vendredi, 30 janvier 2015

Pierre noire, de Chantal Forêt.

Pierre noire

L'ouvrage:
Nicolas et Isabelle Vernet ont péri dans l'incendie de leur maison. C'est vraisemblablement Isabelle qui a déclenché le feu. Leurs voisins, leurs amis, leurs familles s'interrogent, revivent les mois passés, se demandent s'ils auraient pu faire quelque chose pour empêcher la descente aux enfers de la jeune femme.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «L'heure du thé», j'ai été ravie de lire un autre écrit de Chantal Forêt. J'avoue avoir été déçue. Pourtant, c'est un bon livre. La romancière explore avec justesse la psychologie d'un couple qui ne parvient pas à se dire simplement certaines choses. Les non-dits, les malentendus s'accumulent, et le tout prend d'énormes proportions. Bien sûr, si les choses étaient dites, rien n'irait sans heurts, mais au moins, le climat serait plus sain.
D'autre part, le lecteur voit les proches d'Isabelle et Nicolas s'interroger sur ce qu'ils auraient pu ou dû voir et faire. Tout cela est très bien fait.

Néanmoins, certains éléments m'ont dérangée. Par exemple, je n'aime pas avoir tout de suite connu le dénouement de l'histoire. Je trouve cela dommage, car dès que l'un des deux personnages avait une velléité de bien faire les choses, alors que l'espoir lui revenait, je ne pouvais m'empêcher de penser: «Pas la peine d'espérer, tu vas vite retomber dans ton marasme, puisque l'incendie est intentionnel.» Cela a un peu gâché ma lecture.

Ensuite, je ne me suis pas attachée aux personnages principaux. Parfois, cela ne me dérange pas. Ici, cela m'a gênée. Nicolas a l'intuition que la cause du problème est la maison, mais il préfère ne rien dire parce qu'il veut garder cette maison. Quant à Isabelle, on peut comprendre qu'elle trouve la demeure sinistre, que son passé l'effraie... mais pourquoi ne le dit-elle pas simplement? Bien sûr, une franche confrontation aurait peut-être mené le couple à sa perte bien plus tôt, car aucun n'aurait voulu céder... Quoi qu'il en soit, j'avais envie de les secouer, surtout Nicolas.
Le dernier quart m'a semblé laborieux, car la déprime d'Isabelle m'ennuyait. Je pense que c'est surtout dû au fait qu'à sa place, j'aurais agi différemment...

Je sais que Chantal Forêt décrit un comportement qu'on rencontre bien plus souvent qu'il ne faudrait. Rien n'est incohérent, rien n'est bâclé. Mon manque d'enthousiasme vient du fait que je n'aime pas les gens qui se comportent comme ce couple.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions l'Archipel par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

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54 lectures

mercredi, 28 janvier 2015

Ne les crois pas, de Sebastian Fitzek.

Ne les crois pas

L'ouvrage:
Lors d'une conversation téléphonique, alors que la réception est mauvaise, Leoni dit à son fiancé, Yann, qu'il ne devra pas croire ce qu'on pourra lui dire. Alors qu'il lui pose des questions et tente d'en savoir plus, un policier frappe à sa porte, et lui apprend que Leoni a eu un accident de voiture mortel une heure plus tôt.

Huit mois plus tard, un forcené prend une station de radio en otage. Il ne veut négocier qu'avec Ira Sammen. Celle-ci, se reprochant d'être la cause du suicide de sa fille, est mal dans sa peau.

Critique:
En général, Sebastian Fitzek allie suspense haletant et exagérations. D'habitude, pour moi, le suspense compense les improbabilités. Ici, mon sentiment est plus nuancé.

L'auteur crée un suspense qu'il parvient à faire durer en imaginant des rebondissements, surtout au niveau de l'action. La prise d'otage est, par définition, quelque chose d'angoissant. S'y ajoutent des péripéties dues aux règles établies par le preneur d'otage.

