Conduite en état Livresque

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Moi, je m'aime plutôt bien, mais je suis pas sûr que ce soit réciproque.
Philippe Geluck.

Bienvenue sur Conduite en état livresque.

jeudi 2 juillet 2009

jeudi
2
juillet 2009

Enfant 44, de Tom Rob Smith.

L'ouvrage:
Russie, 1953.
Léo travaille pour le MGB. C'est un bon officier. Il tient à servir son pays. Il croit réellement que le MGB lutte pour préserver la paix et l'harmonie. Même si certaines méthodes sont terrifiantes et inappropriées, il les accepte, pensant que le MGB sait ce qu'il fait.
Il aime sa femme, Raïssa. C'est un idéaliste.

Plusieurs faits et circonstances vont le faire remettre ses principes en question. Pourquoi le MGB le met-il à l'épreuve, et plus tard, à l'écart? Anatoli Brodski est-il réellement coupable? Le petit Arcadi est-il réellement mort dans un accident, comme le prétend le MGB? En effet, il n'y a pas de tueurs en Russie. Seul un ennemi de l'état serait un tueur. Léo n'aura pas la conscience tranquille tant qu'il n'aura pas enquêté.

Critique:
Ce livre est excellent! Après plusieurs lectures insipides (je ne me donnerai même pas la peine d'écrire une critique de «Murmures dans la nuit», de Judith McNaught), un livre aussi complexe et captivant est une note d'espoir. En effet, il me semble qu'on trouve de plus en plus de livres plats, et je m'en désole souvent avec certains amis.

Ce livre est à lire, et est intéressant à plusieurs niveaux.
D'abord, c'est le personnage de Léo qui captivera le lecteur. Léo qui devra d'abord perdre ce qu'il est et ce qu'il a, qui devra affronter la réalité en face, et qui repartira, l'esprit lavé, remis à neuf, pour traquer le tueur, mais aussi, qui ira à la quête de lui-même. En effet, dans cette traque, il ne sera plus le produit formaté par le MGB, mais lui-même. Il aura entendu de terribles choses, et après un moment d'abattement, en ressortira grandi. Cette quête de son véritable moi l'obligera également à déterrer un terrible et douloureux secret, secret que sa honte et sa peur l'avaient forcé à enfouir au plus profond de lui. Léo fait un peu sa psychanalyse grâce à cette enquête. ;-)
Il connaît les rouages de l'état, y croit, puis se retrouve obligé de se remettre en question. Il montre par là que ce genre de police dictatoriale n'était pas uniquement composée de personnes bêtes, méchantes, et ambitieuses. L'auteur a également créé le personnage de Vassili afin de faire ressortir le contraste entre les deux styles de personnes. En plus d'être ambitieux, Vassili ne se satisfait pas de ce qu'il a.

Les amateurs de romans à suspense seront fascinés par ce meurtrier, par sa psychologie, par la traque de Léo. On devine très vite qui est l'assassin, mais l'auteur garde d'autres éléments en réserve dont le lecteur ne se doute pas.
En outre, le meurtrier n'est pas juste un «méchant» à la psychologie creuse. Non! C'est, lui aussi, une victime. C'est un être perdu, rejeté, ballotté, qui n'a plus qu'une raison d'être. Une idéaliste comme moi aurait souhaité une autre fin pour lui, mais c'était impossible. Cette absence de manichéisme est l'une des forces du roman. Que faire sinon plaindre le bourreau à l'instar de ses victimes?
A propos de cet aspect de l'intrigue, l'auteur précise, en fin d'ouvrage, que c'est inspiré de faits réels. Il indique le livre qui l'a aidé à construire la psychologie du personnage et à en savoir plus sur ses meurtres. Cette histoire m'intéresse. J'aimerais savoir dans quelle mesure l'auteur a inventé son personnage, et quels en sont les aspects réels. Si l'auteur n'a pas inventé grand-chose, cette histoire est d'autant plus poignante qu'elle est vraie.
Bien sûr, tous les rebondissements sont également passionnants, et bien placés.

