jeudi, 25 mai 2017

Les règles d'usage, de Joyce Maynard.

Les règles d'usage

L'ouvrage:
New York, 11 septembre 2001. Ce jour-là, Wendy, treize ans, est au collège depuis peu lorsqu'on apprend la destruction des tours du World Trade Center. La mère de l'adolescente, Janet, travaille dans l'une des tours, au quatre-vingt-septième étage. Les jours passent, et Janet ne revient pas. Alors que Wendy, Josh (son beau-père), et Louis (son demi-frère de quatre ans) tentent d'accepter qu'ils ne la reverront plus, Garett (le père biologique de la jeune fille) débarque de Californie et lui dit qu'elle doit venir vivre avec lui, puisque sa mère n'est plus là.

Critique:
Après avoir été très déçue par «Le week-end» et «Les filles de l'ouragan», je pensais avoir fait une croix sur Joyce Maynard. J'ai essayé ce livre parce que la quatrième de couverture semblait intéressante, et parce qu'il a été enregistré par une lectrice que j'aime beaucoup. J'ai été très agréablement surprise par ce roman très juste.

Joyce Maynard raconte d'abord le désarroi que causèrent les attentats du 11 septembre. On sait que cela a été un énorme traumatisme, on se doute de la manière dont l'ont vécu les gens, mais le lire à travers l'histoire de monsieur et madame tout le monde le fait ressentir plus intensément, plus intimement.

Ensuite, l'auteur s'attache à montrer ce que j'appelle des gens normaux. Par les temps qui courent, c'est reposant, et cela donne un peu d'espoir. Je veux dire qu'avec toutes les histoires de détraqués qu'on voit dans le monde, on est content de lire un récit qui concerne des gens qui ne sont pas tordus, et ne songent pas uniquement à faire du mal à ceux qui, selon eux, ont une meilleure vie. Je caricature un peu, mais pas tant que ça. Certains diront peut-être que l'auteur exagère lorsque Wendy se lie d'amitié très facilement avec des gens rencontrés au hasard de ses pérégrinations. Moi-même, j'ai trouvé ça un peu gros, mais après tout, pourquoi pas? C'est réconfortant de ne pas toujours se méfier de tous. Bien sûr, dans le roman, ces rencontres ne finissent pas par cacher des tueurs fous, mais dans la vraie vie, on n'est jamais trop prudent...

J'ai été agacée que l'héroïne magnifie son père. Bien sûr, on la comprend, et je pense que mon agacement est subjectif. Cette remarque m'amène à un autre point. L'auteur montre des exemples de relations parents-enfants. Wendy a été bien élevée. Même si elle a ses moments de colère et de mauvaise foi, elle sait, au fond, ce qui est bien ou pas. Elle connaît les limites. Elle est déboussolée, se cherche, est rongée par les disputes qu'elle a pu avoir avec sa mère. Elle flirte avec certains interdits... Seulement, tout le monde n'aurait pas réagi comme elle finit par le faire. Là encore, certains diront que c'est un peu gros, que n'importe qui aurait profité d'avoir la liberté qu'a la jeune fille pour faire n'importe quoi. Il ne faut pas oublier sa bonne éducation, le fait qu'elle est responsabilisée. Il est plaisant de penser qu'il existe des gens comme elle.

Au long du roman, on voit d'autres exemples de parents et d'enfants. Tous ne font pas toujours ce qu'il faudrait, parfois parce qu'ils ne le peuvent pas, parfois parce qu'ils sont bornés et ne veulent pas se remettre en question.
Les événements donnent lieu à d'improbables rencontres. J'ai aimé le réveillon de Noël avec tous ces gens venus d'horizons différents, ayant été cabossés par la vie...

D'une manière générale, ce roman montre que quoi qu'il arrive, la vie continue, et que certains d'entre nous sont (comme le dirait Caroline) des cactus, car malgré les blessures et les traumatismes, nous continuons. L'auteur montre que rien n'est jamais fini. Je pense surtout à Todd en écrivant cela. Ce roman racontant des expériences est aussi un appel à la tolérance, à l'ouverture d'esprit. Les sentiments qu'elle décrit sont vrais.

Éditeur: Philippe Rey.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie beaucoup la manière de lire de Martine Moinat. Elle n'en fait jamais trop, mais n'est pas non plus trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité. Comme je suis pinailleuse, je dirai que je n'ai pas compris pourquoi elle prononce «Yosh» pour «Josh».

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lundi, 22 mai 2017

Dear girls above me, de Charlie McDowell.

