lundi, 26 septembre 2016

De beaux jours à venir, de Megan Kruse.

De beaux jours à venir

L'ouvrage:
2010. Amy fuit Gary, son mari violent, emmenant leur fille de treize ans, Lydia. De son côté, Jackson (dix-huit ans), le fils du couple, reste avec Gary. Lui aussi finira par partir...

Critique:
Le roman alterne passé et présent. Les trois personnages principaux se penchent beaucoup sur les événements qui construisirent leur vie. Chacun analyse les faits et ses réactions d'alors. C'est pourquoi le roman paraîtra peut-être lent à certains. Cela ne m'a pas dérangée, car j'ai trouvé le tout pertinent. Lorsqu'on vit quelque chose de fort, qu'on est dans une situation délicate, qu'on se sent mal, on a tendance à tout ressasser, décortiquer, analyser. On veut comprendre, tenter de voir ce qu'on aurait pu faire ou ce qu'on pourrait faire pour être mieux. C'est ce que font ces trois personnages. Rien ne m'a ennuyée, rien ne m'a semblé redondant, parce que pour moi, ils ont le type de réactions qu'auraient des gens dans leur situation.
Bien sûr, j'ai désapprouvé certains de leurs actes, mais pas la manière dont Megan Kruse les montre. Ils sont complexes, en quête de stabilité, d'amour, de tolérance.

Celui qui m'a le plus touchée est Jackson. Il se débat plus sûrement que sa mère et sa soeur dans un réseau compliqué de sentiments et d'émotions. À un moment, il agit mal, en est conscient, et ne peut s'en empêcher. Il sait que son père n'en est pas un, qu'il est un danger pour sa mère, sa soeur et lui, mais il recherche tellement son approbation qu'il commet un acte désespéré et (pense-t-il) irréversible afin de l'obtenir. Il semble perdu, mais fait preuve d'une grande force intérieure. Il admet ses erreurs, et lutte (même si c'est parfois maladroitement) pour s'en sortir. Ce qu'il vit dans le présent est comme un parcours initiatique. C'est quelque chose qu'il souhaitait sans vraiment savoir où cela le mènerait, et dont il découvre les conséquences.

Lydia est également très lucide. Ses sentiments pour son père sont plus tranchés que ceux de Jackson. Elle l'explique sans ambages. Elle est moins tourmentée que son frère parce qu'il a été celui à qui elle a pu se raccrocher par le passé lorsque les choses allaient mal. Pourtant, elle aussi se pose des questions sur ce qu'elle aurait pu ou dû faire.

C'est envers Amy que je suis le plus sévère. Certes, elle ne se contente pas d'encaisser les coups. Elle agit. Cependant, je l'ai trouvée bien légère lors de sa rencontre avec Gary. Bien sûr, le contexte et l'amour fou que Gary semblait éprouver ont fait qu'elle a des circonstances atténuantes. Cependant, je ne parviens pas vraiment à les lui accorder. Lorsqu'elle repense à tout cela avec recul, elle est lucide quant à la part qu'elle a prise dans la manière dont sa vie a tourné. Cela la sauve à mes yeux.

En lisant la chronique de mon mari, j'ai été interpellée par le fait que les scènes d'amour étaient, à ses yeux, décrites de manière très crues. De ce fait, lors de ma lecture du roman, j'y ai prêté une attention particulière. J'ai, moi aussi, trouvé cette crudité dommage. Elle fait que certains pourraient associer les relations sexuelles entre homosexuels à quelque chose de sale. Des gens faisant cet amalgame, il aurait peut-être été plus judicieux que les scènes d'amour soient décrites avec un langage plus «doux».

Livre traduit de l'anglais par Héloïse Esquié, publié le 25 août aux éditions Denoël. Service presse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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61 lectures

vendredi, 23 septembre 2016

*Parutions Audiolib, octobre 2016.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une Dear you - saison 3 Un fauteuil sur la Seine - Quatre siècles d'histoire de France
Intimidation Rêver Vous n'aurez pas ma haine Mal de pierres

Ces titres sont annoncés pour le 12 octobre 2016.

  • Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano, lu par Valérie Muzzi, 5h46.
    Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps : elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves...
  • Dear you - saison 3, d'Emily Blaine, lu par Jessica Monceau, 10h43.
    Moi : Kathleen, 25 ans, femme décidée. Statut : amoureuse. Cette fois, je suis sûre de moi. J’ai eu peur, je l’avoue : quand j’ai découvert la réalité du monde d’Andrew, j’ai voulu fuir. Loin de lui, loin de New York et du Peninsula. Je sais désormais que je ne peux pas vivre sans lui. Ses bras me manquent, sa chaleur me manque, et puis aussi son adorable fossette quand il sourit. C’est l’homme de ma vie, mon âme soeur, mon amour. Je suis prête à tout pour pouvoir me serrer de nouveau contre lui. L’ancienne Kathleen aurait sûrement pensé qu’il était trop tard, mais heureusement, aujourd’hui, elle n’a plus son mot à dire. J’ai décidé d’être heureuse, et j’écrirai moi-même mon happy end. Avec lui.
  • Un fauteuil sur la Seine - Quatre siècles d'histoire de France, d'Amin Maalouf, lu par Yann Collette, 8h11.
    En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l'Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette « généalogie en partie fictive » dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d’histoire de France. Les conflits d’idées et d’égos, les cabales pour faire trébucher Corneille, Voltaire ou Hugo, les intrigues de couloir et les histoires d’amour contrariées tissent la trame de cette si singulière histoire de France. On revisite ici la querelle du Cid et la révocation de l’Édit de Nantes, la Fronde et le jansénisme, la Révolution de 1789, l'insurrection du 13 Vendémiaire, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l’invention de l'anesthésie et celle des funérailles nationales, l’Affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXe siècle...
  • Intimidation, Harlan Coben, lu par Olivier Prémel, 9h28.
    Que sait-on de la personne qui partage notre vie ? Avocat sans histoires, Adam tombe des nues lorsqu'un parfait inconnu lui annonce que sa femme lui a menti sur un sujet crucial. Lorsqu'il la confronte, Corinne se défile et, le lendemain, disparaît. Cybercriminels, arnaqueurs, tueurs à gages... Qu'a fait Corinne, cette mère de famille à la vie bien rangée, pour se retrouver au coeur d'une si étrange machination? Partagé entre inquiétude et sentiment de trahison, Adam décide de tout faire pour trouver sa femme... et découvrir la vérité.
  • Rêver, de Franck Thilliez, lu par Clémentine Domptail, 13h14.
    Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire qu'Abigaël est une femme comme les autres. Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'elle dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, elle souffre d’une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension ou le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur. Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Quel secret cachait son père qui tenait tant à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.
  • Vous n'aurez pas ma haine, d'Antoine Leiris, lu par André Dussollier, 1h53.
    Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume. À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.

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jeudi, 22 septembre 2016

Filer droit, de Michael Coleman.

Filer droit

L'ouvrage:
Angleterre.
Luke est adolescent. Son père est en prison, sa mère peine à élever ses trois enfants dans un logement trop petit. Luke vole. Quand il ne garde pas ses larcins, il les revend.
Un jour, il veut dérober une paire de baskets dans une voiture. Cela tourne mal. Luke ayant déjà eu plusieurs chances, il pense aller en maison de redressement. Cependant, la famille victime de son vol lui propose un étrange marché...

Critique:
Ce roman plonge son lecteur (à l'instar de son personnage principal) dans un univers qu'il ne connaît pas forcément, celui des aveugles. Michael Coleman parvient très bien à présenter les choses de manière à ce que cela s'insère dans l'intrigue, et que cela ne paraisse pas fastidieux. Le lecteur découvre les choses en même temps qu Luke. Pour ma part, étant très pinailleuse, j'attendais l'auteur au tournant. J'attendais qu'il sorte un cliché du genre «toucher le visage de quelqu'un est un moyen imparable pour le reconnaître». Heureusement, il ne l'a pas fait. Pour moi, il maîtrise bien son sujet. Bien sûr, certaines choses m'ont interpellée. Par exemple, il est vrai que le moyen réellement imparable de reconnaître quelqu'un est sa voix. Cependant, je ne pense pas qu'une voix peut se mémoriser alors qu'on l'a seulement entendue prononcer une courte phrase. Certaines voix sont plus faciles à «apprendre» que d'autres. Je sais que je reconnais certaines personnes rien qu'à les entendre dire «bonjour», mais cela n'arrive pas avec toutes les personnes que je connais. En outre, les voix que je reconnais ainsi sont des voix que j'ai entendues souvent et longtemps.
D'autre part, lorsque l'auteur explique des choses vraies pour certains aveugles (certains comptent les pas pour des trajets qu'ils font souvent, tapent sur un clavier azerty et ont un afficheur braille...), il aurait été judicieux qu'il dise que tous n'agissaient pas ainsi. En effet, certaines personnes qui connaissent mal un «univers» se figureront que tous les aveugles font ceci ou cela comme c'est décrit dans le livre.

