vendredi, 21 novembre 2014

*Parutions Gallimard, novembre 2014.

Ce titre est annoncé pour le 21 novembre.

Le trône de fer (tome 2), Le donjon rouge

  • Le trône de fer (tome 2), Le donjon rouge, de George R. R. Martin, lu par Bernard Métraux, 17h.
    Comment Lord Eddard Stark, seigneur de Winterfell, Main du Roi, gravement blessé par traîtrise, et plus que jamais à la merci de la perfide reine Cersei ou des imprévisibles caprices du despotique Roi Robert, aurait-il une chance d’échapper à la nasse tissée dans l’ombre pour l’abattre ? Comment, armé de sa seule et inébranlable loyauté, cerné de toutes parts par d’abominables intrigues, pourrait-il à la fois survivre, sauvegarder les siens et assurer la pérennité du royaume ? Comment ne serait-il pas voué à être finalement broyé dans un engrenage infernal, alors que Catelyn, son épouse, a mis le feu aux poudres en s’emparant du diabolique nain Tyrion, le frère de la reine ? Si les hautes figures, les personnages émouvants et les monstres sadiques conservent dans «Le donjon rouge» la place de choix qu’ils occupaient dans «Le trône de fer», ce sont surtout les femmes qui tiennent cette fois les premiers rôles : lionnes innocentes ou rebelles, elles réservent à leurs seigneurs et maîtres, censés pourtant dominer la partie, les plus suaves et déchirantes surprises...

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66 lectures

Le livre de Dina, d'Herbjørg Wassmo.

Le livre de Dina

L'ouvrage:
Enfant, Dina a accidentellement ébouillanté sa mère, ce qui l'a tuée. Cet événement décidera de la direction que prendra Dina.

Critique:
J'ai longtemps hésité à lire ce roman, ayant trouvé «Trilogie de Tora» très dur. «Le livre de Dina» l'est également, mais les choses sont différentes. Tora aspire au bonheur, et ne parvient pas à se débarrasser de ce qui cause son malheur. On la plaint et on a envie de la protéger. Dina est toute autre. Elle apprend très vite qu'on ne peut véritablement compter que sur soi-même, et en tire ses conclusions. Elle finit par s'adapter seule à la mort de sa mère. On la laisse pousser comme une mauvaise herbe, faire ses caprices (parce qu'on ne l'aime pas assez pour avoir la patience de l'éduquer). Globalement, elle s'en sort plutôt bien, et on ne peut que comprendre (sans excuser) certains aspects de son caractère. Intransigeante, obstinée (voire capricieuse), Dina est également nimbée d'une aura particulière. Charismatique, dotée d'un solide bon sens, ne s'en laissant pas conter, la jeune fille ne peut qu'interpeller le lecteur. Herbjørg Wassmo a créé un personnage creusé, solide, épais, profond. Un personnage qui recèle certaines zones d'ombre.

Le style de ce roman est assez particulier. Par exemple, parfois, les personnages parlent d'eux-mêmes ou s'adressent à un autre à la troisième personne du singulier. Cela arrive dans certains moments de tension où les choses ne sont pas forcément faciles à dire. Le roman est parsemé d'images poétiques, et certains de ses aspects évoquent le conte. Dina rappelle parfois une sorcière, notamment parce qu'elle «voit» les morts de son entourage, et qu'elle paraît deviner beaucoup de choses quant à ses semblables. En outre, on dirait qu'elle peut décider d'influer sur les sentiments des uns et des autres. Je pense ici à Thomas. Je n'ai pas trouvé très convaincant qu'il finisse par accepter la proposition de Dina, et fasse davantage que s'accommoder de son sort. J'ai même trouvé cela indigne d'un auteur comme Herljørg Wassmo, car c'est quelque chose qu'on trouverait dans des romans de Danielle Steel. Seulement, si on voit cette partie comme un conte, l'angle de vue change, et on peut comprendre et accepter le comportement de Thomas.
De plus, des formules reviennent tels des refrains, comme dans certains contes. Par exemple: «Je suis Dina.», phrase qui annonce de petits passages presque incantatoires.

L'auteur s'est amusée à rassembler des personnages très différents, dont on pourrait parier qu'ils ne s'entendraient pas. Il y a d'ailleurs quelques frictions, au départ. Pourtant, chacun finit par prendre le positif chez les autres. La romancière parvient à faire en sorte que cela ne soit pas incongru, car cette entente ne signifie pas que les relations sont toujours faciles.

J'ai été déçue par la fin. Non à cause de ce qu'on apprend (on s'en doute depuis un moment), mais parce que je suis restée sur ma faim. Quelque chose se passe, et on se demande comment Dina va gérer un paramètre imprévu. Cette fin est ouverte, mais à ce stade, je pense que ce n'est pas au lecteur de décider, il aurait fallu que l'auteur l'écrive. Là, j'ai plutôt le sentiment qu'Erbjørg Wassmo elle-même ne savait pas ce que ferait Dina.

