lundi, 20 octobre 2014

Les chroniques lunaires, tome 1: Cinder, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 1: Cinder

L'ouvrage:
Futur.
Cinder, seize ans, est mécanicienne. Tout ce qu'elle gagne est versé à sa tutrice légale, Adri, la femme de son père adoptif. Celui-ci est décédé.
La communauté de New Beiging est en effervescence à cause de plusieurs événements: Un grand bal se prépare, la peste fait rage et on ne trouve pas d'antidote, et la reine lunaire (Levana) souhaite négocier une alliance. C'est dans ce contexte que le prince Kai apporte un androïde à Cinder afin qu'elle le répare.

Critique:
Cette série a piqué ma curiosité, car Marissa Meyer transpose certains contes (ou pans de contes) dans le futur. Concernant ce tome 1, je trouve qu'elle a réussi son pari. Rien n'est tiré par les cheveux ou bâclé. Tout au long de ma lecture, je me surprenais à chercher les indices. Si «Cendrillon» est le conte le plus présent, la reine Levana n'est pas sans évoquer celle de «Blanche-Neige», et pas seulement à cause de son miroir.
J'ai apprécié que l'auteur désigne un certain personnage pour être la bonne fée. C'est un personnage auquel on s'attache très vite. Elle ne pouvait pas choisir mieux.

Marissa Meyer ne transpose pas seulement les contes à une époque où les robots travaillent pour les hommes et où la Lune est habitée. Elle développe certains thèmes de manière très intéressante. À travers l'héroïne, elle montre qu'une différence pour laquelle on est décrié peut s'avérer bénéfique.
La manipulation mentale a beau avoir été abordé de plusieurs façons dans divers romans, je ne l'ai pas trouvé malvenu ici. On peut d'ailleurs le rapprocher des contes dans lesquels un tour de magie peut déformer la réalité.

Cinder est sympathique, bien sûr. Cependant, ce n'est pas un paillasson comme l'est Cendrillon. Par exemple, même si elle est coincée de tous les côtés, elle tient tête à Adri. J'ai apprécié que la romancière ne tente pas à tout prix de coller au conte. Outre que certaines choses seraient mal passées, il n'y aurait eu aucun intérêt pour moi à lire un copier-coller du conte dans le futur.

Si j'avais un reproche à faire, il concernerait ce que Cinder apprend à la fin. Je l'avais deviné depuis très longtemps. Cependant, mon reproche est injuste, car ce fait était évident. Certains lecteurs n'auraient sûrement pas compris qu'il en soit autrement.

La fin de ce tome laisse le lecteur dans l'expectative.

Remarque annexe:
La reine du Royaume Uni s'appelle... Camilla. ;-) J'aime beaucoup le clin d'oeil.

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de Rebecca Soler. Outre son dynamisme, elle fait partie de ceux qui savent modifier leur voix pour certains personnages sans en faire trop.

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16 lectures

vendredi, 17 octobre 2014

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, d'Haruki Murakami.

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

L'ouvrage:
À trente-six ans, Tsukuru Tazaki reste perturbé par un événement ayant eu lieu seize ans plus tôt. À cette époque, il faisait partie d'une bande. Ils étaient cinq. Un jour, brusquement, ses amis ont souhaité cesser tout contact avec lui sans lui fournir aucune explication. Poussé par Sarah (une jeune femme dont il est en train de tomber amoureux), Tsukuru décide de chercher ses anciens amis afin de comprendre la raison de cet ostracisme.

Critique:
Au premier abord, cette histoire pourrait paraître banale. C'est sans compter la finesse d'Haruki Murakami, et les éléments qui font qu'il marque un livre de son sceau.

Cet ouvrage aborde en profondeur le thème du traumatisme subi lors d'une période charnière. En effet, Tsukuru était adolescent, et ses amis l'ont traité en paria sans raisons apparentes, juste au moment où il commençait à découvrir une autre vie, loin de ceux qu'il connaissait. L'auteur expose comment, subtilement, cet événement a marqué la vie de Tsukuru. Certains diront peut-être que c'est de la psychologie de bas étage. C'est pourtant très réaliste.

Le personnage principal semble un peu difficile à cerner. Gentil, hypersensible, remettant certaines choses en question, mais s'interrogeant sur sa part d'ombre. Je serais sûrement passée à côté s'il ne l'avait pas mise en avant. J'ai été surprise qu'il pense ce genre de choses, car cela ne cadre pas avec l'image qu'on a de lui.

