lundi, 30 mai 2016

Truffe et sentiments, d'Émilie Devienne.

Truffe et sentiments

L'ouvrage:
Julien et Rose, couple dans la quarantaine, ont deux enfants (Paul et Sophie), et un chien (Gibus). Tout semble bien aller pour eux. Mais voilà que Rose n'aime plus son mari. Elle veut divorcer.

Critique:
L'une des forces de ce roman devrait être l'originalité qu'a choisie l'auteur, c'est-à-dire que c'est Gibus qui nous raconte cette histoire. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman. Avec un chien comme narrateur, je m'attendais à rire. Or, si l'auteur insère de petites pointes d'humour, il me semble qu'elle n'a pas vraiment tiré parti de cette narration canine. Le récit aurait pu être fait par un narrateur omniscient, si on excepte certaines remarques.

Il est un peu dommage que le rire ne soit pas au rendez-vous alors qu'on s'y a!tend, car d'un autre côté, Émilie Devienne dépeint très bien les comportements qui se font de plus en plus fréquents dans notre société actuelle.
Rose traverse une espèce de crise et remet tout en question sans qu'elle-même sache vraiment pourquoi. Tout au long du livre, elle m'a exaspérée. On dirait qu'elle se cherche, qu'elle ne voit pas vraiment où sont les priorités... Elle se permet également de trouver à redire quant au comportement de sa mère, alors que celle-ci ne nuit à personne. Bloquée par ce qu'elle ne peut régler dans sa propre vie, Rose s'attaque à sa mère qui a la chance de rencontrer quelqu'un. Quant à Julien, il suit le mouvement du mieux qu'il peut.
Bien sûr, c'est vers Gibus, Paul et Sophie qu'ira la sympathie du lecteur. Ils semblent plus raisonnables que Rose. Ils gèrent la situation comme ils le peuvent...

J'ai trouvé que, dans ce roman, on se recasait bien vite après un divorce. Si je suis assez perplexe quant à la possibilité que des sentiments puissent être solides et durables avec cette façon de faire, je trouve que la romancière a très bien cerné le phénomène actuel. J'ai l'impression que beaucoup de gens se remettent très vite en couple après une rupture, et font très vite des projets à long terme. Cela me déstabilise un peu... En tout cas, ce roman est réaliste quant à cela.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Pygmalion.

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jeudi, 26 mai 2016

Le voleur de brosses à dents, d'Églantine Éméyé.

Le voleur de brosses à dents

Note: Cette chronique n'a pas été facile à écrire. Il me semble qu'elle est assez fade, et ne rend pas vraiment justice à ce témoignage. J'en suis désolée.

L'ouvrage:
Églantine Éméyé est journaliste et animatrice de télévision. Dans ce livre, elle raconte le tournant qu'a pris sa vie après la découverte que son second fils, Samy, était épileptique, autiste, et polyhandicapé.

Critique:
Églantine Éméyé partage son expérience de manière à la fois grave et drôle. Elle raconte comment se sont passées les choses, mais aussi, informe. Outre quelques médecins qui furent très mous, des psychologues qui furent trop rigides, elle évoque l'absurdité du fonctionnement de certaines structures. Par exemple, pour renouveler l'allocation de Samy, Églantine doit se présenter à la maison du handicap avec lui. Elle tente d'expliquer que ce sera compliqué, car les nouveaux lieux stressent Samy, et qu'il l'exprime comme il peut (souvent bruyamment), et qu'il faudrait plutôt que la personne se déplace. Celle-ci refuse. De plus, les dossiers à remplir sont souvent compliqués et renferment certaines incohérences... J'étais en terrain connu lorsque je lisais ces passages. Ils sont d'autant plus révoltants que la vie de Samy et de sa famille est déjà très compliquée.