Luke est parachuté dans ce monde dont il ignore tout. Au début, tels certains lecteurs, il énonce des clichés comme: «Ouais, ça doit pas être chouette d'être privé de télé à vie». Il m'a bien fait rire Ensuite, il s'étonne lorsque la personne à qui il a affaire indique qu'elle sait que telle chose se trouve ici ou là, ou qu'elle sait à côté de quoi ils viennent de passer pendant leur trajet. Ici, Michael Coleman n'exagère pas du tout. Un jour, un de mes collègues était tellement étonné d'une chose que je lui ai dite qu'il pensait que je l'avais vue.
À un moment, Luke indique à la personne qu'il guide qu'il y a tel obstacle. Elle lui explique alors que lorsqu'il y a un obstacle, il n'a pas forcément à le lui dire: ce qu'il faut, c'est le lui faire éviter. Pour moi, cette remarque est logique, mais je me rends compte qu'elle ne l'est pas forcément pour une personne qui voit. Là encore, l'auteur a eu raison de créer cette situation.

À un moment, Luke est «forcé» d'entrer totalement dans ce «monde»: le groupe a besoin de quelqu'un pour compléter une équipe lors d'une partie de ballon. Là encore, les réactions de Luke sont très bien décrites.

Notre héros, se trouvant propulsé dans l'inconnu est forcé d'ouvrir les yeux (si j'ose m'exprimer ainsi), sur le monde qui l'entoure. Il découvre que la vie, ce n'est pas uniquement voler, être admiré de ceux qui souhaiteraient faire pareil, craindre les petits caïds du quartier... Il découvre qu'il y a autre chose. Bien sûr, rien n'est simple. L'auteur parvient à ne pas tomber dans le mièvre, même si les cyniques diront que certains événements se passent un peu trop bien. Peut-être, mais ils sont préparés, n'arrivent pas inopinément.

Un livre sympathique qui détend, instruit, et fait un peu réfléchir.

Éditeur: le Rouergue.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-France Javet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 19 septembre 2016

Un amour de jeunesse, d'Ann Packer.

Un amour de jeunesse

L'ouvrage:
Après un plongeon hasardeux, Mike se retrouve le cou brisé, dans le coma. Sa famille et ses amis se relaient à son chevet. Carrie, sa fiancée, se pose des questions quant à leur relation.

Critique:
J'ai trouvé ce roman inégal. Au début, je l'ai apprécié. Carrie se pose en effet des questions, mais elle se les posait avant que Mike ait cet accident. Ce n'est donc pas le schéma de la personne qui ne peut pas assumer ce qu'impliquerait le fait de vivre avec une personne handicapée. Bien sûr, on peut penser que ce qui arrive à Mike hâte la bousculade des questions dans la tête de notre héroïne, mais cela nous oblige à nous demander ce que nous ferions à sa place si nos sentiments étaient déjà tièdes.

Si les choses sont nuancées, au départ, par la suite, le tout s'enlise. Cela tient d'abord à l'héroïne. Elle est extrêmement pénible. Ses atermoiements, ses louvoiements, ses larmoiements donnent envie de lui donner très régulièrement une bonne paire de gifles. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Elle blesse des gens, et sanglote tout ce qu'elle peut lorsque ceux-ci ont le mauvais goût de dire «stop». Pour moi, cet être pleureur et indécis est néfaste. D'ailleurs, je me suis demandé ce que lui trouvaient tous ces gens. Elle se noie dans ses hésitations, est insignifiante, chaque décision qu'elle prend fait mal à au moins une personne... Même lorsqu'il s'agit de faire une chose très simple que n'importe qui doté d'un peu de bon sens aurait fait, Carrie choisira de faire le contraire. Je parle de sa promesse à Lynn. Lynn elle-même pensait qu'elle ne tiendrait pas parole. Si Carrie avait des scrupules à rompre un serment, il ne fallait pas qu'elle promette. Bien sûr, lorsque le mal arrive parce qu'elle a tenu cette promesse, elle repart dans de honteux sanglots où elle se dit que, franchement, elle n'aurait pas dû agir de la sorte! Carrie est ainsi tout au long du roman: elle fait des choses répréhensibles en le sachant, puis pleure et se fustige lorsque le retour de bâton arrive. Retiendrait-elle la leçon? Que nenni! Par la suite, elle agira tout aussi inconsidérément.

