vendredi, 31 octobre 2014

Renaissance, de Jean-Baptiste Dethieux.

Renaissance

L'ouvrage:
Jean Malenc est journaliste. Il travaille beaucoup. Un jour, sa femme (Liz), en a eu assez, et est partie, emmenant leur fille (Blanche). N'ayant pas de nouvelles et ne parvenant pas à la joindre pendant plusieurs semaines, Jean s'inquiète, et se rend à la police pour déclarer la disparition. À cela s'ajoute de mystérieuses photos reçues par mail d'un expéditeur inconnu.

Critique:
Voici un roman court qui entraîne le lecteur dans les méandres de la mémoire du narrateur. De mystères en découvertes, d'étrangetés en rebondissements, on se retrouve propulsé dans une sorte de conte cruel dont l'environnement est une forêt, lieu enchanté par excellence. D'ailleurs, lorsque Jean y entre, il semble pénétrer dans un autre monde duquel Lucienne ferait office de gardienne. La sorcière (personnage typique du conte) serait représentée par sa belle-mère qui, même à l'extérieur de la forêt, l'atteint par son rire et ses dires. Ajoutons à cela les «fantômes» ou apparitions qui se matérialisent devant Jean. L'auteur parvient très bien à planter ce décor où les événements paraissent oniriques à cause de leur teneur, mais aussi de cette ambiance fantastique à la fois inquiétante et attrayante. Le style de l'auteur, soutenu, parfois poétique avec certaines pointes de lyrismes, se prête très bien à cette atmosphère hors du temps, préparée par le début du roman où le narrateur fait des rêves angoissés, où la nuit (qui lui montre des choses en trompe-l'oeil) est source d'anxiété.

Rapidement, on découvre que le héros a des troubles de la mémoire. Même si les raisons de ces troubles sont expliquées de manière très convaincante, j'ai trouvé cela un peu facile. D'abord parce que beaucoup d'auteurs ont exploité cette ficelle. Elle reste fascinante, cependant, ici, on ne sait pas quand les troubles vont survenir. Il semble qu'ils soient fréquents, mais dans ce cas, comment le narrateur a-t-il pu réserver un chalet dans la forêt pour son séjour? Peut-être n'est-ce pas lui qui fit cette réservation, mais on ne le saura pas. J'aurais aimé davantage de cohérence. Cependant, on pourra m'objecter que les troubles dont souffre le narrateur sont justement la cause de cet aspect décousu. Ils surviennent n'importe quand et ne s'attaquent pas forcément aux mêmes souvenirs. Mon «reproche» n'en est donc pas réellement un, puisque cet argument se défend. Je crois que j'ai surtout été un peu déçue que cette ficelle, si souvent exploitée, le soit ainsi dans ce roman.

À la fin, certaines questions restent. Cela peut être vu comme positif ou négatif. En effet, il est logique que Jean ne parvienne pas à se souvenir de tout, et qu'on préfère lui en dire le moins possible. Cette fin va bien à l'ambiance égarée qui court tout au long du roman. En outre, le lecteur peut s'amuser à supposer, à combler les trous: les plus importants seront assez simples à combler. Mais certains lecteurs pourront souhaiter une fin nette, avec, à la suite du récit de Jean, des explications faites par d'autres. L'auteur a sûrement choisi de ne pas en donner afin de prolonger la tension ressentie au cours de la lecture, et afin que le lecteur reste imprégné de la manière dont Jean voit et découvre les choses.

Un personnage voyageant à la fois dans une forêt et dans son esprit, des découvertes qui accroissent la tension, une démonstration claire (à travers un esprit à la dérive) de la manière dont on peut être marqué par des événements inacceptables, une ambiance qui joue un rôle à part entière... tels sont les ingrédients de ce roman, qui pour moi, est une réussite, malgré les réserves que j'émets sur la ficelle de la mémoire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Taurnada.

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mercredi, 29 octobre 2014

Le syndrome indigo, de Clemens J. Setz.

Le syndrome indigo

L'ouvrage:
Après avoir enseigné dans une école pour les enfants atteints du syndrome Indigo, le narrateur décide de faire un article sur ces enfants.

