mercredi, 4 mars 2015

Sept ans après, de Guillaume Musso.

Sept ans après

L'ouvrage:
Depuis leur divorce, sept ans plus tôt, Sebastian et Nikki ont chacun la garde d'un de leurs jumeaux, Jeremy et Camille. Ils ne se voient presque pas.
Un matin, Nikki, affolée, appelle Sebastian. Jeremy, le jumeau dont elle a la garde, a disparu.

Critique:
Comme dans certains de ses autres romans, Guillaume Musso a misen place un jeu de pistes. Ici, cela n'a pas fonctionné avec moi, car j'ai très vite su ce qui était arrivé à Jeremy. Bien sûr, l'auteur tente de compliquer les choses, et je n'ai pas tout de suite deviné d'où venait l'autre partie de l'énigme, mais je savais quoi penser, et les grandes lignes étaient claires pour moi. De ce fait, j'ai trouvé que le livre se traînait.

Cela pourrait être rattrapé par les péripéties que connaissent nos personnages, mais je les ai trouvées bien convenues et prévisibles. Parmi les éléments les plus attendus, il y a le fait que Nikki et Sebastian sont rapidement suspectés de meurtre et de détention de drogue.

Comme souvent, l'auteur insère des retours en arrière. Ils nous apprennent certaines choses, certes, mais ils sont placés trop tard et sentent le réchauffé. Heureusement, il y en a peu.

À vouloir à tout prix insérer une histoire d'amour dans ses romans, Guillaume Musso joue avec l'invraisemblable. Ici, c'est plus compliqué que le coup de foudre, mais ce n'est pas davantage crédible.

Les personnages ne m'ont pas vraiment émue. Ils sont dbrossés à trop grands traits pour être vraiment consistants. Lui semble psychorigide et peu ouvert d'esprit; elle paraît obsédée par son apparence, par l'effet qu'elle a sur les hommes... De plus, elle se veut ouverte d'esprit, mais elle a plutôt l'air d'avoir un poichiche dans la tête. Il est dommage que Musso ait montré ces deux extrêmes tentant d'élever des enfants. Enfants qui ont l'air plus sensés que les parents, même s'ils sont un peu naïfs.

À la toute fin, l'auteur a voulu faire quelque chose que certains trouveront judicieux. Ayant tout de suite compris où il voulait en venir, j'ai trouvé cela un peu lourd.

Point positif pour moi: il n'y a pas de citation à chaque chapitre, uniquement à chaque partie. Je n'aime pas que les auteurs mettent des citations partout. Guillaume Musso en ayant fait sa marque de fabrique, j'ai été agréablement surprise qu'il n'y en ait pas ici.

Remarques annexes:
Il n'est pas très logique que quelqu'un, même sous le charme, paie un achat qu'une inconnue vient de voler.
Il n'est pas très logique qu'une douleur qui vous empêche de marcher ne soit plus d'actualité le lendemain, alors qu'aucun médicament n'a été utilisé.
Il est gros qu'un homme criblé de balles ait encore la force de faire ce qu'a fait l'un des personnages.

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Grand pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 2 mars 2015

Nuit de noces à Ikonos, de Sophie Kinsella.

Nuit de noces à Ikonos

L'ouvrage:
Lottie est persuadée que Richard va la demander en mariage. pourtant, les choses ne se passent pas comme elle l'avait prévu.
Fliss, la soeur de lottie, est en instance de divorce. Elle ne parvient pas à digérer tous les coups bas portés par Daniel, celui qui est en passe de devenir son ex-mari.
Quand Lottie va se lancer dans une aventure insensée, Fliss fera tout ce qu'elle pourra pour l'en détourner.

Critique:
Comme souvent, Sophie Kinsella parvient à écrire une histoire assez légère sans tomber dans la mièvrerie. Certaines situations sont franchement amusantes. Par exemple, chaque fois qu'on voit noah (le fils de Fliss), on peut être sûr de rire.
La scène où Richard tente de faire entrer sa valise dans la soute à bagages, puis de s'en débarrasser, est également cocasse. Bien sûr, il y a d'autres passages drôles, mais je ne vais pas en faire un catalogue. J'achèverai mon énumération par ce que l'avocat de Fliss appelle le fantasme du divorce. Même si j'ai compris la rage de Fliss, son fantasme du divorce m'a bien fait rire.

