samedi, 22 avril 2017

*Parutions Audiolib, mai 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 17 mai 2017.

  • Article 353 du code pénal

Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel, lu par Féodor Atkine, 3h59.
Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

  • Danser au bord de l'abîme

Danser au bord de l'abîme, de Grégoire Delacourt, lu par Colette Sodoyez, 6h54.
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait.
Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.

  • Tu comprendras quand tu seras plus grande

Tu comprendras quand tu seras plus grande, de Virginie Grimaldi, lu par Astrid Roos, 9h4.
À 32 ans, Julia croit davantage à la petite souris qu’au bonheur. Il faut dire que le sien s’est fait la malle, emportant avec lui son père, son futur mari et sa grand-mère. Elle se laisse glisser pendant six mois, jusqu’au jour où elle prend conscience qu’elle doit se sauver, dans tous les sens du terme. Elle répond à une offre d’emploi sans réfléchir : une maison de retraite à Biarritz cherche une psychologue pour un remplacement de congé maternité. Une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Au fil des jours et des situations, tantôt poignantes, tantôt épiques, Julia va découvrir que ceux qui se cachent sous leurs têtes blanches ont bien des choses à lui apporter. Et si elle n’était pas venue là par hasard ?

  • Le Secret du mari

Le Secret du mari, de Liane Moriarty, lu par Nathalie ugo, 12h6.
Jamais Cecilia n’aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort. » Quelle décision prendre ? Respecter le voeu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ? Tous les maris – et toutes les femmes – ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs…

  • Jusqu'à l'impensable

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly, lu par Jacques Chaussepied, 11h51.
Harry Bosch, retraité du LAPD malgré lui, tente de tuer le temps en remontant une vieille Harley lorsque Mickey Haller, son demi-frère avocat de la défense, lui demande de travailler pour lui comme enquêteur. Haller est persuadé que seul Bosch pourra l’aider à innocenter Da’Quan Foster, un ex-membre de gang accusé d’avoir battu à mort la directrice adjointe des services municipaux de West Hollywood. Si les obstacles sont de taille – la preuve accusant Foster est accablante et il ne reste plus que six semaines aux deux frères avant le procès –, Haller en est sûr, Foster est innocent. Le dilemme est de taille pour Harry : comment défendre un assassin quand on a passé sa vie à en expédier le maximum en prison ?

  • Le Cri

Le cri, de Nicolas Beuglet, lu par Olivier Prémel, 13h52.
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre… Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ? Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse…

  • Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre

Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre, de Fabrice Midal, lu par Ptrick Mancini, 4h13.
« Méditez pour être sage, méditez pour gérer votre stress, méditez pour rester zen, méditer pour vivre mieux… Depuis une dizaine d’années, nous sommes soumis à une avalanche de discours et de livres sur les bienfaits de la méditation. Pourtant, malgré nos efforts, nous ne réussissons ni à devenir sages, ni à gérer notre stress. Et si nous allions mal en raison de la folie même de ces injonctions ? La méditation n’est pas un apprentissage de la gestion de sa vie intérieure. Au contraire, je médite pour être libre, pour être moi. Je médite pour me foutre la paix. Vous aussi, foutez-vous la paix ! » - Fabrice Midal

  • Méditation, respiration, relaxation

Méditation, respiration, relaxation - Se ressourcer pour tout concilier, de Clarisse Gardet, lu par l'auteur, 2h26.
Nous sommes tous confrontés chaque jour à des difficultés plus ou moins importantes. À chaque étape de la vie, le stress est présent et prend des formes particulières. Comment prendre du recul ? Comment se préserver et prévenir les réactions délétères sur notre organisme ? Comment apaiser les tensions physiques et les perturbations émotionnelles qui nous fragilisent ? Nous verrons que savoir se ressourcer est une compétence indispensable qui peut s’acquérir grâce à un entraînement simple. À partir de situations concrètes, nous aborderons des exercices faciles à intégrer au quotidien et qui peuvent aider, à tous les âges, à se ressourcer.

