Conduite en état Livresque

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Avoir du style, c'est s'arrêter avant d'en faire trop.
Philippe Djian dans "37,2 le matin".

Bienvenue sur Conduite en état livresque.

vendredi 27 janvier 2012

vendredi
27
janvier 2012

La vie obstinée, de Wallace Stegner.

La vie obstinée

L'ouvrage:
Sur leurs vieux jours, Joe et Ruth Halston se sont retirés dans un coin de campagne où ils pensent pouvoir trouver une forme de paix. Ils ne savent pas que leur univers sera troublé par l'arrivée de Jim Peck, et par leurs nouveaux voisins, Maryann et John Caitlin.

Critique:
Ce livre évoque les mêmes personnages principaux que «Vue cavalière». Je n'arrive pas à dire avec certitude lequel se passe avant l'autre. Cependant, je pense que «La vie obstinée» se passe avant.
Le livre suit le même schéma: Joe raconte des souvenirs alors que ce pan de sa vie est terminé. Néanmoins, les souvenirs sont bien moins lointains que ceux évoqués dans «Vue cavalière».

J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Wallace Stegner: posée, d'une douceur teintée d'amertume comme la musique de la vie qu'il nous décrit si bien. Le roman m'a semblé lent, mais je ne me suis pas ennuyée. Cette lenteur montre un auteur qui prend le temps de camper ses personnages, de décrire ses événements, et de raconter la vie dans toute sa simplicité, sa profondeur, sa beauté, sa cruauté.

Moins optimiste que «Vue cavalière», ce roman montre des gens au passé quelque peu tourmenté, dont le vécu fait qu'ils ne parviennent pas toujours à communiquer avec leurs semblables. Joe se dit plusieurs fois qu'il aurait peut-être dû prendre Jim Peck autrement, tout en reconnaissant que c'était au-dessus de ses forces.
À propos de Jim, j'ai aimé que l'auteur confronte deux points de vue radicalement opposés, et nous dise: pourquoi Jim n'aurait-il pas raison? Pourquoi ne pas respecter son point de vue? Malgré cet appel à la tolérance, il en montre les limites. Si les idées de Jim sont, dans une certaine mesure, défendables, il manque du respect et de la politesse les plus élémentaires. En effet, son expérience très importante, sa thérapie par le bruit, ne peut aller sans nuisance sonore. Il est regrettable que Joe ait dû se déplacer pour lui faire remarquer à quel point il était grossier envers le voisinage, et qu'en plus, Jim ait tenté de défendre sa position.
Outre cela, l'auteur ne manquera pas de souligner les contradictions du jeune homme, et la mauvaise influence que ses idées apporteront. Mauvaise influence qui sera quelque peu effacée à cause de ce qui se passe à la fin, et qui n'aurait peut-être pas été obtenu sans ces épreuves. Par ces situations exemptes de manichéisme, Wallace Stegner montre avec brio que tout n'est pas toujours simple.

J'ai également aimé les joutes verbales ayant trait à la nature entre Joe et Maryann. Force m'est de reconnaître que je n'ai pu prendre parti pour l'un ou l'autre. Je pencherais peut-être du côté de Joe, car Maryann a des idées qui me semblent extrêmes.

Outre une belle écriture, Wallace Stegner a su décrire la fureur muette, la résignation de personnages qui tentent toujours de tirer parti d'événements difficiles.
Maryann paraît admirable de courage et d'abnégation. J'avoue qu'elle m'a un peu agacée. D'abord, tout comme Joe, je pense qu'elle n'a pas eu la bonne attitude envers Debbie. Je comprends qu'elle n'ait pas voulu reproduire son traumatisme, mais il est évident que sa façon de faire perturbera Debbie, à terme. Il n'y a aucune bonne manière de présenter ce genre de choses. L'enfant en serait de toute façon ressortie anéantie. Cependant, je n'aurais pas agi comme Maryann.
Ensuite, je n'ai pas réussi à réellement apprécier Maryann. Je trouvais qu'elle en faisait trop dans tous les domaines. Elle m'a plus énervée qu'autre chose. Peut-être était-ce sa façon de vivre pleinement, intensément, et je n'ai pas à juger son comportement, surtout à cause de ce qui lui arrive. Malgré tout, ce personnage ne m'a pas été vraiment sympathique.