Quant aux différents «spécialistes» à qui l'enfant fut confié, l'auteur a rencontré ceux qui étaient coincés dans leur méthode et ne veulent pas en dévier d'un millimètre, mais aussi ceux qui, plus ouverts, tentaient différentes choses, cherchaient à s'informer... Je n'ai pas été surprise de lire à quel point les ressources sont minces lorsqu'on a un enfant autiste, sachant qu'il y a divers degrés, diverses formes d'autisme. Par ailleurs, Samy n'est pas seulement autiste. L'auteur apporte quelques solutions, et explique (à juste titre) qu'il faut se prémunir contre les idées reçues qui peuvent circuler, comme par exemple l'enveloppement. Je n'avais jamais entendu parler de ce concept. Églantine Éméyé explique qu'il est décrié, ce que j'ai pu constater après quelques recherches. Comme elle, je me demande si ceux qui la décrient l'ont essayée, et si oui, cela fut-il fait correctement? De toute façon, je suis convaincue que dans n'importe quel cas, une bonne méthode appliquée intelligemment ne pourra pas avoir d'effets néfastes. En effet, la façon de faire peut rendre n'importe quelle méthode inepte, si bien pensée soit-elle.

L'auteur parle également des gens qui s'occupent de son fils sans avoir été sérieusement formés. Je sais d'expérience qu'elle n'exagère pas. J'irai même plus loin en disant que le système (pour des raisons administratives) préférera mettre quelqu'un de non formé en face d'une personne handicapée plutôt que quelqu'un de formé, ayant en plus fait ses preuves sur le terrain.

Une autre force de ce témoignage est son optimisme. À partir du moment où Églantine a pleinement accepté le handicap de son fils, elle a tenté de faire en sorte que le rire ne soit jamais banni de sa maison. Son fils aîné, Marco, prend vite le pli, et se révèle un formidable vecteur de rire. Comme tout être humain, il y a des moments où Églantine et Marco craquent, où ils ont besoin de l'exprimer. L'un de ces moments a été transformé en partie de rire, car Marco et Richard (le compagnon d'Églantine) ont organisé la révolution, défilant avec des banderoles, et signifiant joyeusement leur mécontentement.
Je me suis également beaucoup amusée à la lecture de la correspondance entre Marco et la petite souris.
Ce n'est que deux exemples, mais le livre fourmille de situations où les protagonistes choisissent le rire.

L'auteur raconte son quotidien. Elle ne larmoie pas. Elle dit les choses, partage ses sentiments, ses incertitudes, ses frustrations, ses espoirs. Elle est lucide quant à ses réactions, quant au chemin qu'il lui a fallu parcourir... Elle raconte cela sans fausse pudeur, sans excès.

Après ma lecture, j'ai fait des recherches sur Églantine Éméyé et son histoire. J'ai ainsi lu un article où Olivia Cattan, présidente de l'association SOS Autisme s'indigne qu'Églantine Éméyé ait avoué avoir eu envie de frapper Samy, et qu'elle l'ait placé dans un hôpital à 900 kilomètres de chez elle. Il ne faut pas oublier que chaque personne handicapée est différente, chaque handicap a différents degrés (l'autiste en est un exemple très parlant). J'imagine bien Églantine, au milieu de la nuit, face à son enfant hurlant et s'auto-mutilant. À sa place, j'aurais sûrement, parfois, des envies de frapper. Nier cela et s'indigner contre ceux qui le reconnaissent, est, à mon avis, de la fausse bien-pensance, de l'hypocrisie. Certes, la première victime, c'est Samy. C'est lui qui ne parvient pas à se faire comprendre, mais pourquoi vouloir nier qu'il peut y avoir des moments où le parent ressent une telle impuissance, une telle frustration, un tel épuisement qu'il en vient à penser cela?
Quant à ce qui est de l'éloignement de Samy, l'hôpital San Salvadour est la seule structure adaptée qu'Églantine ait trouvé où Samy se sente bien. La jeune femme a douloureusement appris à différencier ses sentiments de ceux de Samy, et force lui a été de constater que son fils était mieux dans cet hôpital. Je ne comprends pas de quel droit on se permet de juger les actes de cette mère. Comme tous les parents d'enfants handicapés, elle tente de faire au mieux avec ce qu'elle a. Personne ne peut se mettre à sa place.