Sarah m'a paru changeante. Au début, je comprends toutes ses réactions. Elle est d'ailleurs l'élément déclencheur qui pousse Tsukuru à retrouver ses amis afin d'avoir une explication et sortir du marasme. Ensuite, je l'ai trouvée étrange...

L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. S'y glissent des éléments incongrus comme seul Murakami sait en créer. Il y a des historiettes étranges, empreintes de mystère, mais également une brève incursion du fantastique. Je parle de la scène nocturne où Tsukuru fait un rêve.

Par ailleurs, le héros retrouve assez vite l'un de ses amis, et apprend la raison de sa disgrâce. À ce moment, le lecteur pense que le roman va s'enliser. Il n'en est rien. Le personnage devra aller au bout de sa quête afin d'assembler toutes les pièces du puzzle, et peut-être, de se découvrir entièrement.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce récit simple, qui expose sans fioriture, d'un style limpide et posé, la psychologie de divers personnages.

Seule la fin m'a laissée dubitative. Je ne comprends pas pourquoi l'auteur a terminé son roman juste avant un événement important dont j'aurais aimé connaître l'issue. Cela m'a donné une impression d'inachevé. Cela contribue à mon sentiment quant à Sarah. L'écrivain ne lui permet pas de se dévoiler tout à fait.

Une scène m'a plu parce qu'elle m'a fait rire alors qu'elle rendait Tsukuru anxieux. À un moment, alors qu'il nage dans une piscine municipale, il croit reconnaître les pieds d'un autre ami qu'il n'a pas vu depuis longtemps. Étant donné que lui aussi est parti sans explication, notre héros panique à l'idée de le revoir. Tout en ressentant son trouble, j'ai ri parce qu'il a cru reconnaître ses pieds.

Il y a une incohérence. lorsque Tsukuru raconte comment ses amis l'ont congédié, puis lorsqu'il se remémore cet événement avec Bleu, le récit n'est pas le même. Peut-être est-ce une allusion au fait que la mémoire déforme les choses. Pourquoi pas? Mais j'aurais préféré que l'auteur le dise clairement: les deux amis auraient pu dire avoir des souvenirs différents. Ou bien Tsukuru aurait-il menti sciemment à Sarah, révélant ainsi au lecteur un peu de sa part d'ombre? Ou tout simplement est-ce une véritable incohérence de la part de Murakami?

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Gabay.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'ai été ravie de retrouver Bernard Gabay dont le talent de conteur ne s'est pas démenti. Là encore, il n'a pas eu besoin de forcer sa voix ou de faire des effets d'interprétation. Son jeu à la fois sobre, grave et vivant m'a beaucoup plu.

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39 lectures

mercredi, 15 octobre 2014

Hunger games, tome 3: La révolte, de Suzanne Collins.

Hunger games, tome 3: La révolte

Si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Les rebelles souhaitent que Katniss deviennent leur symbole, le geai moqueur. Après quelques hésitations, la jeune fille comprend qu'elle est allée trop loin pour reculer, et se décide à accepter. La guerre est déclarée.

Critique:
Objectivement, force est de reconnaître que Suzanne Collins parvient à se renouveler. Ses personnages sont, à nouveau, confrontés à de terribles choix: ils doivent tuer pour ne pas l'être. Cependant, il ne s'agit plus de jeux organisés par ceux qui ont la mainmise sur les districts, mais de combattre l'oppresseur. Cela donne une autre dimension au roman.

D'autre part, l'auteur a créé des rebondissements intéressants. Par exemple, ce qui arrive à Peeta alors qu'il est entre les mains du Capitole. Il y a d'autres découvertes avant et pendant la phase la plus importante de la guerre. Elles montrent notamment des personnages agissant égoïstement, d'autres ne pouvant sortir de l'engrenage, et d'autres fins stratèges. Toutes ces réactions sont réalistes.
Malgré cela, j'y ai moins cru. Peut-être est-ce parce que malgré tout, l'auteur se répète. Les personnages ne sont plus dans l'arène, mais on en revient toujours à la même chose: guerre, stratégie, solidarité ou pas...