Ma préférence va, comme dans «Vue cavalière», à Joe et Ruth. Ils agissent au mieux possible, reconnaissent leurs erreurs (ce qui ne les empêche pas d'en commettre d'autres)... ils sont terriblement humains.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi 26 janvier 2012

jeudi
26
janvier 2012

Rosa Candida, d'Audur Ava Olafsdottir.

Rosa Candida

L'ouvrage:
Le narrateur a vingt-trois ans. Il a une fille qu'il a eue par accident. Sa mère est morte. Il quitte son père et son frère jumeau, emportant une certaine variété de fleurs. Il va devenir le jardinier d'un monastère.

Critique:
Malheureusement pour moi, je n'ai pas du tout sympathisé avec le personnage principal. Je pense que ceux qui apprécient ce roman aiment surtout ce personnage très particulier. Il est rêveur, a la possibilité de ne pas se soucier du lendemain, et donc de poursuivre son rêve. En soi, c'est une bonne chose. Cependant, beaucoup de choses chez lui m'ont exaspérée.
C'est très bien de tout faire pour accomplir ses rêves, mais je n'ai pas aimé l'irresponsabilité totale dont il fait preuve. Avoir un enfant par accident, c'est déjà discutable. Mais en plus, ne pas vraiment s'en occuper, fuir sa vie, se détourner de son père... tout cela m'a déplu. Je m'attendais à le voir mûrir au cours de son voyage. Je me disais que ce voyage était quelque peu initiatique, que le héros finirait par comprendre certaines choses... Pour moi, il ne grandit pas vraiment. Il apprend à vivre avec la souffrance des départs (définitifs ou non) que la vie lui inflige. Son père évolue puisqu'il finit par le comprendre. Mais lui...
Parfois, ses réactions font sourire, car il a l'air d'une espèce d'ingénu parachuté dans notre époque. Seulement, c'est plus agaçant qu'amusant. J'ai eu envie de le secouer, de lui dire de sortir de sa bulle... On dirait qu'il vit à côté du monde et non dedans. Je pense que c'est son décalage, sa rêverie, sa fragilité, son ingénuité, et même son immaturité, qui charment ceux qui tombent amoureux de ce roman. En effet, le personnage a un certain charisme. J'y ai été absolument insensible, mais je comprends qu'il puisse toucher. C'est un personnage qui invite à croire en soi. C'est très bien, mais lui a la possibilité matérielle de poursuivre son rêve. Tout le monde ne l'a pas. Je trouve un peu dommage qu'il n'ait pas eu à se battre davantage pour son rêve, ce qui l'aurait peut-être mûri. On me dira qu'il finit par avoir une grosse responsabilité, et que cela le fera mûrir... C'est vrai. Il commence à évoluer à partir du moment où il accepte cette responsabilité, mais l'évolution n'est pas flagrante. Elle débute avec cette acceptation.

Quant à l'histoire, il ne se passe pas grand-chose. En général, cela ne me dérange pas. Ici, j'ai été gênée parce que le lecteur se retrouve dans une espèce de huis clos avec le personnage, et pour moi qui ne l'appréciais pas, cela a été éprouvant. D'habitude, j'aime bien lire les petits détails d'un moment de la vie d'un personnage, et quand il ne se passe rien, mais qu'il y a une ambiance, et que les personnages sont sympathiques, cela me convient.