Remarques annexes:
Il paraît que la mère de la narratrice fait un gâteau au chocolat divin. Si par hasard, un jour, Églantine Éméyé passait par ce blog, je serais à la fois ravie et très touchée qu'elle m'en donne la recette. Le mien ne sera sûrement pas aussi bon, car outre une bonne recette, il faut le savoir-faire de celui qui la fait. De plus, il est peut-être impossible de me la donner si c'est un secret de famille, mais on ne sait jamais.
J'ai trouvé amusant que les soeurs Éméyé aient toutes des prénoms se terminant en «ine».

Je ne peux terminer cette chronique sans vous faire part d'une anecdote. Fin octobre, mon mari m'a raconté avoir vu Églantine Éméyé parlant de son livre dans l'émission de Laurent Ruquier. Il me parle du sujet, m'explique certaines choses.
La Livrophile: -Bof, je ne le lirai pas, son livre. J'ai lu «House rules», les Daniel Tammet, je risque de m'ennuyer.
Miguel: -Oui, mais là, c'est un autre point de vue. Et puis elle raconte l'inertie de la France. C'est un témoignage intéressant.
Quelques heures plus tard, je regarde quels livres sont en cours de lecture à la BSR (l'une des bibliothèques sonores qui m'approvisionnent en livres). Je tombe sur «Le voleur de brosses à dents». Je commence par m'amuser de la coïncidence. Puis je vois que la lectrice qui s'en charge est ma lectrice préférée de la BSR. Après avoir un peu râlé, j'ai pris le parti d'essayer ce livre, sachant que j'ai souvent tenté des livres dont le résumé me semblait inintéressant parce qu'ils étaient lus par cette lectrice, et que, souvent, mes «préjugés» ont été balayés. Cela fut encore le cas pour ce témoignage. Je pense que cela vient du fait que la lectrice en question choisit souvent ses lectures, et que comme moi, elle n'aime pas ce qui est niais.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 23 mai 2016

Stand-up, d'Anthony McCarten.

Stand-up

L'ouvrage:
Les parents d'Azime sont kurdes. Elle est née en Angleterre. La voilà tiraillée entre les coutumes de son pays et celles de ses parents. Lorsqu'une de ses camarades kurdes est défenestrée, et qu'on ferme les yeux sur l'évidente implication de la famille de cette jeune fille, Azime se révolte. Elle va mettre tout ce qui ne va pas en évidence... en en riant. Elle voudra le faire savoir au monde en devenant la première humoriste musulmane de stand-up.

Critique:
Ce roman m'a plu. L'auteur montre ce qu'est la vie pour Azime, sa famille, ses amis. À travers plusieurs situations, il explique comme les choses sont compliquées. Par exemple, l'amie d'Azime ne parvient pas à mettre fin au calvaire qu'elle vit pour plusieurs raisons: sa religion, mais aussi son amour pour son mari. Azime et le lecteur voudraient la secouer, mais il est vrai qu'il n'est pas toujours facile de se débarrasser d'une situation néfaste. La jeune morte (camarade d'Azime) a tenté de s'en sortir, mais pour elle, les choses étaient encore plus compliquées. Il y a ceux qu'on aime, ceux qu'on n'ose pas braver (ou trop tard), ce qu'on croit être juste, etc.
Azime elle-même regrettera (à un moment) de secouer les choses, ayant peur de ne pouvoir en supporter les conséquences. Outre sa famille qui s'élève contre son choix, elle doit faire face aux attaques gratuites de ceux qui refusent qu'une musulmane s'exprime, surtout de cette manière.

