jeudi, 28 juillet 2016

Six fourmis blanches, de Sandrine Collette.

Six fourmis blanches

L'ouvrage:
Elias et Lou sont partis, par l'intermédiaire d'un organisme, faire une randonnée dans les montagnes d'Albanie. Tout commence bien, mais voilà que leur groupe se retrouve pris dans une tempête.

Critique:
Je n'ai pas été tentée par «Des noeuds d'acier», et «Un vent de cendres» m'a ennuyée à tel point que je ne l'ai pas fini. J'ai voulu essayer «Six fourmis blanches» parce que j'aime beaucoup le lecteur qui l'a enregistré. J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre (surtout à cause de ma mauvaise expérience avec «Un vent de cendres»), mais je l'ai beaucoup aimé.

Lentement, la romancière installe un climat oppressant. Ces randonneurs perdus dans la montagne, à la merci d'une tempête, c'est déjà dérangeant. Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Le groupe de randonneurs a peur, et certains illustrent bien l'adage disant que la peur est mauvaise conseillère. Chacun doit s'accommoder du caractère des uns et des autres, ce qui est de moins en moins facile, surtout lorsque les conditions deviennent précaires et que la tension monte.
À mesure que les jours passent, nos héros se trouvent face à des choix de plus en plus ardus. Certains devront accomplir des choses dont ils ne se seraient pas crus capables, ce qui les poussera au bout d'eux-mêmes.

Le récit alterne deux histoires: celle des randonneurs et celle du sacrificateur d'un village. Cela m'a un peu gênée, au début, car je n'aime pas trop passer d'une intrigue à l'autre. Cependant, Sandrine Collette a fait en sorte de terminer ses chapitres de manière à ce qu'on ait envie de savoir la suite. Quant au lien qui existe entre les deux intrigues, je l'ai deviné seulement très peu de temps avant que la romancière ne le dévoile. J'étais trop prise par l'histoire pour le chercher, ce qui est une bonne chose.

Si la description de la descente aux enfers des personnages est méticuleusement analysée, l'auteur a habilement inséré un élément propre à faire monter la tension. Au départ, on croit que cet élément va faire basculer le roman dans l'épouvante, le surnaturel. Cela ne m'aurait pas plu. Heureusement pour ceux qui penseraient comme moi, il n'y a rien de surnaturel, et tout est cohérent.

Autre chose aurait pu me déplaire: je ne me suis attachée à aucun personnage, du moins pas au début. J'ai fini par apprécier le sacrificateur et le conjoint de Lou, la narratrice contant les mésaventures des randonneurs. Cela ne m'a finalement pas trop gênée, l'intrigue étant assez prenante pour que je ne regrette pas de ne pas apprécier les personnages.

Au niveau de l'ambiance et des rebondissements, ce roman m'a rappelé la manière de faire de Karine Giébel. Ce n'est pas parce qu'il se passe dans la montagne à l'instar de «Jusqu'à ce que la mort nous unisse», ce roman étant d'ailleurs l'un des moins effrénés de l'auteur. C'est plutôt une ambiance, des événements, des façons de faire, les choix auxquels sont confrontés les personnages, qui m'ont rappelé Karine Giébel. Bien sûr, il faut exclure «De force» de cette comparaison, car je n'y ai pas retrouvé le talent de la romancière.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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45 lectures

lundi, 25 juillet 2016

Smilla et l'amour de la neige, de Peter Hoeg.

Smilla et l'amour de la neige

L'ouvrage:
Danemark.
Le garçonnet est tombé du toit. On conclut que c'est un accident. Smilla n'y croit pas. Selon les traces dans la neige, elle pense qu'il a été poussé. Elle le connaissait, l'accueillait chez elle lorsque sa mère était «défoncée». Smilla parle de ses soupçons à la police.

