jeudi, 4 février 2016

Brillante, de Stéphanie Dupays.

Brillante

L'ouvrage:
Claire Vermont travaille pour Nutribel, une entreprise agroalimentaire. Elle a tout fait pour réussir. Lorsqu'elle présente un projet seule, puis qu'elle s'en voit confier un autre, elle sent sa consécration proche. Mais tout ne se passe pas comme prévu dans son plan de carrière.

Critique:
En un roman court, sans s'embarrasser de fioritures, Stéphanie Dupays décrit un moment de la vie d'une carriériste qui n'est pas vraiment armée pour le monde dans lequel elle s'est précipitée. Claire a pensé son plan de carrière, mais a oublié le facteur humain. Qu'arrive-t-il si elle fait de l'ombre à quelqu'un qui (comme chacun dans ce monde) ne veut pas être évincé.

La romancière décrit très bien cette jungle où paraître et ascension sont les maîtres mots. Claire s'y débat, tente de tirer des leçons, d'ouvrir les yeux de son entourage sur sa situation. Mais les amis en toc qu'on se fait lorsqu'on appartient à ce monde n'hésitent pas à vous rejeter si vous osez émettre l'idée d'une baisse de moral. C'est de très mauvais ton! Le couple de Claire fait également partie du grand jeu imposé par ce monde. Son compagnon et elle ne s'aiment pas vraiment, ils ont juste les mêmes ambitions. L'héroïne sait d'ailleurs que si elle flanche, il ne la rattrapera pas.

Le lecteur passera par plusieurs sentiments contradictoires vis-à-vis de Claire. Qu'elle ait envie d'évoluer ainsi, qu'elle fasse tout pour y parvenir, c'est compréhensible. Que «tout» signifie avoir honte de ses parents, c'est davantage discutable, même s'il fallait s'y attendre. Lorsqu'elle perd pied, et opère une petite remise en question, je me suis laissée aller à éprouver de la compassion pour elle.
L'auteur avait le choix entre deux fins. Celle qu'elle a choisie me paraît davantage vraisemblable. Elle colle mieux avec ce que feraient la plupart des gens dans ce cas, même si j'espère que moi, j'agirais autrement.

Certains reprocheront peut-être une trop grande catégorisation. Claire est ambitieuse, alors que sa soeur, Juliette, est bohème. L'auteur met ces deux existences face à face pour montrer que malgré sa précarité, Juliette est plus heureuse que Claire, même lorsque celle-ci croit l'être, parce que Juliette profite de la vie. Je comprends ce raisonnement, mais il aurait peut-être été plus judicieux de l'amener plus finement. Il est un peu naïf de montrer une personne avec peu d'argent devant elle réagissant de manière insouciante voire optimiste. Je sais que cela existe, mais peut-être aurait-il fallu montrer aussi le juste milieu pour avoir un aperçu plus juste de ce qu'on rencontre dans la vie. Ce petit reproche ne m'empêche pas de conseiller ce livre bien pensé, au titre bien choisi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Mercure de France.

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lundi, 1 février 2016

The language of secrets, de Dianne Dixon.

The language of secrets

L'ouvrage:
Justin et Amy sont mariés, ils ont un enfant. Amy est très proche de ses parents. Elle souhaite que Justin reprenne contact avec ses propres parents, qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Lorsqu'il se rend chez eux, il découvre qu'ils sont morts. Ses soeurs ne l'avaient averti de rien. Il se rend chez sa soeur, Lyssa, qui ne le reconnaît pas, et lui claque la porte au nez. Il va alors au cimetière. Près des tombes de ses parents, il découvre... la sienne. Il serait mort à l'âge de trois ans.

Critique:
Dianne Dixon a fait un pari risqué: elle attire le lecteur avec cet énigmatique début, il faut absolument que le reste soit à la hauteur. Pour moi, il l'est, même s'il y a peut-être des choses un peu grosses.