Le père d'Azime est un personnage intéressant. D'abord, lui aussi aime rire. Ensuite, il est hilare lorsqu'il se rend compte que pour se faire un peu la main, sa fille se moque de lui en racontant des choses qu'il a dites. (Certaines de ses réflexions sont d'ailleurs très drôles.) Malgré quelques entraves, il est ouvert, évolue, exhorte les autres à en faire autant.
Tous les personnages de ce roman sont intéressants, qu'ils soient positifs ou non.

On ne peut pas rester indifférent au message d'Azime. Il faut rire. Je me suis déjà surprise à rire (lorsque j'en avais la force) de situations extrêmement stressantes et perturbantes auxquelles je ne pouvais rien changer. Cela allège un peu les choses pour un temps. Azime force son entourage à regarder les choses, à se remettre en question. À son sujet, l'auteur crée des situations cocasses, par exemple, la manière dont elle éconduit l'un de ses prétendants. L'héroïne n'est pas forcément sûre d'elle, elle n'est pas drôle du premier coup. C'est une bonne chose, car elle ne semble pas parfaite.

La jeune fille prend des cours pour être humoriste. À l'écoute de ce que disait Kiersten (la professeur), je me suis surprise à penser aux humoristes que j'aime bien, et à remarquer qu'ils appliquaient cela. Blagues courtes, situations en apparence banales tirées du quotidien...

Éditeur: Piranha.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi, 19 mai 2016

Le chant du canari, d'Anne-Frédérique Rochat.

Le chant du canari

L'ouvrage:
Anne-Frédérique Rochat nous fait partager le quotidien d'un couple: Anatole et Violaine.

Critique:
J'ai un peu hésité avant de lire ce roman, car j'avais été un peu déçue par «Accident de personne», du même auteur. Sans le trouver mauvais, je l'avais jugé tiède. Pour moi, «Le chant du canari» est bien plus abouti. En très peu de pages, dans un style vif, précis, parfois doux et coloré, la romancière nous entraîne dans la vie de ce couple à travers les yeux de Violaine. On pourra commencer par la trouver un peu snob: elle n'aime pas le vieux pyjama d'Anatole, elle n'aime pas qu'il néglige son apparence, etc. Puis l'auteur ouvre d'autres brèches. À tel point qu'on se demande pourquoi Violaine ne quitte pas Anatole. La jeune femme répond rapidement à cette question. Cela permet à l'auteur d'exposer et d'analyser un phénomène qui se produit souvent dans notre société: ceux qui restent ensemble pour de mauvaises raisons, principalement parce que ces personnes ne veulent pas être seules. Cela engendre des tensions et des frustrations que l'auteur décrit très bien, décortiquant plusieurs situations de la vie de ce couple. Par exemple, Violaine déteste une tasse offerte par Anatole. Au lieu de le lui dire, elle jure qu'elle l'adore, puis la brise.

Quant aux rapports de nos héros avec leurs parents, ils ne sont pas vraiment francs. Violaine et sa mère voient même leurs rencontres comme leur devoir... Il est assez étrange de constater que Violaine, qui n'aime pas son concubin, et qui n'est pas toujours bien avec sa mère, pense qu'avoir un enfant serait le comble de la félicité.

Outre ce phénomène très bien analysé, l'auteur s'attaque à quelque chose de plus épineux. Elle prend un pari risqué. En effet, à la fin du roman, on se rend compte que deux interprétations sont possibles. C'est alors qu'on repense à l'ensemble du récit, aux faits, à la manière dont ils ont été vécus par les protagonistes... et on ne peut trancher. Violaine semble faire pencher la balance de son côté en clamant qu'il reste un fait inexpliqué. Cependant, le lecteur un peu malin l'expliquera. Autre chose s'explique un peu plus difficilement, mais on peut également apporter une réponse qui satisferait les deux théories... Je pense que l'auteur a accompli là un véritable tour de force. En effet, je ne suis pas parvenue à la prendre en défaut. Il faudrait maintenant que je relise le roman en y cherchant justement telle ou telle preuve, mais je pense sincèrement que tout a été très justement travaillé, que rien n'a été laissé au hasard.