Pendant une grande partie du roman, Fliss se débrouille pour qu'un certain événement n'arrive pas. Au début, j'ai pensé que cela risquait d'être un peu lourd. Cela l'est peut-être un peu, mais cela engendre également des situations loufoques, comme la scène où Ben tente de louer la chambre d'un couple.

Les histoires d'amour sont un peu faciles, mais il faut s'y attendre en lisant ce genre de romans. J'ai trouvé que ce qui arrive au début du dernier chapitre était peut-être un peu exagéré, car il aurait été plus intéressant que les deux personnages se disent qu'ils laisseraient venir les choses, mais c'est plausible.

Pendant plusieurs chapitres, je me suis demandé où irait l'auteur. Lorsque l'intrigue s'est dessinée, je me suis demandé comment elle ferait pour la terminer de manière satisfaisante. J'aime bien que tout ne soit pas balisé dès le départ. Bien sûr, l'amateur de Kinsella approuvera les choix de la romancière quant à ce qui arrive à tel ou tel personnage.

À travers une intrigue amusante (quoiqu'un peu lente à démarrer), Sophie Kinsella montre des personnages qui, au final, doivent se remettre en question, et le font parfois dans la douleur. Ces personnages, motivés par de bonnes intentions, seront forcés de se rendre compte qu'ils n'agissent pas forcément dans l'intérêt de ceux qu'ils veulent aider.

C'est le premier livre de cette romancière que je lis raconté à deux voix. Bien que j'apprécie les romans polyphoniques, au début, j'ai été un peu déçue, car j'aime bien suivre une héroïne lorsqu'il s'agit de Sophie Kinsella. pourtant, ma déception a été de courte durée, parce qu'il est intéressant de suivre chacune des deux soeurs, et parce que la polyphonie n'est pas source de temps morts, comme elle l'est lorsqu'elle est mal maîtrisée.

Remarque annexe:
Une partie du roman se passe dans un hôtel cinq étoiles. Cela m'a fait rêver un peu... ;-)

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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44 lectures

vendredi, 27 février 2015

Ne meure pas sans moi, de Suzanne Stock.

Ne meure pas sans moi

L'ouvrage:
Sandra est la maîtresse de Marc, mais celui-ci est marié. Ce soir-là, elle souhaite fêter sa promotion avec lui, mais il ne peut pas. Alors, elle fait la fête avec son amie, l'avocate Claire Jenkins. À la fin de la soirée, Claire oublie son portable chez Sandra. C'est le commencement d'une descente aux enfers.

Critique:
Au début, la structure du roman m'a un peu déroutée: le présent de Sandra est entrecoupé de retours en arrière, des chapitres racontant son passé. J'avais peur qu'un pan de l'histoire soit moins intéressant que l'autre, mais les deux époques m'ont captivée.

Très vite, le lecteur se rend compte que Suzanne Stock s'engage sur une pente glissante. Comment va-t-elle se sortir d'éléments qui ne peuvent être que le résultat d'un délire? Après avoir été un peu déboussolée, je me suis dit qu'il fallait chercher une explication. Celle que j'avais trouvée se tenait, mais n'était pas la bonne, même si elle s'en approchait.

Ensuite, l'auteur finit par tout expliquer. J'ai trouvé étrange qu'elle donne la solution de l'énigme alors qu'il restait plusieurs chapitres. En fait, elle prend le temps, dans les derniers chapitres, d'expliquer tous les éléments. C'est comme une histoire à deux points de vue. Tout se tient, tout est à sa place, mais je n'arrive toujours pas à savoir si cette solution me plaît. Quelques auteurs ont fait comme Suzanne Stock. La différence, à mon avis, c'est qu'elle l'a fait à plus grande échelle, qu'elle a créé davantage de «connexions», et donc a dû prendre davantage de pages pour tout expliquer.

