vendredi, 24 avril 2015

Nous, de David Nicholls.

Nous

L'ouvrage:
Angleterre.
Après plus de quinze ans de mariage, Connie annonce à Douglas qu'elle veut le quitter. Les choses seront d'autant plus difficiles pour lui que la famille (le couple a un fils) doit bientôt partir faire «le grand tour», c'est-à-dire sillonner l'Europe pour des vacances qui, au moment où elles furent organisées, avaient pour but de rapprocher les Pettersen.

Critique:
Avec justesse et sans trop en faire, David Nicholls analyse les rapports entre ses personnages. Il montre comment des gens différents ont pu cohabiter pendant plusieurs années, et partager des moments de bonheur. Le lecteur ne pourra s'empêcher de caricaturer un peu, et de penser que l'union entre Douglas et Connie était vouée à l'échec dès le départ à cause, justement, de leur très grande différence de caractères. On se dira rapidement que Connie a choisi la stabilité de Douglas parce qu'elle savait qu'elle en manquait, mais qu'au fond, ce n'était pas du tout ce qui lui fallait. C'est là que l'auteur introduit quelques subtilités, montre que tout n'est pas si simple, pas aussi simple que le prétend Douglas dans le chapitre «Points de vue», en tout cas. David Nicholls invite le lecteur à se méfier des raccourcis et des préjugés. Ce n'est pas parce que Connie veut quitter son mari qu'elle n'a pas été heureuse avec lui.

Au long du livre, nous découvrons ce qui fait que ces trois personnages (surtout Douglas et son fils, Albee) ont du mal à s'entendre. Par une série de retours en arrière savamment distillés, le romancier donne plusieurs exemples de la manière dont les Pettersen élevèrent leur fils. J'ai trouvé cela très intéressant. Je ne m'étais jamais demandé comment les choses se passaient quand les parents ont une conception très différente de la manière d'élever un enfant. Ensuite, je me suis fatalement demandé à quel parent je ressemblerais le plus. Je pense que beaucoup de lecteurs feront cela, et de ce fait, comprendront mieux celui des deux dont ils partagent les convictions.

L'auteur évite un écueil. À un moment, on pense que le roman va prendre un certain tournant un peu convenu. Or, certaines choses sont allées trop loin pour que cela soit crédible. Heureusement, David Nicholls s'en sort bien. Là encore, il parvient à nuancer les choses.
D'une manière générale, il ressort de ce roman qu'il ne faut pas essayer de changer la nature profonde de quelqu'un. Tant pis s'il se fait mal, s'il fait des choix malheureux: s'il est intelligent, il saura tirer une leçon de ce qui lui arrive. Bien sûr, tout comme dans la vie, on rencontre certains personnages qui ne tirent aucune leçon de leurs erreurs.

Je n'ai pas apprécié Cat, même si elle s'humanise un peu au fil du livre. Je n'aime pas ce qu'elle représente. Elle tient à être libre, à ne rendre de comptes à personne, mais n'hésite pas à jouer les parasites: voir le mémorable épisode du buffet à volonté. On me dira qu'à sa place, j'aurais probablement fait la même chose. J'espère que j'aurais su me donner les moyens de ne pas agir ainsi...
Tout au long du roman (et pas seulement à travers Cat) l'auteur oppose deux façons de penser: les rêveurs et les pragmatiques. Il ne dit pas lesquels s'en sortent le mieux, c'est à nous de voir dans quelle catégorie on veut se ranger. Chacune a ses avantages et ses inconvénients.

Comme je l'ai dit plus haut, le passé et le présent alternent au long du roman. En général, je n'aime pas cette façon de faire. Ici, c'est particulièrement approprié, car on découvre les personnages par petites touches et de plusieurs manières. Les retours en arrière font qu'on les cerne mieux, mais ils sont placés à des endroits où ils seront plus percutants que si l'histoire avait été chronologique. Le lecteur se fait une petite idée des personnages en observant leur présent, puis un retour en arrière judicieusement placé l'aide à mieux comprendre les choses et à nuancer sa pensée. Si l'auteur avait d'abord raconté le passé d'une seule traite, je pense que dès le départ, le lecteur aurait eu tendance à avoir une opinion trop tranchée sur tel ou tel protagoniste.

