jeudi, 5 mai 2016

La loi du silence, d'Anita Terpstra.

La loi du silence

L'ouvrage:
Lors d'un week-end en forêt avec des camarades, Sander Meester, onze ans, disparaît.
Six ans plus tard, il est retrouvé. Sa famille pense pouvoir revivre. Cependant, la réadaptation du garçon (qui a passé ces années dans la forêt avec son ravisseur) n'est pas si simple.

Critique:
Ce genre de scénario rappellera fatalement d'autres auteurs qui l'ont utilisé. Je pense notamment à «Souviens-toi de moi comme ça» et à «Fleur de cimetière». Il est fascinant de voir les tournants que prennent les auteurs après avoir posé ces bases.

Le récit du présent de la famille est entrecoupé de scènes ayant eu lieu avant la disparition de Sander. Très vite, on comprend que certaines choses ne vont pas. J'avais deviné des éléments, mais c'est sûrement voulu. En outre, cela n'a pas gâché ma lecture.

J'ignore si le titre français est une traduction du titre original, mais il est bien trouvé. En effet, c'est parce que certains se sont tus que les choses ont aussi mal tourné. D'un autre côté, avaient-ils le choix? Peut-être, mais ils l'ignoraient au moment de prendre une décision.
L'intrigue est bien menée. Il n'y a pas d'incohérence. La romancière s'y entend parfaitement pour faire mon´ter la tension, nous faire envisager des hypothèses qu'au départ, on rejette tant elles sont horribles... J'ai, malgré tout, un petit reproche à faire. Je comprends qu'Anita Terpstra n'ait pas voulu donner toutes les clés tout de suite. Le but, quand on crée une énigme, c'est de ne pas la dévoiler dès les premières pages. Cependant, j'aurais aimé qu'elle ne pointe pas ces énigmes du doigt vec de gros sabots: regardez! Iris, elle se reproche quelque chose qu'elle ne veut pas dire! Elle sait quelque chose, ça pèse sur son coeur, mais elle ne dira rien. Cette tactique est employée à plusieurs sujets. C'est ce que j'appelle du suspense artificiel. Je trouve un peu dommage qu'un si bon roman souffre de cette sorte de faux suspense.

Je n'ai pas du tout aimé Alma. Elle réclame des enfants à cors et à cris, et elle n'est pas fichue de s'en occuper correctement, de communiquer réellement, de sévir quand il faut, de voir ce qui ne va pas... Certains lui trouveront peut-être des excuses. Cela n'a pas été mon cas. Ensuite, elle souffre, certes, mais elle refuse de prendre la souffrance des autres en compte. Ma dépréciation de ce personnage n'est pas synonyme de dépréciation du livre. Au contraire, Anita Terpstra a su créer un personnage à qui on a envie de donner une bonne paire de gifles, mais qui est, par ailleurs, très crédible. Je ne parlerai pas des autres personnages pour ne pas trop en dire, mais je dirai seulement que la romancière a su les dépeindre assez finement. En effet, sans trop les connaître, j'ai très vite préféré celui-ci ou celui-là. L'auteur ne tente pas de faire passer ses personnages pour ce qu'ils ne sont pas, sans pour autant les rendre manichéens. Certains sont lucides quant à leurs actes et ceux de leur entourage.

Un livre qui met mal à l'aise par sa justesse et sa crédibilité.

Livre traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, publié le 22 avril 2016 aux éditions Denoël.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

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lundi, 2 mai 2016

Six femmes, de Tina Seskis.

Six femmes

L'ouvrage:
Hyde Park.
Ce soir-là, six anciennes amies d'université se retrouvent pour un pique nique, comme tous les ans. Voilà plusieurs années que ce pique nique a lieu alors que les amies s'éloignent les unes des autres. Ce soir-là, les discussions tournent rapidement aux règlements de comptes.