Petit à petit, l'énigme est dévoilée. Pendant ma lecture, je pensais que certaines choses ne pouvaient pas s'expliquer, que la romancière allait fatalement être prise en défaut, tomber dans le piège créé par son début prometteur. Pourtant, à mesure de ma lecture, je trouvais qu'elle emboîtait bien les pièces de son puzzle. Quant à ce qui pourrait être discutable... il est un peu étrange que les souvenirs les plus prégnants de Justin soient ceux datant de l'époque où il avait trois ans. Cependant, l'auteur explique très bien cela en exposant la psychologie de Justin et par les moyens dont il disposait pour préserver cette part de lui-même. En outre, il n'a gardé que des souvenirs très généraux. Ce qui est un peu plus difficile à concevoir, c'est que Justin ait totalement oublié des pans entiers de sa vie. C'est expliqué, mais là, je n'arrive pas à savoir si c'est possible ou si l'auteur exagère. Je pense que cela pourrait être possible dans une certaine mesure, mais à ce point...
D'autre part, je suis un peu dubitative quant au fait qu'on puisse adopter un enfant si rapidement... Bien sûr, je ne sais pas ce qu'était la loi à l'époque, et je suppose que Dianne Dixon s'est documentée.

Je regrette que les protagonistes finissent par ne pas tout savoir. Le lecteur sait tout, mais j'aurais bien voulu que certains (surtout Justin et ses soeurs) sachent tout.

Je me doutais de ce qu'on apprend à la toute fin, mais mon doute a été renforcé au moment où Robert se remémore sa rencontre avec Mitch. Ce paramètre serait, lui aussi, sujet à discussion sur ce qui a fait agir les personnages en général et en particulier ce jour-là...

La romancière a usé d'une structure que je n'aime pas trop mais qui, ici, est pertinente. Elle alterne le présent de Justin et son passé. Bien sûr, cela a pour effet de faire durer le suspense, mais ce livre ne souffrant pas de temps morts, ce n'est pas important. Par ailleurs, je pense que les choses arrivent à point nommé à chaque fois. Je n'ai pas eu l'impression que l'auteur retardait certaines révélations à dessein, ce qui veut dire qu'elle a construit intelligemment son roman. Nous découvrons donc ce qui est arrivé dans la vie de Caroline et Robert Fisher, les parents de Justin. Et là, les choses se compliquent. Il n'est pas aimé au lecteur de dire qu'untel ou unetelle a davantage de circonstances atténuantes, etc. Pour ma part, je pense qu'au départ, Robert et Caroline ont fait de mauvais choix. Ensuite, l'un d'eux s'est laissé entraîner à l'inconséquence, ce qui a été le début de leur calvaire. Mais par la suite, j'ai trouvé que plus ils agissaient, plus ils se trompaient. Pour moi, toutes leurs décisions ont été mauvaises. Caroline tente de se dédouaner en disant qu'elle n'avait pas d'autres solutions et en s'apitoyant sur son sort. Il est vrai qu'il est impossible de vivre avec ce qu'elle a subi, mais il n'était pas vraiment intelligent de choisir ce qu'elle a choisi. Certes, je suis dure parce que je sais ce qu'elle aurait dû avoir le culot de faire. La question est: l'aurais-je eu à sa place? Elle a tout de même jeté une bouteille à la mer, mais là encore, elle aurait dû savoir qu'elle n'atteindrait peut-être pas son but. Ma réprobation quant à Caroline se teinte d'un peu de compassion, car outre qu'il fallait du courage pour faire ce que j'aurais souhaité qu'elle fasse, nous étions à une époque (même si elle n'est pas si lointaine) où les choses n'étaient pas si simples qu'elles l'auraient été maintenant.

Quant à Robert, il ne sait que se plaindre et faire payer ses mauvais choix à sa femme. À l'instar de Caroline, il n'a pas eu le courage d'agir autrement, et de garder sa liberté, et il ne l'assume pas. C'est renforcé par ce qui arrive ensuite. Et là, Robert s'enferre dans une spirale. Bien sûr, lui aussi souffre, mais je n'ai pas vraiment eu de compassion pour lui.

Au sujet de Robert et Caroline, il n'y a pas une seule façon de voir. Je pense que certains lecteurs seront moins sévères que moi, car tel ou tel aspect de la situation comptera davantage à leurs yeux.

