jeudi, 23 février 2017

Sans feu ni lieu, de Fred Vargas.

Sans feu ni lieu

L'ouvrage:
Le tueur aux ciseaux a fait deux victimes. Louis Kehlweiler ne veut pas s'intéresser à cette affaire: il a dételé. Mais ses pensées l'y ramènent. Bientôt, il n'a plus le choix: la vieille Marthe lui demande de s'en mêler, car Clément Vauquer (qu'elle a presque élevé) est suspecté.

Critique:
J'ai la sensation de me répéter au fil des chroniques, mais je vais dire à nouveau que les intrigues de Fred Vargas ne seraient rien sans sa patte, sans les originalités dont sont parsemés ses romans. Ici, il y a (entre autres) le fait que la présence de Clément agace Louis et calme Marc, inversant les choses. On rira aussi de ce que la manière de parler de Clément semble contagieuse lorsque Marthe dit «par devers toi» sans vraiment s'en rendre compte, et que, plus tard, un autre personnage, pour plaisanter, emploie une autre formule propre au jeune homme. Dans les étrangetés, on trouvera le pari entre Louis et Pourchet concernant le mulet. Je faisais partie des ignares qui ignoraient la réponse à la question que se posait Pourchet. On trouvera également des raisonnements tirés par les cheveux, mais qui, finalement, se tiennent. Je pense surtout au napperon protège-fils.

Ensuite, il est plaisant de retrouver de bonnes vieilles habitudes. Ici, la baraque pourrie et ses cocasses habitants. Il m'a plu de retrouver le rite des coups de balai pour appeler l'un d'entre eux (ce qui évite, comme c'est expliqué à Louis, de s'égosiller). Il m'a plu de retrouver leurs loufoqueries, leurs disputes qui n'en sont pas vraiment, la façon de Lucien de s'exprimer par rapport à la première guerre. À un moment, ledit Lucien commet une bourde en toute conscience, et se met à la revendiquer. Il n'y a que sous la plume de Fred Vargas que cette scène pouvait être amusante.

L'intrigue est classique, mais elle ne m'a pas paru traîner, car elle est jalonnée de répliques amusantes, de scènes presque surréalistes, de ces drôleries dont je n'ai donné qu'un échantillon. De plus, tout se tient. Si les intrigues policières de Fred Vargas sont souvent classiques, elle ne se moque jamais de son lecteur, car rien n'est incohérent, les rebondissements sont vraisemblables. (Je mettrai un bémol pour «Dans les bois éternels» que j'ai moins aimé.) Ici, comme souvent, je n'ai rien deviné. Je pensais bien que le coupable désigné ne l'était pas, mais le doute qui plane parfois ne m'a pas dérangée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Allard.
Comme d'habitude, le comédien a su se fondre dans le style de l'auteur, et rendre les répliques et les situations sans exagération, ce qui aurait tout gâché.

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35 lectures

lundi, 20 février 2017

Imperfect birds, d'Anne Lamott.

Imperfect birds

L'ouvrage:
Elizabeth est une ancienne alcoolique. À présent, sa fille, Rosie a dix-sept ans et son comportement inquiète Elizabeth et James, son mari. Bientôt, ils la soupçonnent de se droguer...

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il montre jusqu'à quel point un être qu'on aime peut nous décevoir, jusqu'où on est obligé d'aller.. Si Elizabeth semble parfois trop molle face à Rosie, il est aisé de la comprendre. Elle se débat entre sa culpabilité (son passé contient de grosses erreurs), son besoin de croire qu'elle peut avoir confiance en sa fille, et le fait qu'elle se sous-estime. Rosie sait d'ailleurs où appuyer pour manipuler sa mère. D'un autre côté, l'adolescente n'est pas uniquement la pénible qui fait des esclandres pour rien et tente toutes sortes de drogues. Parfois, on entrevoit que sa duplicité la heurte, mais qu'elle ne se sent pas assez forte pour arrêter la machine infernale. Rosie met mal à l'aise, car elle va loin dans la dissimulation et la manipulation, mais on sent qu'elle est prise dans une tourmente qui la dépasse.
James semble plus dur, mais tout au long de la période des atermoiements d'Elizabeth, on sait que c'est lui qui a raison. Il veut prendre le taureau par les cornes, causer un mal pour un bien, réveiller Rosie.

