Conduite en état Livresque

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D'habitude, les gens ne supportent bien que le malheur des autres. Ils te trouveront plus sympathique si tu te casses une patte que si tu gagnes au loto.
Claude Courchay dans "Retour à Malaveil".

dimanche 30 septembre 2007

dimanche
30
septembre 2007

L'erreur est humaine, de Woody Allen

L'erreur est humaine
Difficile de faire un résumé, tant les nouvelles sont différentes. On passe de l'histoire d'une nounou qui écrit un livre afin de nuire à ses employeurs, à celle de l'enlèvement d'un homme -dont le métier est d'être doublure lumière au cinéma- qui est confondu en Inde avec l'acteur principal du film, sans oublier celle d'un riche père dont la vie bascule lorsque son jeune enfant est refusé dans une des meilleurs maternelles de la ville...
Quelques points communs les lient cependant entre elles : le goût de l'absurde, de la dérision, du cynisme, et des références souvent à la culture juive.
Rien que les titres illustrent le style général décalé : au hasard "La Lévitation divine", "A Vienne que pourra", "Ainsi mangeait Zarathoustra", ou encore "Attention chute de nabab".

Difficile de donner un avis clair, étant assez partagée... D'un côté on sait à quel ton s'attendre quand on ouvre un livre de Woody Allen, mais de l'autre... Moi qui m'attendais à retrouver le burlesque et non sens cynique de ses livres de citation, je ne les touche au final que d'assez loin...
Certes tous les éléments sont là, mais je ne sais pas, le tout a du mal a prendre... Peut-être que trop de non sens tue le non sens, ou tout simplement que je ne suis pas assez "intello" pour apprécier à sa juste valeur le maître, mais bon...
On sent que l'auteur s'est amusé en écrivant ces lignes, mais on a du mal à soi-même faire l'expérience d'un tel plaisir. A moins que, l'ayant lu en français pour une fois, la traduction y soit pour quelque chose (si quelqu'un a la version anglaise, je veux bien son avis:) ?
Bref, certains adoreront peut-être se perdre dans les dédales d'anarchie littéraire du non sens, mais j'avoue être restée sur ma fin...

mercredi 26 septembre 2007

mercredi
26
septembre 2007

La vie secrète du chat qui…, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, LA célébrité de la petite ville de Pickax, possède deux siamois extraordinaires qui l’aident à résoudre les enquêtes qu’il mène. Mais on ne sait pas vraiment comment il les a recueillis ou adoptés. Ici, le journaliste prend la plume pour raconter la façon dont Kao-Ko-K’ung, dit Koko, et Yom-Yom sont entrés dans sa vie. Il relate aussi différentes anecdotes les concernant, et partage avec nous les chroniques qu’il écrit pour un journal local.

Second recueil de nouvelles de l’auteure de la série du chat qui…, une série pour qui aime les chats et les enquêtes policières ! Cette fois, tout est centré sur les chats et leurs facultés extraordinaires, mais laisse aussi place au dialogue que le journaliste entame avec ses lecteurs à travers la chronique hebdomadaire qu’il tient. Cela nous démontre comment un chat peut choisir son maître, ou comment un maître peut apprivoiser une représentante de la gent féline, mais aussi comment ces deux animaux vont à jamais bouleverser la vie un peu trop tranquille de Qwill…
Une nouvelle fois, l’écriture agréable et la brièveté des récits nous permet de prendre contact avec le style de l’auteure, avec les personnages principaux de ses enquêtes, et pourquoi pas d'avoir envie de nous plonger dans d’autres tomes de la série ? D’ailleurs, il me faudrait songer à vous en résumer quelques uns ici… ;-)

lundi 24 septembre 2007

lundi
24
septembre 2007

L'esprit meurtrier, de Philipp G. Walcott.

L'ouvrage:
Sandra Tramell est psychiatre spécialisée dans l'hypnose. Ce soir-là, elle est fatiguée, pressée de rentrer chez elle. Elle s'apprête à fermer son cabinet lorsque le docteur Jefferson, qui tient la clinique dans laquelle elle exerçait avant de se mettre à son compte, lui téléphone. Il a besoin d'elle d'urgence. On lui a amené un patient qui a fait plusieurs tentatives de suicide. Le seul moyen de l'empêcher de se mutiler est de l'endormir. Le médecin aimerait que Sandra hypnotisât ledit patient. A contrecoeur, celle-ci se rend à la clinique.
Le patient lui explique qu'il faut absolument qu'il se suicide maintenant, sinon, il souffrira. Elle réussit à le convaincre de se laisser hypnotiser, lui promettant qu'ensuite, il pourra faire ce qu'il a envie.
Malheureusement pour elle, Sandra ne tient pas sa promesse.

Alissa Hadley est une toute nouvelle recrue du FBI. Elle est placée sous la tutelle de Richard. Elle doit prendre sa suite. Celui-ci lui confie le dossier sur lequel il travaille depuis des décennies. C'est une bien étrange affaire.