Mention spéciale au vieil homme propriétaire d'un poisson rouge en plastique que rencontre Violaine le jour de son anniversaire. La façon dont celle-ci le rencontre, puis ce qui arrive ensuite le rapproche un peu d'un grand-père de contes. D'un autre côté, les considérations de notre héroïne avant qu'elle ne s'en aille de chez lui le rendent plus trouble. Tout comme l'ensemble du roman, ce personnage semble avoir deux facettes. Bien sûr, la seconde ne repose que sur une théorie de Violaine qui ne s'appuie sur rien de concret.

Éditeur: Wilquin.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 16 mai 2016

La lumière de la nuit, de Keigo Higashino.

La lumière de la nuit

L'ouvrage:
Le cadavre d'un prêteur sur gages est découvert dans un immeuble désaffecté. La police enquête. L'affaire semble se résoudre, mais un policier doute.

Critique:
On pourrait prendre ce livre pour un banal roman policier. C'est compter sans la patte de Keigo Higashino. D'abord, il construit son histoire sur une longue durée. Ensuite, il entremêle faits et personnages. Enfin, il installe une ambiance particulière, nimbant certains personnages d'ombre et de mystère. D'autre part, il ne se cantonne pas à ce meurtre du prêteur sur gages, même si on y est fatalement ramené. Il nous fait entrer dans la vie et l'intimité de ses personnages, dépeint leurs caractères par petites touches, les montre confrontés à des faits dont certains semblent anodins.

L'un des personnages interpellera le lecteur, tout comme il interpelle certains personnages. Ce qu'on ressent pour lui nous rappellera sûrement cette sensation que nous éprouvons à côtoyer certaines personnes: elles nous inspirent un malaise, de la méfiance, mais on ne peut pas toujours dire pourquoi. Keigo Higashino exprime cela très bien. Bien sûr, l'auteur finit par donner des raisons tangibles d'apprécier ou pas ce personnage, mais son ambivalence est très bien rendue sur une grande partie du roman.

Certaines choses sont expliquées, d'autres sont facilement déduites.
Si l'intrigue est très bien construite, si les informations sont savamment distillées, le lecteur pourra se perdre un peu. Chaque partie présente des personnages différents. Certains reviennent, mais cette construction est un peu déroutante. En outre, il est parfois difficile de se retrouver dans les noms japonais. Il faut être très vigilant, et retenir qui est qui, qui a fait quoi, afin de bien comprendre qui revient à tel moment, et comment la suite de son histoire s'imbrique dans l'intrigue.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marc Lévy pour l'association Valentin Haüy.
Je ne peux m'empêcher de plaindre un peu ce lecteur qui a un homonyme assez connu. Mis à part cela, j'ai apprécié sa lecture. Il n'a pas tenté de trop en faire, ni de prononcer les noms japonais de manière alambiquée.

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jeudi, 12 mai 2016

*Parutions Audiolib, juin 2016.

La Fille de Brooklyn Trois jours et une vie Envoyée spéciale
La Carrière du mal Le temps est assassin Le Lagon noir La Magie du rangement

Ces titres sont annoncés pour le 8 juin.