  • De l'âme

De l'âme, de François Cheng, lu par Didier Sandre, 3h17.
Il y a une quarantaine d’années, François Cheng, auteur encore peu connu, est abordé dans le métro par une jeune femme qui l’a reconnu. D’une beauté rayonnante, elle lui inspire des interrogations sur le mystère de la beauté, qui seront au coeur des deux seules rencontres qui suivront. Quarante ans plus tard, cette femme lui écrit : elle a subi comme tous certaines épreuves, et à l’automne de sa vie elle questionne le poète : « Sur le tard, je me découvre une âme. Est-ce une illusion, une réalité ? » Ce court livre est la suite des sept lettres par lesquelles François Cheng lui répond, avec la profondeur spirituelle et la qualité d’écriture qu’on lui connaît.

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40 lectures

jeudi, 20 avril 2017

Celle qui sentait venir l'orage, d'Yves Grevet.

Celle qui sentait venir l'orage

L'ouvrage:
Italie, 1897.
Frida est adolescente. Ses parents ont été pendus pour crimes de sang, et certains aimeraient également exécuter leur fille. Avec la complicité des parents de son amie Isabella, elle fuit son petit village, et trouve refuge chez le docteur Grüber. Elle comprend vite que ce séjour ne sera pas de tout repos...

Critique:
On m'avait dit du bien de la série «Méto». Ma lecture de «Celle qui sentait venir l'orage» renforce mon désir de lire cette série. Malheureusement pour moi, si elle existe en audio, c'est lue par une voix de synthèse. Outre que je n'aime pas ce mode de lecture pour un roman, je trouve qu'il existe des voix de synthèse plus performantes que celle qui a été utilisée.

Yves Grevet aborde certains thèmes de manière juste. On pourrait trouver exagéré cet acharnement sur la famille de Frida, pourtant, étant donné le contexte, cela se comprend. Le père de la jeune fille était différent des autres. Il alimentait donc superstitions et rumeurs. On sait bien que les préjugés se nourrissent d'eux-mêmes et du peu de crédit qu'y apportent d'autres personnes tout aussi bornées. L'auteur montre bien les conséquences de cela. Outre ce qui arrive aux parents de Frida, la jeune fille raconte son passé dans un pensionnat religieux. Entre fanatisme et superstition, je vous laisse imaginer ce qu'elle a vécu. Ajoutons à cela que ses «camarades», sûres de leur impunité, entraînées par l'effet de groupe, le mimétisme, etc, n'étaient pas en reste.

D'autre part, Yves Grevet rappelle que dans ces années, certaines théories (que nous jugeons loufoques aujourd'hui) avaient cours: celles de la physiognomonie. Il y avait des profils d'hommes dits normaux et d'hommes dits délinquants. Par exemple, une mâchoire carrée, des cheveux implantés bas, etc. J'ai beaucoup aimé la démonstration que finit par faire Mauricio quant à cela. Ces théories arriérées et subjectives sont assez effrayantes. De plus, certains «savants» de l'époque semblent intolérants, fermés... Bien sûr, l'auteur a inventé ce cas, mais il s'est basé sur des théories existantes. Il est déstabilisant de voir, à la lecture du rapport du docteur Grüber, que celui-ci met ses observations au service de sa théorie qui est également celle de son ami: il ne veut pas imaginer qu'elle puisse être fausse, et ne laisse aucune place à une autre interprétation que celle qu'il souhaite.

Quant à l'intrigue, elle ne souffre d'aucun temps mort. Le lecteur ne devine pas grand-chose avant que l'auteur ne le décide. On passe d'épreuve en rebondissement, on respire au rythme de Frida...
À un moment, l'écrivain utilise une ficelle employée dans certains romans. Cette ficelle nécessite des explications. L'auteur doit la rendre vraisemblable. Il est un aspect de cette vraisemblance sur lequel beaucoup ne s'attardent pas, ce qui m'agace toujours. Ici, Yves Grevet le gomme complètement, mais il est un peu moins blâmable que certains de ses confrères, car la jeunesse de Frida peut en partie expliquer qu'il ne s'y attache pas. J'aurais quand même aimé qu'il trouve quelque chose... ne serait-ce, justement, que l'explication de la jeunesse de l'adolescente.