Critique:
J'avais un peu peur de lire ce livre, étant donné que j'avais été déçue par "Equation à deux inconnus" du même auteur. J'ai été agréablement surprise. J'ai donc de loin préféré "L'esprit meurtrier".

La théorie de l'auteur sur les âmes est intéressante. Bien sûr, elle n'est là que pour donner corps (si j'ose dire) à l'histoire qu'il a écrite. Mais jusqu'à un certain point, on peut y adhérer. Je pense que lorsque l'on dort, une partie de cette théorie est possible: peut-être nos âmes voyagent-elles.

L'histoire est agréable à lire. On a envie de savoir ce qui va arriver, comment telle situation trouvera une issue, comment l'intrigue va avancer.
Je n'avais pas deviné où était l'âme d'Iset avent que l'auteur ne le dise.
Curieusement, je n'avais pas non plus deviné où était celle de Bakhem après qu'Alissa a voulu l'abandonner dans le désert.
J'ai également été surprise de ce qui s'est passé juste après que Bakhem a réussi à faire en sorte que l'âme de Samantha quitte le corps de celle-ci.
Tout cela montre que l'auteur a su créer une ambiance, une intrigue dont les ficelles n'étaient pas si grosses que ça, puisque je n'ai pas deviné des choses qui, avec le recul, étaient évidentes.

Malheureusement, la psychologie des personnages n'est pas très creusée. Le coup de foudre entre deux personnages est un peu téléphoné, surtout que l'un des personnages n'avait jamais imaginé tomber amoureux d'une personne du même sexe. Donc, c'est un peu gros. Bien sûr, on peut arguer que le coup de foudre est si rapide car l'un des personnages sait éveiller les sens de l'autre, et que le reste suit... Mais c'est un peu léger.
Les personnages sont assez plats, à mon avis. Ils sont simplement les instruments qui font que l'histoire est possible.
La décision de Samantha, vers la fin, est une bonne illustration de cela. Rien ne prépare le lecteur à cette décision. A la place de Samantha, peu de gens auraient soudainement décidé d'agir ainsi. La toute fin (dont Samantha devait se douter) rend cette décision moins pesante, mais tout de même...

Remarque: Presque toutes les femmes du livre ont un prénom qui se termine par un "A". Seules Iset et Kate font exception. Il est amusant que ce soit ces deux personnages qui fassent exception, d'ailleurs.
Autre remarque: On voit bien que l'auteur est un homme. Je m'explique (au risque de choquer certaines personnes): lorsqu'une fille pratique l'onanisme, si elle s'arrête juste avant l'orgasme, elle est plus frustrée qu'en extase. Et elle ne va pas s'arrêter, même pour téléphoner à la personne qui la fait fantasmer.

Ce livre m'a été offert par les éditions Quorfing.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

mercredi 19 septembre 2007

mercredi
19
septembre 2007

Légendes du comté de Moose, de Lilian Jackson Brown

Jim Qwilleran, le journaliste venu s’installer dans la petite ville de Pickax, dans le comté de Moose, une petite ville à six cents kilomètres au nord de partout, aime résoudre les mystères et énigmes qui se présentent à lui. Mais entre deux enquêtes, il arpente les rues de sa ville en récoltant les histoires des uns et des autres. Histoires de famille, anecdotes historiques… armé de son magnétophone, il écoute et enregistre tout ce que lui racontent les habitants du comté.

Que voici un recueil rafraîchissant ! Nous étions habitués aux enquêtes originales de Qwill et de ses chats, nous voici maintenant devant un très court ensemble de nouvelles originales mais familières (qui n’a jamais écouté les anecdotes de ses (arrières-)grands-parents ?).
On croise ici différents personnages familiers aux lecteurs de Lilian Jackson Brown, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les romans de l’auteure pour comprendre. La lecture nous confrontera à plusieurs légendes ou racontars : pirates, fantômes, contrebandiers, enfants et vieillards… Bref, une façon agréable de prendre conscience du folklore que l’on oublie parfois !

lundi 17 septembre 2007

lundi
17
septembre 2007

Heartstopper, de Joy Fielding.

Note: J'ai lu ce livre en anglais, et je ne sais pas s'il a été traduit en français (il semblerait que non). En tout cas, ne trouvant pas le titre français, j'ai mis le titre original.

L'ouvrage:
Torrance, petit village de Floride.
Sandy Crosbie, enseignante, a bien du mal à s'adapter à sa nouvelle vie. En effet, la famille Crosbie (Ian, Sandy, et leurs deux enfants, Tim et Megan), habitait à New York. Ian a décidé de déménager, arguant qu'on lui offrait un poste. En fait, il avait rencontré une femme sur internet, et voulait la voir en chair et en os. Ce qu'il vit lui plut, car il quitta Sandy pour aller s'installer chez Carry Franklin.

