Conduite en état Livresque

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Seuls les ennuyeux s'ennuient.
Rosamunde Pilcher dans "La dame au portrait".

mercredi 28 mai 2008

mercredi
28
mai 2008

La porte des Anges, t.2 : La quatrième clé, de Michaël Dor

La fin de l'année scolaire approche, Jean-Baptiste, depuis ses aventures au mois de novembre, a fait d'énormes progrès, surtout en histoire, et est assez confiant pour la fin de l'année. Mais certains de ses camarades ne comprennent pas qu'il soit ainsi passé de la queue à la tête de la classe, et cela les embête.
Mais depuis ses aventures automnales, Jean-Baptiste est de plus en plus souvent la proie de cauchemars, qui lui montrent toujours la même chose : l'Adversaire veut le tuer, de ses propres mains, et a chargé un homme de confiance de l'amadouer, de gagner sa confiance, et de le lui livrer... Jean-Baptiste en vient à soupçonner tout le monde : Lucie et son parrain, le père qu'il vient de retrouver, ou la soeur de ce dernier, ou son mari, ou ses camarades de classe... Qui est le traître ?
Il sait seulement qu'il doit retrouver un clou, un clou maudit, le quatrième clou de la Croix, que le Roi des Gitans a dérobé quand il les a forgés, et que l'Adversaire veut récupérer à tout prix. Sur les traces de cette relique, Jean-Baptiste va voyager dans le temps et dans l'espace, passant de la Rome moderne à la Rome antique, au temps du Grand Incendie et des grandes persécutions néroniennes...

Un second tome qui tient ses promesses : suspense, paranoïa, de grandes questions, une reconstitution historique haletante, des faits réels... Bref, à la hauteur du premier tome !
Evidemment, les amateur d'Harry Potter seront une nouvelle fois déçus par ce pâle reflet de la célèbre saga, car ils y retrouveront des ficelles qu'ils connaissent déjà, par exemple la prophétie qui concerne le jeune héros. Mais est-ce bien grave ? Car il y a d'autres aspects dans ce roman, que l'on ne retrouve pas dans Harry Potter.
Cette fois encore, les lecteurs retrouvent un univers qu'ils commencent à bien connaître, le monde angélique, et ses personnages décalés ; le roman vaut le détour par les situations comiques que des Anges mettent en place. La parodie va toujours bon train (que dire de l'ange Pasrel, par exemple ?), les jeux de mots sont pour certains assez subtils, et on rit souvent à lire la description de ce monde à part. On voit aussi naître une grande interrogation sur la façon dont les humains perçoivent les anges, et les représentations de l'esprit en général.
Mais la grande question que pose ce deuxième tome de la série, c'est celle du mensonge : pourquoi ment-on ? A quoi cela nous sert-il ? Quelle utilité pouvons-nous en tirer ? Les effets en sont-ils positifs ou négatifs ? Bref, un roman qui amène le jeune lecteur à réfléchir, une nouvelle fois, sur un aspect courant de l'Humanité, et à se poser les bonnes questions. On voit un personnage en proie au doute, amené à soupçonner tout le monde, à ne faire confiance à personne. Et à sa suite, nous ne savons plus à qui nous fier, qui est bon et qui est traître dans son entourage. Quelques indices sont présents, dispersés dans le récit, mais ils sont subtils, et j'ai mis du temps avant de comprendre qui pouvait bien être celui qui amènerait Jean-Baptiste à l'Adversaire.
Et vous, serez-vous capables de déceler le traître avant Jean-Baptiste ?

Il reste encore un tome à paraître, et la trilogie sera complète. Il s'agit de La morsure du temps, dont la date de parution n'est pas encore fixée.

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lundi 26 mai 2008

lundi
26
mai 2008

Raël, journal d'une infiltrée, de Brigitte MacCann.

