vendredi, 22 mai 2015

Coule la Seine, de Fred Vargas.

Coule la Seine

L'ouvrage:
Voici trois nouvelles mettant en scène le commissaire Adamsberg et son adjoint, Danglard.

Critique:
J'ai toujours une petite appréhension lorsque je lis des nouvelles écrites par un auteur dont j'aime beaucoup les romans. J'ai toujours peur qu'en peu de pages, l'auteur ne parvienne pas à faire aussi bien que dans ses romans. Concernant «Coule la Seine», il n'y a pas de craintes à avoir.

Bien sûr, on retrouve l'étrangeté cocasse de la romancière. Dans la première nouvelle («Salut et liberté»), elle vient de cet excentrique «poète» qui passe ses journées sur le banc devant le commissariat.
Dans la deuxième («La nuit des brutes», l'amusement est provoqué par Charles qui passe sa nuit en cellule de dégrisement, et qui réclame à toute force un cintre.
Dans la troisième («Cinq francs pièce»), l'amusement se teinte de gravité, car il vient du personnage principal, Pi. Au départ, on rit parce qu'il vend des éponges qu'il transporte dans un petit chariot qu'il a appelé Martin... et ensuite, sa situation et sa lucidité font réfléchir.

Les solutions des énigmes ne sont pas si importantes, sauf dans «Salut et liberté», c'est plutôt la façon dont est menée l'enquête qui intéressera le lecteur.
Comme nous sommes chez Fred Vargas, le caractère des personnages aussi marquera les esprits. On s'attachera à Vasco, Charles et Pi qu'on trouvera à la fois loufoques, pleins de ressources, et attendrissants.
D'autre part, on retrouve Adamsberg et Danglard tels qu'on les apprécie dans les romans.

J'ai apprécié la manière dont Adamsberg s'arrange pour que Pi puisse vendre ses éponges. C'est le genre d'extravagances qui montre un coeur toujours prêt à s'émouvoir quand cela en vaut la peine. Cela montre aussi que parfois, il reste quelque chose à faire alors qu'une situation semble désespérée, et c'est rafraîchissant que quelqu'un comme Adamsberg trouve le chemin pour le faire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Frantz. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Jacques Frantz fait partie de ces comédiens que je suis toujours ravie de retrouver. Il a une voix caractéristique, il met toujours le ton qu'il faut, donnant vie et corps aux personnages sans trop en faire. Je regrette qu'on ne l'entende pas davantage dans le livre audio. J'avoue que j'aurais aimé le retrouver dans «Temps glaciaires».

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11 lectures

mercredi, 20 mai 2015

Toi seul, de David Rosenfelt.

toi seul

L'ouvrage:
Tim Wallace perd sa femme après l'explosion de leur bateau. La police (surtout le détective Novak) est sûre que c'est un meurtre, et que Tim en est l'auteur. Les choses se compliquent lorsqu'un inconnu confie à Tim avoir tué une femme.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. L'idée du personnage principal victime d'une machination a été utilisée maintes fois, elle est donc éculée. Fatalement, découlera une question: qui est assez proche de Tim pour le connaître au point de pouvoir orchestrer tout cela? Bien sûr, les soupçons se porteront sur le meilleur ami... Rien que de trop balisé.
D'autre part, la solution et le mobile sont, eux aussi, par trop utilisés, surtout dans les romans policiers de ces dernières années.
Je n'ai pas apprécié une chose que sous-entend l'épilogue. Je trouve que c'est bien trop rapide.

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. Je les ai trouvés passe-partout. Le tueur est «très méchant» et semble être programmé pour tout détruire sur son passage.
Tim est sympathique, mais pas vraiment épais. J'ai quand même apprécié la scène où il se joue du tueur, alors que celui-ci suit Eden.
Eden est une «gentille», mais je l'ai trouvée un peu nunuche.
J'ai apprécié Novak qui, au début, a le rôle du policier borné et teigneux qui ne lâchera pas son idée, mais qui accepte sans faux-semblants ni manières de se remettre en question.

J'ai lu ce roman à un moment où j'avais besoin d'un repose-cerveau. Voilà pourquoi je ne l'ai pas abandonné en criant aux rebondissements attendus, au faux suspense et aux personnages bâclés. Cependant, je ne pense pas lire d'autres romans de David Rosenfelt.