Torrance étant un petit village, tout se sait. On sait qui a des aventures avec qui, qui est apprécié de qui, etc.
On est d'autant plus surpris lorsque les jeunes filles du village commencent à disparaître...

Critique:
Joy Fielding s'essaie au roman policier. Mon sentiment est mitigé quant au résultat.
Elle n'évite aucun écueil. Elle fonce même tête la première dedans. Elle nous présente un coupable contre lequel elle accumule les indices troublants, le plus parlant étant qu'il terrorise sa femme. Cette piste est tellement grosse que le lecteur n'y croit pas. Il attend qu'elle veuille bien changer de présumé coupable. Mais elle insiste: la personne véritablement coupable du crime cache des indices chez le présumé coupable, et sans chercher plus loin, le shérif l'arrête. Si ce n'est pas une ficelle plus qu'éculée, ça!!!

On devine également que cette pauvre Sandy est cruche de suivre Will, alors qu'elle le connaît depuis cinq minutes, qu'elle ne devrait pas s'arrêter pour porter secours à monsieur Lipsman... Elle le sait aussi, mais le fait quand même. Elle passe pour une andouille à ses yeux et à ceux du lecteur.
En outre, elle attend, comme une bécasse, que son mari veuille bien lui revenir, alors qu'on sait bien qu'il ne lui reviendra pas. Elle est assez agaçante à attendre comme ça, comme si elle n'avait aucune expérience de la vie. Je ne dis pas qu'une femme ne doit pas espérer (c'est d'ailleurs logique qu'elle espère), mais là, c'est à la limite de la stupidité.

Les adolescents ont tous une attitude caricaturale: ils rejettent Dalila parce qu'elle ne ressemble pas à celles qu'ils considèrent comme des beautés. Personne ne se démarque, ils ne cherchent pas plus loin: elle a quelques kilos en trop et n'est pas très bien habillée, alors, ils la rejettent tous.

Vous allez me dire que toutes ces situations peuvent se retrouver dans la vie. Soit. Seulement, une situation clichée par ci par là, cela se comprend, cela s'accepte. Mais ce livre est truffé de ce genre de situations! C'est exaspérant! De plus, il traîne beaucoup. Pendant ma lecture, je me suis demandée si ce n'était pas Mary Higgins Clark qui avait écrit sous le pseudonyme de Joy Fielding.

Tout cela est un peu rattrapé par la découverte de la personne coupable des crimes. Je savais bien que les coupables que Joy Fielding nous jetait en pâture n'étaient pas les bons, mais je n'avais pas trouvé qui c'était. Je ne me doutais de rien. Pourtant, lorsqu'on sait, certaines choses paraissent d'une logique imparable. En outre, des indices étaient dispersés tout au long du roman. Une fois qu'on a la solution, tout est évident. Il faudrait même relire le livre pour essayer de repérer les indices, voire les failles. Je suppose qu'il n'y a pas de failles, car l'auteur a travaillé son roman, mais l'éclairage de la fin donne envie de relire le livre et de collecter les indices.

Je m'interroge sur la traduction française de ce livre. En effet, l'auteur a fait en sorte que lorsque «the killer« écrit son journal, on ne puisse déterminer son sexe. En anglais, c'est assez facile, car les adjectifs et les participes passés sont épicènes. Malheureusement, en français, cette neutralité est impossible à garder. J'ai essayé de traduire quelques petites phrases, et dans quelques cas, on peut s'appuyer sur le contexte. Par exemple, au chapitre où «the killer« raconte sa presque noyade, il est écrit «I was gone«. Vu le contexte, on pourrait traduire par «j'étais à l'eau«. Mais ceci n'est qu'un exemple, et je ne me suis pas amusée à reprendre tous les chapitres du «killer's journal«.

Je ne parle pas souvent de la prestation des lecteurs, mais là...
J'ai l'impression que la lectrice à pipé les dés. Elle fait partie des lecteurs qui tiennent absolument à faire une voix à chaque personnage. Ici, c'était extrêmement agaçant. Lorsqu'elle fait un homme, on dirait qu'elle va vomir; lorsqu'elle fait une personne âgée, on a envie de l'achever; lorsqu'elle fait Dalila, on dirait une mongolienne. En outre, cette manie de faire des voix à tout le monde fait qu'elle prend deux voix absolument différentes pour «the killer« et le personnage du petit village dont on finit par découvrir que c'est «the killer«. En plus, la voix qu'elle prend pour «the killer« nous fait penser que la personne est beaucoup plus âgée qu'elle ne l'est en réalité. Du coup, elle n'a pas joué le jeu. Il aurait été préférable qu'elle prît une voix expressive, certes, mais pas différente pour chaque personnage. Je me suis sentie flouée par cette lecture. Cet exemple fait que je suis d'autant plus d'accord avec Eric Herson-Macarel qui dit (dans son interview du 6 septembre) qu'il ne faut pas singer les voix des personnages.