Par ailleurs, le roman ne souffre d'aucune longueur. L'auteur sait nous plonger au coeur de la vie quotidienne en Russie sous Staline. Là encore, il explique qu'il s'est beaucoup documenté. Cela donne un résultat très réussi. On sent qu'il a pris le temps d'écrire son roman, de construire son décor, ses personnages.
Ce contexte, nous l'étudions en histoire, mais cela finit par s'estomper, surtout lorsqu'il est rébarbatif d'étudier des faits historiques. Cela fut mon cas. Au collège et au lycée, les faits étudiés me touchaient peu. Or, les découvrir à travers un roman, par des personnages fouillés, dans un décor si bien planté, avec des exemples si bien choisis n'a pas la même dimension. Pour moi, cela a été bien plus marquant, bien plus réel, bien moins froid que l'histoire étudiée de manière assez plate au collège et au lycée.
La peur ancrée en la plupart des habitants de la Russie est bien montrée: on me fait suivre, je suis innocent, mais je fuis, car si je suis arrêté, on me fera avouer ce qu'on voudra; moins j'en sais, mieux je me porte; les enfants n'ont plus d'enfance, mais sont zélés par peur...

En général, même si j'ai aimé un l, je trouve quelques petits reproches à lui faire. Ici, je n'en vois pas. L'auteur a même su me passionner au point de me faire dépasser mes blocages. En effet, je deviens très sensible, et s'il y a des scènes de torture, ou des scènes qui me choquent par d'autres côtés, je pose le livre, ou je le continue sans pouvoir admettre qu'il peut être bon, aveuglée que je suis par les scènes qui m'ont choquée. Ça a d'ailleurs été le cas pour «Say goodbye», de Lisa Gardner, dont il m'est impossible d'écrire une critique, tant j'ai été traumatisée. Ici, les scènes vont avec l'histoire, et même si elles sont choquantes, inacceptables, et pénibles à lire, elles font partie de cette vie quotidienne que Tom Rob Smith dépeint avec brio.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux pour les éditions Audiolib.
Je ne connaissais pas ce comédien avant de l'entendre dans ce livre. Je le trouve très talentueux. Il interprète magistralement ce roman, sachant jouer sans surjouer. J'espère qu'il enregistrera à nouveau des ouvrages.

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lundi 29 juin 2009

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juin 2009

Miséréré, de Jean-Christophe Grangé.

Note: les noms propres ne sont pas épelés, et je n'ai pas trouvés tous ceux que je cite dans ma critique, donc veuillez m'excuser, voire m'indiquer la bonne orthographe si la mienne est fausse. Merci!

L'ouvrage:
Le Chilien Wilhelm Goets dirige plusieurs chorales dans des églises. Un jour, on le retrouve assassiné. Lionel Kasdan, policier à la retraite, tient à se charger de cette enquête. Il opèrera en parallèle de la police officielle.
Cédric Volokine est un jeune policier. Etant accro à l'héroïne, il est en centre de désintoxication. Lorsqu'il apprend cet assassinat, il est sûr que cette enquête est pour lui. Lui aussi opèrera en parallèle de la police officielle.
Chacun des deux policiers remarque vite la présence de l'autre dans cette enquête. Chacun débroussaille rapidement le passé de l'autre, et ils finissent par s'associer, afin de se compléter.

Ils découvrent rapidement que Whilelm a été tué par un objet inidentifiable, sûrement une aiguille extrêmement fine, assimilable à une onde sonore.
D'autre part, il y a quelques années, un enfant d'une chorale dirigée par Goets a disparu. Volokine est sûr que l'homme était un pédophile. En creusant, les deux hommes s'aperçoivent que d'autres enfants d'autres chorales ont disparu, les années précédentes. La police avait toujours conclu qu'ils avaient fugué. C'était toujours ceux dont la voix était la plus prometteuse. Les deux policiers suivent patiemment toutes ces pistes.