Éditeur: pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Caroline Saugy pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix agréable. Elle met le ton approprié. Elle a tenté de concilier accent anglophone et prononciation pas trop affectée pour les noms propres. Elle y arrive assez bien. Cependant, je pense qu'elle aurait pu dire Miami et non Maïami.

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64 lectures

mardi, 19 mai 2015

*Parutions Audiolib, juin 2015.

L'instant présent Nos étoiles contraires Mirage
Les Fourmis Temps glaciaires Maman a tort Plaidoyer pour le bonheur

Ces titres sont annoncés pour le 9 juin.

  • L'instant présent, de Guillaume Musso, lu par François Hatt, 6h57.
    Le nouveau suspense de Guillaume Musso s'inscrit dans la droite ligne de «Demain» et «Central Park».
  • Nos étoiles contraires, de John Green, lu par Jessica Monceau, 7h53.
    Hazel, 16 ans, est atteinte d'un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l'évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C'est là qu'elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d'Hazel, qui a peur de s'impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d'amour commence... les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.
  • Mirage, de Douglas Kennedy, lu par Nathalie Hugo, 12h20.
    Robin pense avoir enfin trouvé le bonheur en épousant Paul. Quand il l'invite à prendre des vacances au Maroc, elle se dit que ce voyage serait idéal pour enfin prendre le temps de concevoir le bébé dont elle rêve tant… Alors que leur séjour se déroule à merveille, Robin reçoit un mot de son assistant qui lui apprend que Paul a subi une vasectomie. Folle de rage, elle laisse un mot de rupture à Paul et quitte l'hôtel. A son retour : la chambre a été saccagée, il y a du sang partout, Paul a disparu. Terrifiée à l'idée que l'homme qu'elle aime ait pu attenter à sa vie, Robin se lance à sa recherche et va au devant de rencontres poignantes qui lui feront découvrir qui elle est réellement...
  • Les Fourmis, de Bernard Werber, lu par Arnaud Romain, 10h34.
    Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d'individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires... Ses armes aussi. Terriblement destructrices. Lorsqu'il entre dans la cave de la maison léguée par un vieil oncle entomologiste, Jonathan Wells est loin de se douter qu'il va à leur rencontre. A sa suite, nous allons découvrir le monde fabuleusement riche, monstrueux et fascinant de ces « infra-terrestres », au fil d'un thriller unique en son genre, où le suspense et l'horreur reposent à chaque page sur des données scientifiques.
  • Temps glaciaires, de Fred Vargas, lu par Thierry Janssen, 12h53.
    « Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur la table ....
    -La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m'emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D'après les rapports internes il s'agit d'un suicide avéré. Tu as des doutes ?
    Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur, grand fumeur, grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c'était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à 100 ans.
    -Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique.»
  • Maman a tort, de Michel Bussi, lu par Caroline Klaus, 12h49.
    Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant de trois ans et demi... Mais quand Malone raconte avec ses mots d'enfants que sa mère n'est pas sa vraie maman, contre toute attente et même si cela semble impossible, le psychologue scolaire le croit. Il est le seul et doit agir vite pour découvrir la vérité. Car déjà, les souvenirs de Malone s'effacent...
  • Plaidoyer pour le bonheur, de Matthieu Ricard, lu par Michel Raimbault, 11h9.
    Nous aspirons tous au bonheur, mais comment le trouver, le retenir, et même le définir ? À cette question philosophique par excellence, traitée entre pessimisme et raillerie par la pensée occidentale, Matthieu Ricard apporte la réponse du bouddhisme, apaisante, optimiste, et accessible à tous. Riche de sa double culture, de son expérience de moine, de sa fréquentation des plus grands sages, de sa connaissance des textes sacrés aussi bien que de la souffrance des hommes, il offre dans ce livre une alternative précieuse à nos individualismes en mal de repères. Il examine point par point les facteurs qui renforcent ou diminuent notre satisfaction profonde : l'amour et la bonté ; la joie et la tristesse ; l'optimisme et le pessimisme...

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53 lectures

lundi, 18 mai 2015

J'arrête de râler, de Christine Lewicki.

J'arrête de râler

L'ouvrage:
Après avoir constaté que sa vie était pourrie par ses râleries, Christine Lewicki a décidé de changer sa façon de réagir, afin de profiter de la vie et non d'en subir les désagréments. Elle fait partager son expérience et son cheminement.