Frida et ses amis sont attachants. La jeune fille réfléchit davantage que certains de ses contemporains, les épreuves et ses observations lui ayant forgé le caractère et donné l'esprit critique.

Éditeur: Syros.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Dechamps pour la Ligue Braille.

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47 lectures

lundi, 17 avril 2017

The translation of love, de Lynne Kutsukake.

The translation of love

L'ouvrage:
Tokyo, 1947.
Après avoir vécu au Canada, puis avoir été internés dans un camp pendant la guerre, Aya Shimamura et son père choisissent de retourner au Japon. Ce n'est pas facile pour la fillette qui n'a connu que le pays d'adoption de son père. À l'école, elle se retrouve assise à côté de Fumi Tanaka. Celle-ci est préoccupée, car sa soeur, Suniko, qui travaille dans un bar, n'a pas donné signe de vie depuis un moment.
Condo, le professeur de la classe d'Aya et Fumi, arrondit ses fins de mois en traduisant des lettres de l'anglais vers le japonais et vice versa.
Matsumoto, lui, fait partie de ceux qui traduisent en anglais les monceaux de courrier que reçoit le général MacArthur.

Tout ce monde se croise et se rencontre dans le Tokyo d'après-guerre.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. D'abord, Lynne Kutsukake m'a appris des choses concernant le contexte historique. Je ne me souvenais plus pendant combien de temps les États-Unis avaient occupé le Japon après la guerre. L'auteur raconte des situations difficiles. Par exemple, à l'école, Aya est montrée du doigt parce que c'est une rapatriée. Son père est déconsidéré. Certains GI se comportent en colons, abusant des femmes, et piétinant la culture japonaise. Des bébés sangs mêlés sont sacrifiés... Décrivant une ville sans cesse en mouvement, les aspirations et les actes de certains, Lynne Kutsukake brosse un tableau vivant et coloré de cette société. À travers l'histoire de ses personnages, elle montre les répercussions de la victoire américaine sur le Japon.

Les personnages sont attachants. C'est sûrement Fumi que j'ai le moins appréciée. J'ai compris sa douleur, mais elle n'est jamais très sympathique. Lorsqu'elle songe à se faire une amie d'Aya, elle pense tout de suite à se servir d'elle en tant que réceptacle de sa détresse. Elle ne semble jamais se préoccuper des états d'âme d'Aya. Elle a parfois des éclairs de gentillesse, et semble plus ouverte après leur grosse dispute, mais elle m'a très souvent agacée. Je lui ai préféré Aya. Perdue, ne sachant à qui confier son mal être, elle a éveillé ma compassion. Elle est davantage à plaindre que Fumi.

Suniko est sympathique. Elle tente de faire au mieux. À l'inverse d'autres, ce n'est pas de gaieté de coeur qu'elle fait ce genre de travail et se coupe de sa famille. Par la suite, elle vit des choses qui la mettent à l'épreuve. Elle réagit toujours avec courage.

Je ne parlerai pas de tous les personnages, mais chacun est travaillé, crédible, intéressant.

L'intrigue est bien menée. Une sorte de complicité se tisse entre l'auteur et le lecteur, notamment lorsqu'elle fait se rencontrer des personnages qui ne savent pas qu'ils sont liés, alors que le lecteur le sait. Il n'y a pas de temps morts, ni d'incohérences. Certains diront peut-être que ça se termine trop bien. Je ne pense pas. D'abord, tout ne finit pas bien: le père d'Aya, par exemple, continuera un travail mal payé et peu épanouissant pour lui. Ensuite, il est logique que ces personnages tentent de faire au mieux, connaissant leur caractère, et donc il est normal qu'ils fassent de bonnes choses.

