mercredi, 1 juillet 2015

Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier.

Ça peut pas rater

L'ouvrage:
Marie Lavigne vient de se faire plaquer après dix ans de vie commune. Son ex, Hugues, a fait cela de manière très indélicate. Marie en a assez de lui et des hommes en général. La vie va pourtant lui montrer que tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier.

Critique:
Comme souvent, avec les comédies de Gilles Legardinier, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre. Le désespoir de Marie me semblait trop grandiloquent. Et puis, je n'aime pas trop les catégorisations faciles que font les personnages de cet auteur. Les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça. Je pense que s'il y a certains courants, il ne faut pas tout compartimenter.

À mesure de mon avancée dans le livre, j'ai compris que l'auteur s'efforçait de montrer à son héroïne que tout n'était pas si simple. Marie est tombée sur un crétin (son entourage ne l'appréciait d'ailleurs pas), mais elle se rend compte qu'elle apprécie des hommes et des femmes de tous horizons.

C'est avec émotion que j'ai retrouvé les petites phrases qui font le style de Gilles Legardinier. Certaines sont de gros délires, d'autres sont émouvantes tant elles sont vraies. Lors de l'entretien avec l'auteur, Liza (la personne des éditions Audiolib qui l'a réalisé) en a retenu une qui est particulièrement juste: «De toute façon, quand les gens font quelque chose pour vous, c'est toujours bien.» Cela m'a rappelé que j'avais dit cela, en substances, à quelqu'un quelques jours auparavant. Tout ça pour dire que les comédies de Gilles Legardinier parlent au lecteur parce qu'il y décrit la vie avec justesse. Il teinte des événements ordinaires d'humour et de phrases bien choisies qui démontrent une certaine philosophie de vie. Ses personnages sont profondément humains (même les «méchants»). Voilà pourquoi il est si facile de s'identifier à eux. À ce sujet, je vous conseille la totalité de l'entretien à la fin du livre audio, car l'auteur y parle très bien de cela. Si, au départ, le romancier semble ranger les gens dans des catégories, c'est pour mieux les en déloger en leur faisant oser être eux-mêmes ou bien se donner les moyens d'accéder à leurs rêves. Je pense notamment à Pétula qui, à mon avis, fait preuve de beaucoup de courage, et s'adapte au lieu de baisser les bras. Cela renverra fatalement le lecteur à sa propre vie. Il se demandera ce que lui peut faire pour changer ce qui ne va pas.
Je pense également à la situation d'Alfredo qui n'est pas banale. Elle m'a bien plu, justement parce qu'elle sort des sentiers battus, et qu'au final, le personnage fait ce qu'il aime, distribuant sa bonne humeur parfois bourrue à la ronde.

Marie travaille dans une entreprise de matelas. Là encore, l'auteur analyse avec pertinence le milieu dans lequel nous vivons en décrivant la manière dont les conditions de travail se dégradent peu à peu. Dans l'entretien qui se trouve à la fin du livre audio, il déplore que les hommes n'aient pas compris qu'on ne s'épanouissait qu'en étant bien. En effet, c'est une chose simple, élémentaire, et essentielle que beaucoup ne veulent pas comprendre. Je ne parle pas seulement des hauts dirigeants de grandes entreprises...

Sur un plan plus léger, on retrouve des situations comiques qui, je pense, tomberaient complètement à côté sous la plume d'un autre auteur. Il y a, par exemple, la propension de Valérie à soulever son pull. Bien sûr, certaines situations m'ont paru un peu lourdes, par exemple, lorsque Marie imagine l'inquiétude d'Hugues à son sujet (au début), mais c'est le risque quand on dépeint une situation humoristique. L'humour est très subjectif, et il est impossible de faire rire à tous les coups. De toute façon, le livre regorge de situations et de répliques comiques. Donc si certaines manquent leur but, d'autres l'atteindront.

Gilles Legardinier propose une énigme à son héroïne. Pour ma part, j'avais tout de suite deviné ce qu'il y avait à savoir. C'est sûrement voulu: le lecteur est extérieur, il sait donc voir les indices que la narratrice, trop impliquée, ne perçoit pas. Cela a eu pour effet de me faire trouver le temps un peu long, alors que Marie se creusait la tête. J'ai d'ailleurs pensé qu'elle en faisait un peu trop concernant cette énigme, mais comment aurais-je réagi à sa place?

