lundi, 1 septembre 2014

Calpurnia, de Jacqueline Kelly.

Calpurnia

L'ouvrage:
1899.
Calpurnia, onze ans, est la seule fille d'une fratrie de six enfants. Aux côtés de son grand-père naturaliste, elle apprend à connaître la faune et la flore qui l'environnent.

Critique:
Voilà un livre très sympathique. S'il défend certaines idées qui peuvent paraître banales, l'auteur y apporte beaucoup d'originalité. Au départ, Calpurnia est seulement une enfant avide de comprendre comment fonctionne le monde. Elle est attentive et fait même des expériences, dont certaines la rendront perplexe. Il est intéressant de découvrir le comportement des espèces par ses yeux. Il est également amusant de voir comment elle met en regard le comportement humain et celui des animaux. L'auteur a une façon pertinente d'amener certaines choses. Le chapitre 10 m'a beaucoup amusée. D'abord parce que les frères de la fillette sont drôles, mais aussi à cause du regard qu'elle pose sur eux et leur façon de faire.

Cette manière d'aborder les choses peut aussi être déroutante. Arrivée au chapitre 3, j'ai eu peur que ce livre soit une sorte de documentaire animalier déguisé en roman. À partir du chapitre 4, le récit de ce qu'observe notre héroïne est entrecoupé de tranches de vie où nous découvrons sa famille.
Chacun de ses frères est attachant, même si parfois, ils sont agaçants. Travis est celui qui attendrira le plus le lecteur. Il est un peu comme sa soeur: il n'entre pas dans le moule dans lequel la plupart des membres de cette famille voudrait le voir entrer. Hypersensible, très attaché aux animaux, il ne s'intéresse pas forcément aux mêmes choses que ses frères. Quant à Calpurnia, elle ne souhaite pas être une parfaite maîtresse de maison.
Les parents ne m'ont pas vraiment plu. La mère (Margaret) est confinée dans ses certitudes. Elle fait passer les conventions avant son amour maternel. Elle est persuadée de bien agir, mais ne se demande pas ce qui serait le mieux pour ses enfants, elle veut seulement qu'ils se conforment à ce que la société attend d'eux. Outre son attitude envers sa fille, il y a cette résolution ridicule qu'elle prend au début du vingtième siècle. Bien sûr, elle n'est pas méchante, elle est seulement bête. Elle ne réfléchit pas, ne se pose pas les questions qui importent, elle est aveuglée par ce que lui dicte son époque.

J'aurais aimé une fin moins ouverte, mais en y réfléchissant, il était impossible que tout se décide aussi rapidement. En outre, la jeune narratrice laisse quelques indices quant à la tournure qu'elle donnera à son destin.

Un roman agréable, qui fait réfléchir, qui fait sourire, qui émeut.

Éditeur: L'École des Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.
J'ai retrouvé cette lectrice avec plaisir. Outre une voix très douce et agréable, elle a toujours le ton approprié. De plus, elle fait partie des rares lecteurs qui ne cherchent pas à tout prix à prononcer les noms anglophones avec un accent. Il est dommage qu'elle dise «Dji Bi» pour «JB», (Elle pouvait dire «Jibé» ou bien, si elle voulait le dire à l'anglaise, «Djay Bi»), mais à part cela, elle ne prononce pas les noms propres de manière affectée.

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vendredi, 29 août 2014

Poppy Wyatt est un sacré numéro, de Sophie Kinsella.

Poppy Wyatt est un sacré numéro

L'ouvrage:
Poppy Wyatt va épouser Magnus Tavish dans quelques jours. Tout serait parfait si elle n'avait pas perdu sa bague de fiançailles... et si elle ne s'était pas fait voler son téléphone portable. La chance semble lui sourire lorsqu'elle trouve un téléphone portable en parfait état de marche dans une corbeille à papier. Elle ne sait pas qu'elle s'embarque dans une aventure qui va changer sa vision de certaines choses.

Critique:
Comme dans ses autres romans, Sophie Kinsella décrit des situations qui, sous la plume d'un autre, seraient parfaitement niaises, ridicules, et invraisemblables. Pour moi, dans ce roman, elle s'en sort très bien. Certaines choses sont prévisibles, mais cela ne m'a pas gênée parce qu'on ne sait pas vraiment comment elles vont arriver.

De plus, j'ai beaucoup souri, voire ri, à la lecture de certaines scènes: par exemple, celle du télégramme chantant. J'évoque celle-là parce qu'elle est au début, et que je n'en dévoile pas trop, mais il y en a beaucoup d'autres.

J'ai également apprécié certaines surprises qu'a su créer la romancière. Comment ne pas se délecter à la lecture de l'histoire du père de Sam?
J'ai également apprécié la façon dont l'auteur se moque de ceux qui insèrent de nombreuses notes dans leurs ouvrages.
Si certaines choses m'ont agacée dans «Samantha bonne à rien faire» et dans «Lexi Smart a la mémoire qui flanche», ici, je n'ai rien trouvé de pénible.