Le petit reproche que j'adresserais est à la quatrième de couverture. Elle ne parle presque que de Fumi et Aya. De ce fait, j'ai pensé que le thème principal du roman était une amitié entre deux enfants. Or, cela fait partie du canevas, mais c'est une chose parmi d'autres. Au début, cela m'a un peu déroutée, mais j'ai trouvé que le roman était bien plus riche que ce à quoi je m'attendais, donc cela a été une bonne surprise.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nancy Wu pour les éditions Blackstone audio
J'ai apprécié l'interprétation de Nancy Wu. Elle modifie un peu sa voix pour les hommes, mais cela reste naturel, car c'est léger. D'autre part, j'ai été ravie qu'elle ne fasse pas une chose qui est à la fois affectée et fausse. Ce roman est écrit en anglais. Parfois, certains personnages se parlent en japonais. Leurs paroles sont écrites en anglais de manière conventionnelle. On sait qu'ils discutent en japonais, mais il serait laborieux d'avoir le texte en japonais et la traduction en anglais. Lorsque ce cas de figure se produit, certains lecteurs donnent un accent aux personnages. (C'est le cas de Mark Bramhall dans «Gardens of water», d'Allan Drew.) Nancy Wu ne le fait heureusement pas. J'ai été soulagée, car c'est très laborieux pour moi d'écouter des livres où on fait des accents. De plus, il aurait été faux de faire ainsi, car les personnages s'expriment dans leur langue, ils n'ont donc pas d'accent.

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60 lectures

jeudi, 13 avril 2017

Parce qu'elle m'aime, de Mark Edwards.

Parce qu'elle m'aime

L'ouvrage:
Andrew est célibataire, travaille chez lui... À part sa soeur (Tilly) et sa meilleure amie (Sasha), il est seul. Un jour, il rencontre Charlie. Ils entament très vite une relation passionnée.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Sur tes pas», je ne pouvais laisser l'occasion de lire «Parce qu'elle m'aime». Ce roman m'a plu. Mark Edwards s'est essayé à un exercice assez difficile, parce qu'il fallait que tout soit crédible. Dans un message au lecteur en fin d'ouvrage, il présente ses excuses à ceux qui trouveraient ses ficelles trop grosses. Le tout m'a paru bien amené. Après coup, j'ai pensé: «Ah, il a utilisé le même type de ficelle que Machin dans tel roman, et il a fait exprès de faire ceci ou cela que j'ai moins apprécié.» Certes, mais si j'avais été à sa place, j'aurais fait exactement pareil! Il faut bien trouver un moyen de duper le lecteur. D'ailleurs, l'auteur est plus subtil que certains autres. Si Andrew finit par être persuadé de quelque chose, le lecteur, lui, est plus précautionneux. Quant à moi, je ne savais quoi croire, et c'est justement ce qui rend ce roman intéressant. Certains faits poussent vers une conclusion, mais après tout, le réseau de «preuves» n'est pas bien solide... À un moment, j'ai pensé que Mark Edwards en faisait peut-être un peu trop concernant Frazer, mais après tout, c'est crédible.
Un autre point positif est que l'auteur n'amène pas les choses avec de gros sabots. Andrew découvre, peu à peu, des éléments dont certains sont anodins. Là-dessus, se greffent les problèmes sentimentaux de Sasha, etc.

