Conduite en état Livresque

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Moi, je m'aime plutôt bien, mais je suis pas sûr que ce soit réciproque.
Philippe Geluck.

jeudi 28 janvier 2010

jeudi
28
janvier 2010

Vous n'aurez pas le dernier mot, de Jean Piat et Patrick Wajsman.

L'ouvrage:
Jean Piat et Patrick Wajsman ont rassemblé ici des réparties, des répliques cinglantes, dites par des personnes plus ou moins connues.

Critique:
J'ai un énorme reproche à faire à ce livre: il est beaucoup trop court! Quel dommage! Je pourrais passer des heures à lire de savoureuses répliques du style de celles réunies ici. J'espère que les auteurs renouvelleront l'expérience, et que le livre sera plus long!

Vous l'aurez compris, ce livre est divertissant, une véritable détente. Il nous fait sourire, nous fait rire, nous donne quelques idées. Il est à lire et à relire!
Il est divisé en chapitres qui ont chacun un thème. On trouve entre autres la riposte, la malice, la galanterie, le libertinage, la modestie. Je ne vous donnerai pas d'exemples, car le livre est trop court pour que j'en dévoile ne serait-ce qu'une phrase. Ma critique sera donc courte. Il est intéressant et fascinant de lire des répliques venues de tous horizons, dites par tant de personnages différents. Je me suis également demandée comment les auteurs (les rassembleurs, si on veut), avaient réussi à trouver ces trésors. Où de telles pépites se trouvent-elles? Quelle a été la documentation des auteurs?

N'hésitez pas à me signaler d'autres ouvrages de ce genre!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Henri Duboule pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 25 janvier 2010

lundi
25
janvier 2010

Les mots et la chose, de Jean-Claude Carrière.

L'ouvrage:
Françoise est comédienne de doublage. Elle doit doubler des films pornographiques. Elle se désole de la pauvreté des dialogues. Elle s'interroge: n'y a-t-il pas de multiples façons de parler des choses de l'amour? Elle interroge également le narrateur, un homme d'âge mûr, à ce sujet. Celui-ci lui écrit plusieurs lettres dans lesquelles il montre l'étendue du vocabulaire amoureux.

Critique:
Je pense qu'il faut prendre ce petit livre comme un divertissement. Il ne faut pas s'offusquer bêtement, mais s'amuser de cette lecture. Après tout, que fait ce livre? Il recense le vocabulaire pour dire «faire l'amour», pour parler du sexe, des seins, du plaisir sexuel... Il ne se veut pas tape-à-l'oeil.
Bien sûr, on ne peut éviter quelques mots et expressions vulgaires. Mais l'auteur recense ce qui existe, et il se doit de rapporter les expressions tant élégantes que vulgaires. Comme il les entremêle, l'amusement est renforcé, même si certaines images font frémir.
En outre, l'auteur nous donne de savoureux exemples inventés par Boris Vian, Marcel Proust, Pierre Desproges, etc.

J'ai appris beaucoup d'expressions! Je ne savais pas qu'il existait tant de façons de parler des choses de l'amour physique. J'avais pensé vous donner des exemples, mais le livre est si court (à l'instar de cette critique), que j'y renonce. Découvrez seuls toute la richesse de notre langue quant à cela.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent Aubert pour la Bibliothèque Braille Romande.

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samedi 23 janvier 2010

samedi
23
janvier 2010

*Lecteurs MP3 accessibles aux mal et non-voyants.

Note: Ne parvenant pas à écrire un commentaire sur le site concerné, je publie un billet ici.

Ce mois-ci, entre autres, on trouve un article très intéressant sur le site de Lire dans le noir à ce sujet.

Il y est expliqué que si le MP3 est un format très pratique, que si le lecteur MP3 est également très pratique, surtout grâce à sa petite taille, tout cela n'est pas toujours accessible aux aveugles, car les menus ne sont pas vocaux.