Critique:
Mon sentiment est mitigé. La découverte de la secte et de son obsession est très bien décrite, et le lecteur est atterré et effrayé par ce qu'ils accomplissent. Ce pan de l'histoire rappelle des idées qu'a eues Serge Brussolo: un personnage dont le rêve démesuré lui fait échaffauder puis réaliser des projets où la folie est représentée dans toute son ampleur. (D'ailleurs, Volokine rappelle Tolokine, un nom qu'on trouve dans au moins deux romans de Serge Brussolo. Est-ce fait exprès? Bon, les orthographes ne sont peut-être pas si proches, mais les sonorités le sont.)
En outre, comment ne pas être choqué de la façon dont les enfants sont impliqués et manipulés?

Les deux policiers nous sont sympathiques. Leur pugnacité et leurs personnalités fascinent le lecteur.
Seulement, Jean-Christophe Grangé nous présente encore des personnages torturés (j'avais d'ailleurs deviné ce qui était arrivé à Volokine). Je n'ai rien contre ce genre de personnages: au moins, ils ont un passé qui les rend épais, mais les personnages de Jean-Christophe Grangé se ressemblent trop, quant à ce point, à mon avis. Autant prendre un personnage récurrent...
En outre, ces personnages atypiques mènent toujours leurs enquêtes de manière atypique. Soit ils en ont le droit, mais emploient des moyens peu orthodoxes, soit ils s'y insèrent alors qu'ils n'en ont pas le droit. Et bien sûr, ils savent mieux que tout le monde ce qu'il faut faire, et comment il faut le faire. Au bout d'un moment, cette récurrence est agaçante, et devient même invraisemblable.

D'autre part, le livre souffre de trop de longueurs. Jean-Christophe Grangé écrit des livres assez longs, mais en général, on ne les voit pas passer. Là, j'ai d'abord eu du mal à entrer dans le livre. En général, dès le chapitre 1, le lecteur est captivé. Ici, il a fallu que je m'endorme plusieurs fois sur le livre, que je le pose, le reprenne... quand j'ai réussi à aller au-delà du chapitre 8, ça a commencé à m'intéresser.
Même si l'idée de départ est bonne, je me demande si Jean-Christophe Grangé ne commencerait pas à s'essouffler. A suivre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied pour les éditions Audiolib.
Je trouve que ce lecteur est une très bonne recrue des éditions Audiolib. Il a une voix très agréable, et joue sans surjouer. Il est très naturel. J'espère qu'il enregistrera d'autres ouvrages.

J'ai déjà dit que je trouvais la musique de présentation et celle qui sépare les chapitres des ouvrages de cet éditeur trop longues. Pour ce livre, je dois reconnaître que ce n'est pas si long. Seulement, quand on cherche un chapitre (par exemple, quand on s'est endormi après avoir entendu «15», et qu'on se réveille à «25»), même si on sait de combien de chapitres on doit remonter, on aime bien savoir, au bout d'un moment, où on est. Et c'est assez pénible d'entendre les trois ou quatre secondes de musique avant que le lecteur dise le numéro du chapitre.
Je ne sais plus si j'ai déjà parlé de la façon de présenter les livres d'Audiolib. Je la trouve trop grandiloquente, pour le coup, elle n'est pas du tout naturelle.

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mercredi 24 juin 2009

mercredi
24
juin 2009

Le Montespan, de Jean Teulé

Tout le monde connaît la marquise de Montespan, qui fut l'une des maîtresses les plus connues de Louis XIV, juste avant Mme de Maintenon. Mais qui connaît son mari, l'infortuné marquis de Montespan, tellement amoureux de sa femme qu'il fit poser des cornes de cerf sur son carrosse, et poursuivit de sa haine le plus puissant monarque d'Europe ?
De son coup de foudre et de ses années de bonheur avec la belle Françoise, jusqu'à sa déchéance et sa mort loin d'Athénaïs (le nom de cour de la belle), Jean Teulé nous retrace la vie de ce Gascon fou d'amour pour sa femme, que rien n'arrêtera dans sa reconquête, ni les offres alléchantes, ni les menaces, ni les procès, ni les tentatives d'assassinat. Il peut heureusement compter sur quelques fidèles qui le comprennent et le soutiennent.