L'ouvrage:
Brigitte MacCann est journaliste. Chantal Poirier est photographe. En 2003, elles vont infiltrer le mouvement raélien. Leur but premier est d'en découvrir plus sur les bébés clônés. En effet, un médecin proche de Raël affirme depuis plusieurs mois qu'une femme a été clônée, et que son bébé va bien. Seulement, personne n'avu ce bébé.
Au cours de leur périple, elles découvriront d'autres choses sur le mouvement.

Critique:
Ce livre m'a intéressée sur plusieurs plans. D'abord, il convient très bien à ceux qui, comme moi, n'aiment pas regarder ou écouter les informations, et ne lisent pas les journaux. En effet, je n'ai entendu parler du mouvement raélien que de très loin. J'ignorais presque tout de ce mouvement. Ce livre m'a d'abord appris ce que c'était. J'ai donc pu m'apercevoir de l'étendue de l'endoctrinement de certains membres. Brigitte décrit très bien cela. Cela fait d'ailleurs peur. Certains sont assez influençables pour être embrigadés et croire les sornettes débitées par Raël. Certains manquent tellement d'esprit critique qu'ils boivent ses paroles, absorbent ce qu'il dit sans réfléchir. Je suis toujours effrayée lorsque je vois ce type de réactions.
En outre, je me demande sérieusement comment des gens peuvent gober les dires de Raël, car certaines choses sont vraiment grosses. Par exemple, lorsqu'on montre aux nouveaux le film sur les extraterrestres, Brigitte explique qu'il est flagrant que c'est un montage. Comment les gens peuvent-ils se laisser prendre? En outre, il est évident que le mouvement raélien pompe l'argent des participants à une vitesse vertigineuse. Les adeptes doivent toujours payer des sommes exorbitantes pour la moindre chose.
D'autre part, beaucoup de formations sont un prétexte pour se déshabiller.
Tout cela est si ostensible que je me demande comment les adeptes font pour ne pas voir qu'ils se font posséder dans les grandes largeurs.

Brigitte et Chantal forcent l'admiration. On souffre pour elles lorsqu'elles doivent se rendre aux réunions, qu'elles doivent jouer le jeu, et surtout lorsqu'elles assistent au stage d'été dans la nature. C'est d'ailleurs lors de ce stage que Brigitte attrape un énorme rhume qui aurait pu s'aggraver, étant donné les mauvaises conditions de camping.

J'ai hésité à écrire cette critique, car je suis entièrement d'accord avec la conclusion de Brigitte MacCann, à savoir qu'il faut parler le moins possible du mouvement raélien, car le gourou jubile dès qu'on parle de lui, que ce soit en bien ou en mal. J'ai finalement décidé d'écrire la critique, en espérant que des personnes liraient le livre de Brigitte MacCann, et se rendraient compte du danger que représente le mouvement, et plus généralement, n'importe quelle secte.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claudine Humberset pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi 19 mai 2008

lundi
19
mai 2008

La femme du cinquième, de Douglas Kennedy.

L'ouvrage:
Harry Ricks s'envole pour Paris. Il doit s'éloigner de sa ville de l'Ohio. Dans l'université où il était professeur, il est devenu un paria. Il a provoqué un scandale. Il part pour qu'on l'oublie un peu, et aussi, pour concrétiser enfin son rêve français. Il souhaite devenir écrivain, et vivre à Paris.

Le rêve français commence bien mal. Harry attrape la grippe, et se retrouve cloué au lit, à la merci d'un réceptionniste d'hôtel peu scrupuleux qui profite de son désarroi pour lui extorquer des sommes faramineuses. Heureusement, il rencontre Adnan, un employé turc. Adnan est généreux: il décide d'aider Harry à s'en sortir. Adnan va même lui trouver un logement, certes exigu et dépouillé, mais au loyer modeste.
Harry finira également par trouver un travail...