Les personnages principaux sont tous attachants, même si on en préférera certains à d'autres. Le style de l'auteur est fluide. Il sait poser une situation, et fait en sorte que l'histoire soit assez intéressante pour que le lecteur ne tente pas de la décortiquer et devine tout trop tôt. Le romancier sait créer le suspense. Son intrigue ne traîne pas.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
J'aime beaucoup Olivier Chauvel, et je suis convaincue que c'est un bon comédien. Voilà pourquoi je trouve vraiment dommage qu'il modifie sa voix pour faire certains personnages. Je ne sais pas si cela vient de lui ou du studio qui l'a dirigé, mais quel gâchis d'avoir fait une voix de beauf à Victor! Tout ça parce qu'il appelle sa femme bobonne, et a parfois des réflexions un peu idiotes! Dans la vie normale, personne ne parle avec une voix qui semble exagérée, toujours forte... Qu'aurait fait le comédien si, à un moment, Victor avait chuchoté? Il change aussi sa voix pour Frazer. Ici, c'est un peu mieux réussi, mais tout comme pour Victor, cela fait caricatural. Il est normal que la voix laisse transparaître une fêlure, mais pourquoi faire renifler Frazer toutes les cinq secondes? L'auteur ne précise pas ces reniflements. Bien sûr, ils vont avec ce qu'on sait et imagine de Frazer, mais que le lecteur les fasse accentue la caricature, tout comme la voix qui prend automatiquement une certaine tessiture.
D'autre part, à plusieurs reprises, Andrew rédige des SMS: le lecteur les lit comme si le narrateur était en train de les rédiger en les lisant à voix haute. De ce fait, il ne met pas le ton, et les lit de manière hachée. J'ai trouvé cela dommage: cela casse le rythme, et ne fait pas très naturel.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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67 lectures

lundi, 10 avril 2017

What was mine, d'Helen Klein Ross.

What was mine

L'ouvrage:
Lucy Wakefield n'a pas pu avoir d'enfants. Son obsession était telle que son couple n'y a pas résisté.
Un jour, à Ikéa, elle tombe sur un bébé (elle saura plus tard que l'enfant s'appelle Natalie Featherstone) dont la mère s'est éloignée. Elle l'enlève.

Critique:
La façon dont l'auteur aborde le thème ne pourra pas laisser le lecteur indifférent. Le scénario rappelle un peu «Un enfant à soi». Cependant, j'ai été plus sévère envers Lucy qu'envers Jennifer. Si elle a élevé l'enfant (qu'elle a rebaptisée Mia) du mieux qu'elle a pu, si elle n'a jamais eu de mauvaises intentions envers elle, au départ, elle l'a enlevée pour satisfaire un désir égoïste. Elle l'a arrachée à des parents qui n'étaient pas parfaits, mais qui étaient normaux. D'ailleurs, elle ne savait rien d'eux. Pour moi, elle ne paie pas assez pour ce qu'elle a fait. Certes, elle paie et tire peut-être des leçons de ses déboires, mais pour moi, ce n'est pas assez. Tout au long du roman, elle se cherche des excuses. Il y a bien un moment où elle se rend compte que Marilyn (la vraie mère de l'enfant) a simplement eu un moment d'inattention, et qu'elle n'était pas forcément une mauvaise mère, mais cela ne l'empêche pas de continuer sa vie comme si de rien n'était. Je n'ai pas réussi à éprouver de la sympathie envers Lucy. Lorsqu'elle pensait que son but a toujours été d'élever un enfant, et pas de le maltraiter, et que donc, cela vaut mieux pour Mia que d'avoir été enlevée par un pédophile, j'avais envie de dire: «Il ne manquerait plus que ça! Bientôt, il faudra remercier Lucy en lui baisant les pieds pour cet enlèvement!»

Le roman est raconté de plusieurs points de vue. Helen Klein Ross a fait quelque chose que j'ai beaucoup apprécié: elle a fait en sorte que plusieurs s'expriment sur le sujet. Par exemple, la soeur de Lucy, lorsqu'elle apprend les faits, est choquée, et explique en quoi Lucy n'est qu'une sale égoïste qui ne supporte pas qu'on ne cède pas à ses caprices. C'est un peu comme ça que je vois Lucy. Pour moi, elle n'est pas vraiment dévouée à sa «fille», mais plutôt au fait que son secret ne puisse jamais être découvert. Ensuite, on a le point de vue de Wendy qui a vécu quelque chose de traumatisant, et qui, de ce fait, comprend Lucy. Comme je n'aime pas Lucy, et que je ne lui accorde pas les circonstances atténuantes, je ne vois pas trop en quoi ce que Wendy a été forcée de faire peut l'amener à comprendre Lucy. Je pense que c'est dans le sens où parfois, on commet de mauvaises actions contre son gré. C'est ce qui est arrivé à Wendy, mais certainement pas à Lucy!
Quant à la réaction des autres personnages, je la comprends. Je ne l'approuve pas forcément, mais je la comprends, car d'autres paramètres entrent en jeu.