Dear girls above me

L'ouvrage:
Charlie entend tout ce que disent et font ses voisines du dessus, Claire et Cathy, un peu plus de la vingtaine. Cela l'agace. Cependant, il ne peut pas y faire grand-chose. Étrangement, elles n'entendent rien de ce qui se passe chez lui: il leur a déjà hurlé de faire moins de bruit, et elles n'ont pas bronché. Ne pouvant les faire taire, il se met à les écouter. Il se désole tant de la stupidité de la plupart de leurs remarques, qu'il a l'idée d'en faire profiter les gens en les publiant sur Twitter et en les commentant.

Critique:
Ce livre serait basé sur une histoire vraie. Charlie McDowell a un blog où sont publiés les commentaires de ses voisines avec ses réponses. Je ne sais pas s'il a inventé ces jeunes filles ou si ce sont réellement ses voisines, mais ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que ce livre m'a plusieurs fois fait éclater de rire. Il y a les remarques de Claire et Cathy, mais également des scènes amusantes. Par exemple, l'inaptitude chronique des deux jeunes femmes à reconnaître Charlie. Pour parler d'une scène drôle en particulier, il y a celle du jeu du texto dans lequel Charlie se laisse entraîner dès sa première visite à ses «chères voisines». Quelqu'un choisit une phrase que le joueur doit envoyer par SMS. Ensuite, le joueur parcourt sa liste de contacts, et s'arrête lorsque la personne qui a choisi la phrase dit «stop». Je vous laisse imaginer ce que cela donne... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Que dire de ce que j'appelle «la guerre de l'eau», du mémorable épisode de la préparation d'un plat en simultané, etc?

L'humour est parfois lourd. Par exemple, le fait que Charlie soit obligé de hurler d'une voix suraiguë pour s'adresser à son chien (Marvin) et l'explication qu'il donne à cela. En audio, c'est quand même drôle, parce que le lecteur est obligé de prendre cette voix suraiguë. Kirby Heyborne s'en tire très bien.
De plus, certaines remarques des filles sont tellement stupides (tout comme leur compréhension des chansons qu'elles écoutent) qu'on a du mal à croire en leur réalisme. C'est contrebalancé par les fous rires qu'elles occasionnent.
Charlie exagère lorsqu'il énonce avec certitude des clichés sur les filles en se basant sur ses voisines, mais juste après, son attitude illustre un cliché sur les hommes, voire un cliché sur les filles. ;-)
Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est: une bonne partie de rire! Je ne pense pas que l'auteur souhaite offenser qui que ce soit, il veut faire rire. D'ailleurs, il se moque beaucoup de lui-même dans ces pages, et nous invite à en faire autant.

Sous le rire, se cache quelque chose de plus grave. Charlie ne s'en aperçoit qu'à la fin, mais entendre les conversations de ses voisines influence son comportement. Il va cesser de stagner, va évoluer, se remettre en question sur certains points...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirby Heyborne pour les éditions Random house audio.
Je pense qu'il vaut mieux écouter ce texte, pas seulement pour la voix suraiguë que doit prendre le lecteur lorsque Charlie s'adresse à Marvin. Parfois, il y a des comiques de répétition qui passent bien mieux en audio, à mon avis. Par exemple, lorsque Charlie explique que les filles ont «the best idea everrrrrr!» toutes les heures. Cela n'a pas dû être simple à lire à voix haute, car il y a d'autres effets, certaines façons de parler... Kirby Heyborne s'en tire très bien. C'est un lecteur que j'apprécie, et je n'ai pas été déçue par sa prestation.

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jeudi, 18 mai 2017

Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel.

Article 353 du code pénal

L'ouvrage:
Fin des années 90, Brest.
Martial Kermeur, cinquante ans, comparaît devant un juge. Il a jeté Antoine Laznec à la mer. Kermeur raconte donc pourquoi il en est arrivé là.

Critique:
Je connaissais Tanguy Viel, parce que j'ai essayé de lire un de ses romans, il y a quelques années, mais je ne l'ai pas fini. J'ai voulu lire «Article 353 du code pénal», parce que le résumé m'interpellait, et que j'aime beaucoup le comédien qui l'a enregistré.

Ce roman est poignant. Il raconte la vie d'un homme modeste, auquel on s'identifie rapidement. Dès le début, le lecteur sent qu'il lui accordera les circonstances atténuantes.
Kermeur raconte son histoire en faisant quelques digressions qui dévoilent des éléments qui ne laissent rien présager de bon pour sa famille. En général, ce genre de choses m'agace. Je me souviens avoir pesté après Thomas H Cook dans «Au lieu-dit Noir-Étang». Ici, cela ne m'a pas du tout gênée. D'abord, il n'y en a pas tant que ça (en tout cas, pas autant que dans «Au lieu-dit Noir-Étang»). Ensuite, elles s'insèrent naturellement dans ce récit oral. C'est un homme qui se confie. Bien souvent, une personne racontant quelque chose qui lui est arrivé fera ce genre de digressions. Enfin, Kermeur souligne lui-même qu'il a besoin de raconter son histoire comme elle vient. Ses digressions rendent le récit plus spontané. De plus, au moins l'une d'elles est comme une petite énigme. Je parle de la raison pour laquelle Erwan est où il est. J'avais imaginé autre chose, et je préfère la raison donnée par l'auteur.