Sous la plume de Jean Teulé, voici renaître le revers d'une période dorée de la France. Du XVIIème siècle, on ne retient en général que les fastes de Versailles, les folies dépensières du Roy de France, et les campagnes militaires pas toujours couronnées de succès contre le voisin Esapgnol. Mais on connaît moins la vie des gens "ordinaires", tenus loin de la cour et de ses fêtes. L'auteur a ici le mérite de faire vivre littéralement cette époque et de rendre plus présente la misère de ceux qui n'avaient pas l'heur de plaire au Roi-Soleil.
Le lecteur se laisse toucher par la détresse de cet amoureux transi, prêt à tout pour reprendre sa femme, se laissant aller à tous les désespoirs et à toutes les folies pour libérer celle qu'il croit prisonnière du Roi. On est avec lui dans son combat contre le plus puissant souverain de l'époque. On comprend sa lutte et son envie de se battre jusqu'au bout, à une heure où il était de bon ton de profiter des largesses offertes par le Roi au mari de sa favorite. On se désole des moqueries et des quolibets dont on accable le cocu malheureux.

Cependant, le langage très cru de ce siècle, que l'auteur a cru bon de resservir ici, avec moultes descriptions scabreuses et allusions à peine voilées (quand elles le sont), fait de ce court roman biographique un ouvrage à ne pas mettre sous tous les yeux, car certaines scènes peuvent choquer les lecteurs. A la fin, je le trouvais même plutôt malsain et cela m'a mise mal à l'aise, au point de sauter des passages quand cela devenait insupportable. Il a même réussi à me faire regretter de lire son livre, moi qui avait tant apprécié l'histoire de la rencontre de Julie de Montausier, fille de Catherine de Rambouillet, avec son futur époux (critique par ici), et voir cette dame ici tellement démystifiée m'a plutôt attristée, même si cela correspond aux moeurs de l'époque.
A réserver donc aux lecteurs avertis amateurs de cette époque et des oeuvres qui en retracent la vie.

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lundi 22 juin 2009

lundi
22
juin 2009

La théorie des cordes, de José-Carlos Somoza.

L'ouvrage:
Ce jour-là, Elisa Robledo, professeur scientifique, donne un cours à ses étudiants, essayant de leur faire comprendre les différentes dimensions du temps. Elle utilise le journal pour sa démonstration, et l'article qu'elle lit lui saute à la figure. La machine infernale qu'elle tente d'oublier depuis dix ans se remet en marche. Rien n'est achevé. La course-poursuite a repris.

Plus tard, elle obtient la confirmation de ce qu'elle craignait. Il y aura donc une réunion à minuit et demi, à l'endroit convenu. Affolée, Elisa se confie à son meilleur ami, Victor Lopera, car elle ne peut plus garder un tel secret.

Critique:
L'auteur sait tisser un suspense qui captive le lecteur. Il joue sur le fait que le lecteur ne sait rien: il débarque, et n'a que les maigres renseignements que veut bien lui donner Elisa par le biais de sa pensée. Le lecteur se rend encore mieux compte qu'il arrive en plein milieu de la vie de quelqu'un. Le fait de ne pas tout savoir dès le départ est gênant, mais plus réaliste.

Le roman est constitué de moments présents et de flashbacks. Si c'est une réussite dans certains romans, j'aime moins cette façon de faire dans les romans policiers. C'est une ficelle assez employée, mais en plus, elle donne un effet de longueur. Tout au long du roman, nous retrouvons d'autres effets de longueur. C'est dommage, car à mesure que nous lisons, notre attention est relancée par les rebondissements, les émotions et les sentiments des personnages. C'est un roman où on est captivé par certains chapitres, et où on s'ennuie avec d'autres.
Le revirement de certains personnages est un peu lourd, car la ficelle est trop souvent utilisée.
Par ailleurs, je n'ai pas aimé la fin. Bien sûr, cela devait se terminer ainsi. Dès le départ, la fin est écrite. En plus, cela aurait pu se terminer de manière pire. Néanmoins, j'aurais préféré que l'auteur choisît une autre fin.