Critique:
Le livre comporte 21 chapitres. Jusqu'au chapitre 18, j'ai été totalement captivée, prise dans les filets tendus par l'auteur. L'histoire et les personnages m'ont tout de suite plu. Par ailleurs, le lecteur découvre ou redécouvre la ville de Paris: ses quartiers, sa population hétéroclite, les pièces sordides louées à des imigrés clandestins qui se battent pour s'en sortir, comme Adnan, ou qui ne connaissent que l'alcool et les provocations, comme Omar; les personnes qui ne pensent qu'aux mondanités, ne voient que les apparences, et ne jurent que par l'artifice. Je n'ai remarqué que ce contraste entre les populations, mais n'étant pas parisiennes, j'ai dû manquer d'autres éléments résumant très bien la ville.

Malheureusement, tout retombe dès le chapitre 19, surtout pour le lecteur qui, comme moi, s'est attaché à l'intrigue. Cela m'a rappelé à quel point une mauvaise fin pouvait gâcher un livre, si bon soit-il.
Ici, la comstruction m'a rappelé celle de "Cul de sac": le personnage est confronté à une énigme, il semble être le seul contre tous, à se débattre avec les incongruités qu'il découvre. En outre, le décor est bien planté, les personnages et les événements tiennent le lecteur en haleine. Et la solution arrive. Contrairement à "Cul de sac", elle est vraiment trop facile. Je n'ai rien contre le fantastique (j'aimerais d'ailleurs pouvoir en lire plus), mais il me semble qu'ici, dans ce décor si réel, il n'a pas sa place. J'ai été très déçue par cette solution. Il m'a semblé que l'auteur ne savait pas quoi faire pour rendre son livre impressionnant, et qu'il s'est engouffré dans le fantastique, le prenant comme une porte de sortie. Eh bien, avec moi, ça n'a pas pris du tout! De plus, cette ficelle est très grosse. Enfin, plusieurs questions se posent: pourquoi Margit est-elle ici? Pourquoi a-t-elle choisi Harry? Pourquoi exige-t-elle ces trois heures, alors qu'elle pourrait trouver d'autres hommes? Elles donne de partielles réponses, mais cela ne me convainc pas.

Outre cette fin qui, pour moi, a détruit le reste du roman, quelques petites critiques:
L'extrême générosité d'Adnan envers cet inconnu est invraisemblable. Il risque sa vie sans hésiter pour ce poids mort qu'il connaît à peine.
Il y a certains clichés énervants. Par exemple, les américains ne supportent pas qu'on fume devant eux ou dans les lieux publics, et les français fument partout et devant tous sans se soucier de déranger. Bizarre, je connais pas mal de français, dont moi, qui sont incommodés par le fait qu'on fume devant eux. Bien sûr, aux Etats-Unis, fumer dans la rue ne se fait pas, mais ce n'est pas pour ça que tous les américains désapprouve cela. De plus, étant dans un autre pays, il faut bien s'attendre à des règles différentes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse pour les éditions Audiolib. C'est le premier livre édité par Audiolib que j'entends, donc je m'attarderai sur certains éléments propres à l'édition audio.
Jean-Marc Delhausse, le comédien qui a enregistré le roman, a une voix agréable. Parfois, il en joue peut-être légèrement, et en fait ressortir le côté un peu sensuel. Son interprétation est bonne: il ne surjoue pas, il ne se casse pas la voix et n'en fait pas trop lorsque des femmes parlent, et lit de manière naturelle. En outre, il ne force pas sur les accents étrangers. Ouf! J'espère qu'il travaillera à nouveau pour Audiolib.
Au montage, on a ajouté un élément de réalisme: lorsqu'un personnage coupe la parole à un autre, la fin de la réplique coupée et le début de l'autre se croisent, comme dans une véritable conversation.