Ensuite, on découvre la vie d'Ira. Là encore, Sebastian Fitzek s'arrange pour ne pas tout dévoiler, ménageant le suspense. J'ai trouvé cette façon de faire un peu artificielle, surtout lorsque Kitty (la deuxième fille d'Ira) se demande pourquoi elle ne dit pas la vérité à sa mère. J'ai d'ailleurs eu du mal à comprendre l'attitude de Kitty vis-à-vis d'Ira. Tout est expliqué dans le roman, mais c'est un peu gros. Je pense que cela m'aurait moins gênée si c'était le seul détail incongru. Le romancier les accumule. L'histoire de Leoni, par exemple, est un peu rocambolesque. Les raisons se tiennent, mais la façon de faire est discutable.

Le «méchant» dont on est censé découvrir l'identité vers la fin est un peu trop facile à soupçonner car l'auteur le rend trop aimable aux yeux du lecteur, en noircissant un autre pour qu'il soit soupçonné.
Vers la fin, les événements se précipitent, et on se dit qu'il ne serait pas vraisemblable que tout cela se termine d'une certaine manière. Et pourtant, l'auteur ose agir ainsi. Cela ne m'a pas déçue, mais il m'a semblé qu'il aurait été plus crédible s'il n'avait pas surenchéri dans le spectaculaire.

La psychologie de Sarah m'a intéressée. Un détail en particulier m'a plu, car pour le coup, l'auteur sort des sentiers battus.

Ira m'a souvent agacée. Certes, elle a de quoi se plaindre, mais j'ai trouvé qu'elle se lamentait beaucoup, jouait trop à «je vais me suicider».

Remarque annexe:
À un moment, Yann dit que dans un couple, c'est bien de se cacher des choses. Ça fait partie de la part de mystère que garde l'autre. Je trouve cette théorie trop tranchée. J'aurais préféré qu'il dise que pour lui, c'était une bonne chose, et n'en fasse pas un avis qui devrait être universel.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Danheux pour la Ligue Braille.

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97 lectures

lundi, 26 janvier 2015

*Parutions des éditions Sixtrid, janvier 2015.

Jusqu'au dernier Un été avec Kim Novak Les rois maudits 1 - Le roi de fer

Ces titres sont sortis le 19 janvier.

  • Jusqu'au dernier, de Deon Meyer, interprété par Éric Herson-Macarel, 12h30.
    Depuis la mort de sa femme, l'inspecteur Mat Joubert, de la brigade des Vols et Homicides du Cap, ne s'intéresse plus à rien. Tout change avec l'arrivée de son nouveau chef, le lieutenant Bart de Wit, formé à Scotland Yard. Brutal, de Wit l'oblige à cesser de fumer, à maigrir et à consulter une psychologue, le docteur Nortier, bref, à se respecter et à travailler mieux sur deux enquêtes importantes.
    La première concerne un certain «Monsieur Mon Cœur» qui braque une à une les succursales de la banque Premier. La deuxième a pour objet des meurtres perpétrés à l'aide d'un Tokarev, arme dont se servaient les mouvements de guérilla marxistes de l'Angola... ou d'un Mauser tout droit sorti de la guerre des Boers?
    Meurtres politiques, crapuleux, voire mafieux, personne n'a de piste sérieuse et les crimes et les hold-up continuent. Y aurait-il un lien entre les deux affaires?
  • Un été avec Kim Novak, d'Håkan Nesser, interprété par Alain Lawrence, 6h25.
    L’été suédois 196.. promet d’être beau et chaud. Dans un cadre idyllique - une bicoque familiale au bord d’un lac, à l’orée d’une forêt -, Erik, quatorze ans, entame ses vacances avec son ami (Edmund) et son grand frère (Henry). Pour les deux adolescents, qui goûtent pour la première fois à l’ivresse de la liberté, ce sera l’été de toutes les découvertes. Ce sera aussi l’été de tous les fantasmes. Un soir, Henry revient accompagné d’une femme, qui n’est autre que leur professeur, la sublime Eva Kaludis, surnommée Kim Novak par les collégiens, à leurs yeux la plus belle femme du monde. Mais Eva Kaludis est fiancée à Berra, la star nationale de handball, craint autant pour la puissance de ses tirs que pour la violence de ses humeurs. Or, peu après, Berra est retrouvé mort à proximité de la maison. L’été de rêve s’interrompt définitivement.
    Trente ans plus tard, Erik se remémore les faits. L’enquête n’ayant pas abouti, la question de l’identité du meurtrier n’a jamais cessé de le tarauder. Henry, Eva, ou Edmund ?
  • Le roi de fer, de Maurice Druon, interprété par François Berland, 7h40.
    «Le roi de fer» est le premier des sept volumes composant la célèbre fresque historique «Les rois maudits».
    Dans la France du XIVème siècle, Philippe IV, dit le Bel, roi d'une beauté légendaire, mène le pays d'une main de fer. Devant lui, il n'est d'autre choix que de plier ou de rompre ; seule compte l'idée de la nation et rien ne doit en entraver la grandeur et la force. Pour réformer l'état et le moderniser, il ne recule devant aucune sacrifice. L'histoire commence avec le fameux procès que Philippe le Bel fit aux Templiers pour en amoindrir le trop grand pouvoir et confisquer leur immense fortune. À l'heure de son exécution, Jacques de Molay, grand maître de l'ordre des Templiers, lui jeta sa fameuse malédiction: «Pape Clément ! ... Chevalier Guillaume ! ... Roi Philippe ! ... avant un an je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir la juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième générations de vos races ... !»
    Le destin donnera-t-il raison au grand maître ? Voici l'histoire.