Critique:
Ce roman n'est pas vraiment à lire pour son enquête. Elle est, à mon sens, lente et banale. Les qualités de ce roman sont autres. Il y a d'abord son héroïne. Elle en est également la narratrice. L'auteur a créé une femme complexe qui tente de composer avec la vie, d'endormir ses désirs pour ne pas souffrir. En effet, elle a déjà beaucoup souffert moralement, et en garde des séquelles. Elle s'est entourée d'habitudes, de manies qui sont censées l'imperméabiliser, la préserver des chocs. L'ennui, c'est que ce petit garçon tombé dans la neige était parvenu à l'attendrir, et qu'elle ne pourra pas le laisser tomber. Cela va obliger cette femme résolue à éviter coûte que coûte de souffrir à se lancer dans une enquête qui s'avérera vite éprouvante et dangereuse.

Les relations ambiguës que Smilla entretient avec son père sont expliquées. La jeune femme est lucide quant à ce qu'elle ressent et à ce que ressent son père. Je ne sais pas comment j'aurais réagi à sa place, mais je la trouve forte: elle a fini par réussir (à peu près) à prendre le bon et à faire (à peu près) abstraction du mauvais... Cette relation et les raisons de son ambiguïté sont, pour moi, un point central du roman. C'est ce qui fait que l'héroïne est devenue ce qu'elle est.

Entre Danemark et Groenland, l'auteur évoque beaucoup le froid. Outre que cela me fascine (à l'instar de la narratrice), il m'a semblé qu'il en parlait très bien. Cela ajoute un plus à l'ambiance tour à tour feutrée et échevelée du roman.

Je suis peut-être un peu sévère quant à l'enquête, mais pour moi, elle n'est qu'un prétexte à montrer de forts personnages et des situations loufoques. Je pense surtout à l'incursion de Smilla dans un casino, au personnage haut en couleur que lui présente «le mécanicien», etc.
Certaines choses m'ont paru un peu convenues, par exemple, l'implication d'une certaine personne dans l'affaire. J'ai aussi trouvé que la fin était un peu abrupte. Cependant, ça n'a pas gâché ma lecture.

Éditeur: éditions du seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Simon Corthay pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La narratrice étant Smilla, j'ai trouvé un peu dommage que le livre ait été lu par un homme. Cependant, c'est un lecteur que j'aime beaucoup, donc ma déception n'a pas été très grande. Simon Corthay a une voix assez douce et basse. Sa façon de lire s'accorde bien à ce roman, son ton et sa voix vont bien avec cette ambiance enneigée.
À un moment, un personnage parle allemand. Simon Corthay lit ces paroles, puis en donne la traduction française. À chaque fois, il précise «note du lecteur». J'en déduis que les paroles de ce personnage n'ont pas été traduites dans la version papier du livre. J'avoue ne pas comprendre ce choix. J'imagine qu'en VO, ses propos ne sont pas traduits non plus. Je trouve cela dommage. En effet, tout le monde ne maîtrise pas l'allemand. Pour ma part, je tiens à remercier Simon Corthay qui a choisi de traduire en précisant que c'était son initiative. Je trouve toujours très sympathique, très humain, très intelligent, lorsqu'un lecteur décide de s'écarter un peu du livre dans l'intérêt du lecteur.

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60 lectures

jeudi, 21 juillet 2016

Le génie des coïncidences, de J W Ironmanger.

Le génie des coïncidences

L'ouvrage:
2011.
Thomas Post est professeur d'université. Il croit au hasard.
Azalea Foley croit que rien n'arrive sans raisons. Elle en veut pour preuve le nombre incroyable de coïncidences qui jalonnèrent sa vie. Après avoir lu un article de Thomas à ce sujet, elle va le voir afin de lui demander d'expliquer toutes ces coïncidences.

Critique:
Énigme, amour, aventure... ce livre m'a plu. Certaines choses peuvent paraître à la frontière du vraisemblable, et pourtant... En effet, certaines coïncidences qui arrivèrent dans la vie d'Azalea sont assez improbables. Dans un autre roman, j'aurais sûrement dit que l'auteur exagère. Ici, il le fait habilement passer, car il explique que la jeune fille elle-même a du mal à y croire. Il semble que la vie de notre héroïne soit une succession d'événements qui n'auraient pas pu arriver les uns sans les autres. La façon dont l'auteur les fait s'enchaîner, tout en ne perdant pas de vue qu'il s'interroge sur le hasard et les coïncidences, est très intéressante.