Ce roman est moins léger que «Pourquoi pas», le seul autre livre de cet auteur que j'ai lu. Cependant, on trouve des pointes d'humour, que ce soit certaines répliques, situations, ou personnages. Karen, la soeur de Douglas, est à la fois exaspérante et drôle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Donnay.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Je connaissais très peu Patrick Donnay. Pour moi, il s'est parfaitement glissé dans la peau des personnages, et plus particulièrement du narrateur, Douglas. Son jeu est naturel. J'ai été ravie qu'il ne force pas sur les accents étrangers pour les noms propres, d'autant que dans ce roman, il y avait matière à en faire trop, car nous visitons plusieurs pays.
À un moment, alors que les protagonistes sont à Paris, certains mots (dont des titres de chapitres) sont prononcés en français avec un petit accent anglais. Je suppose que c'est le moyen de montrer que ces mots sont en français dans le texte original. J'ai trouvé cela judicieux. Je sais qu'en général, les éditeurs audio ne font pas lire les notes comme «en français dans le texte» aux comédiens, ce en quoi je les remercie, car je trouve que cela alourdit le texte, et que ce n'est pas nécessaire. Ici, j'ai trouvé intéressante la manière dont l'éditeur et le comédien ont trouvé comment le faire passer.

Les chapitres sont très courts. Je crois que les plus longs durent dix minutes. Audiolib a choisi de mettre plusieurs chapitres sur la même piste. Tout comme le fait de couper un chapitre en deux pistes s'il fait plus d'un quart d'heure, je n'aime pas le fait d'en mettre plusieurs sur la même piste. Pour moi, ce n'est pas «propre». Comme je l'ai déjà dit, je pense que sur un livre papier, le lecteur ne trouverait pas cela approprié.

À certains moments, le mot «clairement» dans le sens d'«évidemment» est employé. Je ne sais pas si le traducteur a pensé que ce mot était davantage approprié qu'un autre, ni ce qui est écrit dans la version originale, mais cela m'a gênée. Je trouve que ce mot est un peu trop utilisé dans ce sens-là, et que, de ce fait, il est quelque peu galvaudé. En outre, j'aurais bien aimé qu'il soit parfois remplacé par un synonyme.

À un moment, il est écrit «Catherine, dit Cat», or, c'est une erreur de syntaxe, puisqu'ici, le participe passé de «dire» a le sens de «surnommée». On dirait «Catherine surnommée Cat». Donc, il faudrait que ce soit: «Catherine dite Cat». Je souligne cette erreur, car ce n'est pas la première fois que je la rencontre.

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54 lectures

mercredi, 22 avril 2015

Dégage !, de Valentina Diana.

Dégage !

L'ouvrage:
Mino a seize ans. Sa mère et lui ont du mal à communiquer, à se comprendre.

Critique:
Ce livre n'a pas répondu à mes attentes. Je pense que je m'attendais à une analyse psychologique comme celle qu'on trouve dans «Nous», de David Nicholls. C'est-à-dire que j'aurais aimé savoir comment ont été les rapports entre Mino et sa mère depuis le début. Là, on débarque dans leur vie alors que Mino est à un âge souvent difficile, et on découvre des problèmes de communication assez clichés. Rien ne les explique vraiment... Mino semble être le stéréotype de l'adolescent: il envoie balader ceux qui ne cèdent pas à ses caprices, s'intéresse davantage à son téléphone et à son ordinateur qu'à son entourage, ne respecte pas grand-chose... Il se permet (entre autres) de jeter la nourriture au compost parce que cela ne lui plaît pas. Le pauvre chou: sa mère n'a pas mis la sauce qu'il voulait. Ce n'est qu'un exemple. Plusieurs fois, je me suis dit que si j'avais été en face de lui, je lui aurais volontiers administré une bonne paire de gifles.