Quant à ce qui ne m'a pas plu: il y a trop de musique. Mais ça, je peux le reprocher à presque tous les éditeurs audio. Je rêve de livres sans fioritures musicales, comme en proposent les éditions Thélème. Attention, par fioritures musicales, je ne fais pas allusion au fait de diffuser une musique au moment où ladite musique passe dans le livre, comme le font, depuis quelques temps, les éditions VDB. Je trouve d'ailleurs cela très bien. Je parle des petits passages musicaux en début et en fin d'ouvrage, entre les chapitres, etc. Tous ces passages m'agacent. Bien sûr, certains morceaux m'ont parfois plu (la musique servant à illustrer deux ou trois Michael Connelly, et certains morceaux utilisés par les éditions VDB), mais d'une manière générale, ils n'apportent rien, ils retardent juste le bonheur de l'écoute du livre.

Enfin, j'ai trouvé dommage qu'on passe d'une oreille à l'autre selon que l'un ou l'autre personnage parle. Je comprends que l'idée est de faciliter la lecture, et de marquer le changement de personnage, mais je préfère que la voix soit toujours au même niveau. Je l'ai d'ailleurs signalé par mail aux éditions Audiolib, et ils m'ont répondu qu'ils ne le faisaient pas systématiquement, et allaient sûrement cesser.

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mercredi 14 mai 2008

mercredi
14
mai 2008

La mort n'est pas une fin, d'Agatha Christie

La jeune Renisenb est rentrée chez son père Imhotep, car son mari Khay étant mort, elle ne peut rester seule chez elle avec sa petite fille Teti. Chez son père, rien ne semble avoir changé : ses frères Yahmose, Sobek et Ipy sont tels qu'ils l'ont toujours été, les femmes des deux premiers, Sapity et Kait, se chamaillent toujours autant, le scribe Hori est toujours aussi sage et calme, la vieille Henet se mêle toujours autant de ce qui ne la regarde pas, et Esa, la mère d'Imhotep, bien qu'âgée et quasiment aveugle, est toujours aussi perspicace.
Un jour, Imhotep rentre d'un voyage dans ses demeures du Nord, et amène avec lui Nofret, une belle jeune fille qu'il présente comme sa nouvelle concubine. Il ne se doute pas qu'avec elle entre le Mal dans la maison. Rapidement, les drames se succèdent : Nofret est trouvée morte au pied de la montagne, et les morts s'enchaînent après elle.
Renisenb, Hori et Esa mettent leurs esprits à résoudre cette énigme : Nofret n'aimait personne et personne ne l'aimait, mais ce n'est pas son fantôme qui revient assassiner les membres de la famille. Qui donc leur en veut à ce point, pour vouloir détruire la descendance d'Imhotep ?
Dans cette vaste maison thébaine, personne n'est à l'abri...

Un bon roman à suspense comme je les aime : les crimes s'enchaînent, des esprits supérieurs s'y confrontent, mais il faut attendre la fin du roman pour avoir la clé de l'énigme... Plusieurs fois on pense toucher au but, et avoir trouvé l'assassin, mais plusieurs fois l'auteure nous détrompe de la manière la plus radicale qui soit... Et si les soupçons se dirigent vers un personnage, nous sommes vite détrompés... ou pas !!
La psychologie des personnages est aussi assez fouillée, dans le sens où grâce aux réflexions de Hori, aux interrogations philosophiques de Renisenb, et à la sagesse d'Esa, nous comprenons que l'âme humaine n'est jamais tout à fait comme on pense la percevoir. Et que bien souvent, les apparences sont trompeuses, mais disent la vérité...
On se sent aussi oppressés par l'atmosphère qui règne dans la maison, et personne ne se sent en sécurité dans ce climat. Nous avons envie de dire aux personnages de fuir, de partir le plus loin possible de leur demeure. On compatit aux douleurs des unes, on comprend les doutes des autres, on pardonne l'accablement d'un troisième, on a peur pour les héros... Bref, des personnages qui, bien qu'éloignés dans le temps et dans l'espace, nous sont proches par leurs sentiments et leurs idées.
Somme toute, un roman qui montre toute la modernité et l'intemporalité d'Agatha Christie, qui ici nous fait preuve de son immense talent d'écrivaine à suspense... Bonne lecture !