La structure est un peu déroutante. Rien n'est raconté de manière chronologique (sauf le tout début et la toute fin), et parfois, on s'y perd un peu. Certains événements nous sont contés avant que certains personnages en aient connaissance. Cela a fait que lorsqu'ils finissaient par en parler, j'avais un moment d'hésitation, et je me demandais comment ils avaient appris ceci ou cela. Tout est expliqué, mais il y a une certaine gymnastique à faire. Je ne pense pas que cette structure était nécessaire. J'aurais aimé que ce soit un peu plus «ordonné».

Une partie du roman se passe en Ouganda dans les années 80-90. Cela m'a permis de découvrir un pan de l'histoire que je connaissais peu. En outre, l'auteur s'attarde sur les sentiments et émotions des personnages, que ce soit les enfants assujettis, ceux qu'on tente de protéger, ceux qui les protègent... À un moment, il compare notre société de consommation à ces enfants et ces hommes qui luttent pour survivre dans des conditions atroces, et dont le sort est méconnu.

J'ai trouvé la fin un peu rapide. Tout est expliqué, mais j'ai trouvé que c'était un peu abrupte...

Lorsque Thomas et Azalea décortiquent le hasard, les coïncidences, et la fatalité, j'ai pensé (comme beaucoup de lecteur le feront sûrement) à la manière dont j'interprète ce qui arrive dans ma vie. Parfois, on voit des signes dans certains événements, on fait des paris un peu idiots. Certains ont, comme Thomas et Azalea, des idées bien tranchées sur les raisons pour lesquelles les événements arrivent. Finalement, l'auteur montre à ses personnages qu'il y a peut-être une part «d'écrit» et une part de hasard. Par exemple, lorsqu'une personne doit faire un choix, rien n'est encore prédéfini, tout dépend de ce qu'elle choisira. Azalea dirait peut-être que le choix que fera la personne est déjà écrit. ;-) Lorsque des événements semblent inéluctables, peut-être les personnes impliquées peuvent-elles y changer quelque chose. Là encore, un fataliste dira que les actes de ces personnes, destinés à changer le cours des choses, étaient écrits... Je préfère penser qu'il y a plusieurs possibilités, et que selon la direction que prendra chacun, les choses tourneront d'une manière ou d'une autre.

Ce roman est à lire d'abord parce qu'il est bien écrit, bien pensé, et ne traîne pas, mais aussi parce qu'il fait réfléchir quant à ces mystères qu'on appelle les coïncidences.

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Viviane Gonzalès pour la Bibliothèque Braille Romande.

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123 lectures

lundi, 18 juillet 2016

Fin d'été, de Johan Theorin.

Fin d'été

L'ouvrage:
C'est l'été. Gerlof Davidsson quitte la maison de retraite pour retrouver sa maison de l'île d'Öland. D'autre part, cette saison touristique est, comme tous les ans, profitable à la famille Klaus, qui possède un terrain de camping. Gerloc n'a aucune raison de frayer avec les Klaus. Pourtant, cet été, les événements vont le mêler à leur vie.

Critique:
Les habitués de Johan Theorin seront peut-être un peu déroutés par le début du livre (après le prologue), car il est très lent. Cet auteur avance assez lentement, d'habitude, mais là, il prend encore plus le temps de planter le décor, d'installer les personnages. À un moment, j'ai pensé que rien n'était lié, et qu'il ajoutait certains détails qui, en fait, étaient inutiles. Or, ce n'est pas le cas. Tout a son importance. Pour ma part, si j'ai été un peu surprise, il ne m'a pas déplu que l'auteur prenne tout ce temps. J'aime beaucoup l'ambiance des romans de Johan Theorin. J'ai apprécié de retrouver Gerlof, l'île d'Öland, et de rencontrer d'autres personnages.