Remarque annexe:
J'aime beaucoup l'idée de ne plus utiliser des gros mots pour jurer, mais des catastrophes qui vous sont arrivées au quotidien. C'est original. L'ennui, c'est qu'on n'a pas forcément une catastrophe passée à l'esprit juste au moment de jurer. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clémentine Domptail. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Je n'ai pas été vraiment convaincue par la performance de la comédienne. Certes, elle met le ton approprié pour les répliques où il convient de prendre une certaine intonation, mais je trouve qu'elle n'a pas su adapter sa voix à ce type de lecture. Ce genre de romans n'est pas facile à lire à voix haute. Il faut avoir une voix «souriante». Bien sûr, la comédienne ne va pas sourire lorsque Marie est triste, mais les comédies de Gilles Legardinier (ainsi que celles d'autres auteurs) sont pleines de lumière, de rire, de dynamisme. La voix de la personne qui les enregistre doit refléter cela. Pour moi, Clémentine Domptail n'a que partiellement réussi à entrer dans le roman.
Je sais que plus je lis (uniquement en audio), plus je découvre de jeux de comédiens (mais aussi de lecteurs bénévoles), plus je suis sévère et exigeante.

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30 lectures

lundi, 29 juin 2015

Notre mère, de Koren Zailckas.

Notre mère

L'ouvrage:
Violet Hurst, seize ans, se retrouve en hôpital psychiatrique après qu'elle a eu un accès de colère de trop. Alors qu'elle avait pris un équivalent du LSD, elle a frappé son petit frère avec un couteau. D'autre part, elle assure avoir vu sa soeur, Rose, dans la maison, ce soir-là. Or, Rose est partie depuis dix-huit mois. Violet ne se souvient pas avoir frappé son frère. Son séjour à l'hôpital va la faire réfléchir, et trouver la source de tout le mal qui arrive dans la famille Hurst.

Critique:*%%Voici un roman psychologique mené de main de maître. En tant qu'observatrice extérieure, j'ai commencé par me demander comment il se faisait que l'un des personnages ne voyait pas qu'il était manipulé par un autre. Pour moi, c'était évident. Certes, mais en avançant dans le roman, on comprend la psychologie de chacun, et surtout comment certains ont pu être manipulés, notamment celui qui a onze ans. Ce genre de choses est assez effrayant car on ne peut s'empêcher de penser qu'on pourrait, soi-même, être manipulé et ne jamais voir qu'on l'est. Bien sûr, j'exagère, car ce roman montre une personne très malade qui sait exactement comment obtenir ce qu'elle veut.
Le lecteur se demandera également comment un adulte a pu laisser certaines choses arriver sans rien faire. Là encore, Koren Zailckas explique bien les choses, et ne laisse rien au hasard.

La personnalité de celle qui manipule est assez fascinante... Elle fait froid dans le dos. Elle est très intéressante à analyser. Pour un lecteur extérieur, les mécanismes seront assez facilement mis au jour. Cela finit d'ailleurs par être également le cas pour Violet, qui se fait souvent la réflexion que telle réplique, tel ton, telle attitude sont prévisibles.

Violet est sûrement le personnage le plus positif du roman. Certains la trouveront peut-être peu crédible, car sa remise en question, sa lucidité et son courage sont admirables. Elle fait un gros travail sur elle-même, et pousse son père à en faire autant. Personnellement, je l'ai trouvée crédible, car je pense que quelqu'un poussé au paroxysme de certaines émotions n'aura que deux solutions: s'effondrer ou se battre.

Outre l'aspect psychologique, l'auteur crée une énigme. J'avais très vite deviné quelle en était la solution, mais elle s'ajoute à cette masse de données que doivent assimiler Violet et son père. Ils sont très longs à la comprendre parce que malgré tout, cela remet trop de choses en question, leur équilibre s'en trouve fragilisé. L'être humain érigera toujours des barrières afin d'éviter de voir une vérité trop dure à accepter en face...

La fin ne pouvait être autre. Elle aurait pu être pire, mais pas meilleure, car elle n'aurait pas été crédible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio
J'aime beaucoup Rebecca Lowman. Ici, elle n'a pas démérité. Son jeu subtil donne parfaitement vie aux personnages. Sans en faire trop, elle a su montrer avec brio les émotions de chacun. À mon avis, ce roman n'est pas facile à lire à voix haute.

Éditeur français: Belfond.