  • La fille de Brooklyn, de Guillaume Musso, lu par Rémi Bichet, 9h46.
    Une enquête d’envergure autour d’un coldcase entre la France et les Etats-Unis : un roman aussi addictif qu’une série !
  • Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre, lu par Philippe Torreton, 6h 21.
    Antoine, un ado de 12 ans sans histoire, vit avec sa mère dans un quartier pavillonnaire. Un jour, sous ses yeux, un voisin, une sale brute, abat son chien. Révolté, Antoine, alors qu’il court les bois avec Rémi, 6 ans, fils du salaud, reporte sa rage sur l’enfant. Sans le vouloir, il le tue. Dans la panique et l’égarement, surgit l’image terrorisante des conséquences de son acte, la perspective de sa vie désormais détruite. S’ensuit la décision logique et aberrante de cacher son crime, d’enfouir le corps dans un terrier presqu’invisible. Les années passent. Douze ans plus tard, les autorités décident d’implanter un parc d’attraction, sur les lieux mêmes du crime...
  • Envoyée spéciale, de Jean Echenoz, lu par Dominique Pinon, 6h39.
    Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.
  • La carrière du mal, de Robert Galbraith, lu par Lionel Bourguet, 19h6.
    Lorsque Robin Ellacott reçoit un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme. Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.
    Intrigue diabolique, coups de théâtre en rafale – ce roman haletant est aussi l’histoire d’un homme et d’une femme arrivés à la croisée des chemins, pour qui l’heure du choix, dans leur vie privée comme professionnelle, a sonné.
  • Le temps est assassin, de Michel Bussi, lu par Julie Basecqz, 15h 17.
    Été 1989, Corse, presqu’île de la Revellata. Un fatal accident de voiture : quatre occupants, une seule survivante, une adolescente de quinze ans. Été 2015, devenue femme et mère, elle revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec sa famille, en vacances, pour exorciser le passé ; jusqu’à ce qu’elle reçoive des preuves que sa mère morte sous ses yeux dans l’accident, est bien vivante...
  • Le lagon noir, d'Arnaldur Indridason, lu par Jean-Marc Delhausse, 10h5.
    Reykjavík, 1979. Erlendur a trente ans et vient de divorcer. Plus jeune et moins sombre que dans l’avenir que nous lui connaissons, il travaille depuis peu sous les ordres de Marion Briem et ne cache pas ses positions contre la présence américaine sur le sol islandais. Le corps d’un homme est repêché dans le lagon bleu. En découvrant qu’il s’agit d’un ingénieur qui travaille à la base américaine de Keflavik, l’attention de la police se tourne vers de mystérieux vols secrets effectués entre le Groenland et l’Islande. Conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’un officier de la base. En parallèle, Erlendur travaille sur une vieille affaire non résolue : une jeune fille disparue sur le chemin de l’école, quarante ans plus tôt.
  • La magie du rangement, de Marie Kondo, lu par Estelle Vincent, 5h30.
    Pourquoi un tel intérêt pour le rangement ? Parce que la vie commence seulement (véritablement) une fois que l’on a fait du tri. Dans cet essai pratique bestseller, l’auteure nous explique clairement que le rangement doit être un moment privilégié. Chaque objet qui nous entoure doit nous procurer de la joie. Si ce n’est pas le cas, alors il faut tout simplement s’en débarrasser. Vous voulez en savoir plus ? Entrez dans le monde magique du rangement, et attendez-vous à quelques surprises, car lorsqu’on y voit clair, notre regard sur la vie change...

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Il est de retour, de Timur Vermes.

Il est de retour

L'ouvrage:
2011.
Hitler s'éveille dans un terrain vague. Soixante-six ans ont passé depuis sa dernière soirée dans son bunker avec Eva. Le monde dans lequel il se retrouve a bien changé, ce qui ne lui plaît pas du tout.

Critique:
Il était risqué d'écrire un livre sur ce sujet. À mon avis, Timur Vermes s'en tire bien. Le roman se veut majoritairement drôle. L'auteur oppose sans cesse la pensée du dictateur, habitué à ce qu'on lui obéisse, et celle du «nouveau monde» dans lequel il évolue. Les réflexions et comparaisons qu'il fait sont assez amusantes de par le décalage révélé.
Notre héros rencontre des gens de bonne volonté qui présument tout de suite qu'il joue un rôle, et lui reconnaissent le talent de bien le jouer. Certains poussent la complaisance amusée jusqu'à lui faire le salut nazi quand personne ne les voit.

Bien sûr, le romancier joue avec bonheur de la différence des époques. Hitler se retrouve parachuté dans un monde où il va de découvertes idéologiques en découvertes technologiques. Cela donne lieu à des éléments cocasses. Par exemple, la scène où il ne parvient pas à répondre à son téléphone portable. Il est aussi amusant de le voir regarder la télé. Entre les chaînes spécialisées, la télé réalité, les émissions multidiffusées, on comprend qu'il en perde son latin. Ce sont quelques exemples, le livre regorge de scènes où le décalage est sans cesse pointé du doigt, ce qui fera sourire voire rire le lecteur.

