vendredi, 19 décembre 2014

Goldstein, de Volker Kutscher.

Goldstein

L'ouvrage:
La police berlinoise est prévenue qu'Abraham Goldstein, soupçonné d'être un tueur, va arriver à Berlin. C'est Gereon Rath qui est chargé de le surveiller.

Un soir, le cambriolage d'un grand magasin tourne mal. L'un des malfrats est tué. Sa complice, Alex, veut le venger.

Critique:
Encore une fois, Volker Kutscher a su me captiver. Il ne se contente pas de mettre en place une énigme que nous suivons: il raconte la vie d'une ville, d'un commissariat, et montre avec finesse que rien n'est manichéen.
Le nazisme commence à gagner en puissance. L'auteur montre cela par des scènes, des faits... Le contexte historique est, tout comme dans les deux tomes précédents, très bien dépeint. Il a son importance, car il commence à modifier certaines choses, et nous savons qu'il laissera son empreinte dans le temps.
L'auteur rappelle également que l'époque est beaucoup moins tolérante que celle que nous connaissons actuellement puisqu'une femme qui souhaite être juriste ou policière n'est pas toujours vue d'un très bon oeil. Beaucoup espèrent la voir se marier, avoir des enfants, et ne plus s'occuper d'autre chose.

Quant aux énigmes, j'ai apprécié que l'auteur s'écarte des sentiers battus. En effet, les histoires finiront par être liées, mais à mon avis, cela est fait de manière bien plus subtile que dans d'autres romans.
En outre, l'auteur s'arrange pour ne pas donner trop de fausses pistes tout en ménageant quelques surprises, et en créant des rebondissements bien placés. Certaines choses sont très vite connues du lecteur, mais cela ne gâche en rien la lecture, car l'énigme est loin d'être le seul élément qui compte. La vie et la psychologie des personnages sont tout aussi intéressantes.
J'ai apprécié que l'auteur n'utilise pas quelque chose qu'il a utilisé dans le tome 2, et qui finit par devenir un thème récurrent chez certains: à savoir la personne qui fut traumatisée par son passé et qu'on voit tout au long du roman, qui livre des bribes de son passé, mais dont on ne sait pas qui elle est.
D'autre part, il y a de l'humour, et pas uniquement lors de moments plus détendus. Par exemple, la première entrevue de Rath et de Goldstein est assez amusante, malgré la gravité de la situation. En outre, à un moment, Gereon hérite d'une «petite voiture» assez comique. Je me suis imaginé les scènes où apparaît cet engin au cinéma, je suis sûre qu'elles auraient un franc succès. ;-)
Les quelques exemples humoristiques que je donne sont loin d'être les seuls. Il y a beaucoup de petites scènes assez drôles de toutes sortes survenant à un moment où on ne les attend pas du tout, et s'insérant parfaitement dans le récit.

Les amours de Gereon, si elles sont houleuses, sont différentes de celles de certaines séries où le héros change de petite amie comme de chemise, ce qui m'agace prodigieusement.

Le roman est très épais, mais tout comme dans les tomes précédents, il n'y a "à mon sens) aucun temps mort. C'est un tour de force, étant donné que les romans policiers très longs traînent souvent. Ici, cela vient sûrement du fait que l'auteur ne focalise pas tout sur l'énigme.

Je trouve dommage qu'il y ait des erreurs de syntaxe. J'ai relevé, à titre d'exemple: «Ils éprouvaient l'un pour l'autre une aversion réciproque.» Il y en a d'autres. Je ne sais pas si cela tient à la traduction ou si ces maladresses se retrouvent dans le texte original... Je regrette également que le verbe «rigoler» soit employé au lieu du verbe «rire».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Sixtrid.
Comme d'habitude, je suis ravie de retrouver ce comédien qui joue sans surjouer, et dont la lecture est toujours fluide et naturelle. Il est de ces comédiens qui ont pris le parti de ne pas prendre une voix différente pour les rôles féminins ou pour d'autres personnages. Je trouve cela très bien. Son interprétation est toujours aussi juste. C'est un grand comédien.

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42 lectures

mercredi, 17 décembre 2014

La couronne verte, de Laura Kasischke.

La couronne verte

L'ouvrage:
Michelle, Anne, et Terry, trois lycéennes, partent pour des vacances à Cancûn. C'est là qu'elles vivront quelque chose qui changera inexorablement leur vie.

Critique:
Laura Kasischke évoque ici un thème sensible et abordé de plusieurs façons dans la littérature. Ce faisant, la romancière pose plusieurs questions. Faut-il se méfier de tout et de tous? La mère de Michelle est méfiante, mais refuse de tomber dans le travers de l'excès. Comment sait-on qu'on est assez prudent? Ici, Anne a suivi un schéma qu'elle pensait classique, immuable, et incontestable: il faut se méfier de l'inconnu plus âgé, alors qu'on peut faire confiance à des gens de notre âge vaguement aperçus auparavant. Pourquoi? Sur quoi se base-t-elle? D'autant que certains indices réfutant la première assertion ont été rapidement fournis. Tout comme les héroïnes de «Rêves de garçons», Anne emploie les conseils de prudence qu'on lui a toujours serinés à mauvais escient. Elle s'englue dans un raisonnement erroné. Cela voudrait dire que malgré la prévention, ces jeunes filles (tout au moins l'une d'elles), sont encore trop inexpérimentées pour savoir se débrouiller dans la vie.
Cependant, Anne a également agi ainsi pour de très mauvaises raisons qu'elle livre sans se chercher d'excuses: la principale était sûrement la jalousie. Michelle était ravie de sa journée, alors qu'Anne dépérissait sur place.

Si Anne est la plus fautive, Michelle n'agit pas forcément mieux. Elle pouvait ne pas suivre son amie. D'ailleurs, au début de cette journée, Anne aurait très bien pu ne pas suivre Michelle. Terry se démarque en choisissant de rester, sûre qu'elle sera mieux sur la plage. Là encore, on peut se demander pourquoi les deux jeunes filles se sont mutuellement suivies. Par amitié? Parce que ce sont des adolescentes qui n'osent pas s'affirmer, et qu'elles suivent celle qui fait preuve d'autorité à un moment donné? À travers cela, la romancière démonte subtilement certains rouages de notre société: jusqu'à quel point est-on influencé? L'âge entre-t-il en ligne de compte? La perception peut-elle être faussée par des sentiments mesquins? Ici, le manque de prudence et de discernement des deux jeunes filles est annoncé par un événement d'apparence anodine: elles oublient de se mettre de la crème solaire avant d'aller se baigner, alors que Terry y pense. Michelle va même jusqu'à se fourvoyer dans le raisonnement suivant: cette imprudence n'est pas grave, car j'ai pu voir la faune marine qui est si belle! Pourtant, elle aurait pu la voir sans attraper de coups de soleil: il suffisait qu'elle s'enduise de crème. Le résultat aurait été le même, excepté qu'elle n'aurait pas souffert.

Laura Kasischke conte une histoire qui paraît simple. On devine vite ce qui va arriver. Cependant, cela n'est pas gênant, car les événements, et la façon dont ils sont racontés analysent des comportements, tout au long du roman.
Quant à la structure, on retrouve une façon de faire chère à l'auteur: le récit d'Anne est parsemé de retours en arrière qui complètent le portrait des deux héroïnes. De plus, les chapitres alternent les points de vue des deux jeunes filles. Seulement, on peut penser que les chapitres Michelle (qui sont à la troisième personne) sont en fait des suppositions faites par Anne quant à l'état d'esprit de son amie.

Pendant ma lecture, j'avoue avoir trouvé Anne agaçante. Cependant, elle n'inspire pas la répugnance qu'inspire la narratrice de «Rêves de garçons». J'évoque encore ce roman, car certaines choses m'y ont fait penser. On dirait que la romancière a pris un thème qu'elle a décliné en deux romans distincts.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce roman empreint d'une atmosphère étrange: légère puis de plus en plus oppressante, impression renforcée par l'image de l'oiseau présente du début à la fin.