À partir du moment où Elizabeth décide de se faire confiance, elle franchit une étape, et elle aussi va très loin. Elle fait des choses dont je ne l'aurais pas crue capable, surtout que Rosie se moque d'elle et tente de la tourner en ridicule concernant l'une d'elles. Pendant ce calvaire qu'endure la famille, Anne Lamott rappelle, par de petites phrases, de petits faits, que ses membres s'aiment profondément. C'est justement ce qui apporte une dimension tragique à cette histoire. Ils s'aiment, et ne peuvent s'empêcher de se faire mal. Leur complexité est très bien exposée. Si Rosie fait des choses qui paraissent extrêmes, on peut espérer, au long du roman, qu'elle se rendra pleinement compte de la portée de ses actes. Anne Lamott évoque également, par bribes, des personnes qui, apparemment, ne s'en sortiront jamais. Je pense notamment à l'anecdote du tampax...

Remarque annexe:
J'aime beaucoup la comparaison que fait James lorsqu'il veut décrire l'addiction. Il dit que c'est comme danser avec un gorille de quatre-cents kilos. Au départ, cela prête à rire, mais l'image est très parlante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Susan Denaker pour les éditions Books on tape.

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54 lectures

samedi, 18 février 2017

*Parutions Audiolib, mars 2017.

Ces titres sont annoncés pour le 22 mars.

La Bibliothécaire La bibliothécaire, de Gudule, lu par Thomas Solivéres, 3h20.
Tous les soirs, devant sa fenêtre, Guillaume attend la jeune fille de l'immeuble d'en face. Qui est-elle et que fait-elle, toute seule dans la nuit ? Un soir, il se décide à la suivre et découvre que cette frêle jeune fille... c'est Ida, l'ancienne bibliothécaire... âgée de 84 ans ! Incroyable... En rédigeant ses mémoires, la vieille dame a fait renaître la jeune Ida. Et c’est en partant à sa poursuite que Guillaume et ses compagnons vont commencer un voyage fabuleux et étonnant en plein coeur de livres…

Journal d'un dégonflé 1 - Carnet de bord de Greg Heffley Journal d'un dégonflé 1 - Carnet de bord de Greg Heffley, deJeff Kinney, lu par Fabien Briche, 2h24.
Greg a 12 ans, un grand frère musicien qui lui fait des blagues, un petit frère qui le colle, un copain qu'il supporte histoire de ne pas être seul, des problèmes avec les filles qui pouffent à longueur de journée, des parents qui ne comprennent jamais rien à ce qu'il demande... Un jour, sa mère lui offre un journal intime, que Greg rebaptise en carnet de bord (hors de question de faire un truc de fille et d’écrire « Cher journal » par-ci, « Cher journal » par-là). Au moins, quand il sera célèbre, il pourra distribuer son carnet aux journalistes, plutôt que de répondre à leurs questions idiotes ! Comment trouver sa place à l’école sans trop se faire remarquer ? Comment épater les filles ? Comment se faire respecter ? Greg nous livre ses secrets et ses pensées au fil de son année scolaire.

Soy Luna 1 - Un nouveau départ; Soy Luna 2 - Seconde chance Soy Luna 1 - Un nouveau départ; Soy Luna 2 - Seconde chance, licence Walt Disney, lu par Clara Quilichini, 2h58.
Moi, c’est Luna ! Depuis que j’ai emménagé à Buenos Aires, ma vie a complètement changé. J’ai découvert l’endroit le plus cool de la terre : la piste de mes rêves. Car oui, j’adore le patin ! Entre les séances d’entraînement pour préparer la prochaine compétition, et ma rencontre avec Nina et Matteo, ce garçon prétentieux qui n’arrête pas de m’embêter, je n’ai plus une minute à moi !

La Quête d'Ewilan 1 - D'un monde à l'autreLa Quête d'Ewilan 1 - D'un monde à l'autre, de Pierre Bottero, lu par Kelly Marot, 5h35.
La vie de Camille, adolescente surdouée, bascule quand elle pénètre accidentellement dans l’univers de Gwendalavir avec son ami Salim. Là, des créatures, les Ts’liches, la reconnaissent sous le nom d’Ewilan et tentent de la tuer. Originaire de ce monde, elle est l’unique héritière d’un don prodigieux, le Dessin, qui peut s’avérer une arme fatale dans la lutte de son peuple pour reconquérir pouvoir, liberté et dignité. Épaulée par le maître d’armes de l’empereur et un vieil érudit, Camille apprend à maîtriser son pouvoir...

Miss Peregrine et les enfants particuliersMiss Peregrine et les enfants particuliers, de Ransom Riggs, lu par Benjamin Jungers, 8h41.
Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Percy Jackson 1 - Le Voleur de foudrePercy Jackson 1 - Le voleur de foudre, de Rick Riordan, lu par Benjamin Bollen, 11h6.
Percy Jackson n’est pas un garçon comme les autres. Ado perturbé, renvoyé de pension, il découvre un jour le secret de sa naissance et de sa différence: son père, qu’il n’a jamais connu, n’est autre que Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Placé pour sa protection dans un camp de vacances pour enfants « sangs mêlés » (mi-humains, mi-divins), Percy se voit injustement accusé d’avoir volé l’éclair de Zeus. Afin d’éviter une guerre fratricide entre les dieux de l’Olympe, il va devoir repartir dans le monde des humains, retrouver l’éclair et démasquer le vrai coupable… au péril de sa vie.