Éditeur: Gaïa.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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62 lectures

mercredi, 19 novembre 2014

Daphné disparue, de José-Carlos Somoza.

Daphné disparue

L'ouvrage:
Le 13 avril, après un accident de voiture, Juan Cabo, écrivain à succès, perd la mémoire. En enquêtant sur lui-même, il trouve une phrase énigmatique écrite dans un carnet: «Je suis tombé amoureux d'une inconnue.» Il a écrit cela peu avant l'accident, alors qu'il dînait dans un restaurant. Perplexe, il décide d'enquêter en commençant par le fameux restaurant.

Critique:
Pour moi, la force du roman réside dans le fait que José-Carlos Somoza promène son lecteur à sa guise. Au départ, j'ai trouvé les rebondissements intéressants et originaux, même quand le tout paraissait absurde. Puis, j'ai trouvé que l'auteur en faisait beaucoup trop, qu'à force de vouloir surenchérir dans le spectaculaire, il faisait tout partir en vrille. Cependant, il se rattrape bien, ce qui n'était pas forcément gagné, étant donné qu'il va loin dans l'invraisemblable.
Rien que l'idée de départ est dangereuse: pourquoi le héros chercherait-il à retrouver une femme qu'il a très peu vue, pour laquelle il aurait eu le coup de foudre, mais qu'il a oubliée? Pourquoi quelqu'un s'amuse-t-il à écrire sur tous les gens qui vont manger dans le fameux restaurant (dont le nom, la Foresta Invisible, colle très bien à l'ambiance du roman)? À mesure que le livre avance, d'autres questions se posent. Elles trouvent toutes une réponse à la fin. Certains diront peut-être que la solution est facile, voire éculée. Je n'ai pas trouvé, car elle est à la hauteur de ce qu'a osé faire l'auteur au long du roman. Malgré tout, la partie où Juan imagime la femme m'a semblé un peu grosse. Par exemple, pourquoi Juan n'a-t-il pas eu l'idée de chercher des informations dans les journaux sur une femme disparue? Parce que cela ruinait les plans de José-Carlos Somoza, certes, mais il aurait fallu qu'il trouve une bonne raison à cela.

À travers un roman aux rebondissements déroutants, José-Carlos Somoza aborde intelligemment certains thèmes. L'écriture est envisagée sous différents angles: elle aide, détruit, pousse, elle est à la fois un carcan et une libération, elle prend plusieurs chemins pour mener à la vérité.
La solution de l'énigme pose une question simple: jusqu'où est-on prêt à aller? Jusqu'où se laisse-t-on griser par un enjeu si prometteur?

Remarques annexes:
L'auteur a quelques remarques humoristiques. Par exemple, un poète dit que «poète inconnu», c'est une redondance. Remarque qui est à la fois drôle et grave.
Je trouve dommage qu'il y ait le cliché de l'aveugle qui touche le visage de quelqu'un pour le reconnaître.
Il y a quelques «indices» un peu gros (c'est sûrement exprès): la mystérieuse inconnu se trouvait à la table 15 et il y a 15 chapitres. La jeune femme qui est modèle pour écrivains s'appelle Muse...

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Francine Chappuis pour la Bibliothèque Sonore Romande.*

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110 lectures

lundi, 17 novembre 2014

Un feu dans la nuit, d'Erin Kelly.

Un feu dans la nuit

L'ouvrage:
Janvier 2013.
Alors que Sophie s'apprête à accoucher, sa mère (Lydia MacBride) est sur le point de mourir d'un cancer.
Toute sa vie, Lydia a tenu des journaux intimes. Il est temps pour elle de les brûler. Seulement, elle n'en aura pas le temps.

Critique:
Ce roman m'a tentée dès sa sortie. De plus, l'avis positif de mon mari m'a donné à penser qu'il me plairait. Or, je me suis ennuyée pendant les trois quarts de ma lecture.

Pour moi, Erin Kelly utilise des ficelles vraiment trop grosses pour créer son suspense. Par exemple, Lydia, au tout début, écrit qu'elle a mal agi à un moment de sa vie. On sait tout de suite qu'on ne connaîtra le fin mot de l'histoire que très tard, voire à la toute fin du roman.
À la fin de la première partie, l'auteur nous laisse sur un mystère qu'elle n'explique que longtemps après.
On me dira qu'il fallait bien que la romancière trouve des procédés pour faire languir son lecteur. Soit, mais ceux-ci sont beaucoup trop gros. D'autres auteurs (Karine Giébel, Franck Thilliez, Serge Brussolo, etc) agissent bien plus finement.