Par ailleurs, je me suis un peu détachée de Katniss et Peeta. Le faible agacement qu'ils ont suscité chez moi dans le tome 2 s'est accentué dans le 3. Pourtant, ils agissent souvent au mieux.
J'ai trouvé Katniss assez prétentieuse. J'ai également pensé que quoi qu'elle fasse (surtout les bonnes actions), elle le faisait avec grandiloquence. Peut-être cela vient-il de moi...
J'ai également été gênée que de telles responsabilités reviennent à des adolescents. Bien sûr, ils étaient supervisés par leurs aînés, mais c'est peut-être cela qui a fait que Katniss m'a agacée. Sa célébrité et ses responsabilités lui donnaient un peu la grosse tête.

Autre chose m'a gênée. Depuis le début, le coeur de Katniss balance entre deux garçons. C'est déjà une situation que je n'ai pas trop aimée, principalement parce que je trouvais l'héroïne pénible à ce sujet. À la fin, il allait bien falloir que l'auteur mette un terme à ces hésitations. Au long de ma lecture, j'ai pensé qu'elle devrait forcément mécontenter une partie du public. Maintenant, je me dis qu'en fait, je dois être la seule mécontente, car depuis le début du tome 1, les fans espèrent le dénouement amoureux créé par l'auteur. Je le désapprouve pour plusieurs raisons. Bien sûr, il a été préparé (surtout dans le tome 3), mais pour moi, cette solution est trop clichée. J'ai d'autres raisons, mais les exposer dévoilerait l'identité de l'heureux élu.

Le tome 1 de la série restera mon favori.
Malgré mes reproches, j'ai passé un bon moment, et je ne me suis pas ennuyée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kelly Marot.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
L'interprétation de Kelly Marot est toujours aussi vivante et captivante. Néanmoins, dans ce tome, le ton dramatique qu'elle adopte m'a davantage gênée. Sa lecture n'a pas changé, mais dans ce tome, j'ai trouvé que c'était un peu trop. Je pense que cela tient au fait que je l'ai moins apprécié, que j'étais moins dedans. La faute ne revient pas du tout à la comédienne qui a fait un travail uniforme et de qualité.

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96 lectures

lundi, 13 octobre 2014

La route de Santa Anna, de Serge Brussolo.

La Route de Santa Anna

L'ouvrage:
Markh, ancien cascadeur (il faisait des rodéos de voitures), va reprendre du service. À l'aide d'une voiture extrêmement rapide, silencieuse, et presque invisible, il devra convoyer des fonds entre le Mexique et une petite ville perdue des États-Unis. L'opération est commanditée par un cartel dirigé d'une main de fer. Tout pourrait se dérouler sans anicroche, si une famille pauvre et un peu paumée, n'avait eu vent de l'affaire par hasard...

Critique:
Prenez une ambiance à la James Hadley Chase, une intrigue à la David Goodis, et ajoutez-y l'art de Serge Brussolo. Cela donne un roman policier aux ingrédients à la fois connus et originaux. En effet, une histoire de truands, de personnes qui veulent se doubler en vue d'avoir un gros tas d'argent, c'est des plus classiques. C'est sans compter sans les rebondissements dont Serge Brussolo sait agrémenter ses récits. Ce qui ressemble à une banale histoire écrite par un auteur de romans noirs se transforme en course effrénée où tous les coups sont permis, et où certains événements arrivent alors qu'on ne les attendait pas.
Par exemple, l'opération a lieu assez rapidement, ce qui implique que le reste du roman sera, normalement, plein de découvertes. Là encore, l'auteur insère des éléments attendus (comme ce que font Julius et Billy), mais il y ajoute sa patte, ce qui fait que cela ne tourne pas comme on pourrait s'y attendre.

Chez Brussolo, les personnages (sauf le héros) sont souvent déjantés: fanatiques, paranoïaques, etc. C'est toujours un bonheur pour moi de lire leurs délires, car l'auteur ne lésine pas sur les détails, et son exposition de cerveaux malades est très convaincante. Ici, c'est Julius et Alienor qui font office de dérangés. Les autres sont un peu différents. On ne les trouvera pas forcément sympathiques, mais tellement réalistes! L'attitude de Sue, Wichita, Billy, Julius vis-à-vis de la grosse somme d'argent qu'ils convoitent est très bien exposée et tout à fait logique. Voilà pourquoi je pense que les personnages sont un peu plus creusés que dans certains romans de Brussolo.
Jana est un clin d'oeil aux protagonistes qu'affectionne le romancier: ceux qui vivent à cent à l'heure et ne peuvent concevoir une autre existence.

quant à Markh, il est le seul à garder la tête froide, mais cela vient du fait qu'il est blasé de la vie. C'est lui qui se rapproche le plus du héros brussolien, à cause de sa lucidité mêlée d'apathie. Heureusement, cette mollesse n'est pas aussi pénible que chez certains autres.