Éditeur: Christian Bourgois.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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54 lectures

lundi, 15 décembre 2014

Purgatoire des innocents, de Karine Giébel.

Purgatoire des innocents

L'ouvrage:
Raphaël, William, Fred, et Christelle braquent une bijouterie. Les choses tournent mal. Ils s'enfuient avec le butin, mais William est blessé. Ils s'arrêtent dans un petit village et contactent une vétérinaire qu'ils contraignent à soigner le blessé. Les choses ne font que commencer.

Critique:
Karine Giébel a l'art de faire monter la tension. Ce roman en est exclusivement constitué. Son épaisseur pourrait faire craindre des lenteurs, or, il n'y en a pas. Changer de chapitre ne signifie pas (comme chez certains autres) laisser le lecteur dans un suspense insoutenable pour développer une partie plus calme, plus lente. Ici, chaque chapitre accroît suspense et tension. Karine Giébel précipite ses personnages dans une partie d'échecs dont elle maîtrise parfaitement chaque coup.

À un moment, j'ai cru à un procédé malhonnête. J'ai pensé qu'à l'instar de certains auteurs de romans policiers, la romancière mélangeait les époques sans en avoir averti le lecteur. Mais ce procédé qui me déplaît souverainement (parce que j'ai l'impression que ceux qui l'utilisent se jouent de moi), elle ne s'abaisse pas à l'employer.
J'ai été également déçue de deviner quelque chose, pensant que cela serait révélé bien plus tard, comme c'est le cas chez certains auteurs. Ma découverte était juste, mais elle a été révélée très peu de temps après que je l'ai faite.

La romancière parsème son roman de brefs retours en arrière qui, sans fioritures, racontent la vie des personnages avant le braquage. Ces flashbacks ne sont pas un prétexte pour s'attarder et remplir des pages, ils expliquent comment certains en sont arrivés à ce qu'ils sont. Bien sûr, on pourrait penser qu'il est facile pour les personnages de prendre prétexte de leurs souffrances passées pour s'octroyer le droit d'être hors-la-loi. On pourrait dire que c'est facile de montrer une enfance abîmée (à divers degrés) pour expliquer les choses. Néanmoins, c'est très réaliste. Cela n'excuse rien, mais cela explique les choses. D'autre part, l'auteur insiste bien sur le fait que chacun est responsable de ses actes.

Malgré la puissance de ce roman et la très bonne description du calvaire physique et psychologique qu'endurent les personnages, certaines choses sont quelque peu discutables.
Il est un peu étrange qu'après avoir supporté tant de souffrances physiques tout en étant affaibli par le manque de sommeil et de mauvaises conditions de vie, on soit encore capable de porter des estocades à son bourreau. Cela peut s'expliquer par le fait qu'aux moments où ils agissent, les personnages sont animés par l'énergie du désespoir, mais c'est quand même discutable.
Par ailleurs, il est illogique que le bourreau (je ne dévoile pas son nom sciemment) n'ait pas pensé que ses prisonniers avaient pu comploter. Il a bien dû voir que par moments, des messes basses étaient échangées. On peut trouver une explication en supposant qu'il n'était pas devant ses écrans à ce moment-là...

Généralement, je n'aime pas les romans trop durs psychologiquement. Cependant, j'apprécie la façon dont Karine Giébel construit ses romans. Suspense, frayeur, bonne psychologie des personnages... Sachant que cette romancière est très pessimiste (c'est le troisième roman d'elle que je lis), je me suis préparée psychologiquement, et suis restée plus distante que d'habitude, quant au sort des personnages. J'y ai partiellement réussi. Bientôt, je serai prête à lire «Meurtres pour rédemption», dont on m'a dit que c'était le plus noir. ;-)

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA
La lectrice n'est pas tombée dans le surjeu, ce qui aurait tout gâché. Elle a lu ce roman avec la distance nécessaire. Heureusement, elle n'a pas non plus été trop sobre. Je pense que ce genre de livres ne doit pas être simple à lire à voix haute, et elle s'en est bien sortie. Je regrette seulement qu'elle ait laissé ses erreurs de lecture.

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61 lectures

vendredi, 12 décembre 2014

Vie en rose et chocolat noir, de Martina Chyba.

Vie en rose et chocolat noir

L'ouvrage:
Poppy a quarante-deux ans, deux enfants (Téa, seize ans, et Ulysse, dix ans et surdoué), une mère qui se passionne pour tout un tas de causes, une grand-mère de quatre-vingt-dix ans qui n'a pas dit son dernier mot, un grand-père qui va bientôt être à nouveau père... Elle tient un blog où elle explique certains mythe de manière amusante. Notre héroïne a fort à faire.

Critique:
Malgré certains passages plus graves, ce livre est à forte dominante humoristique. C'est d'abord le style vivant et enlevé qui fera rire. J'ai été déçue de trouver quelques expressions un peu crues, mais noyées au milieu du reste, elles passent.
Ensuite, certaines répliques prêtent à rire. J'ai eu deux ou trois éclats de rire lors de ma lecture.
D'autre part, certaines situations sont cocasses. Pour ne donner qu'un exemple, l'histoire des applications pour smartphone m'a bien fait rire. Elle allie situation et répliques drôles.
Do plus, des personnages, à eux seuls, sont hilarants. Ulysse (le fils de Poppy) est celui qui attirera le plus la sympathie du lecteur. Ses remarques avisées et dites d'un langage à la fois humoristique et soutenu m'ont ravie.

Comme dans beaucoup de livres de ce genre, il y a le revers de la médaille. À vouloir faire de l'humour, beaucoup en font trop. Ici, j'ai trouvé que certaines idées (jugements sur les choses) étaient trop tranchées. Par exemple: Oh là là! À quarante-deux ans, Poppy ne se voit plus appeler sa mère «maman»! Et elle fait un laïus là-dessus. Ça se veut drôle, mais j'ai trouvé ça lourd. Il y a d'autres choses de ce type, par ci par là.

En outre, certains personnages sont ennuyeux au lieu d'être drôles. Je pense notamment à la mère de Poppy qui exaspère notre héroïne, mais qui est censée faire rire le lecteur. Je la trouve superficielle.
Ces lourdeurs m'ont déçue, mais elle n'ont pas gâché ma lecture.

La structure du livre est plaisante. On découvre un mythe, une journée de Poppy, le rêve qu'elle aimerait faire cette nuit-là. Les rêves en question sont d'ailleurs assez imaginatifs.

Un livre rafraîchissant, truculent, avec des moments plus graves. À lire!

Éditeur: Favre.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Josette Guenaud pour la Bibliothèque Braille Romande.
Outre une voix agréable, cette lectrice a une lecture vivante. Elle a su interpréter ce roman en accord avec le style de l'auteur, sans en faire trop, ce qui aurait été facile.

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67 lectures

jeudi, 11 décembre 2014

*Parutions Audiolib, janvier 2015.

J'aimais mieux quand c'était toi Constellation Et soudain tout change
Délivrance Yeruldelgger Bien respirer, l'antistress naturel Comme un chant d'espérance

Ces titres sont annoncés pour le 14 janvier 2015.

