mercredi, 16 avril 2014

*Parutions Audiolib, mai 2014.

Trois mille chevaux-vapeur En finir avec Eddy Bellegueule Muchachas 2
Murmurer à l'oreille des femmes N'oublier jamais Profanation

Ces livre sont annoncés pour le 14 mai.

  • Trois mille chevaux-vapeur, d'Antonin Varenne, lu par Philippe Allard, 19h05.
    Birmanie, 1852. Arthur Bowman, sergent le la Cie des Indes orientales, est choisi pour accomplir une mission durant la 2e guerre anglobirmane. L’expédition tourne mal, les hommes sont capturés et torturés pendant des mois. Seuls dix d’entre eux survivront. Londres, 1858. Alors qu’il se noie dans l’opium et l’alcool, luttant avec ses fantômes, Bowman découvre le cadavre d’un homme qui semble avoir subit les mêmes sévices que ceux qu’il a endurés dans la jungle birmane. Persuadé que le coupable est l’un de ses anciens compagnons de captivité, Bowman part à sa recherche. Le chemin qui le mènera à la vérité sera aussi celui de sa rédemption.
  • En finir avec Eddy Bellegueule, d'Edouard Louis, lu par Philippe Calvario, 4h 42.
    «Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire «Qu'est-ce qui fait le débile là?» Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux.» En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.
  • Muchachas 2, de Katherine Pancol, lu par Marie-Êve Dufresne, 8h47.
    On retrouve, dans ce tome, les personnages chers aux lectrices : Hortense et Gary à New York dans leurs démêlés de jeunes adultes - elle veut devenir la nouvelle Coco Chanel, il s’apprête à devenir un grand pianiste. Joséphine et Philippe : Joséphine, toujours en pleine valse-hésitation sentimentale, est épiée par un inconnu. Et aussi Zoé, Junior, Shirley, Marcel, Josyane... ainsi que de nouveaux personnages, attachants ou inquiétants : Calypso, la jeune violoniste surdouée, Stella au passé mystérieux... Amour, humour, ambitions, rebondissements, suspense... tous les ingrédients qui font les bonnes séries !
  • Murmurer à l'oreille des femmes, de Douglas Kennedy, lu par Xavier Percy et Marcha Van boven, 5h13.
    Des regards qui se croisent, des couples qui se délitent, des femmes qui se vengent, des hommes qui perdent pieds... A travers douze récits de vie, Douglas Kennedy crée des personnages plus vrais que nature, confrontés aux joies et aux douleurs de l’existence. Chaque texte nous emporte dans une nouvelle histoire où les sentiments sont sublimés et déclinés de la passion à la colère, de la frustration à l’envie. Se jouant de tous les tons, Kennedy nous entraîne dans l’Amérique des années 60 comme dans le Paris contemporain, sans jamais perdre son lecteur en chemin.
  • N'oublier jamais, de Michel Bussi, lu par François Tavarès, 12h23.
    À cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, Jamal a un destin à rattraper et l’ambition de devenir le premier handicapé à réaliser l’une des courses d’endurance les plus ardues du monde, l’Ultra-Trail du Mont Blanc. Parti s’entraîner un matin sur la falaise d’Étretat, il remarque l’écharpe rouge accrochée à une clôture, puis cette femme, prête à sauter dans le vide. Ultime recours, Jamal lui tend l’écharpe, mais la femme bascule. Sur les galets de la plage déserte, Jamal trouve le corps de l’inconnue, un filet de sang qui s’échappe du crâne. À son cou, l’écharpe rouge. Ceci est la version de Jamal. La vraie ?
  • Profanation, de Jussi Adler-Olsen, lu par Julien Chatelet, 13h50.
    En 1987, au Danemark, le meurtre atroce de deux adolescents défraye la chronique. Les soupçons se portent sur une bande d’étudiants du prestigieux lycée privé de Rødovre, finalement innocentés par les aveux « spontanés » de l’assassin. Affaire classée. Vingt ans plus tard, le dossier ressurgit sur le bureau de l’inspecteur Carl Mørck, chef de la section V. Intrigué par cette affaire hâtivement bouclée, l’inspecteur, toujours accompagné de son mystérieux acolyte syrien Assad, décide de reprendre l’enquête pour déterminer le rôle qu’ont vraiment joué ces adolescents, tous devenus des membres influents de la haute société. Adler Olsen mêle à la perfection suspense implacable et regard acerbe sur son pays.
57 lectures

Puzzle, de Franck Thilliez.