La Belle et la Bête - Histoire éternelleLa Belle et la Bête - Histoire éternelle, de Jennifer Donnelly, lu par Manon Azem, 6h44.
Belle, emprisonnée dans le château de la Bête, trouve un peu de réconfort dans la vaste bibliothèque de son geôlier. Jusqu’au jour où elle découvre un livre pas comme les autres, dans lequel elle est aspirée…

L'Epreuve 1 - Le LabyrintheL'Epreuve 1 - Le Labyrinthe, de James Dashner, lu par Adrien Larmande, 8h59.
Quand Thomas reprend connaissance, sa mémoire est vide, seul son nom lui est familier… Il se retrouve entouré d’adolescents dans un lieu étrange, à l’ombre de murs infranchissables. Quatre portes gigantesques, qui se referment le soir, ouvrent sur un labyrinthe peuplé de monstres d’acier. Chaque nuit, le plan en est modifié. Thomas comprend qu’une terrible épreuve les attend tous. Comment s’échapper par le labyrinthe maudit sans risquer sa vie ? Si seulement il parvenait à exhumer les sombres secrets enfouis au plus profond de sa mémoire…

Les petites reinesLes petites reines, de Clémentine Beauvais, lu par Rachel Arditi, 6h15.
À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé: destination la fameuse garden-party de l’Élysée ! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres ! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. Vraiment en vie !

Jeux de miroirs Jeux de miroirs, d'Eugen Ovidiu Chirovici, lu par Vincent Schmitt, 7h31.
Peter Katz, agent littéraire, reçoit le manuscrit d'un ancien étudiant de Princeton qui relate ses années à l'université, son histoire d'amour avec une étudiante et leurs relations avec Joseph Wieder, spécialiste en psychologie cognitive. Ce dernier a été assassiné sans mobile apparent. Or, le roman contient des détails sur ce meurtre mais il est inachevé et son auteur vient de mourir. Peter Katz, puis John Keller, journaliste, et Roy Freeman, ancien policier, tentent d’élucider ce mystère.

Désorientale Désorientale, de Négar Djavadi, lu par Lila Tamazit, 11h3.
Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: lestribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde. Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

On regrettera plus tardOn regrettera plus tard, d'Agnès Ledig, lu par Mathieu Buscatto et Isabelle Miller, 7h2.
Le jour où Valentine ouvre sa porte à un inconnu qui tient un enfant malade dans ses bras, elle ne s'attend pas à voir sa vie bouleversée. Le jour où Eric quitte sa roulotte pour aller trouver de l'aide chez sa voisine, il ne pensait pas faire un pas en avant vers la guérison du deuil de sa femme. Un roman plein d'humanité, qui (re)donne le sourire et le goût de la vie.

Born to runBorn to run, de Bruce Springsteen, lu par Jacques Frantz, 19h21.
Freehold, New Jersey : Une enfance passée entre une grand-mère adulée, une mère qui n’avait d’yeux que pour le père, dépressif, parfois violent, qu’il n’a cessé d’aimer. La découverte du rock aux glorieuses heures des 60’s-70’s et le départ de ses parents conduisent Bruce, à 17 ans, à gagner sa vie tout seul en faisant des concerts, à s’imposer dans les petites salles, bars et campus du Jersey shore. Puis, le premier disque, les succès toujours fragiles, la ruine, la gloire, les amitiés fortes, la découverte de l’amour vrai et de la paternité. Son écriture se nourrit de sa vie, de celle des laissés pour compte de la crise industrielle, des victimes de la guerre du Vietnam mais aussi des espoirs d’une jeunesse qui veut changer le monde auxquelles il consacre ses plus belles chansons. Bruce Springsteen s’est, depuis 7 ans, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’honnêteté, l’humour et l’originalité qu’on retrouve dans ses chansons.