  • J'aimais mieux quand c'était toi, de Véronique Olmi, lu par l'auteur, 3h9.
    Une femme sur le banc d’une gare en pleine nuit revoit les dernières 24 heures qui l’ont amenée là où elle est. Nelly est comédienne de théâtre, sa journée est entièrement aimantée vers le rôle qu’elle joue en soirée : la Mère de Six personnages en quête d’auteur de Pirandello. Ce soir-là, quand débute la représentation, elle reconnaît au cinquième rang l’homme qui l’a quittée, qu’elle aime toujours et dont elle a refoulé jusqu’au nom. Prise dans le vertige d’une passion qui la broie à nouveau, l’actrice en elle s’affaisse et ne peut plus jouer.
  • Constellation, d'Adrien Bosc, lu par Bernard Gabay, 4h46.
    Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux.
  • Et soudain tout change, de Gilles Legardinier, lu par Séverine Cayron, 10h.
    Camille et ses amis se connaissent depuis la maternelle. Leur dernière année de lycée les a enfin tous réunis dans la même classe. À quelques mois du bac, en compagnie de sa meilleure amie, Léa, d’Axel, Léo, et toute sa petite bande, la jeune fille découvre joyeusement la vie. Tous se demandent quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent encore que d’ici l’été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie. Du meilleur au pire, avec l’énergie de leur âge et leurs espoirs, entre convictions et doutes, entre illusions et réalité, ils vont expérimenter, échanger et affronter. Leur histoire est la nôtre. Bienvenue dans ce que nous partageons de plus beau et qui ne meurt jamais.
  • Délivrance, de Jussi Adler-Olsen, lu par Julien Chatelet, 17h12.
    Au fin fond de l’Écosse, une bouteille ancienne est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjoelp, «au secours», en danois, écrits en lettres de sang... La mystérieuse missive atterrit entre les mains de Mørck et de son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée... Une chasse haletante et presque désespérée est lancée par le cynique inspecteur Carl Mørck et son fidèle assistant Assad derrière un tueur que rien ne semble pouvoir arrêter.
  • Yeruldelgger, de Ian Manook, lu par Martin Spinayer, 15h32.
    Le corps enfoui d'une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l'assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d'autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n'y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas. Dans ce thriller d'une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l'Asie Centrale jusqu'à l'enfer des bas-fonds d'Oulan-Bator.
  • Bien respirer, l'antistress naturel, d'Yvonne Paire, lu par l'auteur, 1h19.
    Vous recherchez la détente mais aussi la vitalité ? La respiration est à votre disposition. Elle est la clef d'une bonne santé physique, mentale et psychique. Une bonne oxygénation pulmonaire améliore celle de toutes les cellules de notre corps, même celles du cerveau. La respiration est la seule fonction de notre corps inconsciente, réflexe, qui peut devenir consciente, volontaire. Grâce à ce CD, une voix vous guide à travers des exercices simples et courts pour vous apprendre des techniques rapides anti-stress et anti-fatigue applicables à tout moment de la journée. Apprivoiser votre respiration vous permettra de mieux appréhender vos émotions, d’avoir l’esprit plus clair, ou encore de soulager vos douleurs de dos.
  • Comme un chant d'espérance, de Jean d'Ormesson, lu par Daniel Nicodème, 2h14.
    « J’ai aimé Dieu, qui n’est rien aux yeux des hommes qui ne sont rien. Je n’ai détesté ni les hommes ni les femmes. Et j’ai aimé la vie qui est beaucoup moins que rien, mais qui est tout pour nous. » À partir d’une promenade dans nos origines, ce livre raconte l’histoire de l’univers. Sous les traits d’un détective métaphysique, Jean d’Ormesson mène l’enquête et tente avec gaieté de percer ce mystère du rien, c’est-à-dire du tout. Ravissements et surprises sont au rendez-vous de son épatante entreprise.

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108 lectures

mercredi, 10 décembre 2014

La blancheur qu'on croyait éternelle, de Virginie Carton.

La blancheur qu'on croyait éternelle

L'ouvrage:
Mathilde et Lucien vivent, chacun de son côté, un peu à contrecourant. Ils ne se connaissent pas, ou si peu...

Critique:
Voilà l'une des rares fois où je ne suis pas dérangée d'avoir une idée précise quant à la façon dont cela va se terminer. C'est voulu. Savoir comment cela se terminera n'est pas si grave, parce qu'il est très agréable de côtoyer les personnages de Virginie Carton.

Lucien et Mathilde sont un peu atypiques. À l'heure où ma génération ne jure que par téléphones portables et réseaux sociaux, j'ai trouvé reposant de tomber sur des personnages d'environ mon âge que ces choses ne touchent pas ou peu. Sans être aussi réfractaire que Mathilde, je suis souvent agacée par ces gens qui ne peuvent faire un pas sans leur téléphone portable, et font transiter leur vie par Facebook.
Il m'a plu de voir ces personnages évoluer, et ne pas tenter d'être autre chose qu'eux-mêmes. Ils ont plutôt des profils d'anti-héros. J'ai trouvé cela reposant. Dans la vie de tous les jours, je préfère les gens ainsi. Certes, à la longue, certains de leurs côtés doivent être agaçants, mais personne n'est parfait.

Bien sûr, on pourra trouver Mathilde un peu cruche, parfois. Elle ne trouve pas vraiment sa place, ne parvient pas à dire à sa mère qu'elle l'étouffe, ne sait pas toujours dire non, ne parvient pas à oublier un homme qui l'a quittée voilà dix ans... Bref, même si Mathilde m'a été sympathique car dépourvue d'artifices, l'auteur a peut-être un peu forcé le trait.
Lucien, même s'il est parfois trop gentil, n'éveillera pas cette compassion un peu amusée qui me prenait lors des chapitres évoquant Mathilde.

Autour de nos héros, gravitent des personnages plus ou moins sympathiques. Ma préférence va à ceux que côtoie Lucien qui sont ses voisins. Ils sont amusants dans leur désinvolture et leur attitude d'éternels adolescents. Quant à Mathilde, il m'a semblé que dans son entourage, personne ne valait la peine, car personne ne l'appréciait telle qu'elle est.

Le livre est parsemé d'allusions (explicites ou pas) à des chansons dont la liste se trouve en fin d'ouvrage. Cela m'a rappelé le film «On connaît la chanson».

Des personnages sensibles aspirant à un bonheur simple, un style fluide, vivant et agréable, quelques pincées d'humour. Voilà pourquoi il faut lire ce petit roman.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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65 lectures

lundi, 8 décembre 2014

Angor, de Franck Thilliez.

Angor

L'ouvrage:
Été 2012.
Après un orage, certains arbres sont déracinés, c'est là qu'une femme est découverte, errant dans une galerie souterraine. On ne peut savoir depuis combien de temps elle est là, au milieu d'une provision de boîte de conserve.

Camille Thibault est gendarme. Elle vient de subir une greffe cardiaque. Depuis, elle rêve d'une jeune femme qui l'appelle à l'aide.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Il m'a plu de retrouver Lucie et Franck Sharko, mais c'est surtout les aspects de leur vie privée qui m'ont intéressée.
Comme d'habitude, Franck Thilliez construit une intrigue bien menée, et fait découvrir à son lecteur des situations d'autant plus macabres qu'elles sont réalistes, voire réelles... Ma lassitude vient sûrement du fait que les romans de ce genre me semblent un peu trop formatés, trop convenus à force de vouloir surenchérir dans l'horreur et le spectaculaire. Même si ce qu'on découvre est intéressant, au final, la façon d'y arriver est classique. L'auteur corse le tout avec certaines péripéties (celle qui m'a le plus captivée est la mésaventure de Sharko), qui accrochent le lecteur, mais (pour moi) ne font pas tout.
On retrouve certains topoi de ce genre de romans. Outre le sanglant, on a la situation des policiers qui agissent à l'insu de leur supérieur, sachant qu'ils n'ont pas le temps d'attendre la paperasse.

Franck Thilliez développe une théorie que j'ai déjà rencontrée, et qui m'agace un peu: celle de la mémoire cellulaire. Pour étayer son propos, il donne des exemples. Cependant, je ne sais pas s'il les a inventés ou s'il s'est vraiment documenté là-dessus.