Certaines ficelles sont un peu grosses, par exemple, la façon dont certaines personnes meurent... Surtout que cette ficelle est répétée... En outre, je n'ai pas trop aimé ce qu'on découvre à l'avant-dernier chapitre, parce que je trouve que c'est trop classique. Pour moi, c'est indigne de Brussolo. Cependant, c'est rattrapé par le fait que ça lui permet d'aller plus loin dans la démonstration de la noirceur de l'âme humaine.
Par ailleurs, il n'est pas très crédible qu'un des personnages survive à l'explosion d'un véhicule dont il était le conducteur. L'écrivain parvient, malgré tout, à faire passer la chose.

Ce roman alterne les points de vue selon les chapitres. Les pensées des différents protagonistes sont contées par un narrateur omniscient. Si l'auteur le fait parfois, il ne le fait pas autant que dans «La route de Santa Anna». J'ai apprécié cette façon de faire qui, pour moi, contribue à donner du rythme au récit.

N'oublions pas les petits traits d'humour dont l'auteur fait preuve, notamment lorsqu'il évoque Jean-Pierre. Entre l'ancienne profession de ce dernier, les jeux de mots douteux qu'il fait, et les commentaires du narrateur, on a de petits moments amusants au milieu de ce thriller haletant.

Éditeur: le Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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100 lectures

vendredi, 10 octobre 2014

Terminus Allemagne, d'Ursula Krechel.

Terminus Allemagne

L'ouvrage:
1948. Richard Kornitzer revient dans son pays, l'Allemagne, après un exil forcé. En effet, il était juif. Déchu de sa nationalité allemande, ruiné, obligé d'envoyer ses enfants en Angleterre pour les protéger, de laisser sa femme en Allemagne, Kornitzer est amer. Le roman raconte son combat pour retrouver sa vie, ses droits, sa dignité.

Critique:
Par certains côtés, ce roman m'a rappelé «Quand l'empereur était un dieu», de Julie Otsuka. Les deux romancières ont choisi d'évoquer un pan de l'histoire dont on parle moins. En effet, si la seconde guerre mondiale est abondamment abordée dans de nombreux ouvrages, ce qui arrive à ceux qui furent dans le cas de Kornitzer n'est pas très connu. En effet, Ursula Krechel expose toute la mauvaise foi dont fit preuve l'état vis-à-vis du personnage qu'elle a créé et de sa famille. À travers l'histoire de Richard Kornitzer, c'est l'histoire de bien d'autres qu'elle raconte. Bien sûr, il n'était pas facile à l'état de compenser matériellement les pertes de ces gens, mais peut-être qu'un peu de reconnaissance quant à l'injustice qu'ils ont vécue aurait aidé à arranger les choses.
Avec précision et méticulosité, la romancière explique les dégâts causés dans ces vies. Par exemple, Richard et Claire ont perdu au moins dix années de la vie de leurs enfants: les années où l'enfant découvre la vie, celles où il a le plus besoin de ses parents. Cette cassure est irréparable. C'est pareil concernant les deux adultes, même s'ils tentent de tout reconstruire.
Une question se pose également. Jusqu'à quel point faut-il se battre pour obtenir réparation? On se mettra forcément à la place de Kornitzer, et on découvrira qu'on ne sait pas comment on aurait agi.

À l'instar de Julie Otsuka, Ursula Krechel use d'un style particulier pour conter cette histoire. Il peut sembler froid et rude, mais pour moi, le but est d'exposer les faits avec le moins de sensiblerie possible. Moins c'est larmoyant plus c'est percutant. On n'a pas besoin d'en rajouter: un récit sobre et clair suffit pour décrire le calvaire de cette famille dont les membres furent, pendant une grande partie de leur vie, des pions sur l'échiquier de l'histoire.
Le fait qu'il y ait très peu de dialogues, que l'ouvrage ressemble presque à un reportage, à un documentaire social, m'a d'abord déroutée, mais je m'y suis vite habituée, car le contenu m'intéressait.

Malheureusement, j'ai trouvé le roman quelque peu inégal: certains passages m'ont paru trop longs, notamment le chapitre où Ursula Krechel raconte la vie que notre héros mena à Cuba.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Carnets Nord.

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90 lectures

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