Si la solution qu'a choisie l'auteur pourra en agacer certains, il faut reconnaître certains points positifs à ce roman. D'abord, on y entre très facilement. Ensuite, il n'y a pas de temps morts. En outre, les personnages sont bien analysés. Enfin, à travers les événements qu'elle décrit, Suzanne Stock soulève certaines questions intéressantes. Peut-on se relever lorsqu'on est écrasé de culpabilité et de chagrin? Au final, l'un des personnages ne commencera-t-il pas à revivre alors que l'événement contre lequel il se battait est arrivé?

Le personnage de Martha est peut-être un peu léger: en effet, on comprend pourquoi elle est aigrie, mais on ne comprend pas trop ce qu'elle trouve à un personnage...

Éditeur: Le passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Sauter-Caillet pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie cette lectrice qui a une diction soignée et qui met l'intonation appropriée sans en faire trop. Au tout début, j'ai été gênée par sa voix un peu grave (je préfère les voix moins graves que la sienne chez les femmes), mais sa lecture fluide et naturelle m'ont convaincue. Je la réentendrai avec plaisir.

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jeudi, 26 février 2015

*État des lieux de l'audiodescription en France, partie 1.

Logo AD Pour une fois, je ne vais pas parler littérature. J'aborde ici un autre sujet: l'audiodescription.

Préambule:
Cet article a été écrit à partir de mes observations, de mon expérience. Il sera forcément subjectif, puisque je donne mon avis. Il contiendra des questions et sûrement des inexactitudes. Elles pourront être corrigées dans les commentaires par ceux qui le souhaitent. En outre, je ne parlerai que de ce que je connais, donc principalement des films. D'autre part, pour faciliter la lecture, il sera découpé en quatre parties qui paraîtront le jeudi.

Histoire:
Je ne ferai pas l'historique de l'audiodescription, car l'article de Wikipédia le fait très bien. Je rappellerai seulement que les précurseurs de l'audiodescription en France, ceux qui y ont été formés aux États-Unis sont Maryvonne Simoneau, Jean-Yves Simoneau, et Marie-Luce Plumauzille.

Qui audiodécrit aujourd'hui?
Depuis quelques années, on s'attache à audiodécrire davantage de programmes (télévisuels et cinématographiques). Cela entraîne davantage de demandes, et donc davantage d'«acteurs» de l'audiodescription. On trouve donc plusieurs façons de procéder.
Il y a d'abord le cas où les audiodescripteurs se chargent du travail de bout en bout: écriture, relecture, enregistrement. C'est le cas (par exemple) de l'AVH (l'Association Valentin Haüy) et de En aparté. C'est également le cas de Laurent Lavige, qui, apparemment, a plusieurs cordes à son arc et qui, il y a quelques années, a ajouté celle d'audiodescripteur. Parfois, le texte n'est pas écrit et dit par les mêmes personnes, mais tout se fait par des gens qui, normalement, ont été formés à ce métier.
Certaines structures (comme Médiadub International, Dubbing Brothers, Titra TVS, ou Eclair Group) confient l'écriture du texte à des personnes (j'imagine que c'est en interne), puis font enregistrer le texte par des comédiens.
France Télévision, pour sa part, fait audiodécrire certains programmes par une structure créée en interne: MFP (Multimédia France Productions). Là encore, des personnes écrivent puis des comédiens enregistrent le texte.
On trouve des personnes (comme Laurent Mantel, Aurore Bonjour, Caroline Massé, Marie Fiore, Sylvie Barriol, Patricia Bardon, etc) qui écrivent et disent certains textes, en disent certains écrits par d'autres, en écrivent certains qui seront dits par d'autres pour MFP, Eclair Group, En aparté, ou Médiadub International... Laurent Mantel, par exemple, audiodécrit (de bout en bout) pour l'AVH, et enregistre certains textes pour Eclair Group.
L'AVH a également écrit des audiodescriptions pour la TSR (télévision suisse romande).
Avant, l'AVH se chargeait de la totalité des programmes audiodécrits diffusés par Arte. Maintenant, certaines audiodescriptions d'Arte sont faites par MFP.
Bref, on trouve beaucoup de cas de figures différents, et on s'y perd un peu, parfois.