Là encore, l'auteur teinte son roman de fantastique qu'on peut pourtant expliquer de manière rationnelle. Jonas (enfant de douze ans), croit voir un fantôme. L'île est habitée par tout un tas de légendes. Si Gerlof et le lecteur savent à quoi s'en tenir, la peur de Jonas donne l'occasion à l'auteur d'écrire une scène où l'angoisse est présente. Je parle de celle où l'enfant se retrouve sur le cargo après que son matelas pneumatique a été coulé par ledit cargo. Si le garçonnet a peur d'un fantôme, le lecteur qui commence à savoir certaines choses, a peur pour la vie de Jonas.
La scène racontée dans le prologue est plus difficilement explicable. En y réfléchissant, Gerlof tente de la rationaliser, mais on ne saura jamais vraiment ce qu'il en est, comme dans d'autres romans de Theorin. Cela n'est pas gênant.
Enfin, un personnage se fait appeler le Revenant, parce qu'il revient dans son pays après une longue absence, mais il y a un clin d'oeil au fantôme.

L'écrivain a inséré des retours en arrière. Moi qui n'aime pas trop cela, d'habitude, j'ai trouvé qu'ici, c'était judicieux. On découvre un personnage petit à petit, tout en le voyant agir dans le présent. On se fait des idées sur lui, puis de nouveaux paramètres s'ajoutent... Ce personnage m'a mise mal à l'aise. Il m'a inspiré de la compassion et du dégoût. J'ai compris sa détresse, mais certains de ses actes sont inexcusables. Bien sûr, il était guidé par la nécessité de survivre, et nul ne peut prévoir comment il agirait dans son cas... C'est donc un personnage très intéressant.

On se rendra vite compte que le prologue n'est pas de ceux que je n'aime pas. En effet, il se passe en 1930, il ne peut donc pas être un moment crucial de l'intrigue qu'on retrouvera dans le dernier quart du livre. Il est donc utile, même très utile...

Comme dans d'autres romans, Johan Theorin nous donne certaines clés alors qu'on ne savait pas qu'il y avait quelque chose à découvrir. J'aime beaucoup cette manière de faire, car il y a toujours des surprises.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Edgard Raeber pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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115 lectures

jeudi, 14 juillet 2016

La femme du pasteur, de Joanna Trollope.

La femme du pasteur

L'ouvrage:
Peter est pasteur dans un petit village anglais. Alors qu'il pense obtenir une promotion, il se la voit refuser. D'un autre côté, Anna (sa femme) souhaite que leur fille (Flora) puisse aller à l'école privée Saint Sauveur, car elle est brutalisée à l'école du village, et n'est pas assez forte moralement pour le supporter. Les finances de la famille ne le permettant pas, Anna décide de travailler dans le supermarché voisin.

Critique:
Avec subtilité, Joanna Trollope décrit le comportement d'une société. Anna est la femme du pasteur. Elle a une place, un rôle, des obligations. Les paroissiens n'acceptent pas qu'elle fasse autre chose en plus. Peter non plus, car il le prend pour un affront, une dénonciation de son incapacité à faire vivre sa famille. Le couple, déjà éprouvé, s'éloigne de plus en plus.

Anna est complexe. Elle a besoin de sortir du carcan que lui assigne son mariage. Elle tente de se conformer à ce qu'on attend d'elle, mais finit par avoir le courage de demander un peu d'indépendance. Elle s'en explique à plusieurs reprises. Étant donné que les choses sont plus complexes, si ses motifs sont compréhensibles, entre tout de même une part de défi, ce qui peut paraître moins sympathique. C'est pourtant terriblement humain. Il est logique de vouloir défier ceux qui, de manière injuste et arbitraire, veulent vous enfermer dans des conventions qui n'ont pas vraiment de raisons d'être. D'autant que ce que fait notre héroïne ne nuit à personne. La réaction de Luc, le fils d'Anna et Peter, est assez surprenante. L'adolescent se débat dans ses contradictions. Sa mère se permet de lui en faire remarquer certaines...
J'ai apprécié que l'auteur explore méthodiquement les réactions et les motifs de chacun. En même temps, il est assez amusant qu'une chose si minime fasse tant de bruit!