J'ai été déçue qu'un auteur que je considère au-dessus de ça introduise un coup de foudre à la Danielle Steel dans son roman. En outre, l'un des personnages impliqués dans le coup de foudre (Camille) ne m'est pas sympathique. Je ne parviens pas à m'expliquer pourquoi. Je trouve qu'elle en fait trop. Cela peut s'expliquer par sa maladie: elle réagit comme elle peut devant une situation extrême. Certes, mais je n'ai pas réussi à l'apprécier.

Certains détails m'ont paru un peu gros. Comment se fait-il que Camille n'ait pas tout de suite pensé à l'ADN dans la quête de son donneur? Comment se fait-il que Lucie trouve tout de suite quelque chose qui a échappé à Franck? On me dira qu'on ne peut pas tout voir ni tout prévoir.

Il semblerait que Franck Thilliez ait un «plan». En effet, à la fin d'«Angor», on comprend que rien n'est terminé (même si cette enquête l'est), et que certaines choses ont commencé bien avant les événements racontés ici. C'est une piste intéressante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Raimbault. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'ai déjà expliqué que je ne comprenais pas pourquoi les chapitres de plus d'un quart d'heure étaient coupés en deux pistes. Ici, c'est encore le cas. Mais ce roman contient également des chapitres de moins de cinq minutes. Ils sont sur la même piste qu'un chapitre un peu plus long. À un moment, il y a même une piste avec le début d'un chapitre, puis l'autre piste avec la fin du chapitre et le chapitre suivant. Cette structure ne me plaît pas, car pour moi, ce n'est pas «propre». J'imagine un livre papier avec des chapitres collés les uns aux autres ou des chapitres s'arrêtant au milieu de la page et reprenant à la page suivante...

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139 lectures

vendredi, 5 décembre 2014

*Parutions Gallimard, décembre 2014.

La Petite Bijou

Ce titre sort aujourd'hui: le 5 décembre.

La Petite Bijou, de Patrick Modiano, Lu par Valérie Karsenty, Anne-Marie Joubert, Olivier Chauvel, Patrick Liegibel, Élisa Servier, Stéphane Vasseur et Nicole Evans, environ 3 h 20.
Première parution en 2004.
Thérèse, une jeune fille solitaire de dix-neuf ans, croise dans le métro une femme qui ressemble étrangement à sa mère, disparue depuis des années. Tourmentée par son passé, elle décide de la suivre, partant ainsi à la recherche de ses origines.

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148 lectures

Le bon père, de Noah Hawley.

Le bon père

L'ouvrage:
Daniel Allen, adolescent, tue un sénateur candidat à la présidence de plusieurs balles. Paul, le père du jeune garçon, veut croire en son innocence. En outre, il se livre à une introspection qui l'aiderait à comprendre son fils.

Critique:
Ce roman me rappelle un peu «Défendre Jacob», de William Landay, car on retrouve le thème du père qui veut comprendre pourquoi son fils aurait fait une chose si abominable. Ici, tout en souhaitant croire en l'innocence de son fils, Paul analyse le passé. Il est intéressant de savoir par quelles affres passent les parents de personnes accusées de meurtre. Sans complaisance, Paul explique qu'il a été un père absent. Il se demande si cela a été déterminant quant à la personnalité de son fils. Il cherche également des causes physiologiques. S'il est vrai qu'un enfant délaissé aura davantage de mal à se construire, cela ne fait pas tout. Le raisonnement de Paul est compréhensible. Outre qu'il a besoin de trouver une cause à l'acte de son fils, il souhaite affronter sa part de responsabilité, si infime soit-elle, dans l'évolution du garçon. En outre, il se raccroche de toutes ses forces au fait que Danny est innocent, tant pour tenter de sauver leur relation que pour ne pas que son monde s'écroule, qu'il reste quelque chose à faire. Ce père se met à nu devant le lecteur. Il m'a profondément touchée, et je l''ai compris.

À côté de lui, Fran (sa femme) et Ellen (la mère de Danny) m'ont paru bien fades. Il aurait été intéressant d'entendre le point de vue d'Ellen, car elle aurait peut-être paru moins superficielle.
quant à Fran, il m'a semblé que sa compassion était feinte. Son amour pour son mari n'allait pas jusqu'à une compréhension totale de ce qu'il faisait. Il était logique qu'elle souhaite qu'il tourne la page, mais elle aurait dû penser d'abord à lui, et avancer des arguments plus altruistes qu'égoïstes.
Outre Paul, les personnages qui m'ont touchée sont les Kirkland qui savent faire la part des choses et aller à l'essentiel.

Danny gardera une part de mystère. Le roman ne laisse aucune ambiguïté quant à ce qu'il a fait, mais ses réactions m'ont parfois semblé contradictoires. Il m'a déroutée. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose.

Ce roman m'a plu, car il soulève certaines questions, décortique des façons de faire et des points de vue. Je n'ai qu'un petit reproche à faire: plusieurs fois, le cours de la narration est interrompu par le récit de la vie de tueurs. Paul met certains traumatismes et façons d'être de ces tueurs en avant pour bien marquer le contraste avec Danny qui ne présentait pas de signes flagrants de dérangement mental. C'est intéressant, mais cela devient lassant.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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93 lectures

mercredi, 3 décembre 2014

La fille de l'hiver, d'Eowyn Ivey.

La fille de l'hiver

L'ouvrage:
Alaska.
Jack et Mabel (un vieux couple de paysans), ont un peu de mal à joindre les deux bouts, surtout à cause de la rudesse de l'hiver.
Ils s'aiment profondément, malgré certaines blessures, parmi lesquelles l'absence d'enfants.
Un soir, ils font une fillette de neige. Le lendemain, ils s'aperçoivent que leur création n'est plus qu'un tas de neige, et que les vêtements dont ils l'avaient habillée ont disparu. En outre, pendant la nuit, Jack a cru voir une enfant courir dans la neige.

Critique:
Voilà un roman au parfum de conte. L'auteur explique d'ailleurs qu'elle l'a écrit en se basant sur un conte russe. Dans le roman, Mabel et Jack font souvent référence à ce conte. Tout au long de l'ouvrage, le lecteur oscille entre réalisme et onirisme. Par exemple, personne d'autre que Jack et Mabel ne voit la fillette. En outre, sa façon d'apparaître et de disparaître a quelque chose de magique, de même que sa façon de «se fondre» (si j'ose dire) dans le paysage, de faire corps avec les bois. Certaines choses sont expliquées de manière rationnelle, mais elle semble tout de même un être fantastique, à cause d'autres particularités et de la part de mystère qu'elle garde. De plus, on ne peut pas tout rationaliser. Il reste au moins un fait qui semble difficile à expliquer. À vous de savoir si cet écartèlement vous plaît ou non. Quant à moi, il n'a pas gâché ma lecture, car Eowyn Ivey le prépare.

La romancière prend le temps d'installer ses personnages dans un paysage, un climat. J'ai aimé cela. Dès le départ, elle décrit simplement et en détails (qui ne sont jamais pesants) la vie de ces personnes semblant appartenir à la terre. J'ai aimé découvrir leur caractère en même temps que la nature dans laquelle ils évoluent.

Jack et Mabel sont attachants. Parfois, l'un ou l'autre peut être agaçant, mais quoi qu'ils fassent, ils sont guidés par un souci de l'autre ou de la fillette. En outre, même s'ils gardent ici et là un peu de rancoeur l'un envers l'autre, leur amour et leur complicité ne sont pas à mettre en doute. D'ailleurs, les rancoeurs sont analysées par chacun, et même si la communication n'est pas toujours simple, elle a lieu. Elle sera facilitée lorsque Jack et Mabel devront expérimenter un état qui ne leur est pas habituel.
C'est également avec plaisir qu'on découvre leurs voisins, George et Esther. Ceux-ci sont de réels amis, acceptant Jack et Mabel pour ce qu'ils sont, faisant preuve de solidarité, et ne fuyant pas même s'ils ne croient pas cette histoire d'enfant qui apparaît tous les hivers.