Critique:
J'ai souhaité lire cet ouvrage parce que je voulais me rendre compte de la fréquence à laquelle je râlais. Ensuite, j'ai pensé que si l'auteur donnait une solution sympathique, pourquoi ne pas essayer de l'appliquer? Lorsqu'on lit un livre de ce genre, on voit forcément ce qu'il dit par rapport à soi. On a toujours un exemple tiré de sa vie à appliquer à ce que dit l'auteur. Là encore, cela a été le cas pour moi.

Je me suis aperçue que je mettais déjà en pratique certains conseils de l'auteur. J'ai déjà remarqué que râler ne m'apportait qu'une satisfaction temporaire. Certes, on exprime sa frustration, mais ensuite, que faire? L'auteur préconise de tenter de trouver un côté positif ou une solution aux tracasseries qu'on ne peut changer. Certains de ses conseils ne m'ont pas paru judicieux dans mon cas. Cependant, si on n'est pas trop bête, on adapte les conseils à son cas.
Certains m'ont paru un peu tirés par les cheveux. Par exemple: si on fait la queue, au lieu de ronchonner, on peut discuter avec la personne qui attend derrière soi. J'avoue ne pas être du genre à adresser comme ça la parole à un inconnu. Bien sûr, là encore, c'était un conseil dont le but était de dire: il faut trouver quelque chose de sympathique à faire pendant ce temps. En effet, la file d'attente n'ira pas plus vite parce qu'on va râler, et le temps passera plus vite et de manière plus agréable si on se trouve une occupation. Pourquoi ne pas commencer ou continuer un livre (audio, tant qu'on y est)?

D'une manière générale, Christine Lewicki invite le lecteur à s'ouvrir, à ne pas toujours se précipiter sur la solution de la râlerie qui n'est pas bénéfique, car (j'ai déjà pu le constater), elle engendre stress et mal être. Elle invite le lecteur à créer une autre habitude que celle de la râlerie. Il est vrai qu'il existe tout un tas de solutions simples à appliquer afin de ne pas râler. On peut remédier à certaines choses en «pensant différemment». (Je mets l'expression entre guillemets, car je ne peux la dissocier du roman «Les fourmis», de Bernard Werber. C'est en lisant ce roman, lorsque j'étais au collège, que j'ai compris ce concept.) L'auteur invite le lecteur à s'ouvrir aux autres, à mieux communiquer, à s'exprimer clairement, et à ne pas forcément attendre une satisfaction immédiate.

Bien sûr, elle n'oublie pas ceux qui, au moment de lire son ouvrage, passent justement par une phase difficile. À ceux-là, elle conseille de commencer le défi qu'elle propose quand leur vie sera «normale». Ce qu'elle propose consiste à tenter de passer vingt-et-un jours consécutifs sans râler, expliquant bien que le but est de voir si on vivait mieux sans râler. Je ne sais pas si je ferai ce défi, mais si je le fais, il me faudra trouver autre chose que le symbolique bracelet qu'on met au poignet et qu'on change de poignet (on repart de zéro) si on râle. En effet, je n'aime pas porter des bijoux, cela me gêne. À moi de trouver une solution de remplacement dans le cas où je déciderais de faire cela. Je pense qu'on peut aussi le faire dans sa tête, sans forcément avoir besoin d'un geste qui remettrait le compteur à zéro.
Au sujet des gestes symboliques, j'avoue ne pas vraiment voir l'utilité de celui qui consiste à écrire sa râlerie la plus fréquente, et à s'en débarrasser en la jetant à la poubelle. Je ne pense pas que ce genre de gestes fonctionnerait sur moi. Ce n'est pas parce que je vais me débarrasser du papier où c'est écrit que mon cerveau, lui, va s'en débarrasser. Je pense que si je décide d'en finir avec une râlerie (ou autre chose qui encombre ma tête), c'est le fait de penser plusieurs fois que j'en ai fini avec ça qui fera effet. Je sais qu'on préconise de matérialiser ce dont on veut se débarrasser moralement, mais je ne le comprends pas vraiment... Je sais que là, je pinaille. L'important est de comprendre ce qui fonctionne sur soi et de l'utiliser.

Il n'y a pas de solutions contre ceux qui ne font que râler et qui nous agacent. L'auteur explique que si, soi-même, on ne râle pas (ou beaucoup moins), on sera moins touché par celui qui râle. Tout dépend, je pense, de notre degré de proximité avec les râleurs. Je m'aperçois que lorsque je peux fuir ceux qui râlent, je le fais.