L'Ecrivain - Tahar Ben Jelloun - Entretien inédit par Jean-Luc HeesL'Ecrivain - Tahar Ben Jelloun, Entretien inédit par Jean-Luc Hees, 58 minutes.
Entre le Maroc et la France, Tahar Ben Jelloun a connu mille et un vies. Philosophe, poète, professeur, opposant politique, journaliste, psychothérapeute, écrivain, juré littéraire… Devenu auteur sans le vouloir, cette grande figure de la littérature nous raconte son parcours, ses engagements, les hasards qui l’ont menés au-devant de la scène littéraire. Depuis 1971, il a publié une cinquantaine d’oeuvres, dont Les amandiers sont morts de leurs blessures (recueil de poèmes qui lui a valu le prix de l’amitié franco-arabe en 1976), La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987), ou plus récemment Le Mariage de plaisir (Gallimard). Comment cet intellectuel multiculturel est-il arrivé à l’écriture ? Comment son parcours a-t-il façonné son oeuvre ? Quel regard porte-t-il sur la littérature ? Il aborde tout cela, et bien plus, au cours de ce passionnant entretien.

Opération Napoléons Opération Napoléon, d'Arnaldur Indridason, lu par Thierry Janssen, 10h8.
1945 : Un avion s’écrase dans le blizzard. Très vite, la glace du Vatnajökull l’engloutit. À l’intérieur, agents américains et officiers allemands ont compris. Ils vont mourir gelés, emportant avec eux l’un des plus lourds secrets du XXe siècle. Quand l’avion reparaît cinquante ans plus tard, il menace de faire de nouvelles victimes. Car le silence des morts s’achète parfois au prix de celui des vivants... Kristin, une avocate déterminée, se lance dans une enquête qui dévoilera des secrets historiques déconcertants.

Le Piège de la Belle au Bois dormantLe Piège de la Belle au Bois dormant, de Mary Higgins Clark et Alafair Burke, lu par Marcha Van Boven, 8h49.
La productrice de Suspicion, l’émission de télé-réalité spécialisée dans la reconstitution de cold cases, s’est laissée convaincre par Casey Carter, tout juste libérée de prison après une peine de quinze ans pour le meurtre de son fiancé, Hunter Raleigh. Si pour la presse et l’opinion publique Casey reste une criminelle, celle-ci continue de clamer son innocence, et Suspicion est sa seule chance de la prouver. Entre les nombreuses jalousies et rivalités que suscitaient les fiançailles de Casey et Hunter, héritier d’une des plus grandes fortunes américaines, etl’arrivée d’un jeune loup aux dents longues pour remplacer le précédent présentateur de Suspicion, l’enquête et l’émission de Laurie s’annoncent difficiles...

Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société Libérez votre cerveau - Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société, d'Idriss Aberkane, lu par Olivier Chauvel, 9h22.
Il existe des prodiges capables de calculer la racine soixante-treizième d'un nombre à cinq cents chiffres en moins de trois minutes. Ils ont pourtant le même cerveau que nous. Alors, comment font-ils, ceux qui pensent plus vite, qui se concentrent plus longtemps ou bien développent une mémoire phénoménale ? Ils utilisent leur cerveau de façon différente et harmonieuse, selon des principes « neuro-ergonomiques » : ainsi, de même que l'on pose des poignées sur des valises trop lourdes pour les soulever sans peine, on peut donner des poignées à nos objets mentaux pour les manipuler plus facilement. Dans cet ouvrage ambitieux, foisonnant d'exemples, Idriss Aberkane nous entraîne à la découverte de notre matière grise, nous révélant ses capacités et ses limites, ses points aveugles et ses ressorts inattendus.

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jeudi, 16 février 2017

Voici venir les rêveurs, d'Imbolo Mbue.

Voici venir les rêveurs

L'ouvrage:
Jende Jonga a réussi à quitter le Cameroun pour travailler en Amérique. Il espère pouvoir obtenir des papiers, travailler sérieusement, avoir une bonne situation, et être heureux avec sa femme (Neni) et leur fils (Liomi). Lorsqu'il parvient à décrocher l'emploi de chauffeur de Clark Edwards (banquier pour une entreprise de Wall Street), il pense que la chance lui sourit enfin.

Critique:
Ce livre rappelle, à travers tous ses personnages, que chacun voit les choses avec ses paramètres. Jende et Neni croient dur comme fer au rêve américain. Vince, qui y est né et que l'attitude de son père a aguerri, voit davantage ce qui sonne faux. Chacun a sa vérité, et aucune n'est fausse. Cindy m'a un peu agacée, parce que si je l'ai comprise, j'ai trouvé qu'elle ne savait que se lamenter. Certains de ses griefs sont justifiés, notamment le fait que Clark ne soit pas assez disponible pour ses enfants. D'autre part, on comprend son mal être lorsqu'elle se dévoile un peu à Neni. Certes, mais chacun a sa part de souffrance. Cindy reproche à Clark de ne pas s'occuper des enfants, mais c'est elle qui réagit le moins bien à la décision de Vince. Elle se montre généreuse avec Jende et Neni, mais elle peut également être absolument injuste consciemment.