J'aurais aimé que certaines choses soient davantage développées. Je ne peux pas dire lesquelles, car j'en dévoilerais trop sur l'intrigue... Ce roman m'est d'ailleurs assez dur à chroniquer, car j'aimerais parler d'éléments qui me forceraient à divulguer des moments clés de l'intrigue. En tout cas, si je n'ai pas aimé Lucy, si certaines choses peuvent paraître assez grosses (la scène de la clé est tellement surréaliste qu'elle en est comique), le thème est délicat, et c'est un livre (notamment les réactions des différents personnages) dont il serait très intéressant de discuter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Simon and Schuster Audio La distribution est:
Amanda Carlin: Lucy
Cassandra Campbell: Marilyn
Rebekkah Ross: Mia
Jonathan Todd Ross: Tom, Warren, Grant...
Julia Whelan: Wendy, Sheryl...
Je trouve dommage que Julia Whelan ait pris des voix si caricaturales pour ses rôles. Sheryl a l'air d'une pauvre vieille aigrie, l'accent de Wendy est exagéré, etc. Elle a sûrement fait cela parce qu'elle souhaitait que les auditeurs différencient bien ses rôles, mais j'ai trouvé cela plutôt horrible. Je préfère le parti qu'a pris Jonathan Todd Ross: il garde la même voix, tout en mettant le ton approprié. Julia Whelan tente bien de le mettre, mais c'est gâché par les différentes voix qu'elle prend.
Je connais bien Cassandra Campbell que j'aime beaucoup, même s'il lui arrive d'être un peu trop sobre.
Je connais peu Amanda Carlin, mais je pense que je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Quant à Rebekkah Ross, j'ai un peu de mal avec sa voix... En outre, elle la modifie pour faire les rôles masculins, ce qui, pour moi, n'arrange rien.

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66 lectures

jeudi, 6 avril 2017

Toute ma vie sera mensonge, d'Henri Troyat.

Toute ma vie sera mensonge

L'ouvrage:
Paris, 1943. Armand et Constance tiennent le restaurant la Poivrière. Ayant de bonnes relations avec les Allemands, ils ne manquent de rien, et on peut faire bombance dans leur restaurant. Vincent (dix-sept ans) et Valérie (vingt-deux ans), les enfants d'Armand, en profitent. Cependant, cette situation oppresse Vincent qui a mauvaise conscience. Afin de se détacher un peu du restaurant, il va vivre chez sa soeur pour une durée indéterminée.

Critique:
Comme dans les autres romans de lui que j'ai lus, Henri Troyat plonge son lecteur dans une histoire, en peu de pages. Il fait cela simplement, avec des mots vrais, une écriture toujours juste, sans fioritures, d'un style précis. Ici, il emporte des personnages quelconques dans la tourmente de la deuxième guerre mondiale. Chacun réagit différemment. Vincent est sûrement le plus intéressant. D'abord, c'est le narrateur, donc c'est celui que l'auteur analyse le plus. Ensuite, c'est justement ses pensées et ses actes qui le rendent captivant aux yeux du lecteur. Il ressemble, je pense, à la plupart d'entre nous. Il déplore le copinage de ses parents avec les Allemands, mais profite des avantages que cela apporte. Il soutient la Résistance et pense même à en être, mais n'en a finalement pas le courage. Il comprend que tout est une question de hasard: il a la chance de faire partie du peuple élu, alors que son ami, Michel Cohen, non. Mais surtout, Vincent adore sa soeur, d'un amour entier et possessif. À un moment, la vie le place devant un choix, et il agit guidé par ce sentiment, sans vraiment penser à autre chose qu'à la conséquence immédiate. À partir de là, on se demande comment Henri Troyat terminera son livre. De multiples choix s'offraient à lui. Finalement, la fin qu'il a choisie est la meilleure. On imagine très bien comment passeront les années... (Je ne peux pas en dire plus.)