J'ai apprécié les parents du narrateur. Le père est touchant: il dispense une affection maladroite, mais sincère. Il veut ce qu'il y a de mieux pour ses fils, il veut garder vivante l'image de sa femme...
La mère était, elle aussi, une rêveuse. Elle s'entendait très bien avec le héros. Il me semble, pourtant, qu'elle n'avait que le côtés positifs de cette propension à la rêverie. La façon dont elle agit à la fin m'a émue. Elle prouve que l'amour est capable de nous faire accomplir l'impossible. En outre, sa délicatesse, sa préoccupation pour les siens jusqu'au bout font d'elle un être à part.
Le lecteur a d'autres aperçus d'elle, notamment à travers ses recettes et son amour des fleurs. Les recettes font sourire, car elles sont un peu loufoques, et nous montrent cette femme comme une magicienne. Quoi qu'elle fasse (soupe de cacao), quels que soient les ingrédients dont elle se serve (des pruneaux dans la soupe de poisson), et quelles que soient les doses (elle ne les a pas notées sur son cahier), ce sera toujours délicieux. C'est elle que l'on regrette d'avoir manquée, c'est sa fantaisie que l'on aurait voulu rencontrer au détour de ces pages, c'est avec elle qu'on aurait aimé cuisiner, rire, et peut-être même aimer les fleurs.

Je n'aime pas du tout les fleurs. Je me suis donc un peu ennuyée lorsque le narrateur en parlait, et détaillait certains de ses travaux. Cependant, j'ai la sensation qu'un personnage que j'aurais apprécié aurait bien mieux fait passer cela pour moi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Guillaume Ravoire. Ce livre m'a été offert par les éditions Thélème.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Sa voix est douce, agréable, empreinte de sérénité. Sa lecture est fluide. Il ne surjoue pas, et n'est pas monotone. Malgré mon aversion pour le personnage, je pense que le lecteur a réussi à entrer dans sa peau, et à interpréter le livre comme il le fallait.

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mardi 24 janvier 2012

mardi
24
janvier 2012

Testament à l'anglaise, de Jonathan Coe.

Testament à l'anglaise

L'ouvrage:
Voilà plusieurs années, Michael Owen écrivit un livre sur les Winshow, famille anglaise riche et influente. Il y raconta, entre autres, le scandale provoqué par Tabitha, après qu'elle a accusé son frère, Lawrence, d'avoir commandité l'assassinat de leur frère. C'est à la suite de cela que Tabitha fut internée.

Le chemin de Michael croisera à nouveau celui des Winshow d'une manière assez inattendue.

Critique:
Mon premier reproche pourrait sembler primaire, mais j'avoue que j'ai été dérangée par la structure du livre. Entre retours en arrière et alternance des points de vue, le tout donne une impression de fouillis dans lequel il est parfois difficile de se retrouver. C'est une espèce de jeu de pistes intéressant, mais parfois un peu épuisant. Le roman n'aurait rien perdu de sa force s'il avait été moins «éparpillé». Pour moi, il y aurait même gagné.
L'auteur disperse des indices que nous devons rassembler, ce qui n'est pas toujours facile, étant données l'épaisseur et la complexité du roman. Jonathan Coe s'attache à décrire cette famille détestable avec brio et causticité. Je me suis surprise à apprécier cette description. Pourtant, en général, je n'aime pas les personnages caricaturaux et manichéens, comme le sont les Winshow. Force est de reconnaître qu'ils sont criants de vérité, malgré leur air cliché. Chacun évolue dans un monde où il est dur de ne pas devenir un requin: politique, finance, télévision, alimentaire... Cependant, il ne faut pas s'y tromper: les Winshow ne sont pas devenus mauvais à cause de leur travail, c'est leur rapacité et leur absence de cœur (que l'on devine pour certains lors du repas donné pour l'anniversaire de l'un d'eux), qui ont fait qu'ils ont fait tel ou tel travail. Chacun s'illustre le plus mal possible dans sa branche. Par exemple, Hilary étale son incompétence et sa bêtise généreusement et avec emphase, se croyant très spirituelle. Tous les Winshow (excepté Mortimer) réunissent en eux le pire de ce qu'on peut trouver. Le lecteur s'en désolera, en rira parfois, tant c'est grotesque.
Cela s'illustre bien dans la scène où Henry, très fier de lui, explique une nouvelle stratégie: réduire les repas gratuits dans les écoles. Ainsi, les pauvres mangeront davantage de choses pas chères (biscuits, chocolat, etc). Henry explique que le sucre amoindrissant les facultés du cerveau, il sera plus facile d'avoir une population moutonnière, puisqu'elle aura été «lobotomisée».