Comme dans ses autres romans, Sophie Kinsella utilise la légèreté pour dire certaines choses un peu graves. Par exemple, Poppy se voit inférieure aux Tavish, explique pourquoi, interprète leur attitude, etc. Chaque personnage doit plus ou moins se remettre en question, et interprète les réactions des autres selon ses paramètres. J'ai trouvé la remise en question bien faite.

Les amours de Poppy sont peut-être un peu «rapides». On peut dire qu'elle a l'air un peu «facile», mais globalement, les éléments sont bien amenés, puis bien exploités.

À un moment, j'ai cherché quelque chose dans la version originale (donc en anglais) pour voir si la traductrice n'avait pas (par nécessité) ajouté quelque chose. De ce fait, j'ai entendu quelques passages de la VO. Je me suis alors rendue compte que la traduction avait été édulcorée quant aux «gros mots». Dans «bloody smiling faces», le «bloody» n'est pas traduit. Quand Poppy traite Sam de «fuck», c'est traduit par «salaud». Poppy appelle Willow «the bitch», c'est traduit par «mauvaise». Je savais que la France édulcorait, mais je pensais que c'était surtout à la télé. Je trouve cela dommage, car ce n'est pas ce que l'auteur a voulu dire, et c'est le trahir que d'édulcorer la traduction.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.
Quel plaisir de retrouver cette lectrice sur un livre amusant! En effet, à mon avis, son dynamisme et sa voix souriante sont parfaits pour ce genre de lecture. Elle a su lire ce roman avec la dose de jeu nécessaire pour le rendre vivant.

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mercredi, 27 août 2014

Et tu ne te souviendras pas, de Sebastian Fitzek.

Et tu ne te souviendras pas

L'ouvrage:
Robert Stern est avocat. Ce jour-là, une ancienne petite amie, Karina, lui a arrangé un rendez-vous avec Simon, dix ans. Le garçonnet dit avoir tué un homme, il y a quinze ans. Il a d'autres crimes à avouer, et il ne veut le faire qu'en présence de son avocat.

Critique:
Comme dans «Thérapie»,|http://www.lalivrophile.net/therapie-de-sebastian-fitzek] l'auteur prenait un pari risqué. Il va assez loin dans certaines théories, et on se dit qu'il va fatalement se couper. Mais non. Le mystère qu'il fait planer dès le départ suit son chemin, et au final, tout est cohérent. Certains douteront de la solution de l'énigme. Je ne sais pas si l'auteur s'est documenté ou a tout inventé, mais je serais encline à penser que c'est possible, même si cela ne l'est pas de manière aussi poussée que dans le roman.
Je ne sais pas non plus si le détecteur de mensonges perfectionné introduit dans le roman existe vraiment, mais cela semble réaliste.

Afin de faire durer le roman sans que le lecteur s'ennuie, l'auteur introduit une intrigue secondaire qui a deux avantages. D'abord, on en apprend sur l'avocat, son passé, sa psychologie, celle de son ex-femme. Ensuite, l'auteur s'arrange pour présenter les choses en provoquant un autre mystère qui semblera (tout au moins au début) inextricable au lecteur. La encore, la résolution de l'énigme paraîtra grosse à certains... J'ai trouvé que le tout se tenait.

En outre, Sebastian Fitzek s'y prend très bien pour faire monter la tension, faire durer le suspense. Bien sûr, il utilise certaines ficelles connues, mais je les lui pardonne, car son roman est palpitant. Par exemple, il laisse des personnages en mauvaise posture pour nous en montrer d'autre tout aussi mal en point. Il utilise d'autres ficelles de ce type.
Quant au «vrai méchant» de l'histoire, je n'avais pas découvert son identité.

Les personnages principaux (Robert et Karina) sont attachants, même s'ils m'ont souvent agacée. Je pense qu'on n'a pas vraiment le temps de les connaître. Robert est creusé, donc on s'attache à lui au fil du roman, mais Karina m'a semblé un peu plate.

Dans l'ensemble, le roman est réussi, l'auteur crée des problèmes qu'il résout bien... et l'épilogue arrive. J'ai compris ce que l'auteur avait souhaité faire, mais je n'y ai pas adhéré, principalement parce qu'on n'a pas d'explications. Bien sûr, c'est le but: l'auteur souhaite que le lecteur en trouve une seul. Celle que j'ai trouvée implique des choses qui, à mon avis, sont trop grosses. D'autre part, la fin est trop brutale. Elle donne envie de connaître la suite. Pour moi, cette fin gâche quelque peu l'ensemble.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lisiane Ledent pour la Ligue Braille.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver cette lectrice dont j'apprécie toujours le dynamisme et le jeu qui n'est jamais monotone ou exagéré.