Le juge illustre le fait qu'à partir du moment où on écoute un être humain nous raconter son histoire, on ne peut que s'impliquer émotionnellement. Je pense à son coup d'éclat, son énervement presque palpable lorsqu'il sort de sa neutralité pour demander: «Qu'est-ce qui vous a pris!» J'ai été étonnée par cette réaction qui rappelle que le juge, aussi neutre qu'il doive être, est avant tout un être humain. Ici, il jouera surtout le rôle d'un confesseur ou d'un psychologue, dans le bon sens des termes. Il écoute, aide le héros à se confier. Kermeur lui dit tout parce qu'il le doit, mais on sent qu'il arrive mieux à exprimer tout ce qu'il n'a pas osé s'avouer à l'époque.

Je ne m'attendais pas à la fin. Les cyniques la trouveront invraisemblable. Pour les terre-à-terre, je dirai que beaucoup d'affirmations de Kermeur sont vérifiables. J'ai aimé ce qu'implique cette fin, pas seulement à court terme.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Féodor Atkine.
Je pense que je n'aurais pas à ce point apprécié ce roman s'il n'avait pas été lu par ce comédien. C'est un roman qu'il vaut mieux écouter, car c'est un récit oral, le style est donc parlé. Mais encore faut-il qu'il soit bien interprété. Féodor Atkine le lit de manière naturelle, alliant émotions et retenue. Il ne tombe jamais dans le surjeu, entre parfaitement dans la peau du personnage, rendant à merveille le style adopté par l'auteur.
Je trouve dommage que l'audio ne soit pas évoqué dans l'entretien que Tanguy Viel accorde à Valérie Lévy-Soussan. En général, l'éditeur évoque la version audio avec l'écrivain. Pour «Faillir être flingué», c'était même le lecteur (Féodor Atkine) qui discutait avec Céline Minard.

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lundi, 15 mai 2017

Caraval, de Stephanie Garber.

Caraval

L'ouvrage:
Depuis qu'elle a dix ans, Scarlett écrit à Légende, le maître du jeu Caraval. Elle souhaite que le jeu soit organisé sur Trizda, l'île dont son père est le gouverneur. Sa grand-mère lui ayant raconté la féerie de Caraval, elle rêve d'y participer. À dix-sept ans, elle reçoit enfin une invitation. Le jeu ne se fera pas sur son île, mais elle peut y participer. Tella, la soeur de Scarlett, est ravie. Seulement, les deux jeunes filles ne peuvent pas quitter Trizda: leur père les y retient, et n'hésite pas à leur faire payer le moindre écart.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire pourrait être banale s'il n'y avait pas le monde enchanté de Caraval. À la fois plein d'objets magiques qui font rêver et de chausse-trappes, cet endroit ambigu provoque envie et peur. L'auteur parvient très bien à faire cohabiter ces deux impressions contradictoires. Par exemple, plus elle joue (Attention, Caraval n'est qu'un jeu, rien n'y est vrai...) plus Scarlett découvre des choses peu reluisantes. Tout cela dans une ambiance de fête foraine où on trouve des choses comme du cidre qui accroît la perception, des salles qui s'adaptent à l'humeur, etc. Sans parler des rétributions que demandent les vendeurs ou ceux qui donnent une information permettant d'avancer dans le jeu. Pour moi, cette ambiance à la fois terrible et festive fait la force du roman. De plus, j'aime beaucoup les éléments magiques imaginés par Stephanie Garber.

Dès que le jeu commence, le lecteur ne sait pas trop ce qu'il doit croire. On a beau être prévenu (deux fois) que rien n'est vrai, le doute persiste. L'auteur dit, dans une interview en fin d'ouvrage, qu'elle-même n'a pas tout de suite décidé ce qui était vrai ou non. J'ai aimé ne pas savoir (sauf à la fin) ce qu'il fallait prendre pour acquis. Cela faisait que je me méfiais de tout le monde. Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier certains rebondissements que j'avais pressentis. L'auteur a quand même su me surprendre, notamment avec la découverte de la présence de certains personnages.
Il n'y a pas de temps morts. Certaines scènes tiennent le lecteur en haleine. Je pense par exemple à ce qui arrive quand Scarlett achète deux nouveaux vêtements.