Même si j'ai donné des exemples, je suis loin d'avoir parlé de tous les conseils et de la façon de penser que Christine Lewicki tente de faire passer.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Odile Cohen.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.

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97 lectures

vendredi, 15 mai 2015

Ma vie de pingouin, de Katarina Mazetti.

Ma vie de pingouin

L'ouvrage:
Nous suivons quelques personnages qui ont décidé de se payer une croisière dans l'Antarctique. Parmi eux, Wilma, qui tente toujours de voir les côtés positifs de la vie; Tomas, cynique et blasé; Alba, qui ne supporte pas qu'on la traite comme on croit qu'il faut traiter les personnes de son âge (soixante-douze ans), intrépide, et qui aime bien comparer les humains aux animaux. Chaque personnage a un secret ou des chaînes qui l'emprisonnent.

Critique:
Ce roman m'a plu. Cependant, il faut le prendre comme un divertissement léger, et accepter les petites invraisemblances que l'auteur a glissées. Par exemple, certains vont s'apercevoir de choses lors de cette croisière, et vont trouver la force de se débarrasser des fameuses chaînes qui les attachent à des êtres qui les assujettissent. J'ai trouvé un peu gros que cela se fasse pendant la croisière... On me dira que le changement d'environnement et le fait de voir sa vie à travers les yeux d'inconnus peuvent être des déclencheurs.

Ensuite, beaucoup trop d'idylles se nouent lors de cette croisière. Pourquoi pas? Mais Katarina Mazetti joue encore une fois du coup de foudre. Bien sûr, elle l'enrobe, et fait en sorte qu'il n'arrive pas en un seul regard. Cela aide à le faire passer, mais il faudrait peut-être qu'elle évite d'user trop souvent de cette ficelle.

En outre, la romancière présente deux couples mal mariés. On a envie de demander pourquoi ils se sont mariés au départ, tant ils sont mal assortis. De ce fait, j'ai trouvé cela un peu gros. Je me suis quand même amusée à lire la manière dont Alba (et sûrement les autres témoins) interprétaient les réactions de Lennart.

J'ai apprécié la manière dont Wilma ouvre les yeux de Tomas sur sa situation. En effet, le lecteur pensera comme elle quant aux raisons pour lesquelles le couple de Tomas n'a pas fonctionné. Il est à la fois amusant et fascinant de voir comme une personne peut se fourvoyer concernant sa propre situation...

Les personnages principaux son sympathiques. Je ne sais pas trop comment je réagirais à la place de Wilma... il m'a semblé qu'elle faisait peut-être un peu trop bonne figure pour être vraisemblable, mais il est vrai que chacun réagit comme il peut, et que ce genre de réactions est positif.

Parfois, j'ai eu l'impression que le style était un peu poussif, n'allait pas aux personnages. Par exemple, à un moment, Wilma dit: «À quoi m'étais-je attendue?» Pour moi, ce genre de phrases ne va pas vraiment au style d'histoire et au personnage de Wilma. J'aurais dit: «Je m'attendais à quoi?»

J'ai bien aimé le décor, les scènes racontées entre les animaux, les observations d'Alba... Alba qui compare, refuse les catégorisations (ce en quoi je l'approuve), écoute, et se fait un devoir de ne pas regretter ce qui n'a pas fonctionné dans sa vie...

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi Katarina Mazetti avait ajouté une présentation des personnages... Elle est quelque peu amusante si on la lit après avoir lu le roman, mais elle n'apporte pas grand-chose.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Audiolib qui me l'ont envoyée.
La distribution est la suivante: Cachou Kirsch: Wilma, Erwin Grünspan: Tomas, Nathalie Hons: Alba, Marcha van Boven: Mona et Ula, Patrick Donnay: Lennart Jansson.

L'éditeur a judicieusement choisi des voix très différentes, impossibles à confondre.
J'ai été ravie de retrouver Cachou Kirsch qu'à mon avis, on entend bien trop peu! Pour moi, elle n'a pas eu la partie facile, notamment à cause de certaines phrases qui détonnaient. Elle s'en est très bien sortie, gommant au maximum ces étrangetés de style, et interprétant Wilma sans trop en faire. En effet, il aurait été possible de tomber dans le surjeu.