Valérie est également un personnage intéressant. À un moment, Vincent, par jalousie, dit qu'elle est devenue plus responsable pour de mauvaises raisons. Malgré son dépit, je pense qu'il a raison. En effet, au départ, Valérie est plutôt insouciante. Elle profite des bonnes choses sans sembler s'inquiéter de ceux qui souffrent et des moyens par lesquels elle peut bénéficier de tout cela. Ensuite, elle voit les choses de manière plus lucide, mais aurait-elle fini par les voir ainsi seule?

Depuis quelque temps, les romans se déroulant à cette période m'agacent un peu, car certains auteurs semblent aborder ce thème grave et délicat comme on surfe sur une vague. Ils en font trop, en écrivent des tonnes, et cela ne prend pas, du moins avec moi. Henri Troyat a vécu cette période. De plus, sa finesse, la justesse de son écriture, son brillant esprit d'analyse font que le sujet est très bien abordé.

Un roman très bien écrit (ce qui n'étonnera personne), des personnages très bien analysés.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Dominique Van Wijngaerden pour la Ligue Braille.

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86 lectures

lundi, 3 avril 2017

Letters to Zell, de Camille Griep.

Letters to Zell

À ma connaissance, cet ouvrage n'a pas été traduit.

L'ouvrage:
Grimland.
Rapunzell, dite Zell (Raiponce) et son mari sont partis vivre dans le royaume d'Oz. Cecilia (Cendrillon), Bianca (Blanche-Neige), et Rory (la belle au Bois dormant) lui écrivent et lui racontent comment se passe la vie sans elle.

Critique:
J'ai aimé la perspective adoptée par l'auteur. Après avoir lu «Les chroniques lunaires», je n'imaginais pas qu'on puisse aborder les contes sous un autre angle. Camille Griep est très forte. Elle projette ses héroïnes dans la réalité, mettant en avant les incohérences ou les étrangetés des contes. Par exemple, il est logique que les héroïnes n'aient pas toutes les mêmes aspirations. Elles sont d'ailleurs assez exaspérées de la manière dont les voient les humains. Parfois, cela leur pèse, et parfois, c'est traité de manière plus légère. Par exemple, lorsque nos princesses se rendent à Disneyland, la réaction de Rory à la vue de son château et de la manière dont elle est représentée m'a beaucoup fait rire. Certaines répliques sont amusantes, par exemple, à un moment, Cecilia et Bianca se disputent, et Cecilia assène: «Étouffe-toi avec une pomme!»

Outre l'univers des contes adapté et détourné, la romancière nous parle d'amitié, de rêves qu'on n'ose pas vivre, etc. Les trois jeunes filles ont du mal à se mettre à la place de leurs amies. C'est sûrement Rory que j'ai le moins appréciée. Je comprends qu'elle soit frustrée, car elle fait son possible pour maintenir ce qui ne peut l'être, elle ne peut retrouver ce qu'elle a perdu, et elle voit que ses amies ont la possibilité d'avoir ce qu'elle souhaite de toutes ses forces. Je l'ai comprise, mais je n'ai pas accepté son absence d'empathie (du moins sur une grande partie du roman) et sa mièvrerie. D'un autre côté, Cecilia et Bianca tentaient d'imaginer ce qu'elle endurait, et voulaient lui rendre la vie plus facile.

Étant très proches de Rory, Cecilia et Bianca ne parviennent pas à comprendre ce qu'a fait Henry (le mari de Rory). Bien sûr, on aura tendance à blâmer Henry, mais Rory et lui se sont retrouvés coincés de tous les côtés alors qu'ils n'étaient pas faits pour s'entendre. Que pouvaient-ils faire?