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103 lectures

Comment ma femme m'a rendu fou, de Dimitri Verhulst.

Comment ma femme m'a rendu fou

L'ouvrage:
Désiré Cordier, septuagénaire, a passé sa vie à s'incliner devant sa femme (Monik) qui le réprimandait pour tout. Il souhaite se venger. Il feint donc la démence sénile afin d'être placé en maison médicalisée.

Critique:
Je pense que ce livre peut être pris de différentes façons. Le lecteur peut s'amuser de l'idée de Désiré, et adhérer à cette manière loufoque de se venger. Le style vivant et fluide de l'auteur l'y aidera, ainsi que les notes humoristiques.
Cependant, on peut se demander pourquoi. Cela a été mon cas. Pourquoi Désiré est-il resté avec Monik toutes ces années? On me dira que ce genre de situations arrive tous les jours. On rencontre beaucoup d'insatisfaits qui ne trouvent pas la force de se libérer. Certes, mais au départ, on ne sait pas vraiment ce qui a poussé Désiré et Monik l'un vers l'autre. Ensuite, notre héros explique bien que les ennuis commencèrent dès le début du mariage. Étant de ceux qui ne comprennent pas pourquoi les gens ne changent pas ce qu'ils pourraient changer, j'ai eu du mal à m'attacher au narrateur. J'attendais sans cesse une chute, une explication, quelque chose qui légitimerait qu'il se fasse placer en maison médicalisée. En effet, s'il avait la paix, il ne menait pas vraiment la belle vie puisqu'il devait sans cesse feindre la sénilité. Bien sûr, on peut penser qu'il veut se ménager quelque peu, car il se dégrade physiquement...

De toute façon, la famille Cordier est assez particulière. Monik est psycho-rigide sur beaucoup de points, coincée, revêche... Les enfants me laissent perplexe. Charlotte aime son père, mais elle lui a caché certains pans importants de sa vie. Quant à Hugo, on le voit peu. Je pense que pour vraiment apprécier ce livre, il faut prendre ces gens comme ils sont, et ne pas tenter de s'expliquer leurs motivations. En outre, il ne faut pas se formaliser des choses un peu grosses qu'on rencontre au niveau de l'intrigue.

Désiré étant en maison médicalisée, il raconte comment cela s'y passe. Malheureusement, je pense qu'il n'exagère pas...

Livre de 142 pages, publié le 22 janvier 2015 aux éditions Denoël. Traduction: Danielle Losman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

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173 lectures

vendredi, 23 janvier 2015

Une nuit de trop, de James Patterson.