La terreur est bien distillée, mais là aussi, cela finit par être trop long.
La spirale dans laquelle sont entraînés les personnages est intéressante: on ne sait pas d'où vient le danger, les personnages ne sont même plus en sécurité dans leurs propres pensées. La manière dont ils ont été manipulés est assez effrayante, car on se dit que ça peut arriver à n'importe qui. Petit à petit, alors que nous comprenons ce qui se passe, alors que nous cernons enfin d'où vient le danger, alors que nous devrions être un peu plus tranquille, nous découvrons que le savoir n'apporte pas la sérénité: les personnages sont manipulés par les hommes, et poursuivis impitoyablement par «une machine».

Les personnages sont attachants. Le lecteur ressent leur détresse: ils étaient équilibrés, avaient une vie qui leur convenait, et tout est piétiné. Ils ne sont que peur. Il est intéressant de voir comment une personne peut être, petit à petit, minée de l'intérieur. On s'identifie parfaitement à ces personnages.

La théorie des cordes (celle que développent les scientifiques du roman), m'a paru un peu abstraite, malgré l'intérêt que j'y ai pris.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je n'ai pas compris pourquoi elle prononçait David à la semi-anglaise, dans ce roman, alors que la prononciation est acceptable en français, et qu'elle l'a déjà prononcé normalement dans d'autres romans.

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lundi 15 juin 2009

lundi
15
juin 2009

Le sourire innombrable, de Jacqueline de Romilly.

L'ouvrage:
Jacqueline de Romilly rassemble ici quelques anecdotes légères. Son but, comme l'indique son titre, est de faire sourire son lecteur.

Critique:
J'étais fâchée avec les écrits de Jacqueline de Romilly, après avoir essayé de lire "Ouverture à coeur". Je m'étais ennuyée pendant cette lecture. "Le sourire innombrable" m'a réconciliée avec cet auteur, et m'a donné envie de relire "Ouverture à coeur", pour savoir quelle serait mon opinion, aujourd'hui. Peut-être étais-je trop jeune quand je l'ai lu.

Les anecdotes rassemblées sont arrivées à l'écrivain. Ce sont de petits bonheurs, de petits moments qu'elle chérit, et se remémore souvent. Elle rit volontiers en se rappelant celles qui l'embarrassèrent. Comme elle le dit, ce livre ne vous fera pas vous rouler de rire par terre, mais il vous fera sourire, et même rire.

Il y a des anecdotes de différents types. Certaines mettent la narratrice dans l'embarras, par exemple, parce qu'elle a parlé trop vite, et ne s'est pas expliquée de la manière dont elle aurait dû le faire pour qu'il n'y ait pas d'équivoque.
D'autres sont à mettre sur le compte de personnes maîtrisant mal notre langue. Le but n'est bien sûr pas de se moquer de ces gens, mais de se rendre compte à quel point notre langue peut être une source de confusion. Je ne vous donnerai pas d'exemples tirés du livre, car il est très court, et je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais cela me rappelle ce que m'avait dit un professeur d'université. Un étudiant étranger lui avait dit: "Ah! Vous êtes le professeur facultatif!"

Ce livre est à lire. C'est un moment de détente. On laisse les anecdotes amusantes nous entraîner, on ne pense qu'à elles, et on en ressort gai.
Jacqueline de Romilly affirme qu'il faut essayer de saisir les moindres occasions de rire. Bien sûr, elle ne nie pas les mauvais coups du sort, ne dit pas qu'il faut rire de tout. Elle a raison, et j'aimerais être aussi sage, même si cela m'est encore difficile.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florence Grin-Falquet pour la Bibliothèque Braille Romande.

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