Au début, on pourrait penser que cela va être cliché: les pauvres veulent une vie dorée, et les riches se paient le luxe d'être dépressifs. Seulement, ce n'est pas si simple. Vince, par exemple, n'est pas un jeune écervelé qui tourne en rond et se fiche de tous.

Certains évoluent d'une manière inattendue. Jende et Neni finissent par ne pas aller dans le même sens. Neni a une idée en tête et ne veut pas en démordre. Elle est tellement obnubilée par cela qu'elle envisage des solutions extrêmes, et en met même une en pratique. Je ne peux pas dire comment j'aurais réagi à sa place, mais son attitude m'a déplu. Elle ne parvient pas à voir la réalité en face. À un moment, Jende lui explique certaines choses, et elle ne veut pas les entendre. Elle tient à son raisonnement et ne veut pas en sortir. Jende fait un travail sur lui-même, rationalise, et veut saisir les bonnes choses qui peuvent l'être au lieu de courir après des chimères. Il faut avoir une grande force de caractère pour passer ce cap. En effet, si Neni m'exaspère, je comprends qu'elle ait du mal à accepter, qu'elle soit prête à sacrifier certaines choses. Seulement, elle ne sait même pas si ses sacrifices auraient des conséquences positives. À côté de cela, Fatou aimerait avoir l'opportunité qu'a son amie. Là encore, l'auteur montre que chacun réagit en fonction de son vécu et des circonstances. Pour Fatou, c'est une opportunité, une chance; pour Neni, c'est un malheur.

Clark évolue également. Il était sympathique, mais ensuite, il semble avoir tiré une leçon des épreuves vécues, et s'assouplit, revoit ses priorités.

Si l'histoire et la psychologie des personnages m'ont plu, j'ai également apprécié le décor. Imbolo Mbue décrit une ville où la vie n'est pas simple, elle parle du communautarisme, des préjugés (pas forcément méchants) que certains ont... Par exemple, Jende en a assez des personnes qui mélangent tous les pays d'Afrique, et pour qui le Cameroun, c'est comme le Sénégal. J'aime bien la manière dont il réplique, sur les conseils de son cousin Winston.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Je pense qu'il n'est pas facile de lire ce roman à voix haute en le jouant, mais sans le surjouer. Lorsque Jende et Neni s'emportent, par exemple, entre ce qu'ils disent et la manière dont ils le disent, il n'est pas simple d'être à la fois vivant et naturel. Julien Chatelet s'en sort très bien, à mon avis. De plus, il ne fait pas d'horribles voix (qui seraient peu crédibles) pour les rôles féminins. C'est un comédien que je retrouve avec plaisir sur les livres audio.

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lundi, 13 février 2017

Guerre et paix, livre 4, de Léon Tolstoï.

Guerre et paix T4

L'ouvrage:
Les combats continuent. Certains personnages dont nous avons suivi l'évolution s'y trouvent à nouveau impliqués.

Critique:
Tout comme la troisième partie, ce dernier pan de «Guerre et paix» est davantage axé sur la campagne de Russie. Tolstoï montre surtout les hommes qui vont au combat. S'il ya encore des passages ayant trait au point de vue des dirigeants, nous partageons surtout le quotidien des soldats. Ce quotidien que, selon Tolstoï, les historiens dédaignent trop facilement. Ce quotidien qui montre d'autant mieux l'absurdité des guerres. Des circonstances, des effets de groupes, poussent certains à mal agir... Des personnages que nous côtoyons depuis le début sortent grandis de cela. Je pense surtout à Pierre, qui était déjà un personnage ouvert, mais qui ne se rendait pas compte de tout ce qui se passait autour de lui, se laissait submerger par son manque de confiance en lui, etc. Ce qu'il vit lui fait faire la part des choses, lui donne de l'assurance tout en accroissant son humilité.

Petia, que nous avions, jusque-là connu dans le cocon protecteur de sa famille, se confronte volontairement aux combats. Je n'ai pas trop aimé son attitude. Il voulait absolument se battre, ne prenant pas la mesure de ce qu'il risquait, un peu comme son frère dans la première partie. Bien sûr, il était patriote, et voulait participer à l'Histoire, mais il me paraissait un peu fanfaron...

J'ai souri parce que cette partie s'ouvre, à l'instar de la première, sur une soirée chez Anna Pavlovna, soirée pendant laquelle on cancane joyeusement. C'est amusant, mais également assez perturbant, parce que ces gens sont si peu empathiques qu'ils ne peuvent imaginer ce qu'est la guerre.