Critique:
Au départ, j'ai cru que ce livre était un thriller. La Quatrième de couverture ne le dit pas, et tout ce qui y est dit se trouve effectivement dans le roman, mais il était possible de l'interpréter comme je l'ai fait. Ce livre n'est pas un thriller.

Ce roman m'a paru étrange. Je ne sais pas trop où l'auteur a voulu mener son lecteur. Au départ, je croyais que c'était un plaidoyer pour l'acceptation des différences, mais en fait, je ne pense pas. Ensuite, j'ai pensé que cela se voulait un documentaire social. Mais là encore, j'ai abandonné l'idée.

L'auteur donne plusieurs pistes, plusieurs directions, mais rien ne semble abouti. J'ai l'impression de quelque chose de très fouillis. J'ai eu du mal à suivre l'intrigue qui, pour moi, est pleine de digressions. S'il y a des personnages récurrents, si l'auteur nous donne certains repères, j'ai eu du mal à suivre la trame. Tous les personnages semblent ne pas être très nets... Soudain, ils partent dans des délires dont l'incongruité est parfois amusante, mais qui lassent à la longue. D'autres fois, leurs actes et leurs paroles semblent sibyllins. Le tout est assez décousu. J'ai été aussi perdue que lors de ma lecture de certains romans de métafiction, notamment «Trois tristes tigres».

L'auteur a donné son identité au narrateur. En général, cette ficelle est utilisée pour accentuer la vraisemblance. Ici, je ne sais pas trop ce qu'elle signifie.
Quant aux personnages, je n'ai pas eu l'impression qu'ils soient creusés. Peut-être est-ce à cause du fait que j'ai été déroutée par le récit.

À mon sens, la fin n'apporte pas de réponses... Quelque chose se passe, mais cela ne fait pas vraiment avancer les choses.

Je suis sûrement passée à côté de ce roman que je n'ai pas vraiment compris...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Jacqueline Chambon.

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74 lectures

mardi, 28 octobre 2014

*Parutions Audiolib, décembre 2014.

Billie Le vieux qui lisait des romans d'amour
Le ver à soie Angor

Ces titres sont annoncés pour le 3 décembre.

  • Billie, d'Anna Gavalda, lu par Lola Naymark, 4h13.
    Non seulement Franck et Billie n’étaient pas programmés pour fredonner les mêmes refrains, mais en plus, ils avaient tout ce qu’il faut en magasin pour se farcir une bonne grosse vie de merde bien ficelée dans la misère – misère physique, misère morale et misère intellectuelle. Vraiment tout. Et puis voilà qu’un beau jour (leur premier), ils se rencontrent. Ils se rencontrent grâce à la pièce «On ne badine pas avec l’amour», d’Alfred de Musset. Billie a été tirée au sort pour jouer Camille et Franck, Perdican...
  • Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepulveda, lu par Féodor Atkine, 3h21.
    El Idilio est un petit village de la forêt amazonienne. Enfer vert peuplé de chercheurs d'or, d'aventuriers en quête d'un Eldorado imaginaire, d'Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte d'un cadavre d'homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique non pas la main de l'homme mais la griffe d'un fauve... Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers... Roman écologique, l'histoire se gorge d'une imagination éclatante et de cette part de magie issue des contes.
  • Une vie de lumière et de vent, de Christian Signol, lu par Jean-Marc Delhausse, 4h49.
    Jean, l’enfant trouvé, a été élevé par un couple de bergers frustes et analphabètes qui le traitent comme leurs bêtes. Le service militaire va le sauver de cet enfer : il apprend à lire et écrire, découvre la chaleur d’un vrai foyer. Puis la « drôle de guerre » dans l’Est, et la débâcle, signent le début d’une errance qui ramène Jean vers le Sud et lui fait rencontrer Joseph, son double, et Dorine, un coeur simple qui tombe éperdument amoureuse de lui. Mais alors que la guerre se rapproche, Jean pourra-t-il échapper à son destin ? Ancrée dans la beauté sauvage des hauts plateaux du Midi, l’histoire de ce garçon sans famille en quête d’un peu de chaleur humaine est bouleversante.
  • Le ver à soie, de Robert Galbraith, lu par Philippe Résimont, 17h5.
    Quand l’écrivain Owen Quine disparaît, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike, pour qu’il le retrouve et le lui ramène. Mais Strike comprend vite que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme. Le romancier vient en effet d’achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Lorsque Quine est retrouvé assassiné, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier, Strike va d’abord devoir percer à jour ses motivations profondes.
  • Angor, de Franck Thilliez, lu par Michel Raimbault, 17h47.
    Gendarme dans le nord de la France, Camille Thibaut vient de subir une greffe de coeur. Depuis, elle a fait des cauchemars chaque nuit : une femme, séquestrée, l’appelle au secours. Un rêve tellement vrai qu’il ressemble à un souvenir... celui de son donneur ? Dans une forêt, deux hommes aperçoivent une ombre dans une cavité sous un arbre. L’un deux s’approche et a tout juste le temps d’apercevoir deux iris blanches avant qu’une main lui agrippe les cheveux et le tire vers le trou. Alors que Lucie et Sharko s’occupent de leurs jumeaux d’un mois, Franck est appelé sur une nouvelle affaire : une femme a été retrouvée dans une forêt, presque aveugle, après une longue séquestration.
57 lectures