Le jeu fait évoluer notre héroïne. Elle se découvre capable d'accomplir beaucoup de choses au nom de l'amour sororal. Elle est peut-être un peu trop parfaite, mais cela ne m'a pas dérangée. J'ai moins aimé Tella, mais c'est sûrement parce qu'on la voit peu, et pour une autre raison que je ne dévoilerai pas ici. La fin laisse entrevoir une suite de laquelle Tella sera l'héroïne. Dans l'interview, Stephanie Garber confirme qu'il y aura bien une suite.

L'histoire d'amour est un peu trop convenue. Elle reste crédible selon la théorie qui veut que lorsqu'on vit des choses éprouvantes à deux, on se rapproche, mais pour moi, elle est quand même trop rapide.

Éditeur français: Bayard Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'aime bien cette comédienne que j'ai découverte dans «Les chroniques lunaires». Ici, je trouve qu'elle a amélioré un point qui m'agaçait: elle modifie moins sa voix pour les rôles masculins.

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jeudi, 11 mai 2017

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly.

Jusqu'à l'impensable

L'ouvrage:
Harry Bosch est maintenant à la retraite. Son demi-frère, Mickey Haller, demande son aide. Le client de Mickey est accusé de meurtre. Il faudrait que Bosch enquête pour prouver son innocence.

Critique:
J'ai trouvé ce roman plus intéressant que les deux derniers parus en audio. L'intrigue m'a semblé plus fouillée. En outre, je n'avais pas tout deviné. Il y avait un élément dont je savais bien que c'était un indice, mais je n'arrivais pas à comprendre comment.
J'ai bien aimé certains rebondissements. Par exemple, je me suis demandé comment Harry allait découvrir une chose que le lecteur sait presque tout de suite. J'avais peur que cet élément traîne, mais non. À partir du moment où Harry le découvre, j'ai apprécié le jeu de cache-cache entre lui et deux autres protagonistes. Il y a juste une incohérence: quelqu'un d'aussi attentif et pointilleux que Bosch ne peut pas avoir oublié les photos originales dans le photocopieur. Il fallait bien que Connelly trouve un moyen pour que ses personnages sachent que Bosch les avait démasqués, mais ce qu'il a trouvé ne m'a pas convaincue.

J'ai aimé voir Bosch sans équipier. J'aimais bien ceux qu'il avait, mais j'ai trouvé sympathique de le voir enquêter seul, comme dans certains autres romans. On le retrouve pugnace, fin limier, intègre... Mickey m'a un peu déplu dans ce roman. Harry, lui, cherche la vérité; Mickey cherche seulement à faire innocenter son client. De plus, j'ai été un peu choquée par les diverses réactions de ceux qui ne comprennent pas pourquoi Harry, qui fit partie du LAPD, enquête pour sauver la peau d'un condamné, alors qu'il s'attachait à arrêter les criminels. Pourquoi n'ont-ils pas eu ce raisonnement simple: si le condamné n'est pas coupable, il faut que le vrai coupable soit arrêté, et s'il l'est, Harry ne fera rien pour le faire libérer? Certains ont ce raisonnement, mais il est surprenant que Maddie ne l'ait pas.

Comme d'habitude, j'ai apprécié les scènes de vie quotidienne entre Bosch et sa fille, mais j'ai eu l'impression que Maddie cherchait parfois des problèmes où il n'y en avait pas. Je comprends qu'elle soit déboussolée par l'absence de sa mère, mais j'ai trouvé très cliché qu'elle dise qu'il y avait des choses qu'elle aurait confiées à sa mère, et ne pouvait pas dire à son père. Certes, il y a des choses qu'on préfère dire à une femme, mais étant donné les circonstances, Maddie pouvait tenter d'en parler à son père.

Comme souvent, Connelly parsème son récit d'anecdotes qui, j'imagine, sont vraies. Je pense à celle sur le tout premier meurtre consigné par le LAPD ou à celle concernant le gouverneur de la Californie (dont le nom n'est pas écrit, mais que nous reconnaîtrons sans peine). J'aime bien ces petites histoires.

Je trouve dommage qu'une énième relation amoureuse semble prendre forme, à la fin de ce roman...

Je n'aime pas trop le titre français qui me semble excessif. Bien sûr, Bosch va frayer avec d'atroces meurtres commis par des personnes sans scrupules, mais malheureusement, c'est le cas dans beaucoup de ses enquêtes. Je préfère le titre VO («The crossing») qui suggère la rencontre (sur une affaire) entre Bosch et Haller, mais aussi le fait que Bosch franchit une frontière.

