n'avez pas lu le roman.
À mon avis, une chose n'est pas assez claire. Carlos a caché les coupes dans le piano. Or, le piano a été emporté par un créancier qui s'est remboursé avec. Lorsqu'Allmen a besoin des coupes, il le fait savoir à Carlos qui dit qu'il va les chercher. En effet, Allmen les récupère. J'aurais bien aimé savoir comment Carlos les a récupérées. J'ai peut-être raté un petit passage... un article de journal qui dirait que le créancier d'Allmen a été cambriolé, ou quelque chose de ce genre... En tout cas, en ne disant pas précisément comment a fait Carlos, l'auteur s'épargne des explications. Il s'en sort en montrant que c'est fait, point barre. Je trouve cela trop facile.

Éditeur: Christian Bourgois.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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