lundi, 22 septembre 2014

Un oiseau blanc dans le blizzard, de Laura Kasischke.

Un oiseau blanc dans le blizzard

L'ouvrage:
Janvier 1986: Êve Connors, mère de famille disparaît. Puis, elle téléphone à son mari pour dire qu'elle ne reviendra jamais. Sa fille, Cat, raconte l'après.

Critique:
Ce roman ne fait pas partie de mes coups de coeur. Après avoir été enthousiasmée par trois autres écrits de Laura Kasischke, j'ai été déçue par «Un oiseau blanc dans le blizzard». Certes, on retrouve la façon de faire de l'auteur. Elle mêle passé et présent, au gré du récit et des souvenirs de la narratrice. Elle plante un décor, distille une ambiance. Cependant, j'ai trouvé les personnages inconsistants. Qu'aucun ne soit sympathique n'est pas un problème: ceux de «Rêves de garçons» ne l'étaient pas. Par contre, aucun n'a ce charisme, cette présence qui font que je ne suis pas trop dépaysée si aucun personnage ne me plaît.

Quant à l'ambiance, elle ne m'a pas autant fascinée que dans les autres romans d'elle que j'ai lus. Qu'elle soit détestable n'est pas un problème, étant donné qu'elle l'est dans au moins deux autres romans, et qu'ils m'ont plu. Pour moi, elle est exempte de cet envoûtement que j'ai trouvé par ailleurs chez cette romancière.
Il y a beaucoup d'images morbides, ce qui ne m'a pas gênée dans «Rêves de garçons». Ici, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop. On comprend très bien pourquoi elle le fait, mais c'est exagéré.

La romancière installe certains éléments: les choses étaient ainsi, nous dit-elle. Entre ces faits, elle donne de petits indices qui peuvent être interprétés de multiples manières. Puis elle opère un glissement. Tout cela suit l'évolution de la narratrice. Là encore, on retrouve la patte de Laura Kasischke. Néanmoins, j'ai trouvé tout cela beaucoup trop lent.

Les choses étant vues par Cat, il est logique que le lecteur ait un point de vue restreint. On se doute qu'il faut garder un regard extérieur lorsque l'adolescente explique qu'à son travail, son père est perçu autrement que chez lui. D'autre part, Cat énonce certains clichés. Celui qui m'a le plus marquée et fait rire est sûrement celui sur la mère de Phil. Elle est aveugle, alors, forcément, elle ne sait pas faire ceci ou cela. Il doit être étrange de l'embrasser, le père de Phil a fait quelque chose de grand en l'épousant, etc. Cat n'est pas stupide, mais sa tête fourmille de clichés et de préjugés qui... l'aveuglent. Elle s'en rend d'ailleurs compte. La cécité de la mère de Phil fait partie de tous ces éléments que le lecteur devra, petit à petit, placer dans le puzzle qu'est le récit de Cat. C'est en cela que les romans de Laura Kasischke sont riches: elle donne des éléments qui sont à comprendre à plusieurs niveaux. C'est ce qui rattrape un peu ce roman à mes yeux. Il est également une critique féroce d'une certaine société, d'une façon de vivre, d'une manière étriquée de penser: Laura Kasischke ne cesse de la mettre en avant en en montrant l'absurdité par de multiples exemples bien choisis.

Éditeur: Christian Bourgois.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud pour le GIAA
Cette lectrice est la seule, parmi les lecteurs que j'ai entendus, qui prononce correctement le nom de l'écrivain. En outre, elle fait partie des rares lecteurs qui prennent bien le temps de lire le nom de l'éditeur: «Bourgois» ne contient pas de «e». Certains lecteurs prononcent «bourgeois».

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vendredi, 19 septembre 2014

Fakirs, d'Antonin Varenne.

Fakirs

L'ouvrage:
Alan, fakir junky, s'est suicidé. John Nicholls, son amant, pense qu'il a été assassiné.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Trois mille chevaux-vapeur», j'ai été ravie de pouvoir lire un autre livre (d'un autre genre) de l'auteur. Malheureusement, j'ai été déçue.