D'autre part, si la mère se remet en question, elle ne le fait pas comme il le faudrait, à mon avis. Elle se pose tout un tas de question, achète un manuel écrit par un soi-disant spécialiste, et suit une formation pour les parents... Il ne faut pas être très futé pour comprendre que le spécialiste brasse beaucoup de vent. En tant que lectrice, j'ai eu envie d'aller voir cette mère et de lui dire qu'elle devait faire preuve de fermeté et définir les limites... Lorsqu'elle essaie de le faire, soit ses actes sont sapés par la grand-mère de Mino, soit elle agit en coupable. Il y a bien des moments où elle tente de poser des limites (notamment quand elle met l'ordinateur de Mino sous clé), mais elle le fait comme si elle était coupable.

En outre, la narratrice s'attarde, tourne et retourne des pensées à la limite de la philosophie... J'ai trouvé ça très lourd.

Parfois, il y a quelques moment de paix, quelques rites qui rapproche mère et fils. Cependant, cela ne m'a pas convaincue. Trouvant tout cela plat et pas vraiment solide, je n'ai pu m'attacher à aucun personnage.

Enfin, j'ai trouvé certaines choses vraiment ineptes. Par exemple, en trois secondes, un parfait inconnu parvient à savoir que l'envie de l'héroïne de posséder un poisson rouge n'est qu'un caprice. Elle aurait dû le deviner seule, tant c'était cliché! Et bien sûr, la toute fin m'a donné une impression d'inachevé. Tout ça juste pour ça...

Livre traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza publié le 12 mars 2015 aux éditions Denoël.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

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65 lectures

mardi, 21 avril 2015

*Parutions Audiolib, mai 2015.

Elle et lui Ma vie de pingouin Les derniers jours de nos pères
Chien de printemps L'Affaire Cendrillon Les Nuits de Reykjavik
Coule la Seine Mieux vivre au travail... J'arrête de râler

Ces titres sont annoncés pour le 13 mai.