Un livre recélant une ambiance magique, montrant des personnages pleins d'humanité, le tout dans un climat qui me fascinera toujours.

Éditeur: Fleuve Éditions.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Martine Moinat fait partie des lecteurs que j'aime beaucoup parce que je trouve sa lecture naturelle. Ici, elle n'a pas démérité. Je tenais à la remercier d'avoir prononcé les noms propres sans affectation, notamment Mabel, que beaucoup de lecteur transforment en «Mèbeul», ou prononcent carrément à l'anglophone, ce qui m'écorche les oreilles dans un texte français.

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146 lectures

lundi, 1 décembre 2014

Matriclan Kane, de Geneviève Grandjean.

Matriclan Kane

L'ouvrage:
L'auteur expose une société matriarcale. Les événements sont racontés à partir de la naissance de Jason, le fils de Daphné, fille de la femme qui règne sur le matriclan. Daphné ayant quatre autres garçons, sa mère la presse de prendre un deuxième conjoint qui lui ferait une fille. Cela assurerait sa descendance.

Critique:
À travers des situations et des événements du quotidien, Geneviève Grandjean montre avec justesse tous les clichés sur lesquels reposèrent les sociétés uniquement régies par des hommes. Certaines sont d'ailleurs toujours ainsi. L'auteur montre qu'une telle façon de penser mène à l'enfermement, voire à l'étouffement. Elle prône l'ouverture d'esprit, et démontre qu'encore aujourd'hui, certaines mentalités ne sont pas assez évoluées. Les exemples qu'elle donne éveillent fatalement des échos chez le lecteur. On pensera aux pays occidentaux à une certaine époque, mais également à certaines sociétés où les hommes ont des harems, où les femmes sont voilées, à certaines communautés (je pense surtout aux Mormons), ou à certains pays dans lesquels la fille est une paria. Par exemple, les mâles prennent des cours pour être de bons mâles au foyer, les femmes ne voient pas pourquoi ils feraient d'autres études. On voit aussi la femme de plus de soixante-dix ans qui demande un garçon de dix-huit ans pour douzième conjoint... J'ai trouvé tout cela bien exposé. Certains diront que la romancière ne fait qu'inverser les choses. Soit, mais à mon avis, elle le fait excellemment.

D'autre part, l'intrigue est bien menée. Il n'y a pas de temps morts. J'ai été captivée par l'évolution des personnages et de la société. On dira peut-être que la fin est un peu trop optimiste quant à certains personnages. Outre le fait que cela n'est ni bâclé ni incongru, je pense que c'est voulu car c'est dans la lignée de la pensée tolérante. Si on se donne la peine d'écouter et de comprendre ses semblables (ce qui ne coûte pas grand-chose), les relations humaines seront plus sereines. En effet, dans beaucoup de domaines (pas seulement à cause d'une différence de sexe), on ne communique pas comme il le faudrait, parce que certains ne veulent pas voir une autre façon de penser que la leur.

Les personnages m'ont paru épais. Certains finissent par être nuancés à force d'expérience, d'autres ne parviennent pas à évoluer, et prônent des valeurs archaïques à coups d'arguments irrecevables, mais qui, pour eux, sont valables.

Un roman qui compte parmi mes coups de coeur en 2014.

Éditeur: Monographic.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Chabanel pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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176 lectures

vendredi, 28 novembre 2014

Vongozero, de Yana Vagner.

Vongozero

L'ouvrage:
Russie.
Un virus sévit dans le pays. Anna et Sergueï décident de fuir jusqu'à un endroit reculé où ils ont une maison. Ils emmènent le fils d'Anna, l'ex femme de Sergueï et leur fils, le père de sergueï, et leurs voisins (Léonid et Marina).

Critique:
Ce roman m'a rappelé «La route», de Cormack McCarthy. J'ai préféré «Vongozero», car dans «La route», certaines choses étaient trop floues pour mon esprit trop rationnel.

Yana Vagner plonge ses personnages dans une situation extrême, et montre leurs réactions. J'ai apprécié une grande partie du roman, car je trouvais que les caractères se révélaient, les fissures apparaissaient, etc. par exemple, la relation d'Anna et Sergueï n'a pas toujours été très saine. La gravité de la situation en fait ressortir les aspérités. Cependant, elle montre aussi un aspect de Sergueï que je n'aurais pas imaginé à la lecture du tout début.

La romancière installe également un climat de tension dans lequel soudain, quelqu'un craque, et agit de manière inappropriée ou inconvenante. C'est souvent Marina qui agit étrangement.

Ensuite, comme dans «La route», on voit nos personnages croisant le chemin d'autres gens. Leur comportement est parfois agaçant. Par exemple, à un moment, ils obtiennent quelque chose par la ruse et le vol. À cette occasion, le personnage floué leur dit qu'ils auraient dû commencer par demander cette chose.

Si l'idée de départ est intéressante, j'ai l'impression que ce roman n'est pas tout à fait abouti. Par exemple, certains personnages étaient épais, au départ. À la fin, on a l'impression qu'ils sont si insignifiants qu'ils pourraient être interchangeables. Je pense surtout à Boris et Sergueï.
L'auteur a choisi de donner à Irina une attitude de princesse des glaces. Cela peut se comprendre, au tout début, mais ensuite, c'est un peu lourd. Bien sûr, son attitude change un peu, mais surtout vers la fin. On me dira que c'est ainsi qu'Irina fait avec sa souffrance...

Le livre est comme une sorte de parcours initiatique. Les personnages recherchent une sorte de terre promise, leur chemin est semé d'embûches, mais aussi de trouvailles sympathiques. Seulement, ces trouvailles semblent parfois incongrues. Par exemple, ils manquent d'essence et trouvent un camion dont le réservoir en contient. On me dira que dans «La route», à un moment, les héros trouvent une maison délaissée et pleine de boîtes de conserve. Certes, mais j'ai trouvé cela moins gros que ce camion semblant attendre les personnages de «Vongozero».
À un moment, Anna (la narratrice) se met à dire qu'ils paient pour leurs péchés. J'ai trouvé ce passage long, d'autant que je n'aime pas l'idée qu'il fait passer.

Un roman dont certains aspects m'ont captivée car je les ai trouvés bien exploités, mais dont certains autres m'ont plutôt agacée, me donnant une sensation d'inachevé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Mirobole.

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143 lectures

mercredi, 26 novembre 2014

Samantha, bonne à rien faire, de Sophie Kinsella.

Samantha, bonne à rien faire

L'ouvrage:
Samantha est une avocate surchargée de travail. Elle n'a jamais une minute à elle. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle a fait une erreur qui a fait perdre une grosse somme d'argent à l'un des clients du cabinet pour lequel elle travaille. Étant confrontée à l'échec pour la première fois, elle panique et s'enfuit.
Par un concours de circonstances, elle devient bonne à tout faire d'un couple aisé. L'ennui, c'est qu'elle ne sait ni cuisiner, ni repasser, ni se servir d'une machine à laver...

Critique:
Sophie Kinsella a eu une idée intéressante: elle a voulu montrer quelqu'un qui, par la force des choses, change radicalement de style de vie, et finit par apprécier les bons côtés d'une existence plus simple, moins tape-à-l'oeil. Bien sûr, Samantha ne change pas radicalement du jour au lendemain. Cela n'aurait pas été crédible. Cependant, l'auteur en fait trop dans plusieurs situations.