J'ai terminé le livre pour savoir comment Ann Packer pouvait faire une fin acceptable. Certains penseront peut-être que la fin montre une évolution de la part de Carrie. Je ne le pense pas. Si ce personnage existait, il agirait à nouveau mal. Je ne pense pas qu'elle soit tout à fait sincère. En tout cas, pour moi, ceux qui la connaissaient auraient dû la rejeter purement et simplement.

Un personnage insupportable ne fait pas forcément un mauvais livre. Ici, je ne sais pas trop quoi penser... L'auteur aurait sûrement pu montrer la fadeur, l'inconsistance, et l'égoïsme de Carrie en beaucoup moins de pages. Je comprends qu'elle ait pris le temps d'installer le personnage dans la vie qu'elle se construit, mais j'ai quand même trouvé des longueurs. J'ai été d'autant plus déçue par ce roman que j'ai beaucoup aimé «Chanson sans paroles».

Éditeur français: Seuil
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

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79 lectures

jeudi, 15 septembre 2016

Vivez mieux et plus longtemps, de Michel Cymes.

Vivez mieux et plus longtemps

L'ouvrage:
Michel Cymes donne toutes sortes de conseils pour vivre mieux.

Critique:
Ce livre m'a attirée d'abord parce que je suis preneuse de conseils, mais aussi parce que j'entendais Michel Cymes sur France Info quand j'étais enfant. En outre, il m'est arrivé de voir son émission et d'apprécier son humour et sa joie de vivre.

Ses conseils concernent la vie en général. Avant de lire ce livre, je pensais qu'il parlait uniquement d'alimentation. Pour moi, l'un des avantages est que l'auteur conseille, puis explique pourquoi. Bien sûr, nous savons tous qu'il vaut mieux manger des légumes plutôt que des chips, mais je trouve qu'il est intéressant de comprendre pourquoi. Les explications sont données sans jargon incompréhensible, ou s'il y en a un peu, tout est explicité.

Certains conseils sont faciles à suivre. Par exemple, si vous êtes comme moi, il vous faut boire davantage (de l'eau, bien sûr) afin d'hydrater votre corps, votre cerveau, etc. On peut aussi facilement se laver les mains correctement. De plus, il donne quelques petits mouvements à faire pour se muscler les cuisses et les mollets. Certains peuvent être faits alors qu'on fait autre chose. Cependant, certains de ces conseils ne sont pas évidents à suivre pour diverses raisons. Par exemple, il est beaucoup de bonnes choses pour la santé que je n'aime pas. Comme je suis pénible, la solution de l'accommodement avec fines herbes ou épices (elles-mêmes bonnes pour la santé) ne me convient pas, car je ne les aime pas non plus. ;-) Il y a quand même certains aliments que je ne connais pas (je vais donc les goûter) et certains accommodements auxquels je n'avais pas pensés et que je suis tentée d'essayer. L'autre inconvénient, c'est le manque de temps. Lorsque j'ai dit à mon mari que Michel Cymes préconisait le nettoyage du réfrigérateur au moins deux fois par mois, il m'a répondu: «Il peut venir le faire chez nous?» En effet, ces conseils me semblent avisés, mais certains prennent du temps... Il faut donc essayer (comme le préconise d'ailleurs l'auteur) de changer ses habitudes. On n'est pas obligé de tout suivre d'un coup, mais peut-être de procéder par paliers, car la santé et la bonne hygiène de vie sont importantes.

Certaines choses sont répétées, l'auteur s'en explique en disant qu'il croit au pouvoir de la répétition.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.
Il va de soi qu'un livre de ce genre ne peut pas être interprété de manière trop sobre, sinon, l'auditeur trouverait cela fastidieux. En outre, Michel Cymes donne ses conseils avec humour et bonne humeur. Le lecteur a donc voulu entrer dans le ton. Je trouve que parfois, il en a un peu trop fait. J'ai bien conscience que ce documentaire n'est pas facile à lire à voix haute, et que cela a dû être délicat pour le comédien.

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lundi, 12 septembre 2016

Les petites reines, de Clémentine Beauvais.