lundi, 27 octobre 2014

La mer les emportera, de Nick Dybek.

La mer les emportera

L'ouvrage:
Cal, quatorze ans, vit avec ses parents dans la petite ville de Loyalty Island. En hiver, son père, marin pêcheur, part en Alaska.
Un jour, l'homme à qui appartiennent les bateaux et l'usine de la ville meurt. Son fils, Richard, parle de vendre...

Critique:
Dans ce roman, on voit d'abord comment des messieurs tout le monde finissent par se considérer au-dessus des lois, arguant (pour se donner bonne conscience) qu'ils n'ont pas le choix, et doivent agir comme ils le font. Et encore, dans le lot, tous n'ont pas le même discours. L'un d'eux se rend bien compte que le groupe est sur une pente glissante.
Il est terrible de penser que par égoïsme, par caprice, quelqu'un peut soudain décider de disposer de la vie d'un autre. Cela me rappelle «Le couperet», de Donald Westlake, et «Le dîner», d'Herman Koch. Là où le héros de Westlake semblait tenaillé par sa conscience, la plupart des personnages de Koch ne voyaient que leur nombril, et l'un au moins des personnages de Nick Dybek semble très bien dormir, même s'il sait que ses actes ont changé le cours de plusieurs vies.
Certes, les choses sont complexes, mais il est certaines limites qu'on ne doit pas se permettre de franchir, quand bien même on serait acculé.

Dans ce roman, certaines choses sont sous-entendues, davantage comprises que dites. Cela contribue à la tension qui, au départ, n'est pas si importante, mais qui, à mesure qu'on progresse dans le récit, est de plus en plus présente. Cal et Jamie garderont l'empreinte des événements.

Cal n'est pas forcément facile à cerner. Au départ, je pensais bien le connaître, puis j'ai été déroutée par l'un de ses actes. Pourtant, à y bien réfléchir, j'ai compris pourquoi il avait agi. Ensuite, on peut se demander jusqu'à quel point il a réfléchi, a compris, a été «conditionné». Ce personnage n'est pas si manichéen qu'on pourrait le penser, d'abord parce que lui-même ne sait pas ce qu'il fera jusqu'au dernier moment, et ensuite parce que ces mois et leur conclusion le hantent quatorze ans plus tard, et le hanteront toujours..
Tous les autres personnages sont creusés, mais en parler me ferait trop en dire.

Ce genre de romans m'impressionne et me met mal à l'aise, car il montre que l'homme (en dehors de périodes extrêmes comme la guerre) n'hésite pas à franchir une frontière à laquelle il devrait s'arrêter, et en prime, finit par s'en accommoder. Il est terrifiant de penser que cela pourrait arriver dans la vie de tous les jours.
Malgré (ou peut-être à cause de) mon malaise, j'ai trouvé ce roman très bon. Il explore subtilement les relations entre des hommes soumis à de certaines conditions, à une certaine tension. Il ne tombe jamais dans le larmoyant. Il ne souffre d'aucun temps mort. Certains pourront le trouver lent au début. Pour ma part, j'ai apprécié que l'auteur prenne le temps de planter le décor et de montrer ses personnages dans leur cadre de vie.
Une réussite!