  • Elle et lui, de Marc Lévy, lu par Hervé Bernard Omnès, 7h1.
    Elle est actrice. Lui écrivain. Elle s'appelle Mia. Lui Paul. Elle est anglaise. Lui américain. Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais. Elle a beaucoup de succès. Lui pas vraiment. Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas. Elle se sent seule. Lui aussi. Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses. Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.
  • Ma vie de pingouin, de Katarina Mazetti, lu par Cachou Kirsch, Erwin Grünspan, Nathalie Hons, Marcha van Boven, et Patrick Donnay, 7h17.
    En croisière, Tomas et Wilma filent vers l’Antarctique. Lui a élu les icebergs comme lieu idéal pour mettre fin à ses jours. Elle reste d’un inébranlable optimisme malgré le secret qui assombrit sa vie. Sur le paquebot, on croise aussi une globe-trotteuse septuagénaire qui répertorie les similitudes entre humains et animaux. Elle ne manque pas d’exemples face aux voyageurs bigarrés venus se frotter aux épaulards tueurs, aux éléphants de mer mal élevés et à quelque quatre cent mille manchots royaux. Même au beau milieu des glaces, les coeurs en perdition se réchauffent au contact de la plume malicieuse de Katarina Mazetti.
  • Les derniers jours de nos pères, de Joël Dicker, lu par Hugues Boucher, 12h53.
    Londres, 1940. Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l'intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables. Le jeune Paul-Émile, recruté par le SOE, est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d'armes. Entraînés de façon intense aux quatre coins de l'Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d'alerte...
  • Chien de printemps, de Patrick Modiano, lu par Edouard Baer, 1h42.
    « Il faut croire que parfois notre mémoire connaît un processus analogue à celui des photos Polaroïd. Pendant près de trente ans, je n’ai guère pensé à Jansen. Nos rencontres avaient eu lieu dans un laps de temps très court. Il a quitté la France au mois de juin 1964, et j’écris ces lignes en avril 1992. Je n’ai jamais eu de nouvelles de lui et j’ignore s’il est mort ou vivant. Son souvenir est resté en hibernation et voilà qu’il resurgit au début de ce printemps 1992. Est-ce parce que j’ai retrouvé la photo de mon amie et moi, au dos de laquelle un tampon aux lettres bleues indique : “Photo Jansen. Reproduction interdite? ? Ou bien pour la simple raison que les printemps se ressemblent ?
  • L'affaire Cendrillon, de Mary Higgins Clark et Alafair Burke, lu par Marcha Van Boven, 9h11.
    «Suspicion», un programme de télé-réalité qui reconstruit des cold cases avec la participation des personnes proches des victimes, est la série-événement du moment. La productrice télé Laurie Moran et l’avocat Alex Buckley, ravis du succès du pilote, ont trouvé l’homicide parfait pour le deuxième épisode : The Cinderella Murder. La victime est la belle Susan Dempsey, une brillante étudiante de l'Université de Californie à Los Angeles, assassinée après une audition qu'elle était censée passer dans la villa d'un grand réalisateur. Entre stars hollywoodiennes et multimillionnaires de l'industrie des technologies de pointe, découvrir où Cendrillon a perdu sa chaussure ne sera pas si simple...
  • Les Nuits de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason, lu par Jean-Marc Delhausse, 8h17.
    Erlendur le solitaire vient d’entrer dans la police et les rues de Reykjavík dans lesquelles il patrouille sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques… Une mort inexpliquée l’obsède. Un clochard qu’il croisait régulièrement pendant sa ronde de nuit est retrouvé noyé dans un fossé et tout le monde s’en moque. Mais ce destin hante Erlendur et l’entraîne toujours plus loin dans le milieu étrange et sombre de la ville. De roman en roman, Indridason porte au sommet son écriture et la profondeur de son approche des hommes.
  • Coule la Seine, de Fred Vargas, lu par Jacques Frantz, 2h55.
    « Salut et liberté », « La Nuit des brutes », « Cinq francs pièce » trois enquêtes qui mettent en scène le commissaire Adamsberg confronté aux sans-abri, aux « clodos ».
  • Mieux vivre au travail - Protégez-vous du stress par la méditation et la relaxation, de Clarisse Gardet, 2h5.
    Les pressions de plus en plus fortes dans le monde du travail génèrent pour beaucoup d’entre nous des tensions physiques et des perturbations émotionnelles. Elles se répercutent sur nos performances professionnelles, jusqu’à diminuer nos capacités, ainsi que notre qualité de vie. Heureusement, vous pouvez facilement apprendre à vous ressourcer à tout moment par un entraînement simple ! Clarisse Gardet a conçu ces séances accessibles à tous et faciles à mettre en oeuvre. Elles vous permettront de prendre du recul face à des situations difficiles, de récupérer votre énergie, mais aussi de ne pas vous laisser entraîner dans une spirale négative.
  • J'arrête de râler, de Christine Lewicki, lu par Odile Cohen, 3h29.
    Une personne râle en moyenne 15 à 30 fois par jour... Si cela devient vite insupportable pour son entourage, c'est finalement tout aussi énervant pour soi-même : frustrant, agaçant, fatigant... Christine Lewicki a fait le pari d'arrêter de râler pendant 21 jours consécutifs ! Elle vous propose de relever le défi et de tourner le dos à ces frustrations, ces énervements et cette fatigue que la râlerie engendre, pour retrouver sérénité, calme et plaisir de vivre ! Une méthode toute simple en 4 phases, mais très efficace pour transformer son quotidien : se lancer le challenge ; prendre conscience du challenge ; constater les premiers bénéfices ; consolider ses acquis.

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lundi, 20 avril 2015

Dans la ville en feu, de Michael Connelly.