En faisant le tour des romans de Connelly parus en audio, j'ai constaté qu'apparemment, «Le verdict des dieux» n'avait pas été édité. J'ai trouvé cela curieux. Je ne pense pas qu'il ait pu être édité par un autre éditeur de livres audio, car je pense avoir fait le tour en cherchant sur Audible et Livraphone.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Je n'ai rien de nouveau à dire sur le comédien. En fait, je pense la même chose que lors de mes précédentes chroniques.

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mercredi, 10 mai 2017

*Parutions Audiolib, juin 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 7 juin 2017.

"Arrête avec tes mensonges"

  • Arrête avec tes mensonges­, de Philippe Besson, lu par Antoine Leiris, 4h4.
    Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier. Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret. Qui a fini par me rattraper.

Un appartement à Paris

  • Un appartement à Paris, de Guillaume Musso, lu par Arnaud Romain, 9h43.
    Paris, un atelier d'artiste caché au fond d'une allée verdoyante. Madeline l'a loué pour s'y reposer et s'isoler. À la suite d'une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des Etats-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours. L'atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l'assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd'hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d'unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires. Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.

Sharko

  • Sharko, de Franck Thilliez, lu par Michel Raimbault, 17h11.
    Lucie Hennebelle reprend l’enquête que son oncle, Anatole, flic que le passage à la retraite a déprimé jusqu’au suicide, n’avait pu achever, et se met à la recherche de Julien Ramirez, soupçonné d’avoir enlevé une adolescente. Mais alors qu’elle tire les fils de cette histoire, elle se retrouve dans une situation inextricable qui la pousse à commettre l’irréparable… Comment camoufler ce crime qui pourrait lui valoir sa carrière et sa liberté ? Franck Sharko et Lucie sont prêts à tout pour trouver une solution, y compris mentir et falsifier les preuves. Leur enquête les mènera sur les pistes d’un trafic terrifiant… Plus unis que jamais, jouant un double jeu crucial, Lucie Hennebelle et Franck Sharko vont vivre leur pire expérience de flics.

Sapiens - Une brève histoire de l'humanité

  • Sapiens - Une brève histoire de l'humanité, d'Yuval Noah Harari, lu par Philippe Sollier, 15h 54.
    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens. Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme ? À dépendre de l’argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

L'Ecrivain - Jean Teulé - Entretien inédit par Jean-Luc Hees

  • L'Écrivain - Jean Teulé - Entretien inédit par Jean-Luc Hees, 51 minutes.
    C’est par la bande-dessinée que Jean Teulé investit le monde des livres : d’abord publié dans la revue L’Écho des Savanes, il publie son premier album, Virus, dès 1980, âgé alors de 27 ans. Encore très prolixe dans ce domaine (il a signé ou co-signé près de 20 albums), il est aujourd’hui davantage connu du grand public pour ses romans : Darling, Je, François Villon, Le Magasin des Suicides, Le Montespan, Fleur de tonnerre… Dans ces textes, bien souvent construits sur une réalité historique, il sait à la fois parler d’amour et d’humanité, tout en maniant une plume cynique, parfois très crue, ce qui lui procure une vraie singularité d’écriture.

D’où tire-t-il cette originalité ? Sa passion pour l’histoire porte-t-elle son métier d’écrivain ? Quels ponts fait-il entre sa pratique de dessinateur et celle de romancier ? Il revient, auprès de Jean-Luc Hees, sur plus de 30 ans de création.

Pirates des Caraïbes - La Vengeance de Salazar

  • Pirates des Caraïbes - La Vengeance de Salazar, Licence Walt Disney, lu par Bruno Choël, 2h 56.
    Les temps sont durs pour le Capitaine Jack Sparrow. Le destin semble même vouloir s'acharner lorsque de redoutables pirates fantômes menés par son vieil ennemi, le terrifiant Capitaine Salazar s'échappent du Triangle des Bermudes pour massacrer tous les flibustiers écumant les flots... y compris Sparrow! Le seul espoir de survie du Capitaine Jack est de retrouver le légendaire Trident de Poséidon, qui donne à celui qui le détient tout pouvoir sur les mers et les océans.

Journal d'un dégonflé 2 - Rodrick fait sa loi

  • Journal d'un dégonflé 2 - Rodrick fait sa loi, de Jeff Kinney, lu par Fabien Briche, 2h23.
    Pour Greg, cette rentrée scolaire est presque une bonne nouvelle tellement ses vacances ont été cauchemardesques. Il s’est passé quelque chose dont il n’est pas fier et qu'il veut cacher à tout le monde, même à Robert son meilleur ami, et à Philippe son nouveau « correspondant » français. Mais Rodrick, son grand frère, sait tout… et espère le faire chanter ! D'autant plus que leur mère, désespérée de les voir s'entendre si mal, demande à Rodrick de passer plus de temps avec Greg en lui donnant des cours de batterie. Quand on se rappelle que Rodrick est passionné de Heavy Metal… Greg n'est pas au bout de ses peines !