Puzzle

L'ouvrage:
Chloé reprend contact avec Ilan, son ancien petit ami. Elle lui dit qu'elle continue de participer au jeu Paranoïa. Elle l'exhorte à s'y remettre: en effet, il y a 300000 euros à gagner. Avec réticence, Ilan se replonge dans cet univers qu'il avait tenté de quitter.
Mais ce jeu est-il vraiment sans risques?

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. Je reconnais que Franck Thilliez a su tisser un écheveau compliqué dans lequel le lecteur sera aussi perdu que les personnages. On sent confusément qu'il y a une espèce de jeu de pistes, et lorsqu'on croit tenir une partie de la solution, quelque chose la remet en question. On ne sait plus ce qui est jeu, ce qui est vrai, ce qui est délire du héros... En outre, l'auteur a réussi à tout agencer, sans rien laisser au hasard, sans qu'il y ait d'incohérences. Il y a d'ailleurs un moment où je pensais en tenir une, et où j'attendais le romancier au tournant. Il l'a bien sûr expliquée.

L'écrivain décrit également très bien l'état dans lequel on est lorsqu'on est dans une situation comme celle qu'engendrerait un jeu comme Paranoïa: on soupçonne tout le monde, on a peur du moindre détail... Je me suis mise à la place des joueurs, et la façon dont tout cela est décrit m'a fait ressentir la tension presque insupportable qui les gouvernait.

Malgré ces points positifs, j'ai été gênée par la solution, ce que nous découvrons à la fin du chapitre 63 et qui est expliqué au chapitre 64. D'abord, j'ai été ennuyée parce que j'avais trouvé la clé de l'énigme, et ce depuis longtemps. Ensuite, je n'ai pas aimé cette révélation (quand je l'ai devinée, j'espérais que je m'étais trompée), car pour moi, c'est une solution de facilité. À trop vouloir embrouiller le lecteur, à trop vouloir faire une fin spectaculaire, on tombe dans le cliché. D'autre part, deux autres auteurs ont construit leurs livres à peu près de cette manière. L'histoire n'est pas la même, mais le résultat est similaire. Ces deux livres me sont venus en tête, car la construction et la solution sont vraiment très proches de celles de «Puzzle», mais il y en a peut-être d'autres. Outre le fait que ce procédé commence à être trop employé à mon goût, j'ai été très déçue qu'un auteur comme Franck Thilliez soit tombé dans cette facilité. J'ai aimé le procédé dans les deux autres livres, parce que je l'ai trouvé bien utilisé. Cependant, un emploi répété commence à le tuer. D'autre part, dans ce roman, je ne le trouve pas très surprenant, alors que je souhaitais être étonnée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Dekoninck.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
J'ai été très contente de retrouver ce comédien qui a su jouer de sa voix afin de rendre au mieux l'ambiance à la fois mystérieuse et effrayante qui a cours tout au long du roman. En effet, la voix d'Emmanuel Dekoninck se prête très bien à ce genre de romans, tout comme à ceux aux ambiances oniriques tel «1q84» qu'il a également enregistré. Ce comédien est toujours choisi pour interpréter des livres dont il met le style et l'ambiance en valeur.

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41 lectures

lundi, 14 avril 2014

Fais-le pour maman, de François-Xavier Dillard.

Fais-le pour maman

L'ouvrage:
Valérie, une adolescente, est frappée au couteau. Sa mère accuse Sébastien, six ans, frère de Valérie. L'enfant corrobore cette version, mais la police, qui n'est pas dupe (il aurait été impossible que le garçonnet poignarde sa soeur de cette façon étant donné la taille de chacun), lui fait avouer qu'il n'a rien fait, et a obéi aux injonctions de sa mère qui lui demandait de se dénoncer. Sébastien n'est pas tiré d'affaire pour autant.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Il est exempt de remplissage. L'auteur enchaîne les faits de manière fluide. Le lecteur sait très vite qui est «la femme en blanc», mais c'est voulu par l'auteur, et il fait en sorte que ce savoir ne gâche pas la lecture.
D'autre part, les personnages et les situations sont bien décrits et analysés.