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lundi, 25 août 2014

Codex lethalis, de Pierre-Yves Tinguely.

Codex lethalis

L'ouvrage:
Un père de famille massacre sa femme et sa fille avant de mourir. La police est perplexe. Lorsqu'un informaticien devient fou et tente de tuer ceux qui l'entourent après avoir travaillé sur l'ordinateur du défunt, cela oriente les recherches. Aidée d'un détective engagé par le père de la jeune femme assassinée, la police ira de découverte en surprise.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. J'ai d'abord beaucoup apprécié ce mystère entourant l'ordinateur. J'ai aussi aimé que le détective et la police finissent par travailler ensemble, après un peu de méfiance. De plus, les deux policiers principaux et le détective sont creusés, et ils sortent un peu des clichés qu'on rencontre trop souvent dans ces cas-là.
Ensuite, j'ai aimé me faire berner. En effet, j'ai cru une chose qui s'est révélée fausse. L'auteur n'a rien fait pour que le lecteur pense ce que j'ai cru... Je ne sais pas trop pourquoi j'ai imaginé cela. Toujours est-il que cela a créé une surprise.

Ensuite, mon enthousiasme est retombé. D'abord, je n'ai pas trop aimé la direction prise par l'enquête. Pourtant, j'aurais dû me douter très vite qu'il y aurait quelque chose de ce genre. Ensuite, il m'a semblé qu'il y avait beaucoup de lenteurs. De plus, il y a trop de spectaculaire, de macabre pour moi.
Paradoxalement, j'ai trouvé la fin trop brutale. L'auteur traîne pendant une partie du roman, et à la fin, souhaitant que le suspense soit à son comble, il accélère les choses, et les fait se terminer de manière brusque. J'aurais aimé qu'on en sache un peu plus sur l'après.

Éditeur: Hachette.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'ai été ravie de retrouver cette lectrice à la voix dynamique et au ton toujours approprié. De plus, elle ne tente pas de mettre des accents sur les noms anglophones.
J'avoue que je préfère cette lectrice lorsqu'elle enregistre des romans amusants. Elle peut y laisser libre cours à son talent sur un registre plus étendu et plus ardu. En effet, il est beaucoup plus simple, à mon sens, d'interpréter un roman policier qu'un roman amusant.

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vendredi, 22 août 2014

Le sang des fleurs, de Johanna Sinisalo.

Le sang des fleurs

L'ouvrage:
Finlande, 2025.
Orvo dirige une entreprise de pompes funèbres, et est apiculteur amateur. Un jour, il découvre certaines de ses ruches désertées, les reines sont mortes. C'est alors qu'il découvre qu'existerait un passage qui permettrait d'accéder à un monde où les ravages de l'homme n'ont pas cours.
Parallèlement, nous découvrons le blog du fils d'Orvo.

Critique:
Ce roman mériterait presque l'appellation de documentaire. En effet, les passages où Orvo lit le blog de son fils sont un peu en forme de documentaire. L'auteur y reprend tous les arguments traitant de la nature, des animaux, des insectes, et de ce que leur fait subir l'homme. Au départ, j'ai aimé en apprendre davantage sur les abeilles (qui sont à l'honneur), et aussi sur la manière dont l'homme détruit et pervertit son environnement. Je savais certaines choses, mais pas tout. Ensuite, j'ai été un peu déçue de découvrir les commentaires que suscitaient les billets du blogueur. Je suis convaincue que c'est le genre d'arguments qu'on entend (j'en ai d'ailleurs entendu certains), mais j'aurais préféré qu'il y ait davantage de discussions posées et argumentées intelligemment comme dans «Sweetwater» et «Dans la lumière». Ici, le blogueur ne rencontre que calomnie et extrémisme. J'aurais aimé que quelqu'un d'autre que lui tente de temporiser.

Ensuite, on apprend l'histoire du fils d'Orvo, et ce qu'il pensait de certaines choses. J'ai trouvé un peu gros qu'il se veuille ardent défenseur de sa mère sans chercher à connaître les choses du point de vue d'Orvo. En outre, lui qui tente d'être posé quant à ce qu'il prône, est bien prompt à dire qu'on «lui a pris» sa mère. Il ne cherche pas à savoir s'il ne devrait pas nuancer ses propos. En effet, sa mère ne semblait pas vraiment maternelle, et elle abandonne bien facilement la bataille...

Si les scènes narrées par Orvo m'ont d'abord intéressée, cela n'a pas duré. J'ai trouvé que c'était trop lent. Il m'a aussi semblé que les personnages n'étaient pas tellement creusés. D'autre part, l'intérêt de sa découverte s'est également vite estompé pour moi. J'ai trouvé le tout trop simple...

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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