Personnellement, je suis satisfaite de ma clé MP3, car même si j'ai dû «apprendre» le menu par coeur, je n'ai pas énormément de manipulations à faire pour aller où je veux. Mais bien sûr, avant d'acheter cette clé, je me suis renseignée. Mon mari est allé sur un site de «passionnés» qui testent les lecteurs sous toutes les coutures (je crois que le site s'appelle Génération MP3), il leur a dit ce qu'il voulait m'offrir, et les personnes lui ont conseillé telle marque. Ces conseils ont été très utiles.
Bien sûr, il peut arriver que je me perde dans le menu. Cela est arrivé cinq ou six fois (en deux ans d'utilisation quotidienne), et dans ces cas-là, j'ai besoin de mon mari.

Dans l'article sus-cité, Lire dans le noir évoque une nouvelle possibilité d'adaptation: un logiciel gratuit permettant de vocaliser le menu des lecteurs MP3. Bien sûr, il faut que le lecteur soit compatible. Je trouve cela très bien. Cela veut dire qu'une personne aveugle n'est pas forcément obligée d'acquérir un lecteur incorporant le format DAISY. Personnellement, je trouve que c'est trop cher pour ce que c'est. À moindre mémoire ou à mémoire équivalente, le lecteur DAISY coûtera beaucoup plus cher qu'un lecteur MP3 standard. C'est de l'arnaque.
D'autre part, le format DAISY ne me servirait pas, sauf pour sauter les annonces de pages de certains livres de l'une des bibliothèques auxquelles je suis abonnée.

Je vais maintenant aller vérifier si ma clé est compatible avec le logiciel de vocalisation des menus. Je n'y crois pas trop, mais sait-on jamais?

jeudi 21 janvier 2010

jeudi
21
janvier 2010

La forêt des mânes, de Jean-Christophe Grangé.

L'ouvrage:
Jeanne Korowa est juge d'instruction. À cette période de sa vie, elle est désoeuvrée. Elle sort d'une relation difficile qui, à ses yeux, n'est pas terminée. Elle s'accroche à Thomas qui ne veut plus d'elle. Elle se sent seule. Elle ferait tout pour récupérer Thomas. Voulant connaître ses pensées et les événements de sa vie sans elle, elle fait mettre le cabinet de son psychiatre sur écoute illégalement, et le soir, se passe les enregistrements de ses séances. Elle écoute aussi les autres patients. C'est ainsi qu'elle découvre un patient qui pourrait bien être dangereux pour la société.

En parallèle, la jeune femme enquête sur des meurtres commis par un tueur cannibale.

Critique:
J'avais déjà été déçue par «Miséréré». Je pense vraiment que Jean-Christophe Grangé commence à s'essouffler... ou bien qu'il sort un bon roman tous les trois ou quatre livres. En effet, mes préférés sont «Le vol des cigognes» (mais il est hors-concours, car il fait partie de mes premiers thrillers, et je ne m'en souviens pas assez pour dire si je le trouverais bon aujourd'hui), «Les rivières pourpres», et «Le serment des limbes». Pour moi, ces romans sont les plus réussis.

Ici, on trouve encore des thèmes chers à l'auteur, et donc récurrents. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose lorsque c'est bien exploité, et qu'il y a d'intéressantes variations. Mais dans ce roman, ça m'a semblé être du répété. C'était le même air joué sur un autre ton.
On retrouve donc les meurtres avec des tonnes de violence, du spectaculaire... L'auteur en fait tellement sur ce plan-là que ce n'est même plus effrayant. Au théâtre, on dirait que Jean-Christophe Grangé cabotine.
On retrouve encore et toujours le thème de la personne qui enquête seule et illégalement, et qui, en plus, est plus forte que tous les autres. Ce thème est vraiment agaçant, car il rend l'histoire peu crédible. Pourquoi le héros serait-il plus intelligent, plus fort que les autres. Ses motivations sont puissantes, soit, mais les autres font quand même leur travail. Moralité: tout le monde est incompétent, sauf les héros de Jean-Christophe Grangé.
Revient aussi le thème de l'enfance tourmenté. Ici, il est bien exploité, même si certaines choses sont un peu prévisibles.