À un moment, Samantha veut se retirer la tête haute, et explique qu'elle doit partir, car le matériel n'est pas à la hauteur de celui qu'elle a l'habitude d'utiliser. Étant donné que ses patrons ne la connaissent que depuis deux jours, il serait logique qu'ils ne la retiennent pas, tout en pensant, de surcroît, qu'elle est très méprisante. Eh bien non: ils la retiennent, lui promettent une augmentation, vont très vite acheter du matériel supérieur...
Samantha prend des cours de cuisine. Sa tutrice lui interdit de prendre des notes, car il faut y aller à l'instinct. Il faut peut-être au moins se noter les ingrédients... De plus, on dirait que la jeune femme apprend très vite...
Je n'ai pas non plus aimé l'idée reçue comme quoi une personne qui devient bonne à tout faire est forcément inculte. On se doute bien qu'en général, ce métier n'est pas un choix, mais de là à dire que ceux qui le font ne savent rien...

Les derniers chapitres sont un peu pénibles, comme si l'auteur pataugeait dans son histoire, et ne parvenait pas à faire une fin acceptable. Samantha ne veut plus de son ancienne vie, mais elle se dit qu'elle ne pourra pas être bonne à tout faire toute sa vie. C'est une idée intéressante, mais pourquoi notre héroïne devrait-elle obligatoirement choisir l'une ou l'autre des solutions? Ne pourrait-elle pas, plutôt, se dire qu'elle a une grande capacité d'adaptation, et devrait tenter de se former pour un travail qui lui plairait, et qui lui prendrait moins de temps que l'ancien. Avec cette histoire, Sophie Kinsella veut montrer une femme obligée de faire preuve d'ouverture d'esprit. Donc, pourquoi n'envisage-t-elle pas ce genre de choses?

Pour moi, les éléments un peu gros des romans de Sophie Kinsella passent bien, car elle saupoudre le tout d'humour. Ici, il y en a trop peu, ou ils sont lourds. Bien sûr, on rit lorsque l'héroïne tente de faire son premier repas, et qu'elle va de catastrophes en catastrophes, mais à part ça, il y a peu de moments vraiment drôles.

À part Iris et Nathaniel, les personnages ne sont pas vraiment attachants. Trish est capricieuse et Eddie est un peu fade. Il est étrange que Samantha s'attache à eux, surtout à Trish. Quant à l'héroïne, on pourrait penser qu'elle a une grande force de caractère. Certes, mais elle n'a pas vraiment su me toucher.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Diane Caouette pour l'INCA

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114 lectures

lundi, 24 novembre 2014

Arrêtez-moi, de Lisa Gardner.

Arrêtez-moi

Note: Ce livre est le tome 6 de la série mettant en scène DD Warren.

L'histoire:
Charlie Grant a vingt-huit ans. Elle est standardiste au 911.
Ses deux meilleures amies ont été assassinées un 21 janvier à un an d'intervalle. Charlie pense que cette année, c'est son tour. Elle se tient prête à démasquer, voire à neutraliser, le meurtrier de ses amies.

DD Warren enquête sur des meurtres de pédophiles.

Critique:
Ceux qui aiment la série des DD Warren ne seront pas déçus par ce tome. On y retrouve, comme souvent chez Lisa Gardner, des personnages meurtris, ayant été traumatisés, et tentant d'avancer. L'auteur montre une réaction assez étrange, mais compréhensible. Charlie a oublié des pans entiers de son passé. Cela sert la romancière: il ne fallait pas que son héroïne se souvienne de tout, sinon, l'histoire ne serait pas palpitante. Cependant, se réfugier dans l'oubli peut être un moyen de ne pas s'effondrer. Je ne sais pas si, en réalité, l'oubli peut être aussi important que chez Charlie, mais je n'en serais pas trop étonnée.

Comme dans d'autres romans, Lisa Gardner soulève des questions à la fois dérangeantes et intéressantes. Comment ne pas être soulagé de la disparition de pédophiles ou d'hommes violents? Pourtant, personne n'est au-dessus des lois, même si la cause paraît noble. Un meurtre reste un meurtre...
Vous aurez compris que le thème de la pédophilie est encore abordé dans ce roman. Lisa Gardner trouve toujours les mots et les exemples qu'il faut pour en montrer tout le danger, toute la perversion, tous les traumatismes irréparables.

Le déroulement de l'enquête est assez classique. Il n'y a pas de vraies surprises, même si j'ai mis un moment à tout relier, puis à trouver qui faisait quoi, etc. Cela n'a en rien gâché ma lecture, car la psychologie des personnages prend le pas sur l'enquête. En outre, ici, classique n'est pas synonyme d'ennuyeuse.

Comme dans beaucoup de romans, il y a un prologue qui sera, par la suite, relié au déroulement des événements. À l'inverse des prologues que je déteste, il ne raconte pas un moment fort qu'on retrouvera bien plus tard dans le roman. Il raconte un moment fort qu'il sera assez facile de relier rapidement au reste, tout en ne comprenant pas tout de suite la solution. Je trouve cela bien fait. C'est une manière moins artificielle de créer du suspense que d'exposer un moment qu'on retrouvera vers la fin du roman.

Par le biais d'une intrigue secondaire, l'auteur aborde le thème de la femme battue qui ne peut s'empêcher de rester avec son mari. Je sais que c'est souvent ce qui arrive, mais j'ai toujours beaucoup de mal à le comprendre. En outre, ici, la femme a deux enfants que l'homme n'hésite pas à brutaliser. Et cela ne s'arrête pas à des gifles...

Moi qui en avais un peu assez de DD Warren, qui la trouvais un peu aigrie, j'ai aimé la côtoyer ici. Elle s'est assouplie, semble plus humaine. Elle le dit elle-même. De ce fait, son histoire personnelle m'a davantage intéressée. Elle est d'ailleurs quelque peu signe de détente, car il y a beaucoup de notes humoristiques.

L'auteur fait allusion à ses autres personnages. On voit brièvement Pierce Quincey et sa fille, Kimberly. Elle évoque aussi «The survivor club» (livre que je ne suis pas parvenue à finir à cause de sa lenteur). En outre, il y a peut-être l'héroïne du tome 5 de la série, mais je n'en suis pas sûre.

Éditeur français: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirsten Potter pour les éditions Brilliance audio.
Lisa Gardner adopte ici une structure qu'elle affectionne. Les chapitres alternent le récit de Charlie (à la première personne) et celui de l'enquête de DD (à la troisième personne). L'éditeur audio qui a enregistré la plupart de ses romans, Random house audio, faisait (à mon avis) très bien les choses. Kirsten Potter se chargeait de la partie DD, et d'autres comédiens lisaient les chapitres consacrés aux autres personnages. Pour ce roman, tout est enregistré par la même lectrice. Je pense que c'est une politique des éditions Brilliance audio. Néanmoins, il me semble avoir déjà lu des romans édités par eux enregistrés à deux voix... On me dira qu'au moins, ils ont repris Kirsten Potter, dont la voix est récurrente sur la série depuis le tome 3.

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150 lectures

vendredi, 21 novembre 2014

*Parutions Gallimard, novembre 2014.

Ce titre est annoncé pour le 21 novembre.

Le trône de fer (tome 2), Le donjon rouge

  • Le trône de fer (tome 2), Le donjon rouge, de George R. R. Martin, lu par Bernard Métraux, 17h.
    Comment Lord Eddard Stark, seigneur de Winterfell, Main du Roi, gravement blessé par traîtrise, et plus que jamais à la merci de la perfide reine Cersei ou des imprévisibles caprices du despotique Roi Robert, aurait-il une chance d’échapper à la nasse tissée dans l’ombre pour l’abattre ? Comment, armé de sa seule et inébranlable loyauté, cerné de toutes parts par d’abominables intrigues, pourrait-il à la fois survivre, sauvegarder les siens et assurer la pérennité du royaume ? Comment ne serait-il pas voué à être finalement broyé dans un engrenage infernal, alors que Catelyn, son épouse, a mis le feu aux poudres en s’emparant du diabolique nain Tyrion, le frère de la reine ? Si les hautes figures, les personnages émouvants et les monstres sadiques conservent dans «Le donjon rouge» la place de choix qu’ils occupaient dans «Le trône de fer», ce sont surtout les femmes qui tiennent cette fois les premiers rôles : lionnes innocentes ou rebelles, elles réservent à leurs seigneurs et maîtres, censés pourtant dominer la partie, les plus suaves et déchirantes surprises...