Critique:­­
Tina Seskis montre des femmes qui furent très soudées à l'université, et qui prennent inexorablement des directions différentes, mais ne peuvent se résoudre à briser les liens (de plus en plus fragiles) qui les unissent. C'est un sentiment compréhensible. Certains l'ont peut-être déjà connu.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages, leurs caractères, leurs vies, etc. J'ai bien aimé ce démarrage. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais par la suite, mais j'ai été très surprise du tournant «énigmatique» (si j'ose dire) qu'a pris l'intrigue. J'ai aimé être surprise ainsi.

Ce tournant fait que tout ce que cachaient certains personnage va éclater au grand jour, rouvrant des blessures, appuyant bien là où ça fait mal, forçant certains à se remettre en question. La romancière a montré un éventail de réactions qui cadrent bien avec les caractères présentés.

Certains personnages sont plus difficiles à comprendre que d'autres. Pour moi, cela a été Natasha. Bien sûr, ses réactions sont sa manière de se protéger contre les coups de la vie. On ne peut pas toujours se protéger intelligemment. Mais je n'ai pas compris pourquoi ses amies en faisaient les frais, du moins, pourquoi les cinq. C'est d'ailleurs elle qui est à l'initiative de ce que je ne m'explique toujours pas, et qui décide du tournant du roman. Il faut quand même être très perturbé pour faire une chose pareille... C'est expliqué par les circonstances, mais j'espère que dans une telle situation, je n'agirais jamais ainsi!
Quant aux autres, si je ne les ai pas tous approuvés (certains sont de belles ordures), j'ai compris leurs façons d'agir.

Tout cela m'a plu, donc je suis passée sur la gêne que m'a occasionné la structure. C'est la même que celle de «Crime d'honneur», d'Elif Shafak. L'auteur louvoie entre les époques, donnant un indice par ci, une réponse par là. Cela fait un peu brouillon, un peu fouillis. Bien sûr, c'est fait exprès. Le but est que le lecteur se fasse une opinion en se basant sur certains paramètres, puis qu'il tente d'assembler le puzzle, ait le fin mot de l'histoire ensuite. Je n'aime pas cette façon de faire parce que cela provoque un suspense artificiel, mais aussi parce qu'on a toujours l'impression d'avoir manqué un épisode...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions le Cherche Midi.

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samedi, 30 avril 2016

*Parutions des éditions Sixtrid, avril 2016.

En vrille La carte des Mendelssohn Le lys dans la vallée

Ces titres sont sortis le 28 avril.