François-Xavier Dillard a souhaité écrire un livre choc, qui montrerait toute l'horreur de certaines situations, tout le sordide que peut recéler l'âme humaine. Il y a réussi. Personnages torturés, situations retorses, tout est là pour surprendre, voire horrifier. Cependant, j'ai trouvé qu'il surenchérissait trop dans l'horrible. Je ne sais pas si, au final, le tout est crédible, surtout un personnage. Peut-être, mais j'ai trouvé que c'était un peu trop. La toute fin se veut spectaculaire, et contribue à pousser le lecteur davantage dans l'horreur.

L'intrigue est agencée de manière à créer le suspense: l'auteur alterne les chapitres où on voit le présent de Sébastien, ceux où c'est celui de Claire, et ceux qui racontent le passé de Sébastien. Cette structure est fréquemment utilisée. Je ne l'aime pas trop, car je la trouve artificielle. Dévoiler le passé peu à peu et en omettre volontairement certains détails qu'on ne divulgue qu'ensuite n'est pas très honnête de la part de l'auteur. Bien sûr, beaucoup font cela, mais il me semble qu'ici, c'est un peu gros.

De plus, il y a certaines incohérences. Il est étrange qu'un civil armé parvienne à sortir d'un commissariat sans rencontrer personne qui l'aurait arrêté. Il est également curieux que l'effectif dudit commissariat soit si réduit... Il y a d'autres petites incohérences qui, mises bout à bout, font que l'ensemble est un peu bancal. L'auteur a voulu tout miser sur l'horreur, et a négligé certains aspects qui auraient ancré son roman dans la réalité.
Au final, je n'ai apprécié aucun personnage. Tout au long de ma lecture, je gardais mes distances, même avec ceux qui, pourtant, auraient dû inspirer ma compassion.

Ce livre est parfait si vous souhaitez vous faire peur, plonger au fin fond de la psychologie humaine pour en explorer les plus noirs recoins. Mes réticences ne font pas que je le déconseillerai, d'autant que je sais que beaucoup de gens ne les auront pas. Je n'entre pas dans les détails, car je risquerais de dévoiler des éléments qu'il faut découvrir à la lecture.

Remarque annexe:
Le psy qui ne supporte plus la détresse de ses patients devient enseignant. La femme policier qui ne supporte plus les affaires traumatisantes devient enseignante... L'auteur verrait-il l'enseignement comme un métier tranquille? ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par Fleuve éditions

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58 lectures

vendredi, 11 avril 2014

Le marchand de Bergerac, de Guillemette de La Borie.

Le marchand de Bergerac

L'ouvrage:
1900.
Théodore Darsac meurt en laissant femme et filles. Celles-ci ne s'y entendent pas vraiment quant à l'exploitation du domaine. Caroline, la fille aînée, acceptera avec douleur un mariage arrangé (avec Félix Lacaussade) dans lequel elle trouvera finalement son compte. Quant à Gabrielle, la cadette, elle tient à rester au domaine. Les deux soeurs ont un caractère très différent. En outre, la vie se chargera de tenter de briser l'attachement qu'elles se portent.

Critique:
Généralement, j'aime bien ce genre de romans. On n'est pas obligé de réfléchir et on est pris dans l'intrigue. Ici, je n'ai pas vraiment pu entrer dans le roman. D'abord, il est beaucoup trop lent. D'autre part, rien ne le démarque vraiment, que ce soit au niveau de l'intrigue que des personnages. Ensuite, il est parsemé d'éléments très convenus. Par exemple, le caractère des deux soeurs est si opposé que ça en devient cliché. L'attitude de Caroline n'est pas toujours crédible. Et puis, elle est agaçante: elle pleure presque à chaque fois qu'on la voit. D'autre part, elle aime tant son mari qu'elle semble ne pas penser par elle-même.