Une nuit de trop

L'ouvrage:
Ce jour-là, Lauren Stillwell décide d'aller retrouver son mari pour déjeuner. C'est alors qu'elle le voit en compagnie d'une belle blonde. Pensant qu'il la trompe, elle décide d'en faire autant. Elle ne sait pas que ses ennuis ne font que commencer.

Critique:
James Patterson utilise une technique qui fonctionne assez bien lorsqu'elle est maîtrisée: il enchaîne les événements sans que le lecteur ait trop le temps de souffler. Il précipite ses personnages dans des péripéties effrénées qui les plongent dans des abîmes de confusion, de questions, etc. Ici, Lauren, la narratrice, doit faire face aux événements tout en se débattant avec sa conscience, et en décidant très vite ce qu'elle doit faire. Le lecteur se mettra facilement à sa place: elle panique, est effrayée, se sent acculée, elle doit trouver la meilleure solution. James Patterson fait très bien ressentir cela au lecteur. Tout en me mettant à la place de l'héroïne, j'ai parfois désapprouvé ses actes.

L'auteur fait en sorte de ménager un certain suspense. Dans ce genre de romans, où chaque événement est source de questions ou de découvertes, il y a forcément quelques failles. Ici, il est un peu étrange que Lauren n'ait jamais soupçonné l'un des personnages. Elle aurait pu, par exemple, trouver son attitude curieuse, à certains moments. Seulement, si l'auteur avait introduit cela, le lecteur aurait douté.
En outre, il est un peu étrange que l'héroïne ait été dupée ainsi... Là encore, l'auteur ne pouvait faire autrement: il voulait ménager son suspense, mais c'est au détriment de la solidité de certains raisonnements.
D'autres éléments sont un peu gros, notamment ce qui arrive concernant l'arme de Scott et les lunettes de Paul. Cela s'insère bien dans l'histoire, mais ce n'est pas vraiment crédible. Néanmoins, cela ne gâche pas la lecture.

Lauren est un personnage intéressant. C'est, apparemment, quelqu'un de bien, mais elle n'hésite pas longtemps avant de se salir les mains pour ce qu'elle croit être juste. À noter qu'elle n'agis pas uniquement pour elle.

Je recommande ce roman, parce que malgré quelques éléments un peu tirés par les cheveux, il remplit son office en immergeant le lecteur dans cette intrigue, en le tenant en haleine, en le poussant à se mettre à la place de l'héroïne.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.

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178 lectures

mercredi, 21 janvier 2015

Je ne retrouve personne, d'Arnaud Cathrine.

Je ne retrouve personne

L'ouvrage:
Aurélien doit s'occuper de la vente de la maison de ses parents, qui sont, depuis longtemps, établis ailleurs. Cela lui donne l'occasion de se pencher sur sa vie, ses choix, son passé, sa famille.

Critique:
J'ai un sentiment étrange quant à ce livre. Il m'a plu, mais il n'a pas vraiment su me toucher. Aurélien est pourtant un personnage intéressant, et il raconte les faits sans être lourd, sans fioritures. Il analyse aussi son comportement et celui d'autres comme son frère. Le tout m'a peut-être paru un peu plat. L'auteur utilise des ingrédients maintes fois employés, mais là n'est pas le problème. Pour moi, ils sont amenés sans vraiment renouveler les choses. Tout est peut-être un peu gros. J'ai compris pourquoi les personnages étaient ainsi, mais j'ai trouvé qu'ils s'y complaisaient un peu. Cyril, le frère d'Aurélien, est assez casse-pieds avec ses leçons de morale. En outre, il a certaines réactions d'enfant gâté: il faudrait que tous fassent ce qu'il veut. On peut penser qu'il aime sincèrement son frère, et lui veut du bien, mais il est souvent agressif.