Au long du roman, il m'a semblé qu'Amy n'était pas toujours compréhensive. Bien sûr, elle réfléchit, et finit par comprendre certaines choses, mais il semble qu'elle ne mesure pas la portée du séisme qui secoue la vie de son mari. La communication entre Justin et Amy finit quand même par être plus aisée qu'entre les parents de Justin. J'ai bien aimé ce qu'Amy dit, vers la fin. En substance, on peut regretter ce qui n'a pas été et ce qui a été à la place, mais on ne sait pas comment les choses se seraient passées si elles étaient restées telles qu'on l'aurait voulu. Ce n'est pas toujours vrai, mais dans le cas de Justin, ça l'est. Même avec les paramètres qu'il a (il ne sait pas tout), il peut penser que sa vie n'aurait peut-être pas été si heureuse si on ne la lui avait pas arrachée. Je pense notamment à un personnage qui aurait pu finir par le persécuter...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio.

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jeudi, 28 janvier 2016

Retour sur terre, de Mélanie Rose.

Retour sur terre

L'ouvrage:
Michaela Anderson fait un saut en parachute. Après son atterrissage, tout lui paraît différent. Elle ne retrouve pas ses compagnons, l'endroit semble désert... Elle finit par comprendre que si pour elle, très peu de temps est passé, pour ses semblables, six ans et demi se sont écoulés entre son saut et son retour.

Critique:
Le début du roman est prometteur. L'auteur crée du suspense, le lecteur est aussi perdu que l'héroïne... Malheureusement, cela ne dure pas.

Quand Mélanie Rose emploie quelques grosses ficelles, je les lui pardonne parce que son style est fluide, ses personnages sont attachants, ses intrigues sont intéressantes... Ici, j'ai été extrêmement déçue. J'ai fini le livre uniquement parce que mon mari l'avait enregistré et que je ne trouvais pas respectueux pour lui de m'arrêter.

Je pense que ce roman aurait dû être publié dans la collection Harlequin. D'abord, il est très peu crédible que l'héroïne, si amoureuse de son fiancé, tombe en quelques heures dans les bras d'un presque inconnu. Bien sûr, cet inconnu est beau, fort, il se met en quatre pour Michaela; alors que Calum, le fiancé de la donzelle, est dépressif, pense avoir tout raté avec sa fille, n'ose pas affronter l'épreuve qui lui tombe dessus. Ah oui, mais il faut comprendre cette pauvre Michaela: son fiancé, la retrouvant au bout de six ans, l'a éconduite. La pauvre ne pouvait faire autrement (au lieu de le comprendre et de lui laisser du temps) que de se jeter dans les bras d'un autre. C'est tout à fait cohérent et sain, comme réaction!
À noter que la scène où le «méchant» tente de terrasser Michaela et son cher et tendre est là pour effrayer le lecteur. Il est censé ressentir de la peur pour les protagonistes. Cette scène m'a plutôt paru ridicule. D'autant que je me doutais que tout était joué d'avance.

Outre cela, l'héroïne est absolument parfaite. Elle sait toujours quoi faire, et surtout, elle est prête à se sacrifier pour tous! Quel personnage attachant!

Passons maintenant à ce qui lui est arrivé pendant ces six ans et demi. L'auteur confronte deux théories: l'une est ancrée dans la réalité et l'autre flirte avec le fantastique. J'ai trouvé que la théorie «fantastique» était mal amenée. Après tout, pourquoi pas? Cependant, exprimé sous la plume de Mélanie Rose, cela devenait ridicule! À la fin, on ne sait pas vraiment ce qui est arrivé. Les deux théories cohabitent, chacune répond à certaines explications, mais aucune n'est vraiment satisfaisante. Cela ne m'aurait pas vraiment gênée si le reste du roman n'avait été si mièvre et sirupeux. J'ai pensé: l'auteur a écrit quelque chose qui tient à peine, et elle se paie le luxe de le terminer en nous disant que c'est à nous de trancher.

On s'étonnera peut-être de ma véhémence. Après tout, il m'arrive de lire des romans faciles, voire trop faciles. Certes, mais quand je lis ce genre de romans, je sais à quoi m'en tenir, je prends le roman pour ce qu'il est. Avec «Retour sur terre», je m'attendais à une lecture certes facile, mais à une intrigue intéressante, à des personnages attachants (dans ce livre, seuls Abby et Tristan sont attachants). J'ai eu l'impression que Mélanie Rose se moquait de moi, tout comme Sophie McKenzie avec «Appelle-moi». Je pense que je serai extrêmement précautionneuse avant de retenter un Mélanie Rose.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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lundi, 25 janvier 2016

Le charme discret de l'intestin: tout sur un organe mal-aimé, de Giulia Enders.