Les petites reines

L'ouvrage:
Bourg-en-Bresse.
Cette année, Mireille Laplanche est boudin de bronze du lycée. Elle qui, d'habitude, est boudin d'or, y voit un petit progrès. Si elle accepte avec flegme ce qu'elle ne peut changer, ce n'est pas le cas d'Astrid et Akima qui sont boudins d'or et d'argent. Cela fait que les trois adolescentes se rencontrent, échangent leurs soucis, et finissent par échafauder un projet fou.

Critique:
J'ai beaucoup aimé «Comme des images», le roman précédent de Clémentine Beauvais. Je n'ai malheureusement pas pris le temps de le chroniquer, à l'époque. L'auteur dit les choses avec causticité et gravité. Ses exemples sont frappants, les événements qu'elle décrit montrent, par exemple, les dangers des réseaux sociaux, avec brio. Si «Comme des images» était à la fois choquant et désespéré, justement de par sa pertinence, «Les petites reines» est un peu plus léger. L'auteur traite de sujets graves, mais le côté désespéré est moins présent.

J'ai d'abord apprécié le style de Clémentine Beauvais, la manière dont son héroïne dit les choses. Avec verve, par des images précises et claires, des répliques justes et fines, un style direct, sans mâcher ses mots, mais en les enveloppant de rire, la romancière raconte ces jeunes filles et les personnages qui gravitent autour d'elles. Les surnoms que la narratrice donne à certains personnages contribuent également au comique.

Ceux qui me connaissent s'attendront sûrement à ce que je m'énerve quant au «coup de foudre». Ici, il n'est pas agaçant. D'abord, il est compréhensible qu'une adolescente éprouve une certaine attirance au premier regard. Ensuite, ce coup de foudre n'est pas réciproque. Enfin, l'auteur l'utilise pour faire rire le lecteur. Ici, il est donc placé intelligemment.

Si le projet des adolescentes paraît insensé, on finit par penser: après tout, pourquoi pas? Pourquoi rester chez soi à ressasser? Pourquoi ne pas essayer de faire quelque chose, même si cela paraît totalement rocambolesque? Mieux vaut tenter sans forcément y arriver plutôt que de regretter de n'avoir rien fait.
La réalisation de ce projet mènera nos trois héroïnes à se confronter à certaines choses, à en comprendre d'autres... Ce sera comme une sorte de parcours initiatique sur plusieurs points. À mesure que le livre avance, le style reste alerte, et le rire fait quelques incursions dans le récit (la scène où Malo et Mireille se rencontrent, alors que celle-ci veut aller aux toilettes, est assez cocasse), la verve de Mireille laisse davantage place à un style un peu plus sérieux. Je l'ai un peu regretté, mais je l'ai compris: cela montrait l'évolution des personnages, surtout celle de Mireille.

À la fin, certaines choses auraient peut-être mérité des précisions, mais cela ne gâche en rien la lecture.

Éditeur: Sarbacane.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Acke-Fable pour la Ligue Braille.
La lectrice est très bien entrée dans la peau des personnages, mais surtout, dans le style de Clémentine Beauvais, tout comme elle l'a fait en enregistrant «Comme des images». «Les petites reines» ne doit pas être lu de manière trop sobre, ce qui détruirait complètement le travail de la romancière. Adoptant la légèreté et la gravité nécessaires, la lectrice nous fait ressentir la vie de ces personnages.

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jeudi, 8 septembre 2016

Le pactole, de Cynthia d'Aprix Sweeney.

Le pactole

L'ouvrage:
Après que Leo Plumb a eu un accident alors qu'il était sous l'emprise de la drogue, il est allé en cure de désintoxication. Sa mère a décidé de réparer les dégâts (la cure et les dédommagements à la passagère de Leo) en piochant dans l'héritage que celui-ci et ses frère et soeurs doivent toucher dès les quarante ans de Melody, la plus jeune. Cela n'est pas du goût de Jack, Beatrice (dite Bea) et Melody) Ils estiment que Leo leur doit cet argent.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certains diront que Cynthia d'Aprix Sweeney crée des situations convenues. Peut-être mais à mes yeux, elles sont terriblement réalistes. Je parle surtout du comportement des Plumb. Sachant qu'ils vont toucher une grosse somme, ils comptent dessus, et ont fait certaines opérations en tenant cette somme pour acquise. D'un côté, ils ont l'air assez désagréables: réclamant leur argent à cor et à cris, se comportant comme des enfants gâtés. On a envie de leur dire de relativiser. D'un autre côté, on peut comprendre leur colère et leur frustration. Après tout, pourquoi se verraient-ils spoliés de leur fortune, uniquement parce que leur mère (qui n'en a jamais vraiment été une) agit par égoïsme et ne fait pas grand cas d'eux.