Si Erin Kelly a eu une bonne idée, tout est beaucoup trop dilué. Les lenteurs sont partout, et pour moi, elles n'apportent rien. En outre, l'idée est bonne, mais elle a un très fort parfum de déjà vu. Je n'ai pas eu de très grosses surprises lors de ma lecture. Pour ne donner qu'un exemple, dès que l'un des personnages a prononcé un certain prénom, j'ai deviné une grande partie de la suite.
Vers la fin, les personnages agissent d'une certaine manière. La romancière a-t-elle souhaité créer un rebondissement afin d'accentuer la tension? Toujours est-il que je n'ai pas trouvé cela très crédible. Ils auraient certainement pu raconter les faits tels qu'ils se sont passés. Je ne sais pas trop pourquoi ils se font tout un film à propos de ce qui arriverait s'ils disaient la vérité... Peut-être parce que la dissimulation est habituelle chez eux...
Quant à ce qu'on apprend à la toute fin, je ne l'avais pas deviné, mais j'ai été tellement déçue par le reste que cela ne rattrape pas grand-chose. Surtout qu'en y réfléchissant, on peut trouver un élément assez gros.

Les personnages n'ont pas su m'émouvoir, même ceux qui semblaient sains d'esprit.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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84 lectures

vendredi, 14 novembre 2014

La ballade d'Iza, de Magda Szabó.

La ballade d'Iza

L'ouvrage:
À la mort de Vince Czöcs, sa femme est prise en charge par leur fille, Iza. Elle quitte son village pour aller s'installer dans l'appartement d'Iza, à Budapest.

Critique:
Avec force et simplicité, Magda Szabó décrit parfaitement les sentiments des personnages qu'elle fait vivre. Elle montre comme la frontière entre compassion et pitié est mince. Elle montre avec justesse une personne qui, sous couvert d'abnégation et de dévouement, cache son égoïsme, sa fierté d'être aimée pour ce qu'elle n'est pas. Et cette personne parvient encore à se trouver des excuses pour mal agir. Elle va tellement loin qu'elle croit partiellement en son personnage.

Magda Szabó montre comme l'absence de réelle communication peut être destructrice. Comprendre les choses grâce à son intuition fait que la mère d'Iza n'a pas pu se donner une chance d'être vraiment appréciée pour ce qu'elle était, tout au moins auprès de la domestique de sa fille.
L'auteur oppose, avec justesse, deux personnages très différents: Iza et sa mère. Iza, qui, très tôt, a agi comme si elle était la mère de ses parents. Jeune femme énergique et autoritaire, comblant le manque d'assurance de ses parents par un excès de confiance en elle, ayant une forte personnalité, s'engluant dans ce qu'elle parvient à faire croire à ceux qui voient ce qu'elle fait extérieurement, telle est Iza. Elle n'a peut-être pas tout à fait consciente de ce qu'elle est. Sa mère est plus simple, tant dans ses sentiments que dans sa façon d'être. Au départ, elle est désemparée de ne pas avoir certaines de ses affaires, de ne pas pouvoir faire ceci ou cela, mais ce qui la gêne réellement, c'est de ne pas être comprise, écoutée, aimée pour ce qu'elle est. Si Iza s'affirme, sa mère est plutôt effacée, presque niée. Son prénom est d'ailleurs connu très tard du lecteur. On a du mal à se dire que la froide et ambitieuse Iza est l'enfant de ces deux êtres qui privilégient les relations humaines. Il est également dérangeant de penser que malgré leurs difficultés à communiquer, ils s'aimaient, et malgré cet amour, ils n'ont pas assez osé (surtout la mère d'Iza).
J'ai été reconnaissante à l'auteur de ne pas tomber dans la facilité: à savoir, expliquer l'attitude d'Iza par un traumatisme de l'enfance. Elle est ainsi parce que c'est son caractère. Peut-être, inconsciemment, refuse-t-elle d'être comme ses parents, qu'au fond, elle voit faibles.
En opposant ces personnages, l'auteur oppose quelque peu la campagne à la ville. Certes, Iza est née à la campagne, mais elle s'est pleinement épanouie en ville où elle trouve sa place. La mère d'Iza perd sa joie de vivre loin de sa campagne. Les citadins sont vus comme froids, incapables de créer des contacts simples (les relations de la mère d'Iza tournent court), alors qu'à la campagne, on est écouté, compris, apprécié à sa juste valeur.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages et leur ressenti. C'est une bonne chose, car le lecteur se fait une opinion peu à peu. Au départ, il pense quelque chose, puis une partie du récit vient le conforter dans son opinion ou la nuancer. Ce n'est pas la méchante Iza contre le reste du monde. Bien sûr, on a tendance à voir les choses ainsi, et au final, cela donne un résultat presque similaire, mais tout est plus complexe.

En un style fluide, Magda Szabó décortique les relations entre des personnages différents, dont l'une ne veut pas comprendre les autres. Un livre profond, dont je peine à montrer la pertinence, ma chronique me semblant plate.

Éditeur: Viviane Hamy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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