Pour moi, l'intrigue est sans réelles surprises. Le suspense est prévisible. Par exemple, Guérin fouille illégalement un appartement, et trouve ce qu'il cherche au tout dernier moment, alors qu'il aurait dû renoncer de peur de voir arriver le propriétaire des lieux. (Je donne un exemple anodin pour ne rien dévoiler, mais le reste est du même acabit.) De plus, j'ai trouvé que le tout était lent. Parfois, je pardonne cela à l'auteur quand d'autres aspects du roman retiennent mon attention. Ici, cela n'a pas été le cas.
Antonin Varenne a profité du genre pour créer un policier marginal. Idée que je trouve éculée, voire clichée à force de la rencontrer dans des romans où les auteurs veulent démarquer leurs héros. De plus, pour moi, cette marginalité est trop accentuée, et donc peu crédible.

Ensuite, je ne me suis attachée à personne. Sauf à deux personnages... justement ceux pour qui les choses finissent mal. Je n'ai pas compris ce que John trouvait à Alan.
J'ai bien compris ce que l'auteur souhaitait faire concernant Alan. Il aurait dû me toucher. Entre ce qu'il a vécu et la manière dont il tente de faire au mieux, il est admirable. Pourtant, il n'a pas su me toucher. Peut-être est-ce parce que j'ai trouvé le thème (survivre avec un traumatisme dû à la perversion humaine) beaucoup mieux exploité dans «Trois mille chevaux vapeur» où je ressentais l'humanité des personnages. Pour moi, Alan n'est pas assez creusé.
%D'une manière générale, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop en décrivant des personnages et des situations extrêmes (la scène où John se laisse distraire par la femme nue en est un autre exemple).

En fin d'ouvrage, il y a un entretien avec l'auteur. Comme d'habitude, je trouve cette initiative judicieuse. Je n'ai pas apprécié le livre, mais ai écouté l'entretien avec intérêt.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Michel Vovk.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Je me souviens n'avoir pas particulièrement aimé la lecture de ce comédien pour «Le tribunal des âmes». Je trouvais sa voix trop sourde. Ici, cela ne m'a pas gênée. J'ai trouvé sa voix claire, sa lecture fluide et exempte de surjeu.
À un moment, il n'a pas eu la partie facile. Au départ, l'auteur dit que John parle français presque sans accent. Puis, plus loin, il dit que lorsque John parle d'Alan et de son traumatisme, son accent américain se durcit. L'indication n'a pas été vraiment facile à suivre pour le comédien, à mon avis. Personnellement, je ne sais pas ce que j'aurais fait.

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mercredi, 17 septembre 2014

Je ne suis pas un serial killer, de Dan Wells.

Je ne suis pas un serial killer

L'ouvrage:
John a quinze ans. Sa mère et sa tante ont un funérarium. Le jeune garçon est obsédé par les serial killers, et pense qu'il pourrait en devenir un. Il a donc établi plusieurs règles qu'il ne doit pas transgresser afin de museler le monstre en lui.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. D'abord, j'ai aimé découvrir la psychologie de cet adolescent qui sait que ce qu'il aimerait faire est mal, et qui tente d'échapper à ses pulsions. Il est intéressant de voir ce jeune garçon très intelligent, responsable, se débattre avec ce qu'il sait être mal, bien qu'il ne ressente pas que cela l'est. En effet, comme il l'explique, il est sourd émotionnellement. La façon dont il explique son absence d'émotions est bien décrite par l'auteur.
Accessoirement, on apprend certaines choses sur les serial killers...

On me dira peut-être que la psychologie de John ressemble à celle de Dexter (le héros des romans de Jeff Lindsay), et que ce qu'il finit par faire le rappelle aussi. Quant à moi, je n'ai pu faire ce rapprochement qu'en me basant sur la série télévisée, car je n'ai pas lu les romans. Je pense que même s'il y a des ressemblances, c'est logique puisque Dexter et John ont le même «problème». Cela ne doit pas empêcher les amateurs de Dexter de lire la trilogie de Dan Wells.