De ce changement découlent certaines choses qu'Anna n'avait pas prévues. L'une d'elles est l'aide que veulent lui apporter certaines femmes de la paroisse. Là encore, il est intéressant de voir les réactions de chacun. Faut-il voir en cette proposition une main tendue de manière désintéressée, ou bien une manière de dire à Anna que ses obligations pâtissent de son indépendance?

Flora est assez déroutante. Elle a des réactions d'enfant gâtée, capricieuse, précieuse, fragile psychologiquement... Elle m'a à la fois amusée et agacée. En effet, comment ne pas être effrayé par la dévotion dont elle fait preuve parce qu'elle est heureuse d'aller à Saint Sauveur? Et comment ne pas rire lors des manifestations de cette ferveur? Flora est jeune, elle a le temps d'apprendre de la vie, mais je ne suis pas parvenue à la trouver sympathique. Chez moi, l'agacement l'a emporté. Elle est égoïste, tyrannique, et ce qui fait rire chez elle la montre plutôt comme quelqu'un de qui on rit et non avec qui on rit.

J'ai bien aimé Laura et Kitty, les mères d'Anna et Peter. Elles sont très différentes, mais chacune se démarque par du bon sens, un peu d'excentricité...

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Delphine Wust pour la Bibliothèque Braille Romande.

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mercredi, 13 juillet 2016

*Parutions Audiolib, août 2016.

L'élégance des veuves Entre ciel et Lou Dear you - saison 1
Le Dompteur de lions Le Coma des mortels

Ces livres sont annoncés pour le 17 août 2016.

  • L'élégance des veuves, d'Alice Ferney, lu par Dominique Reymond, 2h54.
    Au rythme des faire-part de naissance et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès… le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renoncement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le recommencement.
  • Entre ciel et Lou, de Lorraine Fouchet, lu par Maia Baran, Patrick Descamps, Frédéric Meaux, Colette Sodoyez, 9h9.
    Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait aux côtés de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le coeur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses voeux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !
  • Dear you - saison 1, d'Emily Blaine, lu par Jessica Monceau, 8h12.
    Bienvenue au Peninsula, palace de rêve au coeur de la ville qui ne dort jamais, New York. Moi : Kathleen, 25 ans, rêveuse tendance fleur bleue. Statut : célibataire pour l’instant. Avant, ma vie sentimentale se limitait à lire les petites annonces de la rubrique « Rencontres » du New Yorker. Avant, j’étais la concierge de luxe désespérément romantique du Peninsula, l’un des plus beaux cinq étoiles de New York. Avant, j’avais envie de trouver l’amour. Aujourd’hui, je dois décider qui sera mon grand amour. Parce que, oui, il semblerait que Cupidon m’ait enfin entendue, et qu’il ait rattrapé le retard accumulé en décochant trois flèches. Trois, rien que ça ! Et voilà que je me retrouve à devoir choisir entre un client richissime et odieusement séduisant, un collègue barman qui a tout du petit ami idéal, et un mystérieux correspondant qui me comprend mieux que personne. Bienvenue dans ma vie.
  • Le Dompteur de lions, de Camilla Läckberg, lu par Jean-Christophe Lebert, 13h12.
    Une jeune fille disparue depuis plus de quatre mois erre à moitié nue à travers la forêt enneigée avant d’atterrir sur une route déserte. La voiture arrive de nulle part, le choc est inévitable. L’accident n’explique pourtant pas les yeux crevés de la victime et les nombreuses blessures sur son corps. Lorsqu’Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire de meurtre impliquant un ancien dompteur de lions, elle ne se doute pas que les sombres tentacules du passé sont en train de se refermer sur le présent. Et que le cauchemar ne fait que commencer...
  • Le Coma des mortels, de Maxime Chattam, lu par Damien Ferrette, 9h11.
    Qui est vraiment Pierre, ce petit employé de bureau malheureux qui a décidé de tout plaquer pour travailler au zoo de Vincennes ? Une chose est certaine, tous ceux qu’il côtoie meurent les uns après les autres... Un roman étonnant, virtuose, qui raconte sur un ton décalé le parcours d’un garçon à part, aussi fascinant et singulier que certaines des rencontres qui vont changer sa vie. Le récit rebondit sans cesse dans la quête de la vérité des personnages, qui se dérobent en permanence.