Du côté de ceux qui ne guerroient pas, on assiste à ce que j'appelle une «alliance inattendue». Deux personnages qui ne s'appréciaient pas vraiment, à cause de malentendus et d'incompréhensions, finissent par apprendre à mieux se connaître parce qu'un événement les réunit. Je n'aurais pas cru ce rapprochement possible, surtout parce que les caractères de ces deux femmes sont opposés.

Ayant parlé de Nicolas dans les trois chroniques précédentes, je dois donner mon opinion sur lui après avoir fini le roman. Il m'a encore agacée, mais son évolution est positive.

Je ne sais pas trop quoi penser de Sonia. Devant reconnaissance aux Rostov, elle n'est pas vraiment libre de ses mouvements. Étant humble, ne pouvant se résoudre à se révolter, acceptant même d'être prise en grippe par la comtesse, elle paraît à la fois courageuse et insipide. Son abnégation est compréhensible, mais elle exaspère. Certains auront peut-être envie de la secouer. Pour moi, la compassion l'a emporté, d'autant plus qu'il faut replacer les choses dans leur contexte.

Le roman est émaillé d'incursions de l'auteur qui donne son opinion, pas seulement sur les médecins (pour reprendre l'exemple donné dans ma chronique de la troisième partie), mais aussi sur les raisons pour lesquelles tels événements arrivent, sur les personnages historiques, le libre arbitre, la part que chacun prend à tel ou tel événement, etc. Si ces «pensées» m'ont plu, j'ai eu davantage de mal à me concentrer dessus que lorsque je retrouvais les personnages. La deuxième partie de l'épilogue est uniquement constituée de ces considérations.

J'ai aimé que la première partie de l'épilogue nous dise ce que deviennent les personnages. L'auteur l'explique, et prend le temps de décrire leur vie.

D'après Wikipédia, il y aurait eu plusieurs versions de ce roman. Si c'est vrai, je serais curieuse de connaître les différences entre chacune. En tout cas, ce roman mêlant l'Histoire à la vie de la Russie (plusieurs classes sociales sont évoquées), et abordant divers thèmes de façons variées, le tout en un style recherché, est assurément le portrait d'une époque, tout en étant actuel.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.
Le roman est structuré en chapitres et sous-chapitres. L'éditeur audio a respecté la structure, mais les numéros des chapitres et des sous-chapitres ne sont pas annoncés. Le dernier sous-chapitre de chaque chapitre se termine par une musique. Cet éditeur a toujours fait ainsi. En bonne maniaque, je ne comprends pas trop pourquoi il a choisi de ne pas dire les numéros des chapitres. D'autre part, au début du livre 1, la première partie et son titre sont donnés. Par la suite, les parties ne sont pas annoncées. Je trouve dommage qu'elles ne l'aient pas été. Si l'éditeur préférait ne pas les annoncer, pourquoi indiquer la première?...

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jeudi, 9 février 2017

Guerre et paix, livre 3, de Léon Tolstoï.

Guerre et paix T3

L'ouvrage:
1812. Les négociations afin d'éviter une guerre s'avèrent ardues... Les empereurs (Napoléon et Alexandre) ne parvenant pas à se mettre d'accord, elle est inévitable.

Critique:
Cette partie du roman est davantage axée sur la campagne de Russie que sur la vie des personnages. Bien sûr, on les voit, ils subissent les conséquences de la guerre, et leur vie de famille est évoquée, mais on est moins dans leur intimité que dans la deuxième partie. Au départ, les négociations ainsi que la façon vivante et précise de l'auteur de les raconter m'ont plu. Cependant, l'Histoire prenant beaucoup de place, j'ai trouvé que c'était parfois un peu long. Heureusement, le style de l'auteur et le ton toujours adéquat du lecteur ont fait que je n'ai pas décroché.

Entre les négociations des empereurs, les enjeux politiques, les stratégies, et les combats, Tolstoï explore les divers aspects de cette guerre. On voit aussi les conséquences du côté de ceux qui restent chez eux. Moscou étant sur le point de tomber aux mains de la France, certains fuient. La princesse Marie fait partie de ces gens. C'est l'occasion pour Tolstoï de montrer une révolte de paysans, et sa conclusion... rapide.
La princesse Marie m'a semblé plus sympathique dans cette partie. Elle reste trop pieuse à mon goût, mais continue à se remettre en question, et tente de faire au mieux.

Pierre fait partie de ceux qui s'illustrent par leur bravoure et une part d'inconscience. Tour à tour abattu et exalté, il se jette à corps perdu dans les événements. Son caractère à la fois tourmenté et emporté ainsi que son indécision font qu'il voudra accomplir quelque chose de très fort, mais perdra sa résolution.