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lundi 12 mai 2008

lundi
12
mai 2008

Laisse-moi te dire, de Janine Boissard.

L'ouvrage:
Jean-Charles Madelmont et sa femme n'ont pas toujours su se comprendre. Aujourd'hui, il décide de lui écrire une longue lettre. Il raconte toute leur histoire, et s'arrête pour expliquer ce qui l'a blessé à l'époque des faits, et qu'il n'a pas pu ou pas su dire au moment où c'eit arrivé.

Jean-Charles est tout de suite tombé amoureux de Gabrielle, alors qu'il avait vingt-quatre ans et elle dix-huit ans. Dès leur première rencontre, le lecteur sait que leurs rapports seront toujours inégaux. Et pourtant, ils feront un long bout de chemin ensemble.

Critique:
Globalement, ce livre m'a plu, comme presque tous les romans de Janine Boissard. Mais certaines choses sont un peu grosses, ce qui fait que mon sentiment est mitigé.

Ici, la romancière a fait un nouveau pari. Après avoir imaginé les sentiments et la psychologie de ses héroïnes, elle décide que c'est un homme qui racontera l'histoire. C'est un homme au naturel doux, un homme sensible et gentil, qui vient d'une famille très unie, qui a des rêves, qui ne regarde pas les autres de haut. Janine Boissard s'en tire bien en nous narrant le portrait de cet homme.
Ce qui est un peu gros, c'est que Gabrielle est son portrait en creux. Elle semble dure et insensible, égoïste. Son ambition l'aveugle. Elle ne comprend pas qu'on pense autrement qu'elle. Elle ose dire que Marie est sa meilleure amie, mais se permet de juger sa façon de vivre, et est absolument persuadée que Marie n'est pas heureuse. Marie a choisi d'élever ses enfants, et de ne pas travailler, alors qu'une carrière de dessinatrice s'ouvrait à elle. Gabrielle n'admet pas qu'on puisse être heureux si on n'a pas une grande carrière. Elle refuse de comprendre que tout le monde n'a pas ses aspirations. Elle ne sait que mépriser ce qui ne lui ressemble pas, ce qu'elle ne contrôle pas.
On me dira que parfois, les contraires s'attirent. Soit. On peut expliquer l'amour de Gabrielle et de Jean-Charles l'un pour l'autre de cette façon, ainsi que l'amitié entre Gabrielle et Marie. Cependant, cela ne me convainc pas vraiment, car l'ouverture d'esprit n'est là que d'un côté.

En outre, Gabrielle a bâti sa vie sur un mensonge, quelque chose que son coeur d'enfant a inventé, et à cause de cela, elle s'arroge le droit de vouer une violente rancoeur à son père. Elle n'a aucune preuve de ce qu'elle croit, mais préfère le croire, et ainsi, se donner quelqu'un à accuser et à blâmer.
A ce propos, les personnes connaissant la vérité ne veulent pas la lui dire pour la protéger. Cet argument est fallacieux. Pourquoi avoir de la pitié et de la compassion envers celle qui n'en a jamais eu? Pourquoi ne pas la forcer à grandir et à cesser de se comporter en gamine capricieuse? De plus, si on voulait vraiment lui cacher la vérité, pourquoi ne pas l'édulcorer, comme Hugues l'a fait, au début avec Jean-Charles?

Le personnage de Gabrielle est la fausse note du roman. Il est trop facile de la détester. Elle est si engluée dans ses certitudes, si fermée que le lecteur ne peut pas la plaindre ou l'apprécier. Il aurait été bien plus intéressant qu'elle fût complexe, que sa psychologie fût moins simpliste. Jean-Charles est plus creusé. Il fait des erreurs, et sait qu'il n'est pas à l'abri d'en faire d'autres.

Donc, j'ai aimé ce livre, mais le personnage trop cliché, trop manichéen de Gabrielle m'a un peu gâché le plaisir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Grossenbacher pour la Bibliothèque Braille Romande.

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