À un moment, une chose m'a gênée: l'auteur introduit du surnaturel dans son roman. J'ai eu peur que cela tourne au spectaculaire, mais non. Cela s'insère bien dans une histoire qui, par ailleurs, est ancrée dans la réalité.
L'intrigue est bien menée. Elle ne souffre pas de temps morts. D'autre part, si les meurtres sont sanglants, les descriptions ne sont pas trop longues.

Dan Wells parle bien évidemment du contexte familial de son jeune héros. Bien sûr, cette famille est brisée, et ses personnages sont abîmés par la vie. Cependant, il n'est pas question d'énormes traumatismes. On ne s'entend pas vraiment, et il y a eu des grincements. Je préfère que l'auteur n'ait pas expliqué une partie de l'obsession de John par un traumatisme familial. John est comme ça. Il a un terrain favorable entre sa famille fragile et le métier de sa mère, mais ce ne sont pas des facteurs déterminants.

Ce premier tome s'achève sur quelques questions. John a progressé, mais il a perdu l'une de ses béquilles. Comment va-t-il continuer dans ce monde? Un autre mystère reste: celui entourant son père. L'auteur ne le rend pas spécialement mystérieux, mais ce qu'il en dit ajouté à certaines réflexions du narrateur me font penser que ce personnage prendra de l'importance par la suite. Pour toutes ces raisons, j'ai hâte de découvrir les tomes suivants!!!

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Faure pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice a une voix très agréable, et elle met le ton approprié sans en faire trop. En outre, elle ne prononce pas les noms anglophones en y mettant un accent, ce qui fait que sa prononciation est naturelle. Je la réentendrai avec grand plaisir.

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mardi, 16 septembre 2014

*Parutions Audiolib, octobre 2014.

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage On ne voyait que le bonheur Hunger Games III - La Révolte

Ces titres sont annoncés pour le 15 octobre.

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, d'Haruki Murakami, lu par Bernard Gabay, 10h52.
    À Nagoya, au lycée, Tsukuru Tazaki avait quatre amis. Tsukuru est parti à Tokyo ; les autres sont restés. Un jour, ils l’ont appelé et lui ont dit qu’ils ne voulaient plus jamais le voir ni lui parler. Sans explication. Pendant un temps, Tsukuru Tazaki a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il était mort. Aujourd’hui, Tsukuru a rencontré Sarah. Elle veut comprendre, elle pense que Tsukuru ne sera jamais tranquille tant qu’il ne saura pas pourquoi il a été chassé de son cercle d’amis. Alors il part en pèlerinage pour les retrouver. De Nagoya à la Finlande, un pèlerinage riche en mystères et émotions, avec la vérité au bout du chemin.




On ne voyait que le bonheur

  • On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt, lu par Grégori Baquet e Georgia Scalliet, 6h53.
    À force d’estimer, d’indemniser la vie des autres, un assureur va s’intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, «On ne voyait que le bonheur» se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s’affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l’adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.





Hunger Games III - La Révolte

  • Hunger Games III - La Révolte, de Suzanne Collins, lu par Kelly Marot, 12h16.
    Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair. Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.
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lundi, 15 septembre 2014

Hunger games, tome 2: L'embrasement, de Suzanne Collins.

Hunger Games, tome 2: L'embrasement

L'ouvrage:
À la fin des Hunger Games, Katniss a défié le Capitole. On craint un soulèvement. La jeune fille est en danger. En outre, la soixante-quinzième édition des Hunger Games se prépare.