Au milieu de ces graves éléments, Tolstoï nous montre un pan de la vie d'Hélène. Cette femme égoïste et ses préoccupations superficielles tranchent avec l'Histoire. Ce contraste fait d'autant mieux ressortir les atrocités dues à la guerre. D'autant que Tolstoï s'attache à prouver, par un raisonnement clair qu'il a suffi de plusieurs facteurs, dont l'entêtement d'hommes pour en arriver à cette guerre, qui aurait peut-être pu être évitée.

Natacha est plus calme dans cette partie. Elle aussi opère une grande remise en question. Elle semble plus réfléchie, même si parfois, elle va dans les extrêmes. Après l'épreuve qu'elle a vécue et dans laquelle elle s'est elle-même précipitée, la jeune femme sera moins fougueuse. Son tourment sera plus sourd, mais cela lui donne une maturité qui lui permettra de réagir de manière adéquate au danger. Parfois, on retrouve la Natacha d'avant, principalement lorsqu'elle s'interpose entre ses parents qui se disputent.

Quant à Nicolas, décidément, il ne trouve pas grâce à mes yeux. Il me paraît plat. Je lui préfère Pierre ou le prince André qui semblent avoir bien plus de personnalité. J'ai quand même été touchée lorsqu'il est mal à l'aise d'avoir fait un homme prisonnier. Il s'avoue à demi la cause de son mal être. Il est trop impliqué pour parvenir à admettre pleinement l'injustice et la bêtise de la guerre, mais il reconnaît qu'il ne se sent pas glorieux de «sa prise de guerre».

Outre ses considérations sur la guerre, Tolstoï nous fait partager son avis sur les médecins. Il le fait surtout à l'occasion de la maladie de Natacha. Dans ce cas-là, il a sûrement raison (d'autant que c'est lui qui a créé le personnage et les raisons de sa maladie). Si son jugement tranché et non dénué de fondement m'a fait sourire, je l'ai trouvé un peu sévère.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.

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73 lectures

lundi, 6 février 2017

Guerre et paix, livre 2, de Léon Tolstoï.

Guerre et paix T2

L'ouvrage:
Pierre Bézoukhov se pose des questions quant à la fidélité de sa femme.
Nicolas Rostov revient du combat, et retrouve les siens.
La famille Bolkonsky angoisse, n'ayant pas de nouvelles d'André.

Critique:
J'ai préféré cette partie du roman à la première. La guerre n'est pas aussi présente, et lorsqu'il en est question, ce n'est plus pour voir des hommes se faire tuer au combat. Par exemple, les personnages ont affaire à des malades du typhus hospitalisés dans de mauvaises conditions. L'auteur n'aborde donc pas uniquement les combats, mais d'autres aspects et conséquences de la guerre.

L'intrigue se concentre surtout autour des trois familles dont je parle dans mon résumé. Après cette partie, je ne sais toujours pas quoi penser de Pierre... Il désire être bon, et veut, par exemple, rendre le servage moins pénible. Cependant, il se contente de ce qu'on lui montre, ne creuse pas, et donc, se révèle facile à duper. Par ailleurs, il accepte des choses qui ne lui conviennent pas par faiblesse, alors qu'il est résolu à les refuser. Il réfléchit beaucoup sur lui-même, sa façon d'être, il veut s'améliorer... et n'y parvient pas. Malgré cela, il ne m'a pas agacé. Je l'ai compris. Certains d'entre nous sont aussi velléitaires que lui. Certains se fourvoient tout en sachant qu'ils font fausse route... Il est profondément humain.

J'ai d'abord retrouvé Natacha avec plaisir. J'ai souri lorsqu'elle a éconduit l'un de ses prétendants, tout en étant très gênée de le faire. Seulement, son caractère emporté la fait agir légèrement. Certes, elle est jeune, s'enflamme très facilement, s'entête, s'imagine réfléchie... Cela donne un résultat explosif.

La princesse Marie a davantage éveillé ma compassion. Elle n'agit pas toujours comme il le faudrait, mais se remet en question. De plus, sa vie reste très peu attrayante.

On retrouve aussi certains personnages peu recommandables, comme Dologhow ou Anatole. Si les autres sont complexes, ces deux compères ne le sont pas. On dirait qu'il n'ont que le vice en tête. Ils sont plusieurs fois vecteurs de maux pour nos héros. J'avoue que la mésaventure de Nicolas avec Dologhow m'a fait sourire, parce que Nicolas a été presque trop facile à duper. En outre, il ne m'inspire pas beaucoup de sentiments positifs. Certes, c'est un «gentil», mais il semble souvent ne pas être à sa place, ne pas savoir comment agir...

Hélène est un peu caricaturale: très belle, inconséquente, intriguant sans cesse. Elle a plutôt suscité mon indifférence.