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226 lectures

Le livre de Dina, d'Herbjørg Wassmo.

Le livre de Dina

L'ouvrage:
Enfant, Dina a accidentellement ébouillanté sa mère, ce qui l'a tuée. Cet événement décidera de la direction que prendra Dina.

Critique:
J'ai longtemps hésité à lire ce roman, ayant trouvé «Trilogie de Tora» très dur. «Le livre de Dina» l'est également, mais les choses sont différentes. Tora aspire au bonheur, et ne parvient pas à se débarrasser de ce qui cause son malheur. On la plaint et on a envie de la protéger. Dina est toute autre. Elle apprend très vite qu'on ne peut véritablement compter que sur soi-même, et en tire ses conclusions. Elle finit par s'adapter seule à la mort de sa mère. On la laisse pousser comme une mauvaise herbe, faire ses caprices (parce qu'on ne l'aime pas assez pour avoir la patience de l'éduquer). Globalement, elle s'en sort plutôt bien, et on ne peut que comprendre (sans excuser) certains aspects de son caractère. Intransigeante, obstinée (voire capricieuse), Dina est également nimbée d'une aura particulière. Charismatique, dotée d'un solide bon sens, ne s'en laissant pas conter, la jeune fille ne peut qu'interpeller le lecteur. Herbjørg Wassmo a créé un personnage creusé, solide, épais, profond. Un personnage qui recèle certaines zones d'ombre.

Le style de ce roman est assez particulier. Par exemple, parfois, les personnages parlent d'eux-mêmes ou s'adressent à un autre à la troisième personne du singulier. Cela arrive dans certains moments de tension où les choses ne sont pas forcément faciles à dire. Le roman est parsemé d'images poétiques, et certains de ses aspects évoquent le conte. Dina rappelle parfois une sorcière, notamment parce qu'elle «voit» les morts de son entourage, et qu'elle paraît deviner beaucoup de choses quant à ses semblables. En outre, on dirait qu'elle peut décider d'influer sur les sentiments des uns et des autres. Je pense ici à Thomas. Je n'ai pas trouvé très convaincant qu'il finisse par accepter la proposition de Dina, et fasse davantage que s'accommoder de son sort. J'ai même trouvé cela indigne d'un auteur comme Herljørg Wassmo, car c'est quelque chose qu'on trouverait dans des romans de Danielle Steel. Seulement, si on voit cette partie comme un conte, l'angle de vue change, et on peut comprendre et accepter le comportement de Thomas.
De plus, des formules reviennent tels des refrains, comme dans certains contes. Par exemple: «Je suis Dina.», phrase qui annonce de petits passages presque incantatoires.

L'auteur s'est amusée à rassembler des personnages très différents, dont on pourrait parier qu'ils ne s'entendraient pas. Il y a d'ailleurs quelques frictions, au départ. Pourtant, chacun finit par prendre le positif chez les autres. La romancière parvient à faire en sorte que cela ne soit pas incongru, car cette entente ne signifie pas que les relations sont toujours faciles.

J'ai été déçue par la fin. Non à cause de ce qu'on apprend (on s'en doute depuis un moment), mais parce que je suis restée sur ma faim. Quelque chose se passe, et on se demande comment Dina va gérer un paramètre imprévu. Cette fin est ouverte, mais à ce stade, je pense que ce n'est pas au lecteur de décider, il aurait fallu que l'auteur l'écrive. Là, j'ai plutôt le sentiment qu'Erbjørg Wassmo elle-même ne savait pas ce que ferait Dina.

Éditeur: Gaïa.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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196 lectures

mercredi, 19 novembre 2014

Daphné disparue, de José-Carlos Somoza.

Daphné disparue

L'ouvrage:
Le 13 avril, après un accident de voiture, Juan Cabo, écrivain à succès, perd la mémoire. En enquêtant sur lui-même, il trouve une phrase énigmatique écrite dans un carnet: «Je suis tombé amoureux d'une inconnue.» Il a écrit cela peu avant l'accident, alors qu'il dînait dans un restaurant. Perplexe, il décide d'enquêter en commençant par le fameux restaurant.

Critique:
Pour moi, la force du roman réside dans le fait que José-Carlos Somoza promène son lecteur à sa guise. Au départ, j'ai trouvé les rebondissements intéressants et originaux, même quand le tout paraissait absurde. Puis, j'ai trouvé que l'auteur en faisait beaucoup trop, qu'à force de vouloir surenchérir dans le spectaculaire, il faisait tout partir en vrille. Cependant, il se rattrape bien, ce qui n'était pas forcément gagné, étant donné qu'il va loin dans l'invraisemblable.
Rien que l'idée de départ est dangereuse: pourquoi le héros chercherait-il à retrouver une femme qu'il a très peu vue, pour laquelle il aurait eu le coup de foudre, mais qu'il a oubliée? Pourquoi quelqu'un s'amuse-t-il à écrire sur tous les gens qui vont manger dans le fameux restaurant (dont le nom, la Foresta Invisible, colle très bien à l'ambiance du roman)? À mesure que le livre avance, d'autres questions se posent. Elles trouvent toutes une réponse à la fin. Certains diront peut-être que la solution est facile, voire éculée. Je n'ai pas trouvé, car elle est à la hauteur de ce qu'a osé faire l'auteur au long du roman. Malgré tout, la partie où Juan imagime la femme m'a semblé un peu grosse. Par exemple, pourquoi Juan n'a-t-il pas eu l'idée de chercher des informations dans les journaux sur une femme disparue? Parce que cela ruinait les plans de José-Carlos Somoza, certes, mais il aurait fallu qu'il trouve une bonne raison à cela.

À travers un roman aux rebondissements déroutants, José-Carlos Somoza aborde intelligemment certains thèmes. L'écriture est envisagée sous différents angles: elle aide, détruit, pousse, elle est à la fois un carcan et une libération, elle prend plusieurs chemins pour mener à la vérité.
La solution de l'énigme pose une question simple: jusqu'où est-on prêt à aller? Jusqu'où se laisse-t-on griser par un enjeu si prometteur?

Remarques annexes:
L'auteur a quelques remarques humoristiques. Par exemple, un poète dit que «poète inconnu», c'est une redondance. Remarque qui est à la fois drôle et grave.
Je trouve dommage qu'il y ait le cliché de l'aveugle qui touche le visage de quelqu'un pour le reconnaître.
Il y a quelques «indices» un peu gros (c'est sûrement exprès): la mystérieuse inconnu se trouvait à la table 15 et il y a 15 chapitres. La jeune femme qui est modèle pour écrivains s'appelle Muse...

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Francine Chappuis pour la Bibliothèque Sonore Romande.*

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169 lectures

lundi, 17 novembre 2014

Un feu dans la nuit, d'Erin Kelly.

Un feu dans la nuit

L'ouvrage:
Janvier 2013.
Alors que Sophie s'apprête à accoucher, sa mère (Lydia MacBride) est sur le point de mourir d'un cancer.
Toute sa vie, Lydia a tenu des journaux intimes. Il est temps pour elle de les brûler. Seulement, elle n'en aura pas le temps.

Critique:
Ce roman m'a tentée dès sa sortie. De plus, l'avis positif de mon mari m'a donné à penser qu'il me plairait. Or, je me suis ennuyée pendant les trois quarts de ma lecture.