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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vendredi, 24 octobre 2014

Les chroniques lunaires, tome 3: Cress, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 3: Cress

Si vous n'avez pas lu les tomes 1 et 2, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Cinder et ses compagnons ont un plan afin d'empêcher le mariage de Kai avec Levana. C'est alors que Cinder décide de contacter la jeune fille qui lui a avoué avoir fait en sorte que Levana puisse espionner la terre. Elle pourra peut-être les aider.

Critique:
Là encore, la romancière transforme le conte qu'elle a choisi d'adapter à bon escient. Comme pour les deux autres tomes, il est facile de repérer de quel conte il s'agit, puis de traquer les ressemblances, les différences, la manière dont certains faits sont transposés dans l'univers créé. Comme pour les autres tomes, cela m'a passionnée. Certaines choses sont un peu grosses, mais c'est le propre du conte.
J'ai apprécié que la romancière use d'humour, notamment lorsque Thorne ou Iko sont dans les parages. Ce paramètre ne fait pas partie des codes du conte, mais il est logique qu'on le retrouve dans le roman.

Là encore, nos héros sont précipités dans un vertige de péripéties. Cela m'a plu, même si certaines choses m'ont quelque peu dérangée, alors que dans le tome 2, cela n'a pas été le cas. Par exemple, même si la manipulation mentale me fascine toujours, même si l'auteur a compliqué le procédé (les lunaires ne peuvent pas contrôler tout le monde, chacun ne peut pas contrôler avec la même intensité...), j'ai trouvé qu'il y en avait peut-être un peu trop. Cela ne m'a pas trop gênée, d'autant que c'est un sujet de réflexion pour Cinder qui se demande si à force, elle ne cédera pas à la facilité de manipuler tout le monde, et ne finira pas par être aussi malfaisante que Levana.

J'ai été agacée par les diverses réactions de Wolf à cause de ce qui arrive à Scarlet. Elles sont compréhensibles, surtout à cause de sa nature lycanthrope, mais elles ne font pas avancer les choses, elles les retardent même.
Cress aussi m'a agacée, car je l'ai trouvée mièvre. Pourtant, ses réactions sont logiques lorsqu'on considère ce qu'elle a vécu et ses conditions de vie.

La formation des couples pourra agacer certains lecteurs. Pourquoi faut-il obligatoirement que tout le monde soit amoureux? Il peut aussi être étrange que ces personnages soient si jeunes (le plus âgé, Wolf, a vingt-trois ans), et parviennent à accomplir tant de choses. Ces éléments s'expliquent facilement: dans les contes, il y a généralement des couples très amoureux, et les héros sont très jeunes. D'autre part, les adolescents qui liront ces romans s'identifieront plus facilement à des personnages qui sont à peine plus vieux qu'eux. Néanmoins, ce paramètre m'a gênée, alors que dans le tome 2, je n'y ai pas fait attention. Au cours de ma lecture de «Cress», je ne cessais d'imaginer certains personnages dans la trentaine.

On pourrait reprocher à l'auteur de jouer un peu trop du hasard. Il est un peu gros que certains personnages se retrouvent justement à tel endroit, et que Thorne ne se souvienne même pas que c'est justement ici qu'il risque de retrouver ses amis. C'est un exemple, mais il y en a d'autres. Là encore, cette ficelle peut s'expliquer par le fait que nous sommes dans un roman-conte. Dans les contes, le hasard a peu de place. L'auteur joue de cette ficelle pour créer quelques complications qui sont des rebondissement. Cela m'a plutôt ennuyée. Heureusement, cela ne dure pas.

La série comportera un autre tome: «Winter». Malheureusement pour moi, j'ai su cela alors que je venais de commencer «Cress». J'aurais dû faire mes recherches avant. En effet, il vaut mieux lire la série en suivant et sans laisser passer trop de temps entre deux tomes. Or, «Winter» sort en anglais en novembre 2015.
En janvier 2015, sort, en VO, un tome qui est une préquelle à la série: «Fairest». Il racontera la vie de Levana avant les événements qui commencent dans «Cinder».

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.

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