Même s'il joue sur la drôlerie que ce genre de choses engendrerait, l'auteur n'oublie pas de rappeler l'atrocité des actes d'Hitler. Dans le roman, celui-ci ne les nie pas, au contraire, il reste égal à lui-même. Les personnes qui se prennent à son jeu pensent qu'il agit ainsi afin de montrer (par un comportement marqué) que ces horreurs ne doivent pas se reproduire. C'est sur cela que reposent à la fois le comique et la gravité du roman.

La fin n'était pas forcément facile à imaginer. En fait, je me suis demandé, tout au long du roman, comment l'auteur s'en sortirait. Finalement, il a choisi quelque chose de vraisemblable et de préparé par le reste.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 9 mai 2016

L'exécution de Noa P. Singleton, d'Elizabeth L. Silver.

L'exécution de Noa P. Singleton

L'ouvrage:
Pennsylvanie.
À vingt-trois ans, Noa Singleton a tué Sarah Dixon d'une balle. Voilà dix ans qu'elle est en prison, attendant son exécution qui doit avoir lieu dans six mois. C'est alors que Marlène Dixon, la mère de Sarah, vient la voir avec un avocat. Elle veut faire une pétition pour que Noa reste en prison à perpétuité et ne soit pas exécutée.

Critique:
Dès le départ, Noa admet son crime. Le lecteur ne va donc pas la plaindre. On pourra même ne pas l'apprécier. Au long du livre, l'héroïne se dévoile. Elle relate les visites de Marlène et de son avocat, et y insère, petit à petit, celui de son passé. Au départ, elle raconte un incident qui, on le sent, a marqué sa vie. Personnellement, j'en ai déduit que sa mère n'était pas très nette... De ce fait, j'ai pensé que Noa avait eu une vie perturbée à cause de cette mère. C'est le cas, mais cela ne l'a apparemment pas empêchée de vouloir, par la suite, une vie calme, bien rangée. Si on commence par ne pas l'apprécier, la suite du roman révèle une jeune femme bien plus complexe. Elle est lucide quant à elle-même, quant au meurtre, quant aux personnes qui l'entouraient à l'époque.

À un moment, il m'a semblé que l'auteur prenait un pari risqué. Elle montre une Noa qui ne se défend pas vraiment, qui sait exactement qui ne l'a pas aidée et pourquoi, et qui ne fait rien... La réponse finit par être donnée, et elle est à la hauteur du reste. Une «anecdote» en particulier explique l'attitude de Noa, et c'est ce qui fait que le lecteur ne peut pas totalement apprécier ni détester ce personnage. Noa a vécu avec cet événement, l'enfouissant en elle, mais se le rappelant à chaque instant par une espèce de manie acquise à l'adolescence. Sa propre ambiguïté quant à cet événement la poursuivra jusqu'au bout, et décidera de ses actes.

Marlène est, normalement, une victime. Elle a perdu sa fille de manière atroce. C'est celle vers qui la compassion du lecteur devrait naturellement aller. Pourtant, le lecteur se rend très vite compte qu'elle est détestable. C'est, pour moi, un autre intérêt du roman. La mère n'est pas uniquement la pauvre femme dont on a tué la fille. Je ne peux pas trop en dire, car ce serait trop en dévoiler, mais ce personnage est intéressant à analyser.

Le père de Noa, lui aussi, est complexe. Je n'arrive pas à savoir s'il est à plaindre ou pas. Je pense quand même qu'il aurait pu agir autrement.

Un livre réaliste qui fera réfléchir et laissera une impression amère.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman (dans le rôle de Noa) et Amanda Carlin (dans celui de Marlène) pour les éditions Random house audio.

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