  • En vrille, de Deon Meyer, interprété par Éric Herson-Macarel, 11h45.
    Traumatisé par le suicide d’un collègue, Benny Griessel replonge dans l’alcool. Sa supérieure hiérarchique le protège en confiant à son adjoint, Cupido, l’enquête sur le meurtre d’Ernst Richter, créateur d’un site qui fournit en toute discrétion de faux alibis aux conjoints adultères. Richter faisait chanter ses clients. Est-ce là une piste ? L’analyse des relevés d’appels de son portable, l’épluchage des comptes de sa start-up, les interrogatoires de ses employés, les perquisitions ne donnent rien. Les soupçons se portent aussi sur François du Toit, un viticulteur en faillite. Rien de probant. Les Hawks sont dans l’impasse. La solution surgira, contre toute attente, de l’esprit embrumé d’un Griessel au bout du rouleau.
  • La carte des Mendelssohn, de Diane Meur, interprété par Hélène Lausseur, 12h30.
    "Je savais que Felix Mendelssohn le compositeur (1809-1847) était le petit-fils de Moses Mendelssohn le philosophe (1729-1786), et longtemps je n’en ai pas pensé grand-chose. Un jour pourtant, j’ai pensé à l’homme qui avait été le père du premier et le fils du second. Quel merveilleux sujet de roman, m’étais-je dit alors. " D. M.
    Au retour d’un séjour marquant à Berlin, Diane Meur, fidèle à son goût pour les filiations, décide de mener l’enquête sur Abraham Mendelssohn, banquier oublié de l’histoire, qui servit de pont entre le Voltaire allemand et un compositeur romantique plus précoce encore que Mozart. Mais comment ne pas remonter d’abord à l’origine, à Moses, le petit infirme du ghetto, qui à onze ans maîtrisait Torah et Talmud, à quatorze ans partit seul sur les routes rejoindre à Berlin un professeur bien-aimé ? Comment, en pleines années 2010, ne pas se passionner pour cet apôtre de la tolérance, grand défenseur de la liberté de culte et d’opinion ? Et, accessoirement, père de dix enfants dont le banquier Abraham n’était que le huitième...
  • Le lys dans la vallée, d'Honoré de Balzac, interprété par Philippe Lejour, 10h55.
    Note de La Livrophile: Ce livre étant déjà sorti en audio, je suppose qu'il s'agit d'une réédition.
    Felix de Vandenesse, cadet rejeté d'une famille noble mais ruinée, tombe amoureux d'une femme magnifique, généreuse et honnête : la comtesse de Mortsauf.Mariée à un homme sombre, lunatique et mélancolique, mère de deux enfants dont l'aîné est gravement malade, elle trouve en Felix une échappatoire à ses ennuis familiaux et domestiques. Mais sa droiture l'oblige à un amour chaste et platonique. Elle se met en devoir de donner aides et conseils à son ami. Ainsi Felix devient l'un des conseillés privé du roi Louis XVIII. Il fréquente la haute société et devient l'amant de Lady Dudley, jeune et fougueuse aristocrate anglaise.

Du fond de son château, la comtesse de Mortsauf se consume de jalousie jusqu'à la mort.

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jeudi, 28 avril 2016

Treize marches, de Kazuaki Takano.

Treize marches

L'ouvrage:
Jun'ichi Mikami sort de prison. Il vient de purger une peine de deux ans pour coups et blessures ayant entraîné la mort. Sa réinsertion sociale s'annonce épineuse, lorsque Shôji Nangô, l'un des gardiens côtoyés en prison, lui propose de l'aider à prouver l'innocence d'un détenu (Ryô Kihara) condamné à mort.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. À mes yeux, c'est une réussite. Il m'a d'abord fait découvrir le système judiciaire et carcéral japonais. J'ignorais que les choses se déroulaient comme l'explique l'auteur. Il s'attache à en montrer les incohérences flagrantes. L'un des personnages va jusqu'à expliquer qu'un procès, c'est une affaire de chance. L'issue ne dépend pas des circonstances du délit, mais du contexte du procès...
Il met également en évidence le ressenti de la société quant à quelqu'un qui sort de prison. Peu de gens tiennent compte des circonstances. Le frère de Jun'ichi, par exemple, lui en veut, parce qu'à cause de ce qu'il a fait, la vie de la famille a pris un tournant totalement différent, et extrêmement dur. À cause de cette réalité qu'il découvre à sa sortie de prison, Jun'ichi se pose beaucoup de questions. Son cheminement intérieur sera renforcé par ce qu'il vivra et apprendra en aidant Nangô. En effet, il rencontrera des gens envers qui un crime a été commis, et se rendra compte qu'entre leur immense douleur et les failles du système, ils ne pourront pas s'en remettre.

Quant à Nangô, le lecteur apprend son passé peu à peu. Ce qu'il a vécu fait que lui aussi remet certaines choses en question. Cela fait également de lui quelqu'un de plus ouvert que le commun de la société. Il sait qu'il est très difficile pour un ancien détenu de se réinsérer, car il connaît le système, l'ayant vécu de l'intérieur.
Ces deux personnages sont travaillés, complexes, humains.