Le texte:
Au début, je préférais le travail fait par l'AVH et En aparté, mais après avoir vu plusieurs films audiodécrits (plus de trois-cents), je pense que les audiodescriptions réalisées pour Dubbing Brothers, Titra TVS, et Médiadub International sont également de qualité. Cela dépend des personnes ayant écrit le texte. Par exemple, après avoir comparé[1] la version de «Les aventures de Rabbi Jacob», de Gérard Oury écrite et dite par Frédéric Gonant et Marie-Luce Plumauzille avec celle écrite et dite par Patricia Bardon (pour MFP), après avoir constaté qu'il manquait des informations dans «La chèvre», et qu'il y avait de grosses erreurs dans «Le bonheur est dans le pré», (je reparlerai de ces deux cas plus loin), j'ai conclu que MFP ne faisait que de la basse qualité. Or, c'est plus compliqué, puisque les personnes écrivant le texte ne sont pas toujours les mêmes. À ce propos, MFP ne signale pas toujours qui sont les auteurs des textes. Parfois, ils donnent les noms des auteurs (souvent les mêmes) sans dire que c'est produit par MFP. D'autres fois, ils disent MFP sans donner le nom des auteurs... Bien sûr, sur certains films, ils donnent toutes les informations, ce qui permet, par la suite, de faire des recoupements.
Une autre de leur particularité est de ne pas donner les noms de tous les acteurs d'un film. Ils donnent les principaux, puis disent «et beaucoup d'autres».

Par ailleurs, on ne peut pas vraiment savoir si le texte est de qualité si on n'a pas un autre texte avec lequel le comparer. Bien sûr, parfois, on peut noter que le vocabulaire est plus riche dans tel cas, mais si on ne regarde pas le film avec une personne qui voit, on ne saura pas forcément si certaines images importantes ont été oubliées.
Par exemple, dans «La chèvre», de Francis Veber, à un moment, le personnage joué par Gérard Depardieu subtilise une photo. L'audiodescription ne le dit pas. C'est pourtant important pour la suite. Je ne l'ai su que parce que mon mari, qui regardait avec moi, me l'a dit. De plus, à la toute fin du film, l'expression qu'arborent les personnages n'est pas décrite.
Il y a aussi le cas où l'audiodescription donne trop d'informations. Par exemple, dans «Le bonheur est dans le pré», d'Étienne Chatiliez, à un moment, on voit une photo. Le personnage de cette photo ressemble énormément au personnage principal. L'audiodescription le signale, alors qu'il faut laisser le spectateur le découvrir au vu des réactions (tout à fait explicites) des autres personnages. Au long du film, on trouve d'autres malfaçons de ce genre.

Vocabulaire précis:
Pour moi, les textes sont plus précis et contiennent moins d'erreurs de syntaxe lorsqu'ils sont écrits par les précurseurs et ceux qu'ils ont formés.
Je parle en général mais je pense également à des cas particuliers où les audiodescripteurs ont montré leur rigueur. Par exemple, dans le film «La leçon de piano», de Jane Campion, l'héroïne est sourde. Au début, les audiodescripteurs expliquent qu'elle parle en langue des signes, puis utilisent le terme «signer» (qui est le terme exact), et de ce fait, ne se perdent pas en lourdes périphrases.

Imprécisions et erreurs:
Concernant ce que j'appelle les «imprécisions», j'entends parfois: «Elle avale sa salive.» À chaque fois, je me demande pourquoi l'audiodescripteur n'utilise pas le terme «déglutir» qui est précis et éviterait une lourdeur. On l'entend d'ailleurs dans certains films.
J'entends aussi des choses comme «Il la serre dans les bras». Pourquoi ne pas dire: «Il la serre dans ses bras»? Et tant qu'on y est, pourquoi ne pas employer le verbe «étreindre»? Verbe qui remplacerait également avantageusement: «ils se prennent dans les bras» que je trouve maladroit. J'entends «étreindre» ainsi que «Ils se prennent dans les bras l'un de l'autre», mais beaucoup moins. Pourtant, à mon sens, ces expressions sont plus justes.