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lundi, 11 juillet 2016

Un peu plus loin sur la droite, de Fred Vargas.

Un peu plus loin sur la droite

L'ouvrage:
Louis Kehlweiler, retraité du ministère de l'intérieur, commence toujours ses enquêtes à partir de rien. Il n'est donc pas étonnant qu'une déjection canine contenant une «bricole» l'interpelle. Cette «bricole», il est persuadé que c'est un os humain.

Critique:
Quand je trouve des lenteurs dans un roman policier, je les reproche à l'auteur. Ici, j'aurais tendance à faire le contraire. L'enquête démarre très lentement, et je n'aurais pas voulu que cela aille plus vite. Au début, Fred Vargas nous présente ses personnages, avec leurs particularités. Il y a d'abord la vieille Marthe, qui, entre autres, sèche toujours sur le même mot lorsqu'elle fait ses mots croisés, et ne le retient jamais lorsque Louis le lui dit. Il y a bien sûr Louis qui prospecte dans le quartier, à la recherche d'on ne sait quoi. On retrouve également Marc Vandoosler, qui tente de ne plus s'énerver, ou du moins de faire en sorte que cela ne se remarque pas.
Bon prince, Louis propose son étrange histoire d'os au commissariat du coin... excepté que ses motivations ne sont pas pures...

Quant à l'enquête, si je la retrouvais sous une plume classique, je reposerais le livre. Elle est portée par l'étrangeté de son début et par les loufoqueries dont elle s'accompagne. Il est toujours amusant de puiser dans la multitude de drôleries et d'étrangetés dont Fred Vargas parsème ses romans afin de les donner en exemple, et même, pourquoi pas, de les adopter comme une certaine philosophie de vie. (Rassurez-vous, je ne vais pas me promener avec un crapaud dans la poche.) Toujours est-il que, comme souvent, l'enquête est assez classique. La romancière peut se permettre de présenter un ou deux faux coupables (heureusement, elle n'en fait pas trop), et de retarder un peu les découvertes en donnant de faux indices. Je lui pardonne cela grâce à son originalité. Il y a même deux chapitres où on est dans la tête de la personne coupable. En général, je déteste ça, car pour moi, ce sont des lenteurs inutiles. Ici, il n'y en a pas trop, ce n'est pas lassant. En outre, ces chapitres sont courts.
Il y a un personnage qui m'a été antipathique à cause de ce qui arrive à Ringo. Je n'ai pas pu apprécier ce personnage par la suite...

L'humour de Fred Vargas est omniprésent, comme d'habitude. Outre ce que j'ai déjà évoqué, on le retrouve à travers des situations qui se répètent. Par exemple, plusieurs fois, Louis désigne quelqu'un à Marc, mais celui-ci ne doit surtout pas se tourner pour le regarder.
D'autre part, il y a certaines anecdotes amusantes. Dans un autre roman de Fred Vargas, il y a l'histoire de l'homme qui a mangé une armoire. J'ai toujours voulu savoir si c'était inventé ou inspiré d'un fait divers. Ici, il y a l'anecdote de la Remington.%%On trouve aussi quelques «délires» du genre de ceux dans lesquels je me lancerais. Par exemple, Louis s'amuse à décortiquer l'expression «pisse-froid», ou Marc doit penser à quelque chose qui lui tient vraiment à coeur (il choisit le massacre des Albigeois) pour avoir l'air triste et choqué.