Le charme discret de l'intestin

L'ouvrage:
Giulia Enders nous explique avec verve comment fonctionne notre corps, et en particulier, notre intestin.

Critique:
Il y a un moment que je souhaite lire des ouvrages évoquant le fonctionnement du ventre, de l'estomac,de l'intestin, et leurs interactions avec le cerveau. Je ne l'ai pas fait, car ceux qui existaient me paraissaient (peut-être à tort) un peu rébarbatifs. Lorsque j'ai entendu parler de ce livre, il était souligné qu'il était caustique. En effet, l'écriture de Giulia Enders est très vivante. Elle use d'exemples très simples et très concrets. Par exemple, elle explique le chemin que prend la nourriture et ce qui lui arrive en parlant d'une bouchée de gâteau, elle va dire que nos sphincters sont collègues, etc. Certains trouveront peut-être cela un peu niais. Pour ma part, j'ai trouvé cela sympathique. Cela donne un style fluide et une écriture alerte. On n'a pas l'impression d'être assommé d'informations qu'on n'assimile pas. C'est rempli de bonne humeur, ce qui fait qu'on s'instruit en souriant.

Lorsqu'on lit un documentaire de ce genre, on le fait toujours par rapport à soi, à ses expériences. Donc quand j'entendais Giulia Enders expliquer certaines choses qu'il vaut mieux faire (par exemple, la manière de s'asseoir sur les toilettes), je me surprenais à me demander comment j'agissais.
Il y a des situations dans lesquelles chacun se retrouvera. Outre celle que j'ai mentionnée ci-dessus, on lira quelles sont les répercutions du stress, et comment notre intestin tente au maximum de nous en préserver. Il y en a beaucoup d'autres.
Il y a aussi de petites astuces quotidiennes afin de faciliter certaines choses.

Giulia Enders préconise de ne surtout pas tomber dans l'excès. Par exemple, il ne faut pas forcément arrêter de manger tel ou tel aliment (sauf si on est vraiment allergique), mais en manger moins. Elle dit notamment cela à propos du lait ou des produits contenant du gluten.
L'auteur prône la tempérance également dans d'autres situations. Par exemple, elle dit qu'il n'est pas obligatoire d'aller à la selle tous les jours, qu'il faut boire quand on a soif (ou si on sent qu'on se déshydrate), etc. C'est un peu la même chose pour le sucre. Certains sucres sont meilleurs pour la santé que d'autres, mais bien sûr, il ne faut pas en manger en grosses quantités.

Lorsqu'elle parle plus particulièrement de l'intestin, elle explique quelles sont les bonnes bactéries, quelles sont les mauvaises, que certaines nous nourrissent... Il y a même des bactéries qui peuvent influencer notre cerveau, et nous faire aller plutôt vers tel ou tel aliment.

L'ambition de ce livre étant d'informer sans assommer, l'auteur donne des pistes. C'est à nous de les approfondir. Par exemple, elle évoque les prébiotiques et donne une petite liste d'aliments dans lesquels on en trouve. À nous de chercher s'il n'y en aurait pas dans d'autres...

Un livre passionnant, instructif,divertissant, bien pensé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jessica Monceau.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'aime beaucoup Jessica Monceau que je connais surtout en tant que comédienne de doublage. C'est le deuxième ouvrage qu'elle enregistre pour Audiolib (le premier, «Nos étoiles contraires», ne m'a pas attirée), et je pense qu'il s'est agi pour elle d'un défi. En effet, il n'est pas facile de lire à voix haute un documentaire qui traite de notre intestin avec humour. Pour moi, elle a trouvé le ton juste. Je suis convaincue que son interprétation rend naturels les petits moments où l'auteur en fait peut-être un peu trop dans les exemples humoristiques. Maintenant que je l'ai entendue lire cet ouvrage, je n'ai qu'une hâte: l'entendre sur d'autres livres!

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jeudi, 21 janvier 2016

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman.

Demain est un autre jour

L'ouvrage:
À la mort de sa mère, Brett Bohlinger apprend qu'elle ne pourra toucher son héritage que si elle réalise ses rêves d'adolescente. En effet, à quatorze ans, soit vingt ans plus tôt, elle avait rédigé une liste d'objectifs à atteindre, liste qu'elle a fini par oublier. Elle est persuadée que ces objectif n'ont plus rien à voir avec ses aspirations actuelles. Elle devra pourtant jouer le jeu.