Je ne connaissais pas Erwin Grünspan. Je pense que sa voix est en adéquation avec la représentation qu'on se fait de Tomas à la lecture du roman.

Patrick Donnay a su se glisser dans la peau de Lennart. Sa lecture et son intonation font qu'on perçoit très bien la vie et les sentiments de ce personnage.

Nathalie Hons a trouvé le ton juste pour interpréter la dynamique et baroudeuse Alba. Je pense qu'il n'était pas forcément simple de trouver un ton énergique sans trop en faire.
Comme je suis pinailleuse, je soulignerai qu'à l'instar de beaucoup de francophones, elle prononce mal le prénom Miguel. Comme je l'ai déjà dit, à l'espagnole, ce prénom se prononce comme à la française. La prononciation Migouel est fausse, puisqu'en espagnol, quel que soit le mot, «gue» se prononce comme en français.

Devant jouer deux personnages, Marcha van Boven les a un peu marqués pour qu'on les différencie bien. Cela m'a un peu gênée pour Mona qui a l'air d'une cruche. Certes, quelqu'un qui se laisse dicter sa conduite ne forcera pas l'admiration, mais j'aurais préféré que les interventions de Mona soient lues de manière plus neutre. Cependant, je comprends que la comédienne ait fait de son mieux pour donner deux styles très différents aux personnages qu'elle incarnait.

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123 lectures

mercredi, 13 mai 2015

Le jour où les chiffres ont disparu, d'Olivier Dutaillis.

Le jour où les chiffres ont disparu

L'ouvrage:
Les chiffres perturbent Anna. Par exemple, lorsqu'elle fait ses courses, elle vérifie plusieurs fois le ticket de caisse. Un jour, cette obsession se transforme en phobie.

Critique:
Ce court roman m'a plu, mais je l'ai trouvé inégal. Au début, j'ai été interpellée par la «maladie» d'Anna. Ensuite, j'ai trouvé très intéressant tout ce qui arrive avec l'ancienne professeur de mathématiques. Si on peut penser qu'Anna exagère, tout est nuancé. Rien n'est aussi simple que ce que veulent bien le dire les détracteurs de la jeune femme. Tout ce qui concerne cet épisode m'a intéressée, car j'ai trouvé que l'auteur avait su nuancer, jouer des codes, faire sortir le lecteur de ses préjugés, créer quelques petites surprises.

À partir du moment où Anna fait sa conférence, j'ai trouvé que tout était trop gros. Certes, l'auteur a voulu montrer un monde en mouvement, subissant une sorte de révolution. Cependant, je n'ai pas vraiment compris comment il se faisait que tout le monde écoute Anna comme si c'était le messie. Cet engouement n'est pas vraiment crédible.
D'autre part, Anna n'est pas vraiment facile à cerner. Certains de ses actes tendraient à prouver qu'elle est folle, mais d'autres montrent une certaine lucidité.
Enfin, j'ai trouvé la fin abrupte. Pour moi, elle laisse le lecteur avec certaines questions.

Apparemment, ce roman est classé à humour. J'ai dû passer à côté, car rien ne m'a fait rire... Peut-être l'auteur a-t-il voulu parodier quelque chose...

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Gay pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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131 lectures

lundi, 11 mai 2015

Crime d'honneur, d'Elif Shafak.

Crime d'honneur

L'ouvrage:
1945, un village au bord de l'Euphrates. Natsé en a assez de mettre des filles au monde. Alors qu'elle espère un fils, voilà que des jumelles naissent. C'est leur histoire, ainsi que celle de cette famille, que raconte Esma.

Critique:
Une chose pourrait rebuter dans ce roman: la structure. Elif Shafak ne cesse de louvoyer entre plusieurs moments qui furent décisifs pour la famille. Le récit commence en 1992, puis on passe à 1945, puis aux années 50... puis on alterne entre les années 70 et 1991, etc. C'est le genre de structure que je n'aime pas parce que pour moi, cela fait très brouillon, et souvent, cela n'a pas vraiment de raison d'être. Cependant, ici, la romancière sait ce qu'elle fait, et construit un puzzle dont on imbriquera petit à petit les pièces. Le lecteur comprendra très vite que la structure est ainsi car certaines informations ne doivent être délivrées qu'à certains moments. Cela ne sert pas uniquement à retarder une révélation, cela montre les personnages à différents moments de leur vie, ce qui fait que l'opinion du lecteur se construit par petites touches. Par exemple, on apprend que tel personnage est un meurtrier: on va fatalement éprouver de la répulsion. Puis, on découvre son passé petit à petit. Cela ne fait pas qu'on approuve son crime, mais qu'on comprend l'état d'esprit dans lequel il était. Trahi dans son enfance (même si c'étaient de petites trahisons, elles seront forcément marquantes), élevé dans des traditions qui sont différentes de celles du pays où il grandit, ce personnage semble tiraillé entre plusieurs courants.