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55 lectures

vendredi, 26 juin 2015

Un membre permanent de la famille, de Russell Banks.

Un membre permanent de la famille

L'ouvrage:
En douze nouvelles, Russell Banks présente un échantillon de la société actuelle.

Critique:
Je suis moins à l'aise avec les nouvelles qu'avec les romans. Quand j'en lis, j'ai du mal à passer d'une nouvelle à l'autre. Ici, cela ne m'a pas trop dérangée, car beaucoup d'entre elles m'ont plu dès le commencement. En peu de pages, l'auteur plante un décor, plonge ses personnages dans des situation étrange ou délicate. Par exemple, la nouvelle qui a donné son nom au recueil pourrait sembler être une histoire banale. Pourtant, Russell Banks fait très bien passer toutes les émotions qu'elle implique. Il fait ainsi pour d'autres nouvelles, comme «Fête de Noël». En effet, ici, il ne se passe pas grand-chose, cependant, la tension est palpable. À la fin, on se rend compte qu'un drame (dont on ne définit pas vraiment la teneur) aurait pu avoir lieu.

Quant à «Oiseaux des neiges», elle expose la réaction d'une femme en deuil. Celle-ci se rend très bien compte qu'elle réagit de manière inattendue, voire déstabilisante, et s'en explique. On comprendra très bien ce qu'elle ressent. Sa vie, ainsi que celle de l'amie qui vient l'aider à supporter cette épreuve, prend une autre tournure. Il suffit d'événements anodins ajoutés les uns aux autres, de réflexions que se font les héroïnes pour que les choses changent.

Pour donner un autre exemple, j'ai beaucoup apprécié «Big dog», car elle me semble particulièrement juste. Peut-être même aurait-elle mérité d'être développée et transformée en roman...

Au milieu de ces nouvelles étudiant bien la psychologie de personnages profondément humains, se glisse une énigme. Il s'agit de «À la recherche de Veronica». C'est une espèce de jeu de pistes, dont on ne démêlera pas complètement les fils. À noter que c'est peut-être moi qui n'ai pas su voir la solution. Cela n'est pas vraiment gênant, car là encore, on s'attachera au récit de cette femme, et à ce que cela révèle d'elle.

Quelques nouvelles m'ont moins plu. Par exemple, «Le perroquet invisible». Elle décrit pourtant un aspect de notre société. Je l'ai trouvée moins convaincante, moins creusée...
J'ai également eu du mal à accrocher à «Perdu trouvé».

Malgré mes petits reproches, je vous conseille ce recueil dont la plupart des nouvelles sont justes.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Golaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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mercredi, 24 juin 2015

Chevrotine, d'Éric Fottorino.

Chevrotine

L'ouvrage:
Depuis qu'Alcide Chapiro a perdu sa femme, Nelly, il tente de surmonter sa douleur et d'élever ses fils (Zac et Marcel) du mieux possible. Tous les trois sont soudés par l'épreuve et par leur amour.
C'est alors qu'Alcide rencontre Laura. La jeune femme est très vite appréciée de tous. Cependant, la famille parfaite qu'ils semblent former se fissure rapidement.

Critique:
Le scénario de ce roman est assez banal, du moins en littérature. Une personne instable, et ayant un fort caractère, trouble la vie de gens sans histoires. Pourtant, ce genre de romans me fascine toujours. Éric Fottorino décrit très bien les relations compliquées qu'engendre une telle situation. La position d'Alcide est particulièrement délicate. Il est d'un naturel plutôt doux, et n'est pas vraiment préparé à devoir s'opposer à ce qui arrive. Certains le blâmeront peut-être d'avoir laissé s'installer une situation si affreuse, notamment lorsqu'on voit ses rapports entre ses fils et lui se dégrader. À coups de colères et de non-dits, le romancier installe une situation oppressante. J'ai très bien compris les réactions d'Alcide. On ne peut pas savoir comment on agirait à sa place, car les circonstances sont très particulières. J'aime penser que j'aurais très vite chassé la personne nuisible, et me serais recentrée sur ceux qui valent vraiment la peine, mais lorsque la volonté est minée par petites touches, et que la personne qui s'en charge a toujours réponse à tout, et s'empresse de le faire comprendre à coups de réponses assurées et d'esclandres, il est compréhensible de perdre pied.