Bref, un roman de Fred Vargas qui m'a beaucoup plu, dans lequel je me suis plongée avec délectation, et que j'ai été déçue d'avoir fini.

Remarque annexe:
J'aime bien la théorie de Louis quant aux mains.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Allard. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Comme d'habitude, Philippe Allard a su se glisser dans la peau des personnages, et a su interpréter le style si particulier de Fred Vargas. Il a quelque peu modifié sa voix pour certains personnages. Je ne suis pas partisane de cette façon de faire, mais ici, cela ne m'a pas gênée, donc je ne râlerai pas. ;-)
Je ne sais pas s'il y a une coquille dans le texte écrit, ou si le lecteur a fait un lapsus, mais à deux reprises, il dit «Lisa» au lieu de «Lina».

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133 lectures

jeudi, 7 juillet 2016

Congo requiem, de Jean-Christophe Grangé.

Congo requiem

Ce livre est la suite de «Lontano».

L'ouvrage:
Erwan pense que l'affaire de l'homme-clou n'est pas élucidée. Il décide d'enquêter à sa source: en Afrique. Grégoire le suit pour tenter de l'en empêcher.

Critique:
Cette chronique n'est pas facile à écrire, car ce roman est une suite directe. Si j'avais lu les deux en suivant, je n'aurais sûrement fait qu'une chronique. D'ailleurs, il est préférable de lire ces deux romans comme s'ils étaient réunis en un seul volume.

J'ai préféré «Lontano» à «Congo requiem». Je pense que cela tient surtout au fait que «Lontano» plantait le décor, présentait les personnages, les expliquait, les explorait. D'autre part, j'avais deviné certaines choses, et cela m'a un peu déçue.
Ces petits désagréments ne gâchent en aucun cas la lecture, notamment parce que les choses que j'avais devinées sont découvertes assez tôt dans le récit.

Une grande partie du roman se passe en Afrique. Avant d'arriver au coeur de l'action, Erwan bénéficie d'un cours d'histoire en accéléré par son père. Ce cours m'a été profitable. Je savais certaines choses, mais pas tout. Peut-être l'auteur a-t-il exagéré l'atrocité des guerres, mais je ne pense pas.
Ensuite, Erwan vit certaines choses «de l'intérieur»... Là encore, on retrouve le Grangé des situations extrêmes, des descriptions macabres, des meurtres spectaculaires. C'est à la fois captivant et effrayant. Chaos et révélations inimaginables dirigent cette partie du roman.

Si Erwan mène l'enquête principale, Loïc et Gaëlle se retrouvent embarqués dans des événements qui ne peuvent les laisser indifférents et sur lesquels ils tiennent à enquêter. J'ai pris plaisir à suivre tous ces personnages dans des quêtes qui les forceront à se révéler sous un autre jour, leur donneront un but, les rendront plus complexes, les remonteront dans leur propre estime.
D'autre part, certaines découvertes feront qu'on verra certains protagonistes de manière plus nuancée. Je pense que le lecteur aura le même cheminement que les enfants Morvan.

Jean-Christophe Grangé a réussi à me surprendre avec des éléments dont je me suis dit, après coup, que j'aurais dû les deviner (notamment ce que découvre Loïc, à la fin). J'ai également été surprise que certains événements se produisent, alors qu'en y réfléchissant bien, je me rendais compte qu'ils étaient attendus. C'est une bonne chose. Cela veut dire que j'ai été assez prise par l'histoire, et la façon particulière qu'a Grangé de la conter, pour ne pas tout décortiquer, ne pas tout deviner.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hugues Martel.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Hugues Martel n'a pas démérité par rapport au premier tome. Son jeu reste naturel et nuancé. D'autre part, il n'a pas besoin d'artifices (comme de modifier sa voix à outrance lorsqu'une femme s'exprime).

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