Dans la ville en feu

L'ouvrage:
2012.
Bosch veut élucider une affaire qui le tracasse depuis vingt ans. Lors des émeutes de 1992, à Los Angeles, il a retrouvé le cadavre d'une jeune femme qui a été surnommée Blanche-Neige. C'est cette affaire qu'il va tenter d'élucider, car un nouvel élément fait qu'elle peut être rouverte.

Critique:
Si j'ai retrouvé certaines façons de faire de Connelly avec plaisir, j'ai l'impression que ses enquêtes s'essoufflent. C'est peut-être moi qui suis trop sévère. Il faut dire que j'ai lu tous ses romans.

Ici, l'enquête est ce qui m'a le moins passionnée. Elle m'a semblé sans réelles surprises. On y retrouve la pugnacité de Harry et on partage son désir de justice vis-r-vis de «Blanche-Neige», mais j'ai trouvé que rien ne démarquait vraiment cette enquête.
Bien sûr, comme Harry fait des vagues, et qu'il y a certains enjeux, on essaie de lui mettre des bâtons dans les roues. Cette ficelle a déjà été utilisée par Connelly, mais je l'ai trouvée pertinente ici. D'autant qu'il la renouvelle en lui apportant deux éléments auxquels je ne m'attendais pas du tout.

J'ai beaucoup aimé les passages où on voit la vie privée de Bosch. Ils sont plus riches que dans certains autres romans car depuis «Les neuf dragons», Maddie entre en ligne de compte. J'aime beaucoup ce personnage ainsi que les relations entre elle et Harry. J'ai particulièrement apprécié le moment où ils vont «entraîner» la jeune fille à son futur métier.

Quant à l'histoire d'amour de Harry, elle me semble plus fade que certaines autres. Il faut dire que je n'aime pas qu'il change si souvent de partenaire. À force de lire qu'il a aimé Eleanor comme un fou (pas ici mais dans d'autres romans), et qu'il ne parvient pas vraiment à tourner la page avec Rachel (il le dit encore dans ce roman), j'ai l'impression qu'il ne peut plus vivre de vraies histoires, qu'elles auront toutes l'air fades. En outre, il me semble qu'il a également beaucoup aimé Sylvia... J'aurais d'ailleurs compris que l'auteur la fasse revenir dans sa vie plutôt que de lui trouver une énième petite amie avec qui les relations semblent fades.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Jacques Chaussepied a une voix et une lecture agréables. Heureusement, il ne modifie pas top sa voix pour les différents personnages. Comme je pinaille, je regrette qu'il prenne un accent anglophone pour certains noms propres, mais je pense que cela doit plaire à certains, puisque c'est ce qu'on lui demande de faire.

Je pense qu'outre le fait que j'ai l'impression que les enquêtes de Connelly sont un peu moins palpitantes, ma déception tient à ce que les éditions Audiolib n'ont pas confié la lecture des romans mettant Bosch en scène à Éric Herson-Macarel, qui a enregistré tous les Bosch (à quelques exceptions près) lorsque les romans étaient édités par les éditions Livraphone. D'abord, il n'est pas simple de prendre la suite d'un comédien comme Éric Herson-Macarel. Pour moi, sa lecture est toujours parfaite, car il allie à merveille sobriété, absence de monotonie, et absence d'affectation dans la prononciation des noms propres (même quand il y met un soupçon d'accent). De plus, les éditeurs étant précautionneux, ils font lire les romans d'une série par le même comédien. Il aurait donc été logique qu'Éric Herson-Macarel continue la série. Les éditions Audiolib ont choisi un comédien dont le timbre de voix se rapproche de celui d'Éric Herson-Macarel. Est-ce voulu afin de conserver un semblant de continuité?
Je serais curieuse de savoir ce que pensent les auditeurs à ce sujet.

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125 lectures

vendredi, 17 avril 2015

Rendez-vous dans le noir, d'Otsuichi.