En un roman court, Éric Fottorino parvient à donner vie à ses personnages. Ils sont bien analysés, le lecteur les comprendra facilement. Bien sûr, il en est un que personne n'appréciera... Il faut d'ailleurs se demander si ce personnage est malade ou extrêmement lucide et manipulateur.

Je trouve dommage que l'auteur raconte certains événements (à travers les souvenirs du personnage principal) bien avant qu'on ne découvre comment ils sont arrivés. Si cela a une utilité dans certains romans, ici, je ne vois pas ce que cela apporte. Cela désavantage même le lecteur qui sait déjà comment les choses vont finir entre Alcide et Laura.

J'ai moins aimé la fin. D'abord, Alcide devient agaçant après. Il magnifie certaines choses, réagit étrangement... Ensuite, je m'attendais à ce que certains éléments changent quelque peu. Je n'attendais pas un revirement spectaculaire, mais en tout cas, un changement. Enfin, la toute fin m'a paru grandiloquente.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michèle Jodogne pour la Ligue Braille.

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126 lectures

lundi, 22 juin 2015

Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell.

Les tribulations d'une cuisinière anglaise

L'ouvrage:
Margaret Powell naît dans les années 1910. Elle souhaite être institutrice, mais sa famille ne peut pas lui payer les études. Après avoir fait plusieurs petits boulots, elle devient fille de cuisine. C'est ses années de fille de cuisine puis de cuisinière qu'elle racontera plusieurs décennies plus tard, dans ce livre.

Critique:
J'ai pris ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je me demandais comment l'auteur allait pouvoir rendre ce genre de récits intéressant. J'ai eu raison de tenter cet ouvrage: il m'a plu. D'abord, Margaret Powell plonge son auteur dans une ambiance particulière. Elle raconte comment c'était au début du siècle, surtout lorsqu'on était pauvre. Je me dis que certains devraient lire son livre juste pour ça: voir comme c'était à l'époque.

Outre un sens approprié du détail (l'auteur fait toujours des descriptions justes et jamais ennuyeuses), Margaret Powell a également une grande capacité d'observation et d'analyse. Voilà pourquoi son récit est intéressant. Elle décrit ceux chez qui elle travaille, tout en se demandant pourquoi les gens agissent comme ils le font. De plus, elle analyse ses sentiments, ses ambitions, etc. Elle souhaite sortir de sa condition, et pour cela, utilise les moyens qui sont à sa portée. Le lecteur comprendra très bien cette femme qui tente de s'en sortir comme elle peut. En outre, il n'est jamais question de manipulation ou de faux sentiments.

Elle travaille dans plusieurs maisons, et de ce fait, rencontre plusieurs types de personnalités. Elle insiste sur le clivage entre maîtres et domestiques. Même les patrons bien intentionnés voyaient les domestiques comme des rustres, ou du moins, les mettaient dans des catégories, puisqu'ils sont surpris que Margaret lise, se cultive, cherche à comprendre le monde et la société.
Margaret Powell met en relief des choses que nous aurions tendance à oublier parce que cette époque est de plus en plus lointaine: par exemple, une domestique devait toujours avoir une recommandation de son précédent employeur.

Au long du livre, la narratrice nous fait partager ses considérations sur certains points. Par exemple, elle assure que le pain et les gâteaux de son enfance étaient bien meilleurs que ceux de maintenant (du moins, ceux des années 60). Elle assure également que le surgelé, pour qui a connu le frais, est insipide, etc. Je suis tentée de la croire sur beaucoup de points.

Par ailleurs, certains passages sont cocasses: par exemple, le cours de cuisine où Margaret s'évanouit à cause de la saleté de l'endroit.

Un livre sympathique, qui permet que certaines pratiques, certaines façons d'être ne tombent pas dans l'oubli.

Éditeur: Payot.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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vendredi, 19 juin 2015

L'honnête tricheuse, de Tove Jansson.

L'honnête tricheuse

L'ouvrage:
C'est l'hiver. Katri et son frère, Mats, vivent avec leur chien dans un petit village. La jeune fille aide souvent les villageois à s'en sortir avec leur comptabilité.
Un jour, elle se met à apporter son courrier à Anna Aemelin, une vieille dame qui écrit des livres pour enfants. Peu à peu, elle se rend indispensable à Anna.