Ce schéma se retrouve quant aux autres personnages.
L'histoire de cette famille ne laissera pas indifférent. Chacun se débat entre devoir, coeur, traditions. La communication n'est pas toujours aisée entre eux. Certains joueront (malgré eux ou de manière consentie) un rôle de sacrifié. Certains connaîtront une espèce de parcours initiatique semé d'embûches qui leur fera acquérir une sorte de sagesse teintée de résignation et de paix. Même si on n'est pas d'accord avec certaines de leurs conclusions (c'est mon cas concernant ce que pense Pembe de son parcours, à un moment), on comprend pourquoi ils en arrivent là.

À la fin, certaines questions restent. On peut deviner la plupart des réponses. Néanmoins, j'ai trouvé la fin un peu rapide. Peut-être est-ce dû à la structure...

D'un petit village Kurde au Londres des années 70, Elif Shafak fait voyager son lecteur, l'immergeant dans des univers semblant ne pas pouvoir se rencontrer et qui, pourtant, se croisent.

Éditeur: Phébus.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Gay pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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126 lectures

vendredi, 8 mai 2015

Chroniques d'un coeur d'artichaut, de Claude-Inga Barbey.

Chroniques d'un coeur d'artichaut

L'ouvrage:
Le jour de ses quarante ans, Lisa part pour l'Italie. Elle va sur la tombe de son premier amour.

Critique:
Ce court roman raconte quelques jours de la vie de certaines personnes gravitant plus ou moins autour de Lisa. Il y a son mari (Tristan), ses enfants (Max et Lucie), la voisine (Astrid), son fils (Jean-Louis), etc. Claude-Inga Barbey a su créer des personnages sympathiques, certains parce qu'ils sont originaux, d'autres parce qu'ils le sont moins. Par exemple, Lucie ne se comporte pas vraiment comme une adolescente. J'ai trouvé cela rafraîchissant.
Un parallèle est fait entre Tristan et Jean-Louis. Chacun souffre, à sa manière, du regard des autres. Chacun nous force à bousculer nos clichés.

La romancière évoque certains sujets graves avec humour. par exemple, Eugène, surnommé (à juste titre) le Chacal, travaille sur une idée d'émission de téléréalité dont le concept est très intéressant: confronter des gens à leurs vices et voir combien de temps ils tiennent sans les assouvir. les exemples qu'il donne sont cocasses d'abord à cause des situations évoquées, mais également parce que le Chacal n'est pas si loin de ce qui pourrait être imaginé dans la réalité. D'ailleurs, peut-être une émission de ce type existe-t-elle...
À côté de cela, Tristan anime une émission de radio où il écoute les problèmes des gens. Au moment où se déroule le roman, il tombe sur un auditeur assez étrange qui suscitera également l'hilarité du lecteur, malgré ou à cause de la gravité de ce qu'il expose.

Claude-Inga Barbey provoque également le rire en caricaturant (mais si peu) certaines choses comme les appels téléphoniques où on est ballotté de part et d'autre, les guichets où on fait la queue à n'en plus finir et dont les règlements sont obscurs et peu sensés, etc.

Il m'a plu de suivre ce petit monde dans ses aventures et déboires. J'ai moins adhéré aux passages où on voit lisa. J'ai compris qu'elle se posait des questions, était effrayée... J'ai compris ses peurs, mais il m'a semblé que Lisa trouvait moins sa place que les autres, dans ce roman. Elle marque une parenthèse en s'absentant pour réfléchir, et j'ai ressenti cet éloignement. Elle m'a moins intéressée que les autres. Cette remarque n'est pas forcément un reproche. Les passages où on voit Lisa jouent sur un registre différent: plus grave sans hilarité. De ce fait, cela peut être un peu déroutant, mais pas désagréable.

Un livre sympathique, frais, enlevé, qui fait également un peu réfléchir.

Éditeur: Éditions d'autre part
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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