Critique:
Ce livre a été très apprécié du public, ce qui a piqué ma curiosité. Sans être en admiration devant ce roman, j'ai passé un bon moment.
Je trouve dommage que beaucoup de parties de l'intrigue soient cousues de fil blanc. Par exemple, j'ai très vite su comment Brett aurait un bébé.
Quant aux amours de notre héroïne, l'auteur s'est amusée à donner plusieurs possibilités. En soi, c'était une bonne idée, mais elle en a peut-être un peu trop fait. Elle a aussi tenté de rendre l'histoire d'amour finale vraisemblable... Elle y a partiellement réussi.
J'ai trouvé que la façon dont le handicap de Zoé était abordée était un peu légère. Cela fait partie des choses peut-être un peu trop fleur bleue pour être réalistes.

On peut regretter que tout se goupille trop bien, et que cela ait l'air quelque peu invraisemblable. Cependant, il arrive que dans la vie, les choses finissent bien. Il arrive que certaines coïncidences se produisent. Lori Nelson Spielman a choisi d'y croire.

Il est intéressant de voir une jeune femme se rendre petit à petit compte qu'elle n'aime pas sa vie, mais qu'elle l'a peu à peu choisie par peur, par commodité, etc. C'est en cela que le message de la mère de Brett est intéressant. Bien sûr, nous devons tous faire des compromis entre la vie et nos aspirations, mais il faut faire attention à ne pas se laisser étouffer. Il faut parfois essayer de se donner les moyens d'avoir une vie qui convient mieux. Là encore, on peut répondre à l'auteur que ce n'est pas forcément facile. Elle n'affirme pas que cela l'est. Elle donne un exemple de ce qui peut être fait. D'ailleurs, Brett n'est pas la seule à se débattre avec sa vie et ses rêves. Shelley est un autre exemple. On la voit beaucoup moins, mais j'ai trouvé judicieux de la part de l'auteur de nous montrer une femme nuancée, qui n'a pas forcément envie de ce que la société s'attendrait à la voir faire.

Remarques annexes:
J'ai été très déçue de trouver plusieurs fautes de syntaxe dans ce roman. Je vous en livre quelques-unes.
«Je ne l'admettrai jamais à personne d'autre qu'à toi et à Jay.» Il aurait fallu dire: «Je ne l'admettrai jamais devant d'autres que Jay et toi.»
Le verbe «convenir» au participe passé est employé avec l'auxiliaire «avoir» alors qu'il s'emploie avec «être».
«(...) je lui murmure contre le torse.» Il aurait fallu écrire: «(...) je murmure contre son torse.»

Ayant étudié «Le soleil se lève aussi» au lycée, j'ai tout de suite su d'où venait le prénom Brett. Je tiens à signaler que j'approuve totalement l'héroïne quant à ce qu'elle dit concernant son homonyme. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
J'ai été ravie de retrouver cette comédienne. Elle s'est parfaitement glissée dans la peau des personnages,et a réussi à ne pas trop en faire lorsque certaines répliques étaient un peu sirupeuses. En outre, elle a prononcé les noms anglophones comme je l'aurais fait,sauf Charles. Parfois,elle disait Charles, et parfois Tcharlze. D'autre part, Ingrid Donnadieu a quelque peu modifié sa voix pour certains personnages. Je trouve qu'elle a réussi à le faire de manière assez naturelle, car elle n'en faisait pas trop. J'ai été particulièrement amusée du ton qu'elle prenait pour Megan, car étant donné le caractère de ce personnage, je trouvais que cela lui allait parfaitement.

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lundi, 18 janvier 2016

Appelle-moi, de Sophie McKenzie.

Appelle-moi

L'ouvrage:
Ce soir-là, Liv n'a pas répondu au texto puis à l'appel de son amie Julia. Le lendemain, cette dernière est trouvée morte. Une rapide enquête conclut au suicide. Pour Liv, c'est impensable pour plusieurs raisons. Désespérée et rongée de culpabilité (elle pense qu'elle aurait pu empêcher cela en répondant à Julia, la veille), Liv décide de mener l'enquête.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «Je ne t'oublierai pas», je me suis précipitée sur «Appelle-moi». J'ai été très déçue. Au début, je trouvais que le décor était bien planté, que l'auteur prenait (à juste titre) le temps d'exposer les sentiments de la narratrice... C'était bien engagé. Cependant, cela s'est très vite dégradé.