Quant à Gabrielle, l'auteur profite de son mariage pour montrer l'antagonisme entre catholiques et protestants. C'est une bonne chose, mais ensuite, il ne lui est pas possible de montrer son couple principal heureux. Ils s'aiment, mais ne se retrouvent vraiment que dans la fusion des corps, le reste du temps, l'un éloigne l'autre par son indifférence. Indifférence que le lecteur ne s'explique pas. Certes, le personnage est très absorbé par son travail, mais il semble aimer sincèrement sa femme. L'auteur reste floue, et même à la fin, la quasi-froideur du personnage, si elle semble se résorber, n'est pas expliquée.

Comme si cela ne suffisait pas, la romancière fait vivre à l'une de ses héroïnes une situation qui commence à être très clichée: elle ne peut pas avoir d'enfants.

Dans la catégorie «éléments très convenus», nous retrouvons ce que j'appelle le faux coup de théâtre. Cela se veut un coup de théâtre, mais j''avais deviné très vite que l'auteur le créerait.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Ellisalde pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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59 lectures

mercredi, 9 avril 2014

La ville des voleurs, de David Benioff.

La ville des voleurs

L'ouvrage:
Leningrad, 1941.
Lev a été capturé alors qu'il détroussait un soldat allemand mort. Il se retrouve en cellule avec Kolya. Celui-ci est accusé de désertion. Un colonel prend la carte de rationnement de chacun d'eux, et leur promet de la leur rendre s'ils lui apportent une douzaine d'oeufs dans moins d'une semaine pour le gâteau d'anniversaire de sa fille.

Critique:
Moi qui n'aime pas trop les romans traitant de cette période (à cause du fait que beaucoup d'auteurs profitent du sujet pour écrire des livres qui, à mon avis, ne méritent pas le succès qu'ils obtiennent), j'ai beaucoup aimé ce roman. D'abord, il m'a donné un angle d'approche que je connaissais peu: les faits se passent en Russie. D'autre part, cette exigence à la fois loufoque et terrible ne pourra qu'interpeller le lecteur.

L'intrigue est prenante. On suit ces deux personnages dans leur odyssée semée d'embûches, de bonnes rencontres, d'atroces découvertes, le tout dominé par l'humour à la fois lourd et revigorant de Kolya. On se demandera plusieurs fois comment cette folle équipée se terminera. On respire au rythme de nos deux amis, il est très facile de s'identifier à eux (surtout à Lev, le narrateur). Dans un récit où la tension est omniprésente, les héros découvrent d'autres émotions, dont certaines sont exacerbées par l'urgence de la situation ou l'imminence d'un événement.
Certaines situations paraîtront presque irréelles, par exemple, cette partie d'échecs, disputée sur l'initiative de Kolya, et qui n'est qu'un prétexte. Elle sera l'une des pièces de ce voyage initiatique que la guerre force nos héros à accomplir. En effet, leur périple n'est pas seulement cette quête d'oeufs: il sera également moral.

Kolya est tour à tour attendrissant et exaspérant. Personnage haut en couleur dont la crudité des propos m'a autant agacée que Lev, mais personnage dont la verve et la générosité ne laisseront pas indifférent. Kolya saura faire rire le lecteur à des moments où il ne s'y attend pas. Et comment ne pas prendre la mesure de l'être éternellement généreux et gai qu'il est lorsqu'on pense au «cadeau» qu'il fait à lev?...
J'ai apprécié l'histoire «Le chien dans la cour» qui revient comme une rengaine, et dont Kolya finit par livrer l'ensemble.

Si on se fie au prologue, et au nom de famille de Lev (qui est celui de l'auteur), cette histoire est vrai. C'est celle du grand-père de l'auteur. Je ne sais pas trop quoi en penser, car cela pourrait être (comme souvent) des «artifices» afin de faire croire à la véracité d'un récit. Qu'elle soit vraie ou non, elle m'a plu.

Éditeur: À vue d'oeil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michelle Jodogne pour la Ligue Braille.
La lectrice a une voix très claire, très agréable.

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