Lorsque je parle d'erreurs de syntaxe, je pense à des tournures comme «il s'approche vers elle». Je ne citerai que celle-là, mais j'en ai rencontré d'autres...
J'ai aussi entendu le nom d'un personnage à la place de celui d'un autre. C'est assez perturbant... surtout que le personnages se fait assassiner au moment où son prénom est «interverti», alors que l'autre se cache. Je me suis donc demandé comment celui qui se cachait pouvait être si vite retrouvé, et surtout, pourquoi il était tué par ceux qui, normalement, souhaitaient le garder en vie... Heureusement, ma confusion n'a pas duré, car le contexte remet les choses en place, et par la suite, les prénoms ne sont plus confondus.

Question de goût:
J'entends également très souvent une tournure qui n'est pas fausse, mais que je n'aime pas du tout, la trouvant laide. Il s'agit de «va pour». Par exemple, un personnage veut ranger quelque chose, mais s'arrête: l'audiodescripteur dit: «Il va pour ranger ceci...» Je me disais qu'on pourrait remplacer «va pour» par «fait mine de», ou «esquisse le geste de», mais ces formules (si elles me semblent plus agréables à l'oreille) sont plus longues, et le temps est limité entre les dialogues d'un film. J'ai aussi pensé à «veut», mais on ne comprend pas forcément que le personnage va suspendre son geste.

Suite de l'article la semaine prochaine.

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mercredi, 25 février 2015

*Parutions Audiolib, mars 2015.

Vivre vite Joseph La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel L'Ile du point Nemo
Tu me manques La Pyramide de glace La Vérité et autres mensonges Alors voilà

Ces titres sont annoncés pour le 18 mars.