Rendez-vous dans le noir

L'ouvrage:
Michiru a perdu progressivement la vue. Depuis la mort de son père, elle vit seule. Elle sort peu et seulement avec son amie, Kazue.
Un jour, quelqu'un sonne à sa porte. Lorsqu'elle va ouvrir, il n'y a personne. Elle ne sait pas encore qu'un homme est entré chez elle.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. Il est un peu lent, mais exempt de remplissage. Otsuichi prend le temps de présenter ses personnages, leurs motivations, leur psychologie... Il fait cela de manière très réaliste.

En général, lorsqu'il y a une personne aveugle dans un livre, l'auteur nous dit que cette personne se déplace toute seule dans la rue, fait la cuisine sans problèmes, reconnaît les gens à leurs visages, etc. Je sais que certains aveugles se déplacent seuls, mais je sais aussi que ce n'est pas le cas de tous. J'ai très bien compris Michiru qui veut embêter le moins de monde possible, et donc, qui essaie d'avoir le moins d'envies, le moins de désirs possible. Je comprends également que Kazue tente de la secouer, mais même si elle lui propose son aide, je n'ai pas l'impression qu'elle se mette vraiment à sa place.
À un moment, Michiru pense que la cane blanche n'est pas très fiable, et explique pourquoi. J'ai exactement le même raisonnement qu'elle. Il est d'ailleurs logique.
Il y a quand même une chose que je n'ai pas comprise: il est dit que les handicapés parlent plus fort que la moyenne, et que c'est à cause de leur handicap... Cela me laisse perplexe.

Si Michiru se replie sur elle-même à cause de son handicap, Akihiro souffre, lui aussi, de sa différence qui le fait se renfermer en lui-même. L'auteur met ces deux situations en parallèle, semblant vouloir montrer que parfois, il faut se dépasser, et qu'un handicap peut exister, même s'il n'est pas reconnu.

L'intrigue est bien construite. Au départ, certains éléments (des coïncidences) m'ont paru gros, mais l'auteur les explique naturellement, et tout se tient.
La situation des deux protagonistes principaux engendre forcément une certaine tension. Pendant longtemps, tout semble bloqué, inextricable. Je me suis demandé comment l'auteur allait se sortir de cela. Encore une fois, il le fait simplement, de manière réaliste.

Certains s'attendront peut-être à un thriller haletant, imaginant que l'homme entré chez Michiru est un fou dangereux. Ce n'est pas du tout le sujet. Personnellement, je préfère qu'il en soit ainsi. Je ne peux que recommander ce roman dont les personnages sont terriblement humains, et dont l'intrigue est bien menée.

Remarque annexe:
Lorsque l'auteur évoque le braille, il répond à une question que je me posais sur le braille japonais. Je me demandais si c'était le même que celui que j'utilise. Il se base sur le même schéma, mais les lettres ne sont pas les mêmes.

Éditeur: Philippe Picquier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Pierre Luisoni pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime beaucoup ce lecteur qui, en plus de mettre le ton approprié, a une voix très sympathique (souriante, agréable).
Une amie m'a épelé les prénoms des protagonistes du livre. C'est là que j'ai découvert que le lecteur avait prononcé les «r» «l». Cela se prononce peut-être comme ça en japonais...

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147 lectures

mercredi, 15 avril 2015

Montana 1948, de Larry Watson.

Montana 1948

L'ouvrage:
Le narrateur (David) évoque, quarante ans après, l'été 1948, été pendant lequel la vie de sa famille prit un tournant décisif.
Tout commença parce que Mary Littlesoldier, la domestique indienne de la famille, refusait farouchement que sa pneumonie soit soignée par Franck, l'oncle de David.

Critique:
Ce roman m'a rappelé «Le dernier des fous», de Timothy Findley. Dans les deux ouvrages, un enfant découvre, lors d'un été, que le monde n'est pas aussi simple que ce qu'il pensait. Surprenant des conversations, David apprendra la vie. Cela lui sera douloureux, mais il ne se voilera pas la face, et affrontera (plus courageusement que certains adultes) les révélations qui lui seront faites.