L'enquête, quant à elle, est aussi intéressante que le reste. Elle ne traîne pas. D'autre part, tout comme nos deux héros, je n'ai pas compris la découverte faite à un moment. Ensuite, j'ai adhéré à la théorie de l'un des personnages... Bref, le tout était si passionnant et bien mené que je n'ai pas compris ce qui se passait avant que l'auteur ne le décide. Tout est cohérent, rien n'est alambiqué. Les rebondissements sont bien placés, et bien pensés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marie Fonbonne.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Ce comédien est un lecteur de la première heure. En effet, il a enregistré des livres pour les éditions Livraphone, alors que celles-ci faisaient lire un livre à plusieurs voix. Il a enregistré (entre autres) certaines aventures de Sherlock Holmes avec Philippe Lejour et d'autres comédiens. Il fait partie de ceux dont j'apprécie beaucoup la voix et la lecture. Depuis que les éditions Audible FR publient des livres, il en enregistre régulièrement. J'ai été heureuse de voir son nom (qui avait disparu depuis quelques années) à leur catalogue. À chaque fois, j'enrageais car les ouvrages ne m'intéressaient pas. J'ai donc été ravie que «Treize marches» me plaise autant.
La voix de Jean-Marie Fonbonne n'a pas changé. Sa diction est toujours aussi soignée. Son intonation est toujours appropriée. En outre, il a prononcé les noms japonais sans affectation. J'espère vivement qu'il enregistrera encore beaucoup de romans qui m'intéresseront.

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lundi, 25 avril 2016

Comment papa est devenu danseuse étoile, de Gavin's Clemente-Ruiz.

Comment papa est devenu danseuse étoile

L'ouvrage:
Lucien Minchielli est au chômage depuis un an. Il passe son temps à végéter sur son canapé, voyant à peine sa femme (Sophie) et ses enfants (Sarah et Paul).
Un jour, soudain, il semble décider de se reprendre en main. Il commence par se lever aux aurores pour aller courir...

Critique:
Voilà un petit roman sympathique qui permet de se détendre. Il est raconté de manière très vivante. L'auteur a choisi de narrer les événements du point de vue de Paul, le fils de Lucien. L'adolescent observe ce qui se passe, note, donne son avis... C'est probablement lui le plus ouvert de la famille. Il prend les choses comme elles viennent. Parfois, il a des doutes, mais tente d'être le plus objectif possible, et de tenir compte du ressenti de chacun, à l'inverse des autres membres de la famille.

Certaines scènes sont assez amusantes, car très imagées, voire un peu exagérées. Par exemple, la première fois que Lucien va courir, il cherche ses affaires partout, le reste de la famille en est bouche bée... Paul décrit cela avec force détails qui font que le lecteur imagine très bien le tout.

Certaines choses sont un peu grosses, comme par exemple, les réactions de Sarah presque tout au long du roman. C'est une adolescente, mais ses positions tranchées la rendent un peu caricaturale. Le roman étant sympathique, on pardonne les exagérations concernant ce personnage à l'auteur, d'autant qu'elles s'insèrent bien dans l'histoire.
Outre Sarah, Magda m'a agacée. Son rôle fait partie d'une «grosseur» dont l'auteur aurait pu se passer. Bien sûr, il aurait fallu qu'il explique certaines choses autrement, mais il aurait sûrement pu.

Un roman divertissant, vivant, à la fois grave et léger, donnant quelque peu à réfléchir...

Éditeur: Mazarine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 21 avril 2016

Les chroniques lunaires, tome 4: Winter, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 4: Winter

Si vous n'avez pas lu les trois premiers tomes, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:Cinder et ses amis se rendent sur Luna afin de tenter de renverser Levana. De plus, ils veulent retrouver Scarlet, prisonnière, et donnée par la reine à Winter, sa belle-fille, comme animal de compagnie.