Did I Mention I Love You ?

  • Did I mention I love you ?, d'Estelle Maskame, lu par Astrid Roos, 8h55.
    Eden, 16 ans, va passer l’été dans la famille recomposée de son père, à Santa Monica, en Californie. Ce dernier a refait sa vie… Ce qui veut dire trois nouveaux demi-frères pour Eden. Le plus âgé Tyler, est un vrai bad-boy : séducteur, égocentrique, violent… Fascinée elle ne peut s’empêcher de succomber au charme de la seule personne qui lui est défendue : son demi-frère.

La Rivière à l'envers

  • La Rivière à l'envers, de Jean-Claude Mourlevat, lu par l'auteur, 6h56.
    D’où vient la jeune fille qui a demandé à Tomek, l’épicier du village, de l’eau de la rivière Qjar ? « Ainsi vous avez tout dans votre magasin ? demanda la jeune fille. Vraiment tout ? » Tomek se trouva un peu embarrassé : « Oui… enfin tout le nécessaire… » « Alors, dit la petite voix fragile, alors vous aurez peut-être de l’eau de la rivière Qjar ? » Tomek ignorait ce qu’était cette eau, et la jeune fille le vit bien : « C’est l’eau qui empêche de mourir, vous ne le saviez pas ? » Lorsqu’il apprend que cette rivière coule à l’envers et que sa source a des propriétés surnaturelles, l’idée de partir ne le quitte plus… Une Forêt de l’Oubli et ses ours, d’immenses fleurs bleues que l’on nomme Voiles, une Île Inexistante dont on ne repart jamais, des arbres aux écureuils-fruits…

La Quête d'Ewilan 2 - Les Frontières de glace

  • La quête d'Ewilan 2 - Les frontières de glace, de Pierre Bottero, lu par Kelly Marot, 6h17.
    Revenus dans l’Empire de Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles garantes de la paix. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, alliés des Ts’liches, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lie d’amitié avec une marchombre, Ellana, dont les pouvoirs le fascinent ; tandis que, face au maître d’armes, Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Mais pour prétendre délivrer les Sentinelles, elle devra d’abord percer le secret du Dragon.

L'île de l'oubli : dans l'univers des Descendants

  • L'île de l'oubli : dans l'univers des Descendants, de Melissa de la Cruz, lu par Nancy Philippot,5h25.
    Il y a vingt ans, tous les Méchants de tous les contes de fée ont été bannis du royaume d’Auradon et réduits à vivre dans une prison sur une île. Et quand on parle de Méchants, c’est vraiment de la crème de la crème de la méchanceté : Cruella d'Enfer, Maléfique, la Méchante Reine, Jafar et compagnie… Cette île est protégée par une force magique qui maintient les prisonniers et leurs enfants en captivité. La vie y est sinistre et monotone. Cependant, dans les profondeurs de la mystérieuse Forteresse Interdite, un oeil de Dragon est caché. Il est la clé de leur liberté. Or, seul le Descendant le plus intelligent, le plus mauvais et le plus diabolique pourra le trouver… à moins qu’il s’agisse d’une Descendante ?

L'Epreuve 2 - La Terre brulée

  • L'Epreuve 2 - La terre brûlée, de James Dashner, lu par Adrien Larmande, 9h12.
    Thomas en était sûr, la sortie du labyrinthe marquerait la fin de l'Épreuve. Mais à l'extérieur il découvre un monde ravagé. La terre est dépeuplée, brûlée par un climat ardent. Plus de gouvernement, plus d'ordre... et des hordes de gens infectés, en proie à une folie meurtrière, errent dans les villes en ruines. Au lieu de la liberté espérée, Thomas se trouve confronté à un nouveau défi démoniaque. Au coeur de cette terre brûlée, parviendra-t-il à trouver la paix... et un peu d'amour ? En route vers la seconde épreuve...

Percy Jackson 2 - La Mer des monstres

  • Percy Jackson 2 - La mer des monstres,de Rick Riordan, lu par Benjamin Bollen, 8h.
    Lorsqu'une simple partie de foot se change en bataille contre un gang de cannibales géants, Percy le demi-dieu a un terrible pressentiment. Comme le lui annonçaient ses étranges cauchemars, les frontières magiques qui protègent la Colonie des Sang-Mêlés sont empoisonnées. L’arbre de Thalia se meurt et sans lui, les pensionnaires ne sont plus en sécurité ! Pour le soigner et rétablir la barrière magique, une seule solution : partir en quête de la Toison d’or, en parcourant la Mer des Monstres. Décidément, la vie des demi-dieux n’est vraiment pas de tout repos…

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lundi, 8 mai 2017

Repose-toi sur moi, de Serge Joncour.