Aurélien est plus sympathique, mais lui aussi semble se complaire dans sa tristesse. Il traîne une espèce de maladie d'amour dont il n'est pas assez fort pour se défaire. À ce sujet, Arnaud Cathrine a marqué un mauvais point auprès de moi en mettant en avant une situation qui m'agace et qui devient clichée à force de se retrouver. Junon quitte Aurélien parce qu'il ne veut pas d'enfants. Bien sûr, il essaie d'atténuer la chose en laissant entrevoir que ce n'est pas la seule raison, mais cela m'a quand même déplu. D'autant qu'ensuite, une relation compliquée se noue, et qu'Aurélien fait plus ou moins partie du paysage de Junon...

J'ai trouvé intéressant que les souvenirs du personnage principal le ramènent vers une amitié passée. Là, on peut comprendre pourquoi il n'a pas repris contact avec son ami avant. Les aléas de la vie se chargent souvent d'éloigner les gens, et ensuite, ils regrettent d'avoir laissé faire la vie.

L'histoire semble simple, mais elle recèle certains aspects oppressants. À la fin, on a une impression d'inachevé. Je ne me suis pas vraiment posé de questions, mais j'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose. C'est pourtant une fin qui colle assez bien au reste: on se cantonne dans les non-dits, ou on fait passer certaines choses autrement. La famille a du mal à communiquer, ce qui se retrouve chez Aurélien et Cyril.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Detrey pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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160 lectures

lundi, 19 janvier 2015

Avec vue sous la mer, de Slimane Kader.

Avec vue sous la mer

L'ouvrage:
Wam a grandi dans le 93. Il a besoin d'argent. Il se fait engager comme serveur sur un bateau de croisière. Or, il se retrouve joker: le joker fait toutes les basses besognes.

Critique:
Ce roman est écrit dans une langue qui, habituellement, me fait fuir. Entre argot, verlan, franglais, cela peut même paraître affecté, à force. Cependant, ici, je m'y suis faite. D'abord parce que sous la plume de Slimane Kader, c'est bien passé. Ensuite, parce que les propos tenus et la façon dont l'auteur analyse ce qu'il voit m'ont beaucoup plu.

Slimane Kader raconte ce qu'on préfère taire. Ses compagnons d'infortune et lui vivent dans les profondeurs du bateau, et sont corvéables à merci. Je ne m'étais jamais demandé où était logé le personnel de bord sur un bateau de croisière. Cela n'est pas sans rappeler les esclaves parqués dans les cales des navires...

Notre héros est estomaqué et horrifié de son sort, mais il doit bien se résigner. Au lieu de se lamenter, il observe ceux qui l'entourent, et raconte ses aventures de manière énergique et caustique. En effet, autant accepter son sort en en tirant le meilleur parti, celui d'en rire. Alors, Wam conte ses aventures en ménageant la part belle à l'humour. Que ce soit pour décrire les passagers ou pour analyser ses contemporains, qu'il soit acerbe ou attendri, le rire domine dans sa prose.
Et puis, il lui arrive certaines choses amusantes. L'engouement, pour sa personne, du chien dont il a la garde en est une. Cet animal revêt d'ailleurs une certaine importance dans le récit, il ne sera pas uniquement source de rire.
L'histoire des cookies est également assez amusante, même si tous ses épisodes ne sont pas drôles pour Wam.
Le fait que Wam ne comprenne pas l'anglais est, au départ, un sérieux handicap, qui lui vaudra certains malheurs (à cause d'un malentendu avec une jeune fille), et qui fera rire le lecteur.
Et bien sûr, le personnage ne se départit pas de son humour pour expliquer comment et pourquoi il finit par s'habituer à son travail.

Ce parcours démontre également qu'en travaillant sérieusement, on obtient toujours un peu d'estime. Vous allez me dire que Wam n'avait pas vraiment le choix. Certes, mais il aurait pu tenter de se défiler, ou saboter le travail, ou se lamenter à n'en plus finir et s'effondrer. J'ai apprécié qu'à l'heure où certains adolescents pensent qu'il leur suffit de claquer des doigts pour passer dans une émission de télé réalité et gagner beaucoup d'argent, Slimane Kader écrive que le sérieux de son personnage dans le travail a été payant.