Critique:
Ce livre est un peu dérangeant, car au final, on ne sait pas trop quoi penser. Les motivations de Katri sont assez complexes. Elle manipule son monde. Le lecteur passera par des sentiments assez compliqués vis-à-vis d'elle, à l'instar d'Anna. Certes, elle agit par intérêt, mais parfois, une part de compassion pour la vieille dame semble entrer dans ses calculs.

Quant à Anna, elle pourra paraître étrange. Elle devine confusément que quelque chose ne va pas, et tente parfois d'y mettre bon ordre. Cependant, d'un autre côté, elle croit certaines assertions de Katri, alors qu'elle sait ne pas toujours pouvoir lui faire confiance. Je pense que la situation d'Anna n'est pas simple, car rien de ce qui importe n'est franchement dit. Elle ne peut se fier qu'à une intuition. Au reste, elle parvient parfois à tirer son épingle du jeu. Mais là encore, on ne sait pas si elle l'a fait à dessein, ou si Katri est paranoïaque.

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi Katri traitait son chien de cette façon, et pourquoi Anna n'aimait pas ce chien... Je suppose que cela reflète plutôt la mentalité un peu étrange des deux femmes... D'ailleurs, je n'ai pas vraiment compris pourquoi le chien changeait brusquement d'attitude. Il a peut-être compris qu'il devait s'éloigner de ces deux personnes pas très équilibrées.

Quant à Mats, lui aussi garde une part d'ombre... D'une manière générale, ces personnages, malgré les sentiments qu'ils semblent éprouver, m'ont paru assez froids.

La fin m'a quelque peu déstabilisée... Je ne voyais pas trop comment le livre pouvait se terminer, mais là, j'ai trouvé que cela était un peu invraisemblable. À la limite, on peut comprendre ce que fait Katri... et encore... Mais Anna... Cette fin me laisse perplexe...

Je ne sais pas si le titre est une traduction fidèle du titre originale, mais en tout cas, c'est une très bonne trouvaille.

Éditeur: Librairie Générale Française.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Gay pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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195 lectures

mercredi, 17 juin 2015

Le monde selon Garp, de John Irving.

Le monde selon Garp

L'ouvrage:
À travers la vie de ST Garp, de sa mère, de sa femme, de ses enfants, de ses amis, John Irving décrit un monde, une société.

Critique:
Il n'est pas vraiment facile de chroniquer ce roman. Étant donné son succès, j'ai l'impression que ce que je dirai sera fade.
Pour moi, c'est un roman inclassable. On y trouve des passages loufoques, d'autres graves, d'autres combinant habilement les deux. La façon même dont Garp fut conçu est un épisode rocambolesque. Le voyage presque initiatique que sa mère et lui firent à Vienne est un moment qui aura davantage de portée que ce qu'on pourrait supposer au départ.

Quant aux scènes à la fois cocasses et graves, je pense notamment à celle où Garp tombe sur une enfant qui vient de se faire violer. L'enfant croit d'abord qu'il va lui faire la même chose, puis les policiers pensent pendant un instant que c'est lui... En cherchant à retrouver le satyre, Garp tombe sur un vieillard qu'il entreprend de déculotter afin de le renifler pour déceler l'odeur du sperme, ce qui fait que le vieux le prend pour le satyre... Le contexte et les événements font que le lecteur ne pourra s'empêcher de rire tout en prenant la mesure de l'urgence qui fait agir Garp.
Le livre renferme beaucoup de scènes de cet acabit.

Le roman est parcouru d'écrits du héros. Entre ses pensées et les extraits de ses livres, on découvre un être sympathique, un peu compliqué, un brin fantaisiste, maniaque quant à certaines choses, percevant la société dans laquelle il évolue sans oeillères. Je pense surtout à la manière dont il traite les helen-jamsiennes, ces femmes qui se servent de la douleur d'une enfant pour se faire croire qu'elles sont quelqu'un, ces femmes qui exploitent un réel traumatisme, le brandissent, en font une philosophie de vie... Elles sont ignobles et ridicules à la fois. Comment ne pas se moquer de leur fausse sollicitude?

Jenny Fields, la mère de Garp, est un personnage intéressant. N'ayant jamais connu le désir sexuel, elle s'interroge sur ce qu'on ressent. C'est cristallisé lors d'une scène, à Vienne, où là encore, le lecteur hésitera entre rire et gêne. En outre, elle est persuadée que ce qui détruit le monde, c'est la concupiscence. Elle en est parfois comique. Elle observe, déduit, voit tout à travers ce prisme.