Repose-toi sur moi

L'ouvrage:
Paris.
Ludovic, quarante-six ans, travaille dans le recouvrement. Aurore, quant à elle, est styliste. Ils habitent le même immeuble, mais ne se parlent jamais. Le fait qu'Aurore soit effrayée par des corbeaux ayant élu domicile dans la cour va les rapprocher de manière inattendue.

Critique:
À travers ses personnages, Serge Joncour commence par montrer une société malade. Si sa démonstration effare, elle ne surprend malheureusement pas. Ce qui arrive à la boîte d'Aurore illustre bien comment certains font la course au pouvoir, à l'argent, et peu importe qui ils sacrifient et comment cela se passe. De petits exemples montrent aussi comme l'homme peut être irrespectueux: Ludovic entrant dans un café, disant bonjour, et n'obtenant aucune réponse; des personnes faisant des fêtes avec la musique à puissance maximale, se moquant de ceux que cela peut déranger. Tout cela est malheureusement vrai dans la vie.
D'un autre côté, il y a ceux qui aident spontanément (le patron du restaurant qui propose à ses clients de faire sécher leurs affaires mouillées près du feu, et qui tente de leur transmettre sa gaieté)...
Aurore et Ludovic ont été maltraités par la vie, et se sont enfermés dans des choix pas toujours judicieux. Ils sont conscients de ce qu'est notre société, et ont du mal à faire avec les mesquineries de la vie.

Aurore m'a souvent agacée. Elle veut ceci, cela, se reprend, se perd dans ses propres considérations, a du mal à communiquer... Pourtant, elle est également attendrissante, car elle est perdue. Elle a des valeurs, des idéaux, et se rend compte que son entourage s'en moque. Son mari ne semble pas voir sa détresse, puis finit par penser qu'il est facile de contrer la cause de cette détresse. Bien sûr, c'est plus compliqué à cause de certains événements, mais aussi à cause du caractère d'Aurore. En général, les personnes qui ne courent pas après l'argent et le pouvoir sont très faciles à mettre à terre. Elles aspirent à une vie calme, à faire ce qu'elles aiment en faisant de leur mieux, et pensent à l'humain plutôt qu'au chiffre.

Ludovic, lui aussi, passe son temps à ravaler ses rancœurs, à tenter de s'accommoder des bassesses de la vie. Seulement, cela passe mal. À la fois tendre et désabusé, se voulant fort mais parvenant de plus en plus mal à cacher son dégoût, ayant renoncé à certaines choses dans l'intérêt commun, ayant opté pour un travail qui ne lui convient pas, Ludovic interpellera forcément le lecteur. Qu'on soit touché par sa souffrance, ému et déboussolé par cette colère qui l'habite presque tout le temps, un peu amusé par sa maladresse, il ne laissera pas indifférent. À l'instar d'Aurore, il ne trouve pas sa place dans cette société. Il le constate tous les jours. Même physiquement, il ne parvient pas à s'y insérer. Je pense à la scène où il ne trouve pas de pantalons à sa taille (scène qu'il ressent comme douloureuse, mais dont la gravité est un peu adoucie par l'attitude aimable et bon enfant des vendeuses et du vigile), ou au fait qu'il achète des chaussures un peu élégantes pour sortir de la catégorie dans laquelle la société le range automatiquement.

L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. J'ai suivi les personnages avec intérêt, je ne pouvais pas prévoir quelle serait la prochaine étape. L'ambiance est souvent oppressante, mais elle est traversée de moments de répit: la discussion chez mademoiselle Mercier, les petites plaisanteries entre Ludovic et son père, etc. À un moment, Aurore tente de s'enfermer dans un instant hors du temps. L'insouciance factice à laquelle elle se raccroche, son refus d'affronter la situation (après coup, on se demandera si c'en était vraiment un) ne font que renforcer l'atmosphère pesante qui entoure les héros. Aurore détonne d'ailleurs. Ce qu'elle fait ensuite, et ce qui arrive à cause d'elle ne fait que renforcer la tension, alors qu'elle voulait justement alléger l'ambiance. Tout cela est très bien rendu par l'auteur, mais ce n'est qu'un exemple, car le livre est ainsi dans son entier: situations bien exposées, images et anecdotes marquantes...

Je ne m'attendais pas à cette fin. Je prévoyais quelque chose comme ce qui arrive (ou manque d'arriver) un peu avant. Pourtant, cette fin est préparée. Elle est logique. Je la préfère à celle que j'entrevoyais parce qu'elle implique un raisonnement (au-delà de la destinée de nos deux héros) qui me plaît et que je partage. En fait, j'ai retrouvé beaucoup d'idées qui sont les miennes au long de ce roman.