Critique:
Ce tome reste dans l'esprit des trois premiers. Certaines choses peuvent agacer, mais elles s'expliquent par le contexte. Par exemple, j'ai eu un peu de mal avec certaines histoires d'amour (les deux dernières). Je pensais que l'auteur aurait peut-être dû s'en tenir à deux. Pourtant, cela n'aurait pas été logique: nous sommes dans une série de romans reprenant des contes, et dans les contes (en tout cas, dans ceux repris, sauf un), il y a une histoire d'amour.
Il est d'ailleurs intéressant que Marissa Meyer en ait créé une à partir d'un conte qui n'en avait pas. Bien sûr, c'est l'interprétation qu'en donnent certains, lorsqu'il s'agit de décortiquer ce conte, mais c'est plus une histoire de possession. Or, ici, l'auteur a choisi que ce serait une histoire très forte, où «l'homme» ne pourrait pas exister sans celle qui l'aime. Cette histoire n'est pas celle qui m'a agacée.

J'ai apprécié que certaines allusions aux contes repris soient préparées depuis longtemps. En effet, à la fin du tome 3, on voit Winter. Lorsqu'une scène rappelant le conte à partir duquel elle a été créée arrive dans le tome 4, on n'est pas étonné de voir par quel appât (si j'ose dire) Winter est attirée.
Bien sûr, au détour des pages, on trouve d'autres allusions (plus ou moins décelables) aux contes dont il est question. Celles que j'ai reconnues m'ont paru judicieusement placées. L'une d'elles a été explicitées par Marissa Meyer dans l'interview qu'elle accorde à Rebecca Soler (dont une partie se trouve en fin d'ouvrage).

Comme dans les autres tomes, nos héros sont précipités dans une multitude de péripéties. Au plus fort de certaines, quelques personnages trouvent la force de plaisanter. Je pense surtout à Iko qui, par deux fois, est traitée de «coquille», avec un pistolet braqué sur elle, et trouve la force de riposter malicieusement: «Pas loin!»
Parmi ces péripéties, il y a certaines scènes de bataille. Marissa Meyer a su les écrire sans les transformer en un catalogue de coups. Elle a su décrire le chaos engendré par la révolution provoquée par Cinder. Entre désordre, manipulation mentale, effervescence, peur, et souffrance, le lecteur se représentera très bien ces passages.

Bien sûr, il y a d'autres formes de tension: les plus évidentes étant les confrontations entre Kai et Levana ainsi que celles entre Cinder et Levana. Là encore, le lecteur est tenu en haleine.

Iko et Thorn sont les personnages préférés de Rebecca Soler (la comédienne qui a enregistré la série). Je partage son avis quant à Iko, et pas seulement parce que celle-ci plaisante dans les situations désespérées. Elle est toujours pleine de ressources, d'idées, d'énergie... J'aimerais bien qu'une androïde comme elle soit mon amie. ;-)
Quant à Thorn, je comprends la comédienne. C'est probablement lui qui se démarque le plus parmi les personnages masculins. Wolf est sympathique et inspire la compassion; Kai force l'admiration et est attachant; mais Thorn semble plus vivant. Peut-être parce qu'il est risque-tout et que lui aussi manie l'humour dans beaucoup de situations, pour la plus grande joie du lecteur. Ce n'est pas Thorn que je préfère chez les garçons, mais je comprends pourquoi il est très apprécié. Quant à Jacin, il ne m'inspire pas grand-chose. Pourtant, il est travaillé, son histoire est intéressante...
Quant aux filles, après Iko, ma préférence va à Cinder. Elle sait faire preuve d'empathie, ne veut surtout pas faire règner la terreur, se remet en question en se demandant si elle pourrait devenir despotique, n'est pas en sucre...

La fin paraîtra peut-être convenue à certains, mais je pense qu'elle n'aurait pas pu être autre. Dans l'interview sus-citée, l'auteur explique qu'elle a voulu donner le temps à certains personnages de se retrouver. J'ai apprécié cela. En effet, je reproche parfois à certains auteurs d'avoir fait une fin trop rapide. Ici, elle prend le temps qu'il faut.