  • Vivre vite, de Philippe Besson, lu par Sébastien Hébrant, Olivier Prémel, et Nathalie Hugo, 4h10.
    Aucun comédien de sa génération n'a réussi à incarner avec autant de naturel cette jeunesse rebelle prête à faire sauter les tabous de l'Amérique puritaine. Mais qui était vraiment James Dean, cet enfant terrible et surdoué du cinéma américain ? Que cachait-il en réalité derrière cette moue sensuelle et cette chevelure en bataille gravées dans toutes les mémoires ? On raconte souvent James Dean par le prisme de sa mort prématurée. Philippe Besson a fait le choix inverse : décrire une enfance singulière, heureuse, une adolescence tourmentée, une jeunesse fulgurante, tenter de cerner un jeune homme dans toute sa complexité, dans toute son ambiguïté, aussi.
  • Joseph, de Marie-Hélène Lafon, lu par Marie-Christine Barrault, 3h.
    Joseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux, sait parler aux bêtes, et est très apprécié de ses patrons. Au départ de Sylvie, la femme qu’il a aimé, Joseph s’était mis à boire, comme on tombe dans un trou. Mais son travail à la ferme l’a sauvé. Joseph est le témoin et l’observateur silencieux des campagnes qui se vident, de l’ancien et du nouveau qui s’entrechoquent, des paysans résignés à l’idée qu’il faut bien survivre avec son temps.
  • La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, de Romain Puértolas, lu par Grégori Baquet, 6h4.
    Le jour où Providence doit se rendre à Marrakech pour ramener Zahera, une petite fille gravement malade qu’elle vient juste d’adopter, un volcan se réveille en Islande et paralyse le trafic aérien européen empêchant tout avion de décoller. L’amour d’une mère est-il assez fort pour déplacer les nuages ? Un roman à la fois drôle, décalé, extrêmement touchant, avec des personnages hauts en couleurs et des situations hilarantes comme seul Puértolas peut les imaginer.
  • L'Ile du point Nemo, de Jean-Marie Blas de Roblès, lu par Thibault de Montalembert, 12h36.
    Un fabuleux diamant vient d’être dérobé à Lady MacRae. Nous voilà donc embarqués à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô. Avec Martial Canterel, richissime dandy opiomane, son vieil ami Holmes (John Shylock), mais aussi Grimod de La Reynière en majordome ou la très inventive Miss Sherrington. Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture à voix haute. Bientôt reconvertie en usine de liseuses électroniques par Monsieur Wang, voyeur high-tech et directeur de B@bil Book...
  • Tu me manques, Harlan Coben, lu par Maud Rudigoz, 11h33.
    Kate n'a jamais oublié ses vingt-deux ans. D'abord, son père, policier à la NYPD se fait tuer, puis c'est Jeff, son fiancé, qui la quitte brusquement et disparaît... Quel choc, dix-huit ans plus tard, lorsqu'elle découvre la photo de Jeff sur un site de rencontres sous une nouvelle identité ! Piquée par sa curiosité de policière, mais aussi blessée dans son coeur de femme, Kate plonge alors dans l'affaire la plus terrifiante et sordide de sa carrière... Au même moment, nouveau choc : le meurtrier présumé de son père remet tout en question sur son lit de mort. Qui a tué le père de Kate ? Et qu'est-il arrivé à Jeff ?
  • La pyramide de glace, de Jean-François Parot, lu par François d'Aubigny, 12h3.
    1784, l'hiver du siècle. À Paris, le peuple élève des obélisques de neige et de glace en reconnaissance de la charité des souverains. Dans l'une d'elles, au dégel, apparaît le corps d'une femme dénudée qui ressemble étonnamment à la reine Marie-Antoinette. Nicolas Le Floch se lance dans une enquête minutieuse. Derrière ce fait divers se dissimule un complot visant à compromettre la Couronne. Jamais le commissaire Le Floch, bénéficiant de la confiance de Louis XVI, n'aura mené une recherche aussi précise et documentée qui le conduira, après bien des périls, à un dénouement inattendu.
  • La vérité et autres mensonges, de Sascha Arango, lu par Olivier Cuvellier, 8h31.
    Henry Hayden sort de nulle part, il n’a pas de travail fixe, pas d’amis ni de famille, et un passé à cacher, qu’on devine lourd. Un matin, il se réveille à côté d’une femme inconnue et, devient en quelques mois le mari idéal et un auteur de best-sellers adulé. Tout irait pour le mieux, si ce n’est que Henry n’écrit pas ses romans – c’est sa femme qui le fait pour lui – et que sa maîtresse – son éditrice – vient de lui annoncer qu’elle est enceinte. Quand il essaie de se débarrasser d’elle, c’est sa femme qu’il élimine par erreur, mettant en péril sa carrière, son existence, et son précieux dernier manuscrit.
  • Alors voilà, de Baptiste Beaulieu, lu par Emmanuel Dekoninck, 6h44.
    Baptiste Beaulieu, jeune interne, a crée le blog « Alors voilà » dans le but de réconcilier les soignants et les soignés en racontant, avec humour et sensibilité, l’incroyable réalité de l’hôpital. Se nourrissant de situations vécues par lui ou par ses collègues, chirurgiens ou aides-soignants, Baptiste Beaulieu passe l’hôpital au scanner. Il peint les chefs autoritaires, les infirmières au grand coeur, les internes gaffeurs, les consultations qui s’enchaînent... Par ses histoires drolatiques, poignantes et tragiques, il restitue tout le petit théâtre de la Comédie humaine.

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Faut quitter Schummertal, de Pedro Lenz.

Faut quitter Schummertal

L'ouvrage:
Goalie sort de prison après avoir purgé un an pour avoir été mêlé à une histoire de drogue. Il retourne vivre dans le village qui l'a vu grandir, retrouve son ami, tombe amoureux. Il décide de ne plus se mêler d'affaires louches.