Afficher Je dévoile un élément clé.Masquer Je dévoile un élément clé.

Ceux qui me connaissent trouveront étrange que je ne peste pas après l'espèce de coup de foudre et ce qu'il implique. Eh bien, dans le contexte, je ne l'ai pas trouvé si incongru. L'auteur prépare les choses, présente les circonstances, nuance certains éléments... Ce qu'Aurore dit, le dernier soir, implique des choses qui, moralement, ne me plaisent pas. Je suis partisane des situations claires. Cependant, il est évident que dans ce cas-là, une situation tranchée serai déconcertante pour les enfants. Bien sûr, on imagine que si les choses durent comme le souhaite Aurore, cela ne pourra avoir qu'un temps...

Service presse des éditions Gallimard.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Gabay.
Bernard Gabay est un grand comédien. Il conte, ne cabotine pas, son jeu est toujours subtil, il ne modifie pas exagérément sa voix pour les rôles féminins... Je suis contente qu'il enregistre pour de plus en plus d'éditeurs, et je peste lorsque je découvre qu'il a enregistré un livre qui ne me tente pas, alors qu'un livre qui me tente est lu par un comédien ou une comédienne dont le jeu me semble moins bon. Ici, outre une interprétation sans failles, j'ai apprécié qu'il dose l'accent américain de Richard. Il parvient à montrer qu'il y a un accent sans que cela devienne pénible.

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jeudi, 4 mai 2017

Les assassins de la Cinquième B, de Kanae Minato.

Les assassins de la Cinquième B

L'ouvrage:
Une femme annonce à ses élèves qu'elle cesse d'enseigner dès la fin de l'année scolaire. Puis, elle leur raconte certaines choses. Elle termine en disant qu'elle sait que deux élèves de la classe ont assassiné sa fille, et leur explique comment elle s'est vengée.

Critique:
Ce roman est assez oppressant, parce que les personnages ont tous l'air d'avoir un côté obscur. C'est assez dur et dérangeant. Cela donne la possibilité à l'auteur de créer des rebondissements. Chaque chapitre adopte un point de vue différent, de ce fait, chacun donne les paramètres qu'il a, ses intentions, son ressenti... On devine que tel personnage est plutôt ainsi et tel autre plutôt autrement, mais connaître leurs motivations rend le tout plus effrayant.
J'ai quand même ressenti un peu de compassion pour certains. C'est une force du roman, à mon avis.

Kanae Minato soulève des questions intéressantes. Pourquoi un adolescent comme Naoki était-il à ce point désireux d'accomplir quelque chose de ce genre? C'est expliqué, mais d'autres choses sont sous-entendues, et apparemment, plus ou moins comprises par un personnage. Le manque de communication est un des éléments qui ont précipité Naoki dans un engrenage dont, malgré sa lucidité, il ne comprend les enjeux que trop tard. C'est assez perturbant: Naoki sait très bien ce qu'il fait, et est si aveuglé par son objectif (tout en sachant bien que ça ne lui apportera pas grand-chose) qu'il oblitère l'après.
D'autre part, j'aurais dû m'attendre à ce que la spirale de violence ne s'arrête pas après le départ de l'enseignante. Ce qui arrive après m'a surprise, et a ajouté à mon malaise, mais c'était prévisible. Je ne l'ai pas vu venir parce que la romancière a su m'embarquer dans son histoire, ce qui fait que je n'ai pas pensé à cela.

Le dernier rebondissement était à prévoir, on peut même penser que l'un des personnages a souhaité que quelque chose arrive, étant donné ce qu'il a fait avant «le moment fatal».

Je suis toujours friande de livres donnant différents points de vue. Ici, c'est pertinent, comme je l'ai dit plus haut, mais malheureusement, cela apporte des longueurs. Certains faits sont racontés plusieurs fois. Bien sûr, l'intérêt est d'avoir le ressenti de celui qui raconte, mais des choses auraient peut-être pu être résumées.

Éditeur français: Éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Elaina Erika Davis et Noah Galvin pour les éditions Hachette Audio.

Elaina Erika Davis a lu les chapitres donnant le point de vue de femmes (l'enseignante, l'élève présidente de la classe, la soeur et la mère de Naoki), et Noah Galvin a enregistré ceux donnant le point de vue des deux adolescents meurtriers. J'ai apprécié ces deux lecteurs qui ont joué sans cabotiner, ce qui n'était pas facile. Cependant, j'aurais préféré une voix différente par personnage. Je me console en pensant que je suis tombée sur deux comédiens que j'ai appréciés, et qu'avec une voix différente par personnage, il y aurait eu davantage de chances que je n'aime pas l'un des comédiens. ;-)

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