Si l'atmosphère est oppressante, si l'auteur plonge son lecteur dans des querelles familiales importantes, s'il s'arrange pour faire monter la tension, la sauce n'a pas pris avec moi. D'abord, à part David, Mary et Wesley (le père de David), je ne me suis attachée à aucun personnage. J'ai été choquée de ce que demande la mère de David à son mari, à un moment. Elle se paie le luxe de faire une crise de nerfs, alors que Wesley se débat dans des tourments autrement plus importants. Entre son devoir, son sens de la justice, la pression qu'on lui met, et l'injustice qu'il sait immuable, je trouve que c'est sûrement lui qui souffre le plus et qui s'en tire le mieux.

David quitte doucement le monde de l'enfance. Il y fait encore quelques brèves incursions, mais c'est au cours de la dernière qu'il verra ce qui le changera définitivement. En outre, certaines de ses remarques seront très lucides. C'est peut-être lui qui, malgré sa douleur, vivra cette histoire le plus sainement possible.

Quarante ans plus tard, David n'oublie pas de situer le contexte. Il explique que son père est raciste, mais qu'il n'est pas haineux. Il pense sincèrement que les indiens sont inférieur. Il est un peu comme Floyd dans «The year the colored sisters came to town». Par ailleurs, Wesley réfléchit, à l'inverse de son père. En peu de pages, le lecteur prendra facilement la mesure du père de Wesley et Franck. Quant à leur mère, sûrement écrasée par son mari, elle semble à la fois se réfugier derrière lui et souffrir de sa suprématie.

D'autre part, j'aurais préféré que l'histoire connaisse une autre conclusion que celle qu'a décidée l'un des personnages. Pourtant, il est presque sûr que ce que j'aurais voulu n'aurait pas pu arriver...

Je n'ai pas aimé la toute fin. On dirait que Betsy n'a rien compris quant à l'importance du drame qui s'est joué. J'ai donc trouvé étrange que David ait accordé tant d'attention à cette femme...

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Lise Zambelli pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix agréable. Elle met l'intonation appropriée: elle ne surjoue ni ne cabotine. Malheureusement pour moi, elle tente de prononcer les noms propres à l'anglophone. Cela donne Dévid pour David, Frênck (avec le «r» anglophone) pour Franck... Seule Mary échappe à Méry...

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150 lectures

lundi, 13 avril 2015

À la vie à la mort, de Colette Mcbeth.

À la vie à la mort

L'ouvrage:
Clara O'Connor a disparu. Sa meilleure amie, Rachel, est au coeur de l'enquête, en tant que journaliste. Elle ne couvre pas l'affaire, mais fera tout pour l'élucider.

Critique:
Si le roman m'a globalement plu, il ne sera pas un coup de coeur.

Colette McBeth présente la psychologie de ces deux jeunes femmes avec brio. Elle s'arrange pour que le lecteur n'ait aucune certitude d'emblée. Ensuite, lorsqu'on commence à savoir où on va, et pourquoi il faut se méfier de certaines choses, on a tout le loisir de constater l'habileté avec laquelle l'un des personnages manipule son monde. Pourtant, rien n'est simple. S'il est évident que l'un des personnages arrange les choses à son avantage, certains faits sont là. Personne n'est absolument sombre ou absolument blanc.
L'auteur montre également comment un esprit retors peut avoir raison de quelqu'un qui n'est pas forcément très bien dans sa peau. Par exemple, à un moment l'un des personnages parvient à en embrouiller un autre sur un fait. Or, pour le lecteur, ce fait est limpide. Je me suis même demandé comment il se faisait que l'autre personnage avait pu se laisser convaincre. Cela s'explique par son grand désarroi, mais aussi, semble-t-il, par une certaine fragilité d'esprit. Je n'ai pu m'empêcher de penser que ce genre de choses pouvait arriver dans la vie, même si ce n'était pas de manière si poussée, et qu'il fallait se montrer vigilant.
Il restera des faits sur lesquels certains lecteurs douteront peut-être. En effet, on finit par se dire qu'aucune des deux filles n'est fiable à cent pourcent. Cela ne gâche pas la lecture, ça pousse plutôt à réfléchir sur la perception et surtout l'équilibre mental de chacun.