La trame est assez prévisible, car elle est également récurrente. On prévoit facilement ce que va faire Jeanne parce que l'intrigue est agencée à peu près comme dans d'autres romans de Jean-Christophe Grangé.
On devine aussi certaines choses. On sait rapidement que les deux affaires sont liées. On sait que la chanson a à voir avec un traumatisme qu'aurait vécu l'enfant, ou du moins, un moment très marquant de sa vie. Lorsqu'il a été question d'Amérique du Sud, j'ai deviné qu'une partie de l'histoire aurait à voir avec la guerre d'Argentine.
Le livre est très long, comme tous les romans de Grangé, et il traîne beaucoup. C'est aussi ce qui lui fait perdre de sa force. Tout est trop dilué. Je ne sais pas pourquoi certains auteurs pensent qu'un bon livre est obligatoirement long. En fait, un bon livre est un livre avec lequel on ne s'ennuie pas, qu'il fasse cent ou huit-cent pages.

Cependant, l'auteur nous réserve quelques surprises. Je n'avais pas deviné comment il se pouvait que Jeanne ait vu quelqu'un lutter avec François, et qu'on n'ait pas retrouvé le cadavre de son adversaire.
Je n'ai pas deviné le retournement de situation final quant à Joachim. (Ceux qui ont lu le livre comprendront.) L'auteur a donc bien amené cette ficelle, mais c'est un peu gros. L'auteur nous sort ce coup de théâtre de sa manche, et c'est vrai qu'il arrive à nous surprendre, mais avec le recul, ce n'est pas très vraisemblable.
Les explications données sur l'autisme sont intéressantes. Je savais quelques petites choses, mais j'en ai appris un peu plus grâce à Jean-Christophe Grangé.
Je n'avais pas deviné non plus comment il se faisait qu'un peuple semblant dater de plusieurs siècles, un peuple qui aurait dû avoir disparu aujourd'hui, existe encore. La solution, une fois qu'elle nous est donnée, est pourtant simple.

Les personnages ne m'ont pas vraiment convaincue. Je comprends que Jeanne veuille enquêter pour tromper sa solitude et venger la mort de son ami, mais elle ne me paraît pas très épaisse. Quant aux autres, ils ne font que passer. Il y a bien sûr le personnage de Joachim, mais son histoire étant terrible, sa psychologie est fouillée mais prévisible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Haziza pour les éditions Audiolib.
La lectrice a une voix agréable. Elle a bien interprété ce roman. Je vais pinailler en disant qu'elle fait presque illusion en espagnol. Sa seule erreur: prononcer les «V» «V» au lieu de demi-«B».
J'ai noté qu'il y avait moins de musiques (il y en a au début, entre les trois parties, à la fin, mais pas entre les chapitres), pour moi, c'est un progrès. Malheureusement, le titre a été présenté de manière grandiloquente, ce qui pour moi, n'est pas naturel. Comme ce n'est pas le cas de tous les romans édités par les éditions Audiolib, je suppose que ça dépend de celui qui dirige l'enregistrement.

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lundi 18 janvier 2010

lundi
18
janvier 2010

*Sondage.

Comme vous le savez (ou pas), le choix des livres audio est très restreint. Je peux m'approvisionner à la bibliothèque municipale de ma ville qui reçoit tout ce qui sort dans le commerce, et je suis abonnée à quatre bibliothèques pour lesquelles enregistrent des lecteurs bénévoles. Cependant, entre les auteurs qui ne me plaisent pas, les lecteurs dont je n'aime pas le jeu, le format DAISY qui m'embête de plus en plus (ceci est une très longue histoire), et les auteurs que j'aimerais lire et qui ne sont pas édités en audio, j'ai décidé de chercher ailleurs.

Pour cela, et pour ne pas perdre mon anglais, je me suis remise à lire dans la langue de Shakespeare. Il y a énormément de choix, et bien sûr, je ne lis que du «unabridged», soit «texte intégral». Quand je fais des critiques de ces livres, j'indique, bien sûr, le titre français.
Le dommage colatéral (si j'ose dire), c'est que je tombe sur des livres, voire des auteurs qui ne sont pas édités en France. Ma question est la suivante: pensez-vous que cela vaut la peine d'en faire des critiques? D'un côté, je pense que si d'autres personnes qui lisent en anglais lisent mes critiques, cela ne les gênera pas. Mais les autres risquent d'être frustrés. J'ai quand même fait la critique du dernier Jodi Picoult («Handle with care», qui paraîtra le 11 février), parce que je pense que les fans de cette romancière se mettront peut-être à l'anglais, et que le roman finira bien par sortir en France. Mais je ne sais pas s'il en ira de même pour les autres.