J'ai ressenti de la compassion, de la tendresse, mais aussi de la colère contre George. C'est un personnage sympathique (ce n'est donc pas un Winshow), qui a certaines valeurs, et qui, en plus, aime et respecte les animaux. Cependant, sa faiblesse de caractère m'a agacée. Il faut dire qu'il n'a pas été très futé de laisser Dorothy tout gérer. Je comprends ce qu'il finit par faire, mais c'est d'autant plus rageant que cela montre encore une fois la suprématie écrasante des Winshow.

Personne n'est médecin, chez les Winshow. Mais il aurait été «amusant» de trouver l'un d'eux dans cette branche. Lorsque Michael décrit ce par quoi Fiona passe dans au moins deux hôpitaux, j'imaginais un Winshow profitant du système, accumulant les idioties en ne pensant qu'à lui... Tout ce que dit l'auteur est assez réaliste: le fait que le malade traité comme un objet est montré de diverses manières. Par exemple, Fiona se rend à l'hôpital parce qu'elle y a rendez-vous: la première fois, le médecin est parti (et on n'a pas prévenu Fiona); la seconde fois, on a perdu ses radios...

J'aime la façon dont le thème de l'écriture est abordé. On en voit plusieurs facettes, plusieurs mécanismes. Par exemple, lorsque Graham et Michael confrontent leurs opinions, chacun est très sûr de lui, et voit l'écriture sous des angles très différents. J'ai quand même trouvé l'opinion de Graham trop tranchée et trop simpliste.
Le passage où Michael essaie d'écrire une scène érotique est amusante. On voit un écrivain se débattant dans un genre qui semble facile, mais qu'il ne parvient pas à maîtriser, tant il le méprise. En effet, il ne doit pas être très dur d'écrire une telle scène, mais pour certains, cela est si peu attrayant que ça en devient impossible.

À côté de cela, le lecteur suivra la vie de Michael avec intérêt. À cause d'éléments particuliers de son passé, il devient quelque peu misanthrope. On ne saurait l'en blâmer. Ce qui lui arrive avec Fiona le fait étrangement évoluer dans le bon sens, alors qu'on aurait pu croire que cela le pousserait à se replier sur lui-même.

Je n'ai pas aimé la toute fin. Au départ, il y a quelque chose de jubilatoire à découvrir le raffinement avec lequel l'un des personnage donne une leçon à ceux qui furent haïssable toute leur vie. Mais pour moi, la toute fin gâche tout. C'est peut-être une manière de dire que la vie est ainsi, et que de toute façon, Michael restera à jamais inextricablement lié aux Winshow. Soit, mais cela m'a déplu. En outre, l'auteur veut tellement renforcer le lien entre Michael et la famille que ça en devient un peu artificiel. Je pense surtout au film dont tous les personnages parlent, et qui obsède Michael, parce que c'est un tournant, une découverte clé de sa vie.

Remarques annexes:
J'ai trouvé fine l'analyse que Michael fait de la situation présentée dans la dernière partie de Cluedo.
Il est intéressant de lire l'historique du magnétoscope.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi 23 janvier 2012

lundi
23
janvier 2012

Garde rapprochée, de James Patterson.

Garde rapprochée

L'ouvrage:
Ned Kelly vient de rencontrer Tess avec qui il file le parfait amour. Son bonheur sera bientôt complet: son cousin, ses amis et lui vont cambrioler une riche villa: ils vont y voler des tableaux valant plusieurs millions. Cette opération a été commanditée à la petite bande par un certain Gachet.
Mais le cambriolage tourne mal: les tableaux ont déjà disparu. Les cadavres s'accumulent autour de Ned qui devient le suspect numéro 1.