En revanche, la toute fin gâche le tout. Quelque chose arrive, mais on attend la suite. Ce n'est pas parce que ce fait s'est passé que le lecteur devinera comment se termineront les choses. Certaines fins peuvent être ouvertes: pas celle de «À la vie à la mort». Il fallait quelque chose de net qui aurait indiqué la totalité du dénouement.
Autre chose semble bâclé: sachant ce qu'on finit par savoir, il est très gros que justement ces deux filles deviennent amies. La romancière aurait facilement pu combler cette sorte d'incohérence.
En outre, il y a beaucoup de lenteurs. Je ne parle pas des retours en arrière qui, eux, montrent bien le caractère de chacune des filles, mais de certains passages du présent.

Un roman dont la psychologie est très bien pensée, mais que certaines déconvenues viennent ternir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Penelope Rawlins pour les éditions Headline Digital.
J'ai trouvé dommage que Penelope Rawlins modifie sa voix à ce point pour les personnages. Elle est sûrement anglaise: lorsqu'elle lit les dires des personnages, elle prend un accent anglais exagéré qui ressemble à la caricature d'un accent snob. J'ai également trouvé qu'elle en faisait beaucoup trop lorsqu'un personnage pleurait. Si elle s'était trouvée à côté de moi, je lui aurais donné des raisons de pleurer pour de bon tant j'étais agacée! ;-)

Éditeur français : Les Escales

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156 lectures

vendredi, 10 avril 2015

Battle royale, de Koushun Takami.

Battle royale

L'ouvrage:
Japon.
Une classe d'étudiants (troisième année d'université) est emmenée sur une île où les jeunes gens seront les protagonistes d'une «battle royale». C'est un «jeu» particulier à la fin duquel un seul d'entre eux sera en vie. Tout est pensé pour qu'il n'y ait aucune échappatoire.

Critique:
Ce livre a inspiré Suzanne Collins pour «Hunger games». Lorsque je l'ai commencé, je l'ai trouvé bien plus fouillé que «Hunger games». L'auteur prend le temps de présenter les différentes réactions des personnages, et c'est très intéressant. Certains deviennent presque fous d'effroi. D'autres veulent croire qu'il y aurait une échappatoire (par exemple en s'unissant). D'autres ne pensent qu'à eux, mais n'ont pas forcément peur: ils sont plutôt froids et déterminés. Au départ, toutes ces réactions sont fouillées, analysées, réalistes.
De plus, le lecteur ne pourra s'empêcher de se mettre à la place de ces étudiants et de se demander ce qu'il ferait...

Cependant, pour moi, le roman s'enlise et traîne. D'abord, on voit tous les meurtres. Au bout d'un moment, cela devient répétitif. D'autre part, s'il est pertinent d'analyser les réactions des personnages, décrire celles de chacun devient également source de lenteur. Il n'y a pas 36 réactions possibles. Une fois que plusieurs ont été décrites, il ne sert à rien de décrire la même chose concernant d'autres.

En outre, certaines choses tournent au soap opera: Machin croyait que Truc était méchant, donc elle tente de l'attirer pour le tuer, mais elle se rend compte qu'il n'est pas méchant... Même si ce genre de choses est plausible, surtout dans une situation extrême, j'ai trouvé que c'était lourd.
Par ailleurs, il y a eu un moment où j'attendais qu'il se passe autre chose... et j'ai été frustrée.

La fin est intéressante. Elle sauve un peu les moments où le livre traîne. Il y a quand même une incohérence: il n'est pas très crédible qu'un personnage survive à une blessure qui, apparemment, est grave, puis soudain, s'effondre à cause de cette même blessure. Cela peut s'expliquer par le fait que le personnage était poussé par sa rage, mais je ne suis pas convaincue.

Un roman intéressant, mais inégal.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Mark Dacascos les éditions Simon and Schuster Audio

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