Le roman est très classique. Le tueur est un malade qui atteint le bonheur parfait lorsqu'il tue. Plusieurs courts passages sont des monologues du meurtrier. Ces passages m'ont paru inutiles, sauf peut-être le premier (qui montre la psychologie du tueur) et celui concernant la soeur de Liv (dont le meurtre, dix-huit ans plus tôt, n'a jamais été élucidé). Ensuite, lire la satisfaction de l'assassin qui se vante d'avoir tué sans laisser de traces, puis lire à quel point il en a assez de Liv qui fouine partout, c'est lassant, car répétitif.
Outre ces passages, l'auteur traîne beaucoup. Certains rebondissements (comme lorsque Liv et Damian sont surpris par le feu) sont en fait des péripéties placées là pour retarder l'avancement des choses. Ce serait parfait si elles distrayaient le lecteur. Elles m'ont plutôt ennuyée.
Lorsque Liv comprend qu'elle se trouve en présence du tueur, elle est persuadée de connaître sa voix, et ne parvient pas à la reconnaître. Il est vrai qu'elle est stressée, et qu'elle n'imagine pas du tout cette personne en tueur fou. Cependant, il est un peu gros qu'elle ne reconnaisse pas la voix. Ce n'est qu'un moyen pour l'auteur de retarder la révélation du nom de l'assassin.

Si on comprend très bien que Liv veuille découvrir ce qui est arrivé, il est un peu étrange que cela la pousse à avoir un comportement assez léger sur plusieurs choses. Elle néglige sa famille, n'hésite pas à pénétrer par effraction chez une inconnue et à fouiller, elle se sent très vite attirée par l'homme avec qui sortait Julia. Elle qui sait que la confiance ne s'accorde pas facilement, croit sans trop de problèmes ce que lui dit cet homme qu'elle connaît à peine.
Il est également étrange que la police soit si molle.
L'attitude de la mère et du frère de Julia est également incongrue. L'auteur l'explique par la suite, mais ce n'est qu'à moitié crédible.
Il est aussi curieux que Will, le mari de Liv, s'oppose à ce point à ce qu'elle enquête. En fait, l'auteur a semé ces grosses ficelles pour que le lecteur soupçonne tout le monde d'être coupable.

Sophie McKenzie n'hésite pas à truffer son roman d'incohérences. D'abord, Liv retrouve une personne scannant un logo et en le collant sur un moteur de recherches d'images. Cela me semblait impossible, mais je n'y connais rien. Deux informaticiens me l'ont confirmé.
La plus grosse incohérence, celle qui m'amène à penser que l'auteur se moque de son lecteur, est le fait que le meurtrier a apparemment le don d'ubiquité. Il s'est trouvé à deux endroits au même moment. Je ne pensais pas qu'un auteur aurait poussé l'invraisemblance jusqu'à cela pour ne pas que le lecteur soupçonne le meurtrier...

La toute fin m'a laissée sur ma faim. Liv finit par se raisonner et ne pas faire une certaine chose, alors qu'elle souhaite la faire: elle agit uniquement par peur d'affronter ce qu'elle pourrait apprendre. Elle tente de se trouver de bonnes raisons d'agir ainsi. Or, c'est très hypocrite.

Éditeur français: France Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marisa Calin pour les éditions Macmillan.

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jeudi, 14 janvier 2016

*Parutions Audiolib, février 2016.

Va et poste une sentinelle Quelqu'un pour qui trembler Le Livre des Baltimore
Ceux qui vont mourir te saluent L'Inconnu du pont Notre-Dame

Ces titres sont annoncés pour le 17 février.