Critique:
Le livre avance à un rythme effréné. Cela aide à faire passer des ficelles pas toujours subtiles.
D'abord, à partir du moment où le lecteur sait qui est le «vrai méchant» de l'histoire, il y a quelques lenteurs. Les actions s'enchaînent, ce qui gomme un peu ces lenteurs, mais on n'a plus vraiment de révélations. Tout est concentré sur l'action. C'est d'ailleurs, je pense, ce qu'a voulu l'auteur. Il fallait bien qu'il détourne l'attention du lecteur, puisqu'il lui avait révélé le nom du «méchant».

Parmi les péripéties de ce roman qui se déroule à 100 à l'heure, je retiendrai la course-poursuite: moto essayant de distancer quatre quatre. C'est épique, loufoque, mais également inquiétant. Cette scène est très bonne, car l'auteur y dose tous ces ingrédients de manière habile.
Cette rapidité d'action est renforcée par les courts chapitres qui donnent l'impression d'aller vite. Cependant, ce n'est pas le premier roman de cet auteurs où les chapitres sont courts: ils ne servent donc pas forcément une action rapide.

À part cela, l'histoire est assez légère. Les personnages ne sont pas vraiment épais. La sympathie du lecteur ira naturellement vers Ned qui a l'air un peu naïf, et à qui on a envie de donner sa chance. On appréciera également ceux qui l'aident parce qu'ils l'aident, mais ils ne se démarquent pas vraiment. Elie réfléchit davantage que certains autres, donc elle paraît plus creusée, mais il fallait ce genre de personnage à l'auteur pour bâtir son intrigue.
Joff fait rire le lecteur, mais seul ce trait le caractérise.
Quant au «méchant», il est manichéen.
Les rebondissements sont assez prévisibles, ou du moins, n'engendrent pas une véritable surprise.
Pour une fois, je ne me plaindrai pas de l'histoire d'amour. Elle arrive vite, mais elle est à l'image du roman. Et puis, dans ce contexte d'extrême tension, elle peut s'expliquer.

Il faut lire ce roman avec l'idée qu'on va se détendre, qu'on n'a pas besoin de réfléchir, et en gardant à l'esprit qu'il ne faudra pas trop en exiger.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicole Olivet pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a une voix sympathique et un ton dynamique.

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samedi 21 janvier 2012

samedi
21
janvier 2012

*Parutions des éditions Thélème, février / mars 2012.