Critique:
Voici un petit roman sympathique. Notre héros a fait de la prison, a flirté avec la drogue, et ne tombe pas dans le travers auquel certains s'attendront peut-être. Il souhaite sincèrement s'en sortir. Il n'est pas parfait, mais attendrira le lecteur. Il n'est pas particulièrement ambitieux, mais souhaite une petite vie tranquille, et si possible, conquérir Regula.
Ma sympathie pour ce personnage a été renforcée par le style dans lequel l'auteur le fait s'exprimer. C'est fluide, certaines façons de dire les choses sont amusantes. En outre, Goalie fait part au lecteur de ce qu'il pense de certaines situations. Il décortique tel ou tel événement, et au final, on se dit qu'il n'a pas toujours tort. Parfois, il paraît un peu benêt, mais cela fait aussi son charme. Du reste, il n'est pas si bête que cela.
J'aime bien la manière dont il raconte et analyse «Des souris et des hommes».

L'auteur nous plonge dans l'univers de Goalie, à la rencontre de personnages très réalistes.
Je n'ai pas vraiment apprécié Regula. Son comportement n'est pas vraiment surprenant, elle agit comme beaucoup le font. Je ne l'ai pas aimée parce que justement, dans la vraie vie, je n'aime pas les gens qui se comportent comme elle.
Quant aux autres personnages, je ne dirai rien pour ne pas trop en dévoiler.

L'intrigue peut paraître lente, mais elle suit son cours normalement. Les choses se mettent en place, les éléments s'expliquent peu à peu.
La fin est en demi-teinte, ce qui confère davantage de réalisme au roman. J'avais peur d'un extrême, mais non. Cela va bien avec le roman et avec Goalie. Bien sûr, on ne peut s'empêcher de se demander ce qui arrivera, mais on peut l'imaginer. En tout cas, je ne me suis pas du tout ennuyée.

Éditeur: Éditions d'en bas.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Zino Davidoff pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie beaucoup ce lecteur qui parvient toujours à mettre le ton approprié sans trop en faire. En outre, je trouve qu'il excelle dans ce genre de roman, où les choses sont mi-drôles mi-sérieuses, car il trouve très bien l'intonation adéquate pour ce genre particulier.

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lundi, 23 février 2015

Les jours clairs, de Zsuzsa Bánk.

Les jours clairs

L'ouvrage:
Seri raconte comment, dans son enfance, elle s'attacha à des enfants de son voisinage (Aja et Karl), et aussi à la famille de chacun d'eux. Elle raconte les relations de ces trois familles.

Critique:
Je crois que je m'attendais à autre chose. J'ai été gênée par la manière dont l'histoire est racontée. Il n'y a pas de dialogues: Seri empile les souvenirs, elle est la seule à intervenir. En outre, elle insère des retours en arrière qui m'ont semblé parfois un peu difficiles à suivre. Cette façon de faire, cette absence de mise en scène (si j'ose dire), m'a donné l'impression que les personnages n'étaient pas épais, comme s'ils étaient morts depuis des générations, et que Seri racontait des anecdotes les concernant.
En outre, la narratrice répète certaines choses ou s'attarde sur des détails, et soudain, au milieu de cette logorrhée, elle donne une information importante.

Si au début, je me suis accommodée de cela, si j'ai même réussi à trouver certaines choses sympathiques (par exemple, le fait qu'Hélène et Maria finissent par se débarrasser de leurs préjugés vis-à-vis d'Evi, puis qu'une forte amitié naisse entre les mères, qu'Evi apprenne à lire...), ce style et cette impression d'inertie m'ont vite agacée. Certes, il se passe des choses, mais la façon de raconter m'a donné une sensation de sur place.

D'autre part, je ne me suis attachée à aucun personnage. Seri m'a paru trop effacée. Je n'ai toujours pas compris ce qu'elle trouvait à Aja. Quant à cette dernière, si on comprend que son vécu puisse engendrer des réactions excessives, il en est certaines qui sont difficilement acceptables.
Les parents de Karl trouvent grâce à mes yeux car ce sont les seuls qui semblent sains.
On me dira que Seri est aussi effacée que le narrateur du roman «Le grand Meaulnes», et que cet effacement ne pose pas de problèmes. Je pense qu'il m'aurait moins agacée si je n'avais pas d'autres reproches à faire, le plus grand étant celui du style.