  • Va et poste une sentinelle, d'Harper Lee, lu par Cachou Kirsch, 8h25.
    Scout, l'inoubliable héroïne de «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur», est de retour dans sa petite ville natale de l'Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père Atticus. Vingt ans ont passé. Nous sommes au milieu des années 1950, à l'aube de la déségrégation, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle s'est éloignée en partant s'établir à New York, Scout va découvrir ses proches sous un jour inédit et voir vaciller toutes ses certitudes.
  • Quelqu'un pour qui trembler, de Gilles Legardinier, lu par Fabien Briche, 11h23.
    Parce qu'il voulait soigner ses semblables, il est devenu médecin. Pour aider ceux que l'on oublie trop souvent, il a passé des années dans un village perdu en Inde. Mais lorsque Thomas apprend que la femme qu'il a autrefois quittée a eu une fille de lui, sa vision de la vie et ses certitudes vacillent. Il ne pourra pas rattraper le temps perdu et n'a aucun droit sur cette jeune femme dont il ne sait rien. Mais un élan le pousse à rentrer pour la découvrir. Maladroitement, joyeusement, sincèrement, il est prêt à tout pour approcher celle à qui il a donné la vie, mais qu'il n'a pas vue grandir.
  • Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker, lu par Thibault de Montalembert, 14h32.
    Il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de «La vérité sur l'affaire Harry Quebert», sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore. Huit ans après le drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide de raconter lorsqu'il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur de la Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule.
  • Ceux qui vont mourir te saluent, de Fred Vargas, lu par Philippe Allard, 5h20.
    Des dessins de Michel-Ange ont été volés à la Bibliothèque vaticane ! Henri Valhubert, l'expert d'art parisien, est assassiné un soir de fête devant le palais Farnèse. Que faisait-il à Rome et comment a-t-il pu boire de la ciguë ?
  • L'inconnu du pont Notre-Dame, de Jean-François Parot, lu par François d'Aubigny, 10h51.
    1786. Le procès de l'affaire du collier touche à sa fin et déconsidère la reine. Le déficit du royaume exacerbe les rivalités politiques. Nicolas LeFloch est saisi par Le Noir, nouveau directeur de la Bibliothèque du roi, de la disparition d'un conservateur au cabinet des médailles. Quelle est l'identité du cadavre décapité découvert dans une maison démolie du Pont Notre-Dame ? Qu'augurent les informations concernant un complot anglais visant Louis XVI ? Nicolas Le Floch éprouvera aussi le bouleversement de l'effarante révélation de ses origines.

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Désaccords mineurs, de Johanna Trollope.

Désaccords mineurs

L'ouvrage:
Richie Rositter meurt d'une crise cardiaque. Quelle n'est pas la surprise de sa compagne et de leurs trois filles lorsque le testament du mort fait resurgir sa femme, Margaret, et le fils qu'il a eu avec elle, Scott.

Critique:
Johanna Trollope s'attaque ici à un thème délicat. Une famille en deuil doit compter avec un paramètre inattendu et désagréable. L'auteur expose les sentiments de ses personnages et la manière dont ils évoluent. En tant qu'observatrice, j'ai tout de suite apprécié Amy (la dernière fille) qui comprend très vite qu'il ne faut pas jeter la pierre à des personnes innocentes. Tout en comprenant Chrissie (la mère des trois filles), je l'ai trouvée très injuste. Cependant, comment aurais-je réagi si j'avais été impliquée. Aurais-je accepté d'évoluer? Aurais-je tapé de toutes mes forces sur des personnes innocentes sous prétexte que je souffrais?
Pour en finir avec Amy, je dirais qu'en plus d'être ouverte, elle sait ce qu'elle veut. Sous des abords craintifs et timides, elle finit par comprendre qu'elle doit s'imposer. J'aime beaucoup la façon dont elle le fait face à Margaret: aucune grandiloquence, de la fermeté alliée à de la douceur...

J'ai trouvé les autres filles de Richie (Tamsin et Dilly) assez fades. Tamsin est peut-être compréhensible, car elle fait passer sa loyauté envers sa mère avant tout. De ce fait, même si on peut penser qu'elle agit parfois de manière disproportionnée, on la comprend.

Outre les personnages principaux, la romancière évoque leurs amis. Il n'est jamais simple d'être l'ami de ceux qui souffrent. On veut aider, on a peur d'ennuyer, de raviver la douleur... J'ai apprécié Sue, l'amie de Chrissie, qui sait quoi faire. Elle sait quand il faut consoler, quand il faut secouer, quand il faut apaiser.

Je n'ai pas vraiment compris ce que les gens en général trouvait à Richie. Peut-être était-il charismatique...

Éditeur: éditions des Deux Terres.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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