Au long du livre, le lecteur apprend à connaître les Plumb. Quant à eux, ils doivent s'adapter à la situation. Chacun le fait à sa manière. Cela fait que finalement, des choses m'ont déplu chez eux, et d'autres m'ont plu. J'ai aimé cela, car ces personnages ne sont pas manichéens. Par exemple, Jack est très agaçant à toujours faire sciemment des choses qui le précipitent au bord du gouffre, mais ce qu'il veut faire pour sa soeur, à la fin, est honorable. Melody est casse-pied, à se lamenter sur son sort (notamment lors de la scène où elle est au restaurant avec son mari et ses filles), mais elle est attendrissante lorsqu'elle exprime sa peur pour sa fille.

Pendant que les adultes se débattent avec leurs soucis, Louisa et Nora, les jumelles de Melody, se posent des questions. J'ai beaucoup aimé ces personnages qui ont un peu peur d'être elles-mêmes.

Parmi les personnages principaux, il n'y a que Leo que je n'ai pas vraiment apprécié. Il a sûrement autant de circonstances atténuantes que ses frère et soeurs, mais il est le seul dont «l'adaptation» ne m'en semble pas une véritable. ;-)

Un roman qui, simplement et avec justesse, expose des personnages, leur vie, leurs sentiments.

Éditeur français: Fleuve Éditions
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Mia Barron pour les éditions Harper Audio.

Lecture commune avec Miguel / Auprès des livres, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

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lundi, 5 septembre 2016

Danger, parking miné!, de Serge Brussolo.

Danger, parking miné!

­L'ouvrage:
Il y a les hypernommés qui vivent sur les toits des immeubles. Il y a les anonymes qui vivent au sol. Ces deux clans vont bientôt s'affronter. Chacun s'y prépare.

Critique:
Mon avis est mitigé quant à ce roman. J'ai adoré les idées exploitées. Brussolo imagine un microcosme où n'existeraient plus que deux «religions» ou même «sectes». Les anonymes le sont devenus parce qu'à leur avis, avoir une identité (et tout ce qui va avec) faisait qu'ils étaient facilement repérables. Je n'ai pu m'empêcher de penser que cette idée est présente dans la tête de certains à cause du fait qu'actuellement, il est très facile de «tracer» quelqu'un. Tout est de plus en plus dématérialisé. C'est une bonne chose, mais cela fait que nous sommes plus faciles à «surveiller»... Cette idée est d'autant plus intéressante que le livre est sorti en 1986. Brussolo poussait déjà le raisonnement très loin, comme il le fait souvent.

J'ai également aimé la description de l'état d'esprit des anonymes et des hypernommés. Ils vont loin dans le fanatisme (comme le font les sectes). Par exemple, les anonymes vont jusqu'à faire élever leurs enfants par des personnes différentes. Au début, c'est untel, puis on passe à un autre, puis à un autre... Quant aux hypernommés, ils chérissent l'identité au point d'accoler d'autres noms à celui qu'on leur donne à la naissance.
Ces deux exemples ne sont qu'une infime partie des idées développées ici.

D'autre part, si ces deux clans sont assez effrayants, ils feront immanquablement sourire le lecteur. Comment ne pas rire à la lecture des noms ridicules dont s'affublent les hypernommés? Noms qu'ils arborent fièrement comme des étendards, ce qui accentue le rire. Comment ne pas rire en découvrant l'horreur d'un anonyme qui entendrait ou lirait un nom?! Quant aux cérémonies de marquage et de purification, outre le fanatisme dont elles dégoulinent, il est amusant de lire ce genre de discours, prononcé tout à fait sérieusement. Enfin, le fait que l'auteur les mette en parallèle n'est pas innocent. Il montre que si les deux clans sont sectaires, ceux qui les observent ne sont pas mieux.

Si les idées développées m'ont beaucoup plu, si j'ai ri de voir la dégénérescence de ces hommes, l'histoire m'a laissée indifférente, tout comme les personnages. C'est peut-être voulu de la part de l'auteur. En tout cas, ce roman est à lire pour ses idées.

Éditeur: Vauvenargues.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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