J'ai aimé la destinée et le caractère que Camille Griep imagine pour les princesses. C'est un peu étrange quand on connaît les contes, mais c'est très sympathique. Il faut d'ailleurs bien connaître certains contes, et ne pas se tromper de version. Comme cela se passe à Grimmland, on comprend que la romancière s'est basée sur les contes de Grimm. De ce fait, il faut se souvenir de ce qui arrivent aux demi-soeurs de Cendrillon à la fin de cette version. Ainsi, quand l'auteur le rappelle à travers son adaptation, on voit de quoi elle parle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.
C'est le premier livre enregistré par cette lectrice que j'écoute. Elle a une voix agréable, dynamique, et met le ton approprié. Ici, elle a un peu forcé le trait (pour la mièvrerie de Rory ou le fait que Bianca soit un peu comme une tornade), sûrement pour bien montrer la personnalité des princesses. Cela m'a un peu agacée, mais la comédienne ayant enregistré les trois rôles, on lui a peut-être demandé d'accentuer les différences entre les héroïnes.

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78 lectures

jeudi, 30 mars 2017

Les geôliers, de Serge Brussolo.

Les Geôliers

L'ouvrage:
Jillian Caine est scénariste. Elle est plutôt sur le déclin. C'est alors que le cinéaste Dieter Jürgen (réputé pour faire des films extrêmes) la recrute pour écrire le scénario retraçant une partie de la vie de Debbie Fevertown. Quinze ans auparavant, celle-ci a assassiné son mari et ses fils avant de prendre la fuite. Apparemment, elle pensait qu'ils étaient des extraterrestres, venu répandre le mal.

Critique:
Je suis passée par deux phases lors de ma lecture de ce roman. Au début, je trouvais que Brussolo en faisait trop, surenchérissant dans le spectaculaire. Ça ne m'incitait pas vraiment à continuer, car j'avais l'impression qu'il faisait tout comme ces auteurs que je n'aime pas: du spectaculaire, du macabre à foison, etc. L'idée de montrer qu'on ne pouvait pas trancher entre les différentes interprétations de ce qui est arrivé à Dipton est intéressante, mais s'essouffle vite, à mon avis.
En outre, il me semblait retrouver un écho de «La maison des murmures», et pour moi, certaines ficelles n'avaient pas à être à nouveau exploitées. Les personnages m'agaçaient. J'avais envie de leur dire qu'ils étaient tous idiots de s'être engagés là-dedans, sachant que cela pouvait être dangereux.

À partir d'une certaine découverte concernant Dieter, les choses ont changé pour moi. D'abord, j'ai trouvé que cette découverte montrait le début sous un nouvel angle, et que tout prenait sens. À partir de ce moment, j'ai retrouvé le Brussolo extrêmement créatif que j'affectionne. Si j'ai retrouvé des échos de ses autres romans (notamment «Le carnaval de fer»), cela a été avec plaisir, parce que l'idée n'est absolument pas exploitée de la même façon. Parmi toutes les inventions loufoques dont regorge ce roman (surtout la deuxième partie), j'ai une tendresse particulière pour ce que j'appelle «l'eau vivante». J'ai également beaucoup apprécié les premières conséquences engendrées par la régénération de Dieter.

Encore une fois, Brussolo invente des péripéties et des éléments extrêmes qui font passer les personnages par toutes les phases de l'horreur, mais qui, parfois, font rire le lecteur. Ici, par exemple, j'ai plutôt ri de voir ce qui arrive aux monstres morts après un combat sanglant, ou même lorsque certains mangent des morceaux de leurs congénères pendant qu'ils sont eux-mêmes mangés.
Dans la partie que j'ai moins aimée, j'ai quand même ri grâce à Miranda. C'est tellement commun de montrer une femme qui tente de perdre du poids, Brussolo a préféré parodier cela en montrant le contraire. Cela m'a beaucoup amusée.

Jill n'est pas vraiment intéressante. Souvent, les héros brussoliens sont mous, mais quelque chose les démarque. Pour moi, Jill est quelconque. Je lui préfère l'homme-hérisson.

Je me suis doutée qu'à la fin, un élément montrerait que les choses ne sont pas finies, mais je n'avais pas deviné quel serait cet élément. Je pensais que cela m'agacerait, mais finalement, non...

Éditeur: Folio.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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