Je n'ai pas trop aimé la toute fin, et pourtant, elle est très réaliste.

Je vous conseille de ne pas lire la préface, ou bien de faire ce que je fais toujours: la lire après avoir lu le roman. Elle n'apporte pas grand-chose. Par contre, la postface est intéressante, qu'elle soit vraie ou non.

Éditeur: Allary.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Monique Gay pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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169 lectures

vendredi, 16 janvier 2015

Délivrance, de Jussi Adler-Olsen.

Délivrance

L'ouvrage:
Lorsque les deux enfants jettent une bouteille à la mer, ils ignorent que le département V enquêtera sur l'affaire.

Critique:
J'ai préféré «Délivrance» à «Profanation». Cependant, l'enquête ne m'a pas vraiment passionnée. C'est surtout la vie du département V qui m'a plu. J'ai aimé retrouver l'improbable duo formé par Carl et Assad. Ils sont égaux à eux-mêmes. L'auteur a pris le temps, comme dans le tome 1, de les évoquer dans plusieurs situations afin que le lecteur les voie agir et évoluer. On retrouve les petites étrangetés d'Assad, comme sa manie de dire souvent «alors», ainsi que sa déconcertante capacité à se sortir de situations périlleuses (voir le combat avec un colosse armé d'une barre de fer). Elles sont agrémentées d'autres comme son idée (intéressante, d'ailleurs) quant à la nouvelle manière de classer les dossiers. De plus, un mystère entoure toujours ce personnage.

Quant à Carl, il fait souvent sourire: l'auteur montre à nouveau sa fainéantise totalement assumée. En outre, il crée des situations où carl s'illustre: voir son obstination capricieuse quant au local du département V, puis le pacte fou qu'il conclut avec Jesper lorsque son ex-femme menace sa tranquillité.

Concernant Rose, je ne sais pas trop quoi penser. Parfois, j'ai compris ses actes, et surtout, sa grande sensibilité. Mais elle aussi agit de manière... originale, dirons-nous, et ce n'est pas aussi innocent qu'Assad.

L'auteur a donc créé des situations intéressantes entourant ses trois personnages originaux. C'est, à mon avis, le point fort du livre.
Pour l'enquête, il a pris le parti de dévoiler beaucoup de choses au lecteur. Celui-ci sait très vite qui fait quoi et pourquoi. Il se concentre donc sur la traque du bourreau. Au début, cela m'a plu, mais ensuite, j'ai trouvé tout cela un peu long. Bien sûr, Jussi Adler-Olsen crée, là encore, une situation originale. Le bourreau s'attaque à un pan de la société que l'on voit rarement mis en scène dans ce type de romans. Ensuite, si sa psychologie est creusée, on y retrouve des choses qui sont en train de devenir des topoi du genre, notamment le traumatisme dans l'enfance.

Afin de maintenir le suspense, le romancier a imaginé une traque échevelée, pleine de rebondissements et de moments de tension extrême pour les personnages. Avec moi, ça n'a pas vraiment pris. En outre, il y a une chose que je n'ai pas comprise. À un moment, un personnage aurait la possibilité de suivre le bourreau, et donc de retrouver ses enfants. Au lieu de cela, cette femme fait n'importe quoi (je ne vous dévoile pas quoi). Certains me diront qu'elle est bouleversée, folle de douleur, ce qui explique son attitude. Pourtant, il me semble que si elle pensait réellement à ses enfants, elle n'aurait pas agi comme elle l'a fait.

J'ai été désagréablement surprise qu'un auteur comme Jussi AdlerOlssen utilise le coup de foudre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'aime beaucoup Julien Chatelet qui ne cabotine pas, et qui n'exagère pas sa voix pour faire différents personnages. Dans ce roman, l'auteur alterne les passages loufoques et les scènes graves. Le comédien sait jouer sur les deux registres. Je le souligne, car malheureusement, tous les comédiens ne sont pas capables de cela. Du coup, maintenant, j'imagine Julien Chatelet enregistrant un livre humoristique. Je suis sûre qu'il l'interpréterait excellemment.

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