Pour moi, Erin Kelly utilise des ficelles vraiment trop grosses pour créer son suspense. Par exemple, Lydia, au tout début, écrit qu'elle a mal agi à un moment de sa vie. On sait tout de suite qu'on ne connaîtra le fin mot de l'histoire que très tard, voire à la toute fin du roman.
À la fin de la première partie, l'auteur nous laisse sur un mystère qu'elle n'explique que longtemps après.
On me dira qu'il fallait bien que la romancière trouve des procédés pour faire languir son lecteur. Soit, mais ceux-ci sont beaucoup trop gros. D'autres auteurs (Karine Giébel, Franck Thilliez, Serge Brussolo, etc) agissent bien plus finement.

Si Erin Kelly a eu une bonne idée, tout est beaucoup trop dilué. Les lenteurs sont partout, et pour moi, elles n'apportent rien. En outre, l'idée est bonne, mais elle a un très fort parfum de déjà vu. Je n'ai pas eu de très grosses surprises lors de ma lecture. Pour ne donner qu'un exemple, dès que l'un des personnages a prononcé un certain prénom, j'ai deviné une grande partie de la suite.
Vers la fin, les personnages agissent d'une certaine manière. La romancière a-t-elle souhaité créer un rebondissement afin d'accentuer la tension? Toujours est-il que je n'ai pas trouvé cela très crédible. Ils auraient certainement pu raconter les faits tels qu'ils se sont passés. Je ne sais pas trop pourquoi ils se font tout un film à propos de ce qui arriverait s'ils disaient la vérité... Peut-être parce que la dissimulation est habituelle chez eux...
Quant à ce qu'on apprend à la toute fin, je ne l'avais pas deviné, mais j'ai été tellement déçue par le reste que cela ne rattrape pas grand-chose. Surtout qu'en y réfléchissant, on peut trouver un élément assez gros.

Les personnages n'ont pas su m'émouvoir, même ceux qui semblaient sains d'esprit.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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156 lectures

vendredi, 14 novembre 2014

La ballade d'Iza, de Magda Szabó.

La ballade d'Iza

L'ouvrage:
À la mort de Vince Czöcs, sa femme est prise en charge par leur fille, Iza. Elle quitte son village pour aller s'installer dans l'appartement d'Iza, à Budapest.

Critique:
Avec force et simplicité, Magda Szabó décrit parfaitement les sentiments des personnages qu'elle fait vivre. Elle montre comme la frontière entre compassion et pitié est mince. Elle montre avec justesse une personne qui, sous couvert d'abnégation et de dévouement, cache son égoïsme, sa fierté d'être aimée pour ce qu'elle n'est pas. Et cette personne parvient encore à se trouver des excuses pour mal agir. Elle va tellement loin qu'elle croit partiellement en son personnage.

Magda Szabó montre comme l'absence de réelle communication peut être destructrice. Comprendre les choses grâce à son intuition fait que la mère d'Iza n'a pas pu se donner une chance d'être vraiment appréciée pour ce qu'elle était, tout au moins auprès de la domestique de sa fille.
L'auteur oppose, avec justesse, deux personnages très différents: Iza et sa mère. Iza, qui, très tôt, a agi comme si elle était la mère de ses parents. Jeune femme énergique et autoritaire, comblant le manque d'assurance de ses parents par un excès de confiance en elle, ayant une forte personnalité, s'engluant dans ce qu'elle parvient à faire croire à ceux qui voient ce qu'elle fait extérieurement, telle est Iza. Elle n'a peut-être pas tout à fait consciente de ce qu'elle est. Sa mère est plus simple, tant dans ses sentiments que dans sa façon d'être. Au départ, elle est désemparée de ne pas avoir certaines de ses affaires, de ne pas pouvoir faire ceci ou cela, mais ce qui la gêne réellement, c'est de ne pas être comprise, écoutée, aimée pour ce qu'elle est. Si Iza s'affirme, sa mère est plutôt effacée, presque niée. Son prénom est d'ailleurs connu très tard du lecteur. On a du mal à se dire que la froide et ambitieuse Iza est l'enfant de ces deux êtres qui privilégient les relations humaines. Il est également dérangeant de penser que malgré leurs difficultés à communiquer, ils s'aimaient, et malgré cet amour, ils n'ont pas assez osé (surtout la mère d'Iza).
J'ai été reconnaissante à l'auteur de ne pas tomber dans la facilité: à savoir, expliquer l'attitude d'Iza par un traumatisme de l'enfance. Elle est ainsi parce que c'est son caractère. Peut-être, inconsciemment, refuse-t-elle d'être comme ses parents, qu'au fond, elle voit faibles.
En opposant ces personnages, l'auteur oppose quelque peu la campagne à la ville. Certes, Iza est née à la campagne, mais elle s'est pleinement épanouie en ville où elle trouve sa place. La mère d'Iza perd sa joie de vivre loin de sa campagne. Les citadins sont vus comme froids, incapables de créer des contacts simples (les relations de la mère d'Iza tournent court), alors qu'à la campagne, on est écouté, compris, apprécié à sa juste valeur.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages et leur ressenti. C'est une bonne chose, car le lecteur se fait une opinion peu à peu. Au départ, il pense quelque chose, puis une partie du récit vient le conforter dans son opinion ou la nuancer. Ce n'est pas la méchante Iza contre le reste du monde. Bien sûr, on a tendance à voir les choses ainsi, et au final, cela donne un résultat presque similaire, mais tout est plus complexe.

En un style fluide, Magda Szabó décortique les relations entre des personnages différents, dont l'une ne veut pas comprendre les autres. Un livre profond, dont je peine à montrer la pertinence, ma chronique me semblant plate.

Éditeur: Viviane Hamy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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130 lectures

mercredi, 12 novembre 2014

Dark horse, de Craig Johnson.

Dark horse

L'ouvrage:
État du Wyoming.
Mary Barsad a abattu son mari de six balles dans la tête après que celui-ci a tué ses chevaux. La jeune femme a avoué le meurtre. Cependant, le shérif Walter Longmire pense qu'une autre vérité se cache. Il va enquêter.

Critique:
Ce livre fait partie d'une série mettant en scène le shérif Longmire. Ce n'est pas le premier tome, mais n'ayant pas été perturbée, je pense que les romans peuvent se lire indépendamment.

L'auteur s'attache d'abord à créer une ambiance. Un peu d'aventure, une énigme, des scènes se déroulant en pleine nature, des combats... Un parfum de western plane sur ce roman. N'ayant pas lu beaucoup de romans de ce genre, j'ai associé cette ambiance avec celle de «La veuve», de Gil Adamson. Mon impression a été renforcée par la similitude de l'idée de départ: Mary tue son époux.

Le shérif est ce que j'appelle un gentil, ce qui, pour moi, fait son charisme. Il se remet en question, malgré des années d'expérience. En outre, il fait partie de ces gens qui se préoccupent vraiment du bien-être des animaux.
Au long du roman, on rencontre d'autres personnages qui ont un petit quelque chose: Vic, par exemple.

Malgré une histoire grave, l'auteur émaille son récit de situations ou de répliques humoristiques. Les échanges entre Walt et Vic le sont majoritairement. On en trouve aussi au détour d'une conversation ayant avoir avec l'enquête.

Quant à l'énigme, elle réserve quelques surprises, mais ne vous attendez pas à de multiples rebondissements ni à du suspense à chaque page. Elle est presque un prétexte pour décrire des personnages et des paysages. La progression de l'enquête est assez lente. Lenteur renforcée par la structure. En effet, pendant une grande partie du roman, Craig Johnson conte alternativement les investigations de Walt et la manière dont il en est venu à enquêter sur cette affaire.
Une partie de ce que révèlent les recherches de Walt m'a paru un peu discutable. C'est expliqué, et l'explication est préparée. Cependant, j'ai trouvé que c'était un peu bancal. D'autant que sur la période pendant laquelle se déroule le roman, Mary a l'air d'être un peu dans les choux. J'avais envie de la secouer.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour Sésame. (Sésame est maintenant rattaché au GIAA.)

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