Cependant, l'auteur aborde intelligemment certains thèmes de plusieurs manières. S'ils ont du mal à communiquer, ces personnages s'aiment. Certains sont maladroits, certains agissent vraiment mal, mais chacun fait ce qu'il croit être le mieux à un moment donné. Quant à l'amitié, malgré les chaos de leurs existences, ni les parents ni les enfants ne la remettent en cause.

Un livre que vous apprécierez pleinement si la façon dont l'histoire est contée n'est pas une barrière.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Piranha

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vendredi, 20 février 2015

Je ne t'oublierai pas, de Sophie McKenzie.

Je ne t'oublierai pas

L'ouvrage:
Genever (dite Gen) ne parvient pas à oublier la perte de sa fille, Beth, mort-née il y a huit ans. Depuis ce drame, elle n'a pas pu concevoir un autre enfant.
Un jour, une femme sonne chez elle, et lui affirme que Beth était bien vivante lorsqu'elle est née. Le médecin qui a accouché Gen aurait soudoyé le personnel présent pour que la jeune femme croie à la mort de l'enfant.

Critique:
Il n'était pas facile de créer une telle énigme et de garder cohérence et vraisemblance tout au long du roman. Sophie McKenzie y réussit, même si certaines choses m'ont fait tiquer.
Pour moi, l'une des forces du roman est que pendant longtemps, deux hypothèses sont possibles: soit Gen est dupée pour une raison encore obscure, soit Beth est réellement vivante. Bien sûr, certaines choses font pencher le lecteur d'un côté plutôt que te l'autre, mais le doute persiste, car des événements (ce qui arrive à Lucy, par exemple) pourraient avoir une autre explication que celle qu'imagine Gen.

Certains personnages sont vite antipathiques. Je pense surtout à Hen, la soi-disant meilleure amie de Gen. Je ne la suspectais pas forcément, mais une amie n'agit pas comme elle. C'est, à mon avis, une faiblesse. L'auteur nous met trop Hen sous le nez, nous invitant à la voir comme quelqu'un de borné et fermé. On finira par savoir pourquoi elle agit ainsi, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue.

Au début, les choses traînent un peu (après la révélation), mais cela ne m'a pas ennuyée. La romancière présente ses personnages, expose bien la détresse morale de l'héroïne, ses hésitations, etc.
C'est plus tard dans le roman que les lenteurs sont exagérées. Par exemple, Gen somme Art de lui révéler un élément important, et leur dialogue semble tourner en rond. Les personnages en font trop dans le tragique. Il est vrai qu'ils sont au paroxysme de la tension, et que leur attitude se comprend, mais j'ai trouvé que ce n'était pas très bien amené. D'autre part, à ce moment, Art dit des choses qui m'ont fait craindre que la solution soit totalement invraisemblable. Heureusement, l'ensemble se tient. La solution de l'énigme montre des personnages peu reluisants, leur égoïsme leur faisant perdre tout sens commun. L'un d'entre eux tente de se racheter. Ce personnage est d'ailleurs intéressant, car on ne saura pas trop quoi en penser. Il comprend la portée de ses actes, il veut réparer... certes, mais c'est avant qu'il fallait y penser.

Parfois, certains éléments sont niais. Par exemple, l'amour inconditionnel que l'un des personnages éprouve pour celle qu'il a rencontré il y a quelques jours... Dans le même ordre d'idées, j'ai trouvé ridicule la scène où Lorkan brise la chaîne de sécurité de la porte d'une maison rien qu'en y entrant avec force. J'aurais bien vu ça dans une parodie.

La toute fin pourrait ne pas plaire à certains. Pourtant, elle est préparée et très logique. On est bien obligé d'admettre que cela ne pourrait se terminer autrement.

Malgré mes petits reproches, je recommande ce roman qu'on a du mal à lâcher.

Éditeur français: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marisa Calin pour les éditions Macmillan.

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