Un passage m'a moins plu que les autres, mais il n'est ni mal écrit ni ennuyeux. Il s'agit du passage où la famille Rostov chasse. Je n'aime pas ce thème. De pus, la chasse est décrite dans tout ce qui fait, pour moi, son horreur.

On voit très peu Anna Mikhaïlovna, mais elle trouve encore le moyen de cancaner. Cela m'a plutôt fait rire.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.

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jeudi, 2 février 2017

Guerre et paix, livre 1, de Léon Tolstoï.

Guerre et paix T1

Note:
Apparemment, il existerait plusieurs versions de ce roman, plusieurs découpages... Je publierai quatre chroniques, suivant le découpage des éditions Sixtrid.

L'ouvrage:
Moscou, 1805. La noblesse ruse se retrouve dans des soirées prisées. Le roman débute par celle d'Anna Pavlovna Scherer. Mais les échanges mondains, sous couvert de futilité, abordent une réalité incontournable: la guerre avec la France.

Critique:
«Guerre et paix» est de ces romans qui m'ont toujours attirée, mais dont la longueur m'a fait reculer. Aujourd'hui, les éditions Sixtrid ayant fait enregistrer ce monument par un comédien qui, à mes yeux, est un grand, je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de m'y plonger.

J'ai d'abord aimé le style à la fois vivant et recherché. Je suis toujours friande d'un vocabulaire riche et précis, décrivant avec minutie des situations, des personnages, ce qui rend l'analyse plus complexe et donc plus intéressante. Ici, c'est le cas. On n'a aucun mal à s'imaginer au milieu des personnages. Certains ne sont pas très discrets, comme Natacha Rostov, qui, très jeune, a un caractère impétueux, et ne se prive pas de le montrer. Sa fougue, son énergie et sa candeur m'ont plu, même si je trouvais qu'elle en faisait parfois un peu trop.
Anna Mikhaïlovna m'a déplu, mais j'ai également souri de son audace. Dès le départ, elle intrigue pour que son fils puisse obtenir ceci et cela... mais elle ne s'arrête pas là.
Pierre Bézoukhov est ambivalent. Au début, il m'a été sympathique, car il se préoccupait moins des usages que d'être sincère. Il s'enflammait pour ses idées. Ensuite, je l'ai trouvé un peu faible. Il se laisse manipuler, sachant qu'il l'est, et se convainquant qu'il ne peut y faire grand-chose. Bien sûr, tous les changements qui arrivent dans sa vie le bouleversent, ce qui ne l'aide pas à garder la tête froide. Cependant, il ne semble pas avoir beaucoup de caractère. Je verrai cela dans la suite du roman.

La princesse Marie Bolkonsky a éveillé ma compassion tout en m'agaçant. Elle se débrouille comme elle peut, étant souvent seule avec un père tyrannique. Cependant, sa piété (qui doit être le moyen qu'elle a inconsciemment trouvé pour ne pas sombrer) est exaspérante. Voyons ce que lui réserve la suite.

Comme l'indique son titre, le roman parle également des guerres napoléoniennes. Au départ, j'avais un peu peur que ces passages m'ennuient. Cela n'a pas été le cas. D'abord, j'ai retrouvé des personnages que j'avais croisés avant, dans d'autres circonstances. Par exemple, le premier qui se distingue en se conduisant de manière légère dans son régiment est Dologhow. Cela m'a fait rire, car il se révèle tel qu'il est lorsqu'il ne guerroie pas. La première fois qu'on le rencontre, il parie qu'il peut boire une bouteille entière de rhum, assis sur une fenêtre, sans se tenir à rien. En outre, les passages ayant trait à la guerre ne parlent pas uniquement de combats. Enfin, j'y ai retrouvé d'autres personnages qui, dans ce contexte, ne sont pas du tout comme lorsqu'ils évoluent dans les soirées mondaines ou en famille. Je pense surtout au prince André Bolkonsky, qui semble insatisfait de sa vie (surtout de son mariage), et qui, lors des combats, paraît être davantage à sa place.
Nicolas Rostov m'a un peu surprise. Il fait partie de ceux qui ne prenaient pas vraiment la mesure de la guerre. Plutôt habitué à être choyé, il découvre une dure réalité qui l'effraie.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel.
Éric Herson-Macarel est sûrement le lecteur idéal pour ce roman. Outre un ton à la fois naturel et exempt de surjeu, il reste fidèle à lui-même et ne s'embarrasse pas d'horreurs comme prononcer les noms étrangers avec un accent à couper au couteau, ou modifier sa voix à outrance pour certains personnages. De plus, comme toujours, sa diction est soignée. Sa façon juste d'interpréter sert l'auteur.

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