Outre des personnages à la fois hauts en couleur et réalistes, le style de l'auteur ne laissera pas indifférent. Parfois, on dirait qu'il tient un journal de bord sur Garp et sa famille: il énonce des faits. Puis, il se met à raconter, à décrire les sentiments des uns et des autres. Le tout est toujours très bien vu, précis, juste, en un style fluide.

Beaucoup d'autres exemples pourraient être donnés. Tous montreraient un auteur perspicace, avisé, fin. Le but étant d'en dire le moins possible, je m'arrêterai là.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Tourasse pour le GIAA

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lundi, 15 juin 2015

*Parutions Audiolib, juillet 2015.

Ça peut pas rater Berezina La Ville orpheline
Le meilleur des mondes L'Ombre de Gray mountain

Ces titres sont annoncés pour le 1er juillet 2015.

  • Ça peut pas rater, de Gilles Legardinier, lu par Clémentine Domptail, 10h30.
    « - J'en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J'en ai plus qu'assez de vos sales coups ! C'est votre tour de souffrir ! »
    C’est ce que déclare Marie le soir où elle se fait quitter sans ménagement par son petit-ami. Sa décision est prise : elle ne laissera plus rien passer aux hommes, elle va reprendre sa vie personnelle d’une main de fer. Ils n’ont qu’à bien se tenir...
  • Berezina, de Sylvain Tesson, lu par Franck Desmedt, 4h51.
    En octobre 1812, piégé dans Moscou en flammes, Napoléon replie la Grande Armée vers la France. Commence la retraite de Russie, l’une des plus tragiques épopées de l’Histoire humaine. Deux cents ans plus tard, Sylvain Tesson décide de répéter l’itinéraire de l’armée agonisante. Le géographe Cédric Gras, le photographe Thomas Goisque et deux amis russes, Vassili et Vitaly, sont de la partie, enfourchant des side-cars soviétiques de marque Oural, motocyclettes qui redéfinissent en permanence les lois de la mécanique, et les chargeant ras la gueule de pièces détachées et de livres d’Histoire. Au long de quatre mille kilomètres, en plein hiver, Sylvain Tesson déroule le fil de la mémoire entre Moscou et Paris.
  • La ville orpheline, de Victoria Hislop, lu par Maia Baran , 12h26.
    Été 1972. Famagouste est une station balnéaire de Chypre où se retrouve la jet-set du monde entier. Un richissime promoteur, construit l’hôtel dont le luxe surpassera tous les autres : Le Sunrise. Rien n’est trop beau pour l’hôtel de Papacosta qui n’hésite pas à utiliser sa sublime femme, Aphrodite, pour attirer les clients. Il est secondé par Markos, son homme de main qui trouble Aphrodite ; est-ce à cause de son influence grandissante auprès de son mari ? Au Sunrise, la vie n’est que luxe et volupté mais les violences ethniques déchirent l’île et la tension monte. Famagouste est bombardée et les habitants fuient. Que va devenir Le Sunrise ? Restera-t-il quelqu’un dans la ville désertée ?
  • Le meilleur des mondes, d'Aldous Huxley, lu par Thibault de Montalembert, 8h50.)))632 après Ford. La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s'assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. Dans la société hiérarchisée, catégorisée, chacun concourt à l'ordre général, c'est-à-dire travaille, consomme et meurt, sans jamais revendiquer, apprendre ou exulter. Mais un homme est né dans cette société, avec, chose affreuse, un père et une mère humains, et pire encore, des sentiments et des rêves. Ce « Sauvage », qui a lu tout Shakespeare et le cite comme une Bible, peut-il être un danger pour le « monde civilisé » ?
  • L'Ombre de Gray mountain, de John Grisham, lu par Ingrid Donnadieu, 12h30.
    La carrière de Samantha Kofer dans un cabinet d’avocats de Wall Street est sur des rails dorés quand la récession frappe. Pour pouvoir, peut-être, conserver sa place au cabinet, la jeune femme accepte alors d’aller travailler gratuitement pendant un an dans un centre d’aide juridique. Samantha s’installe dans la petite bourgade de Brady, en Virginie. Pour la première fois dans sa carrière d’avocate, Samantha va « aider les vrais gens », connaître la violence des salles d’audience, recevoir des menaces et être confrontée aux eaux troubles de l’industrie minière, où il n’y a ni lois, ni code du travail, ni respect des biens et des personnes.

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