L'interview que j'ai déjà mentionnée est très intéressante. L'auteur y parle de son travail, de certains changements opérés en cours de rédaction, des personnages, de l'écriture de certaines scènes, et de beaucoup d'autres choses. J'ai été également heureuse d'entendre l'avis de Rebecca Soler sur les personnages, comment elle les imagine, etc.
Sinon, Rebecca Soler et Marissa Meyer prononcent Iko, alors qu'en tant que narratrice, Rebecca Soler dit Aïko. Je suppose que lorsqu'elle a su que l'auteur le prononçait Iko, le tome 1 était déjà enregistré, et qu'elle a gardé cette prononciation pour le reste de la série. Je trouve que cela aurait dû être expliqué dansl'interview, parce qu'au départ, j'ai eu un moment de flottement à les entendre dire Iko et non Aïko... ;-)

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
La lecture de Rebecca Soler est toujours aussi vivante. J'aime particulièrement sa manière d'interpréter Thorn et Iko (ses personnages préférés). Comme d'habitude, son jeu est très bon. Je regrette qu'elle ait fait certains accents, mais je suppose qu'il était normal que la reine Camilla (par exemple) ait un accent anglais. Par contre, je pense qu'elle aurait pu s'abstenir pour Scarlet. Je ne sais plus s'il est explicité que Scarlet a un petit accent français, mais j'avoue que cela m'a agacée. Heureusement, la lectrice n'en fait pas trop. En revanche,, lorsque Scarlet parle à Émilie, je suppose qu'elles parlent toutes les deux en français: il était dons malvenu de leur faire un accent français à toutes les deux, puisque si leur conversation est transcrite en anglais, elle se tient en français. Enfin, ça, c'est l'habituel pinaillage de la livrophile. ;-)

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lundi, 18 avril 2016

Debout les morts, de Fred Vargas.

Debout les morts

L'ouvrage:
Un matin, Sophia découvre, dans son jardin, un arbre qui n'y était pas la veille. Cela l'intrigue.

Marc Vandoosler est historien. Il étudie le Moyen-Âge. Actuellement, il est tellement dans la merde qu'il envisage de demander à Mathias (qui, lui, étudie la préhistoire), de partager le loyer d'une location. Il se trouve que cette maison est «la baraque pourrie» voisine de celle de Sophia...

Critique:
Fred Vargas réussit toujours à créer une intrigue apparemment classique, et à la faire sortir du lot en y insérant sa patte. Les trois historiens (qu'on appelle les évangélistes à cause des surnoms que leur donne le parrain de Marc), sont des personnages hauts en couleur. Ils sont attachants car très gentils. Ils retiennent l'attention par leurs particularités. Pour n'en citer qu'une, je parlerai du fait que Mathias est gêné par... les habits. Il s'y sent engoncé. Cette étrangeté, en plus de donner lieu à une scène comique, aidera Marc à élucider l'énigme qui tombe sur leurs têtes.

L'humour de Fred Vargas est exprimé ici par de multiples autres biais. Pour ne donner qu'un exemple, j'évoquerai l'idée que pour avoir l'air naturel, il faut manger, car personne n'a peur de quelqu'un qui mange. L'idée n'est d'ailleurs pas fausse. Elle mènera à d'extraordinaires festivals de tranches de pain...!

Il y a aussi (comme dans d'autres ouvrages de cette romancière) des phrases à la fois loufoques et pleines de sagesse. Par exemple: «La quête des paroxysmes oblige à se confronter à l'essentiel qui est ordinairement caché.»

On me dira que je m'attarde sur des détails, mais c'est ces détails qui font tout le sel des romans de Fred Vargas. C'est eux qui font ce qu'elle est. Sans ces loufoqueries, je ne la lirais pas.
Quant à l'intrigue policière, elle est assez classique. Elle recèle tout de même des chausse-trappes dans lesquels le lecteur se laissera prendre... ou pas. De toute façon, elle est cohérente. Fred Vargas n'en fait pas trop. Si elle propose une ou deux fausses pistes, c'est sans grandiloquence.
Ce que révèle la solution de l'énigme est plausible...