Critique:
Après avoir eu des échos, j'avais peur que ce tome me plaise moins que le premier. Il y a bien certaines choses qui m'ont agacée, mais dans l'ensemble, je n'ai pas été déçue. À un moment, l'auteur prend un pari risqué: montrer à nouveau des Hunger Games pouvait donner lieu à des répétitions. Même si on retrouve l'ambiance, les données changent. Les épreuves sont différentes (l'une d'elle est davantage psychologique que physique, et donc plus dévastatrice), les alliances sont nuancées, etc. D'autre part, les compétences de chacun sont montrées. C'est pareil dans le tome 1, mais ici, ce sont des compétences différentes, donc cela ne m'a pas ennuyée.
Au long du roman, Suzanne Collins aborde à nouveau certains thèmes: solidarité, manipulation, suprématie des oppresseurs...

La mère de Katniss est davantage présente. On la voit sous un jour plus favorable que dans le tome 1.

Le triangle amoureux est peut-être trop présent. Cependant, ce roman est d'abord pour les adolescents, et a pour héros des adolescents. Il est normal qu'on trouve ce genre d'intrigues. Ce qui m'a un peu agacée, c'est surtout l'attitude de Katniss. Elle aime celui-ci et certainement pas celui-là, puis elle hésite, puis elle confond proximité dans l'adversité et sentiment... D'autre part, dans une autre situation, le lecteur se montrera plus futé qu'elle. Ce n'est pas si important, mais ajouté au reste, cela a renforcé mon exaspération à son égard. Le tout est couronnée par la manière dont elle réagit à la fin. Par ailleurs, à un moment, elle critique d'éventuels survivants du district 13 qui auraient dû, selon elle, aider les opprimés. Elle oublie un peu vite qu'elle voulait s'enfuir avec sa famille et celle de Gale. Fuir l'oppresseur n'est pas une mauvaise chose. Il est normal de vouloir s'en sortir. Mais reprocher à ceux qui s'en seraient peut-être sortis de ne pas aider ceux qui restent, c'est un peu fort, surtout quand c'est ce qu'on s'apprêtait à faire.

Quant à Peeta, son «besoin» de protéger Katniss, son abnégation le rendent un peu lourd. Il va même jusqu'à dire qu'il préférerait mourir que de vivre sans elle. Ce genre de sentiments est possible, mais ici, cela m'a paru niais. J'avais aussi l'impression que Peeta ne prenait pas vraiment la mesure de ce qu'il disait.

Il y a une incohérence, à mon avis. Il n'est pas très logique que les personnages reconnaissent une voix qui crie sans parler. Je pense qu'il est beaucoup plus difficile de reconnaître une voix qui émet des sons sans prononcer de paroles.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kelly Marot.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.

Là encore, j'ai beaucoup apprécié la lecture de Kelly Marot. Sans efforts apparents, elle passe d'un registre à l'autre: narration dramatique, personnage affecté et un peu superficiel (Effie), dialogues parfois amusants (notamment lorsque Katniss et sa famille donnent le change auprès des pacificateurs), colère, peur... À chaque fois, son ton est approprié. Certains trouveront peut-être que sa narration est un peu trop dramatique, mais les événements contés et les conditions de vie des personnages expliquent aisément cela.

Depuis que je chronique des livres, j'ai décidé de ne pas parler de la structure du live audio. Je me disais que c'était inutile, puisqu mon reproche serait toujours le même. Mais puisque j'ai souvent dit à quel point j'étais désolée qu'il y ait de la musique, pourquoi ne pas parler de ce que je pense de la structure? Je ne comprends pas pourquoi dès qu'un chapitre fait plus d'un quart d'heure, Audiolib le coupe en deux. Je pense que si c'était ainsi dans un livre papier, le lecteur serait décontenancé d'avoir un chapitre coupé en deux ou plus: les dernières pages de chaque partie d'un chapitre ne seraient pas pleines. À l'heure où il est très facile de revenir où on s'est arrêté ou de savoir où on en est (si on a le temps d'arriver à la fin d'une piste), je ne vois pas l'intérêt de ces coupes. Et comme je suis maniaque, elles me perturbent. ;-)

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