Derniers adieux La route de Varennes
  • Derniers adieux, de Lisa Gardner, lu par Elodie Huber, 13h00
    Résumé de l'éditeur:
    Est-ce parce qu'elle attend un enfant que l'agent du FBI, Kimberly Quincy, se sent particulièrement concernée par le récit incroyable et terrifiant d'une prostituée enceinte ? Un serial killer s'attaquerait-il à ces filles vulnérables ? Aurait-il trouvé la clé du meurtre parfait ou s'agit-il de crimes imaginaires ?
  • La route de Varennes, d'Alaxandre Dumas, lu par Mathurin Voltz, 4h35
    Résumé de l'éditeur:
    Alexandre Dumas écrit «La route de Varennes» dans un souci de vérité historique. Reprenant tour à tour les différents récits historiques pour en montrer les erreurs, l'auteur s'attache à reprendre la même route que Louis XVI et sa famille lors de leur fuite de Paris, pas à pas, pour trouver traces et témoignages de ce grand fait historique. Fidèle à son écriture, enthousiaste et fougueux, Alexandre Dumas signe ici un petit roman aussi instructif que réjouissant.
  • Sunset Park, de Paul Auster, lu par Pierre Tissot
    Résumé de l'éditeur:
    En France, toute l’œuvre de Paul Auster est publiée chez Actes Sud. Prix Médicis étranger pour «Léviathan» en 1993, il est membre de The Academy of Arts and Letters et a reçu le Prix du Prince des Asturies en 2006 (entre autres distinctions prestigieuses). Dernier ouvrage paru: «Invisible» (2010).
  • Déluge, d'Henri Bauchau, lu par Michael Lonsdale
    Résumé de l'éditeur:
    C'est dans un petit port du Sud de la France, où elle s'est installée pour raisons de santé, que Florence fait la connaissance de Florian. Peintre vieillissant, instable, réputé fou et pyromane, il n'aime rien tant que brûler et voir se consumer ses propres dessins. Encouragée par la psychiatre qui le «suit» de loin, Florence accepte de se mettre à son service. Et bientôt, se forme autour d'eux, et de l'atelier aménagé pour l'artiste, un petit cercle d'amitié... Peindre le Déluge - et peut-être le livrer aux flammes -, tel est le grand oeuvre que projette désormais Florian. De jour en jour, de mois en mois, il entraîne ses compagnons dans la folle entreprise de ce tableau démesuré qui les requiert corps et âme, qui les épuise, et pourtant les transcende. Car cette oeuvre est, comme notre monde, traversée par la violence des siècles, par le désastre et la splendeur d'une humanité toujours renaissante.
    L'art et la folie, le rêve et le délire, la vulnérabilité et l'inépuisable nécessité de créer, tels sont quelques-uns des chemins qu'Henry Bauchau propose à notre réflexion, et qu'il illumine d'une écriture aussi profonde que d'une magnifique fluidité...
  • La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé, lu par Pierre-François Garel
    Résumé de l'éditeur:
    Récit fabuleux inspiré des tragédies grecques et de légendes africaines, «La mort du roi Tsongor» plante son fascinant décor au cœur d'une Afrique ancestrale.
    L'histoire ? Le vieux roi Tsongor, qui a depuis longtemps fait taire ses instincts guerriers, marie sa fille Samilia au fortuné prince Kouame. Mais voilà qu'un deuxième prétendant s'interpose, auquel Samilia avait jadis promis sa main. Tsongor refuse de choisir entre les deux hommes. Il se donne la mort avec l'aide de son serviteur. Une guerre sanguinaire éclate alors entre les deux parties.
    Le jeune dramaturge Laurent Gaudé quitte la scène le temps d'un très beau roman, où l'imaginaire romanesque embrasse les grands thèmes de la tragédie classique tels que l'héroïsme, la vengeance, la honte, et le pardon. Un livre flamboyant.
  • La belle amour humaine, de Lyonel Trouillot, lu par Pierre Mignard
    Résumé de l'éditeur:
    À bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d'Haïti où elle espère retrouver les traces d'un père qu'elle a à peine connu, et éclaircir l'énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Le caractère particulier de ce voyage encourage bientôt Thomas à prévenir la jeune femme qu'il lui faudra très probablement renoncer à une telle enquête pour faire l'expérience, dans ce village de pêcheurs dont il est lui-même issu, d'un véritable territoire de l'altérité où les lois sont amicales et flexibles, les morts joyeux, et où l'humaine condition se réinvente sans cesse face aux appétits féroces de ceux qui, à la manière du grand-père d'Anaïse et de son complice en exactions, le «colonel» - tous deux jadis mystérieusement disparus dans un incendie -, cherchent à s'octroyer un monde qui appartient à tous.
    Dans ce roman qui prône un exercice inédit de la justice et une fraternité sensible entre les hommes sous l'égide de la question : «Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?», Lyonel Trouillot, au sommet de son art, interroge le hasard des destinées qui vous font naître blanc ou noir, puissant ou misérable, ici ou ailleurs - au Nord ou au Sud. S'il est vrai qu'on est toujours «l'autre de quelqu'un», comment et avec qui se lier, comment construire son vivre-ensemble sinon par le geste - plus que jamais indispensable en des temps égarés - d'accueillir, de comprendre ?