Ce roman est le premier mettant les évangélistes en scène. Il semblerait qu'après avoir sorti (et ressorti pour certains) les Adamsberg, les éditions Audiolib ressortent les ouvrages concernant ces trois sympathiques personnages (quatre en comptant l'oncle et parrain de Marc). Pour ces livres, ils n'ont pas repris les versions enregistrées pour les éditions Thélème. Cela ne m'a pas autant perturbée que lorsque «Pars vite et reviens tard» a été réenregistré, parce que j'aime beaucoup Philippe Allard, le comédien qui, apparemment, va enregistrer toute la série des évangélistes.

Je trouve dommage que Fred Vargas ne se soit pas prêtée au jeu de l'entretien final qu'Audiolib propose souvent à ses lecteurs. Ses romans finiront par être tous publiés chez cet éditeur: il aurait été sympathique qu'on l'entendît une ou plusieurs fois parler de son travail et de ce qu'elle pense de la lecture à voix haute.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Allard. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Philippe Allard fait partie des comédiens qui, me semble-t-il, peuvent tout lire. Il a excellemment interprété des romans graves comme «Trois mille chevaux-vapeur», et voilà qu'il enregistre avec brio son deuxième Fred Vargas. Cette romancière n'est pas facile à lire à voix haute. Certains passages drôles doivent être lus sans exagération afin de garder toute leur force. D'autres doivent être davantage joués... Bref, le choix de ce comédien a été judicieux.

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jeudi, 14 avril 2016

Une autre idée du silence, de Robyn Cadwallader.

Une autre idée du silence

L'ouvrage:
Angleterre, 1255.
Sarah adécidé de vivre en recluse. Les habitants du village où elle demeurera dorénavant sont ravis que le reclusoir soit à nouveau habité. Sarah raconte ses servantes, ceux qui lui demandent conseil, ses prières, sa foi, la manière dont elle veut la respecter...

Critique:
J'avais une petite appréhension quant à ce roman. Je me demandais s'il ne serait pas trop austère, trop niais, trop enrobé de fanatisme... Or, il m'a beaucoup plu. Nous découvrons une jeune fille qui (pour des raisons que nous comprendrons au long du roman) a décidé de donner sa vie à Dieu. Toute pétrie d'idéaux, Sarah se jette avec zèle dans cette vie rude. Elle tâtonne, tente de faire au mieux, tout en pressentant qu'elle fait fausse route, se fâche, mais finit par se remettre en question. À travers différents pans de son histoire, elle pose plusieurs questions. Elle admet douloureusement qu'elle est faillible. Par exemple, elle n'aide pas vraiment Jocelyne, la femme battue. D'autre part, elle ne parvient pas à être miséricordieuse envers le lépreux parce qu'il l'écoeure. Elle commence par repousser la jeune Eleanor dont la vitalité l'effraie. Elle tente de se retenir de rire lorsque les chamailleries entre Louise et Anna l'amusent. Sarah pense que pour être au plus près de Dieu,il faut se priver de tout, voire se flageller afin d'accroître une souffrance expiatoire. Expiatoire de quoi? Notre héroïne va devoir démêler ses sentiments, ses motivations, ses sensations. Le monde extérieur, qu'elle rejette par peur et envie de bien faire, la contraindra à y voir plus clair.

Autour de Sarah, gravitent des personnages très intéressants. Chacun (même l'absente Isabella, même ceux qui lui sont néfastes) l'aidera à se construire, à se remettre en question. Aucun ne laissera le lecteur indifférent.

Dans une postface, Robyn Cadwallader explique qu'elle a souhaité en savoir davantage sur les recluses, car elle ne comprenait pas leurs motivations. Je me suis aperçue, en lisant cette postface, que j'avais les mêmes interrogations que l'auteur. En créant cette héroïne complexe, elle imagine ce que pouvaient être ces motivations.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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